<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Grand Écart &#187; super-héros</title>
	<atom:link href="http://www.grand-ecart.fr/tag/super-heros/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.grand-ecart.fr</link>
	<description>Étirements cinéphiles</description>
	<lastBuildDate>Sat, 27 Sep 2025 21:12:17 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.5</generator>
		<item>
		<title>On l&#8217;appelle Jeeg Robot, de Gabriele Mainetti</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/cinema/on-appelle-jeeg-robot-gabriele-mainetti/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/cinema/on-appelle-jeeg-robot-gabriele-mainetti/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 28 Jan 2017 08:04:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[comédie]]></category>
		<category><![CDATA[festival]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[Italie]]></category>
		<category><![CDATA[super-héros]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=24722</guid>
		<description><![CDATA[Course-poursuite dans les ruelles de Rome. Un homme aux abois, traqué par la police, finit par se réfugier dans les eaux troubles du Tibre. Il en ressort soudain doté de pouvoirs surnaturels...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>De l’antihéros au super-héros</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/01/jeekrobot-affiche.jpg" alt="On l&#039;appelle Jeeg Robot, de Gabriele Mainetti" width="208" height="280" class="alignleft size-full wp-image-24725" />Course-poursuite dans les ruelles de Rome. Un homme aux abois, traqué par la police, finit par se réfugier dans les eaux troubles du Tibre. Il en ressort soudain doté de pouvoirs surnaturels après avoir été en contact avec une mystérieuse substance radioactive : force herculéenne et facultés de régénérations exceptionnelles. Cet homme, c’est Enzo (Claudio Santamaria), petite frappe solitaire et bedonnante des bas-fonds miséreux et crasseux de la Cité Eternelle, fricotant avec les hommes de main du « Gitan » (Luca Marinelli), capo maniaco-agressif de la mafia locale. Ces superpouvoirs, Enzo choisit d’abord de les mettre au service de ses malheureuses rapines… De quoi faire le plein de crèmes à la vanille dans son frigo et de films porno… Jusqu’à sa rencontre avec l’innocente et fragile Alessia (Ilenia Pastorelli) qui est la seule à voir en lui l’incarnation de Jeeg Robot, héros androïde tout droit sorti d’un manga japonais des années 1980, venu sur Terre pour sauver l’humanité…</p>
<p>Quelle surprise ! Quelle audace ! Et quel plaisir de voir la Botte italienne venir ainsi mettre un sérieux et heureux coup de pied dans la fourmilière industrieuse des films de super-héros ! L’entreprise s’avérait bien évidemment périlleuse tant le terrain se trouve investi par les puissantes franchises de la bannière étoilée. Aussi Gabriele Mainetti a-t-il choisi à raison d’en prendre le parfait contre-pied. Point de cape ni de combinaisons ajustées ou d’accessoires high-tech. Dans <em>On l&#8217;appelle Jeeg Robot</em>, on porte chemises (ouvertes, bien entendu), survêts et sweat à capuche. Point de manichéisme absolu non plus, chaque personnage révélant une certaine vulnérabilité. Chez Enzo : d’abord antihéros inadapté et misanthrope, ce n’est qu’au bout d’un douloureux parcours initiatique purificatoire que le super-criminel finira in extremis par prendre la mesure de son aura de super-héros et d’icône populaire. Et chez le méchant « Gitan » également : soumis à de violents accès de colère, il est obsédé par son besoin de reconnaissance (à travers les réseaux sociaux ou la télé-réalité) et sa peur de ne pas exister. <span id="more-24722"></span></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/01/jeekrobot-santamaria.jpg" alt="On l&#039;appelle Jeeg Robot, de Gabriele Mainetti" width="280" height="156" class="alignright size-full wp-image-24728" />Le film de super-héros, Gabriele Mainetti en respecte certes toute la rhétorique : naissance de l’être surhumain et prise de conscience de ses pouvoirs, rédemption et don de soi, sans oublier la petite touche de romance… Mais le cinéaste s’extirpe de la sophistication américaine pour lui préférer une veine totalement inédite, quelque part entre le réalisme social dur et violent d’un <em>Gomorra</em> et l’absurde et le baroque d’un <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/reality-matteo-garrone/"><em>Reality</em></a>. Un contraste de tonalité qui donne finalement au film cette teinte unique et géniale, à la fois drôle et mélancolique. Gabrielle Mainetti mystifie le genre pour l’emmener bien au-delà du pastiche ou de la parodie, sur les terres aussi inattendues que séduisantes de la fable urbaine. Et derrière la véritable dimension divertissante de son <em>Jeeg Robot</em>, le cinéaste de dérouler une étonnante vision d’auteur.</p>
<p>&nbsp;<br />
On l&#8217;appelle Jeeg Robot <em>de Gabriele Mainetti, avec Claudio Santamaria, Ilenia Pastorelli, Luca Marinelli, Stefano Ambrogi&#8230; Italie, 2015. Sortie le 12 avril 2017.</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/cinema/on-appelle-jeeg-robot-gabriele-mainetti/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Defender, de Rakesh Roshan</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/cinema/defender-krrish-3-hrithik-rakesh-roshan/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/cinema/defender-krrish-3-hrithik-rakesh-roshan/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 10 Jul 2014 13:34:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Pierre-Kaiser</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[action]]></category>
		<category><![CDATA[Inde]]></category>
		<category><![CDATA[super-héros]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=18801</guid>
		<description><![CDATA[En fait <em>Defender</em> s’appelle <em>Krrish 3</em> en VO. Il s’agit donc du troisième volet d’une franchise bien établie dans le paysage bollywoodien, fruit de la famille Roshan, véritable dynastie moderne du...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Krrish ?????</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/07/defender-rakesh-roshan.jpg" alt="Defender, de Rakesh Roshan" title="Defender, de Rakesh Roshan" width="193" height="280" class="alignleft size-full wp-image-18804" />En fait <em>Defender</em> s’appelle <em>Krrish 3</em> en VO. Il s’agit donc du troisième volet d’une franchise bien établie dans le paysage bollywoodien, fruit de la famille Roshan, véritable dynastie moderne du cinéma indien. </p>
<p><em>Ah bon ? C’est le 3 ? Mais je ne vais rien comprendre alors !</em></p>
<p>J’allais y venir, mais puisque ça vous inquiète : les deux précédents films sont résumés au début, il n’est pas nécessaire de les avoir vus.</p>
<p><em>Ok, mais quand même, ça fait bizarre, non ?</em></p>
<p>Si vous me laissiez le temps de… Bref, passé l’effet surprise, ces deux minutes de résumé rapide sont en fait une introduction assez réussie à l’univers déjanté et furieusement SF du film. Cela ajoute à la folie, si vous voulez. L’exotisme du film n’en est que renforcé, pour nous Occidentaux qui découvrons bouche bée l’exubérance bollywoodienne…</p>
<p><em>Ah oui, y a ça aussi ! Je parie que ça chante et danse tout le temps !</em></p>
<p>Il n’y a que quatre séquences de danse et chant et cette édition permet de regarder le film en deux versions : intégrale ou internationale (sans les fameuses scènes). Mais croyez-moi, il serait vraiment dommage de sauter ces moments ô combien décalés (une des chansons se déroule dans la cité de Pietra en Jordanie, alors que le film se déroule à Mumbai…), ils sont le cœur du cinéma indien grand public, là où s’exprime toute la candeur et l’enthousiasme qui parcourt ce film complètement débridé.<br />
Bon, où en étais-je… Donc, chez les Roshan, le cinéma se transmet de génération en génération et Hrithik Roshan, acteur principal du film est actuellement une des plus grandes stars de son pays…</p>
<p><em>Ils jouent mal, non ?</em></p>
<p>Comment ? <span id="more-18801"></span></p>
<p><em>Ben, les acteurs indiens, c’est un peu cul-cul leur jeu… Ils en font des tonnes en plus.</em></p>
<p>Et c’est vrai que le jeu d’acteur dans les <em>Transformers</em> est d’une rare délicatesse. </p>
<p><em>Ce n’est pas pareil, c’est un blockbuster fait pour s’éclater.</em></p>
<p>Oui, et bien là, c’est pareil !<br />
Certes, personne ne fait ans la dentelle et si le méchant pouvait s’exprimer uniquement par grognements sournois il le ferait, mais c’est ainsi, c’est un blockbuster destiné à un large public, censé fournir 2h30 de divertissement pur et dur sans prise de tête ! Et pour en revenir à Hrithik Roshan, il interprète deux rôles dans le film (trois en fait…) jouant père et fils à la fois ! Un double rôle qu’il maîtrise parfaitement et dont il se sort vraiment avec tous les honneurs !</p>
<p><em>Ah oui&#8230; Donc en fait, c’est comme tous les autres blockbusters de super-héros américains ? Un gentil, un méchant, des combats, des effets spéciaux…</em></p>
<p>Oui, et alors ! Avec en plus la touche indienne qui consiste à ne rien se refuser en matière d’excès ! Les scènes d’action sont épiques, les dialogues basiques mais charmants, bref, on est dépaysés mais aussi en terrain connu, un mélange parfait. S&#8217;il ne fallait qu’une scène pour s’en convaincre : la scène des boules de glaces. </p>
<p><em>What the fuck ?</em></p>
<p>Eh oui, dit comme ça, c’est bizarre ! Mais le principe est simple : la moindre scène est prétexte à une surdramatisation. Ce qui peut être fatigant devient délicieusement ridicule et atteint parfois des niveaux de <a href="http://www.grand-ecart.fr/categorie/film-wtf-what-the-fuck/" target="_blank">WTF</a> stratosphériques.<br />
Notre couple décide de s’offrir une glace en cornet. Normal. Sauf qu’un des mutants créé par le méchant (dont le superpouvoir est d’avoir une superlangue) décide de chiper les boules que le marchand présente à ses clients. Quiproquo, confusion, étonnement, jusqu’à ce que le héros comprenne ce qui se trame et se mette à pourchasser le mutant. S’ensuit une course-poursuite effrénée à travers la ville.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/07/defender-hrithik-roshan-1.jpg" alt="Hrithik Roshan dans Defender" title="Hrithik Roshan dans Defender" width="280" height="187" class="alignright size-full wp-image-18808" /><em>WHAT THE FUCK ???</em></p>
<p>Exact. A lire, c’est étrange, à voir c’est complètement jouissif. Cinéma burlesque, cinéma d&#8217;action et romance sont croisées avec le gros film d’action, tout cela sans gêne et sans limites&#8230; Alors oui, le montage est parfois assez douloureux, notamment dans les transitions, où ils ont utilisé une truelle au lieu d’un logiciel AVID, mais bon, ça ne gâche pas non plus la fête.</p>
<p><em>En fait, vous aimez l’Inde après y avoir été et ce film vous rend nostalgique. C’est tout.</em></p>
<p>D‘abord ma vie privée ne vous regarde pas. Et ensuite, même si cela était vrai, cela n’enlève rien au charme objectif du film ! Au lieu de voir et revoir les mêmes schémas narratifs dans le cinéma américain ou européen, pourquoi ne pas les voir revus et corrigés par une autre sensibilité ? Oui, ce sont les mêmes clichés, mais traités différemment et poussés à l’extrême. Cela en devient absurde, touchant, étrange…</p>
<p><em>Ok, mais ça reste long !</em></p>
<p><em>Transformers 4</em> dure 2h45. <em>Defender</em> dure 2h30, chansons incluses.</p>
<p><em>Ah oui… Et pourquoi ça ne sort qu’en DVD ? C’est pas bon signe ça !</em></p>
<p>Parce que la brève période durant laquelle des films indiens grand public sortaient au cinéma dans l’Hexagone est terminée (pour l’instant)&#8230; <em>Lagaan</em>, <em>Devdas</em> y avaient eu droit&#8230; [Soupir de nostalgie]. On voit parfois des films plus intimistes, tels <em>The Lunchbox</em> ou <em>Siddharth</em> prochainement… Bref… Alors, les Roshan… Allô ? Y a quelqu’un ?</p>
<p><em>…</em></p>
<p>[Au loin, on entend le générique de <em>Defender</em>.<br />
L’auteur esquisse un léger sourire.]</p>
<p>C’est toujours ça que Michael Bay n’aura pas !</p>
<p>&nbsp;<br />
Defender<em> (Krrish 3) de Rakesh Roshan, avec Hrithik Roshan, Priyanka Chopra, Kangana Ranaut&#8230; Inde, 2013. Sortie DVD le 7 juillet 2014.</em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/3303sx/zone/2/"></script></center></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/cinema/defender-krrish-3-hrithik-rakesh-roshan/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>X-Men : Days of Future Past, de Bryan Singer</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/cinema/x-men-days-of-future-past-bryan-singer-omar-sy/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/cinema/x-men-days-of-future-past-bryan-singer-omar-sy/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 18 May 2014 22:01:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Pierre-Kaiser</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[action]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[super-héros]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=17860</guid>
		<description><![CDATA[Peut-on changer le passé ? Et de ce fait, le présent, l’avenir ? Une action précise peut-elle, si elle est empêchée, produire un avenir différent, meilleur, de préférence ? Ces...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/x-men-days-of-future-past-bryan-singer-1.jpg" alt="X-Men : Days of Future Past, de Bryan Singer" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-17866" />Peut-on changer le passé ? Et de ce fait, le présent, l’avenir ? Une action précise peut-elle, si elle est empêchée, produire un avenir différent, meilleur, de préférence ?</p>
<p>Ces questions sont à la base de quasiment tous les films qui traitent du voyage temporel. De la trilogie <em>Retour vers le futur</em> à <em>Looper</em>, en passant par <em>La Jetée</em> de Chris Marker, le cinéma se fascine régulièrement pour ces récits complexes et riches en rebondissements : les conséquences n’étant jamais celles qu’on prévoyait… La beauté et la force de <em>X-Men : Days of Future Past</em> n’est donc pas (uniquement) dans ce procédé narratif devenu très commun. Ce qui fait du film de Bryan Singer une œuvre à part, un des sommets du genre « film de super-héros » c’est la manière dont ce schéma narratif va enrichir, approfondir et redéfinir une franchise qui n’était pas dénuée de bons films (<em>X-Men 2</em> et <em>Le Commencement</em>) mais qui semblait manquer de cohérence.</p>
<p>Car s&#8217;il faut saluer une chose avant tout dans ce volet des <em>X-Men</em> c’est l’audace scénaristique, le geste même d’écrire semble reprendre toute ses lettres de noblesses. Les films de super-héros n’ont pas souvent brillé par leur scénario, mais il se trame quelque chose dans ce monde codifié, une nouvelle forme d’écriture est à l’œuvre, se cherche, expérimente et accouche aujourd’hui de deux projets absolument dignes d’intérêt. </p>
<p>Tout d&#8217;abord, il y a cet univers Marvel, prévu sur plusieurs années et qui épouse maintenant même la télévision avec la série Marvel <em>Agents Of Shield</em>. Comme toutes les séries de Joss Whedon elle a plutôt mal commencé pour finir en beauté et créer un dialogue inédit entre cinéma et télévision. On pense ce que l’on veut de films Marvel, mais l’effort d’écriture est là. Et l’ampleur du projet est fascinante. Individuellement, les films sont hautement inégaux mais l’ensemble est remarquable. <span id="more-17860"></span></p>
<p>La saga <em>X-Men</em> semblait aller de film en film, tentant des <em>stand-alone</em> parfois désastreux (<em>X-Men : Origins</em>) mais sa cote de sympathie était intacte, surtout après le superbe <em>Le Commencement</em>. Ce nouveau volet en est la suite directe, il vaut d’ailleurs mieux l’avoir bien en mémoire, car il y a certes des rappels, mais l’impact émotionnel du film provient des événements qui ont germé dans <em>Le Commencement</em>. </p>
<p>Au début de ce nouvel épisode, les X-Men sont acculés, les Sentinelles, des robots ultraperfectionnés qui s’adaptent aux pouvoirs des mutants, les pourchassent et les menacent d’extinction. La seule solution pour en finir avec cette guerre qui tue aussi des humains ? Retourner dans le passé et empêcher la fabrication des Sentinelles.</p>
<p>La scène d’ouverture est une merveille, une des plus belles scènes d’action jamais vues dans un <em>X-Men</em>. Le désespoir des mutants est palpable et voir Charles Xavier et Erik faire cause commune est preuve de la situation terrible dans laquelle ils se trouvent. C’est donc Wolverine qui va se retrouver dans les années 1970 pour essayer de modifier le cours des événements.</p>
<p>En dehors des multiples clins d’œil et références qui réjouiront les fans et aficionados des comics, le film parvient à maintenir un miraculeux équilibre entre des moments franchement drôles et des scènes très graves (quelques dialogues un peu lourds, il faut le concevoir, mais rien de grave…). A cet égard la plus époustouflante scène du film, celle qui devrait récolter les applaudissements de la part du public est à la fois comique, profonde et surréaliste : l’évasion de Magneto de sa prison hautement sécurisée et notamment le tour de force d’un nouveau venu, Quicksilver, un jeune homme qui se déplace à une vitesse prodigieuse. Techniquement parfaite, la scène résume très bien la réussite entière du film : proposer un spectacle aux effets spéciaux étonnants tout en donnant chair et âme à des personnages en plein conflit.</p>
<p><em>DOFP</em> (en abrégé) est un spectacle intelligent basé sur les relations interpersonnelles : rancœur, désamour, haine sont le moteur de ce récit, plus qu’un quelconque McGuffin abstrait et impossible à investir émotionnellement.</p>
<p>Pour en revenir à l’écriture : ce qui fait de <em>DOFP</em> un grand film, c’est qu’il est tributaire des évolutions en matière d’écriture et notamment la montée en puissance des séries et de leur modèle de narration. Ce volet des <em>X-Men</em> puise ainsi sa force dans le fait qu’il n’ignore pas les autres films, mais intègre tout ce passé, et de ce fait, crée un lien très fort avec son audience. Au lieu de s’attarder sur des références méta (à la manière de <em>Scream</em>), <em>DOFP</em> intègre toute la mythologie cinématographique <em>X-Men</em> pour conclure de la plus belle manière : la promesse de plus, l’envie en tant que spectateur que l’écran ne s’assombrisse pas pour que l’on puisse découvrir immédiatement la suite des événements.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/05/affiche-x-men.jpg" alt="X-Men : Days of Future Past, de Bryan Singer" width="190" height="280" class="alignleft size-full wp-image-17861" />Cette écriture sur le long terme (dérivée naturellement des séries) paye énormément pour <em>DOFP</em>. Il y aurait pleins d’autres choses à saluer dans ce film superbement bien monté et très bien réalisé : la qualité du jeu d’acteur, les effets spéciaux, les Sentinelles qui sont de redoutable méchants, absolument terrifiants… Et cette incroyable peur de la mort, de la Fin, qui est présente en filigrane tout le long du métrage, cette angoisse que tout puisse soudainement s’arrêter et qu’aucun pouvoir, ni humain, ni mutant n’y puisse rien faire… </p>
<p>Alors, peut-on changer l’avenir en modifiant le passé ? La réponse du film est simplement que tout est écriture. Les <em>X-Men</em> écrivent leur propre histoire à la force de leurs pouvoirs et dans ce volet ils vont jusqu’à refaire l’Histoire. Car de tous les superpouvoirs, celui d’inventer des histoires, de les réaliser est le plus important, le plus mystérieux et le plus puissant. <em>X-Men : Days of Future Past</em> est une ode à l’écriture, à la force indomptable de l’imaginaire. Ambitieux, épique et intelligent, le film est une réussite totale, un des plus intéressants et plus enthousiasmants films de 2014. </p>
<p>&nbsp;<br />
X-Men : Days of Future Past <em>de Bryan Singer, avec Hugh Jackman, James McAvoy, Michael Fassbender, Jennifer Lawrence, Omar Sy&#8230; Etats-Unis, 2014. Sortie le 21 mai 2014.</em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/xfp08f/zone/2/autoplay/no/"></script></center></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/cinema/x-men-days-of-future-past-bryan-singer-omar-sy/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Plateau télé : semaine du 23 juin</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/programme-tv/plateau-tele-semaine-23-juin-2013/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/programme-tv/plateau-tele-semaine-23-juin-2013/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 23 Jun 2013 18:58:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Programme Télé]]></category>
		<category><![CDATA[apocalypse]]></category>
		<category><![CDATA[super-héros]]></category>
		<category><![CDATA[télévision]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=13982</guid>
		<description><![CDATA[Cette semaine on est mal-pensant. C'est l'été, enfin il paraît, et bientôt les vacances, et on se lâche. Rebondissant sur l'actualité, on escroque en bande organisée, mais dans la bonne humeur...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/06/oceans-twelve-soderbergh.jpg" alt="Ocean&#039;s Twelve, de Steven Soderbergh" width="280" height="128" class="alignleft size-full wp-image-13987" />Cette semaine on est mal-pensant. C&#8217;est l&#8217;été, enfin il paraît, et bientôt les vacances, et on se lâche. Rebondissant sur l&#8217;actualité, on escroque en bande organisée, mais dans la bonne humeur (et sans mise en examen). On retrouve la naïveté adolescente et on se prend pour des super-héros. On fait des pieds et des mains pour retrouver sa dulcinée avant la fin du monde. Bref, on chôme pas.<br />
&nbsp;</p>
<h4><em>Ocean&#8217;s Twelve</em>, de Steven Soderbergh – dimanche, 20h50 – TF1</h4>
<p>Comme c&#8217;est le cas pour beaucoup de suites, il est d&#8217;usage de conspuer <em>Ocean&#8217;s Twelve</em>. <em>Rotten Tomatoes</em> ne le cote qu&#8217;à 55 %, contre 82 % pour <em>Ocean&#8217;s Eleven</em>, c&#8217;est dire. Eh bien, pas de ça chez nous. Parce que cette suite respire la bonne humeur. Celle d&#8217;une bande de potes, contents de se retrouver, et de faire un petit film qui ne paie pas de mine. Oui, le scénario est un prétexte à tiroirs, et oui, tout le monde cabotine un peu. Mais chacun joue avec son image – divine apparition de Julia Roberts –, et se marre franchement. Du coup, si nous aussi, on aime bien ces gens (au choix : la classe de George Clooney, l&#8217;arrogance de Brad Pitt, la loose de Matt Damon, et/ou la capoeira de Vincent Cassel), qu&#8217;on n&#8217;est pas trop exigeant sur la profondeur psychologique et la complexité des personnages, c&#8217;est communicatif. Et c&#8217;est déjà pas mal. <span id="more-13982"></span><br />
&nbsp;</p>
<h4><em>Kick-Ass</em>, de Matthew Vaughn – lundi, 20h50 – W9</h4>
<p>Tant qu&#8217;on est dans le ridicule assumé, avouons notre tendresse pour les super-héros ratés et les teen-movies. <em>Kick-Ass</em> est donc la synthèse parfaite. C&#8217;est la revanche des geeks, ces éléments de décor des films qui ne s&#8217;intéressent qu&#8217;à la pom-pom girl et au joueur de foot. Des super-héros sans super-pouvoirs, comme Batman, mais sans les moyens de Bruce Wayne. Des gamins qui pensent qu&#8217;en étudiant suffisamment les comics, ils sauront se débrouiller pour botter le cul des gros méchants. En combi de plongée. C&#8217;est drôle et ridicule, ultraréférencé et irresponsable (<em>« sans pouvoir, pas de responsabilité »</em>, disent-ils, en clin d&#8217;œil à <em>Spider-Man</em>), violent et mal-pensant. Bref, ça donne envie de voir la suite, en salle cet été.<br />
&nbsp;</p>
<h4><em>Les Derniers Jours du monde</em>, des frères Larrieu – mercredi, 1h – France 2</h4>
<p>France 2 a une idée de programmation géniale. Proposer à ceux qui sont devant leur télé entre 1h et 3h du matin, donc les insomniaques, un film hautement anxiogène. Histoire qu&#8217;ils dorment bien. Un film apocalyptique réaliste. Ca commence par des petites choses, des coquillages qui ne sont plus consommables, de l&#8217;eau marron au robinet, une pluie de cendres. Tout cela semble intériorisé comme étant l&#8217;ordre normal des choses désormais. On pense alors à tous ces dérèglements qui semblent aujourd&#8217;hui normaux, qu&#8217;on est en juin et qu&#8217;on n&#8217;a encore pas eu deux semaines consécutives de beau temps. Rapidement, le film passe à l&#8217;hystérie collective et à une quête personnelle, propres à tous les délires, parfois totalement abscons, parfois plutôt pertinents. Le tout porté par l&#8217;exubérance de Mathieu Amalric, Sergi Lopez ou encore Karin Viard. Une chose est sûre, la vision finale d&#8217;un Paris déserté et plongé dans le noir, et ce sentiment d&#8217;une apocalypse proche assez tenace n&#8217;est pas du genre à faire retrouver le sommeil.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/programme-tv/plateau-tele-semaine-23-juin-2013/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>#49 : Aimer les animaux avec Howard</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/cinema/fond-de-placard/howard-the-duck-nouvelle-race-heros-george-lucas-canard/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/cinema/fond-de-placard/howard-the-duck-nouvelle-race-heros-george-lucas-canard/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 28 Jan 2013 04:10:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grand Écart</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fond de Placard]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[super-héros]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=11058</guid>
		<description><![CDATA[Bande-annonce de Howard&#8230; une nouvelle race de héros (Howard the Duck), film américain réalisé par Willard Huyck en 1986. Une production George Lucas, qui avait besoin d&#8217;argent pour payer son...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Bande-annonce de <em>Howard&#8230; une nouvelle race de héros</em> (<em>Howard the Duck</em>), film américain réalisé par Willard Huyck en 1986. Une production George Lucas, qui avait besoin d&#8217;argent pour payer son divorce, et qui n&#8217;en a pas gagné.</p>
<p><center><iframe frameborder="0" width="560" height="360" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/x2pr67?logo=0&#038;hideInfos=1"></iframe></center></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/cinema/fond-de-placard/howard-the-duck-nouvelle-race-heros-george-lucas-canard/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>The Avengers, de Joss Whedon</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/cinema/avengers-joss-whedon/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/cinema/avengers-joss-whedon/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 05 May 2012 16:19:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Clément Arbrun</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[super-héros]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=6309</guid>
		<description><![CDATA[Des années d’attente, quelques films en guise de teasing (les <em>Hulk</em>, <em>Iron Man</em>, <em>Thor</em>...), et, au final, une déception pour beaucoup : le produit-somme de tout un imaginaire Marvel, l’addition pop de figures...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Just for fun</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/avengers-thor-captain-america.jpg" alt="Thor et Captain America dans The Avengers" title="Thor et Captain America dans The Avengers" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-6360" />Des années d’attente, quelques films en guise de teasing (les <em>Hulk</em>, <em>Iron Man</em>, <em>Thor</em>&#8230;), et, au final, une déception pour beaucoup : le produit-somme de tout un imaginaire Marvel, l’addition pop de figures terriblement iconiques au sein d’une société ayant adopté depuis longtemps la puissance significative des super-héros, tout cela ne donnerait vie qu’à une pure gaudriole en costumes ? La vérité est ailleurs : certes, <em>The Avengers</em> n’est pas baigné de la noirceur Frank Miller-esque des aventures de l’Homme chauve-souris façon Christopher Nolan, et n&#8217;atteint pas les cimes formelles et narratives des tours de force de Sam Raimi (la trilogie <em>Spider-Man</em>, équivalent de la trilogie <em>Evil Dead</em> en termes de <em>superhero movie</em>)&#8230; Mais, plutôt que de s&#8217;appuyer sur la mythologie proprement dite ou sur les émois et la psychologie des hommes en collants, Joss Whedon décide d&#8217;user d&#8217;un ingrédient qui lui est familier : le fun.<span id="more-6309"></span><br />
D&#8217;où la critique d&#8217;un public qui voit en <em>The Avengers</em> une sitcom géante gavée de millions, au service de l’unique « vannage », une masse d’argent dépensée au service d&#8217;un <em>Friends</em> à effets spéciaux. Whedon fait effectivement ressentir à travers tout son film qu&#8217;il vient de l&#8217;école cathodique. Si cet apprentissage l&#8217;a voué à une technique qui semble statique, dénuée de personnalité, aboutissant à une rythmique maladroite (comment dynamiser la mise en scène, le montage, si le problème vient du rythme ?), cela l&#8217;a aussi conforté dans son envie de faire, justement, du divertissement façon <em>serial</em>, d&#8217;où les réjouissances proposées par ce combo de la mort qui tue&#8230;</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/loki-avengers.jpg" alt="Le supervilain Loki dans The Avengers" title="Le supervilain Loki dans The Avengers" width="280" height="187" class="alignright size-full wp-image-6362" />Dès le début le ton est donné, puisque Whedon semble représenter son supervilain de fête foraine (Loki, frère de Thor) comme un affreux sorti de la série <em>Angel</em>, logique auteuriste s&#8217;il en est puisque même les combats entre la Veuve Noire (incarnée par Scarlett Johansson) et ses adversaires&#8230; vont pencher du côté de <em>Buffy</em> ! Intéressant d&#8217;y découvrir un cinéaste dont les idées sont une sorte de mélange entre le ridicule et la crédibilité. Ce qui a certainement contribué à l&#8217;échec d&#8217;une des séries de Whedon : <em>Firefly</em> (balayée au bout d&#8217;une saison !). En termes plus clairs, disons-le tout net : Whedon ne traîne jamais dans la fange ses héros mais impose vite la vision un brin potache qu&#8217;il a d&#8217;eux, ou plutôt, la manière potache dont il les fait interagir, les uns envers les autres&#8230; Le but est de peindre un univers auquel le cinéaste, comme le spectateur, puisse croire, aussi farfelu soit-il, mais sans pour autant que le Whedon en chef ne se prive d&#8217;user de dérision et de gags manquant à peine de dédramatiser toute séquence « bigger and louder ». Imaginez un petit peu : une gigantesque séquence d&#8217;action, haletante, impressionnante&#8230; qui se termine sur un gag façon « cour de récré », nul pour les uns, réjouissant pour les autres&#8230; Avouez que cela à de quoi troubler (mais les fans de <em>La Tour Montparnasse infernale</em> apprécieront, et je fais ici un monologue…) ! Concevoir une tournure de ces mythes façon <em>kids</em>, tout en croyant durablement à la force de ces personnages, qui sont plus que des pantins, malgré les taquineries très « gamines », récurrentes… L’acte n’est pas des plus simples.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/hulk-avengers.jpg" alt="Hulk aka Bruce Banner dans The Avengers" title="Hulk aka Bruce Banner dans The Avengers" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-6361" />Or, là est le défi. Le défi, c&#8217;est de jouer sur le cynisme sans que ce cynisme écrabouille toute la crédibilité, toute l&#8217;utilité d&#8217;une scène, de faire du clin d’œil sans tout démolir à coups de bulldozer. Cette manie du clin d’œil complice, Joe Dante l&#8217;a comme anticipé depuis un bail, avec son transgressif et incroyablement audacieux <em>Gremlins 2</em> (1990), suite kamikaze et virulente qui n&#8217;a pas manqué de faire hurler (tel fut le cas du producteur : Steven Spielberg !) comme de faire jouir ceux qui voyaient là un cinéma du futur, excessivement basé sur le « méta-textuel ». La règle, dans <em>Gremlins 2</em> (un coup de poing militant et fédérateur qui annonce les films de Tarantino comme de Kevin Smith), c&#8217;est de rappeler au spectateur que tout cela n&#8217;est qu&#8217;un film. En vrai enfant des années 1990, Whedon s&#8217;en souvient ; ainsi fait-il rire par quelques piques bien placées : le duel Loki/Thor est désigné comme une « Shakespeare Parade », le costume de Captain America est raillé, le but des héros, en toute simplicité, consiste, texto, à « sauver l’humanité », et, petit détail rigolo dans un film toujours sur la corde raide, alors que toute une ville est dévastée, que les routes sont en morceaux, et que le combat se fait rude, Bruce Banner se ramène subitement et très tranquillement, on ne sait comment… en moto ! </p>
<p>S&#8217;il y a de l&#8217;ironie (principalement par le biais du personnage de Tony Stark), elle est dosée de manière à ne pas sortir le spectateur du plaisir de l&#8217;<em>entertainment</em>. L&#8217;<em>entertainment</em> est placé sous la maxime du « <em>just for fun</em> » : plus de vannes, plus d&#8217;action, toujours plus. Ce mot d’ordre du <em>just for fun</em> consiste par exemple à utiliser Hulk non pas comme le penseur torturé des précédents opus (qui suis-je ? pourquoi ? Dans quel état j’erre ? Où ai-je rangé mon recueil de Socrate ?) mais comme un bousilleur maousse (« Défonce tout ! » lui conseille-t-on…). </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/avengers-veuve-noire-captain-america.jpg" alt="Trois des Avengers" title="Trois des Avengers" width="280" height="175" class="alignright size-full wp-image-6364" />Pour résumer la particularité d&#8217;un « petit » blockbuster si sympatoche, il suffit d&#8217;analyser son climax fou-fou-fou. Whedon déploie la grosse artillerie, et, tel un Sam Raimi se bousillant les fusibles avec <em>Spider-Man 3</em>, balance de la bastonnade d&#8217;anthologie. En une séquence fluide où chaque super-héros explose de sombres créatures venues d&#8217;ailleurs, la caméra balaie en un instant chaque personnage, dans un même mouvement de symbiose parfaite de groupe, une scène aussi destructrice que jubilatoire, tant elle exploite son principe-titre (les <em>Avengers</em>, tous ensemble, unis pour combattre le mal) comme le faisait, par exemple, Brad Bird et son fabuleux <em>Les Indestructibles</em>. Une séquence où l&#8217;humour se mêle à l&#8217;illustration de semi-dieux en plein ouvrage : pour le coup, le cynisme, donc, ne conduit pas à une parodie façon <em>superhero movie</em>, mais à une œuvre de dérision SUR les super-héros. Par exemple, si l’argument des « cartes Panini » peut sembler cynique (Captain America regarde des cartes à son effigie pour retrouver la foi), elle contribue pourtant à montrer ce que le super-héros représente au sein du public (ce n’est pas si cynique puisque cela permet à un super-héros de se rendre compte de son importance, la preuve que Whedon aime ce personnage).</p>
<p>Un drôle de film, donc, semblant « <em>in progress</em> » par ses inégalités, comme si le réalisateur concevait ici une énième série déclinée sur 2h20, une « version longue » faite initialement pour être séparée en plusieurs parties, pour que le tout soit progressivement enrichi, pour que les fulgurances soient fortifiées au fil des épisodes, que certains personnages bénéficient de plus de place, que d’autres enjeux se dévoilent. Cet aspect télévisuel est explicite, par le format 4/3 utilisé, et par cette impression d’assister à un florilège de petits instants drôles que Whedon semble vouloir prolonger « au cours des saisons » (ces chamailleries entre les justiciers se vannant comme des lycéens), chose impossible puisque les limites du long-métrage l’obligent à négliger les fioritures qui sont pourtant les instants les plus agréables du film (le fun, l’humour…). </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/iron-man-avengers.jpg" alt="Iron Man aka Tony Stark dans The Avengers" title="Iron Man aka Tony Stark dans The Avengers" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-6366" />Bref, si vous aimez afficher fièrement votre cape de super-gros-mangeur-de-pop-corn, si vous trouvez que <em>Batman et Robin</em> est un hénaurrrme moment de comédie, sans déc’, si vous rigolez à l’idée d’un <em>bad guy</em> qui ressemble moins au Docteur Octopus qu’à Butters version superméchant de l’apocalypse (<em>South Park</em>) dans ses attitudes de vilain immature, ou si vous voulez seulement passer un bon moment en donnant sa chance à Whedon, petit fanboy pas si naze que la légende le laisse entendre, vous savez ce qu’il vous reste à faire. <em>The Avengers</em> c’est le mystère de la subjectivité de l’humour. Si voir Thor combattre comme un catcheur ne vous fait rien, si le combat Hulk/Loki ne titille pas votre fibre de spectateur « bon public », tant pis pour vous… Mais tout fan de <em>Bad Boys 2</em> ne peut qu’aimer ces belles destructions de pâtés de maisons qui sont la marque de toute bonne œuvre citoyenne. Or, Whedon est un honnête citoyen. <em>The Avengers</em>, c’est donc du cinéma de bon goût.<br />
<em>«Mais nous n’avons pas les mêmes valeurs… »</em></p>
<p>&nbsp;<br />
The Avengers<em> de Joss Whedon, avec Robert Downey Jr, Chris Evans, Mark Ruffalo, Chris Hemsworth, Scarlett Johansson, Jeremy Renner, Tom Hiddleston, Stellan Skarsgard, Samuel L. Jackson&#8230; Etats-Unis, 2012. Sortie le 25 avril 2012.</em></p>
<p><center><iframe frameborder="0" width="560" height="315" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xp4zl3?hideInfos=1"></iframe></center></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/cinema/avengers-joss-whedon/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Chronicle, de Josh Trank</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/cinema/chronicle-josh-trank/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/cinema/chronicle-josh-trank/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 28 Feb 2012 15:47:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[adolescence]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[super-héros]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=5367</guid>
		<description><![CDATA[<em>Chronicle</em>, c'est l'histoire de trois ados, Andrew, Matt et Steve, qui, après avoir été en contact avec une mystérieuse substance, se mettent à développer d'étranges pouvoirs de télékinésie...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/02/chronicle-alex-russell.jpg" alt="Alex Russell, Michael B. Jordan et Dane DeHaan dans Chronicle" title="Alex Russell, Michael B. Jordan et Dane DeHaan dans Chronicle" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-5369" /><em>Chronicle</em>, c&#8217;est l&#8217;histoire de trois ados, Andrew (Dane DeHaan), Matt (Alex Russell) et Steve (Michael B. Jordan), qui, après avoir été en contact avec une mystérieuse substance, se mettent à développer d&#8217;étranges pouvoirs de télékinésie. Mais ici, pas question de répondre au vieil adage de l&#8217;oncle Ben : <em>&#8220;A grand pouvoir, grandes responsabilités.&#8221;</em> Pas de devoir moral poussant nos nouveaux héros à débarrasser la ville d&#8217;un dangereux Bouffon vert, encore moins à sauver le monde. La raison n&#8217;a pas sa place ici. Lorsqu&#8217;on a 17 ans et des superpouvoirs, eh bien on fait mumuse avec. A cet âge ingrat où tout se juge à l&#8217;aune de l&#8217;apparence, on en profite pour booster une popularité en berne ou pour épater les filles. Et surtout, on n&#8217;en parle à personne. <span id="more-5367"></span>Parce que bouger des voitures à la seule force de l&#8217;esprit, défier les lois de la gravité pour aller taper un foot à 2000 pieds d&#8217;altitude, c&#8217;est cool mais ça pourrait faire peur. Et dans <em>Chronicle</em>, les écoles spécialisées du professeur Charles Xavier où l&#8217;on apprend à maîtriser ses pouvoirs et à s&#8217;accepter soi-même n&#8217;existent pas encore. Andrew, Matt et Steve sont donc seuls pour faire face à leur différence et en découvrir toute l&#8217;étendue. Pour unique témoin de ce drôle d&#8217;apprentissage, il y a cette caméra qu&#8217;Andrew apporte toujours avec lui et avec laquelle il décide de filmer leurs exploits. <em>Chronicle</em>, c&#8217;est donc ce journal intime filmé en caméra HD aux allures de <em>teen-movie</em>. Une sorte de récit initiatique à travers lequel chacun des trois ados se révèlera, trouvant dans leurs dons surnaturels le moyen d&#8217;exorciser, au mieux, leur manque d&#8217;assurance, au pire, leur volonté de toute-puissance, leurs colères et leurs désirs de vengeance. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/02/chronicle-josh-trank.jpg" alt="Chronicle, de Josh Trank" title="Chronicle, de Josh Trank" width="190" height="280" class="alignright size-full wp-image-5371" />Il est jeune, certes, mais il est déjà très malin le Josh Trank. En inscrivant <em>Chronicle</em> dans la double lignée d&#8217;une mythologie super-héroïque désacralisée (<em>Heroes</em> mais aussi et surtout l&#8217;excellente série britannique  <em>Misfits</em>) et des <em>found footage</em>, ces &#8220;documenteurs&#8221; où l&#8217;action est révélée à travers de prétendues caméras amateurs (<em>Le Projet Blair Witch</em>, <em>Cloverfield</em> ou encore <em>Rec</em>), ce jeune réalisateur de 26 ans, épaulé au scénario par un certain Max Landis (fils de John), signe un premier long-métrage imprégné de toutes les bonnes petites tendances du moment. Opportuniste ? Oui, sans doute un peu. Son utilisation de la caméra subjective est en général plutôt réussie et ingénieuse. Dans une séquence finale absolument dantesque (qui rappelle la furie apocalyptique d&#8217;<em>Akira</em> dont le cinéaste revendique bien volontiers l&#8217;influence), Josh Trank a notamment la très bonne idée de prendre appui sur tous les écrans que la société moderne met à notre disposition : de la télévision aux téléphones portables en passant par les caméras de surveillance et autres tablettes. Mais ce choix de mise en scène se révèle également une contrainte que le réalisateur a parfois du mal à justifier. A l&#8217;image de cette caméra placée dans une chambre d&#8217;hôpital pour les besoins d&#8217;une enquête… Mouais. </p>
<p>Pour autant, <em>Chronicle</em> n&#8217;en demeure pas moins terriblement efficace, une sorte d&#8217;objet hybride fourmillant de trouvailles scénaristiques assez géniales. Une variation astucieuse sur le thème des super-héros, participant de cet élan salutaire consistant à déconstruire le mythe de surhomme dont nous abreuve chaque année l&#8217;écrasante Marvel Company, pour nous offrir une improbable exploration du mal-être adolescent.</p>
<p>&nbsp;<br />
Chronicle<em> de Josh Trank, avec Dane DeHaan, Alex Russell, Michael B. Jordan. Grande-Bretagne, Etats-Unis, 2011. Sortie le 22 février 2012.</em></p>
<p><center><iframe frameborder="0" width="560" height="315" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xos3u5?logo=0&#038;hideInfos=1"></iframe></center></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/cinema/chronicle-josh-trank/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Super, de James Gunn</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/cinema/super-james-gunn/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/cinema/super-james-gunn/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 30 Nov 2011 23:25:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Recadrages]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[humour]]></category>
		<category><![CDATA[Rainn Wilson]]></category>
		<category><![CDATA[super-héros]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=4653</guid>
		<description><![CDATA[Mes dernières expériences de films de super-héros furent plutôt malheureuses : <em>Thor</em>, <em>Captain America</em> et l’horrible <em>Green Lantern</em>. Alors quand j’ai entendu parler de <em>Super</em>, je me suis jeté dessus...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Les super-zéros</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/11/super-crimson-bolt-beware-crime.jpg" alt="&quot;Beware Crime&quot;, Crimson Bolt aka Rainn Wilson" title="&quot;Beware Crime&quot;, Crimson Bolt aka Rainn Wilson" width="280" height="186" class="alignleft size-full wp-image-4656" />Mes dernières expériences de films de super-héros furent plutôt malheureuses : <em>Thor</em>, <em>Captain America</em> et l’horrible <em>Green Lantern</em>. Alors quand j’ai entendu parler de <em>Super</em>, le dernier film de James Gunn, je me suis jeté dessus pour conjurer le sort. Et ce fut une bonne idée : enfin un réalisateur qui a compris la richesse du super-héros, et qui ne le voit pas simplement comme un moyen d’exploiter encore un peu plus le filon jusqu’à épuisement. Du coup, j’ai eu envie de parler de James Gunn, le metteur en scène, et de <em>Super</em>, son film. Mais comme <em>Super</em> m’a fait penser à <em>Kick-Ass</em>, qui me fait lui-même penser à <em>Watchmen</em>, qui me fait penser à <em>Batman</em>, je me suis dit que j’allais plutôt parler des super-héros et de leur univers quasi illimité. <span id="more-4653"></span></p>
<p>De son existence de cuistot loser, Frank d’Arbo (Rainn Wilson) conserve deux souvenirs précieux : le jour de son mariage avec Sarah (Liv Tyler) et le jour où il a dénoncé un malfrat à un policier. Deux moments qui l’aident à croire en son bonheur. Mais quand Sarah file avec son dealer Jock (Kevin Bacon), Frank sombre dans la dépression. Il décide alors de récupérer sa femme et de combattre le crime, façon super-héros…<br />
Voilà pour le pitch de <em>Super</em>. Avouez qu’il est bien plus cool que celui de <em>Thor</em>, non ? <a href="#nbp">(1)</a></p>
<p>Les films de super-héros pullulent. <strong>A court d’idées, les producteurs hollywoodiens se servent goulûment dans le patrimoine de DC Comics ou Marvel et offrent leur long-métrage poussif à tous les super-héros de comics.</strong> Les derniers en date, les suscités <em>Thor</em>, <em>Green Lantern</em> et <em>Captain America</em>, reflétant ce qui peut se faire de pire en termes d’adaptation (j’en entends déjà rigoler : oui, il y a bien quelques idées potables dans ces films, mais ça ne change pas grand-chose au rendu final). Si ces bandes dessinées ne constituaient déjà pas le fleuron du genre, au moins elles couchaient sur papier des héros charismatiques et des dessins léchés. En passant au cinéma, les personnages ont conservé leur plastique, mais ont perdu leur âme : il n’y a qu’à voir l’inexpressif Chris Hemsworth, interprète de Thor, pour s’en convaincre. Quant aux images… quiconque comparera la 3D trop sombre de <em>Thor</em> ou les plans hideux de <em>Green Lantern</em> avec les comics originaux passera son chemin.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/11/batman-dark-knight.jpg" alt="The Dark Knight Returns, BD de Frank Miller" title="The Dark Knight Returns, BD de Frank Miller" width="184" height="280" class="alignright size-full wp-image-4658" />Heureusement, au milieu de cette pléthore d’histoires et de héros médiocres, sort de temps en temps une œuvre qui réinvente les codes du genre et transcende la fonction du super-héros. A l’origine, lorsque le personnage de Superman voit le jour en BD à la fin des années 1930, il rencontre un succès inouï parce qu’il remonte le moral des Américains en pleine crise financière, puis botte même le cul d’Adolf Hitler en 1940. <strong>Le super-héros devient le fantasme d’une nation entière</strong>, évitant les catastrophes, capturant les despotes, faisant du monde un endroit rêvé. Le mythe est né. Les autres lui emboîtent le pas, modifiant déjà les codes : Batman, super-héros sans superpouvoirs mais doué d’une volonté aiguë et d’un portefeuille bien rempli, inscrit le super-héros dans la réalité. Sa qualité d’homme « ordinaire » en fait un personnage tiraillé, partagé entre la justice et la façon d’y parvenir. Sans doute le super-héros le plus intéressant jamais créé, auquel Frank Miller a achevé de donner ses lettres de noblesse en publiant, en 1986, <em>The Dark Knight Returns</em>, comics noir et sans concession sur les dernières années du Chevalier noir. </p>
<p>Comme Miller, le scénariste Alan Moore réinvente la mythologie des super-héros et offre aux comics un renouveau salutaire à la fin des années 1980 : <em>Watchmen</em> – adapté au cinéma en 2009 par Zack Snyder – mêle à d’authentiques super-héros (l’omnipotent Dr Manhattan) des <em>vigilante</em>, gens ordinaires le jour, justiciers de quartier la nuit, et pragmatise une cosmogonie divine. Pour la première fois on aperçoit l’humanité des vengeurs masqués. <strong>Leurs faiblesses font surface, elles les rendent aussi proches d’un public adulte que les X-Men le sont des prépubères.</strong> Moore, Miller : les deux chefs de file du comic book depuis le début des années 1980, désormais talonnés par Mark Millar (en termes de succès, d’adaptations et… de talent). Largement influencé par l’œuvre de ses pères, Mark Millar introduit la notion de choix dans ses récits : tantôt ses héros se découvrent des superpouvoirs qu’ils ne sont pas sûrs de vouloir (<em>Wanted</em>), tantôt leurs choix politiques mènent à la catastrophe (<em>Superman : Red Son</em>) tantôt encore ils n’ont aucun superpouvoir mais ont lu bien trop de comics (<em>Kick-Ass</em>).</p>
<p>Les libertés de Millar avec le mythe du super-héros, qu’il parodie à souhait dans <em>Kick-Ass</em>, auraient pu constituer un sacrilège ; au lieu de ça, des millions d’ados bercés aux comics mais suffisamment clairvoyants pour savoir qu’ils n’ont rien d’un Wolverine ou d’un Spiderman se sont jetés sur les aventures de Dave Lizewski, <em>teenager</em> décidé à éradiquer le crime de son quartier la nuit après l’école. <strong>Avec <em>Kick-Ass</em>, le statut de super-héros se trouve à portée de main.</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/12/affiche-super-james-gunn.jpg" alt="Affiche de Super, de James Gunn" title="Affiche de Super, de James Gunn" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-4659" />Lorsque Millar écrit <em>Kick-Ass</em>, en 2008, James Gunn est déjà sur le scénario de <em>Super</em> (oui, oui, on arrive enfin au film). Les deux histoires ont beaucoup en commun, à commencer par le héros qui en a assez de se faire marcher dessus. Mais alors que Mark Millar pense à sa cible (les millions d’Américains fans de comics) et livre un récit relativement convenu, James Gunn fait dans le trash. <strong>Le Frank d’Arbo <em>aka</em> Crimson Bolt de <em>Super</em> est un fou illuminé, un brin facho, dont la justice expéditive n’a qu’une vitesse.</strong> Le justicier masqué traite de la même manière un dealer que le resquilleur d’une file d’attente au cinéma – pour notre plus grand plaisir : qui n’a jamais rêvé d’écraser la tête de celui qui double alors qu’on attend sagement notre tour ?</p>
<p>Scénariste pour Troma (<em>Tromeo &#038; Juliet</em>), James Gunn rend hommage à la maison de production de séries Z et à son super-héros emblématique : <em>The Toxic Avenger</em>, un autre super-raté qui croit agir pour le bien de l’humanité. Comme lui, le héros de <em>Super</em> est motivé par l’amour. Mais le rate quand il se présente, <em>cf.</em> une scène de sexe comme on en fait peu entre Crimson Bolt et son <em>sidekick</em> Bolty (la déjantée Ellen Page), séquence sans seins à l’air mais à faire rougir les parents. <strong>Comme Millar, Gunn tord le mythe du super-héros pour mieux le dépoussiérer.</strong> Entre le Frank d’Arbo ignare qui erre dans les rayons de comics à la recherche de l’inspiration (<em>« Avez-vous des BD de super-héros sans superpouvoirs ?&#8221;</em>), et le Ryan Reynolds <em>aka</em> Green Lantern bêtement ébahi devant ses nouvelles facultés, l’observation du premier est bien plus jouissive. Et rappelle – le mauvais goût et l’humour en plus – Bruce Willis dans <em>Incassable</em>, qui découvrait les lois qui régissent les surhommes en même temps que ses pouvoirs.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/12/ellen-page-super-bolty.jpg" alt="Bolty aka Ellen Page dans Super" title="Bolty aka Ellen Page dans Super" width="280" height="157" class="alignright size-full wp-image-4660" />Gunn pousse le vice à désamorcer la tension dès qu’elle s’installe : comme preuve la fameuse scène de sexe ou la séquence de la révélation, durant laquelle Dieu touche littéralement le cerveau de Frank, qui prend sa source dans l’imagerie du <em>hentai</em> japonais <a href="#nbp">(2)</a>. Comme pour mieux répondre à la question suivante : <strong>finalement, les super-héros ne sont-ils pas juste des types comme nous, avec des gros fantasmes et un sacré complexe d’infériorité ?</strong> Des types qui perdent pied, comme le suggérait Moore avec le personnage de Rorschach dans <em>Watchmen</em>.</p>
<p><em>Super</em> n’est pas une adaptation. C’est une histoire originale, entièrement sortie de l’imagination de James Gunn, mais elle mérite de figurer au panthéon des comics. Jugé trop violent, le film sort directement en DVD chez nous <a href="#nbp">(3)</a> ; rater ça pour avoir droit à <em>Thor</em>, ça donnerait presque envie d’enfiler un collant, un slip par-dessus, d’emprunter une bonne vieille clé à molette au garage d’à côté et d’attendre qu’un responsable de la Fox pointe le bout de son nez… </p>
<p><a name="nbp"></a><br />
<em>(1) « Au royaume d’Asgard, Thor est un guerrier aussi puissant qu’arrogant dont les actes téméraires déclenchent une guerre ancestrale. Banni et envoyé sur Terre, par son père Odin, il est condamné à vivre parmi les humains. Mais lorsque les forces du mal de son royaume s’apprêtent à se déchaîner sur la Terre, Thor va apprendre à se comporter en véritable héros… »<br />
(2) Littéralement &#8220;transformation&#8221; ou &#8220;perversion&#8221;, le </em>hentai<em> désigne les mangas et films d&#8217;animation japonais à caractère pornographique.<br />
(3) </em>Super<em> de James Gunn, réalisé en 2010. Sortie française directement en DVD le 1er décembre 2011.</em><br />
&nbsp;<br />
<center><iframe frameborder="0" width="560" height="315" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xlmllr?hideInfos=1"></iframe></center></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/cinema/super-james-gunn/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
