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	<title>Grand Écart &#187; Maroc</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Rencontre avec Leïla Kilani</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Apr 2024 12:22:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Manuela Rizzo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>

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		<description><![CDATA[Leïla Kilani a réalisé Indivision. Le film plonge les spectateurs dans les intrications émotionnelles et les tensions familiales au Maroc. À travers le récit de deux frères en quête d&#8217;un...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Leïla Kilani a réalisé <em>Indivision</em>. Le film plonge les spectateurs dans les intrications émotionnelles et les tensions familiales au Maroc. À travers le récit de deux frères en quête d&#8217;un héritage familial, <em>Indivision</em> explore avec subtilité les conflits générationnels et les dilemmes moraux qui émergent lorsque tradition et modernité se rencontrent. Une œuvre poignante qui interroge les notions d&#8217;identité, de responsabilité et de lien familial dans la société marocaine contemporaine.</strong></p>
<p>&nbsp;<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2024/04/leila-kilani-copy-fnc-adil-boukind-portrait.jpg" alt="Leila Kilani" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-27890" /><strong>Comment définiriez-vous <em>Indivision</em> ? Un drame familial ? Une histoire d’apprentissage ?</strong></p>
<p>Les deux. C’est aussi un conte. Ça mélange plusieurs fils et se dire que nous arrivons à faire un film aujourd’hui dans cette prolifération est extrêmement réjouissant. J’ai beaucoup aimé utiliser cette génération qui ne renonce à rien, peut vivre et faire plein de choses à la fois, vit dans le virtuel et le réel. L’héroïne de ce compte est une vraie Shéhérazade 2.0 qui empoigne les réseaux sociaux pour en faire son arène de conte. On peut dire que c’est une nouvelle version des <em>Mille et Une nuits</em>.</p>
<p><strong>Le film est-il inspiré d’événements de votre enfance ?</strong></p>
<p>Pas directement. Je pense qu’on écrit toujours en se mettant à la place de quelqu&#8217;un. En l’occurrence j’étais cette petite fille ayant grandi à Casablanca, qui, en rentrant en vacances dans la maison de sa grand-mère, n’avait pas le droit de sortir. J’ai grandi dans un monde où l’image était rare, précieuse et interdite dans les années 1970-1980 où le régime dictatorial d’Hassan II contrôlait tout. C’était donc fondamental pour moi de me demander quelle histoire je pouvais raconter en incluant les réseaux et l’image sans leur côté « lieu de débilité et de crispation ». Ce n’est ni un film à la première personne, ni une autofiction, ni une manière de revisiter le passé. J’ai évidemment puisé dans les confrontations autour de l’héritage que j’ai pu vivre et de ses rapports qui sont à la fois remplis d’amour et de conflits. La famille est la première cellule de la société, que je le veuille ou non mon imaginaire puisera là dedans. Mais j’ai surtout voulu inventer une nouvelle figure romanesque, de manière complètement affranchie, à travers cette famille où vieux et jeunes s’affrontent. Je m’identifie beaucoup au personnage du père. Il y a aussi la petite Shéhérazade 2.0, la grand-mère barbare et cruelle sortie tout droit des contes qui est vue à travers le regard de sa petite fille, et l’oncle un peu loser magnifique qui est un personnage très émouvant. <span id="more-27875"></span></p>
<p><strong>Peut-on dire que c’est un film sur le passage à l’âge adulte ?</strong></p>
<p>Exactement. C’est un film sur le passage à l’âge adulte à travers ces deux adolescentes qui vont se mettre en mouvement et provoquer une révolution au sein de la famille et de tout le territoire. C’est un film où tout le monde opère une mutation de passage, la grand-mère s’effondre à l’intérieur de son monde, les oiseaux se mettent en mouvement, tout le monde est en mouvement, ce qui nous fait rentrer dans une certaine transe sur ce passage vers un jour neuf.</p>
<p><strong>Selon vous, faut-il prendre ses distances avec sa famille pour pouvoir créer sa propre histoire ?</strong></p>
<p>C’est absolument nécessaire, à un moment ou un autre, de rentrer en crise avec sa famille, son milieu et son temps pour pouvoir engendrer un monde neuf. Un individu quel qu’il soit, en dehors même de l’adolescence, qui serait dans une forme d’absolu consensus, génère une stabilité qui devient une sorte d’archaïsme. Je pense qu’il est sain de rentrer en rébellion avec les siens pour sans doute mieux les aimer et s’inventer les uns les autres à travers un temps et un espace. Pendant l’adolescence ou la jeunesse, les colères sont saines et le rejet est nécessaire, sinon nous serions dans un effondrement annoncé et dans une reproduction à l’infini des mêmes schémas.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2024/04/indivision-leila-kilani.png" alt="Indivision, de Leïla Kilani" width="280" height="117" class="alignright size-full wp-image-27883" /><strong>Que pouvez-vous nous dire sur le tournage ? </strong></p>
<p>C’était un tournage assez long qui a commencé de manière classique avec une quarantaine de techniciens et tous les corps de métiers. Nous avons épuisé notre budget mais avions paradoxalement des plans uniques et magistraux. Nous n’avions pas toutes les séquences mais en même temps nous avions la conviction que nous tenions quelque chose d’absolument fabuleux, rare et précieux en termes de cinéma et de plasticité. Nous sommes donc repartis uniquement avec le chef opérateur, parfois l’ingénieur du son, et ma formidable troupe d’acteurs qui sont devenus mes propres oiseaux. Nous avons d’ailleurs joué avec les oiseaux qui sont devenus de réels acteurs. Pour l’anecdote, je m’étais renseignée auprès d’ornithologues pour savoir à quelles dates ils seraient au Maroc, mais arrivés à Tanger ils n’étaient pas là, partis la veille à cause de la canicule. Nous étions accablés et avions hésité à tourner en Espagne mais c’était trop compliqué. L’acteur du père de Lina Mustafa et moi, avons rêvé la même nuit que les oiseaux revenaient. Il est venu me chercher à 5h du matin, nous sommes retournés sur le lieu de migration et ils étaient là. Nous avons donc pu continuer à tourner, c’était fabuleux.</p>
<p><strong>En parlant d’acteurs, comment travaillez-vous avec les vôtres ?</strong></p>
<p>En répétant. Je crois beaucoup à l’esprit de troupes et aux jeux d’humilité, comme des artisans qui répètent leurs gestes. C’est en répétant les gestes comme des sportifs ou comme des musiciens que peut advenir la grâce. Cela peut être exténuant pour eux, mais c’est ma manière de travailler.</p>
<p><strong>Comment choisissez-vous les sujets de vos films ?</strong></p>
<p>En considérant que le sujet ne peut pas suffire pour faire un film. Je peux être traversée par un sujet mais je me poserai directement des questions de formes. Le sujet est un catalyseur qui n’est que le point de départ pour me mettre en mouvement. Le film se construit toujours autour d’une forme, le gros travail est de trouver laquelle.</p>
<p><strong>Votre style de réalisation en quelques mots ?</strong></p>
<p>Artisanal par le jeu d’acteur qui est de l’ordre de la troupe de sportifs ou de musiciens qui travaillent. Des plans-séquences extrêmement rapides. Et une maîtrise plastique cherchant à perforer le regard et à poser des questions.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2024/04/indivision-photo-film-leila-kilani-300x147.png" alt="Indivision, de Leïla Kilani" width="300" height="147" class="alignleft size-medium wp-image-27881" /><strong>Quelles sont vos inspirations ?</strong></p>
<p>En général cela peut passer par de la musique, de la lecture ou encore de la peinture. Pour ce film-là j’ai fortement été inspirée par la peinture <em>La Tentation de saint Antoine</em> de Bosch que m’a montrée mon chef décorateur. C’est la représentation d’une apocalypse absolument incroyable, une espèce de prolifération infinie qui m’a beaucoup marquée. Les films d&#8217;Hayao Miyazaki également, comme <em>Le Château ambulant</em>. Énormément de choses ont questionné les contes de ma grand-mère qui étaient des structures où l’ellipse prenait une grande place et qui m’ont autant marquée que de grands romans. Je puise donc dans à peu près tout pour trouver de l’inspiration.</p>
<p><strong>Pouvez-vous nous parler de votre parcours ? Pourquoi avoir choisi de faire du cinéma ?</strong></p>
<p>Dans mon pays, l’image était extrêmement contrôlée par le régime. J’étais cinéphage et le cinéma avait le goût unique et savoureux du fruit défendu. J’essayais constamment de trouver des combines pour pouvoir aller voir des films en cachette, ce qui provoquait une adrénaline heureuse. Prendre des photos dans la rue était interdit, j’ai été arrêtée pour ça. Puis j’ai fait des études d’histoire et d’économie tout en restant cinéphage. La prise en charge de mon exaltation a été le cinéma. Dans les années 2000 il y a eu l’immigration clandestine au Maroc qui m’a donné envie d’en écrire l’histoire en son et en image, alors j’ai brièvement écrit le film, je l’ai envoyé au CNC, j’ai eu l’aide à l’écriture, puis je l’ai envoyé à un concours organisé par la Fémis et France 3 que j’ai remporté. J’étais une sorte de Cendrillon qui a rapidement remporté le gros lot, ce qui m’a davantage motivé.</p>
<p><strong>Quel message ou émotion voulez-vous transmettre au public à travers vos films ?</strong></p>
<p>De continuer à croire à ce moment étrange qu’est le cinéma, se retrouver ensemble enfermés dans une salle noire et regarder dans la même direction. Aujourd’hui il y a les séries et les réseaux, alors comment continuer à croire au cinéma ? Un film est, pour la plupart, là pour divertir mais en réalité pas seulement, nous pouvons être saisis, nous pouvons nous poser des questions, partager des avis différents. Il y a quelque chose d’extrêmement bouleversant dans le fait de partager une expérience collective et de ne pas voir le même film. Allez au cinéma voir tout ce que vous voulez ; c’est un acte de foi dans le futur de continuer à croire que nous pouvons être ensemble en dehors d’une manifestation, d’une salle de cours ou autres.  </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2024/04/indivision-leila-kilani-affiche-film.jpg" alt="Indivision, de Leïla Kilani" width="198" height="280" class="alignright size-full wp-image-27882" /><strong>Quels sont vos trois films favoris et votre film du moment ?</strong></p>
<p><em>Les Filles d’Olfa</em> de Kaouther Ben Hania m’a complètement emportée, c’est un film d’une intelligence, d’une maîtrise et d’une forme de sincérité rare et précieuse car elle réussit à questionner ce qu’est le cinéma, ce qu&#8217;est le réel, la fiction, ce qu&#8217;est une illusion. Je trouve ça magistral dans le geste et la liberté qu’elle s’octroie et qu’elle laisse à ses personnages. J’ai été traversée par <em>La Zone d’intérêt</em> de Jonathan Glazer, c’est une expérience qui s’est déposée en moi en ayant réactivé un gouffre abyssal et un vertige qui résonneront encore dans dix ans. <em>Oppenheimer</em> de Christopher Nolan m’a également beaucoup marquée. Enfin, mon coup de cœur du moment est la série <em>Succession</em> de Jesse Armstrong, qui m’a complètement emballée par sa tragédie à la fois extrêmement populaire mais aussi maîtrisée, et ce que cela raconte sur notre monde.</p>
<p>&nbsp;<br />
Indivision <em>de Leïla Kilani, avec Ifham Mathet, Mustafa Shimdat&#8230; Maroc, France, 2023. Sortie le 24 avril 2024.</em></p>
<p><em>Copyright photo Leïla Kilani : © FNC Adil Boukind.</em></p>
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		<title>Mimosas, d&#8217;Oliver Laxe</title>
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		<pubDate>Fri, 20 May 2016 18:43:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la 55e Semaine de la critique]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
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		<category><![CDATA[western]]></category>

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		<description><![CDATA[Oliver Laxe, réalisateur franco-espagnol installé au Maroc, avait déjà fait bruisser la Croisette avec <em>Todos vós sodes Capitáns</em>, présenté à la Quinzaine des réalisateurs en 2010, et lauréat du...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Nouveau western</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/Mimosas.jpg" alt="Mimosas, d&#039;Oliver Laxe" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-24054" />Oliver Laxe, réalisateur franco-espagnol installé au Maroc, avait déjà fait bruisser la Croisette avec <em>Todos vós sodes Capitáns</em>, présenté à la Quinzaine des réalisateurs en 2010, et lauréat du prix Fipresci. Avec son deuxième long-métrage, <em>Mimosas</em>, cette fois-ci à la Semaine de la critique, le cinéaste se fait mystique. Dans le Haut Atlas marocain, une caravane accompagne un cheikh vers son village pour mourir auprès des siens. L’homme ne peut aller au bout du voyage, et c’est sa dépouille qu’une partie de la caravane promet de convoyer à destination. Un homme, guidé par sa foi, se donne pour mission de les y aider. La caravane, pressée par le temps, doit traverser les montagnes, s’y perd, fait de mauvaises rencontres. Dans des paysages sublimes, le trajet prend les allures d’un western à la Sergio Leone, dans lequel les hommes de foi prennent la place des chasseurs de primes. Dans l’immensité d&#8217;un désert aride, à flanc de montagne, à la lumière du soleil couchant, dans les canyons hostiles, l’homme est bien peu de chose. Oliver Laxe se fait aussi mystérieux que la foi elle-même, explique peu, embrouille à dessein. Tant pis, ou tant mieux. On accepte de se perdre avec lui, avec eux. De se laisser porter, transporter, par la beauté des images, par une spiritualité qu’on ne maîtrise pas, mais dont on ressent la force.</p>
<p>&nbsp;<br />
Mimosas<em> d’Oliver Laxe, avec Ahmed Hammoud, Shakib Ben Omar, Saïd Aagli… Espagne, Maroc, France, Qatar, 2016. Grand Prix Nespresso de la Semaine de la critique 2016.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Hicham Lasri</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Feb 2014 15:18:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[acid]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Avec C’est eux les chiens, présenté par l’ACID au 66e Festival de Cannes, Hicham Lasri a fait sensation. Etat des lieux du cinéma marocain actuel encore trop méconnu et rencontre...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/02/hicham-lasri-c-est-eux-les-chiens-rencontre.jpg" alt="Hicham Lasri" title="Hicham Lasri" width="186" height="280" class="alignleft size-full wp-image-16122" />Avec <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/c-est-eux-les-chiens-hicham-lasri/" title="C’est eux les chiens…, de Hicham Lasri">C’est eux les chiens</a></em>, présenté par l’ACID au <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/66e-festival-cinema-cannes-2013/" target="_blank">66e Festival de Cannes</a>, Hicham Lasri a fait sensation. Etat des lieux du cinéma marocain actuel encore trop méconnu et rencontre avec un jeune réalisateur qui n’a pas fini de faire parler de lui.</p>
<p><strong>Comment êtes-vous devenu réalisateur ?</strong></p>
<p>Après un cursus juridique, je me suis lancé dans l’écriture de scénarios, ce qui me semblait le moyen le plus efficace pour réussir à convaincre des producteurs pour faire mes courts-métrages. Pendant mes années de fac, je caressais l’envie d’écrire des nouvelles, de créer une bande dessinée en m’inspirant du travail de Robert E. Howard et de Jack Kirby. Le moment du passage à l’acte coïncide avec une période où j’ai subi une blessure au genou en jouant au foot, ce qui m’a immobilisé un mois et m’a forcé à commencer « concrètement » à écrire. Et puis, j’ai eu aussi ma période critique de cinéma vers l’âge de 21-22 ans, grâce à l’imminent critique marocain Mohammed Bakrim, dans une grande école où je publiais des papiers à la fois décalés et parfois très sévères sur les films de « vieux réalisateurs » marocains qui sont actuellement mes collègues… Certains cinéastes se rappellent encore des errements féroces de ma jeunesse dans les pages cinéma de la presse marocaine… <span id="more-16121"></span><br />
Ma rencontre avec Vincent Mellili, fondateur de la première école de cinéma au Maroc, a été décisive, ainsi que celles avec les cinéastes Omar Chraibi, Hassan Legzouli, Emmanuelle Sardou et Nabil Ayouch qui m’ont permis de faire mes armes et m’ont soutenu pour tourner mes courts-métrages. Mon second long-métrage est produit par Nabil Ayouch qui avait produit mon premier court, dix ans auparavant… </p>
<p><strong><em>C’est eux les chiens</em> rappelle les événements marocains de 1981, les Emeutes du Pain. Plus de trente ans après, pensez-vous que les plaies se soient refermées ?</strong></p>
<p>Je ne pense pas. Il y a encore des centaines de personnes disparues, des familles amputées à jamais d’un fils ou d’un père. D’un point de vue institutionnel, l’Etat marocain fait beaucoup pour réparer les débordements de l’époque, mais je pense qu’il est nécessaire que les plaies se referment pour se gangréner, il reste utile de ne jamais oublier.</p>
<p><strong>Vous n&#8217;aviez que quatre ans au moment de ces événements. Quels souvenirs en gardez-vous ? Votre famille a-t-elle été touchée par ces émeutes et les répressions qui ont suivi ?</strong></p>
<p>Aucun membre de ma famille n’a été raflé, mais j’ai le souvenir d’une anxiété, d’un malaise que je garde en moi depuis cet âge. Je ne comprenais pas forcement ce qui se passait, mais je me rappelle de la peur et de l’inquiétude dans les yeux de mes parents. C’est terrible pour un enfant de voir que ses parents ont peur, ça rend le monde extérieur plus effrayant. C’était une époque assez complexe. Pendant une décennie, la population casablancaise a vécu dans un climat très oppressant. Il m’a fallu découvrir les écrits de Mohammed Khair-Eddine pour avoir un retour émotionnel et créatif sur le poids de cette époque sur la société marocaine. Vers le milieu des années 1990, on a commencé à relâcher certains raflés et c’est à ce moment-là que les histoires de ces détenus ont commencé à filtrer, à nourrir notre quotidien&#8230; </p>
<p><strong>C&#8217;était le bon moment, lors du Printemps arabe, d&#8217;entreprendre la réalisation d&#8217;un tel film ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/05/c-est-eux-les-chiens-hicham-lasri-s.jpg" alt="C’est eux les chiens... d&#039;Hicham Lasri" title="C’est eux les chiens... d&#039;Hicham Lasri" width="280" height="155" class="alignright size-full wp-image-13155" />L’idée du film était de créer une sorte de parenthèse enchantée entre 1981 et 2011, de raconter le passé à travers le prisme du présent. Il était question de créer un trouble qui fait penser au personnage principal, appelé « 404 », qu’il est encore en 1981, au moment des émeutes, en jouant sur un certain flou. Ce flou était important pour pouvoir dépasser le postulat de départ : un film sur le Printemps arabe, afin de plonger dans l’intimité du personnage principal et commencer avec lui un voyage sensoriel et émotionnel. Je n’ai pas d’avis précis sur le Printemps arabe, donc, je n’ai pas forcément cherché à raconter autre chose qu’une société en mutation, d’une population qui finit par exprimer son mécontentement dans ce mélange d’agressivité et d’ironie qui caractérise les Casablancais.</p>
<p><strong>Avez-vous rencontré des difficultés à produire et réaliser <em>C&#8217;est eux les chiens</em>, au vu du contexte politique du Maroc ?</strong></p>
<p>Dès le départ, l’idée était de faire un film en « pirate », en dehors des sentiers battus et du système conventionnel du financement des films au Maroc. Il y avait aussi la volonté d’être dans cette urgence qui donne au film un cachet à la fois réaliste et fonceur. Mais à part la méfiance de certains, nous n’avons pas rencontré de difficultés particulières. Il est à noter qu’à chaque fois que l’on pense avoir franchi des lignes rouges, on réalise toujours que ces lignes n’existent pas vraiment et que malheureusement les gens sont plus sujets à une forme presque comique d’autocensure et de paranoïa qu’autre chose. </p>
<p><strong>Pourquoi avoir décidé de faire un film semi-fictionnel et non un reportage ou une fiction pure ?</strong></p>
<p>C’est un mélange entre la volonté de bouger vite lors du tournage et la note d’intention autour du brouillage de piste qui met le spectateur dans une position inconfortable dès le début du film (avec le parasitage sonore) ainsi que la nature du film (fiction ou documentaire). Ces partis pris nous éloignent d’une certaine indignation que peut susciter le récit d’un martyr, d’un revenant, d’un zombie arraché à sa vie, sa famille. Je voulais éviter de tomber dans la dénonciation, dans le mélodrame et dans l’émotion guimauve. L’une des références du film est le récit bouleversant de <em>Si c’était un homme</em> de Primo Levi, un récit terrible d’une magnifique pudeur dans sa description de la machine à broyer de l’humain…<br />
Dans ce dispositif, la caméra avait une place importante en tant que réceptacle, mais aussi en tant que barrière. J’aimais l’idée de jouer contre la précieuse suspension d’incrédulité pour « normaliser » la présence de la caméra et donc élaborer une dramaturgie qui parfois invoque Tex Avery et la télé-réalité, comme dans la scène où la caméra se fait dérober.</p>
<p><strong>Comment avez-vous organisé le casting, notamment composé de comédiens non-professionnels ?</strong></p>
<p>De la manière la plus simple : on a auditionné des dizaines de personnes pour essayer de trouver les énergies et les physiques nécessaires pour rendre une certaine réalité des Casablancais. C’était laborieux, mais c’est toujours le cas.</p>
<p><strong>Hassan Badida est une véritable révélation. Comment l&#8217;avez-vous rencontré ? Comment lui, avait-il vécu les événements de 1981 ?</strong></p>
<p>Hassan fait partie de ma petite troupe de comédiens. On bosse ensemble depuis 2006 et notre rencontre s’est passée au moment où je préparais un projet à Agadir. Il a joué dans presque tout ce que j’ai fait, notamment dans mon premier long-métrage <em>The End</em>. C’est un grand monsieur du théâtre. Un être d’une magnifique sincérité et simplicité. Je pense qu’il a vécu les Emeutes du Pain de loin et a incarné le personnage sans se chercher des balises psychologiques. Il l’a incarné comme un personnage de fiction et a laissé le travail de la narration, le découpage, la lumière, le sound design créer la toile de fond autour de lui. On était d’accord autour d’un principe : la souffrance des autres est quelque chose d’indicible.</p>
<p><strong>Parmi des scènes émouvantes et prenantes, il y a beaucoup d&#8217;absurde. L&#8217;humour était-il pour vous une sorte de soupape de respiration ?</strong></p>
<p>La distance et une certaine ironie sont nécessaires pour ne pas tomber dans le piège de la dénonciation. Je trouve qu’il y a beaucoup de choses dans le fonctionnement de nos pays, dans le tiers-monde qui sont ridicules, risibles et qu’il ne faut pas les traiter avec colère ou indignation.   </p>
<p><strong>Votre film est-il sorti au Maroc ?</strong></p>
<p>Le film ne sort qu’en mars dans les salles, mais depuis la projection dans le cadre de la programmation cannoise de l’ACID, il est passé dans deux festivals au Maroc. Il a remporté deux prix, il était en « coup de cœur » au Festival de Marrakech et les réactions des spécialistes et des critiques sont très enthousiastes. </p>
<p><strong>Que gardez-vous comme souvenirs de la présentation de <em>C&#8217;est eux les chiens</em> au Festival de Cannes ?</strong></p>
<p>Cela marque la naissance du film. Une belle naissance. On a réussi à trouver un distributeur sur place, Nour Films (Isabelle Benkemoun &amp; Patrick Sibourd), qui fait un travail formidable pour la sortie du film sur le territoire français.</p>
<p><strong>Comment pensez-vous que le film va-t-il être reçu en France ?</strong></p>
<p>A travers mes rencontres avec la presse, avec les programmateurs, le public des festivals, je trouve que les réactions sont chaleureuses, encourageantes et très positives. On a reçu deux prix en France en plus de la sélection ACID : le Coup de cœur du public de Besançon lors des 13e Lumières d’Afrique et le Prix du jury lycéen au 11e Festival du film africain d’Apt. Donc j’espère que le film trouvera son public !</p>
<p><strong>Le film se termine par un générique heavy metal surprenant. Pourquoi ce choix ?</strong></p>
<p>Le film commence avec un individu muet qui retrouve sa voix et logiquement le film se termine avec un individu qui hurle contre la lune. Je suis un grand fan de trash metal et je trouvais à la fois comique et logique que le film se termine dans les hurlements assourdissants d’un morceau de heavy metal marocain. Les Emeutes du Pain, comme le Printemps arabe, ne sont que la chronique d’un peuple qui retrouve la force de hurler son mécontentement. </p>
<p><strong>Vos sources d&#8217;inspiration pour le film se retrouvaient-elles dans le cinéma ou le reportage ?</strong></p>
<p>L’une des lointaines références au film est <em>Punishement Park</em> de Peter Watkins. Mais quand on sort dans la rue pour tourner un film, on n’a jamais de références devant les yeux, mais surtout l’envie de ne pas trop se planter ou de ne pas respecter le plan de travail. Durant l’élaboration du scénario, je me suis vaguement inspiré de <em>L’Odyssée</em> d&#8217;Homère pour raconter le retour de 404. J’aime le côté « jeu vidéo » de ce voyage, où l’on passe d’un niveau à un autre en affrontant un personnage qui sort du passé… </p>
<p><strong>Quels sont vos projets ? Allez-vous continuer à dénoncer ce qui ne va pas dans l&#8217;histoire politique du Maroc grâce à la fiction ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/02/c-est-les-chiens-hicham-lasri-affiche.jpg" alt="C&#039;est eux les chiens... de Hicham Lasri" title="C&#039;est eux les chiens... de Hicham Lasri" width="210" height="280" class="alignright size-full wp-image-16131" />Je suis actuellement en résidence à la Cinéfondation de Cannes pour terminer la rédaction de mon prochain projet. Je ne suis pas un activiste, mais un observateur armé de lucidité. Ce qui me motive, c’est d’abord le désir de raconter des histoires différentes, qui me touchent et me donnent le courage d’écrire, de réaliser et de monter sans forcément m’appuyer sur un contenu politique. Je tourne mon prochain film l’année prochaine et ce sera le récit d’une glaciation émotionnelle, la terrible journée d’un homme coincé sur un pont. Il va croiser le chemin d’un enfant qui, paradoxalement, va lui apprendre la vie et injecter de l’âme dans son corps. Même si la description peut paraître ronflante, c’est un film plus doux que <em>C’est eux les chiens</em> !</p>
<p><strong>Quelle est la situation de l&#8217;industrie cinématographique au Maroc ?</strong></p>
<p>Les choses bougent depuis une dizaine d’années, le cinéma marocain est présent dans presque toutes les grandes manifestations. On produit de plus en plus de films, donc forcément, les films gagnent en ambition et en qualité. C’est une émulation intéressante où l’on voit beaucoup de premiers films et un dialogue intéressant entre trois générations de cinéastes. Ceci dit, faire un film est le voyage solitaire d’une personne qui porte une histoire et cherche à la partager avec le plus grand nombre. La fabrication d’un film, c’est comme une île abandonnée, jusqu’au moment où un public s’y intéresse et crée un destin à part pour chaque film. </p>
<p>&nbsp;<br />
C’est eux les chiens… <em>de Hicham Lasri, avec Hassan Badida, Yahya El Fouandi, Imad Fijaj et Jalal Bouftaim. Maroc, 2013. Programmation Acid Cannes 2013. Sortie le 5 février 2014.</em> </p>
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		<title>C’est eux les chiens&#8230;, de Hicham Lasri</title>
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		<pubDate>Fri, 24 May 2013 15:08:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En 1981, face à la hausse générale des prix, de nombreuses manifestations contre le pouvoir en place eurent lieu au Maroc (les "émeutes du pain"), entraînant dans leur sillage la mort de ces odieux...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/05/c-est-eux-les-chiens-hicham-lasri-s.jpg" alt="C’est eux les chiens... d&#039;Hicham Lasri" title="C’est eux les chiens... d&#039;Hicham Lasri" width="280" height="155" class="alignleft size-full wp-image-13155" />En 1981, face à la hausse générale des prix, de nombreuses manifestations contre le pouvoir en place eurent lieu au Maroc (les &#8220;émeutes du pain&#8221;), entraînant dans leur sillage la mort de ces odieux opposants ou leur disparition de la société purement et simplement, du jour au lendemain. En guise d’évanouissement dans la nature, ils étaient en fait emprisonnés en secret, avec des peines si longues que leurs familles finissaient par perdre espoir et les oublier. C’est ce qui arrive à Majhoul, alias 404 (du numéro de son matricule, qui est devenu sa véritable identité), quinquagénaire hagard muni d’un bouquet de fleurs et d’une roulette à vélo, alors que le Printemps arabe commence à se tarir au Maroc, grâce aux concessions du roi. Une équipe de télévision en recherche de sujet, trouve cet homme perdu et confus et fleurant bon le scoop, tente de mettre à jour son mystérieux passé. D’abord méfiant et déconcerté par ce monde moderne qu’il ne reconnaît plus, considéré comme un mythomane au premier abord, puis comme un ami, Majhoul se laisse aller aux confidences en racontant les événements de 1981, bien déterminé à retrouver sa famille, mais sans posséder le moindre indice en poche. </p>
<p>S’ensuit une quête initiatique filmée caméra à l’épaule façon reportage, d’où s’échapperont des scènes tantôt insolites, tantôt émouvantes, avec des comédiens non-professionnels pour la plupart, à la sincérité désarmante. Si la propagande est omniprésente pour faire comprendre au peuple qu’il vit dans un royaume pétri de libertés, le discours devient tout autre lorsque Majhoul délivre son message, ce qu’il a traversé au cours de ces trente dernières années. <span id="more-13153"></span></p>
<p>Au fur et à mesure des rencontres de son odyssée urbaine, il tombe sur une ancienne maîtresse aguicheuse, des dealers de drogue, des Marocains qui deviennent fous face à la caméra ou qui considèrent le Printemps arabe comme une chimère, ainsi qu’un ancien camarade de classe devenu rédacteur en chef d’un journal au service de l’Etat. Majhoul finit même par se recueillir devant sa propre tombe. Devenu fantôme, la petite roulette à vélo à la main, il collectionne les indices vers son identité pour enfin, comme Thésée suivant le fil d’Ariane, retrouver les siens. <em>C’est eux les chiens</em>, étonnante fiction culottée (qui se termine sur un générique assourdi de heavy metal !) est une parabole de la société marocaine actuelle, qui est parvenue à gérer plus ou moins bien son passé et les révolutions arabes qui ont failli ébranler sérieusement le régime en place. De victime, par son témoignage face caméra, Majhoul devient un rouage de la liberté au sein d’un pays qui lui a pris famille et trente années de sa vie. Grâce à ce système de reportage fictionnel, Hicham Lasri permet de glisser subliminalement sa vision d’un pays en bouleversement permanent, à travers le portrait d’un homme touchant et charismatique (prestation percutante de Hassan Badida) que l’on gardera longtemps en mémoire, sa roulette de vélo à la main.</p>
<p><strong>&raquo; Lire aussi l&#8217;<a href="http://www.grand-ecart.fr/portraits/interview-rencontre-hicham-lasri-eux-chiens-printemps-arabe-cinema/" title="Rencontre avec Hicham Lasri">interview d&#8217;Hicham Lasri</a></strong><br />
&nbsp;<br />
C’est eux les chiens… <em>de Hicham Lasri, avec Hassan Badida, Yahya El Fouandi, Imad Fijaj et Jalal Bouftaim. Maroc, 2013. Programmation Acid Cannes 2013. Sortie le 5 février 2014.</em> </p>
<p><strong>&raquo; Retrouvez tout notre <a href="/66e-festival-cannes-2013/">dossier dédié au 66e Festival de Cannes</a></strong></p>
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		<title>The End, de Hicham Lasri</title>
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		<pubDate>Wed, 23 May 2012 15:33:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Attention, un ovni marocain s&#8217;apprête à atterrir dans nos salles. The end est sans doute l&#8217;une des expériences cinématographiques sensorielles et esthétiques les plus abouties que l&#8217;on ait pu voir...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/the-end-hicham-lasri.jpg" alt="The End, d&#039;Hicham Lasri" title="The End, d&#039;Hicham Lasri" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-7420" />Attention, un ovni marocain s&#8217;apprête à atterrir dans nos salles. <em>The end</em> est sans doute l&#8217;une des expériences cinématographiques sensorielles et esthétiques les plus abouties que l&#8217;on ait pu voir ces dernières années, toutes nationalités confondues. Une des plus ultraréférencées, aussi. Il y a du <em>Reservoir Dogs</em> de Tarantino, du <em>Angel-A</em> et <em>Léon</em> de Besson, du <em>Amélie Poulain</em> version trash de Jeunet ou du <em>Doberman</em> de Kounen. Le tout, dans un noir et blanc classe et crasse que ne renierait pas Mondino. Ce beau mélange pourrait donner l&#8217;impression d&#8217;un immense déjà-vu s&#8217;il n&#8217;était question de la nationalité de ce film. En signant un long-métrage dérangeant, violent, sensuel, politiquement incorrect sur toute la ligne, avec des plans dignes des plus grands (envolées lyriques, ralentis, scènes absurdes succédant à des moments de violence sadique), le Marocain Hicham Lasri nous envoie ainsi de bonnes nouvelles de son pays qui ose sortir de son carcan religieux et politique. <span id="more-7412"></span>Dans <em>The end</em>, le héros, Mikha, petit malfrat mutique aussi expressif que Buster Keaton, essaie de convoler avec sa promise, Rita, poupée manga littéralement enchaînée par ses quatre frères, aussi malins que les Dalton en tenue Gaultier. Lesquels sont des braqueurs amateurs, aussi fous que violents, qui se montrent puritains face à l&#8217;idylle de leur petite sœur peu farouche. Le tout sous le regard de Daoud, un commissaire façon Harvey Keitel à la gâchette plus que facile. Tout ce petit monde se rencontre, s&#8217;étripe, se court après, se court dessus, s&#8217;entre-tue avec un plaisir non dissimulé. On y baise aussi, lors de scènes de sexe avec de vrais gens tout nus dedans. <em>The end</em> regorge de symboles et mise parfois plus sur la forme que sur le fond, avec une poésie sombre et touchante, mais un peu fade face à la splendeur de chaque plan. Il dénonce aussi la vacuité de la réalité de son pays, dans un Maroc fantasmé où le chaos est prêt à surgir dès l&#8217;annonce de la mort du roi tant aimé, même si, occidentalisé à l&#8217;extrême, le film pourrait se passer n&#8217;importe où. Car c&#8217;est vraiment dans un ailleurs torturé et irréel que nous emmène Hicham Lasri, un ailleurs désenchanté qui recherche un envol, une lumière qu&#8217;on ne semble trouver qu&#8217;à travers la mort ou le rêve. La violence, brutale et détournée avec humour noir, est un triste rappel à la réalité. La fin est certes au bout du tunnel, mais ça vaut la peine d&#8217;y aller quand même&#8230;</p>
<p>&nbsp;<br />
The End <em>de Hicham Lasri, avec Sam Kataner, Salah Ben Salah, Hanane Zoudhi, Nadia Niazi, Malek Akhmiss&#8230; Maroc, 2011. Programmation Acid Cannes 2012. </em></p>
<p><strong>&raquo; Retrouvez tout notre <a href="/festival-cannes-2012/">dossier dédié au 65e Festival de Cannes</a></strong></p>
<p><center><iframe width="560" height="410" src="http://www.youtube.com/embed/HWUUh6_0yK4?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center></p>
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		<title>Les Chevaux de Dieu, de Nabil Ayouch</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Apr 2012 17:56:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grand Écart</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Films du 65e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>

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		<description><![CDATA[En sélection Un Certain Regard au 65e Festival de Cannes Nabil Ayouch : avec Jilali Ferhati ou la réalisatrice Farida Benlyazid, ce réalisateur né à Paris incarne la dimension sociale...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>En sélection Un Certain Regard au 65e Festival de Cannes</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/chevaux-dieu-nabil-ayouch.jpg" alt="Les Chevaux de Dieu de Nabil Ayouch" title="Les Chevaux de Dieu de Nabil Ayouch" width="280" height="207" class="alignleft size-full wp-image-6554" />Nabil Ayouch : avec Jilali Ferhati ou la réalisatrice Farida Benlyazid, ce réalisateur né à Paris incarne la dimension sociale du cinéma marocain des années 1990, une cinématographie hélas réputée alors pour ses conditions de production difficiles. Avec <em>Mektoub</em> et <em>Whatever Lola Wants</em>, Ayouch s’est approprié le thème du retour au pays et a fait connaître son cinéma aux milieux cinématographiques internationaux. C’est aussi le réalisateur qui a fait débuter Jamel Debbouze au cinéma, en 1992.</p>
<p><em>Les Chevaux de Dieu</em> semble rejoindre thématiquement <em>Ali Zaoua prince de la rue</em>, autre film d’Ayouch évoquant les petites gens des villes marocaines. Mais si le métrage de 2001 rendait compte d’une solidarité entre enfants de la balle, le cru 2012 s’annonce plus sombre, puisque à travers le destin de deux frères issus des bidonvilles de Sidi Moumen, Ayouch entend retracer le parcours qui les a menés au terrorisme et au sanglant attentat de Casablanca, en 2003.</p>
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