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	<title>Grand Écart &#187; sorcière</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>The Devil’s Candy &amp; Pay the Ghost</title>
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		<pubDate>Sun, 31 Jan 2016 08:10:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
		<category><![CDATA[nanar]]></category>
		<category><![CDATA[sorcière]]></category>

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		<description><![CDATA[<em>The Devil’s Candy</em>… Ça te tente ? C’était en compétition à Gérardmer l’année dernière. Mais ça parle de quoi ?]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Duo de navets sauce au câble</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/01/devil-s-candy-s.jpg" alt="Devil&#039;s Candy, d&#039;Ethan Embry" title="Devil&#039;s Candy, d&#039;Ethan Embry"width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-22974" /><em>2017, quelque part en France</em><br />
&nbsp;<br />
- Y a quoi ce soir à la télé ?</p>
<p>- Je sais pas. Rien comme d&#8217;hab…</p>
<p>- Regarde sur la TNT… Tu sais Chérie bidule, NRJ truc. Enfin, les chaînes où on va jamais…</p>
<p>- <em>The Devil&#8217;s Candy</em>… Ça te tente ? C&#8217;était en compétition à <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/festival-film-fantastique-gerardmer-2016/">Gérardmer</a> l&#8217;année dernière.</p>
<p>- Mais ça parle de quoi ?</p>
<p>- D&#8217;abord, y a un gros cochon un peu taré qui entend Satan dans sa tête lui demander de lui fournir des enfants parce qu&#8217;il adore ça… Comme des bonbons. Alors, le pourceau s&#8217;exécute et tue des gamins à coups de pierre avant de les découper façon puzzle. Il met les morceaux dans des valises à roulettes format cabine qu&#8217;il enterre dans son jardin. Et puis, pour son maître, il joue aussi de la guitare très très très fort en pleine nuit. Sa mère n&#8217;en peut plus alors elle l&#8217;engueule. D&#8217;abord docile et obéissant, il finit par lui mettre un coup de Flying V (la même guitare que Kirk Hammett de Metallica !) sur le carafon. Bye bye la matrone ! La maison est à vendre et le gros boucher en survet’ se retrouve à la rue. Et là, une petite famille à la cool rachète le pavillon. <span id="more-22970"></span>Le père metalleux super-sexy avec une tête de Jésus rouquin est artiste peintre, la fille, fan absolue de Metallica comme son père, va au lycée et la mère est juste rock et sympa. A peine installé, le père entend lui aussi la voix du cornu qui l&#8217;oblige à peindre des choses bizarres : une croix inversée (<em>so creepy</em> !!) et une fresque effrayante où des enfants, dont sa fille, se font rôtir dans les flammes de l&#8217;enfer. A partir de là, ça sent le roussi pour la famille en or. D&#8217;autant que le gros cochon a gardé les clés de la maison et qu&#8217;il a l&#8217;air d&#8217;en pincer pour la jeune metalleuse…</p>
<p><em>1h19 + 20 minutes de pubs plus tard… Metallica bastonne – enfin – sur le générique de fin.</em></p>
<p>- Je crois qu&#8217;il y a comme un léger problème : j&#8217;ai préféré ton pitch à deux balles à cet horreur de film à deux de tension. Le scénario et les dialogues sont écrits à la truelle ; la réalisation est en respiration artificielle ; l&#8217;interprétation ectoplasmique (mention spéciale WTF à F. Murray Abraham certainement passé prendre une enveloppe sur le plateau) ; la bande originale est toute rabougrie : on pensait prendre une dose de metal, au final on a eu que des posters (Slayer, Ghost…), des t-shirts de Metallica… et de la musique au mètre… Stop ou encore ? Et puis, on se demande comment le gros cochon vicelard arrive à…</p>
<p>- STOP !!!</p>
<p>- Mais au fait, ils sont au courant Metallica de…</p>
<p>- STOP !!!</p>
<p>- Et qu&#8217;est-ce qui leur a pris de mettre un mauvais téléfilm en compétition ?</p>
<p>- STOP ! Change de chaîne… sur NTN1, ils passent <em>Pay the Ghost</em> avec Nicolas Cage !</p>
<p>- Décidément, t&#8217;as vraiment des goûts de… Celui-là je l&#8217;ai vu et pour la faire courte, je peux te dire que c&#8217;est <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/insidious-james-wan/" title="Insidious, de James Wan">Insidious</a></em> version Franprix !</p>
<p>- Alors, une tisane et au lit ?</p>
<p>- Oui, c&#8217;est mieux comme ça…</p>
<p>- Sinon, tu connais <em>Jeruzalem</em>, le film d&#8217;horreur « dans l&#8217;air du temps » entièrement tourné en Gogol glass ?</p>
<p>- J&#8217;ai dit, c&#8217;est mieux comme ça !</p>
<p>&nbsp;<br />
The Devil&#8217;s Candy <em>de Sean Byrne, avec Ethan Embry, Shiri Appleby&#8230; Etats-Unis, 2015.</em><br />
Pay the Ghost <em>de Uli Edel, avec Nicolas Cage, Sarah Wayne Callies&#8230; Canada, 2015. Prix de la meilleure musique du 23e Festival du film fantastique de Gérardmer.</em></p>
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		<title>Häxan, de Benjamin Christensen et Cagliostro, de Richard Oswald</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Jan 2012 17:09:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Autriche]]></category>
		<category><![CDATA[Danemark]]></category>
		<category><![CDATA[expressionnisme]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[fétiches]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
		<category><![CDATA[sorcière]]></category>

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		<description><![CDATA[<em>Häxan</em> et <em>Cagliostro</em> sortent enfin de l’ombre et des fonds de tiroirs. Tournés dans les années 1920, leur destin s’est cristallisé dans la poussière et l’oubli, mais les œuvres, même les plus confidentielles...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Les Grands Illuminés</h3>
<p><strong><em>Häxan</em> et <em>Cagliostro</em> sortent enfin de l’ombre et des fonds de tiroirs.</strong> Tournés dans les années 1920, leur destin s’est cristallisé dans la poussière et l’oubli, mais les œuvres, même les plus confidentielles, ont leur ange gardien. Nettoyés, briqués, remastérisés, les sorcières et le thaumaturge brillent de mille feux. </p>
<p>&nbsp;<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/01/haxan-christensen.jpg" alt="Affiche de Haxan de Benjamin Christensen" title="Affiche de Haxan de Benjamin Christensen" width="195" height="270" class="alignleft size-full wp-image-4878" /><strong><em>Häxan</em> (1922), réalisé par Benjamin Christensen </strong><br />
<em>Disponible en DVD aux éditions Potemkine films/Agnès B</em></p>
<p>Entre 1919 et 1921, le cinéaste suédois Benjamin Christensen dévore les ouvrages traitant de sorcellerie et de chasse aux sorcières. Sa passion du Moyen Age le pousse à s’immerger dans d’obscurs incunables, bréviaires de sorcières et autres manuels de la Sainte Inquisition. De février à octobre 1921, Christensen s’affaire à ce qui deviendra l’un des films muets les plus chers de l’histoire du petit cinématographe mais, surtout, une étude qui encore aujourd’hui fait référence ; la sorcellerie à travers les âges. <em>Häxan</em> déroule une série de tableaux d’une hallucinante beauté, où lumière et ténèbres se fondent et s’entrelacent comme pour mieux rendre les honneurs aux démons et fées de mauvaise vie. La lumière danse. Les suppôts crochus et cornus remontent des enfers accueillis en rois. Christensen pose l’ambiance et n’oublie rien ni personne : le manuel du parfait petit tortionnaire, le diable lubrique, les nonnes masochistes, les vierges folles… <span id="more-4876"></span>Black Sabbat, l’orgie bat son plein ! <em>Häxan</em> est avant tout une œuvre politique qui, fort heureusement, ne tombe pas dans le piège du manichéisme à deux sous mais dénonce les excès d’institutions reconnues par les sociétés de l’époque ; la vieille institution catholique romaine et sa terrible inquisition, ainsi que la moderne institution psychiatrique et ses terribles asiles. Sous ses airs gothiques, <em>Häxan</em> est un bijou du cinéma expressionniste. La Bête immonde trouve refuge dans un magnifique coffret 2 galettes contenant pas moins de trois versions : une première de 87 minutes soutenue par la bande-son de l&#8217;artiste islandais Bardi Johannsson et interprétée par le Bulgarian Chamber Orchestra, la version de 1968 (76’) narrée par William S. Burroughs sur le score du violoniste virtuose Jean-Luc Ponty, et la dernière, cerise sur le gâteau, dure 104 minutes. Ô joie !</p>
<p>&nbsp;<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/01/cagliostro.jpg" alt="Affiche de Cagliostro de Richard Oswald" title="Affiche de Cagliostro de Richard Oswald" width="204" height="270" class="alignright size-full wp-image-4879" /><strong><em>Cagliostro</em> (1929), réalisé par Richard Oswald avec Hans Stüwe, Charles Dullin, Alfred Abel…</strong><br />
<em>Disponible en DVD aux éditions Potemkine films/La Cinémathèque française</em></p>
<p>Thaumaturge, alchimiste, aventurier, séducteur, voleur, comploteur, Joseph Balsamo, plus connu sous le sobriquet de &#8220;comte de Cagliostro&#8221; (rien que ça !), a tout vu, tout vécu, tout expérimenté, sauf qu’il n’est jamais devenu marchande de gaufres. Au XVIIIe siècle, Cagliostro s’est illustré en marchand de rêves au sein des cours royales d’Europe. En bon intriguant, l’homme ne soignait pas les pauvres. Non, il préférait hanter les couloirs des demeures majestueuses à la recherche de nobles incrédules prêts à se faire beurrer la raie pour quelques compliments. D’après la légende, Cagliostro a usé et abusé de son pouvoir (guérisseur et spirite) tout comme Raspoutine usera du sien auprès des Romanov. Cagliostro était peut-être un illuminé, mais il était fou de sa femme, fou d’amour, et c’est elle qui tirait les ficelles. <em>Cagliostro</em>, le film, brasse les genres (drame, amour, aventure, cape et d’épée, espionnage…) et les intrigues. La fameuse « affaire du collier », si bien reprise par Alexandre Dumas dans son roman <em>Le Collier de la reine</em> (n’hésitez pas à poursuivre la lecture avec <em>Ange Pitou</em> et <em>La Comtesse de Charny</em>), nourrit l’intrigue principale qui revient sur l’inéluctable chute du combinard à la cour de France. Grandeur et décadence. Aussi trépidant soit-il (quelques ventres mous viennent gâcher la fête, mais réalisé il y a près de 80 ans, Michael Bay, Tony Scott et moi-même pardonnons aisément), la distribution peut faire tiquer et laisse même quelque peu à désirer ; Marie-Antoinette ressemble à une vieille catin et Louis XVI souffre visiblement d’anorexie. Seule la comtesse de La Motte, interprétée par Ilena Meery, donne matière à s’émouvoir. Mais <em>Cagliostro</em> a de la tenue, un charisme certain, c’est l’essentiel. Et cette superproduction européenne d&#8217;accueillir deux futurs génies du septième art, Marcel Carné et Jean Dreville (cliquez <a href="http://www.marcel-carne.com/carne-et-la-presse/articles-ecrits-par-marcel-carne/24-05-29-lorsque-richard-oswald-tournait-cagliostro-in-cinemagazine/" target="_blank" rel="nofollow">ici</a> pour en savoir plus). </p>
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		<title>The Wicker Man, de Robin Hardy</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Apr 2011 08:00:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[fétiches]]></category>
		<category><![CDATA[Hammer]]></category>
		<category><![CDATA[sorcière]]></category>

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		<description><![CDATA[Après « fumer tue », qui ne terrorise plus grand monde à force de le lire, « manger tue » semble être la nouvelle sentence définitive et universelle à la mode. Dix, voire cinquante degrés d'un coup sont...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4>Une place pour le bûcher !</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/04/affiche-wicker-man.jpg" alt="The Wicker Man, de Robin hardy" title="The Wicker Man, de Robin hardy" width="164" height="300" class="alignleft size-full wp-image-1499" />Après « fumer tue », qui ne terrorise plus grand monde à force de le lire, « manger tue » semble être la nouvelle sentence définitive et universelle à la mode. Dix, voire cinquante degrés d&#8217;un coup sont franchis au trouillomètre. Finalement, moi qui voulais arrêter de fumer, je vais sans doute continuer, parce que si je « tabastoppe », sublime accroche néologiste et postmoderne d&#8217;une campagne anti-tabac <em>late 80&#8242;s</em>, je risque d&#8217;avoir très faim et là, il y a de gros risques en vue.<br />
Tout çela n&#8217;étant qu&#8217;une affaire de dosage et de timing, j&#8217;ai trouvé la combinaison parfaite, la solution à l&#8217;équation : fumer encore et toujours un peu pour ne pas trop manger et ne pas mourir trop vite. Pour résumer, j&#8217;ai la condition physique de Sim (RIP) mais je suis vivant… pour l&#8217;instant.  </p>
<p>A l&#8217;aune de ce terrible constat, j&#8217;affirme que je suis une victime sacrificielle et consentante. Je sacrifie du crédit-vitalité pour que les buralistes continuent d&#8217;égayer nos journées avec leur bonne humeur contagieuse, pour que les cigarettiers persistent à nous régaler les bronches, pour que l&#8217;industrie agroalimentaire poursuive sans relâche sa quête de l&#8217;idéal culinaire et enfin, je me sacrifie pour que les agriculteurs persévèrent dans la guerre sans merci qu&#8217;ils mènent si vaillamment contre les hordes arthropodes et ptérygotes. Je me mutile de précieuses heures de ma vie pour que tous ces braves gens puissent manger à leur faim. C&#8217;est beau, c&#8217;est noble, c&#8217;est généreux, et c&#8217;est aussi… cinématographique. <span id="more-1492"></span></p>
<p>Quel que soit le genre du film, de la série A jusqu&#8217;à la Z, on rencontre pléthore de personnages de sacrifiés. Deux catégories se distinguent… Tout d&#8217;abord, comme moi, il y a les dévoués, les héros, ceux qui s&#8217;offrent en sacrifice pour le bien d&#8217;autrui. On pense à Bruce <a href="#ref">(1)</a> qui se fait sauter le caisson pour sauver la planète…et Liv Tyler, au père Karras <a href="#ref">(2)</a>, qui se défenestre pour libérer Regan d&#8217;un avenir vomitif, à JC (Jim Caviezel <a href="#ref">(3)</a>), le Boss, qui pendant deux heures et plus, se fait violemment scarifier pour nous soulager de nos péchés… Et la liste est encore vraiment très longue. Puis viennent les autres, les proies, les victimes de desseins qui les dépassent et qu&#8217;ils ignorent, les poissards naïfs, ceux qui se trouvent toujours au mauvais endroit au mauvais moment, comme le pauvre Laurent Lucas qui n&#8217;aurait jamais dû prendre une chambre à l&#8217;auberge Bartel <a href="#ref">(4)</a>, ou encore le fort peu sympathique sergent Neil Howie qui, submergé par sa foi et son sens du devoir, se rend sur l&#8217;île de Sumerisland pour enquêter sur la disparition d&#8217;une fillette et faire filer droit des autochtones plutôt frivoles… Peut-être qu&#8217;au jeu du « ciné-dropping », qui consiste à saupoudrer cette chronique cinéma de noms d&#8217;acteurs ou de rôles associés à des éléments de scénario ou de mise en scène sans jamais citer le titre du film, cette dernière référence vous échappe. Alors, récapitulons à la façon du Batman de Palaiseau <a href="#ref">(5)</a> : </p>
<ul>
<li>un film anglais réalisé par Robin Hardy en 1973</li>
<li>scénarisé par Anthony Shaffer, entre autres scénariste du <em>Limier</em> <a href="#ref">(6)</a> de Mankiewicz</li>
<li>interprété par Christopher Lee, Edward Woodward et Britt Ekland</li>
<li>la traduction littérale française du titre est « l&#8217;homme en osier »…</li>
</ul>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/04/edward-woodward.jpg" alt="Edward Woodward" title="Edward Woodward" width="300" height="169" class="alignright size-full wp-image-1510" />Je suis, je suis… <em>The Wicker Man</em> !<br />
Le vrai, l&#8217;unique, qui n&#8217;a rien à voir avec son dispensable remake de 2006, l&#8217;indigent navet éponyme platement réalisé par Neil LaBute et tristement interprété par Nicolas « Botox » Cage. Un véritable double dégénéré, totalement vidé de sa substance par les « <em>body snatchers</em> » <a href="#ref">(7)</a> d&#8217;Hollywood qui n&#8217;y ont vu qu&#8217;un thriller ésotérico-horrifique de plus à cuisiner en sauce <em>blockbuster</em>. Après cette indispensable mise au point, j&#8217;affirme avec la force de Lou Ferigno <a href="#ref">(8)</a>, qui porte mieux la moumoute que Nick, que <em>The Wicker Man</em> est un film immense, méconnu du grand public et injustement catalogué comme bizarrerie fantastique des <em>70&#8242;s</em> bonne pour le cinéma de minuit. Car ici, point de surnaturel, mais plutôt du « para-naturel » comme une façon différente d&#8217;envisager les choses de la vie. Morale chrétienne ou croyance païenne, sous le soleil de Sumerisland tout oppose le sergent Howie, rigide défenseur des valeurs chrétiennes, aux insulaires, panthéistes aux libres mœurs.</p>
<p>Au commencement il y avait… une lettre anonyme qui alerte la police de la mystérieuse disparition d&#8217;une fillette appartenant à la communauté d&#8217;une petite île imaginaire, léchée par les douces faveurs du Gulf Stream et située au large de l&#8217;archipel des îles britanniques. Le sergent Howie se rend sur place pour enquêter. Pris dans la nasse, Il y découvrira une communauté aux allures de secte dirigée par Lord Sumerisle, un étrange gourou qui règne en maître sur la vie insulaire…<br />
Avant de s&#8217;attarder sur le fond, j&#8217;aimerais souligner la qualité formelle de <em>The Wicker Man</em>. Film kaléidoscope qui ose le mélange des genres où se succèdent, grâce à un montage au cordeau (dans la version <em>director&#8217;s cut</em>), des séquences de comédie musicale, de thriller ou à forte charge érotique. Sans avoir recours aux codes traditionnels et aux artifices du film de genre, il a durablement imprimé ma mémoire par l&#8217;étrangeté et la puissance évocatrice de ses choix visuels et sonores. Difficile de ne pas se souvenir, pêle-mêle, du chandelier à cinq doigts (allumés), de la danse lascive et topless de Britt Ekland (la veuve) frottant son popotin à la porte d&#8217;un Howie en chemise de nuit et en pleine résistance érotique, de l&#8217;ambiguïté narquoise des habitants, du grotesque maquillage féminin d&#8217;un Christopher Lee (Lord Sumerisle) halluciné, de l&#8217;inquiétant carnaval païen, source de drame à venir et prélude au sacrifice, de ces drôles de chansons qui rythment la vie scolaire des enfants, de cette vénéneuse ballade folk (intitulée « How Do ») entonnée par Britt Ekland toujours dans sa séquence « île de la tentation », du contraste entre Howie à son arrivée sur Sumerisland, hautain, au regard iceberg, prêt à évangéliser tout ce qui bouge et le misérable bougre terrorisé et implorant qui va être sacrifié comme une vulgaire chèvre dans une monstrueuse version païenne de l&#8217;arche de Noé.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/04/britt-ekland.jpg" alt="Britt Ekland dans The Wicker Man" title="Britt Ekland dans The Wicker Man" width="300" height="193" class="alignleft size-full wp-image-1506" />A l&#8217;instar du <em>Limier</em>, dont il signa le script, Anthony Shaffer nous refait le coup de l&#8217;opposition mortelle entre deux hommes. Ici l&#8217;enjeu n&#8217;est pas une femme mais une société. Le combat s&#8217;engage entre, à ma gauche sergent Howie, le missionnaire évangéliste, cheveux blonds, teint laiteux, uniforme cintré, interprété tout en contrition bileuse par Edward Woodward et à ma gauche Lord Sumerisle, grand inquisiteur, Torquemada <em>new age</em> magistralement campé par Christopher Lee, qui a remisé son dentier au vestiaire de la Hammer <a href="#ref">(9)</a> pour une superbe permanente de chez Maniatis. Le malheur pour le policier est qu&#8217;il ne joue pas à domicile. La lettre anonyme initiale n&#8217;était qu&#8217;un piège pour le jeter dans l&#8217;homme en osier. Ses imprécations, ses coups de menton et de crucifix n&#8217;y feront rien, il finira dans les flammes comme prévu et la communauté de Sumerisland retrouvera les faveurs agricoles perdues de Gaïa <a href="#ref">(10)</a>. De ce point de vue, le film pourrait apparaître comme féministe, rendant hommage au pouvoir matriciel des femmes, mais le scénario est bien plus retors. Il livre, en réalité, une charge violente contre ces communautés hippies en pleine expansion dans les années 1970, bâties sur des croyances fumeuses, qui sous couvert d&#8217;émancipation spirituelle collective et individuelle étaient tenues d&#8217;une main de fer, dans un gant en peau de mouton, par des gourous avant tout shootés au pouvoir. On peut légitimement douter de la sincérité spirituelle de Lord Sumerisle lorsqu&#8217;il se transforme en grand travelo inquisiteur pour apaiser les ventres affamés de ses ouailles crédules. De l&#8217;autre côté, la bonne morale chrétienne, incarnée par le déplaisant psycho-rigide sergent Howie, n&#8217;est pas non plus épargnée. Triste et réactionnaire, même si elle ne condamne plus au bûcher, elle aurait certainement trouvé le moyen de châtier cruellement ces femmes à la sexualité débridée, surtout la blonde lubrique, veuve dépoitraillée qui se frotte à la porte du soldat de Dieu. A ce stade, une petite note <em>gossip</em> pour détendre l&#8217;ambiance, cette sauvageonne jouée par Britt Ekland a longtemps été dans la vraie vie Madame Rod Stewart… <em>Da ya think I&#8217;m sexy ?</em> <a href="#ref">(11)</a> </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/02/christopher-lee.jpg" alt="Christopher Lee dans The Wicker Man" title="Christopher Lee dans The Wicker Man" width="300" height="162" class="alignright size-full wp-image-1524" />Ce film, émotionnellement confortable, n&#8217;inspire aucun affect. Personne à regretter, zéro empathie pour les personnages. Ni la bande de dégénérés vivant sur Sumerisland, gourou, playmate et enfants compris, ni cet odieux cul béni qui finit en souvlaki sur le mont Golgotha. Allez ouste ! Du balai… Reste une pièce cinématographique sèche comme un coup de trique à la réalisation spartiate mais à la mise en scène violemment inventive guidée par un scénario drôlement pervers.<br />
<em>The Wicker Man</em> est un film libertaire et iconoclaste au regard nihiliste et goguenard, qui se méfie comme de la peste des dogmes en tout genre qu&#8217;ils soient religieux, moraux ou économiques. Hier comme aujourd&#8217;hui, les sacrifices humains sont pratiqués sans état d&#8217;âme par les gardiens du temple ou… du conseil d&#8217;administration. A Salem ou à Sumerisland, au Pôle emploi ou à l&#8217;hôpital, l&#8217;objectif est toujours le même, seule change la méthode, plus ou moins raffinée et subtile, pour faire monter chaque sacrifié sur son bûcher. </p>
<p>Et pour finir avec un grand sourire de Joker (de Gotham cette fois <a href="#ref">(12)</a>) : faire rôtir un sale type dans un panier géant en compagnie du poulailler, de l&#8217;étable et du jardin, fallait y penser ! <em>Wild is wild</em>… </p>
<p>Dernières recommandations : </p>
<p>En DVD, préférer sans hésitation la version <em>director&#8217;s cut</em> à la version US écourtée, édulcorée et mal montée.<br />
A écouter, la <a href="http://www.youtube.com/watch?v=peug224n77E&#038;feature=related" rel="shadowbox[sbpost-1492];player=swf;width=640;height=385;" target=_blank><u>reprise</u></a> délicate de &#8220;How Do&#8221; par Sneaker Pimps <a href="#ref">(13)</a>, extrait de l&#8217;album <em>Becoming X</em> (1997).</p>
<p>&nbsp;<br />
<a href="#ref" name="ref" id="ref"></a><em>Les références, pour être sympa :</p>
<p>(1) </em>Armageddon<em> de Michael Bay (USA, 1997).<br />
(2) </em>L&#8217;Exorciste<em> de William Friedkin (USA, 1973).<br />
(3) </em>La Passion du Christ<em> de Mel Gibson (USA, 2003).<br />
(4) </em>Calvaire<em> de Fabrice Du Welz (France, Belgique, Luxembourg, 2004).<br />
(5) Julien Lepers et </em>Questions pour un champion<em> (France 3 </em>since<em> 1988), rapport à sa ressemblance avec Michael Keaton, l&#8217;interprète de Batman, notamment dans les deux films réalisés par Tim Burton.<br />
(6) </em>Le Limier<em> de Joseph Mankiewicz (Grande-Bretagne, 1972).<br />
(7) Référence à </em>Invasion of the Body Snatchers<em> (</em>L&#8217;Invasion des profanateurs de sépultures<em>) réalisé par Don Siegel en 1956. A noter un remake réalisé par Philip Kaufman en 1978 et une version alternative par Abel Ferrara en 1993.<br />
(8) Ancien culturiste, célèbre pour avoir été l&#8217;interprète de l&#8217;incroyable Hulk dans la série TV éponyme (USA, 1977).<br />
(9) Hammer Film Productions. Société de production anglaise célèbre pour ses films fantastiques et d&#8217;horreur des années 1950 à 1970, aujourd&#8217;hui référence du style « gothique ». Christopher Lee restera associé pour l&#8217;éternité au rôle du comte Dracula qu&#8217;il interpréta dans les multiples versions produites par la Hammer.<br />
(10) Déesse Mère dans la mythologie grecque. Elle est la Terre, la Mère de tout ce qui est.<br />
(11) Tube de Rod Stewart sorti en 1979. Selon Wikipedia, le single le plus vendu de l&#8217;histoire du rock (sic).<br />
(12) La ville de Batman (superhéros) et du Joker (supervilain).<br />
(13) Groupe électro anglais 90&#8242;s.</em></p>
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		<title>Le Magicien d’Oz de Victor Fleming</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Mar 2011 23:03:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne-Claire Cieutat</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/03/affiche-magicien-oz.jpg" alt="Affiche du Magicien d&#039;Oz" title="Affiche du Magicien d&#039;Oz" width="219" height="300" class="alignleft size-full wp-image-1124" /></a>Il est de ces films supposés enchanteurs qui, découverts par un novice regard, peuvent prendre une dimension toute autre. <em>Le Magicien d’Oz</em> de Victor Fleming en est un, puisqu’il fut, mon enfance durant, autant source d’émerveillement que de traumatisme léger. Dorothy, son chien Toto et ses trois compagnons de fortune &#8211; l’homme de fer, l’homme de paille et l’homme-lion &#8211; partent en quête d’un magicien qui pourrait, leur a-t-on fait croire, combler leur manque profond. Sur la route de briques jaunes pavée d’espérance, le trio avance, bras dessus, bras dessous et entonne de concert <em>&#8220;We’re off to see the wizard, the wonderful wizard of Oz&#8221;</em>. C’est la part grisante de cette fantaisie musicale aux mélodies joyeuses, qui de bout en bout fait la courte échelle au déceptif, à l’artifice farceur, au désenchantement latent. La « sorcière de l’Est » gisant, anéantie, sous une maison échouée, privée de ses chaussons rouge rubis, ses deux jambes vertes rétractées ; les nains « Munchkins » à la voix pitchée, le pommier parlant, le rire tonitruant de l’avide « sorcière de l’Ouest » au teint émeraude peuplent tous, avec une variable intensité, ce cauchemar en Technicolor. Mais c’est précisément des reflets dorés et de l’éclat enjoué des images et des sons que sourd un insidieux malaise. Peur et plaisir, attraction et répulsion habitèrent mes multiples visionnements – en VHS essoufflée – de ce film autrefois. Le revoir aujourd’hui ne change guère la donne. Le kitsch saute aux yeux, mais l’inconfort réjoui demeure.</p>
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