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	<title>Grand Écart &#187; Paolo Pasolini</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Souvenirs de toiles de Michel Layaz</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Jan 2012 15:54:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Souvenirs de toiles]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Paolo Pasolini]]></category>
		<category><![CDATA[Suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[Quoi de mieux qu'une petite balade cinéphile au bras d'un Suisse francophone pour une bouffée d'air frais... Dans ses livres, Michel Layaz dessine d'autres réalités, des mondes réinventés, magnifiés par...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/12/michel-layaz.jpg" alt="Photographie de l&#039;écrivain Michel Layaz" title="Photographie de l&#039;écrivain Michel Layaz" width="188" height="270" class="alignleft size-full wp-image-4744" /><strong>Quoi de mieux qu&#8217;une petite balade cinéphile au bras d&#8217;un Suisse francophone pour une bouffée d&#8217;air frais&#8230; Dans ses livres, Michel Layaz dessine d&#8217;autres réalités, des mondes réinventés, épais, magnifiés par une langue ciselée et un sens aigu de la scansion. En vrac, on vous recommande le jouissif <em>Cher Boniface</em>, <em>La Joyeuse Complainte de l&#8217;idiot</em> ou le petit dernier sorti début 2011, <em>Deux soeurs</em>. Mais quel cinéphile est-il et que nous racontent ses souvenirs de toiles ? </strong></p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Le premier film ?</strong></p>
<p>Dans ma famille, le cinéma n’existait pas. Tout juste si je pouvais regarder une fois par semaine un épisode de <em>Zorro</em> à la télévision durant la période où l’on diffusait cette série. Le premier film au cinéma, c’était avec ma mère qui voulait me faire plaisir. On projetait <em>La Tour infernale</em>. Pour une première, le garçon d’une dizaine d’années que j’étais a été servi : action, catastrophe, suspense et surtout de vrais héros à qui s’identifier ; mon côté chevalier blanc avide d’aventures était rassasié. Depuis lors, à part l’époustouflant <em>Titanic</em>, je ne crois pas avoir vu d’autres films de ce type. Un film catastrophe tous les trente ans : la périodicité me convient. <span id="more-4743"></span></p>
<p><strong>Les films qui bercent l’adolescence </strong>? </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/12/buffet-froid.jpg" alt="Gérard Depardieu dans Buffet froid" title="Gérard Depardieu dans Buffet froid" width="270" height="178" class="alignright size-full wp-image-4747" />Quels points communs entre <em>Buffet froid</em> de Bertrand Blier, <em>Hair</em> de Milos Forman ou <em>L’Arnaque</em> de George Roy Hill ? Que je les ai vus et revus et que ces trois films affirment une volonté d’émancipation face aux normes et aux régulations que la société impose. Pour le premier, je connaissais un grand nombre de répliques par cœur. Je faisais mon malin en les replaçant ici ou là, comme par exemple celle où Depardieu, toujours vêtu d’un long manteau qu’il refuse d’enlever, justifie sa tenue en déclarant à sa femme qui lui dit qu’il a l’air, ainsi vêtu, d’être en visite : <em>&#8220;On est tous en visite. On débarque, on fait un peu de tourisme, et puis on repart. Tu crois sincèrement que ça vaut la peine d’enlever son manteau ? Pour quoi faire ? Attraper la crève, prématurément ?&#8221;</em> Cette manière désinvolte de dédramatiser l’existence allégeait agréablement mes inquiétudes, permettait de relativiser craintes et moments de doute.<br />
Pour le deuxième, c’était le goût, naïf certes, de la liberté, de la loyauté, de l’affirmation joyeuse de toutes les offensives de vie. La scène où Berger chante <em>I Got Life</em> debout sur la grande table d’un banquet bourgeois me remplissait de plaisir ; à chaque pas volaient en éclats la bienséance qui étouffe et les conventions qui corsètent. C’était un absolu de délivrance.<br />
Pour le troisième, avec plusieurs amis, nous rêvions, certains soirs, d’être des gentlemen cambrioleurs. Affamés de sensations, nous fomentions des escroqueries d’esthètes, des machinations tarabiscotées qui n’avaient que très peu le goût du lucre mais beaucoup celui de l’élégance. Durant ces vagabondages, nos idoles s’appelaient Paul Newman et Robert Redford. </p>
<p><strong>Le film qui fait grandir ?</strong> </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/12/arrangement-kazan.jpg" alt="Image du film L&#039;Arrangement d&#039;Elia Kazan" title="Image du film L&#039;Arrangement d&#039;Elia Kazan" width="270" height="212" class="alignleft size-full wp-image-4750" /><em>L’Arrangement</em> d&#8217;Elia Kazan. Je n’oublierai jamais la scène au début du film où Kirk Douglas, publiciste génial qui incarne le modèle de réussite sociale, pénètre dans un tunnel sur l’autoroute au volant de sa voiture décapotable et se retrouve entre deux énormes camions, un sur sa gauche, un sur sa droite. Il lâche le volant et laisse sa voiture «flotter» entre les deux poids lourds. Ce moment est exceptionnel parce que la vie frôle la mort et se retrouve forcément exacerbée. Puis Douglas donne un coup de volant violent et précipite son bolide sous un camion. Il survit, mais commence alors, sous l’impulsion de l’irrésistible Faye Dunaway, son examen de conscience. Se révèlent tous les crissements, tous les antagonismes qu’il y a entre une vie réussie et la réussite sociale. Se pose aussi la question de savoir ce que l’on fait de son talent, à quoi ou à qui on le consacre. Bref, des questions simples mais essentielles et fécondes qui m’ont fichu de salutaires secousses.</p>
<p><strong>Le film qui fait rire aux larmes ?</strong>  </p>
<p>La scène où François, le facteur joué par Tati dans <em>Jour de fête</em>, essaie d’enfourcher son vélo et n’y parvient pas puisqu’il y a une barrière entre lui et sa jambe droite, alors même que la gauche est déjà en place sur le vélo… Je reste très attaché à ce personnage plein d’innocence et de bonté qui a le visage sale parce qu’il ne pense jamais à faire ce qui nous occupe si souvent : se contempler narcissiquement dans un miroir. J’aime rire au cinéma et je n’oublie pas que très vite, à ses débuts, le cinéma avait pour vocation d’attirer les gens, donc de les faire rire. Je suis un inconditionnel d’Harold Lloyd par exemple, du rire rebelle qu’il provoque, ou de Chaplin et de son rire plus politique encore.</p>
<p><strong>Les films dont on ne se remet pas ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/12/kairo.jpg" alt="Image de Kaïro de Kiyoshi Kurosawa" title="Image de Kaïro de Kiyoshi Kurosawa" width="270" height="166" class="alignright size-full wp-image-4753" />Il y a des films qui m’ont un peu sonné, des films dont j’ai un souvenir vague mais qui me hantent parce que j’en suis ressorti presque hypnotisé sans vouloir comprendre d’où venait cette fascination, je pense par exemple à <em>Kaïro</em> de Kiyoshi Kurosawa ou aux <em>Anges déchus</em> de Wong Kar-wai. Dans un registre moins sensible, <em>Le Mépris</em> de Godard continue à me fasciner pour de nombreuses raisons, mais entre autres parce que si la passion amoureuse est irrationnelle c’est-à-dire qu’elle ne répond à aucune logique, à aucune explication sensée, la cassure passionnelle est du même ordre. Bien sûr, on peut trouver toutes sortes de petits faits qui justifient le mépris que Bardot ressent devant Piccoli, celui qu’elle aimait peu avant, mais je suis convaincu que la vraie raison est parfaitement irraisonnable. </p>
<p><strong>Les films qui ont nourri vos livres ?</strong> </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/12/teorama-pasolini.jpg" alt="Image du film Teorema de Pasolini" title="Image du film Teorema de Pasolini" width="270" height="186" class="alignleft size-full wp-image-4755" />Le cinéma, par touche, par rime, peut faire écho à certains passages de mes livres. <em>Théorème</em>, de Pasolini, a eu une influence dans l’écriture d’un de mes livres qui s’appelle <em>Les Légataires</em>. Et puis la scène ou Marlon Brando se fait casser la gueule dans <em>Sur les quais</em> de Kazan, si je ne l’ai jamais écrite en tant que telle, elle a influencé au moins deux passages précis. Je pourrais citer d’autres exemples mais il faudrait regarder les choses dans le détail. Je sais aussi que j’aurais voulu retranscrire l’esthétique implacable et minutieuse qui donne à <em>Rusty James</em> de Francis Coppola sa beauté et sa violence. Je n’ai même pas essayé et pourtant on trouve, dans un de mes livres, un personnage qui s’hypnotise devant des poissons rouges. A coup sûr une citation appuyée à ce film.</p>
<p><strong>Qui dit cinéma suisse dit Godard. Et sinon ?</strong></p>
<p>Le travail de Jean-Stéphane Bron, notamment dans <em>Cleveland contre Wall Street</em>, est excellent. Dans ce film mi-documentaire mi-fiction qui met en scène, joué par les personnes concernées, un procès qui n’eut jamais lieu, on comprend comment les gens, crédules et intellectuellement défavorisés, se sont fait berner par ceux qui agissent sans scrupules puisqu’ils ne pensent qu’à l’argent.<br />
Je me sens proche des travaux de la vidéaste Emmanuelle Antille qui filme souvent des adolescents qui parlent peu mais expriment avec force leur fragilité. Je sais qu’elle termine un film (au sens classique du terme) et je suis sûr qu’on va bientôt en entendre parler.</p>
<p><strong>Un film dont vous auriez aimé écrire le scénario ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/12/sueurs-froides-vertigo.jpg" alt="Image de Sueurs froides" title="Image de Sueurs froides" width="270" height="180" class="alignright size-full wp-image-4757" />Le film est archi-connu, mais mettre au point le scénario de <em>Sueurs froides</em>, quel bonheur. Il y a plein de choses que j’aime dans ce film mais que je me sens incapable d’inventer : la machination, la manipulation, le leurre, le dédoublement, l’illusion, les traumatismes. Et pourtant ce chef-d’œuvre d’Hitchcock souffre, à mon sens, de quelques maladresses vraisemblablement insurmontables parce que quand on montre une image au cinéma (ici, la mort de celle que l’on pense être Madeleine), il est très laborieux ensuite de venir dire que cette image n’était pas vraie. Hitchcock essaie de résoudre ce problème en faisant du spectateur son complice puisque nous savons avant le principal intéressé (Scottie) que Judy a seulement joué à être Madeleine.</p>
<p><strong>L’actrice avec qui dîner ?</strong> </p>
<p>Je me méfie des icônes et je n’oublie pas que le premier mari de Norma Jeane Baker avait certainement au mur des posters de stars hollywoodiennes qu’il regardait avant de se glisser sous les draps à côté de la future Marilyne. Pourtant, j’avoue que je délaisserais Elizabeth Taylor dans <em>Soudain l’été dernier</em> de Mankiewicz, Grace Kelly dans <em>La Main au collet</em> ou encore Katharine Hepburn dans <em>Pension d’artistes</em> de Gregory La Cava pour choisir une soirée avec Faye Dunaway, celle de <em>Bonnie and Clyde</em> ou de <em>Little Big Man</em>, mais plus encore celle de <em>L’Arrangement</em>.</p>
<p><strong>L’acteur ?</strong> </p>
<p>Une partie de billard avec Marlon Brando, je ne dirais pas non !</p>
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		<title>Comment Silvana Mangano pulvérise Lady Gaga</title>
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		<pubDate>Sun, 08 May 2011 08:07:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>AP</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1053" title="Affiche de Anna avec Silvana Mangano" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/03/mangano-anna.jpg" alt="Affiche de Anna avec Silvana Mangano" width="146" height="210" />L’autre jour, accoudé à la terrasse d’un bistrot où un vieil écran cathodique projetait le dernier clip de Lady Gaga, mon ami Philippe lâcha : « Tu vois, Silvana Mangano, un simple roulement d’épaules lui suffit à être ultra-bandante… alors que Lady Gaga là, elle a beau convulser du vagin toutes les cinq secondes, ça me fait absolument rien… mais rien du tout, vraiment, à part peut-être une vague sensation de nausée ou d’agonie, mais c’est pas comparable. »<br />
En l’occurrence, Philippe faisait allusion à une séquence que nous affectionnons l’un comme l’autre, qui nous rend heureux comme des enfants ivres, du genre de celles qui établissent une complicité muette et immédiate. La scène est tirée du long-métrage <em>Anna</em> d’Alberto Lattuada (1951), où Silvana Mangano incarne une religieuse aux prises avec son trouble passé de danseuse <a href="http://www.youtube.com/watch?v=qZqB2CczTes&#038;feature=related" rel="shadowbox[sbpost-1051];player=swf;width=640;height=385;" target=_blank >(<u>ici</u>)</a>.<span id="more-1051"></span></p>
<p>D’ailleurs, nous n’avons certainement pas été les seuls à nous délecter sans relâche des roulis aussi sobres qu’évocateurs de Mangano, à laquelle Nanni Moretti rendit un hommage appuyé dans son <em>Journal intime</em>, en 1994, reprenant <a href="http://www.youtube.com/watch?v=KH3Zx9BJYpQ&amp;feature=related" rel="shadowbox[sbpost-1051];player=swf;width=640;height=385;" target="_blank">(<span style="text-decoration: underline;">ici</span>)</a> l’exacte chorégraphie manganienne chez un vendeur de paninis. Au XXIe siècle, la chanson qu’interprète Mangano, &#8220;El negro zumbon&#8221; (en réalité chantée par Flo Sandon), se retrouvera samplée par le collectif de DJs The Avalanches pour leur unique tube, le réjouissant <a href="http://www.youtube.com/watch?v=U8BWBn26bX0" rel="shadowbox[sbpost-1051];player=swf;width=640;height=385;" target="_blank">&#8220;<span style="text-decoration: underline;">Frontier Psychiatrist</span>&#8220;</a>, et fréquemment reprise par le groupe lounge Pink Martini. Bref, nous voilà proches de ce que l&#8217;on pourrait appeler une scène-culte.</p>
<p>Lors du tournage de cette séquence, Silvana Mangano a 21 ans, mariée depuis peu (et pour longtemps) à l’un des deux producteurs d’<em>Anna</em>, Dino de Laurentiis – un type qui ne manquera pas de flair : futur producteur de Fellini, Rossellini, John Huston, Visconti ou David Lynch. Ancienne Miss Rome 1946, c’est un éphémère amour de jeunesse, Marcello Mastroianni, qui lui fit faire ses premiers pas au cinéma. Encore un qui a eu le nez creux : dès 1949, <em>Riz Amer</em> de Giuseppe De Santis consacre la belle italienne premier sexe-symbole de l’après-guerre. Or, si l’on pouvait craindre qu’un succès aussi précoce ait tendance à figer Silvana Mangano dans des rôles de jeunette torride à la Bardot, il n’en fut rien. Mangano se révèle même plutôt comme un excellent chianti : d’abord gouleyante, la patine du temps a su la transformer en un très grand cru.</p>
<p>Avec l’âge, ses choix se font en effet plus pointus et exigeants, jusqu’à de superbes rôles de quadragénaire à la sensualité anxieuse, de MILF (« Mom I’d Like to Fuck », ai-je appris récemment) blessée et digne, rappelant combien le désir et la sensualité n’ont pas d’âge. A la fin des années 1960, Pasolini en fait son égérie et la mère incestueuse de son <em>Œdipe-roi</em>. Amaigrie, Mangano joue alors à merveille les beautés fanées et névrotiques, à contre-courant du jeunisme consensuel, et ringardisant paradoxalement les midinettes à la mode. A cet égard, une scène sublime (et je pèse mes mots) tient en cette poignée de minutes, tirées du <em>Théorème</em> de Pasolini, où, entre Silvana Mangano et ce jeune Rimbaud de Terence Stamp, tout se dit en silence de l’incertitude brutale et inattendue du désir, de ce que la sensualité a d’intrinsèquement et sensiblement transgressif. Une scène tellement juste et belle&#8230; qu’elle en coupe définitivement le sifflet.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" width="640" height="390" src="http://www.youtube.com/embed/Ec5ZZvQn4iQ" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
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