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	<title>Grand Écart &#187; Star Wars</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Star Wars VII : le réveil de la Force, de J.J. Abrams</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Dec 2015 15:13:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>François Damville</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Adam Driver]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
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		<category><![CDATA[Star Wars]]></category>

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		<description><![CDATA[Tout fan de la série vous le confirmera : <em>Star Wars</em> a défini ses propres codes et perdure depuis 40 ans car chacun tente de les respecter du mieux possible. De fait, le...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Il y a longtemps, dans une galaxie lointaine&#8230; trop lointaine</h3>
<p><strong>Critique garantie sans spoiler.</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/12/star-wars-7-reveil-force-foule-cinema.jpg" alt="Un peu d&#039;attente pour Star Wars 7" title="Un peu d&#039;attente pour Star Wars 7" width="280" height="157" class="alignleft size-full wp-image-22710" />Tout fan de la série vous le confirmera : <em>Star Wars</em> a défini ses propres codes et perdure depuis 40 ans car chacun tente de les respecter du mieux possible. De fait, le familier texte d’introduction de ce septième épisode, revêtu de sa perspective dorée et rassurante, se termine étonnamment par quatre points de suspension, étrange liberté typographique soulignant d’entrée une soif de parachèvement, envers et contre toute règle pourtant établie à l’avance… Nous voilà prévenus.</p>
<p>Après 32 ans d’attente (car les gens de bon goût font fi autant de la prélogie que de la quatrième aventure d’<em>Indiana Jones</em>), une dream team s’est finalement réunie autour de J.J. Abrams. Ne manque que Billy-Lando-Dee Williams encore un peu trop gourmand et le regretté Roger Carel pour les voix françaises. Les autres (acteurs, scénaristes, maquilleurs, musicien ou designer sonore d’origine) sont tous là, moins un George Lucas finalement gardé à distance. Bref, l’équipe de rêve d’une princesse au bois dormant qui a déjà réussi l’exploit marketing de se refaire désirer. La séance est levée et l’excitation grandit.</p>
<h3>De la guerre sans beaucoup d&#8217;étoiles</h3>
<p>Le film déroule donc plaisir et questions mais la gêne remplace peu à peu les étoiles dans nos yeux : trop de fan service tue le fan service. Harrison Ford joue une promenade de santé. Lui qui aurait pu nous gratifier d’un rôle dramatique à la hauteur de la situation et de son talent, se rebelle dans la facilité et le <em>revival</em> déplacé. Les méchants, eux, ont très clairement été sous-évalués et si Adam Driver s’en sort avec un mot d’excuse, Andy Serkis est simplement vidé de son charisme numérique habituel. <span id="more-22707"></span>C3PO se résume à un caméo et R2D2 devient une simple boîte de conserve, terriblement soustrait à l’humanité qui a fait toute sa gloire. Reste qu’il est plus utilisé que la Stormtrooper argentée ou le marchand de ferraille de Jaku, des personnages que l’on reverra peut-être mais dont le peu de développement laisse pour le moins perplexe.<br />
Certains choix de réalisation et de montage paraissent hasardeux ou choisis à la va-vite, ce qui paraît quand même étonnant lorsqu’on connaît le CV du réalisateur. On est très loin de la picturalité d’origine malgré son esthétique proche qui copie toutes les cinq minutes un plan des anciens films comme pour mieux s’excuser de nous rattacher à quelque chose de tangible. C’est d’autant plus dommage que certaines séquences, vertigineuses et assumées comme celle du Faucon Millenium rasant le dessus des vagues ou se frayant un passage dans des arbres, sont absolument sublimes de modernité, de cohérence et d’efficacité. Mais rappelons un fait pourtant simple aux intéressés : le vaisseau, aussi rapide soit-il, ne traverse pas l’univers en 5 secondes…<br />
La musique de John Williams est quasi inexistante, seulement remarquable en début et en fin de métrage. Un comble lorsqu’on connaît sa qualité, l’importance de ses thèmes, et qu’on a pu écouter celle, sublime, de la prometteuse bande-annonce. Les effets numériques sont à la hauteur, mais ne dissimulent pas toujours un budget relativement modeste pour un projet de cette envergure (200 « petits » millions de dollars, autant que pour <em>Van Helsing</em>, <em>Iron Man 3</em> ou <em>Monstres Academy</em>…). De fait, on est surpris de découvrir des décors qui font… décors&#8230; et certains aliens au design douteux. Avec un film historique en termes d’effets spéciaux, qui n’aurait pas souhaité le haut de gamme et éviter la maladresse ou la fainéantise ? A titre d&#8217;exemple, le son du robot BB-8 est disponible pour smartphones depuis plus de 6 ans. On a déjà vu mieux en termes de créativité.</p>
<h3>Star Wars Reboot</h3>
<p>La mythologie n’a pas eu droit à beaucoup plus d’égards. L’histoire brouillonne hésite entre deux ou trois héros adolescents peu crédibles qui ne marqueront pas. Les lieux et les batailles s’enchaînent sans temps de repos suffisant. Balloté dans un récit superficiel pourtant nourri de nos attentes les plus grandes, le temps défile entre deux sourires d’archives et c’est avec un cœur de plus en plus lourd que notre souvenir se précise : on n’écrit pas un conte comme un clip et les invraisemblances se doivent d’y être plus mesurées. Enfin, il ne suffit pas de faire applaudir une salle toutes les 10 minutes, telle l’arrivée d’un personnage de <em>Friends</em>, « pour faire un bon film de vaisseaux spatiaux » dixit son créateur lucide et un peu amer. Oublier à ce point le rythme narratif quand on a autant le souci de bien faire est incompréhensible.<br />
Certaine réjouissances accompagneront toutefois notre déception. La première heure notamment, le déjà connu BB-8 qui renvoie Jar Jar Binks définitivement aux oubliettes, les nouveaux venus Daisy Ridley et John Boyega, quasi sans faute et qui auraient dû faire le centre de l’histoire, les retours réussis de Chewbacca, de Luke, de Leïa, d&#8217;un humour caustique et d’un peu de poussière. Mais quel dommage que celle-ci rappelle plus <em>Expendables</em> que la misère d’une dictature intergalactique ayant traumatisé plusieurs générations de spectateurs.</p>
<p>Je n’aurais jamais pensé encore dire d’un film qu’il lui manque un peu de George Lucas, et pourtant&#8230; <em>Le Réveil de la Force</em> se devait « d’apprendre la patience » qu&#8217;il a lui-même exigé. Par excès de confiance et de légèreté, il manque de prendre son temps, comme pour vite passer sur le fait qu’il n’a finalement que peu à raconter aux fans exigeants. Seule une phrase du film reste alors en tête, et résume à elle seule le sentiment de ces derniers : <em>« Ce que tu cherches ne se trouve pas derrière toi, mais devant toi. »</em></p>
<p>&nbsp;<br />
Star Wars VII : le réveil de la Force <em>de J.J. Abrams, avec Daisy Ridley, John Boyega, Oscar Isaac, Harrison Ford, Adam Driver, Carrie Fisher, Andy Serkis, Mark Hamill&#8230; Etats-Unis, 2015. Sortie le 16 décembre 2015.</em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="//www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/5rzqus/zone/2/showtitle/1/"></script></center></p>
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		<title>Rencontre avec Guy Maddin</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Dec 2015 07:33:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Apichatpong Weerasethakul]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Charlotte Rampling]]></category>
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		<category><![CDATA[interview]]></category>
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		<category><![CDATA[surréalisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce 16 décembre, vous êtes plutôt <em>Star Wars VII</em> ou <em>La Chambre interdite</em> ? On va vous aider à choisir en compagnie de Guy Maddin, cinéaste génial.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: right;font-size:90%;"><em>Merci à <a href="http://www.grand-ecart.fr/auteur/yvan/" target="_blank">Yvan</a> pour sa collaboration et sa traduction</em></p>
<h3>Le collage fou, fou, fou</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/12/guy-maddin.jpg" alt="Guy Maddin" title="Guy Maddin" width="194" height="280" class="alignleft size-full wp-image-22682" /><strong>Tout le monde le sait, <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/star-wars-episode-7-reveil-force-jj-abrams/" title="Star Wars VII : le réveil de la Force, de J.J. Abrams" target="_blank">Star Wars VII</a></em> sort le 16 décembre et va littéralement envahir la planète cinéma.</strong> <em>« Génial »</em>, diront les (nombreux) uns, <em>« Oh non, qu&#8217;est-ce que je vais bien pouvoir aller voir au cinéma »</em>, souffleront les (quelques) autres. Pas d&#8217;inquiétude ! Ce même 16 décembre de l&#8217;an 15 sort <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/chambre-interdite-guy-maddin-evan-johnson/" title="La Chambre interdite, de Guy Maddin et Evan Johnson" target="_blank">La Chambre interdite</a></em>, qui va (évidemment) détrôner <em>Star Wars</em> au box-office.</p>
<p>D&#8217;un côté, une grosse machine hollywoodienne attendue depuis dix ans, pleine d&#8217;acteurs trop payés et de fonds verts. De l&#8217;autre, la plus belle poésie qui soit et un pari totalement fou : reprendre les films « perdus » (parce que disparus dans les affres du temps ou jamais réalisés) d&#8217;une multitude de réalisateurs classiques, tourner une séquence pour chacun de ces films, et ensuite coller le tout. Les fragments de chaque film ont été tournés en public et en deux temps lors de l&#8217;installation <em>Séances</em> (parfois appelée <em>Spiritismes</em>), au Centre Pompidou en 2012 puis au Centre Phi de Montréal en 2013. Résultat &#8211; en deux temps aussi : d&#8217;abord ce long-métrage, <em>La Chambre interdite</em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/chambre-interdite-guy-maddin-evan-johnson/" title="La Chambre interdite, de Guy Maddin et Evan Johnson" target="_blank"></a>, collage hallucinant et fascinant, puis, tout au long de l&#8217;année 2016, un site Web qui permettra de visionner des courts-métrages aléatoires et éphémères. <span id="more-22649"></span></p>
<p>Au centre de ce projet pharaonique et fantasque, Guy Maddin, cinéaste canadien de l&#8217;étrange, riche d&#8217;une œuvre unique (<em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/ulysse-souviens-toi-keyhole-guy-maddin/" title="Ulysse, souviens-toi !, de Guy Maddin" target="_blank">Ulysse, souviens-toi !</a></em>, <em>The Saddest Music in the World</em>, <em>Des trous dans la tête</em>&#8230;), dont l&#8217;imagination et le désir de se renouveler semblent sans limite. Impatients de le rencontrer, on l&#8217;était. On s&#8217;imaginait quelqu&#8217;un de très sérieux quand il s&#8217;agit de parler d&#8217;art et de cinéma, d&#8217;un peu sombre &#8211; à l&#8217;image de ses films &#8211; et de distant, et on a eu tout l&#8217;inverse : Guy Maddin est pétri d&#8217;humilité et d&#8217;autodérision, drôle, volubile, passionnant&#8230; et un peu fou. Rencontre dans une galaxie très lointaine.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Saviez-vous déjà au moment du tournage au Centre Pompidou que le projet deviendrait un long-métrage ?</strong></p>
<p>Non. Je l’ai compris avant de tourner au Centre Phi. En fait, le seul moyen d’obtenir des financements pour ce projet Internet était d’en faire aussi un long-métrage. On a donc continué de travailler sur <em>Séances</em>, le projet Web, tout en amassant du matériau supplémentaire pour en faire <em>La Chambre interdite</em>. </p>
<p><strong>Vous croyez vraiment au spiritisme ou c’est juste de la performance ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/12/chambre-interdite-maddin-spiritisme.jpg" alt="La Chambre interdite, de Guy Maddin" width="280" height="140" class="alignright size-full wp-image-22696" />Si je me trouvais en pleine nuit dans une maison hantée avec des bruits inquiétants, une tempête à l’extérieur, que je sentais la main de quelqu’un sur mon épaule, je serais mort de peur, mais je n’imaginerais pas une seconde qu’il s’agirait d’un fantôme ! En revanche à partir du moment où j’ai une caméra entre les mains, d’une certaine manière, je crois aux fantômes… Les fantômes sont un procédé littéraire et filmique idéal pour parler des souvenirs, de la mémoire, la culpabilité, l’envie, l’amour qu’on a pour ses proches décédés, des lieux importants pour soi… Quand on tient une caméra, c’est bien de croire à ça. Dire que l’on croit aux fantômes, c’est la même chose que dire que l’on croit au cinéma. Quand on va dans une salle, les lumières s’éteignent et on a envie d’être enchanté par le film. On est dans le noir, on a envie de prendre plaisir ; parfois c’est le cas, les lumières se rallument et alors, on décide de croire ou non aux fantômes qu’on vient de voir.</p>
<p><strong>Tourner en public, c’est comment ?</strong></p>
<p>C’est fabuleux. J’avais déjà fait quelques shows en live avec mes films : Des trous dans la tête par exemple, où il y avait un orchestre et des effets spéciaux live, et il y avait un narrateur sur Winnipeg mon amour. Je me sentais comme un showman, ça me donnait l’impression de pouvoir contrôler le niveau d’implication du public, de pouvoir garantir que tout le monde s’amuse et que personne ne s’ennuie et ne sorte. Avec La Chambre interdite, ça a commencé comme ça : j’essayais de créer une ambiance de show sur le plateau pendant le tournage, pour que tout le monde se sente bien et pas sur quelque chose de pro et sérieux. Et à un moment donné ça marche : le public oublie la présence des caméras, les acteurs et le réalisateur oublient la présence du public, c’était génial. Seuls quelques petits incidents nous rappelaient qu’on était en présence du public : des quintes de toux, le regard d’un type me fixant sans arrêt pendant trois jours, même de la nourriture tombant d’un étage sur Charlotte Rampling ! Charlotte a d’ailleurs participé pendant quatre jours, elle a fait quatre films perdus mais n’apparaît que brièvement dans <em>La Chambre interdite</em>. On en garde pas mal pour le Web !</p>
<p><strong>Comment s’est passé le casting des acteurs à Pompidou ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/12/tournage-chambre-interdite-guy-maddin.jpg" alt="Guy Maddin lors des séances de Spiritismes" title="Guy Maddin lors des séances de Spiritismes" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-22685" />J’avais un agent qui connaissait bien mon univers et le milieu des acteurs parisiens. Il a su qui pouvait convenir à mon style de films et au côté assez fou du projet. Il a organisé plusieurs rencontres, et j’ai tenté d’expliquer à chacun la nature du projet. Tout le monde a dit oui. Le seul qui n’a pas pu, et que je n’ai pas rencontré, c’est Frederick Wiseman, qui vivait alors à Paris. C’est très drôle d’ailleurs, parce que j’ai maintenant un poste d’enseignant à Harvard à Boston, où il vit également… Je le vois parfois. Peut-être que je vais l’attendre la prochaine fois, j’aurai ma caméra et je le filmerai en train de sortir ses poubelles !</p>
<p><strong>Comment avez-vous présenté le projet aux acteurs ?</strong></p>
<p>Ça prenait à chaque fois beaucoup de temps&#8230; Il n’y a pas d’explication en une phrase ! Je n’ai jamais trouvé la meilleure façon de le présenter. J’ai toujours entamé de manière différente, en finissant quand même par retomber sur mes pieds. J’étais plus loquace et plus vif à l’époque, je devais donner l’impression que je savais ce que je faisais ! En tout cas, ils ont accepté, mais ça date d’il y a tellement longtemps maintenant, je suis sûr qu’ils ont oublié entre-temps ! Ils ne s’en souviendront plus en le revoyant, surtout que l’image elle-même a été altérée.</p>
<p><strong>Chaque séquence est construite à partir d’un film perdu : d’où vient ce pari totalement fou ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/12/affiche-originale-chambre-interdite-forbidden-room.jpg" alt="The Forbidden Room aka La Chambre interdite" title="The Forbidden Room aka La Chambre interdite" width="189" height="280" class="alignright size-full wp-image-22678" />Ça a commencé il y a plusieurs années. Je lisais beaucoup d’ouvrages au sujet de mes réalisateurs préférés, et à la fin des livres on trouve souvent une section sur les films qu’ils n’ont jamais terminés ou qui ont été perdus. Parallèlement, au début des années 1990, pour une raison qui m’échappe encore aujourd’hui, je refaisais ces films perdus. Et puis en 2010, je me suis rendu compte que le Web était le support parfait pour parler des films perdus : on peut facilement y diffuser des courts-métrages, faire interagir des fragments, comme si on convoquait des esprits pendant une séance de spiritisme… Les fragments vont se combiner encore et encore pour former de nouveaux films. </p>
<p><strong>C’est le principe du site à venir, dédié au projet…</strong></p>
<p>Oui, il va coller des fragments de manière aléatoire les uns avec les autres et modifier la musique, les couleurs. Le premier film généré par le programme s’appelait <em>Wise Trumpets of the Milky Milk Night</em> ; il durait environ 10 minutes. Je l’ai regardé, puis le programme l’a détruit à jamais ! C’est un programme qui crée un nouveau film à partir de matière perdue et le reperd ensuite. Il y aura une liste exhaustive de tous les titres ainsi créés et perdus. Ça sera comme un Père-Lachaise des films Internet… </p>
<p><strong>Comment avez-vous choisi les films perdus qu’on trouve dans <em>La Chambre interdite</em> ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/12/udo-kier-guy-maddin-chambre-interdite-strength-of-moustache.jpg" alt="Udo Kier dans La Chambre interdite" title="Udo Kier dans La Chambre interdite" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-22686" />J’ai choisi ceux qui semblaient faisables avec notre budget <a href="#ref">(1)</a>. Il y avait beaucoup de kammerspiel <em>[films intimistes allemands des années 1920, ndlr]</em>. On a appris à faire avec pas grand-chose et en public, donc on a choisi des histoires avec peu d’acteurs, qui pouvaient être tournées en intérieur. En arrivant à Montréal, on avait trouvé un moyen pour que les intérieurs ressemblent à des extérieurs… Enfin, à peu près… On avait prévu de tourner également dans d’autres villes, mais le projet s’est effondré, ça demandait trop d’argent, c’était trop fou ! Il devait y avoir un tournage au MOMA à New York, un autre à Winnipeg, ma ville natale, ou encore à la Biennale de Sao Paulo. Quoique ce dernier, c’est moi qui l’aie fait capoter ! Au moment où on devait tourner, il y a eu une montée énorme des meurtres dans la ville, du jamais vu. J’y avais déjà été auparavant et j’avais été témoin de deux kidnappings… Bref, je n’avais plus du tout envie d’y aller ! Et les autres tournages à Winnipeg et New York, ce sont mes producteurs qui les ont laissé filer… Ils n’étaient pas très bons… Mais, soit ! J’ai un film et un site, c’est assez… Mais j’écris tout de même un essai sur tous les titres perdus que je n’ai pas pu réaliser. Je vais peut-être prétendre les avoir tournés, c’est plus facile que de les tourner pour de vrai !</p>
<p><strong>Certaines séquences sont tellement folles que c’est dur d’imaginer qu’il s’agit de vrais films, par exemple avec <em>The Strength of a Moustache</em>, de Mikio Naruse…</strong></p>
<p>Oui, c’est pourtant le cas ! Mais on ne sait pas grand-chose sur ce film… Il y a aussi <em>Fist of A Cripple</em> et <em>Dream Woman</em>, qui sont des films que j’avais vraiment envie de voir, il a donc fallu que je les tourne !  </p>
<p><strong>Vous pensez que, d’où ils sont, les réalisateurs vous voient et vous sont reconnaissants d’avoir sorti leurs films de l’oubli ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/12/la-chambre-interdite-mathieu-amalric-dream-woman-alice-guy.jpg" alt="Mathieu Amalric et Ariane Labed dans La Chambre interdite" title="Mathieu Amalric et Ariane Labed dans La Chambre interdite" width="280" height="158" class="alignright size-full wp-image-22683" />Il existe un proverbe anglais qui dit que l’imitation est la plus sincère forme de flatterie. J’espère qu’ils voient ça comme un hommage, un geste d’amour. Je devrais peut-être faire un pèlerinage sur leurs tombes maintenant, et y déverser des pixels, pour faire un geste et m’assurer de la bienveillance de leurs esprits ! Quoique se rapprocher trop de leur corps est peut-être une mauvaise idée, si une main jaillit soudain du sol et m’agrippe. Imaginez l&#8217;esprit furieux d’un réalisateur japonais ! Non, je vais les laisser en paix, au pire j’attendrai que leurs avocats morts viennent me chercher des noises…</p>
<p><strong>On a souvent l’impression que vos films parlent de vous ; pourtant avec <em>La Chambre interdite</em>, on dirait plutôt que vous parlez des autres…</strong></p>
<p>Souvent on avait une vague idée de la trame, parfois une affiche, voire juste le titre… Parfois je rêvais de mes angoisses la nuit avant d’écrire un scénario, donc j’y ajoutais cette part de moi ; parfois encore, il s’agit d’histoires qui me sont arrivées. Les deux segments avec Mathieu Almaric – l’un basé sur le film d’Alice Guy-Blaché, <em>Dream Woman</em>, et l’autre sur <em>Blue Mountain Mystery</em> de Lotty Liel – sont en fait réalisés à partir d’événements de ma propre vie… C’est comme pour le film de Mikio Naruse, <em>The Strength of a Moustache</em> : j&#8217;étais jeune quand mon père est mort, je rêvais tout le temps qu’il revenait pour récupérer des choses… A chaque fois j’oubliais son enterrement, et j’étais content de le voir réapparaître, de le savoir en vie, et je me disais que j’avais une minute à peine pour le persuader de rester. Mais il repartait toujours avec son autre famille, c’était une visite très brève. Ce souvenir se retrouve dans le film. Dans tous ces fragments il y a des obsessions comme la peur du vagin, c’est beaucoup lié au courage masculin, comme la plupart de mes rêves… </p>
<p><strong>Que répondez-vous à ceux qui considèrent que <em>La Chambre interdite</em> est un film en bordel ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/12/chambre-interdite-guy-maddin-brain.jpg" alt="La Chambre interdite, de Guy Maddin" title="La Chambre interdite, de Guy Maddin" width="280" height="156" class="alignleft size-full wp-image-22680" />Je dirais que c’est très bien vu ! Je suis complètement d’accord. Après avoir vu le film, je voudrais que les gens se sentent comme s’ils avaient été rejetés par les flots sur le rivage, ayant à peine survécu à la noyade dans le tourbillon de la narration. Je voulais qu’il y ait une impression de « trop-plein ». Un film qui se replonge dans des œuvres perdues ne pouvait pas être mignon ni court… Il fallait que les gens aient l’impression d’être passés par beaucoup de choses. Il fallait qu’il soit trop long. J’ai toujours lutté pour réduire la durée de mes films, et souvent j’ai échoué. J’aimerais que mes films soient plus concis, qu’ils aient un rythme plus soutenus, qu’ils soient plus courts. Et celui-ci donnera fatalement l’impression d’être trop long… Mais c’est ainsi ! J’aurais été encore plus déçu si après tout ce travail, le film m’avait paru trop court !</p>
<p><strong>D’après vous, qu’est-ce qu’on doit trouver dans un bon film ?</strong></p>
<p>C’est très compliqué, ça ! J’aime les films très populaires – l’un de mes films préférés de ce siècle est <em>Mission : Impossible 4</em> – mais j’aime aussi <em>Cuadecuc, Vampir</em>, un documentaire d’avant-garde sur le tournage du <em>Dracula</em> de Jess Franco. Le réalisateur, Pere Portabella, a placé sa caméra à côté de celle de Franco et a fait en douce son propre film ! Puis il a enlevé tous les dialogues, ça donne quelque chose de très étrange. J’aime aussi l&#8217;installation de Martin Arnold, <em>Deanimated</em>. Il a pris un film avec Bela Lugosi, <em>The Invisible Ghost</em>, et a enlevé numériquement les acteurs et les dialogues pour qu’il ne reste que la caméra qui avance dans des couloirs sombres et vides avec la musique qui va crescendo, sans aucune interaction à l’écran. Ca ne dure que 48 minutes, mais on a l’impression que ça dure deux heures, j’adore ce film. J’aime aussi les films oscarisés des années 1930. Bon, vous avez remarqué que j’ai des goûts très éclectiques, mais ça ne répond pas du tout à votre question…</p>
<p><strong>Oui, mais c’est intéressant.</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/12/roy-dupuis-chambre-interdite-sous-marin-guy-maddin.jpg" alt="Roy Dupuis dans La Chambre interdite" title="Roy Dupuis dans La Chambre interdite" width="280" height="151" class="alignright size-full wp-image-22684" />Je pense qu’un metteur en scène doit savoir exactement ce qu’il fait et le faire très bien, ou ne rien savoir et faire un film complètement fou, ou même un mélange des deux ! J’aime qu’un film soit excentrique, surprenant par sa sophistication ou son étrangeté, j’aime être enchanté par ce que j’ai en face de moi. Voilà, la version concise, c’est ça : j’ai envie d’être pris ! Et dans ce cas, je veux bien faire des efforts pour rester éveillé et concentré. Je me rends bien compte que ma réponse est un vrai bordel, mais c’est la première fois qu’on me pose cette question…</p>
<p><strong>Donc vous aimez les films qui vont jusqu’au bout ?</strong></p>
<p>Oui… Bien sûr, un film qui n’est que fou, c’est très déprimant au bout d’un moment… Il y a ce film japonais, <em>Hausu</em>, de Nobuhiko Obayashi ; j’étais à Harvard quand il l’a présenté. C’est un film qui va au bout de sa folie, qui invente des règles pour les briser deux secondes après. A la fin, le spectateur est épuisé, et face à une pile de règles brisées encore fumantes… Jean Vigo fait un peu la même chose à sa manière. C’est un peu ce que j’ai envie de faire dans mes films, mais ensuite je réalise à quel point un film est un organisme complexe, que je risque de déséquilibrer totalement en faisant ça. Parfois je m’attache plus à l’ambiance, à la musique, la logique ou même au jeu des acteurs, et j’oublie d’autres aspects… C’est compliqué ! Mais j’apprends doucement, je suis déterminé – c’est déjà ça. Si jamais je pouvais atteindre l’âge de 120 ans, je pense qu’en l’an 2075 je ferais de supers films ! Du côté de mon père, les gens meurent jeunes : aujourd’hui <em>[ndlr : le 27 novembre 2015]</em>, j’ai 117 jours de plus que mon père à sa mort. Du côté de ma mère les gens meurent vieux, mais dans des fusillades ou des choses comme ça, des triangles amoureux… Si jamais je me fais vieux, j’essaierai d’éviter les triangles amoureux, ou si je trompe quelqu’un je vérifierai qu’elle ne possède pas un gros arsenal.</p>
<p><strong>En France, <em>La Chambre interdite</em> sort le même jour que <em>Star Wars VII</em> : c’est un hasard ? </strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/12/chambre-interdite-clara-furey-guy-maddin.jpg" alt="Clara Furey dans La Chambre interdite" title="Clara Furey dans La Chambre interdite" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-22679" />Non, c’est fait exprès, on va faire quoi ? Se coucher ? Moi je dis <em>« Vas-y </em>Star Wars<em>, montre ce que tu as dans le ventre ! »</em> Plus sérieusement, aux Etats-Unis il y a ces saisons formatées pour la sorties des blockbusters, en été et à Noël. Ce sont des périodes vraiment surchargées. Les autres films, les petits films d’art et essai comme le mien, sortent toujours en dehors de cette période-là. C’est donc un grand moment de ma carrière ! J’adore ! Imaginez juste une seconde que tout le monde se trompe et qu’on s’aperçoive que <em>La Chambre interdite</em> a battu <em>Star Wars</em> au box-office ? C’est le début d’une nouvelle Révolution française…</p>
<p><strong>Apichatpong Weerasethakul a déclaré qu’il adorerait réaliser un jour un gros film avec plein d’explosions, comme il les aime parfois en tant que spectateur. Et vous ?</strong></p>
<p>Je ne sais pas&#8230; Je n’ai toujours pas rencontré Apichatpong, mais de temps à autre il envoie un tweet à mon sujet, c’est très gentil et j’aime beaucoup ses films. On se rencontrera un de ces jours ; d’ailleurs on a déjà été dans le même bâtiment une fois, c’était un magasin de DVD à Chicago, et il m’a fait passer un mot par un vendeur. J’ai répondu mais on n’a pas eu l’occasion de se voir. Et quand j’ai présenté <em>La Chambre interdite</em> au TIFF, il a tweeté qu’il avait hâte de le voir. Peut-être que si je fais un gros film à explosion un jour, il pourra venir sur le tournage et on fera exploser les bombes ensemble !</p>
<p><strong>Quel type de spectateur êtes-vous ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/12/chambre-interdite-volcan-guy-maddin.jpg" alt="La Chambre interdite, de Guy Maddin" title="La Chambre interdite, de Guy Maddin" width="280" height="158" class="alignright size-full wp-image-22697" />Je ne vais pas souvent seul au cinéma. Un peu plus, récemment, parce que j’enseigne à Harvard et qu’ils ont une très bonne cinémathèque, donc je m’habitue à y aller seul, mais avant j’avais toujours besoin d’être accompagné. Ce qui fait que je vais parfois au cinéma tous les jours, puis des mois entiers passent sans que j’y aille. J’ai donc des lacunes bizarres dans ma cinéphilie. Par exemple je n’ai pas vu les cinq derniers épisodes de <em>Star Wars</em>, il faut que je rattrape tout ça ! J’aime bien aller dans de bonnes salles, des vraies salles art et essai. A Winnipeg, il n’y en a pas. C’est pour ça que j’adore Paris : quand on tournait ici, j’allais tous les soirs au cinéma. Mon éducation cinématographique s’est fait beaucoup par la VHS, c’est donc super de voir ensuite ces films au cinéma. Enfant, j’y allais le matin et j’y passais la journée entière. Je me souviens d’une fois où je suis allé au cinéma en maillot de bain ! J’avais froid avec l’air climatisé, mais en sortant le soir il faisait chaud, alors je me suis réchauffé sur le chemin du retour. C’était une période étrange et enchantée, parfois je voyais six fois le même film…</p>
<p><strong>Quel est votre plus vieux souvenir de cinéma ?</strong></p>
<p>C’était dans un drive-in où mon frère m’avait emmené avec sa copine. Ils étaient à l’avant et moi à l’arrière, et il n’a fait que l’embrasser pendant tout le film. On regardait <em>Les Mille et Une Nuits</em>, avec Maria Montez. C’était sublime, mais on était en hiver et toute cette embrassade provoquait de la buée sur le pare-brise qui gelait… A la fin, je voyais Maria Montez à travers un halo de gel brumeux !</p>
<p>&nbsp;<br />
La Chambre interdite<em> (The Forbidden Room) de Guy Maddin et Evan Johnson, avec Amira Casar, Maria de Medeiros, Udo Kier, Mathieu Amalric, Charlotte Rampling, Jean-François Stévenin, Jacques Nolot, Géraldine Chaplin, Adèle Haenel, Louis Negin&#8230; Canada, 2015. Sortie le 16 décembre 2015.</em></p>
<p><a href="#ref" name="ref"></a><br />
<em>(1) Liste des films tournés à Paris et Montréal :<br />
<strong>A Paris :</strong></p>
<ul>
<li>Dream Woman (Alice Guy-Blaché, 1914, Etats-Unis)</li>
<li>Thérèse Raquin (Jacques Feyder, 1928, Allemagne)</li>
<li>Gardener Boy Sought (George Schnéevoigt, 1913, Danemark)</li>
<li>Poto-Poto (Erich von Stroheim, non-réalisé)</li>
<li>Rausch [Intoxication] (Ernst Lubitsch, 1919, Allemagne)</li>
<li>The Strength of a Moustache (Mikio Naruse, 1931, Japon)</li>
<li>Lines of the Hand (Jean Vigo, non-réalisé)</li>
<li>Over Barbed Wire (Aleksandr Dovzhenko, URSS, non-réalisé)</li>
<li>Fist of a Cripple (Tetos Dimitriadis, 1930, Grèce)</li>
<li>Blue Mountains Mystery (Lottie Lyell, 1921, Australie)</li>
<li>Idle Wives (Lois Weber, 1916, Etats-Unis)</li>
<li>Resurrection of Love (Kenji Mizoguchi, 1923, Japon)</li>
<li>Tararira (lost Benjamin Fondane, 1936, Argentine)</li>
<li>Bits of Life (Lon Chaney, Sr. &#038; Anna May Wong, 1921, Etats-Unis)</li>
<li>Ladies of the Mob (William Wellman, 1928, Etats-Unis)</li>
<li>Hello Pop! (Jack Cummings, 1933, USA)</li>
<li>Sperduto nel buio [Lost in the Dark] (lost Nino Martoglio, 1914, Italie)</li>
<li>The Blind Man (Alfred Hitchcock, non-réalisé)</li>
<li>How to Take a Bath (Dwain Esper sexploitation film, 1937, Etats-Unis)</li>
</ul>
<p><strong>A Montréal :</strong></p>
<ul>
<li>Saint, Devil and Woman (Frederick Sullivan, 1916)</li>
<li>Tokyo’s Ginza District (Tsunekichi Shibata, 1898, Japon)</li>
<li>Gabriele, the Lamplighter of the Harbour (Elvira Notari, 1919, Italie)</li>
<li>Der Janus-kopf (F.W. Murnau, 1920, Allemagne)</li>
<li>Women Skeletons (Guan Heifeng, 1922, Chine)</li>
<li>Scout Day (Albert Tessier, 1929, Canada)</li>
<li>The Scorching Flame (1918, Armand Robin, Canada)</li>
<li>The Red Wolves (Joseph Roth)</li>
<li>Trumpet Island (1920, Tom Terriss, Etats-Unis)</li>
<li>Drakula Halala (1921, Károly Lajthay, Hongrie)</li>
<li>Dalagang Bukid (1919, José Nepomuceno, Philippines)</li>
</ul>
<p></em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="//www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/5vq383/zone/2/showtitle/1/"></script></center></p>
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		<title>Rencontre avec Cédric Delsaux</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Oct 2014 14:33:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
		<category><![CDATA[Star Wars]]></category>

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		<description><![CDATA[Depuis qu’on a découvert sa série <em>Dark Lens</em> (où les personnages de <em>Star Wars</em> se posent sur Terre dans des lieux abandonnés), on se passionne pour le travail très cinématographique de Cédric Delsaux...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/10/delsaux_the-buick.jpg" alt="The Buick de Cédric Delsaux" title="The Buick de Cédric Delsaux" width="280" height="210" class="alignleft size-full wp-image-19433" /><strong>Depuis qu’on a découvert la série photo <em>Dark Lens</em> (ou quand les personnages de <em>Star Wars</em> se posent sur Terre dans des endroits abandonnés), on se passionne pour le travail très cinématographique de Cédric Delsaux. De George Lucas à Marie-Antoinette, l’artiste nous parle de ses projets hors norme et de ses méthodes de travail dignes de celles d’un réalisateur.</strong></p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Vous avez obtenu une notoriété internationale avec <em>Dark Lens</em>. Comment est né ce projet ?</strong></p>
<p>C&#8217;est venu d&#8217;une perception que je développe en moi depuis longtemps : à savoir que l&#8217;on vit en plein fantastique, dans un monde qui n&#8217;a rien à envier à ceux que l&#8217;on invente, peuplé de lieux qui deviennent des non-lieux, comme les parkings abandonnés ou les terrains laissés en jachère&#8230; Je me suis alors demandé pourquoi ne pas incorporer à ces lieux, des personnages de fiction et pourquoi ne pas les coloniser par du fantastique proprement dit. Voilà qui leur conférerait toute leur force ! Au premier regard, ce sont des lieux anodins, mais ils ont toute la puissance d&#8217;un décor hollywoodien&#8230; </p>
<p><strong>Et comment avez-vous procédé ?</strong></p>
<p>Autant sur d&#8217;autres séances, je suis avec des assistants, autant là, pour <em>Dark Lens</em>, j&#8217;étais seul, en balade, avec une caméra. Je prenais en photo les lieux vides dans lesquels j&#8217;imaginais des scènes possibles. Puis, il a fallu trouver les bons personnages, des vaisseaux spatiaux et très vite, ce sont des images de <em>Star Wars</em> qui me sont venues en tête. On m&#8217;a prêté des figurines et des jouets, suffisamment grands (entre 7 et 30 cm environ) pour qu&#8217;il puisse y avoir un niveau de détails suffisant, afin de donner une illusion de réalité. J&#8217;ai aussi fait faire un personnage en 3D, le <em>battle droid</em>, le seul personnage non figé qui puisse se mouvoir dans différentes positions et à qui on peut conférer des attitudes proches de celles des êtres humains. <span id="more-19428"></span>Il y avait aussi, pour quelques scènes, des comédiens costumés, pour donner de la souplesse à des costumes, notamment les voiles. Certains vaisseaux viennent d&#8217;une série limitée et pour le fameux Faucon Millenium, c&#8217;est issu d&#8217;un moulage qui a servi à la maquette de la première saga. Ensuite, tout est réincrusté. Il y a eu un gros travail de postproduction &#8211; entre un et deux jours de retouche à plusieurs mois, rien que pour un parfait rendu 3D. Le but étant de ne plus savoir si ce sont des personnages en trois dimensions, des figurines ou non. </p>
<p><strong>Etes-vous à la base un fan de <em>Star Wars</em> ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/10/delsaux_under-fog.jpg" alt="Under Fog de Cédric Delsaux" title="Under Fog de Cédric Delsaux" width="280" height="210" class="alignright size-full wp-image-19434" />J&#8217;ai baigné dans cette saga depuis tout petit. Et je suis fasciné par tout ce qui a trait aux vaisseaux spatiaux, aux ovnis, etc.. Quand je vois un parking vide, j&#8217;ai toujours l&#8217;impression qu&#8217;un vaisseau vient d&#8217;en partir ou va s&#8217;y poser. Même si ce n&#8217;est pas forcément le genre de films que je regarde aujourd&#8217;hui. Si j&#8217;avais été un vrai fan de <em>Star Wars</em>, je pense que mes photos auraient été bien différentes. J&#8217;ai transformé la saga selon ma propre vision et je pense que c&#8217;est ça qui a plu à George Lucas. </p>
<p><strong>George Lucas est très protecteur vis-à-vis de son œuvre. Pensiez-vous qu&#8217;il en viendrait à faire la préface de votre ouvrage ?</strong></p>
<p>La toute première image de ce projet date de 2004. Je l&#8217;avais envisagée comme une blague avec des amis. Puis, j&#8217;ai continué, en faisant une série qui se déroule à Paris et avec ça, j&#8217;ai gagné un prix, en 2005. J&#8217;ignorais alors totalement que cela aurait un tel impact. Quand mes photos ont commencé à gagner en notoriété, je me suis posé la question des droits. Il me fallait une autorisation officielle, afin de pouvoir vendre mes photos en galerie et j’ai mis plus de deux ans à avoir les droits pour sortir mon livre. J&#8217;avais reçu un appel d&#8217;un directeur artistique américain pour me dire qu&#8217;il adorait mon travail et qu’il voulait m&#8217;interviewer pour le fanzine officiel de <em>Star Wars</em>. Et j&#8217;ai fini par croiser George Lucas en 2010, lors de la seule convention <em>Star Wars</em> où il est venu. C&#8217;est là que j&#8217;ai appris qu&#8217;il ne connaissait pas du tout mon travail, qu&#8217;il le découvrait et qu&#8217;il l&#8217;adorait ! Il m&#8217;a laissé une liberté totale et c&#8217;est la seule fois qu&#8217;il a préfacé un ouvrage, en dehors des livres de commande. Il m&#8217;a même acheté 27 tirages ! C&#8217;était miraculeux pour moi. Même si je trouve que <em>Dark Lens</em>, ce n&#8217;est pas un travail sur <em>Star Wars</em> proprement dit, mais sur l&#8217;univers fantastique.</p>
<p><strong>Quelles ont été les réactions des fans de la saga, qui peuvent se montrer assez sévères quand on y touche ?</strong></p>
<p>Ce fut plutôt positif dans l&#8217;ensemble. Même s&#8217;il y a toujours des fans intégristes pour qui cela ne rentrait pas du tout dans leur catéchisme habituel. D&#8217;autres ont trouvé ça drôle, sans forcément voir la dimension politique ou fantastique des photos. En effet, on ne sait plus si on est dans le film ou dans le réel, surtout que les personnages gardent leur aura cinématographique. Ils sont simplement dans un autre monde que le leur et qui est le nôtre. A contrario, des gens qui n&#8217;aiment pas <em>Star Wars</em> m&#8217;ont dit que mes photos avaient réussi à les faire s&#8217;intéresser à cette saga, car ils y percevaient autre chose.</p>
<p><strong>D’ailleurs, avec votre série <em>1784</em>, on pense forcément au film <em>Marie-Antoinette</em> de Sofia Coppola…</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/10/delsaux_l-envol.jpg" alt="L&#039;Envol de Cédric Delsaux" title="L&#039;Envol de Cédric Delsaux" width="280" height="216" class="alignleft size-full wp-image-19435" />Certes, il y a du <em>Marie-Antoinette</em> dans ces images, mais aussi du <em>Barry Lindon</em> et toute une imagerie de divers téléfilms. En regardant ces photos, on est comme ces personnages, dont on se demande s&#8217;ils jouent ou s&#8217;ils sont perdus dans ce lieu qui mélange les époques et symbolise l’aristocratie qui tombe. C&#8217;est une uchronie inversée : on imagine un passé quand le livre <em>1984</em> imaginait l&#8217;avenir. On retrouve ça aussi dans <em>Dark Lens</em> : l&#8217;homme a disparu. Je suis fasciné par l&#8217;idée de catastrophe et des personnages perdus dans leur propre fiction, dans un rapport distendu avec le réel. Pour moi, <em>Dark Lens</em> fait encore plus réel que <em>1784</em> qui pourtant, a nécessité un procédé de photographie plus traditionnel. </p>
<p><strong>Votre travail est très proche de la réalisation…</strong></p>
<p>J&#8217;ai un lien fort et particulier avec le cinéma. Mais la photo a le mérite d&#8217;être mutique, elliptique et lacunaire. En fait, je me définis comme un réalisateur photographique. Chaque série pour moi est comme un film. Je les envisage comme le ferait un cinéaste. D&#8217;ailleurs, je travaille avec toute une équipe, comme un réalisateur : il y a une quinzaine de personnes en assistance, des comédiens, des techniciens, des habilleuses&#8230; Mais ce n&#8217;est pas encore très accepté dans le monde de la photo. J&#8217;ai fait des études de cinéma et j&#8217;ai un rapport ambivalent et paradoxal avec la photo. Tout mon travail photo est lié à la fiction. Pour moi, on perçoit le réel à travers une somme de fictions. </p>
<p><strong>Et vous pourriez réaliser ?</strong></p>
<p>Ca me taraude depuis longtemps, mais je préfère ma liberté de photographe. J&#8217;ai eu cette ambition, mais je crois qu&#8217;elle est presque oubliée. J&#8217;ai aussi pris quelques grosses claques au cinéma qui ont apaisé ma soif de réalisation, comme <em>Elephant</em> de Gus Van Sant qui filme le type de cinéma que j&#8217;aimerais faire, ou <em>La Ligne rouge</em> de Terrence Malick, ou encore les films de Bergman et de Lynch. </p>
<p><strong>Quels sont vos projets ?</strong></p>
<p>Mon nouveau livre sort en octobre, chez <a href="http://exb.fr/fr/le-catalogue/153-zone-de-rpli.html" title="Zone de repli" target="_blank" rel="nofollow">Xavier Barral</a>. Il s&#8217;appelle <em>Zone de repli</em>. J&#8217;ai choisi le territoire du Pays de Gex et je suis parti du fait divers de Jean-Claude Romand, celui qui a inspiré <em>L&#8217;Adversaire</em>. Cet homme avait bâti sa propre fiction qu&#8217;il a fini par préférer à sa vie de famille. J&#8217;ai donc photographié ses zones de repli à lui, pendant trois ans, comme une errance photographique, avec le rapport étrange entre la fiction et la réalité, qui devient peu à peu une zone de cauchemar…</p>
<p><em>&raquo; Plus d&#8217;informations sur le <a href="http://www.cedricdelsaux.com/fr" target="_blank" rel="nofollow" class="broken_link">site de Cédric Delsaux</a></em></p>
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		<title>Star Wars Identities : une expo pas si lointaine</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Mar 2014 23:49:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Expositions]]></category>
		<category><![CDATA[exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Star Wars]]></category>

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		<description><![CDATA[Alors les Padawans, vous n’êtes pas encore allés voir l’exposition Star Wars Identities ? Darth Vader s’est déjà emporté pour moins que ça ! La Cité du cinéma, temple de Luc Besson consacré au 7e art...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/03/star-wars-identities-exposition-cite-cinema.jpg" alt="Star Wars Identities" title="Star Wars Identities" width="195" height="280" class="alignleft size-full wp-image-16638" />Alors les Padawans, vous n’êtes pas encore allés voir l’exposition Star Wars Identities ? Darth Vader s’est déjà emporté pour moins que ça ! La Cité du cinéma, temple de Luc Besson consacré au septième art, propose en effet, pour son tout premier événement public, de (re)découvrir l’univers créé par George « Dollar » Lucas, à l’aube du tournage de la toute nouvelle trilogie (on ne s’excite pas, J.J. Abrams, le réalisateur du prochain épisode, n’en est encore qu’aux idées de casting). Si <em>Star Wars</em> avait déjà pu bénéficier il y a presque dix ans d’une première exposition itinérante qui avait posé son Faucon Millenium Porte de Versailles, ici, place à l’interactivité. Et à une bonne dose de patience. Car que vous soyez munis ou non d’un billet coupe-file (à tout de même vingt euros), la règle est à l’attente (une bonne heure environ). Mais c’est pour la bonne cause, car une fois à l’intérieur, on peut profiter pleinement de l’exposition sans piétiner à cinquante autour de la même vitrine. Un bracelet à puce au bout du poignet et une oreillette dans les esgourdes, vous voici au cœur de l’essence de <em>Star Wars</em> et en quête de votre propre identité. Dans une dizaine de salles, vous attendent dix spots dans lesquels, grâce à votre super bracelet magique, vous pourrez déterminer votre race (humaine, ewok, sith, etc), votre sexe, votre profession (chasseur de primes, fermier, chevalier jedi, sénateur…), votre planète d’origine, vos aspirations, vos qualités… jusqu’à la question finale : allez-vous ou non rejoindre le côté obscur de la Force ? En quittant l’exposition (compter au moins deux bonnes heures de visite), un écran visualisera votre personnage <em>Star Wars</em> nouvellement créé, faisant de vous un des héros de cette mythologie des temps modernes (avec envoi de votre avatar et d’une biographie sur votre mail à partager sur les réseaux sociaux pour pouvoir frimer). <span id="more-16636"></span></p>
<p>Mais fi de toute cette technologie, l’exposition vaut aussi le détour par toutes les vidéos pédagogiques qui vous permettront d’en savoir plus sur les gènes, l’hérédité, les choix qui s’opèrent dans la vie, tout en mettant ces grandes théories en perspective avec les destins d’Anakin et de Luke Skywalker, qui auraient pu être similaires, mais finalement diamétralement opposés. Tant et si bien qu’accessoires, costumes, maquettes, dessins préparatoires et extraits vidéo des deux premières trilogies, semblent presque superflus, en dépit d’une scénographie très travaillée qui rend honneur aux films. On quitte l’exposition avec un sourire enfantin aux lèvres tout en passant par l’inévitable boutique richement achalandée &#8211; avec même des dessous de verre et des bacs à glaçons en forme de R2D2. Ne pas acheter tu peux, mais y aller tu dois !</p>
<p>&nbsp;<br />
<em>Star Wars Identities, jusqu’au 30 juin 2014 à la Cité du cinéma, 20 rue Ampère, 93200 Saint-Denis.</em></p>
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