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	<title>Grand Écart &#187; Films du 66e Festival de Cannes</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Salvo, de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Jul 2014 14:20:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Films du 66e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Italie]]></category>
		<category><![CDATA[Semaine de la critique]]></category>
		<category><![CDATA[thriller]]></category>

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		<description><![CDATA[Salvo est un homme de main de la mafia sicilienne, solitaire, froid, impitoyable. Alors qu’il s’introduit dans une maison pour éliminer un homme d’une bande rivale, il découvre Rita. La...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/04/salvo-grassadonia-piazza.jpg" alt="Salvo" title="Salvo" width="186" height="280" class="alignleft size-full wp-image-18720" />Salvo est un homme de main de la mafia sicilienne, solitaire, froid, impitoyable. Alors qu’il s’introduit dans une maison pour éliminer un homme d’une bande rivale, il découvre Rita. La jeune fille est aveugle et assiste impuissante à l’assassinat de son frère. Quelque chose d’extraordinaire se produit lorsque Salvo décide de laisser la vie sauve à ce témoin. Désormais, hantés l’un et l’autre par le monde auquel ils appartiennent, ils sont liés à jamais.</p>
<p>2013. <em>Salvo</em> emballe le jury de la Semaine de la critique par sa radicalité. Ce thriller ne rappelle en rien Léon, le tueur autiste made in Besson qui, s’embarrassant d’une adolescente rebelle, découvre les joies du romantisme à deux balles. Salvo, tueur sans pitié, incarne ce que l’humanité produit de pire. Sa rencontre fortuite avec Rita ne l’humanise pas, un salaud reste un salaud, mais pour la première fois il décide sans le consentement de son patron d’épargner une vie humaine. Le spectateur n’est pas pris en otage par ce maudit « glamour » qui rendent les tueurs (et le système mafieux qui les emploient) si attirants.<br />
Les séquences silencieuses et brutales se succèdent. Le soleil sicilien nous éblouit. Ses rayons et ses ombres nous aveuglent. <span id="more-12663"></span><br />
Salek Bakri s’offre corps et âme à la caméra. Nous pouvons flairer son odeur méphitique.<br />
Voilà du cinoche qui dépote, qui sait prendre son temps, que le silence n’effraie pas.</p>
<p>&nbsp;<br />
Salvo <em>de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza, avec Saleh Bakri, Sara Serraiocco, Mario Pupella… Italie, France, 2013. Sortie le 16 octobre 2013. Sortie DVD le 1er juillet 2014.</em></p>
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		<title>Only Lovers Left Alive, de Jim Jarmusch</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Feb 2014 07:52:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Films du 66e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[vampire]]></category>

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		<description><![CDATA[L'amour, ça conserve ! Voilà plusieurs siècles qu'Adam et Eve, deux vampires aux existences décadentes, filent la parfaite idylle. Deux amants marginaux et spirituels, aux manières sophistiquées...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/02/onlylovers-affiche.jpg" alt="Only Lovers Left Alive, de Jim Jarmusch" width="206" height="280" class="alignleft size-full wp-image-16285" />L&#8217;amour, ça conserve ! Voilà plusieurs siècles qu&#8217;Adam et Eve, deux vampires aux existences décadentes, filent la parfaite idylle. Deux amants marginaux et spirituels, aux manières sophistiquées, s&#8217;évertuant à survivre à l&#8217;ombre d&#8217;un XXIe siècle de plus en plus apathique. Adam (Tom Hiddelston) est à Détroit. Il vit carapaté chez lui, lassé de l&#8217;inertie intellectuelle dans laquelle le monde s&#8217;enfonce peu à peu. Un monde hanté par des humains de plus en plus morts ou de moins en moins vivants. Ainsi, Adam de se morfondre : <em>&#8220;J&#8217;en suis malade. Ces zombies, ce qu&#8217;ils ont fait au monde, la peur de leur propre imagination.&#8221;</em> Reclus dans sa maison, Adam déprime, s&#8217;évertuant à tuer le temps en se plongeant dans la musique, entouré de ses guitares. Eve (Tilda Swinton), quant à elle, plus enthousiaste ou moins découragée, persévère en continuant d&#8217;étancher sa soif de culture, immergée dans l&#8217;entrelacs romantique des rues de la belle Tanger. Entre deux verres de sang, elle égrène les heures en compagnie de son ami Christopher Marlowe (John Hurt), lui-même vampire de son état… Marlowe, c&#8217;est ce poète et dramaturge à la vie dissolue, contemporain de Shakespeare et précurseur de la tragédie moderne élisabéthaine. Il est l&#8217;une des nombreuses œillades littéraires que Jim Jarmusch s&#8217;est amusé à disséminer ici et là, au fil de son récit. On y évoque également Mary Shelley, la mère de <em>Frankenstein</em>, ainsi que le poète Lord Byron. <span id="more-12295"></span></p>
<p>Tirant les bords entre ces deux cités aux atmosphères nocturnes singulières, Jim Jarmusch file sa délicieuse histoire d&#8217;amour entre ces deux êtres promis à l&#8217;éternité. Deux ombres mélancoliques, témoins de l&#8217;histoire et de ses dérives et qui, du haut de leur existence multi-centenaire, portent un regard désenchanté sur un monde moderne en déliquescence. Sur cette époque où l&#8217;on ne peut plus s&#8217;abaisser à &#8220;vider&#8221; le premier humain venu. Où trouver du sang clean tient du miracle. Souillée, infectée, l&#8217;hémoglobine de qualité se fait rare. Il n&#8217;y a guère qu&#8217;à l&#8217;hôpital que l&#8217;on peut encore s&#8217;en dégoter une ou deux poches souples de qualité. Adam s&#8217;y rend d&#8217;ailleurs régulièrement, incognito, pour s&#8217;en glisser quelques-unes sous le manteau, grâce à son petit arrangement dealé avec le médecin de garde.  </p>
<p>Là où l&#8217;indomptable Tarantino sait s&#8217;emparer d&#8217;un genre pour mieux le dynamiter, Jim Jarmusch opère avec plus de retenue pour une réalisation tout aussi irrésistible. Le cinéaste soustrait la figure du suceur de sang à l&#8217;épouvante pour en faire un esthète exigeant nourri à la <em>beat generation</em>. Le cerbère scrupuleux d&#8217;une certaine idée de l&#8217;art et de l&#8217;amour, libres et engagés, prônés par les Kerouac, Ginsberg et Burroughs. Paré d&#8217;une bande-son encore une fois impeccable (goûtez donc au <a href="http://youtu.be/Kf5FvUt7iIw" title="Funnel of Love" target="_blank" rel="nofollow">&#8220;Funnel of Love&#8221;</a> de Wanda Jackson, au <a href="http://youtu.be/s7qvvJWkUXk" title="Trapped by a Thing Called Love" target="_blank" rel="nofollow">&#8220;Trapped by a Thing Called Love&#8221;</a> de Denise Lasalle ou au tripant <a href="http://youtu.be/kOdHND_wt0k" title="Red Eyes and Tears" target="_blank" rel="nofollow">&#8220;Red Eyes and Tears&#8221;</a> signé du Black Rebel Motorcycle Club), <em>Only Lovers Left Alive</em> s&#8217;étire avec grâce comme une longue et délicate flânerie. Impudente et indolente, mais jamais ennuyeuse. Une ode à la création et à cet underground new-yorkais dans lequel Jarmusch continue de puiser son inspiration et de renouveler son cinéma. Du bel ouvrage. Snob à souhait. </p>
<p>&nbsp;<br />
Only Lovers Left Alive<em> de Jim Jarmusch, avec Tilda Swinton, Tom Hiddelston, Mia Wasikowska, John Hurt&#8230; Etats-Unis, 2013. Sortie le 19 février 2014.</em></p>
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		<title>We Are What We Are, de Jim Mickle</title>
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		<pubDate>Fri, 31 Jan 2014 06:30:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Trois ans après avoir présenté <em>Somos lo que hay</em>, ou la difficile succession d'un patriarche cannibale dans une famille mexicaine, la Quinzaine des réalisateurs propose son remake : <em>We Are What We Are</em>...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/05/we-are-what-we-are-jim-mickle-s.jpg" alt="We Are What We Are, de Jim Mickle" title="We Are What We Are, de Jim Mickle" width="280" height="135" class="alignleft size-full wp-image-13123" />Trois ans après avoir présenté <em>Somos lo que hay</em>, ou la difficile succession d&#8217;un patriarche cannibale dans une famille mexicaine, la Quinzaine des réalisateurs propose son remake : <em>We Are What We Are</em>. Un remake en constante opposition puisque Jim Mickle filme des adolescentes quand Jorge Michel Grau soulignait l&#8217;importance du rôle de chef de famille masculin, le tout en plein jour ou à la forte lumière des bougies, alors que <em>Somos lo que hay</em> usait des recoins de la nuit mexicaine. L&#8217;action a été transposée dans l&#8217;Amérique profonde. C&#8217;est la mère de famille, et non plus le père, qui meurt subitement, laissant à sa fille aînée la responsabilité de gérer le rituel annuel séculaire. Là où le réalisateur mexicain en profitait pour aborder les questions de la violence urbaine, de la corruption ou de la prostitution en mettant en scène la recherche de proies, l&#8217;Américain aborde celles de la religion et du poids des traditions, tout en tardant à évoquer explicitement son sujet. Jim Mickle reprend la même structure que son prédécesseur, privilégiant d&#8217;abord la chronique familiale au film de genre et l&#8217;enquête à la vengeance. Si bien que la question du cannibalisme – prolongée ici en maladie du prion – arrive aux deux tiers du film. <span id="more-13090"></span>Et si un coup de pelle magistral a été conservé, c&#8217;est plus la tension familiale, le doute naissant et la méfiance grandissante qui intéressent le réalisateur. On salue l&#8217;intelligence du remake, qui se soucie, non pas de reproduire l&#8217;original en se contentant de le traduire, mais de le prolonger, d&#8217;en offrir une nouvelle lecture. Dommage cependant que Jim Mickle reste, comme ses personnages, un peu trop enfermé dans un certain traditionalisme et n&#8217;approche la folie outrancière de Jorge Michel Grau que dans les toutes dernières minutes de son film.</p>
<p><strong>&raquo; Lire aussi l&#8217;<a href="/cinema/rencontre-interview-jim-mickle-we-are-what-cannibale/">interview de Jim Mickle</a></strong></p>
<p>&nbsp;<br />
We Are What We Are<em> de Jim Mickle, avec Bill Sage, Ambyr Childers, Julia Garner&#8230; Etats-Unis, 2013. Présenté à la 45e Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes. Présenté en compétition du 21e Festival du film fantastique de Gérardmer.</em></p>
<p><strong>&raquo; Retrouvez tout notre <a href="/66e-festival-cannes-2013/">dossier dédié au 66e Festival de Cannes</a></strong></p>
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		<title>Tel père, tel fils, de Kore-eda Hirokazu</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/66e-festival-cannes-2013/films-selection-officielle-quinzaine/tel-pere-fils-hirokazu-kore-eda/</link>
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		<pubDate>Fri, 20 Dec 2013 16:01:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ryota Nonomiya est un architecte dévoué à son travail pendant que sa femme Midori s’occupe de leur fils de 6 ans, Keita. Un jour, l’hôpital dans lequel Midori avait accouché les contacte et leur annonce...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/04/afffiche-tel-pere-fils-kore-eda-hirokazu.jpg" alt="Tel père, tel fils, d&#039;Hirokazu Kore-eda" title="Tel père, tel fils, d&#039;Hirokazu Kore-eda" width="206" height="280" class="alignleft size-full wp-image-12908" /><strong>Ryota Nonomiya est un architecte dévoué à son travail pendant que sa femme Midori s’occupe de leur fils de 6 ans, Keita. Un jour, l’hôpital dans lequel Midori avait accouché les contacte et leur annonce une terrible nouvelle : Keita n’est pas réellement leur fils, un échange avec un autre nourrisson ayant eu lieu à sa naissance. </strong></p>
<p>Si l’entrée en matière rappelle un grand succès français, l’inénarrable <em>La vie est un long fleuve tranquille</em>, la comparaison s’arrête là. Hirokazu n’est pas Chatiliez, et préfère la gravité à l’humour. Avec <em>Tel père, tel fils</em>, le cinéaste japonais pose la question de la paternité : à partir de quand un père devient-il réellement un père ? Le sang est-il suffisant pour légitimer la paternité, ou bien est-ce l’éducation, la complicité, le partage et l’amour qui justifient le droit à la famille ? Si la réponse paraît évidente de prime abord, et qu’il semble inconcevable d’échanger un enfant, six ans après sa naissance, sous prétexte que son ADN n’est pas compatible, le papa de <em>Tel père, tel fils</em> ne l’entend pas de cette oreille et est obsédé par cette question, d’autant que son véritable fils se trouve dans une famille modeste qui n’offre <em>a priori</em> aucun avenir à son héritier. <span id="more-12272"></span></p>
<p>Kore-eda n’appuie jamais ses propos, laisse place aux émotions des personnages des deux familles et, à sa façon typiquement japonaise, laisse parler les silences. Des silences tantôt terriblement touchants, tantôt effroyablement cruels. <em>Tel père, tel fils</em> est un beau film, quoique trop sérieux. On voudrait sentir davantage d’humanité chez ses personnages, moins de raideur ; on voudrait entendre la voix des enfants, premières victimes de l’erreur d’une infirmière, six ans plus tôt. Alors que les personnages principaux de <em>Nobody Knows</em> et <em>I Wish</em> étaient les enfants, plongés brutalement dans le monde de l’adulte, à l’instar des œuvres du maître Ozu, les gosses de <em>Tel père, tel fils</em> sont presque absents, réduits à leur fonction d’objet de discorde. En ne s’intéressant (presque) qu’aux inquiétudes des adultes, Kore-eda déçoit parce qu’il s’empêche (et nous empêche) de laisser les choses aller et de surprendre : il est évident que ce père, même s’il est détestable, va finir par retrouver la raison et comprendre ce qu’est une famille. Reste que même lorsqu’il ne surprend pas, Hirokazu Kore-eda n’a pas son pareil pour raconter une histoire, offrant quelques plans sublimes, une musique superbe et des acteurs fabuleux. </p>
<p>&nbsp;<br />
Tel père, tel fils <em>(Soshite, chichi ni naru) de Kore-eda Hirokazu, avec Masaharu Fukuyama, Machiko Ono, Yoko Maki, Lily Franky… Japon, 2013. Prix du jury du 66e Festival de Cannes.</em></p>
<p><strong>&raquo; Retrouvez tout notre <a href="/66e-festival-cannes-2013/">dossier dédié au 66e Festival de Cannes</a></strong></p>
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		<title>All is Lost, de J. C. Chandor</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Dec 2013 20:30:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le scénario d’<em>All is Lost</em> tient en une ligne : au large de Sumatra, un marin dont le bateau coule lutte en pleine mer pour sa survie. Difficile d’imaginer tenir presque deux heures sur le sujet sans recourir...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/05/all-is-lost-chandor-redford.jpg" alt="Robert Redford et la mer : All is Lost, de J. C. Chandor" title="Robert Redford et la mer : All is Lost, de J. C. Chandor" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-13139" />Le scénario d’<em>All is Lost</em> tient en une ligne : au large de Sumatra, un marin dont le bateau coule lutte en pleine mer pour sa survie. Difficile d’imaginer tenir presque deux heures sur le sujet sans recourir aux artifices habituels : des flash-back bien sentis (façon <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/127-heures-danny-boyle-histoire-vraie-ralston/" title="127 heures de Danny Boyle"><em>127 heures</em></a>, de Danny Boyle), des communications avec l’extérieur (<em>Buried</em>, de Rodrigo Cortés), ou même des cadeaux venus de nulle part (<em>Seul au monde</em>, de Robert Zemeckis). </p>
<p>Pourtant <em>All is Lost</em> ne ressemble en rien aux <em>survivals</em> précités, ni aux films de catastrophe maritime qui se font fort de rappeler l’insignifiance de l’homme devant la nature. Non, <em>All is Lost</em> est un drame humain, intime, presque un huis clos dans l’océan. Jeffrey C. Chandor évite l’écueil d’enchaîner les plans sur une mer déchaînée et de montrer un bateau ballotté par une lame de quinze mètres de haut. L’échouement est lent et provient d’une suite hasardeuse d’incidents, non de la légendaire tempête du siècle. Au lieu d’effets visuels grandiloquents, le réalisateur décide de faire confiance à son unique acteur, l’immense Robert Redford qui trouve ici un rôle à sa mesure. Les mots sont superflus, l’émotion passe par le regard, la détermination ou le silence frustré… et bien sûr par la mise en scène : chaque plan est minutieusement pensé et millimétré. A contre-courant des parangons du genre, Chandor réduit le champ au maximum, resserre sa caméra sur son personnage maltraité par les eaux. Se crée un climat totalement anxiogène où le hors-champ et les sons tonitruants deviennent terrifiants. Les rares séquences spectaculaires sont vues par les yeux du marin, elles nous parviennent fantasmées et déformées, presque irréelles. <span id="more-13136"></span></p>
<p><em>All is Lost</em> est un film radical qui réussit à dépasser le genre dans lequel il feint de s’enfermer. Presque un thriller, il est aussi une réflexion sur l’existence. Si rien n’est dit, le spectateur s’interroge évidemment sur la présence de cet homme perdu en pleine mer. Que fait-il ici, en retraite du monde des hommes ? Arrivé au crépuscule de sa vie, le marin, qui est aussi un fils, un père, un mari, un ami, a-t-il atteint la sagesse de l’âge qui lui permettra d’affronter une mort certaine ? Les seuls mots prononcés ici sont ceux d’une tristesse résignée, ceux d’un homme qui attend la fin. Comme <em>Le Vieil Homme et la mer</em> ou <em>Moby Dick</em>, <em>All is Lost</em> est aussi une quête initiatique, universelle, celle qui consiste à accepter sa condition, tout en restant digne.</p>
<p>&nbsp;<br />
All is Lost<em> de Jeffrey C. Chandor, avec Robert Redford. Etats-Unis, 2013. Présenté hors compétition au 66e Festival de Cannes. Sortie le 11 décembre 2013.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Yolande Moreau</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/portraits/interview-rencontre-yolande-moreau-henri/</link>
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		<pubDate>Sun, 08 Dec 2013 14:47:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
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		<category><![CDATA[comédie dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
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		<description><![CDATA[Figure inoubliable de la troupe de Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff, Yolande Moreau se dévoile peu à peu en solo, d&#8217;abord avec son premier film, Quand la mer monte, puis...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/05/henri-yolande-moreau-miss-ming-pippo-delbono-1.jpg" title="Henri, de Yolande Moreau" alt="Henri, de Yolande Moreau" width="280" height="186" class="alignleft size-full wp-image-13518" />Figure inoubliable de la troupe de Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff, Yolande Moreau se dévoile peu à peu en solo, d&#8217;abord avec son premier film, <em>Quand la mer monte</em>, puis avec des rôles de plus en plus importants comme celui de <em>Séraphine</em>, de Martin Provost. Avec <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/henri-yolande-moreau/" title="Henri, de Yolande Moreau">Henri</a></em>, son deuxième film derrière la caméra, elle poursuit son portrait sensible et touchant de ceux qu&#8217;on regarde trop peu.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Qu&#8217;est-ce qui vous a donné le goût des personnages à la marge ?</strong></p>
<p>Ils sont à la marge et pas tant que ça. Comme nous tous, finalement. C&#8217;est un peu facile à dire mais je pense que ce n&#8217;est pas loin de nous. On est tous à la marge. Je ne me sens pas tellement différente. J&#8217;en connais plein, des gens comme ça : la cinquantaine alcoolisée, ou légèrement, ils ne sont pas si paumés que ça, mais la vie est passée par là, pas si facile. C&#8217;est difficile de vivre. C&#8217;est génial et en même temps c&#8217;est difficile. J&#8217;espère que le film raconte ça aussi. C&#8217;est un petit réveil pour Henri, il avait oublié que c&#8217;était vraiment bien, la vie.</p>
<p><strong>Vous portiez également ce regard, dans <em>Quand la mer monte</em>, sur des personnages un peu seuls. C&#8217;est le point commun essentiel de vos deux films, la rencontre de deux solitudes.</strong></p>
<p>Je n&#8217;ai pas vu la ressemblance tout de suite, je pensais faire quelque chose de très différent. Et en fait, je raconte la même chose : la difficulté de vivre, de s&#8217;en sortir de temps en temps avec une histoire d&#8217;amour, de retrouver un éclat. Oui, là il y a un parallèle. Déjà chez Deschamps, on ne parlait que de ça. C&#8217;est mon fil rouge entre le théâtre et le cinéma. La difficulté des gens, les rapports entre eux. <span id="more-13389"></span></p>
<p><strong>Ce regard, vous le tenez de Jérôme Deschamps ?</strong></p>
<p>Je crois qu&#8217;il n&#8217;y a pas de hasard. Mon spectacle, repris dans <em>Quand la mer monte</em>, date d&#8217;avant les Deschiens, et il y a déjà ce truc-là. Le mal de vivre des gens, je crois que c&#8217;est mon fil rouge et que c&#8217;est universel. Moi je parle plus des petites gens que des bourgeois, mais il est partout. J&#8217;ai vu le magnifique film de Valeria Bruni-Tedeschi, <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/66e-festival-cannes-2013/films-selection-officielle-quinzaine/un-chateau-en-italie-valeria-bruni-tedeschi/" title="Un château en Italie de Valeria Bruni Tedeschi">Un château en Italie</a></em>, elle parle bien de la bourgeoisie, elle en vient. Moi je parle mieux des petites gens, parce qu&#8217;on parle bien de ce qu&#8217;on connaît.</p>
<p><strong>C&#8217;était important pour vous d&#8217;évoquer la question du handicap tout en n&#8217;en faisant pas le sujet essentiel de votre film ?</strong></p>
<p>Je voulais trouver la bonne distance. Plutôt que de parler de la différence, je voulais parler de la ressemblance. La question des handicapés mentaux, ça me touche beaucoup parce que j&#8217;y vois une résonance à nos propres tourments, à nos propres vies. La manière dont ils s&#8217;expriment, c&#8217;est comme de l&#8217;art naïf ou de l&#8217;art primitif. Quand on va voir les expos d&#8217;art primitif à Lausanne, on est fasciné par cette peinture. C&#8217;est la même chose. Eux, ils n&#8217;ont pas les codes, c&#8217;est plus brut, mais au fond c&#8217;est pareil. C&#8217;est kif kif et bourricot. Dans le film, sans arrêt je fais des parallèles, par exemple avec les chansons grivoises, qu&#8217;ils chantent comme Henri. A la limite, celle qui a les yeux les plus ouverts sur le monde, c&#8217;est plutôt Rosette qu&#8217;Henri. Lui, il a les yeux fermés. </p>
<p style="text-align:center"><strong><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/henri-yolande-moreau/" title="Henri, de Yolande Moreau">&raquo; Lire la critique de <em>Henri</em></a></strong></p>
<p><strong>Peut-être parce que vous êtes belge, on pense un peu au <em>Huitième jour</em> de Jaco Van Dormael. Vous vous y êtes référée ?</strong></p>
<p>A un moment, j&#8217;ai eu un peu peur. Je connaissais bien Jaco et son film, et je me disais de faire attention avec mon thème parce que c&#8217;était un peu proche. Et pourtant, c&#8217;est traité de manière radicalement différente. Et puis, j&#8217;ai revu <em>Le Huitième jour</em>, et je me suis dit que je pouvais continuer ma route sans problème.</p>
<p><strong>La deuxième partie du film, celle qui se passe au bord de la mer, est la plus réussie. Après <em>Quand la mer monte</em>, la mer vous inspire particulièrement ?</strong></p>
<p>Il y a une espèce d&#8217;ouverture à ce moment-là, c&#8217;est dans la progression du film. On pose les choses avant et la mer ajoute à cette ouverture. Pour Henri et Rosette, il s&#8217;agit de partir et de mieux revenir.</p>
<p><strong>Encore une fois, la musique est très importante dans votre film. Quel rôle lui attribuez-vous ?</strong></p>
<p>Un rôle essentiel. L&#8217;idée du scénario m&#8217;est d&#8217;ailleurs venue avec le disque de Tom Waits, <em>You Are Innocent When You Dream</em>, que j&#8217;écoutais en boucle. C&#8217;est la musique qui m&#8217;a donné la première impulsion, la première idée d&#8217;un personnage. Et très vite, j&#8217;ai besoin de travailler la musique, en amont. J&#8217;ai horreur de faire le film et de me dire « Bon maintenant, qu&#8217;est-ce qu&#8217;on colle là-dessus ? » C&#8217;est impensable pour moi. J&#8217;ai demandé à mes copains musiciens : « Allez-y, créez, je ne vous garantis pas que je peux prendre. » Et j&#8217;avais notamment demandé à Wim Willaert, avec qui j&#8217;avais travaillé sur <em>Quand la mer monte</em>. Il est venu plusieurs fois à la maison en Normandie avec des musiciens. Ils ont improvisé, longtemps à l&#8217;avance. Et puis finalement, c&#8217;est au montage qu&#8217;on voit ce qui fonctionne et ne fonctionne pas.</p>
<p><strong>En tant que réalisatrice, vous vous servez de votre expérience d&#8217;actrice ?</strong></p>
<p>Forcément, oui. D&#8217;abord, on sait mieux comment ça marche. Si je n&#8217;avais jamais fait de film, ça aurait été plus difficile. On ne sait pas exactement de quoi, mais on se sert de toutes les petites expériences, on les accumule. Tout en n&#8217;ayant aucune certitude. J&#8217;ai 60 ans et je n&#8217;ai aucune certitude. C&#8217;est énervant mais c&#8217;est comme ça. A chaque fois, on recommence à zéro, mais, un travail après l&#8217;autre, on emmagasine quand même des petites choses. </p>
<p><strong>Certains réalisateurs ont-ils été déterminants pour vous lancer à votre tour derrière la caméra ?</strong></p>
<p>Il y a des gens qui ont été déterminants parce qu&#8217;ils ont été proches. Comme Delépine et Kervern, Martin Provost, Dominique Cabrera. Ou Agnès Varda, qui m&#8217;a fait tourner dans mon tout premier film. Elle est absolument sidérante. Elle m&#8217;épate. Quand j&#8217;ai vu <em>Les Plages d&#8217;Agnès</em>, je suis restée scotchée. Quel culot ! Insensé ! Pour le coup, ça m&#8217;a presque bloquée, je me suis dit que je n&#8217;étais pas capable de faire ça. </p>
<p><strong>L&#8217;envie de passer derrière la caméra vous tenait depuis longtemps ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/05/henri-yolande-moreau-miss-ming-pippo-delbono-2.jpg" alt="Henri, de Yolande Moreau" title="Henri, de Yolande Moreau" width="280" height="186" class="alignright size-full wp-image-13519" />Non, ça s&#8217;est fait par hasard au moment de <em>Quand la mer monte</em>. Je travaillais avec Gilles Porte, et c&#8217;est lui qui est venu avec l&#8217;idée. Moi je n&#8217;aurais jamais pensé le faire. Et puis j&#8217;y ai pris goût, ça m&#8217;a amusée. J&#8217;espère prendre un peu moins de temps pour faire le prochain. Je vais continuer à faire la comédienne bien sûr, c&#8217;est plus confortable. Ca me permet de ne pas devoir enchaîner. Je ne suis pas une faiseuse, je ne vais pas vite. Et puis j&#8217;aime vraiment bien être comédienne. Quand on me propose de beaux projets, je suis contente.</p>
<p><strong>Depuis quelques années, on vous confie des rôles plus importants.</strong></p>
<p>En fait, c&#8217;est depuis <em>Quand la mer monte</em>. Avant, avec les Deschiens, c&#8217;était difficile. On nous appelait pour faire les rigolos de service, mais en fait on faisait peur à beaucoup de réalisateurs. Il ne fallait pas que ça fasse Deschiens. L&#8217;image de la télé colle. Moi, je n&#8217;ai jamais eu peur de ça, ce sont les autres qui avaient peur. On nous appelait seulement pour faire les marioles. Mais moi j&#8217;aime bien faire la mariole. Sans être caricaturale non plus, j&#8217;espère. Ca me fait marrer. Je ne me suis pas sentie enfermée. Mais quand j&#8217;ai fait mon film, ça a peut-être permis à Martin Provost de venir me chercher. Il ne serait peut-être pas venu vers moi avant. Mais je ne l&#8217;ai pas fait pour prouver que je pouvais faire des choses différentes.</p>
<p>&nbsp;<br />
Henri<em> de Yolande Moreau, avec Candy Ming, Pippo Delbono, Jackie Berroyer… France, 2012. Sortie le 4 décembre 2013. Présenté à la 45e Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Wajma, de Barmak Akram</title>
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		<pubDate>Thu, 28 Nov 2013 16:00:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/05/wajma-akram.jpg.jpg" alt="Wajma de Barmak Akram" width="280" height="154" class="alignleft size-full wp-image-13011" />Elle a 20 ans et lui 25. Ils sont amoureux. Un soir, pour fêter l’entrée de la demoiselle à la faculté de droit, ils s’adonnent à quelques coquines facéties. Lesquelles ont pour conséquence une grossesse imprévue et, pour la jeune fille, une peur panique de l’annoncer à sa famille. On oublie de préciser en effet que l’histoire (tirée de faits réels) se situe en plein Afghanistan et que les deux tourtereaux se prénomment Wajma et Mustafa. Et que la loi permet tranquillement d’assassiner deux amants illégitimes pris sur le fait sans en être inquiété. Le rêve absolu. Inutile de dire, dans ces conditions, que nous n’allons pas assister à un remake afghan de <em>Juno</em>, loin s’en faut. Point de petites chansons à la guitare guillerettes pendant que le ventre s’arrondit. Non, ici, Wajma est plutôt reçue à coup de ceinturons et de brimades, avant que son père, déçu et déshonoré ne propose à la cantonade qu’on fasse un autodafé de sa fille. Quant à Mustafa, n’ayant aperçu d’hymen percé par ses coups de butoir, il considère sa promise comme la dernière des roulures sans vertu et refuse de l’épouser et devenir le père de cet enfant déjà maudit de tous.</p>
<p>Il n’y a pas que le sexe qui est mis en cause. Non, l’autre ennemi à proscrire, c’est évidemment la liberté : la mère de Wajma conduit et ne porte pas le voile, les enfants ont un téléphone portable et sont (à peu près) libres de sortir et d’étudier. Et cette sacro-sainte liberté devient la pécheresse infernale, celle par qui le scandale arrive désormais et engrosse les jeunes filles qui auraient dû être surveillées d’un peu plus près. <span id="more-13007"></span>Après <em>Synghé Sabour, pierre de patience</em>, <em>Wajma</em> (prix du meilleur scénario international au dernier festival de Sundance) dresse un autre portrait édifiant de la société afghane actuelle, perdue entre une promesse de liberté pour les uns et des valeurs archaïques et moyenâgeuses pour les autres. Interprété si justement, que l’on a l’impression d’assister à un documentaire façon <em>Strip-tease</em> (mais en moins décalé). Le personnage de Wajma, bercé de candeur au sortir de l’adolescence, emporte l’empathie du spectateur. Il fait peine de la voir ainsi ballottée entre un amour qui grandit jusqu’à l’acte consommé, puis rejetée par ce même amour qui semble ne plus vouloir la reconnaître, jusqu’à se retrouver confrontée à une voie à quatre issues : le suicide, être battue à mort par son père, l’avortement en Inde (cet acte étant encore considéré comme un crime en Afghanistan), ou bien garder l’enfant en vivant cachée et recluse à la campagne et oubliée de tous… C’est dire si tout à coup, il nous vient une envie de chérir notre société française imparfaite et qui se déchire pendant ce temps dans de si futiles débats… </p>
<p>&nbsp;<br />
Wajma <em>de Barmak Akram, avec Wajma Bahar, Mustafa Abdulsatar, Haji Gul Aser et Brehna Bahar. Afghanistan, 2013. Programmation Acid Cannes 2013. Sortie le 27 novembre 2013.</em> </p>
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		<title>Borgman, de Alex Van Warmerdam</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Nov 2013 06:00:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films du 66e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
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		<description><![CDATA[Chez lui, un homme prend son ceinturon. Vérifie que son chargeur de revolver est bien rempli, avant de sortir. Il passe prendre un type occupé à aiguiser avec soin la pointe d'une longue pique.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/05/borgman-warmerdam-affiche.jpg" title="Borgman, d&#039;Alex van Warmerdam" alt="Borgman, d&#039;Alex van Warmerdam" width="199" height="280" class="alignleft size-full wp-image-12922" />Chez lui, un homme prend son ceinturon. Vérifie que son chargeur de revolver est bien rempli, avant de sortir. Il passe prendre un type occupé à aiguiser avec soin la pointe d&#8217;une longue pique. Un prêtre communie avant de troquer sa chasuble contre un fusil de chasse et rejoindre les deux autres larrons… Le nouveau film d&#8217;Alex van Warmerdam s&#8217;ouvre sur l&#8217;étrange prise d&#8217;armes de ce trio improbable et nous invite à les suivre dans une chasse tout aussi saugrenue : arracher des hommes à leurs habitations souterraines, au cœur de la forêt. Parmi eux, un certain Borgman. Camiel Borgman. L&#8217;allure vagabonde, le visage émacié, la barbe et les cheveux hirsutes. Un marginal, sans doute. Un de ces inadaptés dont les honnêtes citoyens du coin préfèrent se préserver, barricadés derrière les murs de leurs maisons. L&#8217;homme mystérieux parvient malgré tout à trouver refuge au sein d&#8217;une de ces respectables familles bourgeoises. Il y a Marina, Richard, leurs trois enfants et la nounou. Ils ne le savent pas encore – nous non plus d&#8217;ailleurs – mais le Mal, ou quelque chose de ce genre, vient de prendre résidence chez eux. Désormais, Borgman peut jouer. Il est en mission. Et c&#8217;est avec un malin plaisir qu&#8217;il s&#8217;amusera à faire voler en éclats l&#8217;apparente respectabilité de ce couple. Patiemment, méthodiquement, irrésistiblement. </p>
<p>A mi-chemin ente le thriller, la fable fantastique et la comédie burlesque, <em>Borgman</em> reste dans la veine du cinéma sarcastique et grinçant du réalisateur des <em>Habitants</em> et de <em>La robe, et l&#8217;effet qu&#8217;elle produit sur les femmes qui la portent et les hommes qui la regardent</em>. A ceci près qu&#8217;il a choisi de donner à cet opus une teinte bien plus sombre. Variation libre et personnelle sur la &#8220;banalité du mal&#8221;, ce <em>Borgman</em> se révèle comme une exploration audacieuse des peurs et des angoisses de la société occidentale. <span id="more-12250"></span>Une dénonciation des nouvelles formes d&#8217;aliénations modernes. La crainte de l&#8217;autre, le repli sur soi, le racisme, l&#8217;ambition… Le film fourmille de trouvailles visuelles et scénaristiques, entre l&#8217;inconvenance d&#8217;un <em>C&#8217;est arrivé près de chez vous</em> et la brutalité frontale d&#8217;un <em>Funny Games</em>. Van Warmerdam amorce une multitude de réflexions. Politique, social, économique, religieuse, mythologique. Autant de portes entrouvertes mais dont le cinéaste n&#8217;a malheureusement pas su dépasser le seuil. En dépit d&#8217;une première demi-heure délicieusement effrontée, le récit finit par s&#8217;essouffler et s&#8217;enliser dans une progression bien trop linéaire. Les pitreries meurtrières ne suffisent plus et <em>Borgman</em> ne cesse finalement jamais de commencer, encore et encore. Audacieux dans la forme et dans le ton, donc, mais bien trop frileux sur le fond. D&#8217;autres sont passés avant, à l&#8217;image d&#8217;un Michael Haneke ou d&#8217;un Bruno Dumont avec <em>Hors Satan</em> – pour un résultat bien plus convaincant.</p>
<p>&nbsp;<br />
Borgman<em> d&#8217;Alex van Warmerdam, avec Jan Bijvoet, Hadewych Minis, Jeroen Perceval&#8230; Pays-Bas, 2013. Sortie le 20 novembre 2013. Présenté en compétition du 66e Festival de Cannes.</em></p>
<p><strong>&raquo; Retrouvez tout notre <a href="/66e-festival-cannes-2013/">dossier dédié au 66e Festival de Cannes</a></strong></p>
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		<title>Les Garçons et Guillaume, à table !, de Guillaume Gallienne</title>
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		<pubDate>Tue, 19 Nov 2013 19:34:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bande à Part</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Films du 66e Festival de Cannes]]></category>
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		<category><![CDATA[comédie]]></category>
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		<description><![CDATA[Adapter un spectacle pour le cinéma n'est jamais chose aisée. En règle générale, adapter une pièce de théâtre est encore plus complexe, et les auteurs ont souvent du mal à se défaire d'une unité de...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/05/garcons-table-guillaume-gallienne.jpg" alt="Les Garçons et Guillaume, à table !" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-13314" />Adapter un spectacle pour le cinéma n&#8217;est jamais chose aisée. En règle générale, adapter une pièce de théâtre est encore plus complexe, et les auteurs ont souvent du mal à se défaire d&#8217;une unité de lieu, de temps et d&#8217;intrigue dictée par les règles de l&#8217;art antique.<br />
Adapter son propre spectacle, quand on le porte comme un étendard, est aussi complexe. Souvent l&#8217;auteur se fait « manger » par son sujet, phagocyté par les émotions, le rendant parfois obscur au reste du monde, ou anecdotique pour ceux qui ne l&#8217;ont pas vécu.<br />
Deux écueils. Deux des plus évidentes réussites de Guillaume Gallienne.<br />
Son spectacle contait son enfance, son adolescence, et surtout ses rapports à sa mère. Il contait la difficulté pour un petit garçon fragile de faire son « coming out hétéro ». Il contait sa fascination pour les femmes.<br />
Son film fait de même, avec un génie sans cesse renouvelé, une finesse salutaire, un refus du pathos dont on lui sait gré.</p>
<p>Il s&#8217;agit donc d&#8217;un petit garçon très proche de sa mère, au contraire de ses frères, athlétiques et virils. Guillaume, lui, est persuadé que sa maman le voit fille, et se conforme à ce regard supposé. Il adopte la sensibilité comme devise personnelle, la culture comme blason, la féminité comme un habit de lumière. Et Guillaume va devenir, aux yeux de tous, homo. Sauf que Guillaume, en âge d&#8217;en aimer d&#8217;autres que sa mère, va se poser des questions, se faire peur, se révéler tel qu&#8217;il est. Un récit banal, presque, d&#8217;une adolescence. <span id="more-13307"></span><br />
Pourquoi alors nous touche-t-il autant ?<br />
Parce que, d&#8217;abord, Guillaume Gallienne NOUS raconte. Il ne fait pas que raconter, il s&#8217;adresse à nous. Grâce à un montage en parallèle du spectacle joué au théâtre (mais justifié tout de même) et de l&#8217;illustration de ce qu&#8217;il conte, il joue la carte d&#8217;une voix off diégétique avec bonheur. Et nous emmène par la main dans son monde.<br />
Et c&#8217;est grâce à ce guidage affectueux que le spectateur adhère aussi immédiatement à l&#8217;univers qui lui est présenté, où les personnages apparaissent parfois pour commenter les scènes, où, surtout, Guillaume joue Guillaume&#8230; et sa mère.<br />
Et ce n&#8217;est alors ni du travestissement, ni du déguisement, mais une incarnation incroyable, un postulat qu&#8217;on accepte comme un théorème bienvenu parce que lui seul pouvait insuffler à ce personnage la vie et nous la montrer nimbée de toute la tendresse avec laquelle il la voit. « La mère » aurait pu être castratrice, désagréable, trop présente. Jouée par lui elle est drôle, perdue et fragile, tout en étant dirigiste quand il le faut, elle est humaine.<br />
Et parce que <em>Les Garçons et Guillaume, à table !</em> est autant une fable sur un jeune homme qui se cherche qu&#8217;un hommage à sa mère, le film devient tendre. </p>
<p>Mais il n&#8217;est pas que ça. Si parfois les larmes montent aux yeux, brusquées par un trop plein d&#8217;amour et de tendresse&#8230; il s&#8217;applique à ne jamais pour autant tomber dans le pathos. Il écourte les scène qui réclamaient du violon, les tord avec bonheur pour les faire basculer dans le rire. Aux éclats. Impossible de résister à la finesse de l&#8217;humour du réalisateur, qui n&#8217;épargne rien ni personne, mais le fait avec une intelligence folle. On lui pardonnerait tout.<br />
On lui pardonne de jouer avec nos nerfs, de jouer avec nos larmes, de jouer avec nos zygomatiques. Parce qu&#8217;il ne le fait pas pour rien, parce qu&#8217;il le fait parce que cette histoire est importante et beaucoup plus universelle qu&#8217;il n&#8217;y paraît. On lui pardonne de jouer avec la réalité et la fiction, brouillant les pistes, pour notre bien. Parce que jamais il n&#8217;oublie qu&#8217;il faut raconter une histoire. Parce qu&#8217;on sort de son film avec un sourire irrépressible, avec une envie d&#8217;y retourner, d&#8217;emmener tous les gens qu&#8217;on aime le voir, se permettant d&#8217;emprunter son talent pour le leur dire.<br />
Parce que c&#8217;est ça, finalement, le cinéma, l&#8217;envie de rejoindre l&#8217;histoire, de rester avec l&#8217;acteur, l&#8217;auteur, le réalisateur, de s&#8217;asseoir à sa table. (Fadette Drouard)</p>
<p>&nbsp;<br />
Les Garçons et Guillaume, à table !<em> de et avec Guillaume Gallienne, avec aussi André Marcon, Françoise Fabian&#8230; France, 2012. Sortie le 20 novembre 2013. Présenté à la 45e Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>La Vénus à la fourrure, de Roman Polanski</title>
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		<pubDate>Fri, 15 Nov 2013 00:05:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films du 66e Festival de Cannes]]></category>
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		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/05/venus-a-la-fourrure.jpg" alt="La Vénus à la fourrure, de Roman Polanski" title="La Vénus à la fourrure, de Roman Polanski" width="193" height="280" class="alignleft size-full wp-image-13440" />Quel superbe numéro nous a joué là Roman Polanski avec <em>La Vénus à la fourrure</em> ! Polanski qui poursuit donc sa variation cinématographique autour du huis clos. A quatre dans un appartement (<em>Carnage</em>), à trois sur un bateau (<em>Le Couteau dans l&#8217;eau</em>, son premier film) et désormais à deux dans un théâtre. Le septième art adaptant et filmant le sixième. Drôle de façon pour Polanski de boucler la boucle, lui qui a commencé par fouler les planches avant d&#8217;empoigner la caméra. </p>
<p><em>La Vénus à la fourrure</em>, c&#8217;est ce troublant face-à-face adapté d&#8217;une pièce de David Ives, elle-même inspirée du roman éponyme du sulfureux Leopold von Sacher-Masoch, celui qui – à son corps défendant – a donné son nom au &#8220;masochisme&#8221;. Un jour d&#8217;orage, Vanda, une femme impétueuse, jaillit telle une tornade dans un théâtre parisien. Dans la salle, au téléphone, Thomas maugrée, désespéré de ne pas trouver son actrice pour incarner le rôle principal de la pièce qu&#8217;il s&#8217;apprête à mettre en scène… <em>La Vénus à la fourrure</em>. Et ce n&#8217;est certainement pas cette femme qui le sortira de la panade. Elle est en retard, mouillée jusqu&#8217;aux os, le rimmel dégoulinant. Elle est vulgaire, jure comme une charretière. Obstinée, la dénommée Vanda s&#8217;efforce malgré tout de convaincre Thomas qu&#8217;elle est faite pour le rôle. La prenant d&#8217;abord du haut de son statut d&#8217;auteur pédant, il finit par accepter de l&#8217;auditionner. La chrysalide se fait alors papillon. Captivé, Thomas se laisse charmer peu à peu par cette femme étonnante. Elle connaît son texte sur le bout des doigts, didascalies comprises. Et semble totalement imprégnée de la psychologie de son personnage. L&#8217;audition vire au filage complet, en même temps que s&#8217;installe un jeu de répulsion-séduction qui tournera à l&#8217;obsession. <span id="more-12267"></span></p>
<p>Avec <em>La Vénus à la fourrure</em>, Roman Polanski, homme de théâtre et cinéaste, a donc trouvé dans ce livre de Sacher-Masoch un formidable terrain de jeu pour laisser libre cours à ses marottes artistiques. Le huis clos, la folie, l&#8217;aliénation, l&#8217;asservissement, le travestissement, l&#8217;érotisme&#8230; Au détour d&#8217;un accessoire ou d&#8217;un costume, resurgissent ici et là les vieux fantômes de la filmographie du cinéaste. Une robe d&#8217;époque, une veste en velours vert, un couteau, un homme travesti en femme et ce sont <em>Tess</em>, <em>Le Bal des vampires</em>, <em>Rosemary&#8217;s Baby</em> et <em>Le Locataire</em> qui s&#8217;invitent sur la scène. Polanski pousse l&#8217;autodérision jusque dans sa distribution en plaçant devant sa caméra sa propre femme, Emmanuelle Seigner, et un Mathieu Amalric dont la ressemblance physique avec le cinéaste est frappante.   </p>
<p>Sans arrêt sur le fil, les deux comédiens délivrent un formidable numéro d&#8217;équilibristes, passant d&#8217;un registre à un autre, d&#8217;une émotion à une autre, changeant de tons, de tenues, d&#8217;accents, d&#8217;attitudes. Elle est extravagante, insolente, excessivement sensuelle, érotique, fantasque, fatale. Il est prétentieux, aigri, engoncé dans son quotidien petit-bourgeois, soudain bousculé et contraint par cette femme à accepter de perdre pied. A travers le prisme de ce duo-duel d&#8217;acteurs absolument époustouflant, Roman Polanski nous plonge dans une fantastique mise en abyme de la création. Epluche avec ironie les travers pervers que prend parfois le rapport du metteur en scène à son actrice. Dans un jeu de miroirs vertigineux, il brouille les frontières entre réel et fiction, soumis et dominant, homme et femme. Et le spectateur de s&#8217;enfoncer chaque fois un peu plus dans la fantaisie et l&#8217;imaginaire, jusqu&#8217;au point d&#8217;orgue final. </p>
<p><em>La Vénus à la fourrure</em> est une réflexion brillante sur le travail de mise en scène, d&#8217;interprétation d&#8217;un personnage, d&#8217;une époque, d&#8217;un auteur et de son texte… Sur tout ce qui participe à nourrir l&#8217;illusion du monde du théâtre et du cinéma. Un pamphlet féministe plein d&#8217;esprit et de malice.</p>
<p>&nbsp;<br />
La Vénus à la fourrure<em> de Roman Polanski, avec Emmanuelle Seigner, Mathieu Amalric. France, 2013. Présenté en compétition du 66e Festival de Cannes. Sortie le 13 novembre 2013.</em>  </p>
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