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	<title>Grand Écart &#187; amour</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Chambre 212, de Christophe Honoré</title>
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		<pubDate>Tue, 21 May 2019 19:10:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En annonçant dans la sélection Un Certain Regard la présence inattendue de Christophe Honoré, Thierry Frémaux avait décrit le réalisateur-dramaturge-romancier en Sacha Guitry contemporain...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>La superbe</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/05/honore.jpg" alt="Chambre 212, de Christophe Honoré" width="280" height="186" class="alignleft size-full wp-image-27120" />En annonçant dans la sélection Un Certain Regard la présence inattendue de Christophe Honoré, Thierry Frémaux avait décrit le réalisateur-dramaturge-romancier en Sacha Guitry contemporain. Et il est vrai qu’on ne peut s’empêcher de penser à <em>Quadrille</em> dans ce marivaudage d’un nouveau genre. Maria (pétillante Chiara Mastroianni) quitte avec brio son amant et rejoint son mari (Benjamin Biolay, plus déprimé que jamais en bermuda-chaussettes). Mais après l’engueulade qui suit la découverte des textos du jeune homme éconduit, elle va passer la nuit dans l’hôtel qui fait face à leur appartement. Elle y observe l’être autrefois aimé et s’interroge sur leur avenir commun, sur les conseils plus ou moins avisés d’une version jeune de son époux, de la femme avec qui il aurait pu passer sa vie, de sa volonté &#8211; incarnée avec délice par un sosie d’Aznavour habillé en peignoir digne de DSK &#8211; et de la ribambelle d’amants qu’elle a eus au cours de ses 25 ans de mariage. </p>
<p>Assumant la dimension théâtrale du récit, la caméra de Christophe Honoré virevolte au-dessus de décors en studio, où les portes s’ouvrent et se ferment dans l’esprit de Maria, encombré d’un tourbillon de personnages, de souvenirs, de regrets, de questionnements. <span id="more-27117"></span>Le réalisateur surprend sans cesse, avec des dialogues savoureux, l’apparition de personnages (et d’acteurs) sortis de nulle part, la beauté soudaine d’une scène entre deux éclats de rire, la profondeur sous la farce. Christophe Honoré n’est jamais aussi bon que lorsqu’il s’impose une rigueur formelle, qui semble finalement le libérer, et qu’il prend le parti de la légèreté pour se poser des questions fondamentales : comment aimer, comment durer, quelle direction donner à sa vie, une occasion ratée l’est-elle pour toujours ? <em>« Quelle aventure »</em>, chanterait Benjamin Biolay.<br />
&nbsp;<br />
Chambre 212<em> de Christophe Honoré, avec Chiara Mastroianni, Benjamin Biolay, Vincent Lacoste, Camille Cottin&#8230; France, Luxembourg, Belgique, 2019. Présenté en sélection Un Certain Regard au 72e Festival de Cannes. Sortie le 30 octobre 2019.</em></p>
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		<title>Portrait de la jeune fille en feu, de Céline Sciamma</title>
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		<pubDate>Tue, 21 May 2019 13:47:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>La beauté du geste</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/05/Sciamma.jpg" alt="Portrait de la jeune fille en feu, de Céline Sciamma" width="209" height="280" class="alignleft size-full wp-image-27103" />Faire un film d’époque et sur la peinture est toujours casse-gueule. Un défi que Céline Sciamma remporte haut la main, tant son film n’est pas ampoulé, enfermé dans des carcans. Car s’en échapper, c’est tout le cinéma de la réalisatrice de <em>Naissance des pieuvres</em>, <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/tomboy-celine-sciamma/" title="Tomboy, de Céline Sciamma">Tomboy</a></em> et <em><a title="Bande de filles, de Céline Sciamma" href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/46e-quinzaine-des-realisateurs-2014/bande-filles-celine-sciamma/" target="_blank">Bande de filles</a></em>. C’est donc une nouvelle histoire d’émancipation qu’elle raconte. Celle d’Héloïse (Adèle Haenel), dont le portrait doit être fait pour sceller son mariage avec un homme qu’elle n’a jamais rencontré. Celle aussi de la peintre, Marianne (Noémie Merlant), encouragée par son modèle à pousser son art plus loin. Avec un sens du cadre impressionnant, une lumière envoûtante, Céline Sciamma s’approprie son thème de la peinture pour montrer l’artiste au travail. La recherche de la vérité intérieure de son sujet, la manière dont on intègre les conventions, puis s’en libère. Adèle Haenel, elle, s’offre sous un jour nouveau. Sa dureté frondeuse fait place à une douceur inattendue, dont la colère n’est pourtant pas absente. Composition complexe d’un personnage riche, à l’écoute de ses émotions, et en constante réflexion. <span id="more-27099"></span></p>
<p><em>Portrait de la jeune fille en feu</em> est un film sur le regard, avant tout. Celui de la peintre qui observe discrètement son modèle, devient celui de la cinéaste regardant ses actrices, avec désir et complicité. Celui que l’on reçoit et que l’on donne en retour. Observer et se sentir observé, dans une relation de séduction mutuelle. Un trouble incandescent, qui donne son titre au film, dans une séquence d’une beauté rare, où les coeurs s’enflamment autant que les robes. L’évolution, enfin, de ce regard au cours d’échanges intellectuels, de partages de vision sur la peinture, la littérature, la musique. Les deux jeunes femmes débattent ainsi, avec la servante de la maison, Sophie (Luana Bajrami), du choix d’Orphée de se retourner pour un dernier regard, encore, à Eurydice. Est-il seulement idiot et impatient ? Fait-il le choix du poète : celui de garder le souvenir d’Eurydice ? Ou est-ce elle, Eurydice, qui le lui demande ? L’objet du désir en est aussi l’acteur, dit la cinéaste à chaque plan. Céline Sciamma explore la naissance d’un amour, mais aussi le souvenir qu’il laisse, comme une trace éternelle. « Ne regrette pas, souviens-toi », dit l’une à l’autre. Un dernier plan, sublime, voit ces émotions passer sur le visage de la jeune fille devenue femme : la tristesse des regrets qui se mue en sourire du souvenir.<br />
&nbsp;<br />
Portrait de la jeune fille en feu<em> de Céline Sciamma, avec Adèle Haenel, Noémie Merlant, Luana Bajrami, Valeria Golino. France, 2019. Prix du scénario du 72e Festival de Cannes. Sortie le 18 septembre 2019.</em></p>
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		<title>The Unthinkable, de Crazy Pictures</title>
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		<pubDate>Sat, 02 Feb 2019 15:04:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Alex vit avec ses parents, Anna et Bjorn, dans un petit village suédois. Alex a du mal à exprimer ses émotions, la faute à un père taiseux et bourru, incapable lui-même de dire à son...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/02/the-unthinkable-christoffer-nordenrot-1.jpg" alt="The Unthinkable, de Crazy Pictures" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-26777" />Alex vit avec ses parents, Anna et Bjorn, dans un petit village suédois. Alex a du mal à exprimer ses émotions, la faute à un père taiseux et bourru, incapable lui-même de dire à son rejeton qu’il l’aime. Après une dispute, Anna quitte Bjorn, puis c’est au tour d’Alex de quitter son ancien militaire de père. Devenu jeune adulte, Alex vit seul à Stockholm quand plusieurs attaques terroristes surviennent. </p>
<p>Voilà le pitch de <em>The Unthinkable</em>, premier long-métrage du collectif Crazy Pictures, rassemblement de cinq amis qui conservent le contrôle de leurs films en maîtrisant à la fois le scénario, la réalisation, le montage, les décors, la photo et les effets spéciaux. Au vu du résultat, leur mini-conglomérat alternatif affiche un insolent succès : <em>The Unthinkable</em> a tout d’une grosse production au budget conséquent, alors qu’il a coûté à peine 2 millions de dollars, en partie financés par crowdfunding. Au-delà de ce constat entrepreneurial, les qualités artistiques et formelles de <em>The Unthinkable</em> sont indéniables. Crazy Pictures soigne ses effets sonores et visuels, et installe une atmosphère de fin du monde dès les premières minutes, alors que le récit se concentre encore massivement sur la passion entre Alex et Eva. Leur histoire d’amour avortée constitue le fil rouge de <em>The Unthinkable</em>, même lorsque les menaces de guerre se font réelles. Le film suédois rappelle d’ailleurs quelques jolies œuvres du genre, et notamment <em>Perfect Sense</em> de David Mackenzie (2011). <span id="more-26775"></span></p>
<p>Mais derrière la passion, <em>The Unthinkable</em> parle surtout de terrorisme. Ses racines suédoises le rendant assez unique et terrifiant ; alors qu’ailleurs dans le cinéma mondial, reflet de nos peurs oblige, le terrorisme aborde quasi systématiquement la religion islamique et l’embrigadement, les angoisses d’Europe du Nord, et particulièrement suédoises, sont tout autres : le peuple menaçant, aux portes du pays, est gouverné par Vladimir Poutine. Les thèses complotistes d’un des protagonistes du film, d’abord farfelues, se font de plus en plus réalistes au fur et à mesure que l’intrigue évolue. Les récentes intimidations russes envers la Suède, le rétablissement du service militaire obligatoire en 2017 et la distribution dans tout le pays de tracts en 2018 informant les habitants de la conduite à tenir en cas d’attaque, sont autant d’éléments qui permettent de mieux appréhender la portée politique de <em>The Unthinkable</em>. Histoire d’amour, film de guerre, manifeste politique : le premier long-métrage de Crazy Pictures est suffisamment dense pour promettre au collectif un bel avenir.</p>
<p>&nbsp;<br />
The Unthinkable <em>(Den blomstertid nu kommer) de Crazy Pictures, avec Christoffer Nordenrot, Jesper Barkselius, Lisa Henni, Pia Halvorsen… Suède, 2018. Prix du jury, Prix de la critique et Prix du jury jeunes au 26e Festival du film fantastique de Gérardmer. Sortie DVD le 3 avril 2019.</em></p>
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		<title>Les Bonnes Manières, de Juliana Rojas et Marco Dutra</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Feb 2018 14:48:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La mère et la bête - Clara, infirmière farouche d’un quartier pauvre de Sao Paulo, se fait engager comme aide à domicile et nounou pour l’enfant qu’attend la jeune et riche Ana. Après un...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>La mère et la bête</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/02/les-bonnes-manieres-rojas-dutra-affiche.jpg" alt="Les Bonnes manières, de Juliana Rojas et Marco Dutra" width="208" height="280" class="alignleft size-full wp-image-26107" />Clara, infirmière farouche d’un quartier pauvre de Sao Paulo, se fait engager comme aide à domicile et nounou pour l’enfant qu’attend la jeune et riche Ana. Après un round d’observation marqué par leur différence de classe sociale, les deux femmes aux cœurs solitaires vont se rapprocher jusqu’au partage de leur intimité. Mais, plus sa grossesse avance plus Ana révèle un comportement de plus en plus étrange et inquiétant les nuits de pleine lune. </p>
<p>Film fantastique à plus d’un titre, <em>Les Bonnes Manières</em> réalisé par un talentueux duo mixte brésilien est assurément une des (très) bonnes nouvelles de la sélection 2018 du Festival de Gérardmer. Voilà un film totalement libre assumant sans complexe et avec finesse de muter au fil des minutes de chronique sociale à romance intimiste puis de drame familial à fable d’épouvante. La grande force du tandem aux commandes étant d’avoir réussi à s’affranchir totalement des codes de tous ces genres pour s’insinuer avec une infinie délicatesse dans le quotidien de deux amoureuses solitaires s’illuminant mutuellement avant d’entrer dans celui d’une mère folle d’amour pour un enfant vraiment pas comme les autres. Adeptes d’une certaine économie verbale, ils font le choix judicieux de faire confiance à la musique et de laisser parler le regard incroyablement doux et fiévreux à la fois de leur excellente actrice principale – Isabel Zuaa dans le rôle de Clara – pour raconter cette histoire sombre chargée en sentiments les plus purs. <span id="more-26106"></span></p>
<p>Avec sa structure bipolaire parfaitement séparée par un événement charnière &#8211; qu’on évitera de spoiler &#8211; le film percute par sa façon toute particulière de faire jaillir une poésie naturaliste singulière à partir de petits riens de la vie, comme un geste tendre, une berceuse poignante jouée par une voisine mélomane, un cours télévisé de zumba ou une séance d’épilation familiale. Fable vibrante, parfois dérangeante – notamment quand la maternité devient une abomination &#8211; mais jamais grinçante sur les différences sociales, sexuelles ou originelles, <em>Les Bonnes Manières</em> avance par petites touches impressionnistes depuis le constat socialement lucide sur la société brésilienne qui ouvre le film jusqu’à l’ode à l’amour maternel qui le clôt. L’amour d’une mère par défaut prête à se faire dévorer pour que vive le petit monstre qu’elle a choisi d’aimer et d’élever. Ou bien, comme le suggère le dernier plan du film, ces deux êtres hors normes s’unissent pour faire face à un monde qui ne veut pas d’eux. « Toi et moi contre le monde entier. Et rien ne pourra nous arriver… », l’image est belle comme cette fable fantastique brésilienne.</p>
<p>&nbsp;<br />
Les bonnes manières <em> (As Boas Maneiras) de Juliana Rojas et Marco Dutra, avec Isabel Zuaa, Marjorie Estiano, Miguel Lobo&#8230; Brésil, 2017. Présenté en compétition au Festival international du film fantastique de Gérardmer 2018. Sortie le 21 mars 2018.</em></p>
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		<title>Sicilian Ghost Story, de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza</title>
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		<pubDate>Tue, 23 May 2017 15:09:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la 56e Semaine de la critique]]></category>
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		<description><![CDATA[Ce fut le premier moment d’émotion du Festival de Cannes : toute l’équipe de <em>Sicilian Ghost Story</em> qui s’enlace et fond en larmes au moment du générique de fin, des larmes écloses après...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Conte de faits</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/sicilian-ghost-story-cannes-2017.jpg" alt="Sicilian Ghost Story, de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza" title="Sicilian Ghost Story, de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza" width="280" height="154" class="alignleft size-full wp-image-25299" />Ce fut le premier moment d’émotion du <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/films-competition-70e-festival-cannes-selection-jury-almodovar-2017/" title="17/05-28/05 : 70e Festival de Cannes">Festival de Cannes</a> : toute l’équipe de <em>Sicilian Ghost Story</em> qui s’enlace et fond en larmes au moment du générique de fin, des larmes écloses après cette toute première projection en ouverture de la Semaine de la critique, des larmes soutenues par une standing ovation interminable. Les lumières rallumées, personne ne veut quitter la salle. Il faut dire que pour leur deuxième réalisation après <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/salvo-fabio-grassadonia-antonio-piazza/" title="Salvo, de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza">Salvo</a></em> en 2013, les réalisateurs Fabio Grassadonia et Antonio Piazza ont créé là une œuvre atypique et esthétique qu’il sera difficile d’oublier. Le renouveau du cinéma européen vient peut-être de l’Italie… </p>
<p>Dans la mouvance d’un Paolo Sorrentino, <em>Sicilian Ghost Story</em> prend son temps pour distiller une atmosphère soyeuse et délétère en même temps. Le film est un mélange des genres dont les ingrédients ont été savamment choisis : un tiers de conte, un tiers de chronique amoureuse adolescente, un tiers de faits divers et quelques soupçons de thriller pour saupoudrer le tout. On a parfois l’impression de revivre un nouveau <em>Labyrinthe de Pan</em>. Car l’onirisme s’entremêle au réel pour masquer la cruauté et donner des bribes d’espoir. Soit l’histoire de Luna, amoureuse de Giuseppe. Ils sont beaux, ont 13 ans et vivent leurs premiers émois amoureux avec le sourire. Mais Giuseppe, fils d’un mafieux en train de livrer ses anciens camarades de braquage à la police, est enlevé pour faire chanter ce père aussi traitre qu’absent. Le film suit alors le destin de ces deux enfants qui deviennent adultes par la force de cette séparation : Luna qui veut tout faire pour retrouver son aimé, quitte à se perdre ; Giuseppe qui subit son destin dans des geôles dénuées de fenêtres. Sa seule distraction, son unique lien avec l’extérieur : relire une lettre d’amour que lui avait donné Luna avant son enlèvement. <span id="more-25163"></span></p>
<p>Conte sur l’amour et la mort, <em>Sicilian Ghost Story</em> en emprunte tous les codes : la forêt, tantôt étrange et maléfique, tantôt sublime et protectrice ; la marâtre (la mère de Luna, stricte et peu câline qui revêt les oripeaux et le chignon serré de la Holly Hunter version <em>Leçon de piano</em>) ; le père trop tolérant qui passe tous ses caprices à Luna ; les animaux qui veillent sur les deux adolescents de près ou de loin. Mais ici, c’est le prince charmant qui est en captivité et sa belle qui tente de le délivrer. Il y a du <em>Roméo et Juliette</em> aussi, entre ces deux jeunes gens qui s’aiment sans pouvoir se l’avouer face à face. Ils sont issus de deux milieux différents. L’un d’un père malfrat, l’autre d’un monde ouvrier. Aucune des deux familles ne tolère qu’ils se voient en dehors de l’école. Mais leur amour les relie malgré la distance qui les sépare, malgré l’enfermement qui les confine, lui dans sa prison de fortune, elle dans sa chambre et sa dépression. Alors qu’ils s’étiolent simultanément, ils se retrouvent, pleins de vie, dans leurs rêves aussi beaux que funestes. S’il y a parfois des respirations humoristiques, <em>Sicilian Ghost Story</em> est comme un doux poison que l’on ne saurait s’empêcher de boire : c’est aussi bon que douloureux. Une beauté vénéneuse qu’il serait dommage de se priver d’admirer.</p>
<p>&nbsp;<br />
Sicilian Ghost Story<em> de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza, avec Julia Jedikowska, Gaetano Fernandez, Corinne Musaralli… Italie, France, Suisse, 2016. Présenté à la 56e Semaine de la critique.</em></p>
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		<title>L&#8217;Amant d&#8217;un jour, de Philippe Garrel</title>
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		<pubDate>Fri, 19 May 2017 11:00:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la 49e Quinzaine des réalisateurs]]></category>
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		<description><![CDATA[Manège à trois La Quinzaine est la « vraie maison » de Philippe Garrel, a dit à plusieurs reprises Edouard Waintrop, le Délégué général, en présentant L’Amant d’un jour. De fait, outre...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Manège à trois</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/Garrel_Affiche.jpg" alt="L'Amant d'un jour" title="L'Amant d'un jour" width="206" height="280" class="alignleft size-full wp-image-25075" />La Quinzaine est la « <em>vraie maison</em> » de Philippe Garrel, a dit à plusieurs reprises Edouard Waintrop, le Délégué général, en présentant <em>L’Amant d’un jour</em>. De fait, outre les origines soixante-huitardes du cinéaste et de la sélection parallèle, en présentant deux films en trois ans, Philippe Garrel est comme chez lui. Donc, après <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/ombre-des-femmes-philippe-garrel/" title="L’Ombre des femmes, de Philippe Garrel">L’Ombre des femmes</a></em>, place à cet <em>Amant d’un jour</em> qui clôt le triptyque entamé avec <em>La Jalousie</em>. Chaque fois, le beau noir et blanc et l’épure de la mise en scène renforcent l’intemporalité des questionnements du cinéaste et de ses personnages. Pourquoi et pour quoi on aime, qu’est-ce qu’être fidèle. Des questions à la fois si simples et si compliquées qu’elles pourraient être un sujet du bac. D’ailleurs, Eric Caravaca incarne ici un prof de philo plutôt à l’aise lorsqu’il s’agit de deviser dans les rues du 19e arrondissement de Paris avec sa fille (Esther Garrel), complètement larguée, dans tous les sens du terme. C’est plus compliqué lorsqu’il est confronté à la liberté frondeuse de sa jeune compagne, et par ailleurs étudiante du même âge que sa fille. Un trio que n’aurait pas renié Freud. <span id="more-25072"></span>Philippe Garrel montre une fois encore la violence des sentiments, la brutalité du désamour, l’insouciance de l’infidélité, le poison de la jalousie &#8211; que celle-ci soit amoureuse ou plus incestueuse. Un cycle infernal auquel personne n’échappe. Car les consoleurs d’hier sont les consolés de demain, dans une sorte de vengeance libératrice. En mettant en scène un complexe d’Electre moderne, <em>L’Amant d’un jour</em> reste cloisonné aux relations entre ses trois personnages &#8211; le père, la fille, la belle-mère &#8211; quand <em>L’Ombre des femmes</em> interrogeait plus largement le féminin et le masculin. Plus réducteur, <em>L’Amant d’un jour</em> se contente de pointer l’ironie de ce petit manège, machiavéliques montagnes russes qui n’épargnent personne. Une variation sur le même thème qui, même si elle est portée par des acteurs (surtout des actrices) entiers, n’a pas la profondeur de l’opus précédent.</p>
<p>&nbsp;<br />
L&#8217;Amant d&#8217;un jour <em>de Philippe Garrel, avec Eric Caravaca, Esther Garrel, Louise Chevillotte… France, 2017. Présenté à la 49e Quinzaine des réalisateurs.</em></p>
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		<title>Mademoiselle, de Park Chan-wook</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Nov 2016 19:10:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sex Crimes en Corée - Park Chan-wook signe avec <em>Mademoiselle</em> une œuvre somptueuse et singulière, pas aussi sage qu'il y paraît...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Sex Crimes en Corée</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/mademoiselle-park-chan-wook-affiche.jpg" alt="Mademoiselle, de Park Chan-wook" width="197" height="280" class="alignleft size-full wp-image-23753" /><strong><em>Sympathy for Mister Vengeance</em> et <em>Old Boy</em> (2002 et 2003) étaient baroques et totalement fous. <em>Stoker</em> (2012), esthétiquement parfait, était inconsistant. Park Chan-wook, quelque part entre tout ça, signe avec <em>Mademoiselle</em> une œuvre somptueuse et singulière, pas aussi sage qu&#8217;il y paraît.</strong> </p>
<p>C’est en lisant <em>Du bout des doigts</em> de Sarah Waters que le réalisateur coréen décide de réaliser <em>Mademoiselle</em>. Il en reprend la trame mais modifie l’époque et les personnages. Ses héroïnes n’évolueront pas dans l’Angleterre victorienne mais dans la Corée des années 1930. Alors sous colonisation japonaise, le pays est ballotté entre plusieurs cultures. Park Chan-wook prend pour cadre une vaste demeure où se croisent les influences occidentales et orientales : architecture victorienne, pièces « à l’anglaise » (tables, tapisseries, décoration chargée) qui s&#8217;opposent à celles « à la japonaise » (futons, beauté zen et simplicité), lieux mystérieux avec ambiance steampunk avant l’heure. Pour sublimer le décor, Park utilise un objectif anamorphique, lui permettant d’enregistrer des plans très larges et de les restituer au format classique. Le procédé multiplie les détails à l’écran. Et rend l’histoire d’Hideko et de Sookee divinement enivrante. <span id="more-23750"></span></p>
<p>Hideko est une riche héritière sous la coupe de son oncle. Désireux de lui voler son héritage, un escroc qui se fait appeler le Comte demande à Sookee de devenir la servante d’Hideko pour l’espionner et l’inciter à s’enfuir avec lui. Film d’arnaque, polar tendu, drame social, triangle amoureux, <em>Mademoiselle</em> brille bien plus que son prédécesseur, le décevant <em>Stoker</em>. Si chaque plan est ultra-soigné pour épouser les formes de ses héroïnes, ce n’est jamais une fin en soi mais une façon de servir l’histoire. De susciter l’attention et la tension. Dans la plus pure tradition des films d’arnaqueurs, on ne distingue jamais bien la proie du prédateur. Le découpage emprunte au baroque de la Trilogie de la Vengeance, recoupant les morceaux au gré du récit, dévoilant par touches les enjeux et les secrets. Et surtout, faisant place à un érotisme rarement vu au cinéma, intense et délicat, qui arrive naturellement, avec légèreté et sans artifice. On savait Park Chan-wook ultra-doué pour les effusions de sang ; on le sait maintenant ultra-doué, tout court.</p>
<p>&nbsp;<br />
Mademoiselle (Agassi)<em> de Park Chan-wook, avec Kim Min-hee, Kim Tae-ri, Ha Jung-woo, Cho Jin-woong… Corée, 2016. En compétition au 69e Festival de Cannes. Sortie le 1er novembre 2016.</em></p>
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		<title>Frank et Lola, de Matthew M. Ross</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Sep 2016 21:37:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Quand l’amour ne fait pas recette</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/09/frank-et-lola-shannon-poots.jpg" alt="Frank et Lola, de Matthew Ross" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-24545" />Le visage émacié, le corps effilé comme les couteaux qu’il manie avec brio dans la cuisine de son restaurant, Frank tombe amoureux de la jeune Lola, très libérée avec son corps. Le coup de foudre est tel qu’ils se tatouent le prénom l’un de l’autre. Mais si Frank affiche une honnêteté à toute épreuve, Lola ne semble pas très à cheval sur la fidélité. Aussi, quand elle avoue l’avoir trompé, elle rajoute au passage une sombre histoire de viol qui va torturer les méninges du cuistot, qui aurait préféré concocter un autre plat que celui de la vengeance. La romance se mue alors en film noir, avec filature de l’hypothétique violeur dans les rues de Paris, boîtes échangistes où les corps s’amalgament sans plaisir, le tout saupoudré de manipulation psychologique, d’érotisme sans titillage et de drame amoureux avec rimmel qui coule. <span id="more-24543"></span>Sur des images léchées, le jeune Matthew Ross propose un premier film sombre et vénéneux, brouille les pistes, avec en ligne de mire les maîtres De Palma ou Verhoeven. Mais l’élève a encore bien du chemin pour dépasser les maîtres, même s’il dirige un casting de choix avec Michael Shannon dont on croit naïvement qu’il change de registre et quitte les rôles névrotiques qui sillonnent sa carrière. A ses côtés, Imogen Poots, la nouvelle Kate Winslet en Lola ambiguë et passionnée, Justin Long en Américain pure souche, Michael Nyqvist en parodie de DSK, Emmanuelle Devos qui cachetonne en roue libre ou encore Rosanna Arquette, botoxée et vulgaire au possible. Le film oscille ainsi sans arrêt entre esthétisme et sordide, carte postale clichée (Paris comme on l’a toujours vue) et originalité (les scènes de préparation de repas), avec une narration décousue entre flash-backs, fantasmes et ellipses. En voulant faire court (à peine 1h28), Matthew Ross se prive de créer un vrai film d’ambiance qui aurait mérité moins de raccourcis et plus de corps à ses personnages, au lieu de s’intéresser à l’âme qui flotte et disparaît à peine après avoir été effleurée. L’histoire d’amour en pâtit, alors qu’on aurait voulu s’éprendre de la douleur des deux protagonistes en même temps qu’eux. Ce sera pour la prochaine fois, tant le brouillon est prometteur. On a eu l’entrée, on attend désormais le plat de résistance. </p>
<p>&nbsp;<br />
Frank &#038; Lola <em>de Matthew Ross, avec Michael Shannon, Imogen Poots, Michael Nyqvist, Justin Long, Emmanuelle Devos et Rosanna Arquette. Présenté en compétition au 42e Festival du cinéma américain de Deauville.</em> </p>
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		<title>Two Lovers and a Bear, de Kim Nguyen</title>
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		<pubDate>Fri, 20 May 2016 07:47:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la 48e Quinzaine des réalisateurs]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Froid dans le dos et chaud au cœur</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/two-lovers-bear-kim-nguyen.jpg" alt="Two Lovers and a Bear, de Kim Nguyen" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-24028" />Quelque part dans l’Arctique, entre deux aurores boréales. Dans ce village cerné par des dunes de glace, des hommes et des femmes ont choisi d’y vivre, comme si de rien n’était. Si ce n’est que hormis de conduire des voitures, il s’agit de motos-neige et que l’hôpital le plus proche est à quelques heures d’avion. Roman et Lucy ont choisi tous deux cet exil de manteau blanc où s’abriter de leurs douleurs du passé. Ils s’aiment encore comme des adolescents, communiquant assez peu en dehors du langage du corps. Mais quand Lucy ne parvient plus à vaincre les démons qui la rongent et décide de retourner dans le sud, Roman la suit. Ils enfourchent leurs motos-neige et vogue l’aventure dans une immensité immaculée qui ne demande qu’à les emporter à jamais. </p>
<p>Il y a plusieurs films dans <em>Two Lovers and a Bear</em>, le nouveau long du Canadien Kin Nguyen à qui on doit le remarqué <em>Rebelle</em> en 2012. Ici, une histoire d’amour au goût d’impossible (Lucy doit partir, Roman ne l’accepte pas au début). Là, un drame de la vie quotidienne, rongée par l’alcool. Là encore, une comédie (les policiers semblent tout droit sortis du <em>Fargo</em> des frères Coen) ou de l’absurde (Roman discute philosophie et sens de la vie avec un ours blanc…  qui lui répond). Le tout pour s’achever dans une aventure de l’extrême mâtinée de fantastique et de thriller angoissant avec fantômes qui ressurgissent et lampes-torches dans une base militaire abandonnée, comme dans un épisode d’<em>X-Files</em>. Ce qui pourrait désarçonner au premier abord les aficionados d’histoires bien ficelées qui ne sortent pas des clous. Ici, rien n’est prévisible. <span id="more-24025"></span></p>
<p>C’est ce qui fait la saveur de cet ovni cinématographique remarquablement interprété par Dane DeHaan (le nouveau Leonardo DiCaprio, tant par le physique que par la puissance de jeu) et Tatiana Maslany qui passe d’une émotion à une autre en une fraction de seconde. Kim Nguyen continue de forger son univers particulier avec un sens de la mise en scène très travaillé. On n’a jamais vu l’Arctique de cette manière, avec ses cerfs coincés dans une mer gelée, ses paysages lunaires et ses dangers qui rôdent à tout instant. La mort est omniprésente, enveloppe les deux amoureux, prête à les ensevelir. L’ours blanc devient la métaphore d’un démiurge qui avertit Roman de ce qui le guette, comme s’il savait tout ce qui allait advenir. Et le film de se saupoudrer d’une nouvelle couche de neige, avec de la métaphysique. Mais aussi une blague, celle de deux amants, d’un ours et d’une pieuvre qui peut jouer de tous les instruments de musique. Si vous ne la connaissez pas, rendez-vous dans un igloo de fortune mais douillet. Une histoire qui ne donne pas la chair de poule et vous réchauffera le cœur. Un peu comme ce film…</p>
<p>&nbsp;<br />
Two Lovers and a Bear<em> de Kim Nguyen, avec Dane DeHaan  et Tatiana Maslany. Canada, 2016. Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs.</em></p>
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		<title>Mal de pierres, de Nicole Garcia</title>
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		<pubDate>Sun, 15 May 2016 13:01:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Les films de la Compétition officielle]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
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		<description><![CDATA[Gabrielle (Marion Cotillard) vit avec sa sœur et ses parents dans le domaine familial de Provence. Elle souffre de calculs rénaux – mais c’est plus joli en les appelant « mal de pierres ».]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Aïe</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/mal-pierres-louis-garrel-marion-cotillard.jpg" alt="Mal de pierres, de Nicole Garcia" width="280" height="117" class="alignleft size-full wp-image-23806" />Gabrielle (Marion Cotillard) vit avec sa sœur et ses parents dans le domaine familial de Provence. Elle souffre de calculs rénaux – mais c’est plus joli en les appelant « mal de pierres ». Gabrielle et ses proches n’ont pas encore mis un nom sur la maladie, c’est bien pour ça qu’ils croient tous qu’elle est simplement folle et qu’elle fait son intéressante. D’ailleurs, sa mère lui laisse le choix : épouser le premier venu (José, émigré espagnol fort sympathique, au demeurant) ou se faire interner à Marseille. Elle choisit la première option, en précisant au dit José qu’elle ne tombera jamais amoureuse de lui. Peu de temps après, un médecin (oui, parce qu’en fait, les médecins existaient déjà à l’époque – années 1950 –, même en Provence) diagnostique son mal et l’envoie en cure du côté de Lyon. Là-bas, c’est l’enfer : les bonnets de bain sont moches, les douches spartiates, et la nourriture n’est pas bonne. Autant de raisons de se jeter dans les bras d’André (Louis Garrel), le seul à avoir davantage besoin d’un prêtre que d’une cure.</p>
<p>Rassurez-vous, malgré la longueur du résumé, il est garanti sans spoiler à vie. Nicole Garcia spoile son <em>Mal de pierres</em> toute seule comme une grande dès les cinq premières minutes, grâce à ce procédé moderne et novateur qu’est l’analepse. Ah, ça vous en bouche un coin, ça, hein&#8230; Ca en jette !<br />
« Analepse », c’est le mot français pour « flashback ».</p>
<p>Donc, Gabrielle, la bonne trentaine (on le sait immédiatement grâce à ses vêtements et sa coupe de cheveux), est en route avec José et son fils pour le conservatoire de Lyon. A un carrefour, elle descend de voiture, en proie à un impalpable malaise (respiration rapide, voix incontrôlable, regard fou mais décidé, tristesse dans le regard rendu de José : un impalpable malaise), et se rend à pied à une adresse. Hop, ça y est, on revient à la source de tout ça, une poignée d’années plus tôt : Gabrielle, la bonne vingtaine (on le sait immédiatement grâce à ses vêtements et sa coupe de cheveux), dans la demeure familiale. Pourquoi Gabrielle est-elle descendue de voiture ? Un besoin urgent ? Une adresse pour une coupe de cheveux inratable ? C’est ce qu’on va apprendre. <span id="more-23802"></span></p>
<p>Ce que Nicole Garcia ne spoile pas, c’est l’émotion : il faudra attendre les dernières secondes avant d’être touché par les personnages. Malheureusement, on a décroché une bonne heure trop tôt. Avec Gabrielle, sorte d’Emma Bovary des <em>fifties</em>, Nicole Garcia raconte ce qu’est être une femme à cette époque : les mariages sont encore arrangés, la femme a une place près de l’homme, mais quelques pas derrière lui. Gabrielle veut brûler de désir, connaître une passion sans borne, partir à la découverte de son destin. Elle veut s’affirmer en tant qu’individu. La vision archaïque de sa famille l’en empêche. Seul José semble lui offrir une porte de sortie, mais Gabrielle n’a pas encore la coupe de cheveux pour l’accepter. Alors elle se cherche, longtemps (en durée réelle, quelques années ; en durée diégétique, quelques années), vivant dans le regret, la culpabilité et la douleur, pendant que José l’aime (mais chuuut) et que son fils grandit. Une belle histoire, si elle n’était pas aussi cousue de fil blanc – la faute au flashback, oui, rappelez-vous. Rien de ce que dévoile la réalisatrice n’est surprenant. Pire, rien ne semble avoir beaucoup d’intérêt. Elle se contente de dérouler l’histoire (qui existait avant le film, puisque c’est l’adaptation de <em>Mal de pierres</em> de Milena Agus), même si elle a opéré quelques changements. Un récit linéaire et ennuyeux, même pas rehaussé par l’interprétation fade des acteurs, manifestement plus à l’aise pour bavarder que pour jouer les taiseux (même si Alex Brendemühl s’en sort pas mal dans le rôle de José le Sacrifié).</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/mal-de-pierres-garcia.jpg" alt="Mal de pierres, de Nicole Garcia" width="280" height="158" class="alignright size-full wp-image-23805" />A la fin de l’époque du muet, au début du parlant, les réalisateurs étaient bien embêtés : maintenant que les acteurs pouvaient parler, qu’est-ce qu’on pouvait bien leur faire dire ? Les premiers films parlants sont remarquables pour ce défaut : ne sachant quoi leur faire dire, on leur demandait grosso modo de raconter ce qu’ils étaient en train de faire. Au lieu de démultiplier les possibilités, la parole faisait double emploi avec l’image, et les premiers films de cette période se faisaient facilement oublier. <em>Mal de pierres</em> rappelle cette époque charnière : face à une créativité visuelle et narrative qui évolue à une vitesse phénoménale, nombreux sont les réalisateurs à revenir à des factures classiques, privilégiant le récit à toute forme de poudre aux yeux cinématographique. Nicole Garcia, elle, hésite : <em>Mal de pierres</em> est trop niais et pas assez soigné pour être classique, et fait pâle figure en termes d’exploration visuelle et narrative, si on le compare avec d’autres œuvres actuelles (oui, le flashback, toujours lui). Et le chemin jusqu’au dénouement (celui qui va permettre à Gabrielle de s’accepter enfin et d’avancer) est bien caillouteux.</p>
<p>On aurait pu finir sur ce mauvais jeu de mots, mais mieux vaut citer un philosophe clairvoyant :</p>
<p style="text-align:center">« Happiness is just a state of mind »<br />
[Imagination, <em>Flashback</em>]</p>
<p>&nbsp;<br />
Mal de pierres <em>de Nicole Garcia, avec Marion Cotillard, Louis Garrel, Alex Brendemühl… France, 2016. En compétition au 69e Festival de Cannes. Sortie le 19 octobre 2016.</em></p>
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