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	<title>Grand Écart &#187; Suisse</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Rencontre avec Maryam Goormaghtigh</title>
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		<pubDate>Wed, 24 May 2017 09:55:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sarah Briffa</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'actu du 70e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[acid]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
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		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[Le premier long-métrage <em>Avant la fin de l’été</em> de Maryam Goormaghtigh a ouvert en beauté la sélection Acid de la 70e édition du Festival de Cannes. Remplaçant une équipe de...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/maryam-goormaghtigh.jpg" alt="maryam-goormaghtigh" width="225" height="280" class="alignleft size-full wp-image-25357" />Le premier long-métrage <em>Avant la fin de l’été</em> de Maryam Goormaghtigh a ouvert en beauté la sélection Acid de la <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/films-competition-70e-festival-cannes-selection-jury-almodovar-2017/" title="17/05-28/05 : 70e Festival de Cannes">70e édition du Festival de Cannes</a>. Remplaçant une équipe de tournage à elle seule, la cinéaste a suivi sur les routes ses acteurs et amis pendant deux semaines et demie. Rencontre avec la réalisatrice touche-à-tout d’un film sur l’amitié et la séparation, dans lequel les protagonistes jouent leur propre rôle.</p>
<p>C’est l’histoire de trois trentenaires iraniens, Arash, Ashkan et Hossein, qui sillonnent la France en voiture, avant la fin de l’été et avant que l’un d’eux ne décide de rentrer définitivement en Iran. Ils croisent le chemin de Charlotte et Michèle, qui les accompagneront durant une partie du voyage.<br />
&nbsp;<br />
<strong>Vous avez dit après la projection que vous trouviez réductrices les étiquettes de « fiction » ou de « documentaire » que l’on colle aux films. Pour vous, comment se situe <em>Avant la fin de l’été</em> ?</strong></p>
<p>Je ne sais pas si c’est au milieu mais en tout cas je ne me suis pas posé la question pour savoir si ça allait faire un documentaire ou une fiction, parce qu&#8217;en réalité j’ai effectivement commencé à filmer ces trois personnes de manière plus documentaire… pour me documenter, en fait. Je filmais chacune de nos rencontres parce que je les trouvais passionnants, parce que j’avais envie d’en apprendre plus sur eux. J’ai fait beaucoup de « captations » les premières années. Et puis quand on a décidé de raconter une histoire à partir de cet événement dramatique qui est le départ d’Arash, il y a eu une envie de maîtriser davantage le récit, d’essayer d’amener le spectateur quelque part, d’organiser tout simplement le tournage pour que ça se passe mieux avec le peu de temps qui nous était imparti. Il y a effectivement quelque chose qui est peut-être de l’ordre de la fiction, mais je ne saurais pas dire où le film se situe vraiment. Je pense que c’est un film avant tout, et que c’est une très belle aventure. <span id="more-25304"></span></p>
<p><strong>Comment avez-vous procédé pour l’écriture du film ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/affiche-avant-la-fin-de-lete-maryam-goormaghtigh.jpg" alt="affiche-avant-la-fin-de-lete-maryam-goormaghtigh" width="210" height="280" class="alignright size-full wp-image-25369" />J’ai pensé certaines choses en amont. Il y avait certaines discussions que je voulais qu’on aborde, des thématiques importantes comme le service militaire, un rêve… Des choses comme ça qui m’avaient plu lors des discussions qu’on avait eues. Ou bien j’ai organisé le fait qu’on se retrouve à Noirétable le 15 août parce que je savais qu’il y avait un défilé avec des chars fleuris. J’ai organisé la rencontre avec les filles, sans écrire ce qui allait se passer, mais j’ai quand même organisé la rencontre. J’avais une carte de France avec les lieux où on allait s’arrêter et avec les sujets qu’on allait peut-être aborder à tel endroit. On a répété pas mal de fois certaines discussions. Parfois ce sont mes acteurs qui m’ont demandé d’allumer la caméra parce qu’ils avaient des choses à dire. Ashkan à un moment donné m’a dit <em>« Ecoute, allume ta caméra, j’ai envie qu’on parle de ça »</em> : et c’est là qu’on a eu une très belle discussion sous la tente où il demande à Arash ce qui pourrait le faire changer d’avis. Et il y a toute cette discussion autour de l’amour, ce qui lance un peu l’idée d’un voyage à sa recherche. On a beaucoup improvisé quand on a rencontré les filles aussi. Je me suis aussi laissé porter par eux, parfois je disais <em>« Voilà, j’aimerais qu’on parle de ça »</em> et eux, finalement, me proposaient autre chose. </p>
<p><strong>Avec combien d’heures de rushs êtes-vous revenue du tournage ?</strong> </p>
<p>On avait soixante-dix heures de rushs. On en avait énormément et il y avait des choses très drôles, des choses beaucoup plus graves, et énormément de discussions. La monteuse a su révéler la nature des personnages, elle a vraiment réussi à voir dans les rushs ce qu’ils qu’étaient. On aurait pu faire un film extrêmement bavard, on aurait même pu faire plein de films différents. Par exemple, je me disais qu’une sieste entre copains où ça ronfle et ça rigole, ce n’est peut-être pas très passionnant en termes de narration, et elle, à travers ces séquences, elle voyait justement l’amitié, la tendresse et les vacances aussi. Pendant deux semaines et demie j’ai filmé tous les jours. J’étais avec eux partout, tout le temps, et je me couchais très tard parce qu’il fallait dérusher, puis le lendemain on repartait sur les routes.</p>
<p><strong>Comment avez-vous travaillé avec les acteurs après le tournage ?</strong></p>
<p>Je leur ai montré certaines séquences pour les valider avec eux car je voulais savoir s’ils étaient d’accord avec des passages que je choisissais, mais j’avais envie qu’ils le découvrent avec un public pour la première fois. Je pense que c’est important. Mais ils savaient quand même à quoi s’attendre. Je n’avais peut-être pas très envie qu’ils mettent le nez dans le montage, j’ai l’impression c’est quelque chose de très intime. C’est la partie que je préfère. Avec la monteuse, on a passé trois mois ensemble dans notre petit salon de montage. Je ne voulais pas qu’il y ait trop d’interférences ou qu’on me donne trop d’avis pour préserver au mieux ce moment-là.</p>
<p><strong>Pouvez-vous nous raconter quelque chose de totalement inattendu qui a été capté par la caméra et qu’on retrouve dans le film ?</strong> </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/film-avant-la-fin-de-lete-maryam-goormaghtigh1.jpg" alt="film-avant-la-fin-de-lete-maryam-goormaghtigh" width="280" height="151" class="alignleft size-full wp-image-25362" />Il y a cette scène où Arash prend Charlotte sur ses épaules pour lui faire traverser la mer. Ça, je ne m’y attendais pas du tout et ce qui est merveilleux c’est que pour moi cette scène raconte comment ce personnage-là, qui au début est un peu déprimé, et qui se fait entraîner par ses copains, devient un héros. Tout à coup j’avais l’impression qu’on était en face d’un vrai héros, d’un vrai personnage de mythologie. Il y a une autre scène, où il danse avec les filles : on se dit que peut-être c’est un garçon en surpoids pour qui ce n’est pas forcément évident de rencontrer une femme, mais il est finalement très à l’aise quand il s’agit de danser. Il a une manière de danser qui est très belle et révèle toute sa « sexy attitude » ! Et puis il y a aussi la scène où les filles s’éloignent lorsque Charlotte est vexée. Mais est-elle vraiment énervée ou est-ce qu’elle joue pour la caméra ? Je me suis dit que ce n’était pas très correct de le faire, mais en tout cas elle avait le micro HF allumé, je l’ai enregistrée à ce moment-là, et c’est quelque chose dont je me suis servi pour raconter l’histoire.</p>
<p><strong>Comment avez-vous fait pour gérer seule à la fois la mise en scène, l’image et le son ?</strong></p>
<p>Avant, je travaillais à l’épaule avec des caméras très légères. Je me suis racheté une caméra pour ce projet, qui était peu ergonomique, assez lourde, et qui m’obligeait à travailler avec un monopode. Il y avait une sorte de stabilité qui était offerte par ce dispositif, ce qui était nouveau pour moi parce que d’habitude j’étais plutôt très agile, à l’affût des petites choses, et là il a fallu que je pose mes cadres. J’avais de la chance d’avoir des personnages plutôt tranquilles qui aiment bien s’installer. Arash se posait, les deux autres se mettaient automatiquement autour de lui parce que c’est comme ça qu’ils sont, et le cadre était là. Arash, c’est vraiment un personnage qui impose le cadre. J’ai pu tester le dispositif parce que je suis partie une première fois en voyage avec eux dans le sud de l’Italie, une année avant. Il y avait quand même un travail fait en amont pour me permettre d’être le plus opérationnel possible au moment du tournage. Au niveau du son j’ai eu plein de problèmes, on a dû refaire du doublage à certains moments. Forcément quand on part seule, il y a aussi beaucoup d’accidents. </p>
<p><strong>Qu’est-il advenu des actrices Charlotte et Michèle ?</strong></p>
<p>On est resté en contact. En ce moment elles font avec leur groupe de rock une résidence très prestigieuse à Manchester, donc leur groupe file vers une bonne carrière je crois. Elles n’ont pas encore vu le film en grand, elles ont vu le film en cours de montage. Et ce qui est très intéressant c’est que quand elles l’ont vu, elles m’ont dit que l’Arash qu’elles ont rencontré n’est pas du tout celui que je présentais dans mon film. Forcément il parle plus dans la première partie du film et quand il est avec les filles, il est plutôt réservé. Quand elles l’ont vu dans le film elles se sont dit que c’était vraiment le personnage principal. Il est là, il est magnifique et il est émouvant. C’était drôle de leur faire découvrir les personnages à travers le film autrement que comme elles les avaient vus pendant le tournage.</p>
<p><strong>Sur le plan professionnel, que prévoyez-vous ensuite ?</strong></p>
<p>En ce moment je suis en train de monter un webdoc d’Arte Creative. C’est une série en dix épisodes qui s’appelle <em>Fashion Geek</em> et qui sera diffusée en septembre 2017 durant la Fashion Week. Et j’aimerais faire une suite à ce film-là, avec ces trois mêmes personnages, peut-être en Iran, c’est quelque chose dont on est en train de parler, et avec davantage de moyens. Enfin toutes proportions gardées parce que j’aime beaucoup ce dispositif-là qui est très léger. J’irai peut-être davantage vers la fiction pour le prochain.</p>
<p>&nbsp;<br />
Avant la fin de l&#8217;été <em>de Maryam Goormaghtigh. France, Suisse, 2017. Présenté à la sélection ACID du 70e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Sicilian Ghost Story, de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza</title>
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		<pubDate>Tue, 23 May 2017 15:09:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la 56e Semaine de la critique]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Conte de faits</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/sicilian-ghost-story-cannes-2017.jpg" alt="Sicilian Ghost Story, de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza" title="Sicilian Ghost Story, de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza" width="280" height="154" class="alignleft size-full wp-image-25299" />Ce fut le premier moment d’émotion du <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/films-competition-70e-festival-cannes-selection-jury-almodovar-2017/" title="17/05-28/05 : 70e Festival de Cannes">Festival de Cannes</a> : toute l’équipe de <em>Sicilian Ghost Story</em> qui s’enlace et fond en larmes au moment du générique de fin, des larmes écloses après cette toute première projection en ouverture de la Semaine de la critique, des larmes soutenues par une standing ovation interminable. Les lumières rallumées, personne ne veut quitter la salle. Il faut dire que pour leur deuxième réalisation après <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/salvo-fabio-grassadonia-antonio-piazza/" title="Salvo, de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza">Salvo</a></em> en 2013, les réalisateurs Fabio Grassadonia et Antonio Piazza ont créé là une œuvre atypique et esthétique qu’il sera difficile d’oublier. Le renouveau du cinéma européen vient peut-être de l’Italie… </p>
<p>Dans la mouvance d’un Paolo Sorrentino, <em>Sicilian Ghost Story</em> prend son temps pour distiller une atmosphère soyeuse et délétère en même temps. Le film est un mélange des genres dont les ingrédients ont été savamment choisis : un tiers de conte, un tiers de chronique amoureuse adolescente, un tiers de faits divers et quelques soupçons de thriller pour saupoudrer le tout. On a parfois l’impression de revivre un nouveau <em>Labyrinthe de Pan</em>. Car l’onirisme s’entremêle au réel pour masquer la cruauté et donner des bribes d’espoir. Soit l’histoire de Luna, amoureuse de Giuseppe. Ils sont beaux, ont 13 ans et vivent leurs premiers émois amoureux avec le sourire. Mais Giuseppe, fils d’un mafieux en train de livrer ses anciens camarades de braquage à la police, est enlevé pour faire chanter ce père aussi traitre qu’absent. Le film suit alors le destin de ces deux enfants qui deviennent adultes par la force de cette séparation : Luna qui veut tout faire pour retrouver son aimé, quitte à se perdre ; Giuseppe qui subit son destin dans des geôles dénuées de fenêtres. Sa seule distraction, son unique lien avec l’extérieur : relire une lettre d’amour que lui avait donné Luna avant son enlèvement. <span id="more-25163"></span></p>
<p>Conte sur l’amour et la mort, <em>Sicilian Ghost Story</em> en emprunte tous les codes : la forêt, tantôt étrange et maléfique, tantôt sublime et protectrice ; la marâtre (la mère de Luna, stricte et peu câline qui revêt les oripeaux et le chignon serré de la Holly Hunter version <em>Leçon de piano</em>) ; le père trop tolérant qui passe tous ses caprices à Luna ; les animaux qui veillent sur les deux adolescents de près ou de loin. Mais ici, c’est le prince charmant qui est en captivité et sa belle qui tente de le délivrer. Il y a du <em>Roméo et Juliette</em> aussi, entre ces deux jeunes gens qui s’aiment sans pouvoir se l’avouer face à face. Ils sont issus de deux milieux différents. L’un d’un père malfrat, l’autre d’un monde ouvrier. Aucune des deux familles ne tolère qu’ils se voient en dehors de l’école. Mais leur amour les relie malgré la distance qui les sépare, malgré l’enfermement qui les confine, lui dans sa prison de fortune, elle dans sa chambre et sa dépression. Alors qu’ils s’étiolent simultanément, ils se retrouvent, pleins de vie, dans leurs rêves aussi beaux que funestes. S’il y a parfois des respirations humoristiques, <em>Sicilian Ghost Story</em> est comme un doux poison que l’on ne saurait s’empêcher de boire : c’est aussi bon que douloureux. Une beauté vénéneuse qu’il serait dommage de se priver d’admirer.</p>
<p>&nbsp;<br />
Sicilian Ghost Story<em> de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza, avec Julia Jedikowska, Gaetano Fernandez, Corinne Musaralli… Italie, France, Suisse, 2016. Présenté à la 56e Semaine de la critique.</em></p>
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		<title>Ma vie de Courgette, de Claude Barras</title>
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		<pubDate>Thu, 19 May 2016 15:17:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la 48e Quinzaine des réalisateurs]]></category>
		<category><![CDATA[adaptation]]></category>
		<category><![CDATA[Céline Sciamma]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[film d'animation]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Préparez vos mouchoirs</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/Courgette_Affiche.jpg" alt="Ma vie de Courgette, de Claude Barras" width="212" height="280" class="alignleft size-full wp-image-23989" />C’est avec une infinie délicatesse que Claude Barras aborde la question de la maltraitance des enfants. De la mère du surnommé Courgette, on ne verra que le dos et les canettes de bière qui jonchent le sol, et l’on n’en entendra que la voix, menaçante. Seul dans sa chambre, Courgette, petit garçon aux cheveux bleus et aux yeux ronds comme des billes, dessine, élève des pyramides avec les canettes, et fait voler le cerf-volant qu’il a fabriqué. Un cerf-volant orné d’un père absent grimé en super-héros, et d’une poule. La <em>« poule »</em> avec qui papa est parti. Cette confusion enfantine dit tout de <em>Ma vie de Courgette</em> : un film à hauteur d’enfant, une capacité à faire sourire au milieu des larmes. Parce qu’on pleure beaucoup devant <em>Ma vie de Courgette</em>, adaptation en stop-motion (ou &#8220;animation en volume&#8221;) et à destination des enfants du roman de Gilles Paris, <em>Autobiographie d’une courgette</em>, avec Céline Sciamma (<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/tomboy-celine-sciamma/" title="Tomboy, de Céline Sciamma">Tomboy</a></em>) au scénario.</p>
<p>Il y est question d’enfants maltraités, abusés, abandonnés, tous réunis dans un orphelinat, tenu par des adultes bienveillants. Souvent, les foyers sont dépeints comme une prison. Ici, c’est au contraire le lieu de l’amitié, de la solidarité, un cocon qu’on ne veut pas quitter face aux menaces d’un monde extérieur qui n’a jusqu’ici pas fait de cadeaux. Les malheurs qui ont amené ces enfants au Foyer des Fontaines ne sont qu’évoqués &#8211; lors de l’entretien entre Courgette et le policier Raymond, lors d’une brève galerie de portraits établie par Simon, le boss de l’orphelinat, curieux fouineur cherchant à savoir à qui il a affaire. <span id="more-23988"></span>Et pourtant on ressent toute la peine et les traumatismes de ces enfants, grâce à leurs grands yeux expressifs. L’empathie est totale avec ces enfances brisées. Et comme on partage leurs pleurs et leurs craintes, on partage aussi leurs joies et leurs espoirs. Le bonheur d’être ensemble, unis face à l’adversité. Celui de trouver chez les adultes une oreille, une épaule, un foyer. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/Courgette2.jpg" alt="Ma vie de Courgette, de Claude Barras" width="280" height="158" class="alignright size-full wp-image-23993" />Alors que l’animation en stop-motion pour enfants était jusqu’ici principalement l’apanage des studios Aardman, pères de <em>Wallace &amp; Gromit</em>, <em>Ma vie de Courgette</em> engage le genre vers plus de gravité, tout en conservant beaucoup d’humour, langagier et visuel, et une simplicité rafraîchissante. Les enfants, leurs grands yeux, leurs styles, colorés et modernes, sont du côté de la vie, pleins d’énergie et de vivacité. Ils se détachent de leur environnent grisâtre, de leurs vies gâchées, pour construire une nouvelle famille, portant bien haut des valeurs d’amour inconditionnel, de solidarité et d’amitié. Si <em>Ma vie de Courgette</em> provoque les larmes pendant quasiment toute sa durée, ce sont des larmes changeantes. Tristesse, joie et espoir s’entremêlent dans un tourbillon bouleversant.</p>
<p>&nbsp;<br />
Ma vie de Courgette<em> de Claude Barras, avec les voix de Gaspard Schlatter, Sixtine Murat, Paulin Jaccoud, Michel Vuillermoz… France, Suisse, 2016. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs 2016. Cristal du long-métrage et Prix du public au Festival d&#8217;Annecy 2016. Sortie le 19 octobre 2016.</em></p>
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		<title>A perdre la raison, de Joachim Lafosse</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Apr 2012 18:36:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grand Écart</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Films du 65e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
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		<description><![CDATA[En sélection Un Certain Regard au 65e Festival de Cannes Joachim Lafosse est belge. C&#8217;est un peu le cinéaste de la troisième voie. Ni frère Dardenne, ni Benoît Poelvoorde. Doué...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>En sélection Un Certain Regard au 65e Festival de Cannes</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/perdre-raison-joachim-lafosse.jpg" alt="A perdre la raison de Joachim Lafosse" title="A perdre la raison de Joachim Lafosse" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-6608" />Joachim Lafosse est belge. C&#8217;est un peu le cinéaste de la troisième voie. Ni frère Dardenne, ni Benoît Poelvoorde. Doué et prolifique, avec ses quatre précédents films (<em>Folie privée</em>, <em>Ca rend heureux</em>, <em>Nue propriété</em>, <em>Elève libre</em>), il a déjà essaimé les festivals de Locarno, Venise, et Cannes, déjà, à la Quinzaine des réalisateurs. Il ne joue pas dans la cour du réalisme dur, âpre et, avouons-le, souvent glauque. Ne goûte pas non plus la bonne blague et l&#8217;absurde. Mais quelque part entre les deux, il s&#8217;intéresse aux limites, celles que l&#8217;on se fixe, celles que l&#8217;on dépasse, et celles qu&#8217;on transgresse, plutôt à tort qu&#8217;à raison. En résulte un cinéma trouble et fascinant, qui décortique les complexes liens de la famille.</p>
<p><em>A perdre la raison</em> lance Joachim Lafosse dans la lignée de Jacques Audiard : un titre pris d&#8217;un extrait de chanson, comme <em>De battre mon cœur s&#8217;est arrêté</em> ; et le duo reformé de Niels Arestrup et Tahar Rahim, après <em>Un prophète</em>. On lui souhaite le même destin. Il s&#8217;inspire ici d&#8217;un fait divers qui a remué la Belgique en 2007, celui d&#8217;un quintuple infanticide. Et sent déjà le parfum de scandale, l&#8217;ex-mari de la mère meurtrière s&#8217;étant opposé au projet, criant à la récupération mercantile. On a du mal à croire que ce soient les intentions de Joachim Lafosse, qui semble filmer une détresse croissante, une perte des sens, jusqu&#8217;au-delà des limites.</p>
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		<title>Souvenirs de toiles de Michel Layaz</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Jan 2012 15:54:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Souvenirs de toiles]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Paolo Pasolini]]></category>
		<category><![CDATA[Suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[Quoi de mieux qu'une petite balade cinéphile au bras d'un Suisse francophone pour une bouffée d'air frais... Dans ses livres, Michel Layaz dessine d'autres réalités, des mondes réinventés, magnifiés par...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/12/michel-layaz.jpg" alt="Photographie de l&#039;écrivain Michel Layaz" title="Photographie de l&#039;écrivain Michel Layaz" width="188" height="270" class="alignleft size-full wp-image-4744" /><strong>Quoi de mieux qu&#8217;une petite balade cinéphile au bras d&#8217;un Suisse francophone pour une bouffée d&#8217;air frais&#8230; Dans ses livres, Michel Layaz dessine d&#8217;autres réalités, des mondes réinventés, épais, magnifiés par une langue ciselée et un sens aigu de la scansion. En vrac, on vous recommande le jouissif <em>Cher Boniface</em>, <em>La Joyeuse Complainte de l&#8217;idiot</em> ou le petit dernier sorti début 2011, <em>Deux soeurs</em>. Mais quel cinéphile est-il et que nous racontent ses souvenirs de toiles ? </strong></p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Le premier film ?</strong></p>
<p>Dans ma famille, le cinéma n’existait pas. Tout juste si je pouvais regarder une fois par semaine un épisode de <em>Zorro</em> à la télévision durant la période où l’on diffusait cette série. Le premier film au cinéma, c’était avec ma mère qui voulait me faire plaisir. On projetait <em>La Tour infernale</em>. Pour une première, le garçon d’une dizaine d’années que j’étais a été servi : action, catastrophe, suspense et surtout de vrais héros à qui s’identifier ; mon côté chevalier blanc avide d’aventures était rassasié. Depuis lors, à part l’époustouflant <em>Titanic</em>, je ne crois pas avoir vu d’autres films de ce type. Un film catastrophe tous les trente ans : la périodicité me convient. <span id="more-4743"></span></p>
<p><strong>Les films qui bercent l’adolescence </strong>? </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/12/buffet-froid.jpg" alt="Gérard Depardieu dans Buffet froid" title="Gérard Depardieu dans Buffet froid" width="270" height="178" class="alignright size-full wp-image-4747" />Quels points communs entre <em>Buffet froid</em> de Bertrand Blier, <em>Hair</em> de Milos Forman ou <em>L’Arnaque</em> de George Roy Hill ? Que je les ai vus et revus et que ces trois films affirment une volonté d’émancipation face aux normes et aux régulations que la société impose. Pour le premier, je connaissais un grand nombre de répliques par cœur. Je faisais mon malin en les replaçant ici ou là, comme par exemple celle où Depardieu, toujours vêtu d’un long manteau qu’il refuse d’enlever, justifie sa tenue en déclarant à sa femme qui lui dit qu’il a l’air, ainsi vêtu, d’être en visite : <em>&#8220;On est tous en visite. On débarque, on fait un peu de tourisme, et puis on repart. Tu crois sincèrement que ça vaut la peine d’enlever son manteau ? Pour quoi faire ? Attraper la crève, prématurément ?&#8221;</em> Cette manière désinvolte de dédramatiser l’existence allégeait agréablement mes inquiétudes, permettait de relativiser craintes et moments de doute.<br />
Pour le deuxième, c’était le goût, naïf certes, de la liberté, de la loyauté, de l’affirmation joyeuse de toutes les offensives de vie. La scène où Berger chante <em>I Got Life</em> debout sur la grande table d’un banquet bourgeois me remplissait de plaisir ; à chaque pas volaient en éclats la bienséance qui étouffe et les conventions qui corsètent. C’était un absolu de délivrance.<br />
Pour le troisième, avec plusieurs amis, nous rêvions, certains soirs, d’être des gentlemen cambrioleurs. Affamés de sensations, nous fomentions des escroqueries d’esthètes, des machinations tarabiscotées qui n’avaient que très peu le goût du lucre mais beaucoup celui de l’élégance. Durant ces vagabondages, nos idoles s’appelaient Paul Newman et Robert Redford. </p>
<p><strong>Le film qui fait grandir ?</strong> </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/12/arrangement-kazan.jpg" alt="Image du film L&#039;Arrangement d&#039;Elia Kazan" title="Image du film L&#039;Arrangement d&#039;Elia Kazan" width="270" height="212" class="alignleft size-full wp-image-4750" /><em>L’Arrangement</em> d&#8217;Elia Kazan. Je n’oublierai jamais la scène au début du film où Kirk Douglas, publiciste génial qui incarne le modèle de réussite sociale, pénètre dans un tunnel sur l’autoroute au volant de sa voiture décapotable et se retrouve entre deux énormes camions, un sur sa gauche, un sur sa droite. Il lâche le volant et laisse sa voiture «flotter» entre les deux poids lourds. Ce moment est exceptionnel parce que la vie frôle la mort et se retrouve forcément exacerbée. Puis Douglas donne un coup de volant violent et précipite son bolide sous un camion. Il survit, mais commence alors, sous l’impulsion de l’irrésistible Faye Dunaway, son examen de conscience. Se révèlent tous les crissements, tous les antagonismes qu’il y a entre une vie réussie et la réussite sociale. Se pose aussi la question de savoir ce que l’on fait de son talent, à quoi ou à qui on le consacre. Bref, des questions simples mais essentielles et fécondes qui m’ont fichu de salutaires secousses.</p>
<p><strong>Le film qui fait rire aux larmes ?</strong>  </p>
<p>La scène où François, le facteur joué par Tati dans <em>Jour de fête</em>, essaie d’enfourcher son vélo et n’y parvient pas puisqu’il y a une barrière entre lui et sa jambe droite, alors même que la gauche est déjà en place sur le vélo… Je reste très attaché à ce personnage plein d’innocence et de bonté qui a le visage sale parce qu’il ne pense jamais à faire ce qui nous occupe si souvent : se contempler narcissiquement dans un miroir. J’aime rire au cinéma et je n’oublie pas que très vite, à ses débuts, le cinéma avait pour vocation d’attirer les gens, donc de les faire rire. Je suis un inconditionnel d’Harold Lloyd par exemple, du rire rebelle qu’il provoque, ou de Chaplin et de son rire plus politique encore.</p>
<p><strong>Les films dont on ne se remet pas ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/12/kairo.jpg" alt="Image de Kaïro de Kiyoshi Kurosawa" title="Image de Kaïro de Kiyoshi Kurosawa" width="270" height="166" class="alignright size-full wp-image-4753" />Il y a des films qui m’ont un peu sonné, des films dont j’ai un souvenir vague mais qui me hantent parce que j’en suis ressorti presque hypnotisé sans vouloir comprendre d’où venait cette fascination, je pense par exemple à <em>Kaïro</em> de Kiyoshi Kurosawa ou aux <em>Anges déchus</em> de Wong Kar-wai. Dans un registre moins sensible, <em>Le Mépris</em> de Godard continue à me fasciner pour de nombreuses raisons, mais entre autres parce que si la passion amoureuse est irrationnelle c’est-à-dire qu’elle ne répond à aucune logique, à aucune explication sensée, la cassure passionnelle est du même ordre. Bien sûr, on peut trouver toutes sortes de petits faits qui justifient le mépris que Bardot ressent devant Piccoli, celui qu’elle aimait peu avant, mais je suis convaincu que la vraie raison est parfaitement irraisonnable. </p>
<p><strong>Les films qui ont nourri vos livres ?</strong> </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/12/teorama-pasolini.jpg" alt="Image du film Teorema de Pasolini" title="Image du film Teorema de Pasolini" width="270" height="186" class="alignleft size-full wp-image-4755" />Le cinéma, par touche, par rime, peut faire écho à certains passages de mes livres. <em>Théorème</em>, de Pasolini, a eu une influence dans l’écriture d’un de mes livres qui s’appelle <em>Les Légataires</em>. Et puis la scène ou Marlon Brando se fait casser la gueule dans <em>Sur les quais</em> de Kazan, si je ne l’ai jamais écrite en tant que telle, elle a influencé au moins deux passages précis. Je pourrais citer d’autres exemples mais il faudrait regarder les choses dans le détail. Je sais aussi que j’aurais voulu retranscrire l’esthétique implacable et minutieuse qui donne à <em>Rusty James</em> de Francis Coppola sa beauté et sa violence. Je n’ai même pas essayé et pourtant on trouve, dans un de mes livres, un personnage qui s’hypnotise devant des poissons rouges. A coup sûr une citation appuyée à ce film.</p>
<p><strong>Qui dit cinéma suisse dit Godard. Et sinon ?</strong></p>
<p>Le travail de Jean-Stéphane Bron, notamment dans <em>Cleveland contre Wall Street</em>, est excellent. Dans ce film mi-documentaire mi-fiction qui met en scène, joué par les personnes concernées, un procès qui n’eut jamais lieu, on comprend comment les gens, crédules et intellectuellement défavorisés, se sont fait berner par ceux qui agissent sans scrupules puisqu’ils ne pensent qu’à l’argent.<br />
Je me sens proche des travaux de la vidéaste Emmanuelle Antille qui filme souvent des adolescents qui parlent peu mais expriment avec force leur fragilité. Je sais qu’elle termine un film (au sens classique du terme) et je suis sûr qu’on va bientôt en entendre parler.</p>
<p><strong>Un film dont vous auriez aimé écrire le scénario ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/12/sueurs-froides-vertigo.jpg" alt="Image de Sueurs froides" title="Image de Sueurs froides" width="270" height="180" class="alignright size-full wp-image-4757" />Le film est archi-connu, mais mettre au point le scénario de <em>Sueurs froides</em>, quel bonheur. Il y a plein de choses que j’aime dans ce film mais que je me sens incapable d’inventer : la machination, la manipulation, le leurre, le dédoublement, l’illusion, les traumatismes. Et pourtant ce chef-d’œuvre d’Hitchcock souffre, à mon sens, de quelques maladresses vraisemblablement insurmontables parce que quand on montre une image au cinéma (ici, la mort de celle que l’on pense être Madeleine), il est très laborieux ensuite de venir dire que cette image n’était pas vraie. Hitchcock essaie de résoudre ce problème en faisant du spectateur son complice puisque nous savons avant le principal intéressé (Scottie) que Judy a seulement joué à être Madeleine.</p>
<p><strong>L’actrice avec qui dîner ?</strong> </p>
<p>Je me méfie des icônes et je n’oublie pas que le premier mari de Norma Jeane Baker avait certainement au mur des posters de stars hollywoodiennes qu’il regardait avant de se glisser sous les draps à côté de la future Marilyne. Pourtant, j’avoue que je délaisserais Elizabeth Taylor dans <em>Soudain l’été dernier</em> de Mankiewicz, Grace Kelly dans <em>La Main au collet</em> ou encore Katharine Hepburn dans <em>Pension d’artistes</em> de Gregory La Cava pour choisir une soirée avec Faye Dunaway, celle de <em>Bonnie and Clyde</em> ou de <em>Little Big Man</em>, mais plus encore celle de <em>L’Arrangement</em>.</p>
<p><strong>L’acteur ?</strong> </p>
<p>Une partie de billard avec Marlon Brando, je ne dirais pas non !</p>
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		<title>Prud&#8217;hommes, de Stéphane Goël</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Jun 2011 21:16:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[Suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[Les Prud'hommes, on en rêve tous un jour. Certains y vont, d'autres pas, tout est question de choix. Mais pour les indécis et les curieux, <em>Prud'hommes</em> pousse la porte d'un tribunal parfois mythique...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3><em>See you in court !</em></h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/06/affiche-prudhommes-goel.jpg" alt="Affiche du film Prud&#039;hommes de Stéphane Goël" title="Affiche du film Prud&#039;hommes de Stéphane Goël" width="211" height="280" class="alignleft size-full wp-image-3500" />Les Prud&#8217;hommes, on en rêve tous un jour. Certains y vont, d&#8217;autres pas, tout est question de choix. Mais pour les indécis et les curieux, <em>Prud&#8217;hommes</em> pousse la porte d&#8217;un tribunal parfois mythique. Visite guidée.</p>
<p>« Bon retour chez vous », dit le juge en fin d&#8217;audience. Plusieurs fois. Comme un rituel. Ca résonne comme le « Bonjour chez vous » qui a cours dans le Village du <em>Prisonnier</em>. Et sitôt les questions inoubliables « <em>What do you want ?</em> », « <em>We want information, information, information</em> », et autre « <em>By hook or by crook, we will</em>. » Bref. Un endroit aux abords accueillants, mais finalement totalitaire. Comme le monde du travail, peut-être ?</p>
<p>Pour la première fois, Stéphane Goël a reçu l&#8217;autorisation de planter ses caméras dans les salles d&#8217;audience du tribunal des Prud&#8217;hommes. On s&#8217;en rend compte très vite, grâce à ce petit accent chantant, c&#8217;est en Suisse. Les lois et fonctionnement du tribunal sont très proches du système français, à ceci près que le magistrat est professionnel et que les audiences ont lieu le soir, en dehors des heures de travail (faut pas déconner non plus). Le réalisateur laisse aussi traîner son regard en dehors des prétoires.<span id="more-3497"></span> Dans les couloirs, veillés par un huissier qui a l&#8217;air d&#8217;avoir 100 ans et de garder ces lieux depuis la nuit des temps. Loin des conflits qui s&#8217;y déroulent et s&#8217;y dénouent. Immuable.</p>
<p>Sans doute comme les inégalités qui se font jour dans ce tribunal. Les affaires que l&#8217;on suit concernent des travailleurs, souvent immigrés, ou jeunes, ou femmes, ou les deux voire les trois. Ils ont été exploités, impayés, virés. L&#8217;audience est orale. Et la parole se fait pouvoir. Il y a le juge, qui n&#8217;aime pas trop être interrompu. <strong>Mais il y a surtout l&#8217;avocat, toujours aux côtés de l&#8217;employeur, bien plus rarement à ceux de l&#8217;employé.</strong> Le cynique détestable. Le roublard perfide. Et pourtant, Stéphane Goël ne fait pas dans le manichéisme. Tous les patrons sont des salauds, tous les salariés des héros brimés. Ben pas forcément.</p>
<p>Et c&#8217;est finalement l&#8217;agréable surprise de <em>Prud&#8217;hommes</em> : toucher du doigt la complexité de ces affaires, où se mêlent réalisme économique, estime de soi, et finalement, aussi simplement que ça, relations humaines. Dans toute leur complexité. Certains viennent réclamer justice, d&#8217;autres de l&#8217;argent, mais la majorité se situe entre les deux. Ni la justice suprême, l&#8217;honneur lavé, la honte sur le méchant et sur ses descendants sur douze générations, ni le pognon à tout prix. Ce qui se joue entre ces quatre murs, après le pouvoir de la parole, c&#8217;est aussi celui de l&#8217;écoute. <strong>Ils veulent être entendus, pour être reconnus.</strong> Avoir l&#8217;occasion de s&#8217;expliquer, de s&#8217;exprimer. Dans un lieu neutre. Ce n&#8217;est pas toujours évident quand on est face à l&#8217;avocat décrit plus tôt, mais cela commence à l&#8217;Inspection du travail, au syndicat – qui parfois assiste en lieu et place de l&#8217;avocat le plaignant désavantagé -, premiers lieux d&#8217;expression de la souffrance au travail. Et le réalisateur nous met dans cette position. Recevoir les témoignages, parfois pathétiquement drôles, souvent douloureusement poignants. Sans autre jugement que le nôtre.</p>
<p>Avec ces plans fixes, ces intermèdes rituels de l&#8217;huissier, Stéphane Goël signe un film étonnamment calme. Laissant le sentiment que ces affaires ne font que passer, les unes après les autres. Jamais ni tout à fait les mêmes, ni tout à fait autres. Sauf qu&#8217;elles n&#8217;ont rien d&#8217;un rêve. <strong>Elles décrivent une réalité du travail comme faisant partie de l&#8217;identité, de la construction de soi, et donc parfois de la déconstruction de soi.</strong> Sans qu&#8217;on ait l&#8217;impression que quoi que ce soit puisse remédier à ça, si ce n&#8217;est l&#8217;écoute et l&#8217;échange. Qui ne semblent pas compatibles avec le monde du travail, et la fameuse crise dont on parle tant, pourtant. Alors qu&#8217;entre 1984 et 2008, le contentieux prud&#8217;homal aura augmenté d&#8217;environ 10 %, il augmente encore de 18 % entre 2008 et 2010, indique le dossier de presse. Allez, bonjour chez vous.</p>
<p>Prud&#8217;hommes<em> de Stéphane Goël. Suisse, 2010. Sortie le 8 juin 2011.</em></p>
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