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	<title>Grand Écart &#187; Lambert Wilson</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Adapter Madame de Lafayette au cinéma</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Mar 2011 06:40:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas Chouanière</dc:creator>
				<category><![CDATA[Recadrages]]></category>
		<category><![CDATA[Bertrand Tavernier]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
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		<description><![CDATA[Cette nuit, j’ai rêvé que Christophe Honoré adaptait La Princesse de Montpensier. Le synopsis, parfois sibyllin, avait de quoi allécher : dans un lycée du 19e arrondissement, Maria de Mézières...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1083" title="La Princesse de Montpensier" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/03/montpensier.jpg" alt="La Princesse de Montpensier" width="225" height="300" /> Cette nuit, j’ai rêvé que Christophe Honoré adaptait <em>La Princesse de Montpensier</em>.</p>
<p>Le synopsis, parfois sibyllin, avait de quoi allécher : dans un lycée du 19e arrondissement, Maria de Mézières est forcée de se marier avec Kevin de Montpensier, malgré son amour pour Hun Ji de Guise. Après ses noces, elle a pour précepteur Jean-Claude de Chabannes, le prof de français qui lui apprend la lecture (elle est en première L). Dans sa classe, Abdel d’Anjou et Hun Ji de Guise lui tournent autour, au grand dam de Kevin de Montpensier, et sous le regard attendri du prof de Chabannes. La guerre entre la cité des Orgues et la ZUS Curial rappelle à leur destinée les protagonistes masculins. Au détour de certains cours, cependant, Abdel d’Anjou envoie des sms explicites à Maria (« hey pr1cesse, 1 ptite caress ? »), mais finit par se tromper de numéro et l’envoie à Kevin de Montpensier. Une idylle naît entre les deux nobles, sous l’œil torve de Jean-Claude de Chabannes (tout occupé à son agreg’ interne) et celui fatigué d’Hun Ji de Guise. Maria, ennuyée, finit par se déscolariser et joue désormais &#8220;Working Class Hero&#8221; sur la ligne 7, avec deux cordes cassées sur sa guitare.</p>
<p>Note pour moi-même : ne plus jamais dormir, ou alors espacer le visionnage d’<em>Entre les murs</em> de celui de <em>La Belle Personne</em> d’au moins 42 ans.  <span id="more-1065"></span></p>
<p>Mais si je convoque ici le réalisateur de <em>Dans Paris</em>, c’est plutôt pour parler de celui de <em>Que la fête commence</em>, Bertrand Tavernier, dont la filmographie sinueuse n’en finit pas d’étonner. Ce vénérable trotskyste lyonnais a livré l’année dernière un nouveau film en costume, adapté de Madame de Lafayette, <em>La Princesse de Montpensier</em>, avec une jeune distribution encadrée par le respectable Lambert Wilson.<br />
Madame de Lafayette est en plein boum, en termes d’adaptation. On doit cette recrudescence à la vindicte du monarque actuel à l’endroit de <em>La Princesse de Clèves</em>. Le souverain avait déclaré l’inutilité de la présence de ce genre d’œuvre lors de concours, en 2007. Grâce à Christophe Honoré et Bertrand Tavernier, deux films adaptés de la romancière ont paru sous le règne de Nicolas 1er. Aussi remontent à nos yeux de sévères périodes de l’histoire de France, à l’époque d’Henri II pour Clèves, celle de Charles IX pour Montpensier. La première était l’âge de l’élégance, la seconde celle de la guerre civile. Deux contextes différents, mais les mêmes protagonistes : la noblesse du XVIe siècle.</p>
<p>Lafayette demeure une grande dame de la littérature française : son acuité vis-à-vis des mœurs de son temps, la rigueur de son interprétation psychologique et sa capacité à focaliser ses récits autour des femmes en font une incontournable d’un XVIIe siècle qui peut fasciner. Voir les <em>Lettres d’une religieuse portugaise</em> (mises en abîme en 2009 par le film d’Eugène Green), ou encore les romans épistolaires (plus tardifs) de Richardson comme autant de témoignages d’une époque où l’on abandonne les chevaliers comme vecteurs de sentiments au profit des femmes.</p>
<p>L’adaptation de Tavernier a de quoi séduire : brodant autour du court récit originel, lui et son scénariste Jean Cosmos ont œuvré à la bonne compréhension de l’époque. Un temps où « l’on bouffait du huguenot/papiste » au petit déjeuner, et où l’on vendait les meufs par des mariages où entraient en considération la noble gorge de la fiancée autant que le nombre de chevaux à valoir dans la dot. Un temps difficile à dépeindre autrement que par la méthode de la transcription, la capacité du dialogue à s’imprégner de la langue ancienne et celle des interprètes à se montrer au-delà de leur corps et devenir des personnages-fonction, au bon sens du terme (donc des personnages-titre de noblesse).<br />
La méthode est systématisée, à tel point que les réserves émises par certains critiques peuvent être légitimées par le classicisme de l’emphase déployée ou des passions décrites. Mais l’académisme de Tavernier ne suscite pas l’ennui, et fait honneur à sa méthode frontale. Car les adaptations précédentes de Lafayette, sur <em>La Princesse de Clèves</em>, ont toutes en commun de biaiser plutôt que de traiter.</p>
<p>Bien sûr, il y a l’adaptation canonique, du trio Delannoy-Aurenche-Bost, représentative de la qualité française. Comme d’habitude dans ce courant tant renié par la Nouvelle Vague, le métrage est clinquant, les acteurs jamais loin du théâtre, et l’on renonce à la profondeur au profit d’une efficacité incontestable. Et puis il y a ces trois variations sur le même thème, que l’on oserait qualifier de moderne, où l’on veut transcrire l’esprit de Lafayette plutôt que son intrigue : <em>La Lettre</em> d&#8217;Oliveira, <em>La Fidélité</em> de Zulawski, <em>La Belle Personne</em> d’Honoré. Trilogie située à notre époque, et dont les parties se veulent toutes fidèles à la psychologie du roman. Si Oliveira se permet le <em>name-dropping</em> (Nemours est remplacé par un chanteur réel, Pedro Abrunhosa), Zulawski pose sur la longueur en remplaçant la noblesse initialement décortiquée par le milieu de la presse à scandale. Si le premier respecte le jansénisme souvent invoqué à la lecture du roman, le deuxième se complaît dans l’exacerbation des passions. Quant à Honoré, il tressaute par une vision très collective du roman, où les éléments qui gravitent (Nemours et Clèves) sont aussi importants que le noyau féminin. Le réalisateur des <em>Chansons d’amour</em> trouve dans la désuétude du 16e arrondissement et de ses lycéens imaginaires une façon de redonner un souffle de vie à une noblesse qui n’existe plus, mais c’est au niveau de la croyance que le bât blesse, puisque tous les protagonistes sont trop glacés pour notre ère.<br />
Serait-ce que la vérité se loge, pour une adaptation, dans un témoignage d’époque plutôt que dans une transcription forcément infidèle ? Ou est-ce qu’il faut pousser beaucoup plus loin l’infidélité ? Cette dernière question étant celle que se posent sans cesse les héroïnes de Madame de Lafayette, on serait en droit d’y souscrire…</p>
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		<title>Le beau jeu de Beauvois</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Mar 2011 19:33:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas Chouanière</dc:creator>
				<category><![CDATA[Recadrages]]></category>
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		<category><![CDATA[Lambert Wilson]]></category>
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		<category><![CDATA[Xavier Beauvois]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p><div id="attachment_512" class="wp-caption alignleft" style="width: 229px"><a href="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/03/brice-hortefeux.jpg" rel="shadowbox[sbpost-511];player=img;"><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/03/brice-hortefeux.jpg" alt="Brice Hortefeux" title="Brice Hortefeux" width="219" height="263" class="size-full wp-image-512" /></a><p class="wp-caption-text">- Xavier, rends-moi mes 2 millions...</p></div> La blague est bien connue : la France a choisi le coq pour emblème car c’est le seul animal qui chante les pieds dans la merde. Une spécificité bien de chez nous qui s’applique notamment au cinéma, dont existe une manifestation spasmophile de son bon état et de la sanité des liens noués par cette « grande famille » : les César.<br />
Spectacle d’autocongratulations aussi facile à parodier que difficile à digérer, la cérémonie se plaçait cette année sous le signe de la variété, l’absence de Jacques Audiard permettant à la compétition de s’ouvrir un peu. Et c’est finalement un Xavier Beauvois ému comme jamais qui s’est vu remettre le César du meilleur film pour <em>Des hommes et des dieux</em>. Métrage extrêmement rentable, et d’une qualité formelle indéniable, l’opus nous a tout de même valu le discours de remerciement d’un réalisateur un brin oublieux.</p>
<p>Qu’il se permette deux tacles envers Dieudonné et Zemmour, passe encore, il ne doit pas avoir la télévision puisqu’on peut trouver d’autres dérapages depuis, par d’autres. En revanche, sa petite poussée envers Hortefeux peut prêter à sourire.<br />
Il y a peu, Brice Hortefeux était en effet ministre de l’Intérieur. Ami du président de la République, l’homme politique était, pendant la cérémonie des César, un officiel de l’Etat.</p>
<p>Quel artiste engagé, se dit-on. Oser parler ainsi d’un ministre, à une heure de grande écoute, serait faire preuve d’un bel élan. Puis tout à coup, on se rappelle du budget de <em>Des hommes et des dieux</em>. 3,9 millions d’euros. Plutôt short. Un beau défi à réaliser, avec la nécessité de décors, de costumes, sans compter ces acteurs renommés que sont Wilson et Lonsdale.<br />
Il est financé comment le devis ? Pour faire un film, en France, à plus de deux millions d’euros, il faut nécessairement qu’une chaîne de télévision crache un peu au bassinet. Ce que l’on appelle un préachat, qui peut être couplé avec une coproduction.  Dans le cas de Beauvois, la chaîne partenaire se nomme France 3. France 3 est une chaîne publique, financée par la publicité et par la redevance (greffée à la taxe d’habitation ou à la taxe foncière).<br />
Ensuite, sur critères artistiques (et un peu de réseau, faut pas déconner), une commission du CNC fait la pluie et le beau temps : l’avance sur recette. Elle alloue des subventions après lecture du scénario, avec remboursement en cas de succès. Avoir l’avance sur recette est une étape importante, parce qu’elle aide à trouver des producteurs supplémentaires. Dans le créneau des films d’auteurs, c’est une aide <em>sine qua non</em> quand on a de l’ambition. </p>
<p>Le CNC est une autorité administrative dépendant du ministre de la Culture.<br />
Une partie du budget de <em>Des hommes et des dieux</em> provient donc de l’Etat. On peut avoir beau jeu de critiquer un ministre de l’Intérieur (condamné par ailleurs par deux fois pour ces dérapages honteux, homme de système et d’argent, bref un ministre indigne de son titre), mais il aurait fallu rappeler que Beauvois est un homme du système. Un cinéaste d’Etat. Si l’on veut s’affirmer par la morale, encore faut-il que celle-ci soit irréprochable. Façile d’aller tapiner à divers organismes d’une oligarchie pour financer son produit et d’en critiquer d’autres rouages.</p>
<p>Par ailleurs, Beauvois en appelle dans son discours de remerciement à la « liberté, l’égalité et la fraternité ». Valeurs ornementales pour fronton de mairie, et qui sont, paraît-il, inspiratrices en France. Mais <em>Des hommes et des dieux</em> a nécessité un échange de devise, si l’on peut dire, puisqu’il a été tourné au Maroc. Avec des autorisations de tournage délivrées par la royauté. C’est le problème de nos élites : on fraye avec les dictatures quand ça arrange, mais on l’oublie un peu vite au moment d’offrir des leçons de morale.</p>
<p>Tout ça pour rappeler d’une part que l’humanisme nécessite quand même de passer en caisse, et par ailleurs qu’un réalisateur ne se juge par sur sa vision du monde. Les qualités professionnelles d’un cinéaste demeurent une capacité de logique concrète, c’est-à-dire la gestion des différentes échelles de plan, une lucidité dans le choix et la direction des comédiens, une ambition suffisante pour gérer un projet de bout en bout. <em>Des hommes et des dieux</em>, brillamment dirigé et savamment filmé, reste un excellent film, et fait honneur à Beauvois. Sous l’angle politique, le métrage reste cependant trop prudent, s’appuyant sur une vision héritée des Lumières de tolérance et de droits de l’homme, sans jamais s’avancer sur les aspérités (les questions de la corruption en Algérie et du fanatisme religieux sont évoqués mais peu traités). Que penser alors des étourderies du récipiendaire Beauvois ? </p>
<p>Et pour tout dire, peut-on considérer que <em>Des hommes et des dieux</em> aurait fonctionné sans les relents islamophobes permanents du gouvernement ? Sans le vain débat sur l’identité nationale (sursaut catholique) ? Sans les retraités, plutôt avides de cinéma, et aussi souvent électeurs de droite ? Si Beauvois prêche le « Aimez-vous les uns les autres », il faudrait voir à ne pas oublier « Pourquoi regardes-tu la paille qui est dans l&#8217;œil de ton frère, et ne remarques-tu pas la poutre qui est dans le tien ? »…</p>
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