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	<title>Grand Écart &#187; Alessandro Rizzo</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Rencontre avec Mathieu Turi et Sébastien Vanicek</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Jan 2024 15:44:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>

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		<description><![CDATA[Membres du jury longs-métrages du 31<sup>e</sup> Festival de Gérardmer et incarnations du renouveau du cinéma fantastique français, Mathieu Turi et Sébastien Vanicek parlent de leur passion pour le grand cinéma.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Le cinéma dans la peau</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2024/01/vermines-film-1-300x168.jpg" alt="vermines-film-1" width="300" height="168" class="alignleft size-medium wp-image-27862" /><strong>Membres du jury longs-métrages du 31<sup>e</sup> Festival de Gérardmer et incarnations du renouveau du cinéma fantastique français, les réalisateurs Mathieu Turi et Sébastien Vanicek nous parlent de leur passion pour le grand cinéma.</strong></p>
<p><strong>Vous êtes les deux spécialistes du cinéma de genre du jury cette année. Une forme de reconnaissance de votre travail ?</strong></p>
<p><strong>Sébastien Vanicek : </strong>Mathieu a déjà trois films, moi un. Je débarque donc. Sinon, regarder des films grandioses et décerner des prix, je trouve ça plutôt particulier vu que j’ai un film qui est actuellement en exploitation (<em>Vermines</em>). Je le prends effectivement comme une reconnaissance et une marque de confiance de la part de mes pairs. Mais, même si j’en suis très honoré, j’ai encore un petit travail de légitimité à faire…</p>
<p><strong>Mathieu Turi : </strong>Ce que je trouve très intéressant, c’est justement qu’on soit deux réalisateurs de genre parmi d’autres personnes qui ne viennent pas de cette culture. Nous avons dix films de genre à voir, j’avais hâte de connaître leur regard sur le genre et qu’on mélange nos points de vue. En tant que juré et cinéaste, je préfère être dans l’émotion que dans l’analyse. C’est une démarche assez spéciale de se retrouver du côté du jugement alors qu’on déteste qu’on juge nos films, surtout de façon non constructive.</p>
<p><strong>Compte tenu de ses évolutions, quelle serait aujourd’hui votre définition du cinéma de genre ?</strong></p>
<p><strong>MT : </strong>Pour moi, ça ne veut pas dire grand-chose. Même si je crois qu’en France quand on parle de film de genre, on pense en priorité au cinéma fantastique et d’horreur. Mais là aussi, c’est très large parce qu’on peut y mettre à la fois un slasher dont le seul but est de faire flipper et un film fantastique poétique. <span id="more-27860"></span></p>
<p><strong>SV : </strong>Je préfère parler de cinéma genré. Selon sa sensibilité, on peut filmer de façon genrée ou réaliste. La différence vient de là où on place la caméra. Pour ma part, j’ai réalisé plusieurs courts-métrages qui ont tout de suite été classés comme films de genre alors qu&#8217;on n&#8217;y trouve aucun élément fantastique. En revanche, ils expriment tous ma volonté de faire vibrer les spectateurs par le son et l’image. C’est cette approche physique presque organique qui représente le cinéma que je veux faire.</p>
<p><strong>À quand remonte votre passion pour le cinéma fantastique ? </strong></p>
<p><strong>MT : </strong>Ce sont deux moments différents. Ce n’est ni <em>The Thing</em> de Carpenter, qui est sans doute le premier film que j’ai vu de ma vie quand j’étais enfant, ni même un autre film d’horreur, mais le making-of de <em>Braveheart</em> de Mel Gibson qui m’a vraiment donné envie de faire du cinéma. Ma pulsion de cinéma n’est donc pas synchro avec ma rencontre avec l’horreur. Les films communiquent toujours avec nous d’une façon totalement imprévisible.</p>
<p><strong>SV : </strong>Ça n’a pas été automatique pour moi d’aller sur le fantastique et le film d’horreur. Mais il faut reconnaître que le film d’horreur est une opportunité pour beaucoup de réalisateurs qui n’ont pas de moyens mais qui veulent faire ressentir des choses fortes aux spectateurs. C’est une belle porte d’entrée pour débuter. C’est le lieu des hauts concepts qui tiennent en trois lignes. En réalité, j’aime le cinéma tout court. C’est Ridley Scott qui m’a donné cette envie de cinéma. De <em>Gladiator</em> à <em>Alien</em>, c’est un immense réalisateur qui explore tous les genres et qu’on ne peut résumer à cette appellation.</p>
<p><strong>MT : </strong>Même si je réalise des films de création d’univers où la mise en scène est très typée, ça ne veut pas dire que je ne peux pas être bouleversé par un film qui mise tout sur ses dialogues. Comme beaucoup de gens qui font du cinéma, je suis un fan absolu de Spielberg qui est capable de raconter des choses insensées avec sa caméra. La preuve avec <em>The Fabelmans</em> dont le dernier plan raconte à lui tout seul une carrière entière. Cette mise en abyme ultime méritait à elle seule un oscar. Plus que le genre, c’est ce cinéma qui m’intéresse. Évidemment, je mets aussi Ridley Scott dans le même panier !</p>
<p><strong>Vous êtes deux représentants de la nouvelle vague du film d’horreur français. Qu’est-ce qui vous rapproche et/ou vous sépare de celle des French Frayeurs des années 2000 ?</strong></p>
<p><strong>SV : </strong>Depuis mes débuts, je fais des films avec la même équipe et sans le moindre soutien dans le milieu du cinéma. Tout au plus, Alexandre Aja est venu nous voir pour nous féliciter de faire un film d’araignée en France ! En réalité, j’ai juste fait le film que j’avais envie de voir en salle. Si on veut me caser dans une nouvelle génération, tant mieux pour le cinéma français mais moi je ne me sens appartenir à rien du tout.</p>
<p><strong>MT : </strong>C’est vrai qu’il se passe effectivement quelque chose depuis <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/grave-julia-ducournau/" title="Grave, de Julia Ducournau">Grave</a></em>. Mais c’est très différent de la vague des French Frayeurs qui était avant tout une initiative de la part de Canal+, qui ouvrait alors une fenêtre de production aux réalisateurs de cinéma d’horreur et fantastique. Au contraire, tous les films de genre sortis depuis 2016 ont tous des parcours extrêmement différents et ont surtout été financés par de l’argent privé. C’est cette diversité et le fait qu’on soit toutes et tous arrivés au même moment qui fait qu’on ne se sent pas appartenir à une vague mais plutôt à une époque.</p>
<p><strong>Comment réalise-t-on un film à petit budget ?</strong></p>
<p><strong>SV : </strong>Avant tout, il faut avoir envie de se bagarrer et se préparer à faire avec très peu. Pour y arriver, il faut être apte, flexible et surtout savoir s’entourer des bonnes personnes, ce qui permet de faire plus de choses en moins de temps. Il ne faut pas avoir peur d’être fatigué et stressé. Sans budget, le niveau d’exigence physique et mentale est encore plus fort. Contrairement à une grosse production, on n’a pas les moyens de reporter ou de retourner une séquence ratée. On n’a pas le choix, il faut viser juste !</p>
<p><strong>MT : </strong>Moi aussi, j’ai commencé sans connaître personne dans le milieu. De toute façon, faire du cinéma est tellement difficile&#8230; Ma méthode est de lancer pleins de projets en même temps et de voir ce qui prend. Si on se met à calculer en se mettant sur un projet uniquement parce qu’il est dans l’air du temps, généralement ça capote. On passe énormément de temps sur nos films, deux ans, parfois trois ou plus dans le cas d’un premier long, alors autant les aimer comme nos enfants.</p>
<p><strong>La sortie en salle est-elle à chaque film un objectif ? Quel regard portez-vous sur les plateformes de streaming ?</strong></p>
<p><strong>MT : </strong>Au moment du Covid, tout le monde s’est sans doute emballé un peu trop vite en affirmant que le streaming allait détruire la salle. Finalement, on s&#8217;aperçoit que ça n’a pas été le cas. En revanche, on constate aujourd’hui que le public a des envies de fraîcheur en allant vers d’autres propositions de cinéma. La preuve en est avec l’échec, relatif, des blockbusters Marvel au profit de films plus personnels comme <em>Barbie</em> et <em>Oppenheimer</em>. Moi, je n’oppose pas salle et plateforme. Je trouve au contraire que les plateformes ouvrent de nouvelles opportunités de financement. Je rappelle que nos deux films ont été financés par des plateformes. En France, on a la chance d’avoir réussi à les intégrer au financement du cinéma. Et je tiens aussi à dire qu’elles permettent d&#8217;amener la culture à des gens qui n’ont pas forcément les moyens d’aller voir trente films par an en salle.</p>
<p><strong>SV : </strong>En France, comme on n’a pas de système de studio, ça reste toujours difficile de monter un film sans le CNC ni Canal+, qui ne donne plus autant qu’avant. Dans ces conditions, les plateformes nous sauvent. Par exemple, sans Netflix, je n’aurais jamais pu faire <em>Vermines</em>. Aujourd’hui, elles affichent clairement leur volonté de faire des films qui sortent en salle. Tout en sachant qu’un film comme le mien actuellement à l’affiche sera vraiment rentable à partir de sa diffusion en streaming. La chronologie des médias actuelle jouant en notre faveur.</p>
<p><strong>MT : </strong>Concernant la chronologie des médias, on peut sans doute affiner encore certaines choses mais il faut reconnaître qu’elle protège ce qu’il y a à protéger. Elle s’est raccourcie et bien adaptée aux évolutions de l’époque. Sinon, je tenais à dire que nous sommes la preuve que les plateformes aident à faire des films.</p>
<p><strong>Quel film imaginez-vous réaliser dans 20 ans ?</strong></p>
<p><strong>SV : </strong>Sans hésiter, un film d’époque, un péplum ou une fresque historique avec des milliers de figurants en costume. C’est ça pour moi le cinéma. Ça me fait rêver !</p>
<p><strong>MT : </strong>Je crois alors qu’on a le même ! J’aimerais tellement adapter <em>La Religion</em>, le fantastique roman historique de Tim Willocks sur le siège de Malte par les Ottomans en 1565. J’espère y arriver un jour. Des costumes, des décors, du son, de l’image, de l’ampleur, une dimension épique… Voilà tout ce qui me fait vibrer.</p>
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		<title>Gérardmer 2023 : Blood, Piaffe, Watcher, La Tour et Memory of Water</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Jan 2023 09:09:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>

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		<description><![CDATA[Après une ellipse virale de trois ans et autant de jours de compétition, c’est le moment de faire...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>En manque de calcium…</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2023/01/piaffe-ann-oren-festival-gerardmer-2023-1.jpg" alt="Piaffe, d&#039;Ann Oren" width="300" height="169" class="alignleft size-full wp-image-27794" /><strong>Après une ellipse virale de trois ans et autant de jours de compétition, c’est le moment de faire un point d’étape à mi-parcours de cette <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/1994-2023-30-ans-festival-film-fantastique-gerardmer/" title="1994-2023 : le Festival de Gérardmer, un grand parmi les grands" target="_blank">30<sup>e</sup> édition du Festival de Gérardmer</a>.</strong></p>
<p>Côté off, l’Espace Lac est intact. On a comme l’impression de reprendre le fil de l’histoire. Les fauteuils rouges sont en place, les discours protocolaires interminables, Nirvana passe en mode jingle, le jury se présente façon brochette et le public connaît ses gimmicks. À part ça, la montagne est belle, le froid intense, la neige durcit le long des rues, les hôteliers sont sympas, les restaurateurs aussi. Mention spéciale pour les génies qui vendent des fondues où le fromage est aussi rare que la pluie au Sahel…</p>
<p>Côté in, cinq films d’une sélection au mieux intrigante, au pire peu inspirante viennent de nous passer sous les yeux. En l’absence totale d’émotions fortes, la tendance est pour l’heure à l’abattement mais pas à la résignation. Car, comme le dit si bien la sagesse populaire, c’est à la fin du bal qu’on paie les musiciens. Alors, par ordre d’apparition sur l’écran de l’Espace Lac, voici quelques premières impressions à chaud de ce qui nous a traversé le cerveau depuis mercredi… <span id="more-27787"></span></p>
<h2><em>Blood</em> de Brad Anderson… Maman, j’ai raté le tendon</h2>
<p>Une femme dont le divorce se passe mal prend ses deux enfants sous le bras pour déménager à la campagne dans la ferme de sa défunte tante. Là, de mauvais esprits dont on ne saura rien, infectent le gentil chien de la famille qui se met à croquer les mollets et la jugulaire du petit dernier. Revenu de loin, le pré-ado se réveille à l&#8217;hôpital avec un besoin vital de consommer du sang. D&#8217;abord horrifiée, sa mère décide de le nourrir en secret quel qu’en soit le prix à payer… Série B de consommation ordinaire calibrée pour les dimanches soir de déprime, <em>Blood</em> est un thriller horrifique aiguillé par un drame familial. Michelle Monaghan y fait honnêtement son job dans un rôle de mère courage égorgeant sans état d’âme lapins et patients pour nourrir son petit vampire. Scénaristiquement paresseux, mollement incarné, honnêtement réalisé, le film met en scène la formule populaire qui veut qu’on se saigne aux quatre veines pour ses enfants. À des années-lumières de la rugosité de <em>The Machinist</em>, Brad Anderson assure avec application le service minimum.</p>
<h2><em>Piaffe</em> de Ann Oren… Copine de cheval</h2>
<p>Alors qu’elle travaille sur un spot publicitaire où elle doit bruiter un cheval en position piaffe (le piétinement avant l’élan), une bruiteuse vit un puissant séisme existentiel à propos de son identité sexuelle… Véritable curiosité d’une sélection où il était plutôt osé de lui faire une place, <em>Piaffe</em> est un objet arty et cérébral qui représente pour l’instant la seule véritable bonne surprise du festival. Inspirée par les techniques du cinéma expérimental (scories sur la pellicule, surimpressions, travail sur le son…), la réalisatrice venue des beaux-arts affiche une incontestable beauté formelle sur tous ses plans. Une audace artistique époustouflante qui traverse des séquences orchestrées comme une succession de tableaux agencés par un montage à la fois juste et ambitieux. Côté fond, la symbolique du cheval prêt à s’élancer et la dimension fétichiste du travail de bruitage viennent étayer un propos parfois abscons sur la soumission aux normes genrées. Pourtant, malgré toutes ses qualités naturelles, <em>Piaffe</em> pèche par un manque de chair sans doute hérité de sa (f)rigidité nordique originelle. Un peu trop long, un peu trop précieux, un peu trop crâneur mais tellement brillant, le film d’Ann Oren devrait recueillir les suffrages unanimes de toutes celles et ceux qui se cognent des jumpscares et des zombies.</p>
<h2><em>Watcher</em> de Chloe Okuno… Atmosphère, atmosphère</h2>
<p>Un couple de trentenaires américains s’expatrie à Bucarest pour des raisons professionnelles. D’origine roumaine et parfaitement bilingue, le mari s’épanouit dans son nouveau job. Au contraire de sa jeune épouse qui traîne son spleen et sa solitude dans une ville dont la culture lui est totalement étrangère. Seule dans son grand appartement, elle distingue chaque soir la silhouette d’un homme qui la regarde depuis l’immeuble d’en face. Dans le même temps, un tueur en série sévit dans son quartier… Ambiance noire et crépusculaire pour ce pur thriller qui lorgne du côté de la période française de Polanski pour la paranoïa urbaine et domestique. Avec ce <em>Lost in Translation</em> sous le ciel plombé de Bucarest, la réalisatrice réussit à installer un climat inquiétant et à ménager ses rares effets avec une belle maîtrise. Malheureusement, alors qu’on s&#8217;oriente vers un final bien noir et non consensuel, un dernier twist absurde vient doucher nos espoirs de voir enfin un bon film de genre. Au travail sur un remake de l&#8217;effrayant <em>Audrey Rose</em> (1977) de Robert Wise, Chloe Okuno ne manque pas d’arguments pour réussir à se faire une place dans le monde de l’horreur d’atmosphère.</p>
<h2><em>La Tour</em> de Guillaume Nicloux… Ma cité a craqué</h2>
<p>Les habitants d’une tour de cité délabrée découvrent à leur réveil qu’ils sont coupés du monde par une brume noire qui avale tout ce qui entre en son contact. Piégé dans le bâtiment, tout le monde s’organise pour survivre. Des groupes commencent alors à se former sur des critères raciaux. Mois après mois, année après année, le cauchemar continue et la nature humaine s’exprime dans toute son horreur… Réalisateur tout terrain, aussi à l’aise sur un thriller que sur un drame à gros casting ou un projet expérimental, Guillaume Nicloux s’essaie cette fois à la fable post-apocalyptique à caractère social. Tragique et claustrophobique, <em>La Tour</em> tient parfaitement sa promesse initiale. Maîtrisé dans sa gestion de la violence en circuit fermé, habile dans les changements de rythmes, le film maintient une tension diffuse qui satisfait enfin les émotions qu’on est venu y chercher. Moins convaincant et brouillon, son propos anti-communautariste manque en revanche un peu trop de clarté pour faire vraiment mouche. Reste un final nihiliste et infiniment triste qui va sans aucun doute permettre à ce cauchemar social d’attraper son prix au passage. </p>
<h2><em>Memory of Water</em> de Saara Saarela… La soif du vide</h2>
<p>Dans un futur baptisé nouvelle ère, la Terre s’est asséchée et l’eau pure vient à manquer. En Scandinavie, une dictature militaire a pris le pouvoir en répartissant la ressource à la population selon son bon vouloir. Dans un petit village, une jeune maîtresse du thé découvre un secret qui pourrait changer la donne mais la mettre en grand danger… Après une introduction prometteuse où il faut reconnaître le soin apporté à l’image et à la reconstitution d’une société nordique au look rigoriste et rétro-futuriste, on bascule bien vite dans la trame et les codes narratifs d’une dystopie young adult ripolinée à la sauce cli-fi. Sur un scénario microscopique qui respecte scolairement la charte éditoriale du genre (le gentil qui est en réalité le méchant, l’héroïne qui en pince pour lui mais préfère sauver le monde, la bonne copine qui trahit avant de changer d’avis, la dictature d’opérette…), le film affiche tout du long un inquiétant deux de tension au compteur, des dialogues dignes d’un épisode de <em>Dora l’exploratrice</em> et un sous-texte écologique dont on se fiche très vite comme d’une guigne. En résumé, ne jamais oublier que derrière une image racée et un thème engagé peut couler des tonnes de guimauve.</p>
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		<title>Rencontre avec Lorcan Finnegan</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Mar 2020 13:35:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
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		<description><![CDATA[Précédé d’une flatteuse réputation validée par une pluie de nominations et de récompenses, notamment à Cannes et à Sitges, <em>Vivarium</em> aura eu le mérite d’animer une bien terne 27e édition du Festival de...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Un bonheur insoutenable</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/lorcan-finnegan-portrait.jpg" alt="Lorcan Finnegan" width="280" height="280" class="alignleft size-full wp-image-27464" />Précédé d’une flatteuse réputation validée par une pluie de nominations et de récompenses, notamment à Cannes et à Sitges, <em>Vivarium</em> aura eu le mérite d’animer une bien terne <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-horreur-2020/" title="29/01-02/02 : 27e Festival du film fantastique de Gérardmer">27e édition du Festival de Gérardmer</a>. Un film délirant, stupéfiant et signifiant qui méritait bien quelques confidences de la part de son jeune réalisateur irlandais. Rencontre avec Lorcan Finnegan.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong><em>Vivarium</em> est une fable surréaliste, métaphorique et cruelle. Êtes-vous d’accord avec cette définition ?</strong></p>
<p>Oui, tout à fait. Même s’il y a tout un tas d’autres interprétations possibles.</p>
<p><strong>Sans oublier sa dimension politique&#8230; </strong></p>
<p>Sociopolitique serait plus juste.</p>
<p><strong>Justement, quels sont les sujets qui parcourent <em>Vivarium</em> ?</strong></p>
<p>Même si chacun y trouve l’interprétation qu’il souhaite, pour moi <em>Vivarium</em> est un point de vue sur un certain mode de vie que l’on a voulu nous vendre comme idéal à partir de la fin des années 1950. En réalité, c’est un modèle absurde et atroce ! Je ne parle évidemment pas de tous les lotissements ni de toutes les banlieues pavillonnaires mais plutôt de ces programmes immobiliers aberrants qui ont poussé au milieu de nulle part. Ils favorisent l’individualisme tout en brisant les individus. Les promoteurs y vendent très cher du rêve à grand renfort de marketing à des gens qui y seront prisonniers pour la vie. Une vie de cauchemar qu&#8217;ils vont passer à rembourser des prêts où les contacts sociaux sont réduits au minimum et où il doivent faire des kilomètres en voiture chaque matin pour aller travailler. C’est quand même très étrange de faire ce choix de vie&#8230; <span id="more-27450"></span></p>
<p><strong>Comment est née l’idée du film ?</strong></p>
<p>Du boom économique qui a eu lieu en Irlande entre 2005 et 2008. À ce moment-là, ces programmes immobiliers ont poussé comme des champignons à travers tout le pays. Les banques accordaient des prêts sans compter et le gouvernement en tirait de gros bénéfices. Mais quand, en 2008, la crise des subprimes a éclaté, ceux qui avaient acheté se sont retrouvés piégés dans ces endroits sans âme. Revendre leur maison devenait impossible, personne ne pouvant plus les acheter, alors que leur niveau d&#8217;endettement grossissait dangereusement. Ces lotissements sont devenus des sortes de cimetières. J’ai connu personnellement pas mal de personnes dans ce cas&#8230; Ce sont toutes ces idées autour d’un contrat social mensonger que nous avons voulu explorer avec le scénariste Garrett Shanley.</p>
<p><strong>Votre vision est sombre. Pensez-vous que nous ayons définitivement perdu la partie face à ce système ?</strong></p>
<p>Sans doute pas si nous nous rendons compte de ce qui se trame à notre insu. La petite fille au début du film n’aime pas ce qu’elle voit (des oisillons morts après avoir été éjectés de leur nid par d’autres poussins plus forts) et c’est bien ! La prise de conscience est indispensable pour les générations futures.</p>
<p><strong>Y aurait-il derrière tout ça une forme de dictature du bonheur ?</strong></p>
<p>Sans doute est-ce la marque du capitalisme de nous imposer un idéalisme illusoire…</p>
<p><strong>Quel est le sens de cette scène d’ouverture naturaliste avec les oisillons ?</strong></p>
<p>Il s’agit de coucous, une race d’oiseaux qui pond dans le nid des autres avant d’abandonner ses œufs. Une fois nés, les poussins coucous dégagent du nid les autres oisillons pour être élevés et nourris de façon exclusive par leurs parents d&#8217;adoption. Ils ont un comportement de parasites. Après avoir vu un documentaire sur les coucous, avec Garrett nous nous sommes dit qu’ils feraient une bonne métaphore des promoteurs immobiliers. Voilà comment est née une des idées principales de l’intrigue. Sinon, c’est également une référence à la violence de la sélection naturelle qui sévit au sein de toutes les espèces, humains compris.</p>
<p><strong>Quel est le rôle des deux classiques de ska jamaïcain<sup>(1)</sup> des <em>60’s</em> que vous utilisez ?</strong></p>
<p>Ce sont des chansons qui parlent de pauvreté sur un rythme ensoleillé. De révolte sociale dans la bonne humeur. C’est à la fois de super morceaux et de formidables contrepoints, d’abord entre paroles et musique, puis entre la musique et la situation désespérée du couple à l’écran.</p>
<p><strong>Pourquoi avoir choisi le film de genre pour traiter votre sujet ?</strong></p>
<p>Le film fantastique permet d’avoir une grande liberté et de laisser libre cours à sa créativité. En se coupant de toute représentation du réel, on peut exagérer à souhait, utiliser toutes les perspectives que l’on veut pour montrer la complexité et l’étrangeté de nos comportements.</p>
<p><strong>Quelles ont été vos références pour ce film ?</strong></p>
<p>L’influence graphique de Magritte est évidente et était présente depuis le début dans le scénario. Je pense aussi aux films du Suédois Roy Andersson, notamment pour la lumière et la photographie, à <em>La Femme des sables</em> (1964) de Hiroshi Teshigahara, au <em>Dernier Survivant</em> (1985), un film de SF post-apocalyptique de Geoff Murphy et à <em>Lost Highway</em> de David Lynch.</p>
<p><strong>Et vos films préférés ?</strong></p>
<p>Qui sait, je ne les ai peut-être pas encore vus… Sinon, j’ai grandi avec les films d’horreur et les épisodes de <em>Twilight Zone</em> à la télévision, les films de David Cronenberg. J’aime tous les genres de films, du moment que c’est du bon cinéma. En aparte, j’aimerais dire qu’on me parle souvent de <em>Black Mirror</em> comme si c’était une référence de <em>Vivarium</em>. Mais la vérité est que le projet a été initié bien avant la diffusion du premier épisode de la série, qui est excellente par ailleurs. </p>
<p><strong>Votre prochain projet sera-t-il toujours un film fantastique ?</strong></p>
<p>Ce sera effectivement un thriller surnaturel sur le thème de la vengeance. Il y aura encore une dimension politique puisqu’il évoquera l’exploitation humaine en Asie liée à l’industrie occidentale de la mode. Grâce au cinéma, on peut envoyer des messages importants au plus grand nombre. Quoi qu’il en soit, j’ai besoin d’une thématique forte pour aller au bout d’un projet.</p>
<p>(1) <em>A message To You Rudy</em> (Dandy Livingstone, 1967) et <em>007</em> (Desmond Dekker, 1967).</p>
<p>&nbsp;<br />
Vivarium <em>de Lorcan Finnegan, avec Jesse Eisenberg, Imogen Poots. Etats-Unis, Irlande, 2019. En compétition au 27e Festival du film fantastique de Gérardmer. Sortie le 11 mars 2020.</em></p>
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		<title>Gérardmer 2020 : quatre nanars et un (grand) film</title>
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		<pubDate>Fri, 31 Jan 2020 22:05:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[adolescence]]></category>
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		<category><![CDATA[possession]]></category>
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		<description><![CDATA[Après deux jours de la compétition gérômoise du 27e Festival du film fantastique de Gérardmer, un constat s’impose : à Gérardmer, le dérèglement n’est pas seulement climatique – c’est possible, la...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/01/saint-maud-rose-glass-gerardmer.jpg" alt="Saint Maud, de Rose Glass" width="280" height="128" class="alignleft size-full wp-image-27414" />Après deux jours de la compétition gérômoise du <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-horreur-2020/" title="29/01-02/02 : 27e Festival du film fantastique de Gérardmer">27e Festival du film fantastique de Gérardmer</a>, un constat s’impose : à Gérardmer, le dérèglement n’est pas seulement climatique &#8211; c’est possible, la mousson dans les Vosges ? &#8211; il est également cinématographique. À mi-parcours, soit après cinq films dont quatre purges aussi ineptes qu’une raclette surgelée ou une tartiflette au Caprice des dieux, le bilan penche dangereusement dans le rouge. À moins que toute cette médiocrité ne soit qu’une machination pour laisser le champ libre à la stupéfiante épiphanie britannique que cette pluvieuse matinée de vendredi nous a réservée. Une lumière venue d’une jeune et frêle Anglaise au talent aussi insolemment mature qu’une référence à laquelle on se sent bien incapable de la rapprocher. Mais ça, c’est une autre histoire que d’autres sauront brillamment raconter…</p>
<h2><em>Snatchers</em>&#8230; Teen movie tiédasse</h2>
<p>Tout commence donc, et avant d’aller rêver à des jours meilleurs, dans la potacherie yankee lors d’un traditionnel mercredi soir d’ouverture des festivités. <em>Snatchers</em> &#8211; pour rappeler que le corps humain, en l&#8217;occurrence celui des femmes, est une matrice scénaristiquement idéale à profaner &#8211; est un pastiche de teen movie horrifique tiédasse qui transgresse du bout des lèvres et sans trop se mouiller le kiki dans la sauce piquante (paraît-il que c’est une pratique à la mode chez certains mâles sans neurones utilisateurs de l’appli TikTok). <span id="more-27406"></span>À partir d’un pitch pourtant subversif et prometteur sur la grossesse spontanée et monstrueuse d’une ado en mal de sexe, le binôme de réalisateurs “in charge” a réussi l’exploit de torcher un nanar qui ressemble furieusement à un de ces bonbons hyper-acides qui se finissent en chewing-gum fadasse. Rattrapés sciemment ou pas par une morale bien sage et jamais bonne pour le business, le duo aurait été bien inspiré de jeter un œil avant de se lancer à une pépite hilarante et transgressive comme <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/cradiole-cooties-jonathan-milott-cary-murnion/" title="Cooties, de Jonathan Milott et Cary Murnion">Cooties</a></em>. Mais, trop tard…</p>
<h2><em>Répertoire des villes disparues</em>&#8230; Ennui abyssal</h2>
<p>Le lendemain, au saut du lit, on sent de la gravité dans l’air. Fini la rigolade, <em>Répertoire des villes disparues</em> est au programme. Voilà, un film canadien d’auteur qui promet une déclinaison originale du retour des morts-vivants sur fond d’exode rurale et de peur de l’étranger. Malheureusement, le résultat est d’un ennui abyssal. Tourner sous la neige et en 16 mm ne suffit pas à donner de la mœlle à un sujet qui n’a plus que ses tics “auteurisants” sur les os. Pourtant, l’image granuleuse, le montage fantasque, le rythme hiératique, les cadrages impressionnistes et les dialogues à contre-temps auraient dû nous emporter dans les tourments de ces braves gens médusés par le retour allégorique de tous les ex-vivants du village… Par ailleurs, avoir le film et la série <em>Les Revenants</em> dans la tête ne rend vraiment pas service à cet exercice de style fantomatique.</p>
<h2><em>Sea Fever</em>&#8230; Consternation des grands fonds</h2>
<p>Fin de journée, les choses s’enchaînent pour le meilleur… ou encore pour le pire ? On se dit qu’après avoir touché le fond, il est temps de remonter à la surface. Et pour ça, le programme nous enverrait-il des signes. Le <em>Sea Fever</em> qui se présente est certes un euro-pudding mais son pitch augure de bonnes choses à tous celles et ceux qui apprécient l’angoisse maritime à base de huis clos oppressant en pleine mer et de créature marine inconnue et malfaisante. Mais bien vite, le fol espoir laisse la place à la consternation des grands fonds. Avec son scénario mal maîtrisé, sa réalisation indigente, son suspense asthmatique, sa photographie loupée et son interprétation incertaine, le film s’avère finalement un bien mauvais copié/mal collé du <em>Cabin Fever</em> d’Eli Roth. Caramba ! Et de trois !</p>
<h2><em>1 br</em>&#8230; Ecrit par un algorithme ?</h2>
<p>C’est certain. La séance suivante doit être celle de la rédemption. Après une présentation survoltée du producteur du film, c’est à <em>1 br: the Apartment</em> de faire résonner son générique dans la salle de l’Espace Lac. Cette fois, on sent dès les premières minutes que la narration tient la route. Une jeune femme s’installe en toute confiance dans un appartement d’une résidence de Los Angeles tenue par un syndic de copropriété aux méthodes plutôt radicales. Malheureusement, 1h30 plus tard, le verdict tombe : entre emprise, soumission et ambiance sectaire avec sévices à la clé, ce film sans talent ni saveur ne s’élève jamais au-dessus d’un banal produit Netflix suspecté d’avoir été écrit par un algorithme. Quelle tristesse, encore raté…</p>
<h2><em>Saint Maud</em>&#8230; Lumière céleste !</h2>
<p>Vendredi matin, après ces quatre plaies d’Égypte, une lumière céleste a miraculeusement percé un ciel gérômois qu’on croyait définitivement voué aux ténèbres de la médiocrité… Alors pour ce premier jour de cinéma : Gloire à <em>Saint Maud</em> ! On vous en parle davantage très vite.</p>
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		<title>Mandy, de Panos Cosmatos</title>
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		<pubDate>Fri, 15 Feb 2019 08:09:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[gore]]></category>
		<category><![CDATA[Nicolas Cage]]></category>
		<category><![CDATA[vengeance]]></category>

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		<description><![CDATA[Nicolas Rage Il était une fois un bucheron taiseux et dévoué qui vivait un amour fusionnel avec une femme fragile et torturée qui portait sur elle les stigmates d’un passé...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Nicolas Rage</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/02/mandy-panos-cosmatos-nicolas-cage.jpg" alt="Mandy, de Panos Cosmatos" title="Mandy, de Panos Cosmatos" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-26816" />Il était une fois un bucheron taiseux et dévoué qui vivait un amour fusionnel avec une femme fragile et torturée qui portait sur elle les stigmates d’un passé douloureux. Alors qu’ils se croyaient protégés de tous les dangers du monde dans leur somptueuse bicoque forestière, les tourtereaux vont être violemment éjectés de leur paradis sylvestre le jour où Madame Mandy croise la route d’une vilaine secte crypto-christique dirigée par un ex-chanteur de rock FM assujetti à une bande de bikers mutants qui se chauffent au LSD…</p>
<p>Avant d’esquisser la moindre tentative d’analyse rationnelle, il est important de dire que <em>Mandy</em> est une création improbable et inconfortable tirée de la matière grise en surchauffe du fils d’un des barons de l’action movie US des années 1980, réalisateur à ses heures des « stallonesques » <em>Rambo II</em> et <em>Cobra</em>. Mais aussi que <em>Mandy</em> est un spectacle son et lumière tordu et abscons qui imprime la rétine à mesure que son poison narcotique se déverse sur l’écran ; un acte radical répulsif et jouissif qui éjecte les spectateurs de la salle comme du pop corn ; un revenge movie psychédélique taillé pour décevoir les adeptes du cinéma sévèrement burné de papa Cosmatos ; une montée d’acide de deux heures, et sans descente, qui rappelle parfois les grands films barrés de Ken Russell (<em>Tommy</em>, <em>Les Diables</em>, <em>Au-delà du réel</em>…). Enfin, <em>Mandy</em> est une fable sordide qui n’attendait que Nicolas Cage pour exister&#8230; <span id="more-26814"></span></p>
<p>Plus concrètement, le film de Panos Cosmatos est une tragédie en trois actes – le bonheur, le malheur, la vengeance – qui propose une relecture sous narcotique des codes du genre pour aboutir à un objet filmique incongru qu’on croyait disparu depuis la fin des années 1970. Dans ce refus buté des recettes narratives mainstream, où on se soucie finalement comme d’une guigne des tenants et aboutissants d’une vengeance qui devrait nous prendre aux tripes, on profite de tout le bréviaire psyché qui faisait le charme d’un certain cinéma vintage. Entre un traitement colorimétrique outrancier, un saupoudrage d’inserts d’animation délirants, d’éprouvantes longueurs contemplatives dénuées de sens, un goût prononcé pour les très gros plans, une musique ambient aux infra-basses faites pour déplaire (mention spéciale pour le thème génial du générique de début signé King Crimson) et une bonne dose de splatter à l’ancienne, le programme y est chargé. Et si l’on tient absolument à trouver un sens à tout ce déferlement d’absurdités, on peut au mieux suggérer que les paysages torturés façon heroic fantasy que dessine Mandy représentent le paradis par rapport à l’enfer qu’elle s’apprête à vivre ici bas. Creuser au-delà de cette courte analyse serait d’une arrogante inutilité.</p>
<p>Au rayon humain, les choses ne sont pas plus belles à voir. Du côté des méchants, la secte des Enfants de la nouvelle aube qui va faire rôtir Mandy en enfer est un ramassis de freaks pathétiques menés par un gourou ignoble interprété tout en suavité par l’excellent Linus Roache (le roi Ecbert des trois premières saisons de <em>Vikings</em>). Quant aux bikers de l’Apocalypse, à qui les Enfants vouent un culte craintif, ce sont des monstres effrayants sublimés par la dope qui amènent une touche surnaturelle plutôt maligne. C’est d’ailleurs à ces ogres motorisés, dont on ne sait rien, que l’on doit les scènes d’action les plus excitantes du film.<br />
Côté gentil de l’histoire, le personnage unique est de rigueur. La pauvre Mandy étant ramenée au rôle ingrat de victime évanescente sans réelle consistance, tout converge alors vers le héros ivre de vengeance, descendant rural et sévèrement défoncé de Charles Bronson. Avec sa filmographie qui ne ressemble plus à rien depuis qu’il s’astreint à un régime à base de navets, Nicolas Cage devenait de fait le déglingo idéal pour endosser le rôle du bûcheron amoureux qui traverse le rubicon. Halluciné, toujours à côté de la plaque, balançant quelques répliques ineptes sur un tempo qui n’appartient qu’à lui, Nico joue la rage comme personne et assume à lui tout seul le décalage permanent d’un film qui ne se prend jamais au sérieux malgré son côté pompier. La preuve avec ce plan terminal où son sourire ahuri face caméra, visage en sang et clope au bec mériterait de devenir instantanément un de ces mèmes tordants qui tournent à toutes les sauces sur les réseaux sociaux. Finalement, après deux heures éprouvantes illuminées par cette ultime pirouette hilarante, on se dit qu’on vient de se faire avoir par un drôle de conte pour adultes, kitsch, trash, gratuit, pénible mais jubilatoire. Ce qui fait quand même beaucoup d’émotions pour un mauvais film qui sent le plaisir coupable à plein nez.</p>
<p>&nbsp;<br />
Mandy <em>de Panos Cosmatos, avec Nicolas Cage, Andrea Riseborough&#8230; Etats-Unis, 2018.</em> </p>
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		<title>Cube, de Vincenzo Natali</title>
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		<pubDate>Sat, 02 Feb 2019 09:00:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>

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		<description><![CDATA[Grand Prix au carré Grand Écart est à Gérardmer, pour la 26e édition du Festival du Film Fantastique. Pour l&#8217;occasion, on a décidé de retourner dans le passé, et d&#8217;explorer...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Grand Prix au carré</h3>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-26733" alt="Cube Vincenzo Natali" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/02/cube-affiche-1001697-250x300.jpg" /></p>
<p><strong><em>Grand Écart est à Gérardmer, pour la 26e édition du Festival du Film Fantastique. Pour l&#8217;occasion, on a décidé de retourner dans le passé, et d&#8217;explorer ce qu&#8217;il s&#8217;y passait il y a 20 ans.</em></strong></p>
<p>En 1999, quand son premier long-métrage est sélectionné pour concourir à la 6e édition de Fantastic’Arts, Vincenzo Natali n’a encore qu’un simple court métrage de fin d’études sur les méfaits d’un ascenseur maléfique accroché à son CV. Fable claustrophobique devenue depuis un petit classique inclassable du cinéma fantastique, <em>Cube</em> réussit cette année-là à emporter tous les suffrages en réalisant un triplé historique : Grand Prix, Prix de la critique et Prix du Public. Tétris mortel et géant, escape game potentiellement dystopique, ce premier long métrage du futur réalisateur de l’ambitieux <em>Cypher</em> (2002) et du terrifiant <em>Haunter</em> (2013) est un condensé de maîtrise technique et de talent narratif. Autour de six personnages drôlement assortis devant mutualiser leurs aptitudes pour se sortir du Mécano infernal où on les a mystérieusement enfermés, Vincenzo Natali réalise un huis clos pervers, révélateur des faiblesses coupables de la nature humaine. <span id="more-26732"></span>Poussé par un instinct de survie bien plus fort que la raison, chacun la joue solo alors que l’effort collectif s’impose pour sortir vivant de cet enfer au carré. À l’opposé des énigmes hystériques et crasseuses de <em>Saw</em>, les casse-têtes sanglants qui ont cours dans l’épure immaculée du Cube sont d’une redoutable virtuosité graphique et symbolique.</p>
<p>&nbsp;<br />
Cube <em>de Vincenzo Natali, avec Nicole de Boer, Nicky Guadagni, David Hewlett&#8230; Canada, 1997. Grand Prix, Prix de la Critique et Prix du Public du Festival international du film fantastique de Gérardmer en 1999.</em></p>
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		<title>La Fiancée de Chucky, de Ronny Yu</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Feb 2019 16:01:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>

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		<description><![CDATA[Grand Écart est à Gérardmer, pour la 26e édition du Festival du film fantastique. Pour l'occasion, on a décidé de retourner dans le passé, et d'explorer ce qu'il s'y passait il y a 20 ans...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Poupées sanglantes</h3>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-26723" alt="La fiancée de Chucky" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/02/original-481287-010-202x300.jpg" /></p>
<p><strong>Grand Écart est à Gérardmer, pour la 26e édition du Festival du film fantastique. Pour l&#8217;occasion, on a décidé de retourner dans le passé, et d&#8217;explorer ce qu&#8217;il s&#8217;y passait il y a 20 ans.</strong></p>
<p>Il y a vingt ans tout ronds, l’adorable Chucky, flanqué de sa délicieuse dulcinée, repartait de Gérardmer avec un Prix (ex aequo) du jury pour avoir convolé en justes noces à l’occasion du quatrième épisode de ses aventures. Un cadeau de mariage bien mérité qui permettra à la famille de s’agrandir cinq ans plus tard et de faire fructifier une franchise qui ne connaîtra jamais la crise, comptant aujourd’hui sept suites au compteur, un remake bientôt sur les écrans et une série TV en développement. Pour cet acte IV de la saga, Don Mancini, père éternel de la poupée rousse, a confié les manivelles de la caméra à Ronny Yu, un novice de l’épouvante qui se distinguera plus tard dans le film de sabre chinois et le cinéma d’action US. On y retrouve un Chucky en pleine forme, ressuscité par les bons soins d’une ex au diapason de ses penchants sadiques… À partir de là peut démarrer une romance trash et hilarante entre jouets consentants où les références pop et les répliques au vitriol pleuvent comme les coups de couteau de cuisine que le jeune couple prend un malin plaisir à distribuer.</p>
<p>&nbsp;<br />
Chucky <em>de Ronny Yu, avec Jennifer Tilly, Brad Dourif, Katherine Heigl&#8230; Etats-Unis, 1998. Prix spécial du jury du 6e Festival international du film fantastique de Gérardmer.</em></p>
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		<title>Cold Skin et Downrange : parce qu’ils le valent bien</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Feb 2018 20:06:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[aventure]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Ce n’est pas parce que certains films n’ont pas eu les honneurs de la sélection en compétition du 25e Festival de Gérardmer qu’on devrait passer notre chemin sur la troupe des « hors-compète ». Au contraire, c’est dans ce vivier bien vivant de la DTV (direct to video) où se croisent toutes les couleurs du cinéma de genre que l’on trouve des perles qui auraient eu toute leur place en « compète », justement. Pour réparer cette injustice, en voici deux qui méritent une très belle carrière sur vos écrans.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/02/cold-skin-xavier-gens-gerardmer-2018.jpg" alt="Cold Skin, de Xavier Gens" title="Cold Skin, de Xavier Gens" width="280" height="117" class="alignleft size-full wp-image-26122" /><em>Cold Skin</em> de Xavier Gens est sans aucun doute un film pertinent dans le fond et ambitieux dans sa forme qui aurait pu donner du souffle à une sélection 2018 qui en a parfois cruellement manqué. Un film fantastique intelligent sublimé par la beauté d’un décor naturel bien photographié réalisé par un des rares spécialistes français du film de genre, à qui l’on doit entre autres l’inutile Frontière(s) et le claustrophobique Divide. L’action se déroule au tout début du XXe siècle sur une île perdue proche du cercle Antarctique. Un homme y est débarqué par un navire marchand pour prendre la relève d’un météorologue qui semble avoir disparu. La seule autre présence sur cette terre hostile et brutale étant celle d’un gardien de phare misanthrope qui a fait de sa bâtisse un camp retranché truffé de pièges. À la tombée de la nuit, l’île s’anime de la présence d’êtres monstrueux venus de la mer bien décidés à en découdre avec l’envahisseur humain. Film d’action efficace et vintage, huis clos à ciel ouvert et en plein hiver austral, combat allégorique de l’homme contre la bête, parabole finaude sur la colonisation… <em>Cold Skin</em>, c’est tout cela et même un peu plus. Mais c’est aussi et surtout un récit d’aventure tourmenté dans une contrée inhospitalière remplie de créatures bizarres parvenant parfois à évoquer ces grands classiques du roman fantastique qu’on a adoré dévorer à l’adolescence signés HG Wells, Jules Verne ou Serge Brussolo. Et ça, ça fait du bien. <span id="more-26120"></span></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/02/downrange-ryuhei-kitamura.jpg" alt="Downrange, de Ryuhei Kitamura" title="Downrange, de Ryuhei Kitamura" width="280" height="123" class="alignleft size-full wp-image-26123" />Changement radical de paradigme avec un petit <em>survival</em> américain sans prétention mais à l’efficacité inversement proportionnelle à l’épaisseur de son scénario. Réalisé par un Japonais sachant manier dans un même élan sanglant gore tendance <em>splatter</em>, suspense, action et éclairs d’humour, <em>Downrange</em> se met dans la lunette d’un sniper – dont on ne saura jamais rien – perché dans un arbre le long d’une route départementale déserte pour tirer sur tout ce qui roule avant d’enchaîner sans mollir sur tout ce qui bouge. Le carnage peut commencer et l’asphalte jonché de bouts de cervelles fraîchement explosées se retrouve rapidement repeint en rouge. Seul bémol dans ce déluge de mauvais goût assumé, la tentative maladroite et heureusement vite abandonnée par Ryûhei Kitamura de donner une épaisseur minimale à des personnages dont il se fout comme nous royalement. Le film réussit ce que <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/revenge-coralie-fargeat/" title="Revenge, de Coralie Fargeat">Revenge</a></em> – curiosité « buzzante » de la compétition 2018 avec qui il partage le concept d’ultraviolence en plein soleil – foire en grande partie à cause de son sujet de fond mal digéré : l’épure dans le pulp. Autrement dit, pas d’effet de style inutile, pas de frime visuelle, de l’action, du sang, des explosions et un final à l’humour noir plutôt tordant, et surtout aucune ambition métaphorique. Ball-trap et bowling en un même film, il y a vraiment de quoi se marrer…</p>
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		<title>Les Bonnes Manières, de Juliana Rojas et Marco Dutra</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Feb 2018 14:48:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
		<category><![CDATA[Brésil]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>

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		<description><![CDATA[La mère et la bête - Clara, infirmière farouche d’un quartier pauvre de Sao Paulo, se fait engager comme aide à domicile et nounou pour l’enfant qu’attend la jeune et riche Ana. Après un...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>La mère et la bête</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/02/les-bonnes-manieres-rojas-dutra-affiche.jpg" alt="Les Bonnes manières, de Juliana Rojas et Marco Dutra" width="208" height="280" class="alignleft size-full wp-image-26107" />Clara, infirmière farouche d’un quartier pauvre de Sao Paulo, se fait engager comme aide à domicile et nounou pour l’enfant qu’attend la jeune et riche Ana. Après un round d’observation marqué par leur différence de classe sociale, les deux femmes aux cœurs solitaires vont se rapprocher jusqu’au partage de leur intimité. Mais, plus sa grossesse avance plus Ana révèle un comportement de plus en plus étrange et inquiétant les nuits de pleine lune. </p>
<p>Film fantastique à plus d’un titre, <em>Les Bonnes Manières</em> réalisé par un talentueux duo mixte brésilien est assurément une des (très) bonnes nouvelles de la sélection 2018 du Festival de Gérardmer. Voilà un film totalement libre assumant sans complexe et avec finesse de muter au fil des minutes de chronique sociale à romance intimiste puis de drame familial à fable d’épouvante. La grande force du tandem aux commandes étant d’avoir réussi à s’affranchir totalement des codes de tous ces genres pour s’insinuer avec une infinie délicatesse dans le quotidien de deux amoureuses solitaires s’illuminant mutuellement avant d’entrer dans celui d’une mère folle d’amour pour un enfant vraiment pas comme les autres. Adeptes d’une certaine économie verbale, ils font le choix judicieux de faire confiance à la musique et de laisser parler le regard incroyablement doux et fiévreux à la fois de leur excellente actrice principale – Isabel Zuaa dans le rôle de Clara – pour raconter cette histoire sombre chargée en sentiments les plus purs. <span id="more-26106"></span></p>
<p>Avec sa structure bipolaire parfaitement séparée par un événement charnière &#8211; qu’on évitera de spoiler &#8211; le film percute par sa façon toute particulière de faire jaillir une poésie naturaliste singulière à partir de petits riens de la vie, comme un geste tendre, une berceuse poignante jouée par une voisine mélomane, un cours télévisé de zumba ou une séance d’épilation familiale. Fable vibrante, parfois dérangeante – notamment quand la maternité devient une abomination &#8211; mais jamais grinçante sur les différences sociales, sexuelles ou originelles, <em>Les Bonnes Manières</em> avance par petites touches impressionnistes depuis le constat socialement lucide sur la société brésilienne qui ouvre le film jusqu’à l’ode à l’amour maternel qui le clôt. L’amour d’une mère par défaut prête à se faire dévorer pour que vive le petit monstre qu’elle a choisi d’aimer et d’élever. Ou bien, comme le suggère le dernier plan du film, ces deux êtres hors normes s’unissent pour faire face à un monde qui ne veut pas d’eux. « Toi et moi contre le monde entier. Et rien ne pourra nous arriver… », l’image est belle comme cette fable fantastique brésilienne.</p>
<p>&nbsp;<br />
Les bonnes manières <em> (As Boas Maneiras) de Juliana Rojas et Marco Dutra, avec Isabel Zuaa, Marjorie Estiano, Miguel Lobo&#8230; Brésil, 2017. Présenté en compétition au Festival international du film fantastique de Gérardmer 2018. Sortie le 21 mars 2018.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Sergio G. Sanchez</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Feb 2018 21:19:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[thriller]]></category>

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		<description><![CDATA[Après avoir débuté au cinéma sous l’aile protectrice de Juan Antonio Bayona, qui en avait fait son scénariste sur deux films majeurs (L’Orphelinat et The Impossible, Sergio G. Sanchez ouvre...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/02/secret-des-marrowbone-sergio-sanchez-2.jpg" alt="Le Secret des Marrowbone, de Sergio G. Sanchez" width="280" height="149" class="alignleft size-full wp-image-26066" />Après avoir débuté au cinéma sous l’aile protectrice de Juan Antonio Bayona, qui en avait fait son scénariste sur deux films majeurs (<em>L’Orphelinat</em> et <em>The Impossible</em>, Sergio G. Sanchez ouvre aujourd’hui la compétition de la 25e édition du Festival de Gérardmer avec <em>Le Secret des Marrowbone</em>, un premier film à la fois sombre et lumineux, torturé et brillant, qui lui appartient enfin totalement. Venu dans les Vosges pour défendre sa fable horrifique, le réalisateur espagnol revient sur son passage tardif derrière la caméra, nous parle de son film à l’aune du cinéma qu’il aime, de la littérature qui l’inspire et de sa passion pour la musique.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Ecrire avant de réaliser : c’était le chemin que vous vous étiez fixé ?</strong></p>
<p>Pas vraiment. En ce qui me concerne, écrire fut un accident. Il faut remonter en 1996 pour comprendre. A cette époque, je viens de terminer mon école de cinéma et j’écris le scénario d’un film que je veux réaliser. Ce script est celui de <em>L’Orphelinat</em>. Mais, sans réseau, je décide de mettre en scène un court-métrage pour faire bouger les choses. A ma grande surprise, ce court (<em>7337</em>) marcha très fort dans les festivals où il remporta quelques prix. C’est là que Juan Antonio Bayona me repère et me charge de lui écrire le scénario d’un film de vampires (qui ne se fera d’ailleurs jamais). J’en profite alors pour lui faire lire <em>L’Orphelinat</em>, juste pour avoir son avis. Sans me le dire, il le fait lire à son producteur… Et vous connaissez la suite : Bayona réalise le film et obtient un très beau succès. Pour moi, <em>L’Orphelinat</em> marque ma première vraie expérience au cinéma et le début de dix ans de carrière de scénariste.</p>
<p><strong>Votre expérience aux côtés de Juan A. Bayona a-t-elle été précieuse pour réaliser ce premier long-métrage, <em>Le Secret des Marrowbone</em> ?</strong></p>
<p>A vrai dire, Bayona m’a déjà fait confiance comme réalisateur de seconde équipe. Il m’a aussi chargé de diriger les comédiens enfants sur <em>The Impossible</em>. C’est un grand technicien. J’ai beaucoup appris à ses côtés notamment l’exigence et le sens du détail. Sa façon de travailler est très particulière. Il dit toujours que le film doit rester vivant. Ce qui veut dire qu’il tourne le scénario deux fois : une fois dans sa version écrite puis une autre dans une version alternative qu’il faut improviser sur le tournage. Un <em>work in progress</em> très stressant pour le scénariste que j’étais mais un travail d’orfèvre très souvent payant au montage. <span id="more-26063"></span></p>
<p><strong>D’où vient l’histoire du <em>Secret des Marrowbone</em> ?</strong></p>
<p>L’histoire de ce film est elle aussi le fruit du hasard. Il y a quelque temps, on m’avait proposé d’adapter un fait divers sur la maladie mentale et les personnalités multiples pour un acteur célèbre dont je tairais le nom. Ma façon de raconter l’histoire n’ayant pas plu, le projet en est donc resté là. En revanche, j’avais toujours le pitch dans un coin de ma tête. Un peu plus tard, j’en parle à ma productrice actuelle qui est immédiatement emballée. Elle me demande de lui fournir chaque jour trois pages de script. La méthode s’est avérée intéressante et finalement payante. Je savais où j’allais mais, pour la première fois, sans savoir exactement comment. J’ai eu l’impression très plaisante d’écrire un feuilleton à l’ancienne où je devais livrer un chapitre quotidien avec un début et une fin marquée si possible par un cliffhanger.</p>
<p><strong>Comment qualifieriez-vous ce film ?</strong></p>
<p>Pour moi, cette histoire est un acte de rébellion contre la réalité ! Mais c’est aussi une fable d’épouvante que je vois comme une petite symphonie avec ses mouvements. D’ailleurs, cette référence à la musique est pour moi essentielle. Car mon amour du cinéma est intimement lié à la musique. Quand j’étais enfant, il n’y avait pas de télévision chez moi. Pour m’évader, j’écoutais donc beaucoup de musique que je transformais inévitablement en images mentales. Je me faisais déjà mon cinéma ! Voilà pourquoi la musique est aussi fondamentale dans ma façon de raconter une histoire au cinéma. Il ne vous aura pas échappé que dans <em>Le Secret des Marrowbone</em>, il y en a beaucoup. Mais toujours de façon calculée. Quand elle est là, on est dans la fantaisie alors que le silence marque le retour à la réalité. J’ai aussi voulu des thèmes musicaux différents selon les situations narratives et le personnage que l’on suit. La bande originale compte 70 minutes de musique pour 90 de film. Le rapport peut paraître démesuré, pourtant chaque note a un sens.</p>
<p><strong>Pourquoi avoir situé l’action du <em>Secret des Marrowbone</em> à la fin des années 1960 ? Précisément, en 1969, l’année où l’homme marche sur la Lune ?</strong></p>
<p>Parce que cette période marque le passage vers un monde nouveau. De fait, elle colle très bien à l’action et à l’état d’esprit tourmenté de mes personnages. Cette histoire de perte d’innocence devait se tenir dans une période trouble et incertaine.</p>
<p><strong>L’enfance est-elle le berceau de toutes les histoires qui font peur ?</strong></p>
<p>Bien sûr. Au même titre que c’est aussi le moment où se développent la fantaisie et l’esprit créatif de chacun. Et puis, les histoires fantastiques ou horrifiques, les contes, les fables sont toutes des réponses aux énigmes de la vie. Notre imagination vient combler nos vides existentiels.</p>
<p><strong>Pourquoi avoir choisi le cinéma de genre pour raconter l’histoire de la fratrie Marrowbone ?</strong></p>
<p>Car ce type de cinéma me permet de créer une rupture avec le réel. Par les décors, l’attitude des personnages, l’ambiguïté des situations, l’histoire est tout de suite ancrée dans l’imaginaire. Ce film est un conte fantastique qui s’empoisonne lentement jusqu’à devenir une fable horrifique. Je suis persuadé qu’un conte avec des enfants pour qui tout va bien n’aurait aucun intérêt !</p>
<p><strong>Existe-t-il un lien entre <em>L’Orphelinat</em>, <em>The Impossible</em> et <em>Le Secret des Marrowbone</em> ?</strong></p>
<p>Certainement, celui d’un être qui cherche à rejoindre un refuge ou un lieu inatteignable.</p>
<p><strong>Croyez-vous au surnaturel ?</strong></p>
<p>Bien sûr que j’y crois car nous l’avons tous en nous. Et je crois aussi profondément que le cinéma est la meilleure définition de ce qu’est un fantôme. Pour <em>Marrowbone</em>, le surnaturel et la peur surgit des intervalles, de ce qu’on ne voit jamais à l’écran. Ma référence littéraire pour ça a été <em>Le Tour d’écrou</em> d’Henry James, où l’angoisse naît de ce qui n’est pas raconté.</p>
<p><strong><em>Le Secret des Marrowbone</em> est un film élégant et stylisé. C’est le cinéma que vous aimez ?</strong></p>
<p>Totalement ! Faire un film avec mon portable, très peu pour moi ! J’aime le grand cinéma où tout compte : la musique, le son, les cadres, les décors, etc.</p>
<p><strong>L’Espagne est une place forte mondiale du cinéma fantastique avec des mentors pour les nouveaux réalisateurs. Vous avec Bayona, d’autres avec de la Iglesia. Existerait-il des familles ?</strong></p>
<p>Au risque de vous décevoir, pas vraiment. Vous devez savoir qu’en Espagne, le cinéma dont vous parlez est plutôt mal vu. Les médias nous considèrent comme des cinéastes mineurs alors que nous avons une certaine reconnaissance internationale. En Espagne, <em>Le Secret des Marrowbone</em> est considéré comme un film d’horreur de plus alors qu’en France vous y voyez un drame familial mâtiné d’épouvante.</p>
<p><strong>Quels ont été vos sources d’inspiration pour <em>Marrowbone</em> ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/02/secret-des-marrowbone-sergio-sanchez-affiche.jpg" alt="Le Secret des Marrowbone, de Sergio G. Sanchez" width="187" height="280" class="alignright size-full wp-image-26067" />A chaque film, je me concocte une playlist censée en refléter la tonalité. Pour celui-ci, basé sur les changements d’humeur et l’altération de la réalité, j’alternais principalement Georges Delerue pour la finesse de ses compositions et Jerry Goldsmith pour sa singularité et son audace qui le fait passer en un éclair d’une partition atonale à une envolée mélodique. Au niveau littéraire, je me suis inspiré de deux classiques absolus du roman gothique comme <em>Le Tour d’écrou</em> dont j’ai déjà parlé et de <em>Nous avons toujours habité le château</em> de Shirley Jackson. Pour le cinéma, je me suis replongé dans <em>Our Mother’s House</em> [en VF : <em>Chaque soir à neuf heures</em>, 1967, ndlr] de Jack Clayton qui a le même point de départ narratif sur une fratrie orpheline, <em>The Other</em> [L’Autre, 1972, ndlr] de Robert Mulligan sur le dédoublement de personnalité et enfin toute l’œuvre majestueuse de David Lean. Avec mon chef opérateur, quand on cherchait comment tourner un plan, on se demandait toujours comment l’aurait fait David Lean.</p>
<p><strong>Pour finir, quel est votre dernier coup de cœur de cinéma fantastique ?</strong></p>
<p>Je dirais sans hésiter <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/it-follows-david-robert-mitchell/" title="It Follows, de David Robert Mitchell">It Follows</a></em> de David Robert Mitchell.</p>
<p>&nbsp;<br />
Le Secret des Marrowbone <em>(El secreto de Marrowbone) de Sergio G. Sanchez, avec Anya Taylor-Joy, George MacKay, Mia Goth&#8230; Espagne, 2017. Sortie le 7 mars 2018. En compétition au Festival de Gérardmer 2018.</em></p>
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