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	<title>Grand Écart &#187; vintage</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Folie vintage !</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Jul 2018 14:51:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Tom Selleck]]></category>
		<category><![CDATA[vintage]]></category>

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		<description><![CDATA[Et si nous remontions le temps en compagnie de Burt Lancaster, Vanessa Redgrave, Dirk Bogarde, Cher, Uma Thurman et Tom Selleck pour une sélection de séries et de films qui...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Et si nous remontions le temps en compagnie de Burt Lancaster, Vanessa Redgrave, Dirk Bogarde, Cher, Uma Thurman et Tom Selleck pour une sélection de séries et de films qui rappellent le bon vieux temps ? Parce que franchement, hein, c’était quand même mieux avant !</p>
<h3>Vintage séries !</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/07/magnum-tom-selleck.jpg" alt="Magnum" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-26541" />Durant les années 1980, les séries américaines ringardisent le reste du monde. On bouffe amerloque, on boit amerloque, on pense amerloque, à tel point que le matin avant de se rendre au boulot, on se demande bien ce que l’on fiche le cul vissé dans une Renault 9 TL où les sièges âgés d’à peine 6 mois sentent déjà le pet alors que là-bas, chez l’Oncle Sam, on roule à bord de vaisseaux amiraux de 6 mètres de long, confortablement installés sur des banquettes géantes en velours orange direction le building le plus proche. Alors quand chez Elephant Films, on propose une version blu-ray remastérisée de la série <em>Magnum P.I</em>, où le détective moustachu le plus relax de l’univers poursuit les malandrins à bord de sa Ferrari 308 GTS (sous le ciel azuré d’Hawaï), il y a de quoi être définitivement écoeuré ! Même la propriété de Robin Masters filmée sous toutes les coutures nous fait regretter d’avoir si vite claqué notre PEL dans une bicoque hors de prix et déjà décrépite.<br />
Et sinon, la série ? Eh bien, elle n’a pas pris une ride. Si, la mise en scène, soyons franc. Le cœur parle mais il faut reconnaître que l’ensemble est un poil plan-plan. Evidemment le cabotinage et la coolitude de Tom Selleck font largement passer la pilule. <em>Magnum</em>, c’est surtout une VF du tonnerre avec la voix de Francis Lax, reconnaissable entre mille, qui apporte une fraîcheur humoristique indéniable ; les joutes avec Higgins sont toujours aussi bonnardes ! Règne dans <em>Magnum P.I</em> une ambiance qui n’appartient qu’à elle. Autre qualité, la série ne s’est jamais cachée derrière son petit doigt. En effet, les scénarios n’évitent jamais les sujets graves quand ils évoquent la corruption qui gangrène l’île et l’esclavage intensif des insulaires et des immigrés asiatiques par les continentaux. Rappelons que pendant des décennies, Hawaï fut une terre de malheur. Le coffret de la première saison est une bouffée de nostalgie jusqu’à suffocation.<br />
Pendant ce temps, en France, on rumine la montée du Front populaire à travers <em>A nous les beaux dimanches</em>, une mini-série de 4 épisodes estampillée « service public ». Croyez-le ou non mais, <em>A nous les beaux dimanches</em>, portée par Claude Giraud, Michel Creton, Anne Parillaud et son armée de seconds couteaux, est passionnante de bout en bout. S’y mêle la grande histoire de l’après Première Guerre mondiale en France et en Europe, la montée en puissance du socialisme et du fascisme, les combats syndicalistes contre le patronat, l’opposition du monde ouvrier et de la bourgeoisie, l’avènement des congés payés&#8230; L’ensemble est soigné et admirablement interprété. Il y a de quoi se réjouir de pareille redécouverte.<br />
<em>Magnum</em> et <em>A nous les beaux dimanches</em> sont disponibles en coffret blu-ray et DVD chez Elephant Films. </p>
<h3>Vintage british ! Spécial threesome</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/07/espions-tamise-fritz-lang.jpg" alt="Espions sur la Tamise, de Fritz Lang" width="280" height="123" class="alignleft size-full wp-image-26540" />1944. Exilé aux Etats-Unis après avoir fui l’oppresseur nazi, Fritz Lang tourne des œuvres d’une folle noirceur à la vitesse d’un cheval au galop. Pas moins de 7 films en 5 ans ! <em>Espions sur la Tamise</em> s’inscrit dans la veine des films de propagande où l’on honore la bravoure des alliés contre les forces obscures du IIIe Reich. Le film est court, sec et sans concession. La trame solide du scénario montre tout le savoir-faire du Maître.<br />
1948. Zoltan Korda sort avec <em>La Vengeance d’une femme</em> un merveilleux petit thriller. Une sombre histoire de tromperie qui tourne à la vengeance. Durant l’intrigue policière, on ne peut s’empêcher d’apprécier la virulente critique sociale d’une société engoncée dans ses mœurs compassées, ses préjugés et sa frustration. Charles Boyer, Ann Blyth et Jessica Tandy forment un trio diabolique. Le scénario concocté aux petits oignons est signé Aldous Huxley. Rien que ça !<br />
1949. <em>Pourquoi j’ai tué</em> ne fait pas dans la dentelle. Comme à son habitude, films noirs ou westerns, Robert Siodmak va à l’essentiel. Burt Lancaster, minéral, fort comme un roc, joue l’ex-mari incapable de tirer un trait sur le passé qui décide de tout écraser sur son passage pour tout recommencer. Son amour, Yvonne de Carlo est à tomber de beauté, à tel point qu’elle bouffe l’écran. De la belle ouvrage ! Du bon cinéma.<br />
1960. <em>Meurtre sans faire-part</em> raconte la sempiternelle histoire des amants qui commettent l’irréparable avant de faire face à leur conscience. Si le film ne casse pas des briques dans sa première partie, il mérite d’être vu pour l’interprétation d’Anthony Quinn et Lana Turner mais également pour ses ambitions formelles. La superbe photographie flatte la rétine ! Dans sa deuxième partie, le suspense monte crescendo. Alors ne lâchez pas l’affaire ! Une belle redécouverte.<br />
1961. <em>La Victime</em> remporte le Lion d’or à Venise. C’est le premier film qui parle ouvertement d’homosexualité, employant pour la première fois dans une ligne de dialogue le terme « homosexuel ». Dirk Bogarde incarne l’antihéros, tiraillé entre la honte et les regrets, résolu à venger la mort de son ancien amant. <em>La Victime</em> ne s’épargne aucun sujet brûlant ni même tabou quand il est question de harcèlement et de chantage. La complexité des personnages rend cette œuvre militante encore plus émouvante.<br />
1965. <em>Tuer n’est pas jouer</em> de William Castle est mou du genou, voire même de la fesse. Deux adolescentes têtes à claques qui adorent les canulars téléphoniques s’amusent comme des petites folles ! Jusqu’au jour où elles tombent sur un homme qui vient de tuer sa femme. Forcément, c’est ballot ! Et les emmerdes commencent. C’est à ce moment que vous pouvez commencer à ronfler ! L’intrigue rappelle les mauvais slashers d’aujourd’hui.<br />
Tous ces films sont disponibles en DVD et blu-ray chez Elephant films.</p>
<h3>Vintage classique !</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/07/isadora-karel-reisz.jpg" alt="Isadora, de Karel Reisz" width="280" height="151" class="alignleft size-full wp-image-26538" />En 1968, alors que la France connaît sa première grande mutation sociale depuis la Seconde Guerre mondiale, Karel Reisz revient dans une production franco-britannique, <em>Isadora</em>, sur la vie de la danseuse américaine Isadora Duncan (1877-1927) qui dépoussiéra le milieu de la danse, laissant passer un vent de liberté salutaire dans un univers empoisonné par les règles et les traditions séculaires. Vanessa Redgrave joue une partition des plus efficaces dans son interprétation complexe d’une artiste aux prises avec ses démons. On y voit l’artiste dans toute sa pureté, chargée d’équilibrer les relations entre le courant classique et le courant contemporain. Un grand film.<br />
En 1979, en plein second choc pétrolier qui mènera la clique de Giscard à sa perte, sort <em>La Vie privée d’un sénateur</em> par le grand Jerry Schatzberg, film d’amour sur fond de drame politique. Ici, c’est du puritanisme et du conservatisme dont il est question, du modèle familial américain et du pouvoir des élites. Le sénateur Joe Tynan tente vaille que vaille de mener deux fronts ; celui de sa vie personnelle et de sa vie professionnelle. Aucune des deux ne doit se déliter, au risque de tout perdre. Une œuvre intense et profonde comme on en fait peu aujourd’hui.<br />
Au mois de mars 1985, Bernard Laroche est abattu d’un coup de fusil par son beauf. Sœur Sourire se suicide. Au même moment, <em>Mask</em> réalisé par Peter Bogdanovich sort sur les écrans américains. Est-ce une coïncidence ? La réponse est encore tabou. <em>Mask</em> raconte l’histoire vraie de Rocky Dennis, victime d’une maladie génétique qui lui déforme le visage, et de son combat pour vivre une vie normale. Sa mère courage est jouée par la chanteuse et actrice Cher. Est-ce une coïncidence ? Au milieu des années 1980, Cher ressemblait encore à Cher, une brune qui avait du chien, mais on distingue déjà les premières retouches esthétiques qui l’amèneront plus part à ressembler au Marsupilami. Le film à sa sortie m’avait bouleversé. J’avais 10 ans. Aujourd’hui, je le trouve tendre et cucul. Ni plus ni moins.<br />
En 1990, Citroën arrête la production de la 2CV pendant que sur les écrans noirs de nos nuits blanches sort <em>Henry et June</em> de Philip Kaufman, tiré d’une nouvelle d’Anaïs Nin. Philip Kaufman est un génial adaptateur de roman qui en 1986 s’empare de l’œuvre de Tom Wolfe, <em>L’Etoffe des Héros</em>, pour réaliser LE chef-d’œuvre sur la conquête spatiale. En 1988, nouveau coup de maître avec <em>L’Insoutenable Légèreté de l’être</em> de Milan Kundera. <em>Henry et June</em> est un drame fiévreux sur la création, la séduction et la décomposition du couple. Une œuvre ambitieuse sur la vie de bohème avant la cristallisation totale dans la bourgeoisie.<br />
Tous les films sont disponibles en DVD et blu-ray chez Elephant films.</p>
<h3>BONUS ! Vintage Artus !</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/07/flagellations-pete-walker.jpg" alt="Flagellations, de Pete Walker" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-26539" />Depuis septembre 2017, la petite entreprise Artus Films revient aux affaires et l’année 2018 s’annonce comme exceptionnelle. Avec le tout nouveau format blu-ray, elle ne cesse de mettre les petits plats dans les grands quand elle fourre dans son édition de base les versions cinéma, les versions director’s cut, les versions censurées, les versions rallongées, les versions raccourcies, les versions casher, les versions halal et les versions bénites par le Vatican d’un seul et même film. Au programme des prochaines réjouissances, une salve Lucio Fulci et une salve Jess Franco mais nous y reviendrons tout bientôt.<br />
Pour l’heure, débutons ces hostilités en mode « Vintage British Horror » avec <em>Flagellations</em> (1974) de Peter Walker. L’histoire : jeune mannequin français vivant à Londres, Anne-Marie se laisse séduire par Mark, qui l’emmène chez ses parents, dans une vieille et grande maison de campagne. Elle comprend bien vite qu’elle n’est qu’une proie de plus, donnée en pâture à Mme Wakehurst, une ancienne directrice de prison pour femmes, et son mari, le juge Bailey. Sous prétexte de rédemption et de lutte contre la dépravation, ces deux pervers assouvissent en fait leur sadisme et leur perversité. <em>Flagellations</em> rappelle les grandes heures du sous-genre « Femmes en prison/femmes en cage » où un jeune homme de bonne famille joue les rabatteurs pour une vieille marâtre dont le hobby consiste à fouetter les jeunes filles de bonne famille jusqu’au sang. C’est très bon pour la circulation, me direz-vous. Si le film est un concentré de perversité, il nous amuse encore plus quand il se moque du modèle social et familial anglais. Le cinéma de genre n’est jamais aussi plaisant que lorsqu’il s’engage à se moquer des donneurs de leçons. <em>Flagellations</em> ne manque pas de cynisme !<br />
Dans <em>Mortelles confessions</em> (1976), Pete Walker s’attaque à l’église et cette outrecuidance lui vaudra pas mal d’ennuis ! Oser critiquer l’église ! Non mais… Pourtant, aujourd’hui, le synopsis paraît presque timide par rapport aux affaires et faits divers qui éclaboussent le clergé. Jenny Welch vit avec sa sœur Vanessa, et mène une vie amoureuse instable après qu’elle s’est fait quitter par son amant. Elle se met alors à fréquenter un vieil ami d’enfance, Bernard, devenu prêtre. Devant la faiblesse de la jeune femme, il l’invite à aller en confessions avec le père Meldrum, un prêtre acariâtre et frustré. Ce dernier va alors prendre pour mission divine de « purifier » Jenny et de préserver leur étrange relation. <em>Mortelles confessions</em> a le défaut de ses qualités. Son aprêté pourrait laisser certains sur le carreau mais son efficacité vaut bien que l’on s’y accroche. Le prêtre Meldrum vous rappellera sans doute le curé du documentaire produit par Netflix <em>The Keepers</em>. Et là, d’un coup, on se rend compte que la réalité à largement dépasser la pire des fictions. Voilà une sauvagerie recommandée qui elle, ne fera de mal à personne !<br />
Disponible en blu-ray chez Artus Films.</p>
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		<title>Le vintage, esthétique postmoderne</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Apr 2011 19:23:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amalia Casado</dc:creator>
				<category><![CDATA[Recadrages]]></category>
		<category><![CDATA[Brigitte Bardot]]></category>
		<category><![CDATA[Mad Men]]></category>
		<category><![CDATA[Sofia Coppola]]></category>
		<category><![CDATA[vintage]]></category>

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		<description><![CDATA[Les femmes ont de belles robes, les hommes de beaux costumes et de belles voitures, et les couples de belles maisons et de beaux enfants. Les femmes prennent le temps de plaire. Les hommes aiment...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4>Ou quand papi rencontre mamie</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/04/mad-men.jpg" alt="Mad Men, série avec Christina Hendricks" title="Mad Men, série avec Christina Hendricks" width="260" height="195" class="alignleft size-full wp-image-1610" />« Les femmes ont de belles robes, les hommes de beaux costumes et de belles voitures, et les couples de belles maisons et de beaux enfants. Les femmes prennent le temps de plaire. Les hommes aiment séduire et prennent le temps d&#8217;écrire des mots doux. Peut-être regrettons-nous parfois cette époque où les femmes et les hommes étaient bien différenciés. Aujourd&#8217;hui nous ne savons plus très bien où nous sommes, qui nous sommes, même si nous avons gagné notre liberté. <strong><em>Mad Men</em> surfe sur la nostalgie, le goût pour le vintage. On la regarde comme un vieil album de photos.</strong> » L&#8217;actrice Christina Hendricks commente le succès de la série dont elle est l&#8217;héroïne flamboyante, dans une interview au <em>Figaro Madame</em> de mars 2011. La série prend place dans le milieu publicitaire new-yorkais des années 1960 et suscite une véritable fascination. En fait, elle est déjà culte. « L&#8217;esthétique somptueusement vintage et ultra-glam de <em>Mad Men</em> a envahi les podiums et nos dressings », titre la page suivante du magazine, consacrée à une rencontre avec la styliste de la série, Janie Bryant. Oui, c&#8217;est indéniable, les années 1960 sont à la mode en 2011. Symptomatique ? Evidemment mon cher Watson. Mais de quoi ? <span id="more-1579"></span></p>
<p><iframe width="620" height="349" src="http://www.youtube.com/embed/LfuMhXcLa-Q?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>En dehors de la série <em>Mad Men</em>, de plus en plus de films sortis en salle ces derniers mois reprennent une esthétique « vintage ». Impossible d&#8217;y échapper. <strong><em>Potiche</em> de Ozon, <em>Belle Epine</em> de Zlotowski, <em>Somewhere</em> de Coppola et j&#8217;en passe.</strong> S&#8217;agit-il d&#8217;une vaine esthétique ou cette passion soudaine pour les années 1960-1970 est-elle le révélateur de notre époque ? Le vintage est bien un syndrome postmoderniste. Autrement dit, comment notre société contemporaine se vit, s’écrit, se dit, se rêve, se montre, se joue et se cherche ? Le cinéma sait.</p>
<p><iframe src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xdoki2" width="620" height="356" frameborder="0"></iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4>Le vintage ? Tellement tendance&#8230;</h4>
<p>Non, nous ne rêvons pas. L&#8217;égérie choisie par Lancel est&#8230; Brigitte Bardot, née en 1934. Pour vendre des sacs, on la voit toute jeune, marcher dans les champs, en jupe vichy&#8230; <strong>En ce début de décennie 2010, les années 1960 fascinent notre inconscient collectif et le mot &#8220;vintage&#8221; s&#8217;emploie à toutes les sauces.</strong> Même les baguettes se mangent à l&#8217;ancienne. Petit guide pratique du vintage, quésaco. </p>
<p>Que faut-il savoir sur ce mot mi branché, mi galvaudé, mi fourre-tout, mi anglais ? Le phénomène ne vient pas du cinéma (bien sûr) mais de la mode qui elle-même le tient de l&#8217;œnologie. D&#8217;origine anglaise, il qualifie pour les vins et spiritueux, un millésime ancien de référence. L&#8217;idée est qu&#8217;un bon produit, avec le temps&#8230; reste bon. Ses rides sont autant de failles qui nous permettent d&#8217;en atteindre l&#8217;essence. Par extension, il s&#8217;est ensuite appliqué à la mode. Les pionnières seraient Naomie Campbell et Kate Moss (on se souvient que quand on était petites, elles étaient meilleures amies). Les stars suivent et le mouvement se popularise, surtout après 2001. But : trouver des griffes pérennes, plus de vingt ans d&#8217;âge, de nouvelles références, nouveaux basiques.<br />
&nbsp;</p>
<h4>Une culture de la citation</h4>
<p>S&#8217;habiller vintage suppose un regard initié, une certaine culture. La tenue est le fruit d&#8217;un subtil mélange dont le but est de créer son propre style en piochant ça et là. Le vêtement ancien prend toute sa valeur du fait qu&#8217;il est associé à d&#8217;autres pièces, neuves. S&#8217;habiller tout en vieux, c&#8217;est juste&#8230; ringard/moche tandis que s&#8217;habiller tout en neuf n&#8217;a aucune saveur. Bien plus qu&#8217;un jeu d&#8217;apparence, il se caractérise par la notion de référence, de citation et d&#8217;agencement et valorise la mode en la prenant en objet d&#8217;étude. Ouvrir les placards de sa mamie prend tout son sens. <strong>Le vintage traduit l’idée de valeurs sûres, durables, permanentes, imperméables à la mode.</strong> </p>
<p>Ce « ça et là » évoqué à l&#8217;instant nous renvoie tout simplement à la modification de la structure des goûts culturels. On est passé d’une culture très hiérarchisée, stratifiée &#8211; décrite par Bourdieu à la fin des années 1970 dans <em>La Distinction</em> &#8211; à une culture de l’éclectisme dominant. Pour le dire autrement, les « dominants » ne sont plus ces « bourgeois » qui imposent les « grandes œuvres » comme seuls indices de la légitimité culturelle, mais plutôt ceux qui investissent l’ensemble des productions culturelles – y compris les séries TV, le rock, etc. &#8211; avec un sens de la distance et de la réappropriation qui leur confère une nouvelle position dominante. Ils s’intéressent à tout désormais mais avec une connaissance fine des codes que n’ont pas les catégories plus « populaires ». « L&#8217;esprit » vintage ressemble à un patchwork cousu de citations. La mode est érudition. On fait référence à tel défilé, telle année, tel créateur, etc. L&#8217;hétérogénéité est son essence.<br />
&nbsp;</p>
<h4>Toujours ce même retour sur soi, nourri de l&#8217;ouverture au monde (concept de narcissisme ouvert)</h4>
<p>Tous les goûts ont droit de cité, mais le fait de les afficher en goûts personnels – résultant implicitement d&#8217;un choix et donc d&#8217;une expertise &#8211; les transforment aussitôt en marqueur identitaire. Les goûts culturels font référence à soi par la manière agrégative. Il sera de bon ton, sur Facebook, d&#8217;afficher sur son « profil » quelques « pages (likées) » pour annoncer qui nous sommes. Nous agitons nos goûts tels des drapeaux, en privilégiant bien sûr un cumul du sérieux et du moins sérieux. En somme, le vintage dit qui l&#8217;on est via une appropriation d&#8217;objets qui traduisent la construction d&#8217;une projection identitaire. </p>
<p>Terme attrape-tout, il n&#8217;en demeure pas moins qu&#8217;il dégage quelques tendances : vive le vieux (inspire la confiance), valorisation de ce qui a duré, art de la citation et de la référence culturelle. Bref, le vintage, c&#8217;est le goût du souvenir. Ce goût est-il inhérent à chaque génération ou est-il particulièrement poussé chez nous ? Sofia Coppola donne à <em>Somewhere</em> un grain passé en choisissant des couleurs saturées et une bande-son qui alterne entre nostalgie et modernisme. Julien Doré invite Yvette Horner à siffloter de l&#8217;accordéon sur son nouvel album <em>Bichon</em>. </p>
<p>Chaque époque rêve-t-elle de retrouver un âge d&#8217;or ou notre goût pour le vintage, propre à la génération contemporaine, fonctionne-t-il comme un symptôme sociétal de la modernité avancée ? </p>
<p><iframe width="620" height="349" src="http://www.youtube.com/embed/fRPcTumLNp4?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4>Les années 1960 en question ou le fantasme des yéyés</h4>
<p>Trouble identitaire de 2011 ? Signe d&#8217;un mal d&#8217;esthétique ? D&#8217;un besoin de cadre et donc d&#8217;une aspiration à un retour en arrière pour comprendre là où ça a commencé à déraper parce que l&#8217;époque est trop compliquée, donc pénible ? Chaque époque nourrit ses fantasmes, en fait des images. Ce sont eux qui créent le mouvement et poussent les générations les unes derrière les autres. <strong>Pourquoi les années 1960 nous fascinent tant en 2011 ?</strong> Que représente cette décennie et quels sont les messages que nous en avons retenus ?<br />
&nbsp;</p>
<h4>Un héritage actif (et non commémoratif) </h4>
<p>Tiens, tiens&#8230; Les années 1960 ne seraient-elles pas sur le plan philosophique des années de « rupture » ?<br />
Rupture : nom féminin, terme à usage politique cherchant à signifier « changement », souvent associé à un trouble usage de la continuité. Les années 1960, c&#8217;est aussi le développement de la télévision (<em>Salut les copains</em> commence en 1961) comme art populaire et du cinéma comme art planétaire. Les années 1960, c&#8217;est aussi « l&#8217;autonomisation » de la jeunesse comme classe à part entière, le développement d’une culture jeune, la libération progressive de la sexualité, les Trente Glorieuses… Une époque dont les combats ont abouti à ce que nous sommes. </p>
<p><iframe width="620" height="349" src="http://www.youtube.com/embed/h-OggnGYzV8?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Sur le plan scientifique, la guerre froide pousse les ingénieurs à des prouesses en recherche et développement. Armstrong marche sur la Lune. Sur le plan imaginaire, la technologie assoit son omniprésence. La robotisation se généralise. On craint une destruction planétaire, le nucléaire a déjà laissé son empreinte dans les mémoires des corps japonais. La science menace l&#8217;homme dépassé, devenu tout petit devant sa créature. <strong>La création artistique traduit cette fascination pour un futur déshumanisé qui fait cohabiter l&#8217;homme et le robot dans des intérieurs acides et acidulés.</strong> <em>Docteur Folamour</em> sort en 1964. Les récits d&#8217;anticipation, les films futuristes, le tout début de la musique techno grâce à l&#8217;invention du synthétiseur (le moog) sont le produit de ce fantasme. La musique reflète bien cet enjeu de la liberté d&#8217;expression et son défi face à la science. La guerre froide va-t-elle tous nous tuer ? Ce sont les boucles que la musique concrète et notamment Pierre Schaeffer avaient initiées dès les années 1950. Une éthique de la race humaine qui devient voisine de la machine. </p>
<p>Il suffit de prendre le métro (haut lieu de la mise en images fantasmatique de notre époque) pour voir que le look Bardot est à la page. Vieille comme un clou, certes, mais culte. On veut toute la même coiffure. Les filles se font crêper la crinière, blondir les pointes, ébouriffer le sourcil, et les lunettes papillons sont de mise.<br />
&nbsp;</p>
<h4>Années 1960 <em>feat</em> 2011</h4>
<p>Notre époque est-elle hantée par le vide pour donner autant d&#8217;importance à l&#8217;objet ? Le vintage emplit une fonction imaginaire en donnant à cet objet son aura, touché par la grâce de la durée. <strong>Après l&#8217;ère dédiée à la consommation, le vintage invite à la récupération, à l&#8217;échange, au goût du détail et déplace le centre de gravité de l&#8217;acte de possession du point de vue de la quantité à celui de la qualité.</strong> Presque une caution de la société de consommation, il marque son apothéose sur les plans raisonnés et affectifs. C&#8217;est une tendance qui convoque l&#8217;histoire, les histoires et la mémoire en lui donnant une étincelle purement plastique. Le cinéma, en sismographe de notre époque, n&#8217;en est que le reflet.</p>
<p>Pour conclure, disons que la question du vintage renvoie à quatre questions sociétales contemporaines. D&#8217;une part, elle interroge la notion d&#8217;authenticité. Comment réintroduire aujourd&#8217;hui de la valeur éthique et axiologique dans un monde marqué par le cynisme du capitalisme avancé ? D&#8217;autre part, que sont devenus les dispositifs de confiance dans des mondes où les relations sont médiées ? « On achète ses instruments de musique sur Internet sans savoir <em>a priori</em> ce que ça vaut vraiment, sauf à faire confiance à des signaux informationnels, sites spécialisés, etc. De ce point de vue, le vintage rassure. La preuve, on vend des répliques de guitares Fender des années 1960 avec de fausses traces de rouille et de griffures », pointe Philippe Le Guern <a href="#ref">(1)</a>. Troisièmement, comment renouer avec le sens du collectif – c&#8217;est-à-dire de la communauté de désirs, de valeurs, de projets – dans un monde où l’individualisme expressif s’est généralisé, que les réseaux sociaux ne font qu&#8217;accentuer en déplaçant la notion d&#8217;échange ?</p>
<p>Mais surtout, le vintage réintroduit du récit dans notre monde frappé par l&#8217;épuisement des grands mythes historiques liés aux progrès techniques. <strong>Via l&#8217;objet, le vintage cristallise et déplie du sens et de la narration.</strong> « La guitare Fender vintage, c’est l’histoire du rock et le désir (évidemment dérisoire) de renouer avec un âge d’or (supposé) où le rock n’est pas encore un élément du capitalisme avancé », continue Philippe Le Guern. C&#8217;est surtout l&#8217;absence de grands récits qui conduit à une lecture ironique et parodique des codes, à une relecture des époques passées via un mélange savant mais superficiel des périodes et des genres. </p>
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(1) Philippe Le Guern est professeur à l&#8217;université d&#8217;Avignon où il enseigne la sociologie de la culture et en particulier des musiques actuelles.</p>
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