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	<title>Grand Écart &#187; rock</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>20 000 jours sur Terre, de Iain Forsyth et Jane Pollard</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Dec 2014 19:52:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[biopic]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[musique]]></category>
		<category><![CDATA[rock]]></category>

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		<description><![CDATA[En 35 ans de carrière, Nick Cave a délivré au monde une flopée d'albums fiévreux, musicalement atypiques et peu aimables. Le voilà désormais devant l'écran pour fêter son 20 000e jour sur Terre.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Sage comme une image</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/12/affiche-20-000-jours-sur-terre-nick-cave-iain-forsyth-jane-pollard.jpg" alt="20 000 jours sur Terre, de Iain Forsyth et Jane Pollard" title="20 000 jours sur Terre, de Iain Forsyth et Jane Pollard" width="225" height="280" class="alignleft size-full wp-image-19914" />En 35 ans de carrière, de Birthday Party aux Bad Seeds, Nick Cave a délivré au monde une flopée d&#8217;albums fiévreux (<em>Tender Prey</em> (1988), <em>Henry&#8217;s Dream</em> (1992), <em>Let Love in</em> (1994), <em>Abattoir Blues/The Lyre of Orpheus</em> (2004)), musicalement atypiques et peu aimables. Australien de naissance, longtemps berlinois et civilement anglais, Nick Cave est une rock star, une des dernières icônes underground, puissante, audacieuse et charismatique à défaut d&#8217;être sympathique. La scène est son territoire. Chaque concert est une expérience intense, une messe païenne où résonne la voix de baryton d&#8217;un prêcheur halluciné scandant des histoires de vie, d&#8217;amour et de mort au rythme des déflagrations électriques assénées par une confrérie internationale, et à géométrie variable, de mauvaises graines (les Bad Seeds). Adoubé par Wim Wenders – une belle présence dans <em>Les Ailes du désir</em> – et Jim Jarmush dans les années 1990, Nick Cave creuse le sillon d&#8217;une musique grave et expressive qui le rapproche naturellement du cinéma. On lui doit de belles collaborations avec des réalisateurs comme John Hillcoat et Andrew Dominik. Pas rassasié, Nick Cave écrit des scénarios et se lance avec talent – et un certain succès critique – dans le roman, noir évidemment. Il y déroule ses thèmes de prédilection : l&#8217;enfance meurtrie, l&#8217;amour contrarié, la violence, les psychoses et névroses, l&#8217;addiction et un sérieux penchant pour l&#8217;exégèse biblique. Un itinéraire artistique multi-cartes qui recèle en creux toutes les (bonnes ?) raisons qui l&#8217;ont poussé à s&#8217;engager dans ce <em>20 000 jours sur Terre</em>.</p>
<p>Avant de passer aux choses qui fâchent, on se doit de reconnaître les qualités formelles, image et son, de ce biopic arty camouflé en auto-fiction documentaire. Le duo de plasticiens anglais aux manettes fait le job. En revanche, les intentions, boursouflées, et les procédés narratifs employés, parfois à la limite du saugrenu, plombent une « auto-docufiction » (… pas mieux) qui promet de dresser le portrait d&#8217;un artiste, sa vie, son œuvre et de sonder les mystères de la création… en 24 heures inside. L&#8217;entame donne le ton : la journée démarre au saut du lit. Un brin de toilette plus tard, Nick Cave se met à son bureau, avec plein de photos perso accrochées au mur façon enquête du FBI, tape à la machine à écrire qui fait clac-clac – un bon teaser pour 13ème Rue, certes bien filmé – et prend connaissance de l&#8217;agenda de sa vraie-fausse 20 000e journée depuis son répondeur à K7. Puis, départ pour une virée métaphorique au volant de sa voiture – évidemment, ce n&#8217;est pas un 4X4 Cherokee – où l&#8217;on va sauter d&#8217;un rendez-vous à l&#8217;autre et profiter d&#8217;une balade dans Brighton, superbement photographié pour l&#8217;occasion. Visite chez le psy, long tunnel analytique insipide, partie de campagne complice chez Warren Ellis, compagnon de route attachant à la barbe d&#8217;ermite et à l&#8217;œil de rapace, rendez-vous à la bibliothèque pour une « drôle » de séquence biographique où des experts (du CSI ?) exhument ses archives personnelles comme s&#8217;ils manipulaient les bandelettes de Toutankhamon… A ce stade, les choses se confirment : Nick Cave, très impliqué sur le scénario, s&#8217;appuie sur son goût du vintage, du roman noir et du polar US pour se raconter à travers des artifices censés nous révéler la profondeur de son génie artistique et littéraire. Comme un besoin impérieux de reconnaissance tardive qui le pousserait à vouloir changer de mythologie, en passant de celle mineure et futile du rock à celle noble et grave de la littérature. Bien qu&#8217;ambitieuse, la démarche s&#8217;avère vaniteuse et souvent maladroite : la faute à un format hybride déroulé au forceps où s&#8217;entrechoquent rêverie introspective pontifiante et grâce musicale euphorisante, fiction balourde et rigueur documentaire.</p>
<p>Par bonheur, à l&#8217;intérieur du biopic sérieux et sage, il existe un film musical formidable qui repose sur le principe du <em>work in progress</em>. Un parti pris audacieux, cette fois totalement réussi, où l&#8217;on suit la genèse de deux sublimes chansons tirées du dernier album de Nick Cave (<em>Push the Sky Away</em>, 2013), des premières répétitions dans l&#8217;ambiance feutrée d&#8217;un mas du sud de la France à leurs restitutions sur scène. Les plus belles séquences sont là, parfaitement servies par une réalisation et un montage discret et de bon goût qui rend grâce à la puissance des compositions et hommage au travail des musiciens : Nick Cave chantant au piano émeut jusqu&#8217;aux larmes, les concerts sont époustouflants et démontrent s&#8217;il le fallait sa sincérité, sa générosité et son engagement total. Entre retour de l&#8217;enfant prodigue et accomplissement, le concert final, à l&#8217;Opéra de Sydney, devient un <em>climax</em> furieux et touchant où Nick Cave s&#8217;exprime enfin, débarrassé de tout artifice et autre minauderie conceptuelle, dans le langage qui est réellement le sien : celui des plus grands songwriters et performers de l&#8217;histoire du rock et de la pop. En attendant que la caravane du grand Nick repasse en ville, ce bout de film, malheureusement trop court, mériterait à lui seul les honneurs du grand écran.</p>
<p>&nbsp;<br />
20 000 jours sur Terre<em> de Iain Forsyth et Jane Pollard, avec Nick Cave, Warren Ellis, Susie Bick, Darian Leader, Kylie Minogue&#8230; Angleterre, 2014. Sortie le 24 décembre 2014.</em></p>
<p><center><iframe src="//www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01200383/zone/2/showtitle/1/src/sqz08v" width="560" height="320" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" style="z-index:1;"></iframe></center></p>
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		<title>Hérouville, la route du rock, de Jean-Yves Guilleux</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Aug 2013 06:53:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[rock]]></category>

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		<description><![CDATA[Jean-Yves Guilleux s’apprête à réaliser un film sur le célèbre studio d'enregistrement d'Hérouville. Vous pouvez participer au financement du projet jusqu'en octobre 2013...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/08/michel-magne-herouville-studio-enregistrement-rock-s.jpg" alt="Michel Magne au studio d&#039;enregistrement d&#039;Hérouville" title="Michel Magne au studio d&#039;enregistrement d&#039;Hérouville" width="280" height="193" class="alignleft size-full wp-image-14404" />En 2010, je découvre le documentaire de Jean-Yves Guilleux sur le compositeur François de Roubaix : <em>François de Roubaix, l’aventurier</em>. Musicien hors pair, créateur iconoclaste, bidouilleur de génie, insatiable chercheur, fabuleux mélodiste, François de Roubaix marque les années 1970 de son empreinte mêlant les sons électroniques aux sonorités d’instruments millénaires. On lui doit les partitions de <em>Dernier domicile connu</em>, <em>Chapi Chapo</em>, <em>Le Vieux Fusil</em>, <em>Les Grandes Gueules</em>, <em>Le Samouraï</em>, <em>Les Aventuriers</em> et de tant d’autres. François de Roubaix meurt prématurément d’un accident de plongée à l’âge de 36 ans. C’était l’aventurier.</p>
<p>La même année, Jean-Yves Guilleux s’attache à rendre hommage au compositeur psychédélique Michel Magne dans <em>Michel Magne, le fantaisiste pop</em>. Tout comme François de Roubaix, Michel Magne puise son inspiration dans la musique électronique. Son style délivre une énergie peu commune, une joie communicative. Sa musique explose de couleurs. Nous lui devons les partitions des <em>Angélique</em>, d’<em>OSS 117</em>, <em>Fantômas</em>, <em>Belle de jour</em>, <em>Compartiments tueurs</em>, des <em>Tontons flingueurs</em>…<br />
Le documentaire est disponible et sera de nouveau disponible sur le Blu-ray des <em>Tontons flingueurs</em> à paraître en octobre 2013 chez Gaumont. <span id="more-14400"></span></p>
<p>C’est à Hérouville, à proximité d’Auvers-sur-Oise, que Michel Magne a vécu et érigé son château en place forte d’enregistrement. Les plus grands musiciens de la planète s’y sont succédé pour concevoir leurs albums : David Bowie, Elton John, Pink Floyd, Magma…</p>
<p><center><iframe width="560" height="420" src="//www.youtube.com/embed/k2V1lFo7wcE?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center></p>
<p>Le domaine, décrépit, est aujourd’hui à vendre pour 1,3 million d’euros. Jean-Yves Guilleux s’apprête à réaliser un film sur la forteresse musicale, <em>Hérouville, la route du rock</em>. Vous pouvez d&#8217;ailleurs participer au financement du projet <a href="http://www.touscoprod.com/fr/project/produce?id=860." title="Financement du documentaire Hérouville, la route du rock" target="_blank" rel="nofollow" class="broken_link">ici</a>, jusqu&#8217;en octobre 2013.</p>
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		<title>Rencontre avec l&#8217;équipe de Des jeunes gens mödernes</title>
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		<pubDate>Tue, 14 Aug 2012 19:09:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>AP</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[rock]]></category>

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		<description><![CDATA[<em>Des jeunes gens mödernes</em> de Jérôme de Missolz revient avec passion sur la vie parisienne nocturne des années 1970/1980 : le punk, les soirées du Palace, Lio, Edwige, Yves Adrien. Rencontre.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/08/des-jeunes-gens-modernes-film.jpg" alt="Des jeunes gens mödernes, de Jérôme de Missolz" title="Des jeunes gens mödernes, de Jérôme de Missolz" width="280" height="173" class="alignleft size-full wp-image-9143" />Docufiction bringuebalant, <em>cut-up</em> postmoderne, improvisé et délibérément monté à la va-comme-je-te-pousse, le film de Jérôme de Missolz, <em>Des jeunes gens mödernes</em>, revient avec passion sur la vie parisienne, nocturne, à la jonction interlope des années 1970/1980 : évoquant le punk, les soirées du Palace, Lio, Edwige Belmore ou feu Alain Pacadis… Et, surtout, Yves Adrien, rock-critic mort-vivant, qui vampirise à peu près tout le film. </p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>I belong to the blank generation, I can take it or leave it each time <a href="#ref">(1)</a></strong></p>
<p>Avant tout, la bonne idée du film de Missolz, c&#8217;est d&#8217;éviter l&#8217;hommage paresseux (celui qui consiste généralement à un affreux tunnel d&#8217;interviews nostalgiques face caméra), en évitant de trop mettre en scène ses personnages ; disons plutôt qu&#8217;il se contente de les mettre en situation. La rencontre essentielle du film se situant entre deux générations, celle d&#8217;Yves Adrien, donc (qui apparaît parfois aussi sous les noms d&#8217;Orphan ou de 69-X-69), et celle de jeunes garçons et filles d&#8217;aujourd&#8217;hui &#8211; en l&#8217;occurrence ceux de la revue <em>Entrisme</em>. <span id="more-9135"></span></p>
<p>Rencontré à Cannes, lors de la présentation du film, Yves Adrien nous avait évoqué son dégoût d&#8217;Internet et des nouvelles technologies : <em>&#8220;Il n&#8217;y a pas de corps là-dedans, pas de sensualité, aucun mystère, nul désir… Tout au plus de la banale pornographie. En plus d&#8217;être le triomphe de la masse. C&#8217;est assez pathétique.&#8221;</em> De là, sans doute, la sensation d&#8217;une rencontre un peu manquée, dans le film, entre les branchés 2.0 d&#8217;<em>Entrisme</em> (même s&#8217;ils éditent leur revue sur papier, ce qui est assez louable pour être mentionné) et le fantôme dandy Orphan. Pourtant, en cherchant un peu, Internet et Adrien auraient tout de même bien des traits en commun, à commencer par la dissolution de l&#8217;identité dans le jeu de pseudonymes, ou une même disposition à créer des liens &#8211; entre les idées, les personnes, les thèmes. <em>&#8220;Mouais&#8221;</em>, semble répliquer la moue qu&#8217;il lance. Mais qui tique quand on repart à la charge sur cette idée de lien, cette fois à partir de Giordano Bruno : <em>&#8220;Il est nécessaire que celui qui doit former un lien possède en quelque façon une compréhension de l&#8217;ensemble de l&#8217;univers.&#8221;</em> En même temps, c&#8217;est sûr, là on sort un peu du lien google… Très bien. Passons à la littérature, donc. Et à la critique &#8211; peut-être à la magie… <em>&#8220;Commençons par le commencement : vous n&#8217;ignorez sans doute pas que le grand inventeur de la modernité s&#8217;appelle Charles Baudelaire, n&#8217;est-ce pas ?&#8221;</em></p>
<p><strong>J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans<br />
Ô Satan, prends pitié de ma longue misère <a href="#ref">(2)</a></strong></p>
<p>Voilà ainsi posée la question de la critique ; Baudelaire se situant, rappelle Adrien, à mi-chemin de la création et de l&#8217;analyse esthétique. S&#8217;alimentant l&#8217;une l&#8217;autre. Paradigme de la modernité. <em>&#8220;Mais les vrais modernes se font de plus en plus rares. Et précieux&#8221;</em>, ajoute-t-il, avant d&#8217;être rejoint par Jérôme de Missolz, réalisateur du film, qui embraye quant à lui sur la <em>beat generation</em>, développant sa vision du montage vidéo comme collage-montage burroughsien : <em>&#8220;Le cut-up, autre grande invention moderne, ce n&#8217;est pas seulement un procédé littéraire, comme on le réduit parfois : c&#8217;est une approche qui peut affecter et se traduire dans n&#8217;importe quel processus créatif, que ce soit avec du texte, des images ou des sons. Pour </em>Des jeunes gens mödernes<em>, j&#8217;ai filmé un maximum des scènes, puis j&#8217;ai tenté d&#8217;en coller des segments de façon intuitive, sensible, non linéaire.&#8221;</em> Aussi, à la modernité dandy d&#8217;Adrien (qui en profite pour rappeler la fameuse fusée baudelairienne selon laquelle <em>&#8220;ce qu&#8217;il y a d&#8217;enivrant dans le mauvais goût, c&#8217;est le plaisir aristocratique de déplaire&#8221;</em>), répondrait celle, explosive et plus américaine, de Jérôme de Missolz.  </p>
<p><em>&#8220;Etre moderne, c&#8217;est refuser les règles, les projets bien ordonnés, se lancer dans l&#8217;aventure sans savoir où l&#8217;on va. C&#8217;est connaître les règles pour les briser, apprendre à se mettre en jeu&#8221;</em>, poursuit le réalisateur, auquel Adrien apporte en un sourire une conclusion lapidaire : <em>&#8220;Autrement dit, un certain goût pour le tumulte.&#8221;</em> Mais justement, ce pari de la modernité, massacrant les idoles, dogmes, repères, ne finit-il pas nécessairement dans l&#8217;autodestruction, dans une mort qui, pour être symbolique, peut aussi ne pas l&#8217;être du tout ? On évoque le fantôme de Pacadis. Ou la descente aux enfers d&#8217;un Daniel Darc. Silence. Alors, on relance la question à partir de Michaux, de sa &#8220;connaissance par les gouffres&#8221;.</p>
<p><strong>I saw the best minds of my generation destroyed by madness, starving hysterical naked, dragging themselves through the negro streets at dawn looking for an angry fix&#8230; <a href="#ref">(3)</a></strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/08/des-jeunes-gens-modernes-affiche.jpg" alt="Affiche de Des jeunes gens mödernes, de Jérôme de MIssolz" title="Des jeunes gens mödernes, de Jérôme de MIssolz" width="211" height="280" class="alignright size-full wp-image-9140" /><em>&#8220;Certainement. Il y a dans l&#8217;excès, dans les excès en tous genres, quelque chose qui relève de la connaissance. Aux risques et périls de chacun, bien sûr&#8221;</em>, renvoie Adrien dans un tournemain, avant d&#8217;illustrer son propos : <em>&#8220;Les drogues, le sexe, le rock, ses dérèglements et sa mythologie, tout cela peut constituer, ou en tout cas a pu constituer, lorsqu&#8217;on y songe, un apprentissage de certaines grandes extrémités de l&#8217;existence. Et au fond, probablement, une manière d&#8217;appréhender la mort, de l&#8217;apprivoiser. Au risque réel d&#8217;y succomber. Mais pour certains, hier ou aujourd&#8217;hui, c’est davantage une quête intime qu&#8217;un loisir, ou une simple récréation.&#8221;</em> </p>
<p>Entre-temps, Edwige Belmore, l’égérie punk du Paris de la fin des <em>seventies</em>, nous a rejoints, et salué du regard, attentive au discours de son acolyte. D’un coup, on imagine tout ce qu’ils ont dû voir, à eux deux. De Paris à Tokyo ou New York. Sommets et sous-sols. Pensive, Edwige répond à Adrien : <em>“Peut-être n’est-ce pas tant une question de mort que de résurrection. La mort en elle-même n’a vraiment rien d’enviable, tu ne crois pas ? Alors qu’il arrive que la destruction mène à ressusciter de soi-même. De son passé. Personnellement, j’ai longtemps cru que je m’acheminais vers la mort. Mais je sais désormais qu’une autre vie m’est donnée. Je me suis fait un nouveau tatouage pour marquer cela.”</em> Sur son bras gauche, on peut lire <em>“Wild is the wind”</em>. Le vent est sauvage. La modernité et les jeunes gens, aussi.<br />
&nbsp;</p>
<p style="font-size:90%">Des jeunes gens mödernes<em> de Jérôme de Missolz, avec Yves Adrien, Lio, Edwige Belmore et le collectif </em>Entrisme<em>. France, 2011. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes 2011. Sortie le 8 août 2012.</em><br />
<a name="ref"></a><br />
<em>(1) Richard Hell and the Voidoids, </em>Blank Generation<em>, 1977 – </em>“J’appartiens à la génération vide, c’est à prendre ou à laisser à chaque instant.”<em><br />
(2) Charles Baudelaire “Les Litanies de Satan” in </em>Les Fleurs du mal<em>, 1857.<br />
(3) Allen Ginsberg, </em>Howl<em>, 1956 – </em>“J’ai vu les meilleurs esprits de ma génération détruits par la folie, creuvant de faim hystériques nus, se traînant à travers les rues nègres à l’aube à la recherche d’un shoot de colère.”<em> A écouter, lu par Ginsberg, <a href="http://www.youtube.com/watch?v=MVGoY9gom50" rel="shadowbox[sbpost-9135];player=swf;width=640;height=385;" target="_blank">ici</a>.</em></p>
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		<title>Thomas VDB au Point-Virgule</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Mar 2011 02:34:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[humour]]></category>
		<category><![CDATA[rock]]></category>
		<category><![CDATA[théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Thomas VDB]]></category>

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		<description><![CDATA[Avec ‘En Rock et en Roll’, en 2007, Thomas VDB épinglait les imposteurs du rock (icônes et fans dans le même panier). Il revient au Point-Virgule avec un nouveau spectacle intitulé...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/03/Thomas_VDB.jpg" rel="shadowbox[sbpost-210];player=img;"><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/03/Thomas_VDB.jpg" alt="Thomas VDB dans le spectacle Presque célèbre" title="Thomas VDB dans le spectacle Presque célèbre" width="225" height="300" class="alignleft size-full wp-image-1129" /></a>Avec ‘En Rock et en Roll’, en 2007, Thomas VDB épinglait les imposteurs du rock (icônes et fans dans le même panier). Il revient au Point-Virgule avec un nouveau spectacle intitulé <em>Presque célèbre</em>. Totalement drôle. Encore plus débraillé et excité qu’à l’habitude, ce féru de métal et de gros sons qui tâchent promet d’entrée « un one-man show en 3D ». Il ment. En même temps, on n’y croyait pas trop.</p>
<p>Mais les effets spéciaux sont tout de même de la partie. Car l’obsession du moment de l’ancien rédac chef de <em>Rock Sound</em> n&#8217;est autre que &#8220;remonter le temps pour reconfigurer le passé&#8221;. Et, premières amours obligent, gommer les scories de l’histoire de la musique. A commencer par Michel Sardou que VDB veut « rayer du continuum espace-temps ».</p>
<p>Et dans ce show aux accents de <em>Retour vers le futur</em>, le fan de Queen ne parle pas que musique. Avec une énergie proche de celle d’un môme hyperactif, il gratte partout où ça le démange : famille, petite amie, expériences de mort imminente, statistiques foireuses et même sexualité… des pandas.</p>
<p>Thomas VDB dit qu’il est « un comique à 2 balles ». Là encore, il ment. Une habitude chez lui. Seule certitude, le bonhomme a le verbe grinçant, l’impertinence adolescente et l’agitation créative. <em>Rock is not dead</em>, quoi.</p>
<p>Presque célèbre, Thomas VDB, Le Point-Virgule, 7 rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, 75004 Paris, jusqu&#8217;au é&#8217; JUIN 2011.</p>
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