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	<title>Grand Écart &#187; jazz</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Rencontre avec Damien Chazelle et Miles Teller</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Dec 2014 08:02:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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		<description><![CDATA[De son premier prix reçu à Sundance en janvier dernier à sa sortie en salle ce 24 décembre 2014, <em>Whiplash</em> aura donc été le film de l'année, à plus d'un titre. Rencontre.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Coup d&#8217;éclat</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/12/whiplash-miles-teller-jk-simmons-damien-chazelle.jpg" alt="Miles Teller et J.K. Simmons dans Whiplash, de Damien Chazelle" title="Miles Teller et J.K. Simmons dans Whiplash, de Damien Chazelle" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-19881" />De son premier prix reçu à Sundance en janvier dernier à sa sortie en salle ce 24 décembre 2014, <em>Whiplash</em> aura donc été le film de l&#8217;année, à plus d&#8217;un titre. Parce qu&#8217;il est venu se rappeler à notre bon souvenir à intervalles réguliers d&#8217;abord. Nous n&#8217;étions pas à Sundance, mais à <a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/46e-quinzaine-des-realisateurs-2014/whiplash-damien-chazelle/" title="Whiplash, de Damien Chazelle" target="_blank">la Quinzaine des réalisateurs</a>, il nous a redonné le coup de fouet toujours salutaire en milieu de festival. Du coup, on est retourné le voir à <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/palmares-40e-festival-film-americain-deauville-2014/" title="Le palmarès du 40e Festival du film américain de Deauville" target="_blank">Deauville</a>, où il nous a donné la pêche en séance de minuit. L&#8217;occasion de discuter avec son réalisateur, Damien Chazelle, batteur lui-même, jeune réalisateur américain qui s&#8217;exprime dans un français impeccable (ce qui suscite encore un peu plus notre admiration), et avec son acteur principal, Miles Teller, jeune acteur qui alterne cinéma indépendant et grosse machine à la <em>Divergente</em> ou <em>Les Quatre Fantastiques</em>. A vous désormais de le découvrir en salle : le film idéal pour recharger ses batteries en fin d&#8217;année. </p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Si on vous dit que votre film se situe entre <em>Full Metal Jacket</em> et <em>Black Swan</em>, ça vous convient ?</strong></p>
<p><em>Damien Chazelle</em> : Oui, tout à fait. Quand j&#8217;étais batteur de jazz, j&#8217;étais dans un orchestre très dur, très compétitif, et pour moi, la musique, c&#8217;était la peur. Dans les films sur la musique et les musiciens, je ne trouvais rien qui correspondait à ce que je vivais dans cet orchestre. La première fois que j&#8217;ai vu <em>Full Metal Jacket</em>, j&#8217;étais en deuxième ou troisième année, c&#8217;était enfin quelque chose qui me parlait. C&#8217;est ça l&#8217;ironie : il fallait un film de guerre pour trouver quelque chose qui ressemblait à ce que je vivais. Pour le personnage de Fletcher, je voulais un grand personnage de méchant. Il y a toujours un enjeu de pouvoir dans la relation entre le prof et l&#8217;élève. Dans un orchestre, il y a un chef. Comme batteur, il faut se soumettre à son pouvoir. Et pour <em>Black Swan</em>, c&#8217;est le même genre d&#8217;histoire : montrer l&#8217;art à travers la souffrance. Ca pose la même question : est-ce que ça vaut le coup ? <span id="more-19871"></span></p>
<p><strong>C&#8217;est pour le rendre encore plus menaçant que vous avez donné à J. K. Simmons le look qu&#8217;il avait dans <em>Oz</em>, dans le personnage de Vern Schillinger ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/12/whiplash-jk-simmons.jpg" alt="J.K. Simmons dans Whiplash, de Damien Chazelle" title="J.K. Simmons dans Whiplash, de Damien Chazelle" width="280" height="187" class="alignright size-full wp-image-19882" /><em>D. C.</em> : Je suis un grand fan de <em>Oz</em>. Ce que je trouvais intéressant, c&#8217;est que J. K. Simmons n&#8217;avait pas joué ce genre de personnage depuis longtemps. Dans la plupart de ses films, il est assez sympathique, ou comique. C&#8217;est le père de <em>Juno</em>, c&#8217;est le patron de Peter Parker dans <em>Spiderman</em>. J&#8217;aimais bien l&#8217;idée de revenir à ses racines. Mais le look, c&#8217;est J. K. qui l&#8217;a amené. Il ne ressemblait pas du tout à mon chef d&#8217;orchestre. C&#8217;est pour ça que c&#8217;est bien de travailler avec de grands acteurs, parce qu&#8217;ils amènent des choses, ils participent à la création. Avec lui, Fletcher est devenu un autre personnage, et pas seulement celui que j&#8217;avais écrit. Il est devenu un vrai personnage de cinéma. </p>
<p><strong>Miles, connaissiez-vous J. K. Simmons avant le tournage ? Etiez-vous aussi impressionné que votre personnage face à lui ?</strong></p>
<p><em>Miles Teller</em> : Je savais qui il était, même si je n&#8217;avais vu aucun de ses films. Comme la plupart des Américains, je le connais par la pub qu&#8217;il fait pour des assurances <em>[Farmers Insurance, ndlr]</em>. Mais quand on tournait, on n&#8217;avait pas cette relation bizarre, il n&#8217;était pas dans son personnage toute la journée et moi non plus. Quand on tournait une scène intense, dès qu&#8217;on entendait « Coupez ! », on pouvait recommencer à rire et plaisanter. Parce que c&#8217;est quand même quelque chose d&#8217;absurde. Certaines scènes sont complètement ridicules, il faut en rire. Quand il me hurle dans l&#8217;oreille, quand il m&#8217;envoie des cymbales au visage&#8230; Si on se prend au sérieux, on se détruit.</p>
<p><strong>Miles, vous jouez de la batterie depuis l&#8217;âge de 15 ans, mais avez-vous dû travailler vous aussi, pour atteindre le niveau de votre personnage, Andrew ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/12/whiplash-film-miles-teller-1.jpg" alt="Miles Teller dans Whiplash, de Damien Chazelle" title="Miles Teller dans Whiplash, de Damien Chazelle" width="280" height="181" class="alignleft size-full wp-image-19883" /><em>M. T.</em> : On a eu trois semaines de répétition avant le tournage. Des sessions de quatre heures, trois jours par semaine. La première personne qui m&#8217;a aidé pour m&#8217;entraîner, c&#8217;est Damien, parce que Damien est un très bon batteur de jazz. Il a installé une batterie chez moi. Et j&#8217;avais un prof à Los Angeles. Damien ne savait même pas que je jouais quand il m&#8217;a proposé le rôle ! C&#8217;était une coïncidence. Mais le fait que je joue, et le fait que le film soit en partie autobiographique, et que J. K. ait déjà dirigé des orchestres, ça n&#8217;a fait qu&#8217;ajouter à l&#8217;authenticité de <em>Whiplash</em>. D&#8217;ailleurs, les scènes de répétition ont été les plus difficiles pour moi. On a tourné tout ça en une journée. Donc plusieurs heures à jouer de la batterie, suer, faire des pauses pour mettre des pansements, mettre du faux sang, enlever la chemise, changer de vêtements, et recommencer. C&#8217;était assez fatigant ! Mais parfois, c&#8217;est mieux d&#8217;être réellement fatigué que de jouer la fatigue. Comme me l&#8217;a dit mon prof de théâtre : être acteur est une profession magnifique, tant que personne ne se rend compte que tu joues. Donc oui, parfois, c&#8217;est mieux d&#8217;être réellement dans le même état que le personnage. Quand on est censé avoir froid, c&#8217;est mieux si on ne tourne pas à Hawaï. </p>
<p><strong>Dans le film, il y a énormément de tension, quelques surprises. Vous évitez beaucoup d&#8217;écueils de films sur une ascension vers la gloire. C&#8217;était un défi de mise en scène ou un défi de scénario ?</strong></p>
<p><em>D. C.</em> : Les deux peut-être, mais il y avait surtout un enjeu de mise en scène. Avec seulement le scénario, c&#8217;était difficile de convaincre les gens que ça puisse être comme un thriller, très excitant et très angoissant. Ce n&#8217;est pas une question de vie ou de mort dans le film, il ne s&#8217;agit que d&#8217;un musicien à l&#8217;école. Dans les films de gangster, où dans les films où il y a des armes ou des meurtres, il y a toujours une question de vie ou de mort. Ca aide pour la trame du film. Comme on n&#8217;avait pas cet enjeu, il fallait créer la même tension avec d&#8217;autres méthodes, avec la caméra, avec la musique, avec le montage, et surtout avec les acteurs. En fin de compte, la chose la plus importante, c&#8217;est le visage des acteurs. C&#8217;est par leurs visages qu&#8217;on perçoit l&#8217;épreuve.</p>
<p><strong>Miles, Damien vous avait expliqué avant le tournage que le film serait si intense ?</strong></p>
<p><em>M. T.</em> : Tout était déjà dans le scénario. Je ne savais pas qu&#8217;il allait utiliser autant le gros plan, en revanche. Même pendant le tournage, je ne savais pas que c&#8217;était comme ça qu&#8217;il filmait, que je serais autant en gros plan. C&#8217;est au montage qu&#8217;il en a fait un thriller, très tendu. Mais sur le tournage, je pensais que c&#8217;était un drame, pas ce film si tranchant, si prenant.</p>
<p><strong>Damien, en tant qu&#8217;ex-musicien, est-ce que vous avez pensé votre montage comme un morceau ?</strong></p>
<p><em>D. C.</em> : Oui. Le rythme est très important pour moi. Avec le scénario, j&#8217;ai fait un story-board. J&#8217;avais tout préparé, on savait un peu ce qui allait se passer avant même le tournage. Pour le montage, il fallait trouver le bon rythme. Parfois le tempo était trop lent ou trop rapide. La première version du film durait 2h30, c&#8217;était nul. On n&#8217;a pas beaucoup coupé, mais il fallait trouver des petits morceaux à coincer dans d&#8217;autres temps plus longs.</p>
<p><strong>On sent l&#8217;influence de Scorsese dans certains mouvements de caméra, des rapprochements brusques vers les personnages. C&#8217;est un réalisateur important pour vous ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/12/whiplash-sang-batterie-film-damien-chazelle.jpg" alt="Whiplash, de Damien Chazelle" title="Whiplash, de Damien Chazelle" width="280" height="157" class="alignright size-full wp-image-19884" /><em>D. C.</em> : Oui, bien sûr. Surtout pour ses films violents. Scorsese, pour moi, c&#8217;est le cinéma de la violence : <em>Raging Bull</em>, <em>Taxi Driver</em>, <em>Mean Streets</em>, <em>Les Affranchis</em>. Surtout <em>Raging Bull</em>. Avec mon monteur <em>[Tom Cross, ndlr]</em>, on voulait créer des scènes de musique qui seraient comme des scènes de boxe ou des scènes d&#8217;action. Des scènes de combat. On sent la violence physique, émotionnelle, psychologique, mais à travers la musique. Et je voulais montrer aussi le côté physique de la musique. On ne voit pas ça assez souvent au cinéma. Alors que la batterie, c&#8217;est très très physique. Quand je jouais, j&#8217;avais les mains en sang, j&#8217;avais mal partout, les oreilles qui sifflaient. Je voulais montrer ça. C&#8217;est un aspect de la musique que les non-musiciens ne connaissent pas vraiment. Et puis on a souvent l&#8217;impression que le jazz est une musique assez délicate, soft, pour les vieux. Moi je voulais faire du jazz comme si c&#8217;était du Metallica, du punk-rock agressif, vif, énergique.</p>
<p><strong>La scène inaugurale, où les deux personnages se rencontrent, est particulièrement efficace. Comment l&#8217;avez-vous pensée ?</strong></p>
<p><em>D. C.</em> : J&#8217;aimais bien l&#8217;idée de commencer le film immédiatement. Je ne voulais pas faire de détours, introduire l&#8217;univers avant cette rencontre. Parce que c&#8217;est leur rencontre qui commence tout. Donc on commence là, et on finit avec l&#8217;aboutissement de cette première scène. Il fallait trouver le début et la fin. Et on ne voit rien avant le début, on ne voit rien après la fin. C&#8217;est le problème de beaucoup de films : ils commencent avant le début, et se terminent après la fin. Selon moi, il ne faut pas montrer plus qu&#8217;il ne faut. </p>
<p><strong>A la fin du film, on se demande quelle est votre position sur l&#8217;efficacité ou la valeur de cet enseignement. Cette ambiguïté est intentionnelle ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/12/whiplash-jk-simmons-2.jpg" alt="J.K. Simmons dans Whiplash, de Damien Chazelle" title="J.K. Simmons dans Whiplash, de Damien Chazelle" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-19885" /><em>D. C.</em> : Je ne sais pas s&#8217;il y a une réponse à cette question. Il faut trouver sa propre réponse. Ce que je sais, c&#8217;est que la maltraitance, la souffrance &#8211; on le voit dans l&#8217;histoire du jazz, et je l&#8217;ai vu dans ma propre expérience -, parfois ça marche. Même si, beaucoup de fois, ça ne marche pas. Ce n&#8217;est pas tant la question de l&#8217;efficacité que de savoir si, quand ça marche, ça vaut le coup. Et ca c&#8217;est une question très difficile. Normalement, je suis un humaniste, donc je ne crois pas à la souffrance pour l&#8217;art. Même en tant qu&#8217;artiste, je trouve que c&#8217;est bête. Mais si on me dit « OK, on va retirer tous les solos de Charlie Parker, tous les solos de Buddy Rich, tout ce qu&#8217;a fait Beethoven, parce que c&#8217;est le bonheur humain qui prime »&#8230; ça devient une question plus difficile. Si la fin du film n&#8217;était pas ce qu&#8217;elle est, si le personnage ne devenait pas un grand batteur, on aurait eu une réponse : ça ne marche pas. Alors, il n&#8217;y a pas de question. Mais parce que ça marche, la question existe. Pour moi, c&#8217;est une fin très triste. C&#8217;est un gars qui n&#8217;aura pas une vie heureuse, il est totalement solitaire, il est devenu Fletcher, il est devenu un monstre. C&#8217;est une tragédie finalement.</p>
<p><em>M. T.</em> : C&#8217;est la question que le film explore : quelle quantité de souffrance peut-on endurer pour atteindre son but, pour réussir ? A mon avis, il n&#8217;y a pas de limite. Ce n&#8217;est pas plafonné. Chacun a son chemin pour atteindre l&#8217;excellence. Et Andrew et Fletcher ont placé la barre très haut. Ce n&#8217;est pas le chemin que tout le monde emprunte, mais il faut respecter ceux qui vont aussi loin pour être excellent dans leur domaine. </p>
<p><strong>La relation entre Fletcher et Andrew peut-elle être comparée à celle entre un réalisateur et un acteur ?</strong></p>
<p><em>M. T.</em> : J&#8217;ai travaillé avec certains réalisateurs, dont je ne citerai pas le nom, qui étaient tyranniques, effectivement. </p>
<p><strong>Et ça vous a rendu meilleur acteur ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/12/whiplash-film-miles-teller-2.jpg" alt="Miles Teller dans Whiplash, de Damien Chazelle" title="Miles Teller dans Whiplash, de Damien Chazelle" width="280" height="187" class="alignright size-full wp-image-19886" /><em>M. T.</em> : Je ne pense pas, non. C&#8217;est bizarre quand il s&#8217;agit de jouer la comédie. Ca dépend du film. Si on fait un gros film, avec énormément de choses à gérer, certains pensent qu&#8217;on ne peut pas asseoir son pouvoir en parlant calmement, ils pensent qu&#8217;il leur faut crier sur tout le monde. Un film de Michael Bay, un film de James Cameron&#8230; Il faut qu&#8217;ils contrôlent un univers énorme. Chacun a sa façon de faire les choses. Mais dans mon expérience, sur un film indépendant, on ne peut pas crier sur ses acteurs, ça ne marche pas comme ça. Une grande partie du boulot de réalisateur, c&#8217;est de gérer les personnalités. A moi, on peut me dire « <em>Dis, Miles, c&#8217;était vraiment pas terrible, on en fait une autre</em> », je ne vais pas mal le prendre. Mais peut-être qu&#8217;on ne peut pas dire la même chose à un autre acteur. Pour certains, il faut le dire avec des fleurs. </p>
<p><strong>Dans la scène du repas avec sa famille, où l&#8217;on compare les réussites des uns et des autres, Andrew montre déjà l&#8217;orgueil qui le mènera vers ce finale.</strong></p>
<p><em>D. C.</em> : La plupart de ceux qui ont lu le scénario pensait qu&#8217;il fallait la couper, que ça ne marchait pas du tout. Avec cette scène, on va détester Andrew, il est trop méchant, me disait-on. On l&#8217;a tournée quand même. Parce que pour moi, c&#8217;est une des scènes les plus importantes. C&#8217;est une scène où on aime Andrew encore plus, même s&#8217;il se comporte un peu comme un connard. Sa famille, c&#8217;est quand même des connards aussi. Les musiciens de jazz rencontrent toujours ça : ils se donnent à fond pour leur musique, et le monde s&#8217;en fiche. C&#8217;est tout le problème d&#8217;être obsédé par un art marginal. Un art qui n&#8217;est plus l&#8217;art populaire de la société. Je pense que c&#8217;est une lutte constante, pour les musiciens de jazz. Je voulais que cette scène soit une représentation de ça.</p>
<p><strong>Depuis Sundance en janvier, puis Cannes, Toronto, et Deauville, le film a un accueil incroyable partout où il passe. Est-ce que vous en profitez ou est-ce que la pression prend le dessus, pour la sortie du film, et pour le prochain ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/12/whiplash-miles-teller-jk-simmons-damien-chazelle-film.jpg" alt="Whiplash, de Damien Chazelle" title="Whiplash, de Damien Chazelle" width="207" height="280" class="alignleft size-full wp-image-19887" /><em>D. C.</em> : Ca ne me paralyse pas parce que je me sens toujours comme un outsider, je suis un peu pessimiste. Même si les choses se passent très bien, je me concentre sur le négatif. D&#8217;ailleurs, j&#8217;ai l&#8217;impression que dès qu&#8217;on devient satisfait, on devient nul. Il faut toujours être affamé. C&#8217;est quand ils ne le sont plus que les réalisateurs et les artistes commencent à plonger. Ensuite, c&#8217;est vrai que la pression est là, mais c&#8217;est toujours bien. Tout compte pour soutenir un film. Particulièrement pour le cinéma indépendant aux Etats-Unis. On a besoin des critiques, des festivals, du public. On est toujours en train de lutter, d&#8217;essayer de convaincre, de vendre le film. Je n&#8217;aime pas vraiment être dans la position de devoir vendre quelque chose, mais c&#8217;est nécessaire. C&#8217;est surtout ça qui me donne un peu d&#8217;angoisse. </p>
<p><strong>C&#8217;est un film qui a démarré à Sundance. On parle de plus en plus du déclin du festival, et de l&#8217;étiquette de ce cinéma indépendant qui peut devenir un cliché. C&#8217;est quelque chose que vous ressentez aussi ?</strong></p>
<p><em>M. T.</em> : C&#8217;est vrai que la réputation de Sundance commence à baisser. On sait déjà à quoi s&#8217;attendre quand on va voir un film de Sundance. Mais <em>Whiplash</em> n&#8217;est pas du tout un film conventionnel. Il repousse un peu les limites. Il y a plein de films qui sont à Sundance et qui ne sont jamais distribués. J&#8217;ai tourné dans des films qui ne sont jamais sortis. Donc c&#8217;est bien d&#8217;être dans un film qui va dans les festivals, qui se fait remarquer, et dont on parle toujours tellement de temps après sa présentation en janvier. </p>
<p>&nbsp;<br />
Whiplash <em>de Damien Chazelle avec Miles Teller, Melissa Benoist, J.K. Simmons. Etats-Unis, 2014. Sortie en salle le 24 décembre 2014. Présenté à la 46e Quinzaine des réalisateurs. Grand Prix du 40e Festival du film américain de Deauville.</em></p>
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		<title>Bohren &amp; der Club of Gore</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/musique/bohren-der-club-of-gore-piano-nights-hotel-beileid-dolores-jazz/</link>
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		<pubDate>Mon, 24 Feb 2014 13:35:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Pierre-Kaiser</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[jazz]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Essai cinématographique sur un groupe cinématographique</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/02/bohren-der-club-of-gore-beileid.jpg" alt="Bohren &amp; Der Club of Gore - Beileid" title="Bohren &amp; Der Club of Gore - Beileid" width="280" height="280" class="alignleft size-full wp-image-16297" />Vous êtes finalement arrivé en face de l’établissement qu’on vous a conseillé. Il est en centre-ville, au cœur de la Ville, comme vous le souhaitiez, et pourtant vous détestez ce terme « cœur », une ville, cette Ville, n’a pas de cœur, juste des artères qui ne mènent nulle part, des veines de sang chaud qui se terminent en cul-de-sac. Tu verras, ça n’a pas l’air de grand-chose, mais c’est un endroit particulier, très charmant. C’est mon ami Bohren qui le tient. Il est allemand, mais c’est pas grave. Le voilà, cet hôtel qui sera votre destination finale. Votre port d’attache désormais. Le Club Of Gore. Ça n’a l’air de rien, en effet. Le néon en guise d’enseigne clignote, la façade a vu de meilleurs jours. Situé dans une ruelle à l’écart du grand boulevard, il a été dur à repérer. Personne d’ailleurs ne connaissait cette adresse, personne ne vous a vraiment parlé non plus. Les gens s’enferment dans le silence, peut-être par habitude, ou pour se protéger. La Ville, après tout, est pleine d’inconnues, des visages à oublier au plus vite. Un homme est assis au volant de sa voiture garée à quelques mètres de l’entrée. Il regarde dans le vide. Immobile. Il habite ici. Ou alors, il se cache, reprend des forces avant d’affronter à nouveau l’horrible routine de sa soirée préconçue. Voici son espace de liberté. Sa case à lui. Vos regards ne peuvent pas se croiser. Vous n’êtes même pas conscients l’un de l’autre. <span id="more-16212"></span></p>
<p>Le réceptionniste ne s’appelle pas Bohren et ne connaît personne de ce nom et ne peut pas vous faire la chambre à tarif préférentiel. Le Gore Motel n’est pas une quelconque auberge, c’est un lieu de choix, le refuge des artistes et des âmes en quête de rédemption. Mais ses paroles vous donnent mal au crâne. Vous prenez une chambre, vous verrez plus tard pour cette histoire d’allemand. Il faudra monter vous-même vos bagages ou attendre que Conway revienne s’en charger, mais il a disparu il y a deux jours, une histoire de concert… Le réceptionniste qui ne porte pas de badge et ne donne pas son nom vous indique que l’ascenseur aussi est en panne. Comme les télévisions. Toutes. Il faudra monter à pied au troisième étage. Le long du couloir qui mène aux étages, il y a des affiches des films de Bruce Lee. Sur la clé de votre chambre, la 321, vous sentez encore la moiteur des mains du réceptionniste. Vous n’osez pas trop les toucher et vous vous demandez s&#8217;il en restera quelque chose sur l’intérieur de vos poches, s&#8217;il ne faudrait pas laver ce pantalon tout de suite pour être sûr de vous débarrasser de cette moiteur. Trois étages, des escaliers étroits. Ce n’est pas un hôtel de rêve mais on vous a promis un lieu particulier, l’espace, paraît-il, est sidérant. Pourtant de l’extérieur le bâtiment est relativement petit, on a vite fait le tour. Ça y est le voyage commence à vous peser et vous sentez qu’il vous faut un lit, pour arrêter de penser pour faire le vide et ne plus imaginez ce que vous allez faire parce que c’est innommable et que vous êtes ici pour accomplir une tâche précise mais le son de vos pas est assourdissant et les murs sont poisseux et les lumières dansent un tango le tango des asticots la pièce qui est la vôtre la 321 bascule et tangue et vous avez froid et vous avez envie de crier mais ce n’est déjà plus possible alors il faut sombrer</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/02/bohren-der-club-of-gore-motel.jpg" alt="Bohren &amp; Der Club of Gore - Gore Motel" title="Bohren &amp; Der Club of Gore - Gore Motel" width="280" height="280" class="alignright size-full wp-image-16298" />Vous vous réveillez au coucher du soleil. Le lendemain ou deux jours après. Personne n’a laissé de message et selon le réceptionniste il n’y a pas de restaurant intéressant dans les parages. Alors vous vous mettez en route. En marche plutôt. Puisque vous avez décidé d’arpenter la Ville à pied. Même si l’idéal serait d’avoir une voiture, un chauffeur et de parcourir la nuit tous feux allumés pour en arriver au bout et enfin savoir ce qui se cache derrière le masque d’obscurité. Les magasins ferment un à un, les passants changent d’allure. Rien ne vous inspire et tout vous parle. L’indécision est votre lot commun alors vous dissimulez votre incapacité en prétendant comparer les prix. Mais personne ne vous suit pour vérifier et ce n’est que vous à qui vous mentez. Il y a là-bas un restaurant quelconque, une cantine, un endroit anonyme et pas cher qui sera parfait, mais vous tournez autour pendant un quart d’heure avant de faire mine d’être satisfait et les démons auxquels vous vous adressez ne sont pas dupes non plus, ils détestent cette comédie. Le Sunset Mission est parfaitement adapté à vos besoins. On y mange correctement et on vous sert rapidement. Ce n’est pas la peine de prolonger le plaisir, vous refusez un café qui vous est offert et vous fuyez dans la nuit, tel un loup égaré, un loup qui voudrait être blessé pour retrouver ses crocs et sa rage mais dont la force de vie est presque nulle. Les gens qui vous croisent pensent plus à un fantôme, si tant est qu’ils vous aperçoivent vraiment. Il est l’heure de rentrer, vous avez trop marché. Vous avez tout vu, les trottoirs et les égouts et les lumières et les animaux et le froid et les métaux… Ce n’est rien, juste la déception de ne pas avoir encore compris la Nuit. Vous reviendrez. Enfin, c’est ce que vous croyez.</p>
<p>Vous en êtes sûr désormais. Il y a du bruit dans la chambre d’à côté. La dernière fois que vous avez croisé le réceptionniste – il n’est jamais à son poste et il faut avoir la chance de le voir dans un couloir pour décrocher de maigres informations de sa part – il vous a assuré que vous étiez le seul résident de cet étage. D’ailleurs c’est la saison morte, il y a quelques personnes aux cinquième et septième étages, c’est tout. Mais le bâtiment n’a que trois étages. Vous avez compté et recompté. Pourtant, les escaliers vous ont bien mené au cinquième et au septième. Ils allaient encore plus haut, mais le courage vous a lâché. Maintenant le réceptionniste est introuvable. Et il y a quelqu’un à côté. Comme quelqu’un qui se serait réveillé dans son cercueil au plus profond de sa tombe, noir maximum des ténèbres insoupçonnées… Des grattements, des gémissements étouffés, la texture de l’angoisse. Ce n’est pas la peur qui vous saisit pourtant, plutôt l’inquiétude. La douloureuse appréhension d’un danger à venir. L’imminence d’un moment traumatique qui annonce déjà l’ampleur du territoire qu’il va détruire en vous. Une statue d’ange sur le bâtiment d’en face, vous la voyez de votre fenêtre, une moulure de mauvaise qualité qui vous nargue. Il ne se passe rien quand vous frappez contre le mur ou la porte d’à côté. Peut-être est-ce dans votre esprit, ce raffut, les contours d’une démence qui est en train de naître… La crainte irrationnelle d’être un personnage de roman à la merci d’un auteur malade. La Terre est noire. C’est la dernière ligne de la dernière chanson que vous avez écoutée. <em>Black Earth</em>. Ce lieu est immonde. Ce lieu est immense. Les étages, si ce n’était que ça ! Les chambres qui apparaissent et disparaissent. Parfois le couloir se termine au numéro 328. Parfois il vous arrive de contempler la porte de la 350 et de trembler à l’idée de rencontrer un résident. Tout cela est arrivé et arrivera encore.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/02/bohren-der-club-of-gore-dolores.jpg" alt="Bohren &amp; Der Club of Gore - Dolores" title="Bohren &amp; Der Club of Gore - Dolores" width="280" height="280" class="alignleft size-full wp-image-16299" />Le réceptionniste a frappé à votre porte hier. Jours et nuits sont devenus le même tissu de mensonges qui ne vous intéressent plus. Il a retrouvé votre carnet et en vous le remettant, il n’a pu s’empêcher de sourire. Il était au sixième. Cet homme sait parfaitement que le sixième étage vous terrifie. Que c’est de là-haut que proviennent les bruits d’à côté (vous l’avez bien compris, seul un idiot serait tombé dans le piège). Sa main, vous redoutiez cet instant évidemment, n’était plus moite. On aurait dit celle d’un spectre. Ces doigts ont glissé sur les vôtres, en y laissant une fine trace de froideur, rien de désagréable en fait, une caresse d’outre-tombe… <em>Geisterfaust</em>, dit-il. Vous invitant donc à enfin franchir le pas. Vous étiez venu pour quelque chose de précis au départ, non ? Où est votre détermination, quel est votre objectif désormais ? Le Club of Gore a englouti vos rêves, pour mieux sublimer les sombres recoins oubliés de vos espoirs trahis. Allez-y, allez au sixième. Vous êtes attendu.</p>
<p>Avouez-le. Vous vous attendiez à la <em>Red Room</em>. A l’Interzone. A l’Enfer, au moins ça. Mais pas au même couloir que celui que vous observez depuis… trop longtemps. Au moins, ici, toutes les chambres sont ouvertes. Et les fenêtres donnent sur un paysage sans jour et sans nuit, ce qui est, il faut l’admettre sans mauvaise foi, très reposant. Mais bon, tout de même ! Pas de personnages étranges. Pas la trace d’un diablotin, même pas le réceptionniste qui se révélerait être Dieu. Ou un tueur en série, peu importe. Et puis, lentement, ça monte en vous. Et là, la douleur se rappelle à vous parce que jusqu’ici vous avez tout fait pour la faire taire. La douleur qui, quand elle porte un nom espagnol, donne envie de danser et de boire. <em>Dolores</em>. Il y a de la musique en arrière-fond. Quelque chose de contemporain, ça ressemble à un orgue qu’on saigne. La poussière au fond de votre gorge commence à vous gratter, il est évident que cet étage n’est pas innocent. Que c’est ici et seulement ici que vous serez en mesure de trouver ces réponses que vous avez cessé de chercher. Parce que la Ville n’est rien que la projection floue et approximative des profondeurs de cet hôtel. De toute façon cela fait longtemps que vous n’êtes plus sorti. Quand vous avez compris que ce lieu est infini à l’intérieur. Depuis vous vous perdez tout le temps, vous avez fait du Labyrinthe votre religion. Il n’y a plus de temps ou de place pour les horaires. Vous qui étiez venu chercher le réconfort, un espace pour créer… Ici, au sixième, tout est à portée de main. Il suffit d’ouvrir une porte. D’ailleurs où est votre carnet ? Vous ne savez plus dans quelle pièce ? Parfait, c’est ainsi qu’il va grandir et se nourrir de secrets. Quand il vous reviendra je ne serai plus là.</p>
<p><em>Beileid</em>. Condoléances. C’était inévitable. Vous avez quand même remarqué que vous rêvez en allemand ? Il reste une dernière chambre au fond. Il serait peut-être bien d’y jeter un œil, non ?</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/02/bohren-der-club-of-gore-piano-nights.jpg" title="Bohren &amp; Der Club of Gore - Piano Nights" alt="Bohren &amp; Der Club of Gore - Piano Nights" width="280" height="276" class="alignright size-full wp-image-16300" />Un piano bar dans un endroit pareil ? <em>Piano Nights</em>, évidemment. Les chuchotements reprennent, un tintement de verres, un livre que l’on feuillette puis qu’on oublie de terminer, les sons d’une nostalgie intacte. Vous êtes résident maintenant. Le réceptionniste vous serre la main et vous adorez ça. Parfois, dans la fumée qui se dégage de votre lit, vous pensez entendre la mélodie qui vous a attiré ici à l’origine. Peut-être. Toute votre existence ne fut qu‘un chemin hasardeux vers une perte de connaissance. Et sous la lumière rose du sixième vous avez retrouvé la signification de votre agitation. Vous avez toujours habité le Club of Gore. Il n’y a pas eu de temps où vous n’avez pas été ici. Vous n’avez fait que rêver un ailleurs, imaginer un monde de rues. Mais vous savez qu’il n’y a rien d’autre que Vous, dans ces murs décrépis, sous cette moquette infestée, dans ces draps moisis, dans ce verre abandonné. Et Vous et Moi n’avons jamais eu autre visage que celui-ci. Nous sommes la nuit, nous sommes des particules éternelles dans ce brouillard urbain et notre chant se propage dans les chambres inconnues de cet hôtel malfamé.</p>
<p>&nbsp;<br />
<em>Bohren und der Club of Gore est un groupe allemand de jazz/ambient originaire de Rhénanie-du-Nord-Westphalie.<br />
Leur dernier album </em>Piano Nights<em> est sorti le 24 janvier 2014 chez Pias.<br />
La discographie de Bohren &#038; der Club of Gore se trouve en écoute sur Spotify.</em></p>
<p><center><iframe width="560" height="315" src="//www.youtube.com/embed/yiBsJPEDJeg?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center></p>
<p><center><iframe width="560" height="420" src="//www.youtube.com/embed/NoooscPFiyc?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center></p>
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		<title>Zoom sur Cannes Classics</title>
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		<pubDate>Thu, 17 May 2012 19:38:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphanie Amigues</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films du 65e Festival de Cannes]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/barbouzes-blier-lautner.jpg" alt="Les Barbouzes de Georges Lautner" title="Les Barbouzes de Georges Lautner" width="270" height="189" class="alignleft size-full wp-image-6530" /><strong>Créé en 2004, Cannes Classics présente en avant-première des films anciens et des chefs-d’œuvre de l’histoire du cinéma dans des copies restaurées. Le moment de voir ou revoir des films incontournables avec en prime, dans la salle, le réalisateur ou les acteurs&#8230; Petit tour d&#8217;horizon de ce retour vers le futur 2012&#8230;</strong></p>
<p>Cannes Classics 2012 c&#8217;est 13 longs, 3 courts et 4 documentaires. Un cinéma classique, oui, mais éclectique. C&#8217;est par exemple un grand classique indonésien, <em>After the Curfew</em>, réalisé par Usmar Ismail en 1954, un thriller qui se déroule durant les mois qui suivent l&#8217;indépendance de l&#8217;Indonésie. Ou bien <em>Kalpana</em> d’Uday Shankar, le premier film indien intégralement musical qui date de 1948. Mais c&#8217;est aussi <em>Narayama Bushi Ko</em> (<em>La Ballade de Narayama</em>) de Keisuke Kinoshita, un classique du cinéma japonais de 1958 où une vieille femme dit adieu à la vie. Dans un tout autre genre le haletant <em>Runaway Train</em> d&#8217;Andrei Konchalovsky, sorti en 1985, met en scène un criminel évadé de prison qui se retrouve avec son ancien gardien dans un train sans conducteur. <em>Les Barbouzes</em> de Georges Lautner raviront les amateurs de comédie qui se délecteront du trio Ventura-Blanche-Blier. <span id="more-6467"></span><br />
Trois courts-métrages seront présentés à l&#8217;occasion du 30e anniversaire de la Cinémathèque de la danse : <em>A Great Day in Harlem</em> (60&#8242;) de Jean Bach et deux « <em>jazz shorties</em> » : <em>An All Colored Vaudeville Show</em> (4’) et <em>Jammin the Blues</em> (11’).<br />
Enfin,  quatre documentaires sur des personnalités du cinéma seront projetés. <em>Woody Allen : a Documentary</em> de Robert Weide, <em>Method to the Madness of Jerry Lewis</em> de Gregg Barson, <em>Me and Me Dad</em> (66&#8242;) sur John Boorman de sa fille Katrine Boorman et le film d&#8217;Emmanuel Barnault, <em>Claude M le cinéma</em>, sur Claude Miller. Et pour conclure les festivités de Cannes Classics, le film de montage <em>Final Cut &#8211; Hölgyeim És Uraim</em> (Hongrie), produit par Béla Tarr sera projeté le samedi 26 mai.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/il-etait-une-fois-amerique.jpg" alt="Robert De Niro dans Il était une fois en Amérique" title="Robert De Niro dans Il était une fois en Amérique" width="270" height="182" class="alignright size-full wp-image-6532" /><strong>Mais cette année Cannes Classics c&#8217;est surtout&#8230;</strong></p>
<p><strong>&raquo; Se replonger dans la fresque virtuose de Sergio Leone <em>Once Upon a Time in America</em></strong> (<em>Il était une fois en Amérique</em>) rallongée de 25 minutes de scènes inédites ! Au cœur de l&#8217;Amérique des années 1920, pour une virée avec Max et Noodles, ces deux truands liés par une éternelle amitié&#8230; en présence de Robert De Niro.</p>
<p><strong>&raquo; Voir ou revoir <em>Tess</em> de Roman Polanski</strong>, ou le destin tragique d&#8217;une jeune femme en quête de bonheur dans l&#8217;Angleterre victorienne. Sans jamais bouder son plaisir face à la photographie saisissante et l&#8217;interprétation sublime de Nastassja Kinski, actrice trop rare qui sera présente dans la salle accompagnée de Roman Polanski.</p>
<p><strong>&raquo; Revivre LE traumatisme originel de toute une génération, <em>Jaws</em></strong> (<em>Les Dents de la mer</em>) de Steven Spielberg. En attendant la sortie en DVD du film restauré en août prochain&#8230;</p>
<p><strong>&raquo; Découvrir la face cachée d&#8217;Alfred Hitchcock, qui a réalisé en 1927 une comédie de mœurs, <em>The Ring</em></strong>, un de ses neuf films muets qui nous restent. L&#8217;histoire de deux hommes amoureux de la même femme. Deux jeunes boxeurs qui vont s&#8217;affronter sur le ring pour gagner l&#8217;amour d&#8217;une caissière de fête foraine. Le film sera accompagné  d&#8217;un concert du musicien Stephen Horne.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/lawrence-arabie.jpg" alt="Lawrence d’Arabie de David Lean" title="Lawrence d’Arabie de David Lean" width="270" height="182" class="alignleft size-full wp-image-6534" /><strong>&raquo; Fêter le 50e anniversaire du tournage de <em>Lawrence d&#8217;Arabie</em> (<em>Lawrence of Arabia</em>)</strong> de David Lean. Le film aux innombrables récompenses qui a propulsé Peter O&#8217;Toole et Omar Sharif au rang de légendes du cinéma. </p>
<p><strong>&raquo; Se déchirer avec Ingrid Bergman et George Sanders sur fond de <em>dolce vita</em> en embarquant pour <em>Viaggio in Italiana</em></strong> (<em>Voyage en Italie</em>) de Roberto Rossellini. </p>
<p><strong>&raquo; Passer deux heures magiques avec <em>Cléo de 5 à 7</em> d’Agnès Varda</strong>, qui invente en pleine Nouvelle Vague et 40 ans avant Jack Bauer, le film en temps réel, le cinéma-vérité. Un enchantement. A partager avec la réalisatrice qui sera là en personne pour présenter son film. </p>
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