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	<title>Grand Écart &#187; Julien Wagner</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Souvenirs de toiles de Bérénice Bejo</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Jan 2023 07:30:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Souvenirs de toiles]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>

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		<description><![CDATA[Fait historique, la comédienne Bérénice Bejo partage la présidence du jury du 30e Festival international du film fantastique de Gérardmer avec Michel Hazanavicius. À son tour de nous faire part...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2023/01/berenice-bejo-gerardmer-2023-300x225.jpg" alt="Bérénice Bejo" width="300" height="225" class="alignleft size-medium wp-image-27805" /><strong>Fait historique, la comédienne Bérénice Bejo partage la présidence du jury du <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/1994-2023-30-ans-festival-film-fantastique-gerardmer/" title="1994-2023 : le Festival de Gérardmer, un grand parmi les grands">30e Festival international du film fantastique de Gérardmer</a> avec <a href="http://www.grand-ecart.fr/portraits/souvenirs-toiles-cinema/michel-hazanavicius-festival-gerardmer-2023/" title="Souvenirs de toiles de Michel Hazanavicius">Michel Hazanavicius</a>. À son tour de nous faire part de ses souvenirs de toiles, avant de remettre le Grand Prix dans quelques heures&#8230;</strong></p>
<p><strong>Quelle parité incroyable que cette coprésidence !</strong></p>
<p>C’était une belle idée de Bruno Barde ! Nous n’avions jamais vraiment fait de festivals ensemble. On a même reçu un message de Thierry Frémaux qui trouvait aussi que c’était une super idée. Et puis Michel l’a dit : s’il y a égalité, ma voix compte double ! Et je suis d’accord avec lui ! Mais je sais qu’il y aura forcément un film qui obtiendra une majorité.</p>
<p><strong>Vous vous êtes d’ailleurs déjà essayée au film de genre&#8230;</strong></p>
<p>Oui, c’est ma troisième participation au Festival. Je ne regarde pas forcément beaucoup de films de genre, mais je trouve qu’en France, il y a des petites pépites comme <em>Teddy</em> des frères Boukherma que j’avais adoré ou <em>La Nuée</em> de Just Philippot. Je vais bientôt faire un film d’anticipation avec Xavier Gens sur une espèce de requin qui évolue plutôt mal à cause des humains et je viens de tourner un film d’anticipation italien dans lequel, lorsque l’on meurt, on peut louer le corps de quelqu’un et y implanter l’âme de la personne décédée pour quelques jours. Peut-être que ces films viendront à Gérardmer à leur tour ? <span id="more-27804"></span></p>
<p><strong>Premier souvenir de cinéma ?</strong></p>
<p>Je pense que c’est soit <em>E.T. l’extraterrestre</em> avec ma grande soeur, soit <em>The Party</em> de Blake Edwards où j’étais allée avec mon père. Je me souviens avoir énormément ri, au point de me lever de mon siège et de taper du pied tellement c’était drôle.</p>
<p><strong>Le film qui a bercé votre enfance ?</strong></p>
<p><em>Chantons sous la pluie</em>, <em>Hatari !</em>, les films avec Marilyn Monroe, Audrey Hepburn, James Stewart, les Capra. Je les ai beaucoup regardés en boucle.</p>
<p><strong>Premier souvenir de film d’horreur ?</strong></p>
<p><em>Alien</em>, que mon père m’avait montré. J’avais eu super peur, car je me disais que ce genre de chose pouvait être possible, on ne connaît rien de notre univers. J’avais trouvé la bête monstrueuse et j’étais tellement en panique, que mon père m’avait montré un livre sur le film pour m’expliquer comment c’était fait. On la voyait vraiment bien, alors que dans le film, c’est plus caché. Ça m’avait tout de suite rassurée.</p>
<p><strong>Un film qui vous a traumatisée ?</strong></p>
<p><em>Délivrance</em>, que je ne pourrai jamais revoir. J’aime tellement voyager, notamment toute seule ou avec mes enfants, que si je repense à ce film, je ne ferais plus rien. Sinon, récemment, c’est <em>Dernier train pour Busan</em> que Michel m’avait demandé de regarder pour <em>Coupez !</em> et que j’ai adoré. Je l’ai vu en plein après-midi et j’ai dû faire pause plusieurs fois. Je n’étais pas habituée aux films de morts-vivants et j’avais été frappée par le fait qu’ils vont vite, qu’ils mangent beaucoup, qu’ils font beaucoup de bruit… Ils sont terrifiants en fait ! D’autant qu’on venait de sortir de la pandémie et qu’on retrouvait des images avec des gens masqués et si les personnages sont très stéréotypés, c’est extrêmement bien fait. J’ai aussi regardé <em>Kingdom</em> sur Netflix, c’était très beau, mais j’ai sursauté plusieurs fois. Je suis très bonne cliente pour tout ça.</p>
<p><em>Qu’est-ce qui vous effraie au cinéma ?</em></p>
<p>Tout ce qui a trait aux atteintes psychologiques, ce qui peut être possible, ce qui touche à la famille, aux enfants, à la fin du monde… Ça me touche beaucoup. Je ne suis pas touchée par contre par les films de tueurs où les filles vont forcément dans le couloir où il se trouve, sans allumer la lumière, je n’y crois pas, ça m’énerve. Je ne connais pas une seule fille qui ferait ce genre de chose. À l’inverse, <em>Shining</em>, ça me terrifie, car je pense qu’on peut vraiment devenir fou comme ça et vouloir tuer sa famille. <em>Trauma</em> de Dan Curtis aussi, avec cette maison qui prend emprise sur ses habitants et le père qui essaie de tuer son enfant dans la piscine.</p>
<p><strong>Le monstre le plus stylé ?</strong></p>
<p>J’aime bien les vampires, j’ai une petite fascination pour Dracula… Je trouve ça sensuel, avec ce rapport à la peau, mordre le cou qui est comme un baiser. J’aurais adoré jouer dans le <em>Dracula</em> de Coppola, je voulais être avec Gary Oldman quand j’étais petite !</p>
<p><strong>Les premières larmes au cinéma ?</strong></p>
<p>Je pleure tout le temps au cinéma. Je suis très facilement dans l’empathie, c’en est même ridicule. Quand on va voir des films un peu fleur bleue avec Michel, on finit par se regarder avec une larme au coin des yeux.</p>
<p><strong>Derniers fous rires au cinéma ?</strong></p>
<p><em>Irréductible</em> de et avec Jérôme Commandeur qui me fait beaucoup rire. Tout comme dans <em>Jack Mimoun et les secrets de Val Verde</em> qu’on a regardé avec les enfants. Chaque fois qu’il apparaît, il me fait rire.</p>
<p><strong>Un film culte ?</strong></p>
<p>Si je devais aller sur une île déserte, ce ne serait déjà pas un film de genre ou quelque chose de mélancolique. Ce serait un film positif, qui me fait du bien, un <em>Victor Victoria</em> de Blake Edwards ou un Capra.</p>
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		<title>Souvenirs de toiles de Michel Hazanavicius</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Jan 2023 08:21:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Souvenirs de toiles]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>

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		<description><![CDATA[Double actualité pour le réalisateur Michel Hazanavicius : sa dernière comédie, Coupez !, sort en vidéo et il est le co-président de la 30e édition du Festival international du film fantastique de Gérardmer...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2023/01/michel-hazanavicius-gerardmer-2023-300x225.jpg" alt="Michel Hazanavicius" width="300" height="225" class="alignleft size-medium wp-image-27781" /><strong>Double actualité pour le réalisateur Michel Hazanavicius : sa dernière comédie, Coupez !, sort en vidéo et il est le coprésident de la 30e édition du Festival international du film fantastique de Gérardmer, aux côtés de sa compagne Bérénice Bujo. On a pu le rencontrer entre deux séances d’angoisses.</strong></p>
<p><strong>Connaissiez-vous le Festival de Gérardmer auparavant ?</strong></p>
<p>J’étais déjà venu en 1995, c’est un festival qui a une très bonne réputation. Je n’ai pas une passion pour les films de genre, mais le spectre est suffisamment large pour qu’on puisse y trouver son compte. Je ne suis pas à la recherche de sensations fortes, même si quand j’ai vu <em>Dernier train pour Busan</em>, j’ai trouvé que c’était un très grand film.</p>
<p><strong>Même si on peut penser que <em>Coupez !</em> en est quand même une sorte d’hommage&#8230;</strong></p>
<p><em>Coupez !</em>, c’est une comédie de tournage sur un film de zombies, mais ça m’a permis de manipuler les codes du genre, à gros traits, même s’il y a en effet un grand travail sur le décor, la lumière… basé sur les grands films du genre des années 1970, qui parlaient d’uniformisation du monde, de surpopulation… Le zombie, dans la catégorie monstres du cinéma, est résolument le plus politique. </p>
<p><strong>Quand on est réalisateur soi-même, est-ce plus difficile pour apprécier les autres films en tant que président d’un jury ?</strong></p>
<p>Je respecte le travail de tous les réalisateurs, même ceux dont les films me laissent moins sensible. Je suis là vraiment en tant que spectateur. Je fais abstraction de la technique, même s’il y a des choses que je vais tout de même capter. <span id="more-27779"></span></p>
<p><strong>Vous pourriez réaliser un film de genre ?</strong></p>
<p>Je me considère plutôt comme un réalisateur de comédies, même si je ne m’interdis pas de travailler sur un autre type de films. Si j’ai une bonne idée ou s’il y a un bon scénario qui m’arrive, pourquoi pas. Le genre n’est pas très important, c’est un passage pour raconter quelque chose. </p>
<p><strong>Votre premier souvenir de cinéma ?</strong></p>
<p>C’est justement un souvenir de peur, il s’agit de <em>Pinocchio</em>, c’était une grosse terreur pour moi, la scène dans le ventre de la baleine. </p>
<p><strong>Le film qui a bercé votre enfance ?</strong></p>
<p>Quand j’étais jeune, on allait voir des films au cinéma, mais on n’allait pas les revoir. Il n’y a donc pas à proprement dit un film qui aurait bercé mon enfance. Il faudra attendre l’ère des VHS pour que je puisse revoir inlassablement des films, comme <em>Rio Bravo</em> et <em>Un éléphant ça trompe énormément</em>. </p>
<p><strong>Un film qui vous a vraiment effrayé ?</strong></p>
<p>Au tout début des VHS, je devais avoir 11-12 ans, un ami à moi m’a fait regarder chez lui <em>Cannibal Holocaust</em>. C’était une grosse frayeur, d’autant avec cette aura sulfureuse, c’était censé être du found footage et le réalisateur avait beaucoup joué là-dessus.</p>
<p><strong>Un monstre trop stylé ?</strong></p>
<p>La créature de <em>Frankenstein</em>, celui de James Whale par Boris Karloff que je trouve beau, poétique, extrêmement touchant.</p>
<p><strong>Vos premières larmes devant un film ?</strong></p>
<p>Je suis capable d’en avoir très rapidement. J’ai régulièrement des petites larmes au cinéma. Je peux être fort ému devant un film avec Adam Sandler, par exemple, qui arrive toujours à être touchant.</p>
<p><strong>Derniers fous rires au cinéma ?</strong></p>
<p>La dernière comédie qui m’a vraiment éclaté, c’est <em>L’Innocent</em> de Louis Garrel que j’ai vraiment adoré. Ou ce que peut faire quelqu’un comme Jonathan Cohen. Je ne suis pas très fou rire en général, à me taper sur les cuisses.</p>
<p><strong>Quand on réalise des comédies, on arrive encore à être surpris quand on en voit ?</strong></p>
<p>Oui, si les ficelles sont grosses. Il y a des choses qu’on voit arriver, car on connaît l’envers du décor. Mais je suis bon public, je me laisse porter en général.</p>
<p><strong>Un film culte ?</strong></p>
<p><em>Une vie difficile</em> de Dino Risi. J’en ai plein, ça change tout le temps, mais j’aime beaucoup citer celui-ci, il est encore trop méconnu. Il date du début des années 1960 mais il fonctionne toujours extrêmement bien, grâce notamment à son acteur hallucinant qu’est Alberto Sordi. J’aime les comédies à l’italienne. Ainsi que le cinéma de Billy Wilder comme <em>La Garçonnière</em> ou les films de Lubitsch. </p>
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		<title>Souvenirs de toiles d’Alex Lutz</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Jan 2023 22:35:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Souvenirs de toiles]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>

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		<description><![CDATA[Le comédien et réalisateur Alex Lutz est membre du jury au Festival de Gérardmer, où il est également présent hors compétition avec le film <em>En plein feu</em>. Entre deux séances, il a bien voulu nous confier...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le comédien et réalisateur Alex Lutz est membre du jury au Festival de Gérardmer, où il est également présent hors compétition avec le film <em>En plein feu</em>. Entre deux séances, il a bien voulu nous confier quelques-uns de ses souvenirs de toiles&#8230;</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2023/01/alex-lutz-300x225.jpeg" alt="Alex Lutz" width="300" height="225" class="alignleft size-medium wp-image-27772" /><strong>Qu’attendez-vous comme expérience du Festival en tant que membre du jury ?</strong></p>
<p>J’aime ces festivals où on partage avec le public, car il y a ici une sacrée ambiance dans la salle, avec une manière particulière d’accueillir la séance, de faire du bruit. J’espère voir de chouettes films et j’ai hâte de choisir celui que l’on va récompenser tous ensemble.</p>
<p><strong>On va vous retrouver aussi dans <em>En plein feu</em> hors compétition…</strong></p>
<p>Oui, c’est un film à cheval sur le genre, qui empreinte des choses aux films d’anticipation, de frayeur. Je ne suis fermé à aucun genre de film en tout cas.</p>
<p><strong>Vous qui aimez vous métamorphoser de film en film, quelle créature pourriez-vous incarner ?</strong></p>
<p>Une bestiole, j’aimerais beaucoup. J’adore la réinvention de la créature du loup-garou ou quand les humains s’animalisent comme dans <em>La Mouche</em>. Je me souviens de Jack Nicholson qui devenait ce loup incroyable&#8230; J’adorais aussi la série <em>Manimal</em>, j’adorerais en faire un film. <span id="more-27766"></span></p>
<p><strong>Votre premier souvenir de cinéma ?</strong></p>
<p>J’hésite entre <em>Blanche-Neige</em> et <em>Rox et Rouky</em>. Ma tante nous emmenait souvent aux environs de Noël aux rétrospectives Disney qu’ils faisaient souvent à cette époque-là. C’était au Vox, à Strasbourg, une salle que j’adore. Mais mon premier souvenir vraiment dont je me souviens de tout, c’est <em>E.T. l’extraterrestre</em>. </p>
<p><strong>Le film qui a bercé votre enfance ?</strong></p>
<p>J’ai usé la cassette du <em>Cavalier électrique</em> avec Robert Redford et Jane Fonda, que j’adorais. Une histoire de cow-boy alcoolique qui s’en va dans les Rocheuses pour libérer son mustang. Et il y avait <em>Greystoke</em> dont j’ai un souvenir très fort. </p>
<p><strong>Votre premier souvenir de film d’horreur ?</strong></p>
<p><em>Les Oiseaux</em>, qui m’a terrorisé. Mais aussi <em>Thriller</em> de Michael Jackson. Les adultes fumaient des cigarettes entre eux pendant que nous on regardait la télé et qu’on se chiait dessus. Même encore maintenant, j’ai des frissons si j’entends à la radio le gros rire de la fin de la chanson, tellement j’avais eu peur petit.</p>
<p><strong>Le film qui vous a traumatisé ?</strong></p>
<p><em>Deep Water</em>, sur ce couple qui fait de la plongée et qu’on a oublié. J’avais regardé ce film un soir seul et j’avais adoré le côté naturaliste. Ou <em>Blair Witch</em> qui m’avait bien fait peur. C’était novateur pour l’époque.</p>
<p><strong>Qu’est-ce qui vous effraie, justement au cinéma ?</strong></p>
<p>Je ne suis pas si client de ça. Quand j’ai accepté d’être membre du jury, je me suis dit après coup : <em>« Mais en fait, je vais avoir peur à ce festival ! »</em> Je n’aime pas être traumatisé par ce que je vois, où je vais garder en tête les images, même si ça aide finalement de faire du cinéma, de comprendre comment ça fonctionne. Je n’aime pas ce qui est insidieux, qui met mal à l’aise, qui joue sur des cauchemars psychologiques profonds, nos saletés intérieures. </p>
<p><strong>Le monstre le plus stylé ?</strong></p>
<p>La figure du vampire. Le <em>Dracula</em> de Coppola était sublime par le côté polymorphe du personnage, qui grimpe sur les murs, qui devient un vieillard, mais aussi un dandy vénéneux et sexuel… Ou les figures de loup-garou. Quand elles ne sont pas loupées, elles sont stylées.</p>
<p><strong>Les premières larmes devant un film ?</strong></p>
<p><em>E.T.</em>, évidemment. Et <em>Rox et Rouky</em>. C’est horrible quand ils ne se reconnaissent pas, alors que c’est les meilleurs amis du monde et que Dorothée le chante.</p>
<p><strong>Le film le plus érotique ?</strong></p>
<p>J’ai un souvenir de Scarlett Johansson dans <em>Match Point</em>, du slow sensuel dans <em>L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux</em>. Ou <em>Love</em> de Gaspar Noé qui est presque un opéra-porno. Il faut tout convoquer, ce n’est pas que la plastique, c’est une ambiance autour des comédiens, une manière de mettre en lumière, une manière de saisir une matière ou de mettre un son particulier.</p>
<p><strong>Les derniers fous rires de cinéma ?</strong></p>
<p>Gros rire long, dans le <em>Coupez !</em> de Michel Hazanavicius, d’autant que je ne savais absolument pas ce que j’allais voir. Bérénice Béjo m’en avait parlé au Festival Lumière, mais je n’avais pas du tout fait le rapprochement. J’étais paumé les 25 premières minutes, comme il se doit, mais quand tout s’éclaire, qu’est-ce que j’ai ri ! Et je trouve la fin très émouvante, avec cette image de pyramide humaine que je n’oublierai jamais.</p>
<p><strong>Votre film culte ?</strong></p>
<p><em>La vie est belle</em> de Benigni, <em>Qui a peur de Virginia Wolf ?</em>, <em>La vie est belle</em> de Capra, <em>César et Rosalie</em> mais tous les acteurs le disent, alors j’arrête de le dire, <em>Les Misérables</em> ou <em>Un homme qui me plaît</em> de Lelouch, <em>La Cité de la peur</em>&#8230;</p>
<p><strong>Un film que vous avez honte d’aimer ?</strong></p>
<p>Tous les unitaires de M6 les dimanches après-midi, genre une biographie sur Elizabeth Taylor avec une actrice qui ne lui ressemble absolument pas, j’adore ça ! Il y en avait avec Jaclyn Smith où elle incarnait la première réalisatrice de cinéma, c’était cousu de fil blanc, on lui avait juste mis quelques pattes d’oie et des cheveux blancs pour dire qu’elle avait vieilli. C’est merveilleux.</p>
<p><strong>Votre panthéon du cinéma ?</strong></p>
<p>Elizabeth Taylor, Jean Dujardin, Jack Nicholson, Marina Foïs, François Civil, Jean Gabin, Louis Jouvet, Suzie Delair, Adam Driver, Scarlett Johansson, Robert Redford, Barbra Streisand, Lyna Khoudri, Salim Kechiouche, Jean-Pascal Zadi, Bouli Lanners, Ruben Ostlund&#8230;</p>
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		<title>Rencontre avec Alice Winocour</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Feb 2020 08:45:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Alice Winocour]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>

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		<description><![CDATA[Après Proxima qui mettait Eva Green sur orbite, Alice Winocour était membre du jury longs-métrages du 27e Festival du film fantastique de Gérardmer. L&#8217;occasion de poser quelques questions à cette...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/interview-alice-winocour-gerardmer-2020-c-mathieu-menossi.jpg" alt="Alice Winocour au 27e Festival du film fantastique de Gérardmer" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-27437" /><strong>Après <em>Proxima</em> qui mettait Eva Green sur orbite, Alice Winocour était membre du jury longs-métrages du <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-horreur-2020/" title="29/01-02/02 : 27e Festival du film fantastique de Gérardmer">27e Festival du film fantastique de Gérardmer</a>. L&#8217;occasion de poser quelques questions à cette réalisatrice singulière, qui ne cache pas son amour pour le film de genre.</strong></p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Pourquoi avoir accepté d’être jurée au Festival de Gérardmer ?</strong></p>
<p>Parce que je me suis toujours intéressée au cinéma fantastique, même si ce n’est pas un genre qui m’a construite en tant que cinéaste, mais ça m’a beaucoup aidée. Par exemple, pour mon premier film, <em>Augustine</em>, je me suis inspirée de films d’exorcisme, de possession… C’est un cinéma inspirant qui n’est pas celui d’où je viens et je voulais donc en savoir plus.</p>
<p><strong>Quels sont vos films fantastiques de référence ?</strong></p>
<p>Les films qui ont vraiment compté pour moi, qui m’ont construite, ce sont les films de David Cronenberg comme <em>La Mouche</em>, <em>Faux-semblants</em>… J’ai revu <em>Crash</em> il n’y a pas longtemps. Le cinéma doit être comme ses films, une expérience physique et sensorielle, le rapport au corps me fascine. Je trouve qu’on n’aborde pas assez la sensualité, la sensorialité… Le cinéma d’horreur qui travaille les questions d’inconscient ou de psychanalyse, cela m’intéresse tout autant, comme le film <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/grave-julia-ducournau/" title="Grave, de Julia Ducournau">Grave</a></em> de Julia Ducournau ou <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/it-follows-david-robert-mitchell/" title="It Follows, de David Robert Mitchell"><em>It Follows</em></a> de David Robert Mitchell. <span id="more-27433"></span></p>
<p><strong>Vos films sont d’ailleurs axés sur le corps…</strong></p>
<p>Oui, comme dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/maryland-alice-winocour-kruger/" title="Maryland, d’Alice Winocour">Maryland</a></em>, mon deuxième film, qui n’est que dans le point de vue sensoriel du personnage, dans une vision fragmentaires des choses à travers ses perceptions. Dans <em>Proxima</em> aussi. </p>
<p><strong>De plus en plus de femmes tournent des films de genre, pourriez-vous y verser vous-même ?</strong></p>
<p>J’ai besoin d’avoir une connexion intime avec le sujet, cela peut être dans n’importe quel genre. J’appartiens à une génération qui mélange plus ou moins diverses influences, différentes cultures. Ce que j’admire dans le cinéma de Julia Ducournau, qui était dans la même école que moi, c’est sa manière de se servir du carcan du genre, pour injecter des problématiques de cinéma d’auteur. </p>
<p><strong>Quels sont les critères pour juger les films que vous voyez en tant que jurée ?</strong></p>
<p>Je ne les vois pas selon une autre grille de lecture que n’importe quel festival. Ce qui m’importe c’est l’émotion, les problématiques explorées de notre monde contemporain… Il y a évidemment le critère de la peur, du jeu, de la bande son. Dans mes films, je passe énormément de temps à travailler dessus, cela participe d’un cinéma immersif et sensoriel et c’est parfois trop laissé de côté, je suis souvent frustrée que ça ne soit pas travaillé davantage. Un film silencieux peut être plus terrifiant que le bruit, comme dans <em>Les Oiseaux</em>.</p>
<p><strong>Qu’est-ce qui vous fait peur au cinéma ?</strong></p>
<p>Je suis quelqu’un de très peureux. Les <em>home invasion movies</em>, c’est quelque chose qui me terrifie, me marque, comme <em>Panic Room</em> de David Fincher… Ce sont aussi des émotions de mon enfance comme <em>Psychose</em> d’Alfred Hitchcock. Avec mon frère, on le regardait 5 à 6 fois par jour, parfois certaines séquences en boucle. Cela faisait partie de notre vie, on vivait dans ce film. C’était à la fois une frayeur et une fascination.</p>
<p><strong>Les ingrédients d&#8217;un bon film fantastique ?</strong></p>
<p>La bande son est très importante pour moi, comme le sous-texte de ce que cela raconte de notre société d’aujourd’hui. Qu’il y ait une seconde couche. Je suis déçue si cela ne réinvente pas la réalité ou si l’on voit des choses déjà vues des milliards de fois. Dans <em>It Follows</em>, ce qui était bien justement, c’était son côté immatériel.</p>
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		<title>Rencontre avec Asia Argento</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Feb 2020 09:00:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Asia Argento]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[Italie]]></category>

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		<description><![CDATA[L’actrice et réalisatrice Asia Argento est la première présidente - il aura fallu attendre 27 éditions - du jury des longs-métrages du Festival du film fantastique de Gérardmer. Elle abandonne sa...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Portrait d&#8217;une présidente</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/01/asia-argento-presidente-festival-gerardmer-2020.jpg" alt="Asia Argento" title="Asia Argento" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-27392" /><strong>L’actrice et réalisatrice Asia Argento est la première présidente &#8211; il aura fallu attendre 27 éditions &#8211; du jury des longs-métrages du <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-horreur-2020/" title="29/01-02/02 : 27e Festival du film fantastique de Gérardmer">Festival du film fantastique de Gérardmer</a>. Elle abandonne sa chevelure longue noir corbeau pour une coupe blonde et courte qui ne change rien à sa conception du cinéma, libre de tout engagement. Elle nous parle films de genre, possession et George Romero&#8230;</strong></p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Qu’est-ce que cela représente pour vous d’être la première femme présidente du festival ?</strong></p>
<p>Ca fait du bien… On est dans un festival de genre, mais pour moi, le genre masculin ou féminin, ça n’a aucune importance. Mais peut-être suis-je idéaliste, je ne crois pas aux étiquettes. Je suis honorée d’être présidente du jury, mais c’est étonnant que cela ne soit pas déjà arrivé avant, car c’est déjà la 27e édition. J’ouvre la porte, comme je l’ai déjà fait auparavant dans ma vie, mais j’espère que je ne me la prendrai pas sur la tête. Ce qui arrive souvent !</p>
<p><strong>Comment définiriez-vous votre rôle de présidente ?</strong></p>
<p>J’ai émis quelques règles avec le jury, comme de se parler tous les jours quelques minutes. J’ai distribué des carnets pour écrire ses idées. C’est important d’écouter les avis des uns et des autres. J’ai la chance d’avoir un jury très intelligent. J’arrive parfois à penser comme ils pensent, à voir des choses qui m’avaient échappé. <span id="more-27387"></span></p>
<p><strong>Pourquoi si peu de femmes dans le cinéma fantastique, selon vous ?</strong></p>
<p>Même dans le cinéma tout court, je dirais. Le patriarcat est toujours au pouvoir, mais c’est politique d’aborder ce sujet.</p>
<p><strong>Qu’attendez-vous de cette édition ?</strong></p>
<p>Avec mon travail, les enfants, je ne vais plus au cinéma comme je le faisais quand j’étais plus jeune, c’est donc une occasion de voir ce qui se passe en ce moment, de voir les points de vue différents des réalisateurs et réalisatrices. Ce festival, c’est une belle manière de se mettre au courant de ce qui se passe à travers le monde. Mais je n’attends rien de particulier, car j’aime être surprise et ça m’évite d’être déçue.</p>
<p><strong>Vous avez tourné à l’âge de 9 ans, quels sont vos souvenirs d’enfance liés au fantastique ?</strong></p>
<p>J’étais dans une voiture, entourée par des comédiens déguisés en démons et je fermais les yeux quand la caméra se focalisait sur moi, j’avais peur, même si je savais que c’était pour de faux <em>[Asia parle du tournage de </em>Démons 2<em>, de Lamberto Bava]</em>.</p>
<p><strong>Avez-vous des films de genre de prédilection ?</strong></p>
<p>Je suis touchée par les films sur les possessions, les fantômes, les esprits et les démons. J’aime <em>L’Exorciste</em>, <em>L’Exorcisme d’Emily Rose</em>, <em>Deliverance from Evil</em>… Je sais pourquoi, mais c’est personnel. Cela me fait vraiment peur quand c’est bien fait. Quand j’ai vu <em>Deliverance from Evil</em>, c’était la nuit, j’étais seule et j’ai entendu du bruit, j’ai eu peur d’être possédée…</p>
<p><strong>Où prenez-vous le plus de plaisir ? Dans le jeu ou la réalisation ?</strong></p>
<p>Etre réalisatrice, c’est comme un repas complet, il y a la photographie, le jeu, les costumes… On n&#8217;a jamais le temps de s’ennuyer, alors que quand on est acteur, on s’ennuie beaucoup. </p>
<p><strong>Vous qui avez tourné à travers le monde, avez-vous perçu des différences notables dans la façon d’aborder le cinéma fantastique en fonction des pays ?</strong></p>
<p>Oui, bien sûr, parce que les cultures sont différentes. Mais cela dépend des époques aussi. Par exemple, au Japon, dans les années 1990, on ne présentait pas le cinéma fantastique de la même manière que maintenant. Mais je ne regarde pas les films en fonction de leur provenance, je suis simplement spectatrice.</p>
<p><strong>Si vous n’aviez pas évolué dans le milieu du cinéma, qu’auriez-vous fait ?</strong></p>
<p>Sans doute jardinière. Travailler avec la nature et les arbres.</p>
<p><strong>Quels souvenirs gardez-vous de votre tournage avec George Romero, <em>Le Territoire des morts</em> ?</strong></p>
<p>C’était un ami de mon père, un ami perdu, car ils ne se voyaient plus. Il avait adoré mon premier film en tant que réalisatrice, <em>Scarlet Diva</em>, et il m’a contactée, ce qui m’avait étonnée. C’était d’abord pour un autre film qu’il n’a finalement pas tourné, puis pour celui-ci. C’était encore mieux que de travailler avec mon père, car il était comme un oncle gentil, toujours très inspiré, très calme, je ne l’ai jamais vu se mettre en colère. Nous étions en communion. Il faisait des films très politiques avec le genre fantastique : si on avait envie d’y voir des zombies, on en voyait, mais il pouvait s’agir de tout autre chose. C’étaient presque des films clairvoyants.</p>
<p><strong>Cet été, vous allez tourner sous la direction de votre père dans <em>Occhiali Neri</em> ; lui demandez-vous encore des conseils ?</strong></p>
<p>Oui et pas seulement sur le cinéma, sur la vie en général. Et il m’en demande également, même si on parle beaucoup de cinéma, en effet.</p>
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		<title>Rencontre avec Harry Kümel</title>
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		<pubDate>Fri, 31 Jan 2020 14:01:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[vampire]]></category>

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		<description><![CDATA[Harry Kümel a tourné neuf longs-métrages, mais le cinéaste belge de 80 ans a gagné son statut de réalisateur culte grâce à un film en particulier, <em>Les Lèvres rouges</em>, relecture toute personnelle de...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/01/levres-rouges-c-malavida.jpg" alt="Les Lèvres rouges" width="280" height="169" class="alignleft size-full wp-image-27381" />Harry Kümel a tourné neuf longs-métrages, mais le cinéaste belge de 80 ans a gagné son statut de réalisateur culte grâce à un film en particulier, <em>Les Lèvres rouges</em>, relecture toute personnelle de l&#8217;histoire de la comtesse Bathory version vampire, avec une Delphine Seyrig sulfureuse en diable. Un film présenté au <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-horreur-2020/" title="29/01-02/02 : 27e Festival du film fantastique de Gérardmer">Festival international du film fantastique de Gérardmer 2020</a> lors de la nouvelle édition de Rétromania. Tandis que le film va bientôt ressortir en version restaurée, rencontre avec son réalisateur.</p>
<p><strong>Avez-vous été surpris de l&#8217;invitation du festival ?</strong></p>
<p>Pas vraiment, car <em>Les Lèvres rouges</em> est assez connu dans le monde du fantastique et je suis souvent invité pour en parler dans de nombreux festivals. Cela dit, je ne connaissais pas celui de Gérardmer.</p>
<p><strong>Quelle est la genèse des <em>Lèvres rouges</em> ?</strong></p>
<p>J’avais déjà réalisé un premier long-métrage et des producteurs sont venus me voir pour me demander si je voulais bien faire un autre film, mais dans la veine fantastique, qui se vendait bien à l’époque. J’ai accepté et en me promenant à Bruxelles, j’ai vu un fascicule dédié à Elizabeth Bathory, la fameuse Comtesse sanglante. Je l’ai acheté, j’ai lu l’histoire de cette femme et tout de suite, j’ai voulu écrire quelque chose sur elle. Comme cela nécessitait beaucoup de fonds, de faire une reconstitution historique, on est plutôt partis sur l’idée qu’il s’agissait d’un vampire qui survit en se baignant dans le sang de jeunes vierges, pour rester éternellement jeune. Elle traverse le monde en compagnie de sa servante. Avec le producteur, nous avons écrit un synopsis très rapidement, qui a ensuite été envoyé au scénariste Jean Ferry, avec qui j’écrivais un autre film, <em>Malpertuis</em>. Un très grand scénariste. Il m’a envoyé un télégramme en me disant qu’il acceptait de collaborer sur ce film et qu’il voulait en faire les dialogues. Quelques mois plus tard, le film était vendu au Festival de Cannes. Cela se faisait très facilement et rapidement, à l’époque. <span id="more-27375"></span></p>
<p><strong>Pourquoi le choix de Delphine Seyrig ?</strong></p>
<p>C’était la condition que j’avais émise pour faire ce film. Si l’on mettait une actrice de grand renom dans le rôle principal, cela prendrait de l’allure et donnerait une aura particulière au film. Ce qui a particulièrement réussi. Delphine était une amie d’Alain Resnais. Elle a accepté, car Resnais trouvait que le film se lisait comme une bande dessinée dont il raffolait. On s’est très bien entendus elle et moi, c’était très agréable de travailler avec elle. Les seuls qui ont des problèmes avec elle, ce sont les producteurs. Elle réclamait toujours son argent, elle considérait les producteurs comme des ennemis. C’était comme un réflexe naturel chez elle, très français. </p>
<p><strong>Au moment de la sortie, est-ce que ce fut un choc ?</strong></p>
<p>Il est d’abord sorti aux Etats-Unis, car il y avait un co-financier américain. Avec un sujet pareil, cela n’aurait pas pu se faire uniquement sur des fonds belge. Il est sorti à New York et a fait un malheur. Il est sorti avec un slogan qui donnait envie de le voir. C’est grâce à cela que le film est sorti ensuite en Belgique. Il y a eu des critiques qui l’ont trouvé scandaleux, mais globalement l’accueil était plutôt bon. J’étais d’ailleurs excessivement étonné moi-même. C’est même devenu un film culte ! Je le revois maintenant comme s’il était tourné par un autre. On n&#8217;était pas habitués à voir ce genre de film, mélangeant érotisme et fantastique, avec une actrice connue et une très belle photographie. Cela ne s’était jamais fait aussi explicitement. C’est ça qui avait fait de l’effet à l’époque. </p>
<p><strong>Des réalisateurs se réclament-ils des <em>Lèvres rouges</em> ?</strong></p>
<p>Oui, absolument ! C’est très flatteur ! Quand je consulte les pages anglophones sur Internet sur moi, je découvre plein de commentaires élogieux. On vient de restaurer le film en version haute définition, qui sortira bientôt et les techniciens venaient voir la restauration en trouvant qu’on ne faisait plus de films comme ça, avec une telle couleur, une telle photographie, comme si c’était nouveau. Un cinéma qui est bien fait reste intemporel. Je ne dis pas cela par nostalgie, mais je suis très heureux que le film vieillisse bien, qu’il tienne le coup, comme du bon vin.</p>
<p><strong>Aviez-vous l’impression de faire quelque chose de précurseur à l’époque ?</strong></p>
<p>Non, pas du tout ! Un réalisateur pour moi, c’est l’interprète d’un scénario. La mise en scène, c’est trouver des solutions d’images et de son pour des moments dramatiques. C’est tout. Il faut toujours étonner le spectateur. C’est ce que disait Hitchcock. C’est grâce à lui que j’ai voulu faire du cinéma. Le seul devoir d’un réalisateur, c’est d’étonner. Prenez récemment un film comme 1917 de Sam Mendes, l’étonnement est à chaque moment. Ce n’est pas le sujet qui fait le film, qui est ici classique. Mais la manière dont il est fait, le rend étonnant. Ce qui est important et fait durer les films, c’est leur facture, quel que soit le sujet. Le sujet n’est que le porte-manteau du film. Un film ne doit surtout pas refléter la réalité de tous les jours. Les films doivent être vus en salle, avec des êtres humains autour de soi. </p>
<p><strong>Des réalisateurs vous surprennent-ils ?</strong></p>
<p>Le film de genre est ce qu’il y a de plus intéressant de nos jours. Un film comme <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/parasite-bong-joon-ho/" title="Parasite, de Bong Joon-ho">Parasite</a></em> est un film fantastique dans tous les sens du terme. Les films les plus intéressants ne viennent plus d’Europe, mais de l’Asie, comme ceux de l’Inde, de la Corée du Sud, du Japon. Ce sont des grands films. La Russie commence à retrouver de l’intérêt petit à petit. La France a des problèmes avec le cinéma fantastique. Georges Franju, à qui on doit <em>Les Yeux sans visage</em>, est mort dans la pauvreté. Des cinéastes comme René Clément ont essayé de se mettre au genre et ont été assassinés par la critique de la Nouvelle Vague. Quand j’ai vu <em>2001, l’Odyssée de l’espace</em>, j’avais été époustouflé, mais les critiques belges n’y avaient rien compris, parce qu’ils s’attachaient à l’histoire&#8230;</p>
<p>&nbsp;<br />
Les Lèvres rouges <em>de Harry Kümel, avec Delphine Seyrig, John Karlen, Danielle Ouimet. Allemagne, Belgique, France, 1971.</em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Plaire aimer et courir vite, de Christophe Honoré</title>
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		<pubDate>Fri, 18 May 2018 17:13:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2018]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
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		<description><![CDATA[12 battements par heure - Jacques est écrivain. Il a la trentaine qui galope vers la quarantaine, vit dans le 13<sup>e</sup> arrondissement, est homosexuel, a un enfant, le sida et les poches percées...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>12 battements par heure</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/05/plaire-aimer-courire-vite-christophe-honore.jpg" alt="Plaire, aimer et courir vite, de Christophe Honoré" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-26477" />Jacques est écrivain. Il a la trentaine qui galope vers la quarantaine, vit dans le 13<sup>e</sup> arrondissement, est homosexuel, a un enfant, le sida et les poches percées. Son meilleur ami est son voisin du dessous, Mathieu, journaliste, homosexuel, la cinquantaine, une moustache, la solitude en bandoulière et les poches pleines, ce qui lui permet d’acheter quelques garçons aux muscles saillants. Quant à Arthur, il a 22 ans, est Breton, l’avenir devant lui et une sexualité libérée (il est avec une fille, même s’il préfère les étreintes masculines). Avec Christophe Honoré, on ne prend pas les mêmes (cette fois, son casting est entièrement renouvelé), mais on recommence. On recommence les Bretons qui sentent la crêpe au citron, les Parisiens lettrés qui donnent des leçons, mais ne retiennent pas celles que la vie leur donne, les amours au masculin légères et insouciantes, mais qui pèsent si lourd, pourtant. On est entre deux portes, entre deux ex, entre deux mauvaises nouvelles. On dit des phrases à l’emporte-pièce, poétiques, littéraires, magnifiques, magnifiées, incongrues (le film devrait se lire autant qu&#8217;il se voit). On met de la musique d’ambiance qui devient bande-son intemporelle. On dit merde à la vie, merde à la mort, mais il faudra bien succomber tout de même.</p>
<p>On est en pleine épidémie de sida, dans les années 1990, avant que les traitements thérapeutiques ne fassent leur apparition. On est pourtant dans l’antithèse d’un <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/120-battements-par-minute-robin-campillo/" title="120 battements par minute, de Robin Campillo" target="_blank">120 battements par minute</a></em>, car ici, on s’intéresse aux âmes plutôt qu’aux corps. Et si ces derniers sont suppliciés, ce n’est que pour des scènes d’amour tendre (deux anciens amants qui partagent un même bain pour parler de leur histoire déchue avec tendresse). Et quand ils sont montrés en pleine action, dénudés et fragiles, c’est pour ensuite parler livres en écoutant de la musique classique. Dans le rôle de Louis Garrel, <a href="http://www.grand-ecart.fr/portraits/interview-pierre-deladonchamps-inconnu-lac-giraudie/" title="Rencontre avec Pierre Deladonchamps" target="_blank">Pierre Deladonchamps</a> rejoue à l’homosexuel avec le naturalisme qui le caractérise. On a l’impression de le connaître, qu’il est un voisin qui nous a emprunté du sel un jour, gauche et sûr de lui en même temps, fort et effacé dans la même seconde, froid et bouillonnant simultanément. Il est épaulé d’un toujours impeccable Denis Podalydès (de la Comédie-Française, n’oublions pas ses titres de noblesse), moustachu déprimé de ne partager ses nuits qu’avec sa solitude. <span id="more-26472"></span>Il est le témoin de la douloureuse communauté gay qui ostracise ceux qui ont dépassé les 40 ans et n’ont pas le physique de Tom Cruise, à moins d’avoir le porte-monnaie bien garni. Il observe en soupirant la jeunesse qui s’amuse et se perd, il est le garant de ceux qui s’en vont mourir dans l’ombre, ignorés de tous. Et dans le rôle de l’ingénu breton, l’inattendu Vincent Lacoste. Une révélation. De film en film, il métamorphose sa prestance arrogante, son timbre de freluquet qui a un temps d’avance sur les autres et la vie. Ici, il est l&#8217;objet de désir et de tourments, il est l’appât et l’hameçon, le porteur d’espoir et celui dont on doit se prémunir. Dans <em>Les Chansons d’amour</em>, Louis Garrel disait à Grégoire Leprince-Ringuet qu’il vaut mieux l’aimer moins, mais longtemps. Ici, c’est tout l’inverse : Jacques intime Arthur de l’aimer vite et rapidement. Car son temps est compté. Pourtant, celui du film s’étire. L’urgence du titre est une feinte. On finit par s’ennuyer et aimer cet ennui. C’est la magie Honoré : s’énerver d’être là, face à ses films qui racontent sans cesse la même histoire et incapable pourtant de ne pas regarder la suite, encore et toujours. Ne serait-ce que pour Vincent Lacoste, nouveau crocodile du septième art.</p>
<p>&nbsp;<br />
Plaire, aimer et courir vite <em>de Christophe Honré, avec Pierre Deladonchamps, Denis Podalydès, Vincent Lacoste, Clément Métayer, Adèle Wismes, Thomas Gonzalès&#8230; France, 2018. En compétition du 71e Festival de Cannes. En salles le 10 mai 2018.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Pascal Laugier</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Mar 2018 21:33:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
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		<category><![CDATA[horreur]]></category>

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		<description><![CDATA[Le réalisateur du film culte Martyrs est de retour aux sources avec Ghostland, production franco-canadienne qui a reçu trois prix à Gérardmer lors de la dernière édition du festival. Nous...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/03/pascal-laugier-ghostland.jpg" alt="Pascal Laugier" width="280" height="208" class="alignleft size-full wp-image-26155" /><strong>Le réalisateur du film culte <em>Martyrs</em> est de retour aux sources avec <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/mylene-farmer-ghostland-pascal-laugier/" title="Ghostland, de Pascal Laugier">Ghostland</a></em>, production franco-canadienne qui a reçu trois prix à <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/le-palmares-du-25e-festival-de-gerardmer/" title="Le palmarès du 25e Festival de Gérardmer">Gérardmer</a> lors de la dernière édition du festival. Nous avions alors rencontré Pascal Laugier juste après la toute première présentation du film au public. « Un putain de réalisateur », selon Mylène Farmer. Attention, cet entretien contient des spoilers…</strong></p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Quelle réaction à chaud après cette toute première présentation du film au public ?</strong></p>
<p>Une délivrance ! Comme si j’avais enfin accouché de cet enfant que j’ai porté… La gestation a tout de même duré deux ans ! Après, je ne sais pas comment la salle a vraiment réagi, elle est si grande. Les gens qui sont venus me voir sont ceux qui ont aimé le film. J’ai le soulagement du devoir accompli, c’était une belle projection, avec une écoute attentive du public, très silencieuse.</p>
<p><strong>Dans vos films, les femmes sont souvent en proie à la violence, pourquoi ce choix ?</strong></p>
<p>Et pourquoi pas des femmes ? Ce sont des personnages à travers lesquels je m’identifie facilement, qui ont des points d’entrée émotionnels qui sont esthétiques pour moi. Sur <em>Ghostland</em>, le projet entier part du personnage de Beth sur lequel je me projette profondément et parce que le film est le portrait de sa vocation. De ses souffrances, elle va tirer son œuvre, ce qui pourrait être une définition même de l’horreur en tant que genre : de nos angoisses profondes, tâchons d’en faire une œuvre. C’est ce que Beth va s’appliquer à faire. <span id="more-26148"></span></p>
<p><strong>Donc pour vous, dans toute création, il faut de la souffrance ?</strong></p>
<p>Bien évidemment, mais pas uniquement pour la création. Toute vie est souffrance. Et difficile quand on fait de l’horreur de parler d’autre chose que de ça. L’horreur pour moi, c’est ce qu’il y a de pire dans la condition humaine et on l’organise pour en faire quelque chose. C’est comme si je faisais un western, ce serait inenvisageable de ne pas y retrouver un cow-boy, un chapeau, un cheval… J’adore partir des archétypes, c’est ce que je fais dans tous mes films. Après, j’essaie de les tordre, de les réorganiser pour en faire quelque chose de personnel et si c’est réussi, de les revitaliser. Il y a une dimension ludique aussi quand j’écris, car je suis un fan de films d’horreur. J’essaie alors d’aller dans des territoires qui me paraissent inédits ou qui n’auraient pas été faits ou montré comme ceci auparavant.</p>
<p><strong>« Les intruders », ces films où des intrus rentrent dans une maison pour tuer ceux qui s’y trouvent, est un genre en soi. Certains de ces films vous ont inspiré pour <em>Ghostland</em> ?</strong></p>
<p>Sur ce film-là, je n’ai pas pensé à d’autres longs-métrages. C’est vraiment venu de mon rapport au personnage principal. Ca m’a touché d’imaginer cette jeune fille de 14 ans qui s’inscrit dans une verticalité par l’admiration qu’elle voue à ses maîtres, ici Lovecraft. C’était intéressant de se placer au niveau d’une personne qui vit dans les fantômes de ses idoles et qui va se construire comme ça dans la vie. Après, j’aime tellement ce genre de films qu’en écrivant, j’ai peut-être eu des inspirations inconscientes. On malaxe toujours des choses qui existent avant nous et qui existeront après nous.</p>
<p><strong>Le film s’ouvre sur Lovecraft. Est-ce parce que c’est l’écrivain de l’indicible ?</strong></p>
<p>En l’occurrence non, le film n’est pas du tout lovecraftien. Ce n’est pas un film fantastique. Lovecraft, pour moi, c’est un point d’entrée pour aller vers le personnage principal. Mais ça aurait pu être Stephen King. Ca aurait été un contresens que de faire un film lovecraftien, dans la mesure où ce que va raconter Beth dans ses futurs romans, ne seront pas du tout inspirés de Lovecraft comme l’étaient ses récits de quand elle avait 14 ans et qu’elle lit dans la voiture au début du film. A la fin, on imagine qu’elle s’accomplit tellement en tant qu’écrivain, qu’elle s’éloigne de Lovecraft. L’univers de Beth est avant tout fait de tout ce qu’elle a vécu dans cette maison.</p>
<p><strong>Autre référence dans le film, à travers les maquillages des deux jeunes filles et la cruauté qui se dégage, <em>Qu’est-il arrivé à Baby Jane ?</em>…</strong></p>
<p>Je ne l’ai vu que pendant le rush, pas sur le coup. Il y a en effet un croisement, comme si Robert Aldrich et Tobe Hooper avaient fait l’amour&#8230; Ce qui me convient très bien. J’avais de temps en temps le fantôme de Hooper qui s’invitait sur le plateau. Quand je doutais de ce que je faisais, je pensais à lui, au côté furieusement macabre et iconoclaste de son cinéma. J’avais envie d’aller vers là, le côté freak show du cinéma qui n’était pas si prononcé au début du projet. Mais mon chef décorateur est allé vers quelque chose de tellement baroque et expressionniste, que je ne pouvais qu’aller dans cette direction. Quand j’ai compris que le réel dans le film était ce qu’il y avait de plus fou et cauchemardesque, j’y suis allé complètement.</p>
<p><strong>La maison est un immense cabinet de curiosités, on imagine que pour la trouver, ce fut tout un casting…</strong></p>
<p>Oui, on a mis beaucoup de temps pour la dénicher ! Il fallait une maison isolée et typiquement américaine. Et quand on l’a trouvée, on a tout réarrangé à l’intérieur. On a changé le papier peint, on l’a remplie d’objets, on a cassé des murs, on a inventé le troisième niveau qui n’existait pas originellement et qu’on a installé dans une grange en face de la maison, comme un mini-studio. J’aime bien cette idée que la maison a un niveau en trop, qui renvoie au fait que c’est l’étage des pulsions, de l’ogre, là où tout se passe. Le sous-sol aussi a été recréé dans la grange.</p>
<p><strong>Le casting est étonnant, tant les deux jeunes filles ressemblent à leurs pendants adultes…</strong></p>
<p>Ce fut un travail fort de coiffure et de maquillage, car dans la vie, elles ne se ressemblent pas. Elles se sont aussi beaucoup vues les unes les autres pour déterminer ce que leur personnage ferait ou non une fois adulte, quelles habitudes elles auraient, etc. Mylène Farmer était aussi très présente, notamment hors plateau, pour créer une complicité maternelle avec elles. Quand elles sont arrivées sur le tournage, elles étaient très à l’aise pour travailler ensemble. Ca a amené sur le plateau une grande harmonie, une douceur, car le tournage était très difficile, très rude, tant au niveau de l’histoire que des conditions climatiques. Parfois, quand je n’allais pas bien, je voyais les gamines et Mylène se marrer dans un coin du décor et je repartais au combat.</p>
<p><strong>Le personnage de Pauline, la mère, apporte une douceur dans la furie. Comment la percevez-vous ?</strong></p>
<p>C’est un ange gardien. C’est le personnage qui doit mourir pour permettre à ses enfants et Beth avant tout, de s’accomplir et pour que les deux sœurs puissent se réconcilier. Qu’elles basculent dans l’autre âge, qu’elles deviennent autre chose. Il y a une balance entre les grâces et les défauts des deux sœurs, entre fantasmes et réalité, elles se complètent l’une l’autre pour devenir une force de survie face à l’horreur. Je ne voulais pas faire de Vera juste un personnage uniquement matérialiste comme elle l’est au début, car c’est elle qui apporte la rédemption à sa sœur.</p>
<p><strong>Vous étiez un fan du film <em>Giorgino</em>, le premier long de Mylène Farmer et plus de vingt ans plus tard, elle tourne dans votre film. Ce rôle était écrit pour elle ?</strong></p>
<p>Non, à la base, c’était pour une comédienne américaine que je n’arrivais pas à trouver. Quand Mylène m’a appelé pour réaliser le clip de la chanson <em>City of Love</em>, j’étais très surpris qu’elle connaisse mes films. Travailler avec elle sur le clip était tellement bien, on s’est si bien entendus, que je me suis débrouillé pour réécrire le personnage de la mère et en faire une Française exilée aux Etats-Unis avec un ex-mari américain. Quand je lui ai donné le scénario, elle m’a répondu deux heures après qu’elle le faisait. C’était formidable de continuer à travailler ensemble sur des territoires qui nous plaisent tous les deux. Il y a un cousinage depuis le début entre ce qu’elle fait et ce que je fais. Une rencontre évidente.</p>
<p><strong>On reste dans son univers gothique, même si on la voit aussi différemment de ce pour quoi on la connaissait…</strong></p>
<p>Oui, elle a imposé en France cet univers dans le paysage pop mainstream de manière incroyable. On a des imageries et références en commun, c’était très naturel de travailler ensemble.</p>
<p><strong>Vous pourriez envisager une nouvelle collaboration avec elle ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/02/ghostland-pascal-laugier-mylene-farmer-affiche.jpg" alt="Ghostland, de Pascal Laugier" width="206" height="280" class="alignleft size-full wp-image-26075" />Oui, bien sûr ! Ce qui est bien, c’est que tout se soit déroulé sans plan. Vous savez, ça fait 20 ans qu’elle refuse des rôles pour le cinéma et la télé, car rien ne lui plaisait vraiment. Tout le monde dans le métier s’est demandé comment j’avais fait pour l’avoir.</p>
<p><strong>Vous pensez déjà à la suite ?</strong></p>
<p>Non, pas encore, je vais me remettre dans la position où je vais fantasmer sur autre chose. J’ai l’impression qu’avec ce film, je clos quelque chose chez moi, les quatre films précédents. Je suis arrivé au bout de toutes les questions qui me tarabustent de film en film. Il faut que je passe à autre chose, <em>Ghostland</em> est un point d’orgue pour moi sur les questions de la subjectivité, de la transcendance par la souffrance… Je m’en suis rendu compte une fois le film terminé. C’est un cousin germain lumineux de <em>Martyrs</em>, qui va du côté de la vie. Pour moi, Beth va devenir écrivain. C’est sûr et certain !</p>
<p>&nbsp;<br />
Ghostland <em>de Pascal Laugier, avec Crystal Reed, Anastasia Phillips, Emilia Jones, Mylène Farmer. France, Canada, 2017. Grand Prix du 25e Festival du film fantastique de Gérardmer. Sortie le 14 mars 2018.</em></p>
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		<title>Chasseuse de géants, d&#8217;Anders Walter</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Feb 2018 07:28:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[adolescence]]></category>
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		<description><![CDATA[La jeune Barbara n'est pas qu'une adolescente à lunettes munie d'un serre-tête avec des oreilles de lapin. Non, elle pourfend également des géants de son marteau magique...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Un géant encore trop vert&#8230;</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/02/chasseuse-geants-anders-walter-1.jpg" alt="Chasseuse de géants, d&#039;Anders Walter" width="280" height="155" class="alignleft size-full wp-image-26091" />La jeune Barbara n&#8217;est pas qu&#8217;une adolescente à lunettes munie d&#8217;un serre-tête avec des oreilles de lapin. Non, elle pourfend également des géants de son marteau magique, baptisé du nom d&#8217;un ancien joueur de baseball. Du moins, le croit-elle dur comme fer. Car ni ses frère et sœur, ni sa nouvelle amie Sophia, ni ses camarades à la brimade facile, ni sa psychologue, ne daignent la prendre au sérieux. Aussi traîne-t-elle comme une carapace, le qualificatif de folle, qui lui permet, au mieux, d&#8217;être évitée par tout un chacun. Au pire, elle n&#8217;est pas à l&#8217;abri d&#8217;une rouste intempestive. Mais qu&#8217;importe ! Elle a le monde à sauver de ces géants malfaisants qui ne trouvent rien de mieux que de se confondre avec les arbres de la forêt&#8230;</p>
<p>Il a fallu plus de deux années et demie au réalisateur danois Anders Walter pour réaliser cette <em>Chasseuse de géants</em>, qui succède à <em>Helium</em>, Oscar du court-métrage en 2014. Courtisé par Hollywood, fasciné par le roman graphique éponyme de Joe Kelly et JM Ken Niimura, le réalisateur a emmené femme et enfant à Los Angeles pour tenter de développer ce projet d&#8217;envergure qui nécessite à la fois de grands élans d&#8217;émotion et des effets spéciaux impressionnants. Le film possède d&#8217;ailleurs toutes les qualités et les menus défauts des premiers longs-métrages : une envie de montrer son savoir-faire, un besoin de se mesurer aux plus grands (Guillermo Del Toro ne semble pas si loin), quitte à faire trop long et oublier au passage, entre une sincérité évidente de son propos, des pointes d&#8217;originalité&#8230; <span id="more-26062"></span></p>
<p>Car Anders Walter passe après bien des films ambitieux sur l&#8217;enfance ou l&#8217;adolescence qui se réfugie dans l&#8217;imaginaire pour éviter de se plonger dans une réalité tragique. Il y a déjà eu, entre autres, <em>L&#8217;Histoire sans fin, Donnie Darko, Le Labyrinthe de Pan</em> et plus près de nous,<em> Quelques minutes après minuit</em>, un frère jumeau de cette<em> Chasseuse de géants</em>, en plus fort, vibrant et mieux maîtrisé. Si Anders Walter évite le copier-coller de justesse avec ce dernier, il souffre terriblement de la comparaison. Mais il a une arme qui le sauve malgré tout : non pas un marteau magique, mais une interprète saisissante pour le rôle ô combien difficile de Barbara. Physique, charismatique, émouvante, Madison Wolfe, 15 ans et ses déjà quatre années de carrière. A chaque fois, elle se plonge corps et âme, comme une grande, dans des prestations dramatiques marquantes : <em>Conjuring 2, Joy</em> ou encore<em> Dalton Trumbo</em>. Le géant Hollywood n&#8217;a qu&#8217;à bien se tenir&#8230;</p>
<p>&nbsp;<br />
Chasseuse de géants<em> (I Kill Giants) d&#8217;Anders Walter, avec Madison Wolfe, Zoe Saldana, Imogen Poots, Sydney Wade&#8230; Etats-Unis, Belgique et Irlande, 2017. Présenté en compétition officielle du Festival du film fantastique de Gérardmer 2018.</em></p>
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		<title>Ghostland, de Pascal Laugier</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Feb 2018 07:09:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
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		<description><![CDATA[Pauline vient d'hériter de la maison de sa tante. Si possible, isolée de tout et encore mieux, ressemblant à un cabinet de curiosités avec animaux empaillés et poupées flippantes...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Oh oh oh jolies poupées !</h3>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-26075" title="Ghostland, de Pascal Laugier" alt="Ghostland, de Pascal Laugier" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/02/ghostland-pascal-laugier-mylene-farmer-affiche.jpg" width="206" height="280" />Pauline vient d&#8217;hériter de la maison de sa tante. Si possible, isolée de tout et encore mieux, ressemblant à un cabinet de curiosités avec animaux empaillés et poupées flippantes à tous les recoins. Elle décide de s&#8217;y installer avec ses deux filles adolescentes, la brune Beth, studieuse et rêveuse et la blonde Vera, un peu plus rebelle. Mais les cartons à peine déballés, les trois femmes sont attaquées par des intrus bien décidés à leur infliger une gratuite correction. Mais Pauline veille au grain et parvient à sauver ses filles. Un traumatisme qui va affecter différemment les deux sœurs, parvenues à l&#8217;âge adulte : Vera revit le drame de cette nuit en permanence et se terre chez sa mère en recluse, tandis que Beth devient auteur de thrillers à succès. Seize ans plus tard, alors qu&#8217;elles passent une soirée entre mère et filles, le drame, inéluctable, recommence&#8230; Ou semble recommencer&#8230;</p>
<p>Pascal Laugier aime les héroïnes qui s&#8217;ébattent dans des endroits confinés et qui se retrouvent dans des situations de malaise qui virent au cauchemar et aux litres d&#8217;hémoglobine. On garde d&#8217;ailleurs en tête les images gore de <em>Martyrs</em>, devenu un film culte. Entre-temps, Laugier aura tenté l&#8217;aventure américaine avec <em>The Secret</em> qui avait divisé la critique, mais assis sa position de réalisateur de films qui ne laissent pas indifférent. Et ici, l&#8217;indifférence n&#8217;est pas de mise. De scène en scène, c&#8217;est le sentiment d&#8217;oppression qui l&#8217;emporte. Le pire est toujours à venir et le pire survient effectivement. En dire plus reviendrait à révéler un twist retors et malin en plein milieu du film, remettant tout en perspective. Aussi, restons-en là pour garder la surprise qui ravira les amateurs de poupées en porcelaine aux visages sinistres et effraiera ceux qui en sont phobiques. Mais qu&#8217;ils se rassurent, point d&#8217;entité démoniaque façon <em>Chucky</em> ou <em>Annabelle</em>. Tout est pour de vrai, malheureusement pour les héroïnes. <span id="more-26095"></span></p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-26076" title="Ghostland, de Pascal Laugier" alt="Ghostland, de Pascal Laugier" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/02/ghostland-pascal-laugier.jpg" width="280" height="119" />Dans ce casting exclusivement américain (avec des stars de teenage movies et séries telles que Crystal Reed et Anastasia Philips et où surnagent les deux adolescentes Emilia Jones et Taylor Hickson, remarquables), on retrouve notre francophone Mylène Farmer, 23 ans après son premier rôle au cinéma dans <em>Giorgino</em>, film qui avait inspiré <em>Saint-Ange</em>, le premier long de Laugier. Le réalisateur et la chanteuse avaient déjà tourné un clip ensemble en 2015, fantastique dans tous les sens du terme, <em>City of Love</em>. Si on est surpris au début de la redécouvrir façon maman américaine protectrice en survêtements larges et bouteille de bière à la main, on s&#8217;habitue peu à peu à sa présence, au point de l&#8217;accepter entièrement. Car ici, Mylène Farmer gagne ses galons d&#8217;actrice, dans un rôle certes secondaire, mais ô combien difficile : celui de faire oublier la star de la chanson derrière un personnage crédible. Et en anglais. Derrière le bruit et la fureur, les cris permanents de souffrance et les images malsaines et dérangeantes, sa douceur apporte une trêve bienvenue. Espérons que ce ne sera pas la dernière.<br />
Ghostland<em> de Pascal Laugier, avec Crystal Reed, Anastasia Philips, Taylor Hickson, Emilia Jones, Mylène Farmer, Rob Archer&#8230; France, Canada, 2016. Présenté en compétition officielle du Festival du film fantastique de Gérardmer 2018. Sortie le 14 mars 2018.</em></p>
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