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	<title>Grand Écart &#187; Jacky et René</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Jacky et René parlent de Billy Wilder et d&#8217;un drôle de film</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Jun 2012 14:55:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[actualités]]></category>
		<category><![CDATA[comédie]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Jacky et René]]></category>

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		<description><![CDATA[Jacky et René, nos deux routards cinéphiles, sont de retour. Cette fois, c'est <em>Avanti !</em>, <em>Embrasse-moi, idiot</em> et <em>Le Grand Départ vers la Lune</em> qui font chavirer leur p'tit cœur...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Nos routards cinéphiles taillent la route depuis des semaines. Entre vidanges et changement des têtes de delco, Jacky et René causent cinéma comme deux bons amis qu’ils sont. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/06/avanti-billy-wilder-lemmon-mills.jpg" alt="Avanti ! de Billy Wilder" title="Avanti ! de Billy Wilder" width="280" height="171" class="alignleft size-full wp-image-8108" /><strong><em>Avanti !</em> de Billy Wilder, avec Jack Lemmon, Juliet Mills, Clive Revill, Edward Andrews…</strong></p>
<p><em>René :</em> <em>Avanti !</em> mon Jacky !<br />
<em>Jacky :</em> Ah mais toi, jamais tu perds une occasion !!<br />
<em>René :</em> Quoi ? &#8230; Eh oui, c’est tout l’avantage d’être spirituel. Dis-moi Jacky, tu ne trouves pas que la route est un long ruban qui défile qui défile ?<br />
<em>Jacky :</em> Oh, en ce moment <em>(soupir)</em> ma vie n’est rien d’autre qu’un long ruban qui défile qui défile….<br />
<em>René :</em> Eh mon gars ! Le ruban qui défile qui défile, c’est dans <em>Les W.C. étaient fermés de l’intérieur</em> !! Tu déprimes ou quoi ?<br />
<em>Jacky :</em> Bon sang, mais c’est bien sûr ! <em>[ndr : autre phrase culte et originale tirée du film de Leconte]</em><br />
<em>René :</em> Revenons à mes moutons. J’ai revu il y a peu <em>Avanti !</em> Je flânais dans une grande enseigne quand j’ai vu une réédition toute belle toute neuve. J’ai sauté sur l’occasion et pris le blu-ray. Tant pis pour le calendrier Pirelli. <span id="more-8087"></span><br />
<em>Jacky :</em> Quel bol ! Pas revu depuis sa sortie ciné mais je me souviens de ces scènes où Jack Lemmon en héritier mal luné se tire la bourre à l’hôtel avec la jolie Juliet Mills qui elle, profite de la vie.<br />
<em>René :</em> Oui, exact ! Quelle mémoire ! Le personnage de Lemmon supporte mal d’apprendre que son père, un industriel cachottier, sort avec la mère du personnage de Juliet Mills.<br />
<em>Jacky :</em> Si je me souviens bien, les deux rapatrient d’Italie les dépouilles de leurs parents amants, morts dans un accident de voiture ?<br />
<em>René :</em> Oui, c’est assez cocasse, on se croirait dans <em>Au théâtre ce soir</em> avec le savoir-faire et le bon goût de Billy Wilder en prime.<br />
<em>Jacky :</em> Chouette film. Avec le soleil de l’Italie et son cortège de fantaisie : les bakchichs, la mafia, les fonctionnaires zélés du dimanche…<br />
<em>René :</em> L’Italie des années 1970 avait ce petit goût de paradis où les commerçants te rendaient la monnaie avec des bonbons.<br />
<em>Jacky :</em> C’est du vécu. Toute une époque !<br />
<em>René :</em> Epique. Le film de Wilder, rythmé, aux dialogues percutants, aux scènes cocasses, retranscrit à merveille cette frénésie et ce bordel à l’italienne.<br />
<em>Jacky :</em> On décharge la remorque et <em>Avanti !</em> pour Ischia et Capri !<br />
<em>Avanti !</em> disponible en DVD et blu-ray chez Filmedia.</p>
<p>Quelque part au cœur de notre beau pays, Jacky et René font halte dans l’une de ses auberges qui donne l’envie d’avoir envie. Ils ont décidé d’un commun accord de grignoter pour économiser du fuel. Plateau de saucisses et petit salé aux lentilles feront l’affaire. Fromages et faisselle pour pousser et crème brûlée en douceur du midi. </p>
<p>&nbsp;<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/06/embrasse-moi-idiot-billy-wilder.jpg" alt="Embrasse-moi, idiot de Billy Wilder" title="Embrasse-moi, idiot de Billy Wilder" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-8109" /><strong><em>Embrasse-moi, idiot</em> de Billy Wilder, avec Dean Martin, Kim Novak, Ray Walston…</strong></p>
<p><em>René :</em> Elle est quand même bonne !<br />
<em>Jacky :</em> Quoi ? La patronne ? Faut que tu stoppes le boulaouane mon René, ça te vrille les neurones !<br />
<em>René :</em> Pas la patronne, la crème brûlée !<br />
<em>Jacky :</em> René ?<br />
<em>René :</em> Oui ?<br />
<em>Jacky :</em> Embrasse-moi, idiot !<br />
<em>René :</em> Alors tu as vu le DVD mon coquin ! Tu as fouillé dans la boîte à gants ! Voilà, c’était ton cadeau pour fêter ton 5 millioième, millinième, millioninième, merde comment qu’on dit, millionième kilomètres.<br />
<em>Jacky :</em> Heureux je suis, j’aime ce film.<br />
<em>René :</em> Je savais que tu aimerais ce Wilder-là. Tu te souviens de l’histoire ?<br />
<em>Jacky :</em> A peu près. Rappelle-moi.<br />
<em>René :</em> Oui, alors c’est l’histoire d’Orville Spooner et Barney Milsap. Ils habitent à Climax dans le Nevada. L’un donne des leçons de piano, l’autre est garagiste. Tous deux composent des chansons. Comme ça leurs compos ont l’air bien pourries. Un jour Dino, un chanteur de charme sur le retour, cheveux gominés et sourire enjôleur, s’arrête à Climax. Barney sabote sa voiture de façon à lui faire passer la nuit chez Orville, où il pourra écouter leurs compositions. Mais Orville est extrêmement jaloux de sa femme, Zelda, et Dino un grand séducteur. Barney a alors l’idée de faire jouer le rôle de Zelda à Polly, une prostituée locale. Et tout part en sucette.<br />
<em>Jacky :</em> Je me souviens d’un film enlevé qui n’arrête pas une seconde. Le verbe est haut.<br />
<em>René :</em> Tu m’étonnes. Wilder n’a pas d’égal pour ciseler des scènes où les personnages se croisent sans se voir. Ray Walston joue le jaloux teigneux avec conviction et Dean Martin le con prétentieux avec un certain génie, et c’est peu de chose de le dire.<br />
<em>Jacky :</em> Paraît que Kim Novak a payé pendant des années son rôle très osé, pratiquement blacklistée à Hollywood.<br />
<em>René :</em> Tout à fait ! Concernant les rapports humains, le film n’y va pas par quatre chemins. Le plus drôle, c’est le mari jaloux qui s’enfonce dans le mensonge et qui, au lieu de protéger son couple, l’explose en &#8220;deux coups fait rire&#8221;.<br />
<em>Jacky :</em> Ça c’est de la comédie. De la vraie de vraie. Hâte de revoir ce petit chef-d’œuvre.<br />
<em>René :</em> Allez, Embrasse-moi, idiot.<br />
<em>Embrasse-moi, idiot</em> disponible en DVD chez Filmedia.</p>
<p>Jacky et René remontent la vallée du Rhône. Le bahut couine, souffre comme bête contre le vent. Les essuie-glaces souffrent. Des caisses de côte-rôtie et de morgon bringuebalent à l’arrière. La pluie redouble. De la grêle. René et Jacky n’en mènent pas large. </p>
<p>&nbsp;<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/06/grand-depart-vers-lune-don-sharp.jpg" alt="Le Grand Départ vers la Lune, de Don Sharp" title="Le Grand Départ vers la Lune, de Don Sharp" width="280" height="111" class="alignleft size-full wp-image-8107" /><strong><em>Le Grand Départ vers la Lune</em> de Don Sharp, avec Gert Froebe, Terry Thomas…</strong></p>
<p><em>Jacky :</em> Sacré nom di diou. On n’est pas rendu mon René. C’est une tempête du diable.<br />
<em>René :</em> Pas de panique, je tiens bon la barre ! Encore un peu de vent au cul et on décolle !<br />
<em>Jacky :</em> Au fait tu as reçu ta galette du <em>Grand Départ vers la Lune</em> ?<br />
<em>René :</em> Tout à fait, je te le passe dès qu’on arrive. Quelle curiosité ! C’est une adaptation très libre du roman <em>De la Terre à la Lune</em> du grand Jules.<br />
<em>Jacky :</em> Et qu’est-ce que ça donne ? J’ai l’impression que ça lorgne du coté d&#8217;<em>Un monde fou, fou, fou, fou</em> et de <em>Ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines</em>.<br />
<em>René :</em> Exact. Ambiance fofolle avec inventeurs foufous. Malheureusement, le film pêche avec son scénario faiblard qui n’est qu’une suite de sketchs plus ou moins drôles. L’ensemble est décousu. C’est d’autant plus dommage que les acteurs ont l’air de se fendre la poire.<br />
<em>Jacky :</em> Encore une fois, ça vaut le coup ou pas ?<br />
<em>René :</em> Si tu aimes les comédies britanniques des années 1960 inspirées de Jules Verne, <em>Rocket to the Moon</em> est fait pour toi. Nous sommes loin du <em>20 000 lieux sous les mers</em> de Richard Fleisher, de <em>L’Ile mystérieuse</em> de Maurice Tourneur ou du fabuleux <em>Voyage au centre de la Terre</em> d’Henry Levin. Je te dis, c’est une curiosité bancale mais pleine de charme.<br />
<em>Jacky :</em> Vendu….<br />
<em>Le Grand Départ vers la Lune</em> disponible en DVD chez Aventi.</p>
<p>Bon retour les gars. Mollo sur le jaja et soyez prudent. </p>
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		<title>Les grands classiques de l&#8217;hiver 2012</title>
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		<pubDate>Wed, 08 Feb 2012 09:40:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[chef-d'oeuvre]]></category>
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		<category><![CDATA[Jacky et René]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>

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		<description><![CDATA[Durant les fêtes de Noël, les cinéphages dépensent jusqu’à leurs derniers deniers dans les pires nazeries estampillées « Coffret Collector Ultimate <em>Les Charlots font l’Espagne</em> » pendant que les...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/02/charlots-espagne.jpg" alt="Les Charlots font l&#039;Espagne" title="Les Charlots font l&#039;Espagne" width="280" height="198" class="alignleft size-full wp-image-5279" />Durant les fêtes de Noël, les cinéphages dépensent jusqu’à leurs derniers deniers dans les pires nazeries estampillées « Coffret Collector Ultimate <em>Les Charlots font l’Espagne</em> » pendant que les cinéphiles à peau grasse arpentent la mort dans l’âme les vide-greniers à la recherche du dernier chef-d’œuvre ouzbek primé au Festival de Bakou 1974. Parce qu’en fin d’année les rayons débordent d’improbables coffrets où <em>La Septième Compagnie au clair de lune</em> côtoie <em>L’Arbre aux sabots</em>, la brigade du bon goût se doit d’intervenir rapidos au plus près du corps comme au plus près du cœur ; la situation est grave mais pas désespérée.<br />
Chef de la section Bourgogne de la 11e Brigade du Bon Goût, je vous présente l’ultime sélection de galettes qui vous permettra de briller en société. <span id="more-5262"></span></p>
<h3>La Grande Russie</h3>
<p><strong><em>Guerre et paix</em> de Sergueï Bondartchouk, avec Ludmilia Savelieva, Sergueï Bondartchouk, Viacheslav Tikhonov, Irina Skobtseva…</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/02/guerre-paix-bondartchouk.jpg" alt="Guerre et paix, de SergueÏ Bondartchouk" title="Guerre et paix, de SergueÏ Bondartchouk" width="280" height="141" class="alignleft size-full wp-image-5268" />Fresque immense réalisée entre 1965 et 1967, <em>Guerre et paix</em> raconte la Russie du début du XIXe siècle à travers l’histoire de deux familles de l’aristocratie. En toile de fond, les grandes batailles napoléoniennes qui bouleverseront toutes les sphères de la société, du petit peuple jusqu’aux gens de la Haute.<br />
Le premier tableau, <em>Andreï Bolkonski</em>, surprend par le ton mystique et contemplatif de son introduction ; à l’orée de la forêt, la caméra caresse les ombres et s’amuse des éclats de lumière. Sergueï Bondartchouk célèbre la nature, un peu maladroitement. Au loin, une guerre terrible s’annonce. Le bruit des canons résonne déjà aux frontières de l’Empire.<br />
Tandis qu’à la cour, où tout se trame et se décide, les bals s’enchaînent. C’est le temps de l’innocence. Mais gare. Derrière les colonnes de marbre, en coulisse, les généraux rassemblent leurs troupes. Les palais ouverts aux quatre vents abritent les rires des mondains et leurs futiles palabres. Ces privilégiés ignorent que bientôt leurs enfants pourriront au fond d’une tranchée.<br />
Les pièces de l’échiquier se mettent en place ; l’ambitieux Andreï se prépare au combat, Pierre Bézoukhov souffre de faiblesse et la jeune Natacha, espiègle et rebelle, s’apprête à devenir une femme.<br />
Ne gâtons pas notre plaisir ; <em>Guerre et paix</em>, le film, respecte fidèlement l’œuvre de Tolstoï. Chaque tableau témoigne d’une bataille ou d’un conflit intérieur. Les thèmes abordés (psychologie, politique, etc.), traités avec déférence, s’égrènent comme dans les meilleurs livres d’histoire et manuels de géographie. Toutefois, ce côté scolaire et emprunté peut rebuter. La célèbre Mosfilm (légendaire studio russe, maison mère de Tarkovski et Klimov) s’est donnée les moyens de ses ambitions même si l’URSS a généreusement mis la main à la poche (et à la pâte) en prêtant son armée (120 000 figurants). Parfois, le film se pique de points de vue bizarroïdes comme celui du canon au cœur de la bataille.<br />
<em>Guerre et paix</em> ne mérite pas le mépris qu’il se traîne depuis des années car il possède son propre langage cinématographique, et ce n’est pas si souvent qu’une œuvre filmée offre aux spectateurs autant d’échelles d’analyse et de transversalité. Coffret disponible aux Editions Montparnasse.</p>
<h3>Le Grand Ingmar</h3>
<p><strong><em>Au seuil de la vie</em> d&#8217;Ingmar Bergman, avec Ingrid Thulin, Bibi Andersson, Eva Dahlbeck, Max von Sydow…</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/02/au-seuil-de-la-vie.jpg" alt="Au seuil de la vie, film d&#039;Ingmar Bergman" title="Au seuil de la vie, film d&#039;Ingmar Bergman" width="280" height="198" class="alignleft size-full wp-image-5269" />Rappelez vous les routiers mélomanes et leurs taquineries au sujet de la persistance rythmique d’Edgar Chombier. Voici la retranscription fidèle d’une nouvelle discussion de nos deux forçats du bitume au sujet du dernier Ingmar Bergman (disponible en DVD) :</p>
<p><em>Quelque part sur une autoroute du Nord… Couic couic couic… (Bruit des essuie-glaces)</em><br />
<em>René</em> -Jacky ?<br />
<em>Jacky</em> -Oui mon René ?<br />
<em>René</em> -La semaine dernière, une fois ma femme couchée, je me suis fait un petit plaisir devant la télé.<br />
<em>Jacky</em> –Quoi ? Tu remets encore ça mon saligaud ! Je t’ai déjà dit que Sharunas Bartas, c’était mauvais pour ton cœur !<br />
<em>René</em> –Non, j’ai rangé mes Bartas au-dessus de l’armoire. Je t’ai pas dit mais j’ai reçu sous pli discret <em>Au seuil de la vie</em> d’Ingmar Bergman…<br />
<em>Jacky</em> –Oh mon René, si les copains savent ça ! Déjà ton calendrier Godard au fond du bahut, ça la fout mal !<br />
<em>René</em> –Ah, ce Bergman ! <em>(soupir)</em>. Un huis clos dans une maternité, c’est d’une beauté. C’est là-bas où tout se joue mon Jacky. Comme personne Bergman sait jouer des contrastes pour exprimer les sentiments ! Et puis je maintiens que Max Wilen, son photographe, n’a jamais aussi bien photographié les femmes… <em>(soupir)</em> Comme s’il photographiait les âmes.<br />
<em>Jacky</em> –Hein ? Regarde la route, merde !! Bon, je trouve quand même que le cinéaste a parfois du mal à temporiser ses ardeurs sur la forme et que, du coup, il néglige trop le fond ! C’est quand même pas <em>Les fraises sauvages</em> non plus, ton truc !<br />
<em>René</em> –Oui, mais les gros plans sur les visages… J’vais t’dire un truc mon Jacky, je n’ai jamais vu l’humain aussi bien pénétré que depuis ma dernière coloscopie ! <em>(Indignation discrète de Jacky avec un haussement d’épaule limité par une salopette trop courte)</em><br />
<em>Jacky</em> –T’es con ! Mais t’es drôle mon René ! Bon, tu me le conseilles ce Bergman finalement ? Faut absolument que je l’vois dans ma cave, au frais et loin de ma bergère, pendant qu’elle ronfle devant <em>Plus belle la vie</em> !<br />
<em>René</em> –Tu peux y aller les yeux fermés. Comme à son habitude Bergman traite des destins et des choix qui bousculent nos existences. Tiens, passe-moi un mouchoir….</p>
<p>Laissons René et Jacky tailler la route et suivez leur exemple de bon goût.<br />
Film disponible aux Editions Montparnasse. </p>
<h3>La Grande Catherine</h3>
<p><strong>Coffret Catherine Deneuve</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/02/belle-de-jour-deneuve.jpg" alt="Belle de jour, de Luis Bunuel, avec Catherine Deneuve" title="Belle de jour, de Luis Bunuel" width="280" height="185" class="alignleft size-full wp-image-5273" />Il y a de cela une dizaine d’années, j’écumais les boîtes de ma région pour des petits boulots en intérim, un peu à la manière de David Banner dans la série <em>Hulk</em> sauf qu’à l’époque, je ne portais pas de chemise à carreaux. Look trop ostentatoire, trop ouvrier, je n’avais ni la carte ni le parti et nullement l’envie de tenter le diable. La chemise à carreaux, c’est pour les pros. Toujours est-il que mes compagnons de galère, les forçats de chez Picard, Frigelux et Vivagel, bien sûr, avaient tous en commun d’être des inconditionnels de Catherine Deneuve. Des purs et des durs.<br />
En tout cas, chers lecteurs et lectrices, je vous recommande chaudement ce coffret parce qu’il n’est pas seulement un hommage appuyé à l’actrice mais un bon moyen d’embrasser le cinéma à travers les époques et les genres. </p>
<p><strong><em>Répulsion</em> (1965) de Roman Polanski</strong><br />
Avec <em>Répulsion</em>, Polanski modélise ce qui deviendra plus tard le palpitant de son cinéma, à savoir la superposition des troubles « intérieurs », ou comment une jeune femme se retrouvant seule quelques jours se renferme sur elle-même dans un monde hallucinatoire et cauchemardesque. Le génie du maître, c’est de claquemurer ses personnages dans la folie tout en exacerbant la dangerosité de l’environnement ; notre paranoïa fait le reste. Avant de nous enfermer, le cinéaste n’oublie jamais de jeter la clé. Fruit des esprits torturés de ses scénaristes (le regretté Gérard Brach et Polanski lui-même), <em>Répulsion</em> est un magistral petit film d’horreur. Catherine Deneuve se révèle crédible aux yeux des amateurs de frissons. </p>
<p><strong><em>Les Demoiselles de Rochefort</em> (1966) de Jacques Demy</strong><br />
Inutile de louer la poésie de Jacques Demy et la partition de Michel Legrand. Une chose est sûre ; je déteste ce film. Le ton, les dialogues, la musique, à peu près tout me débecte et me fout en rogne. J’exècre <em>Les Demoiselles de Rochefort</em> et je ne m’en porte pas plus mal. Mais c’est un grand film !</p>
<p><strong><em>Belle de jour</em> (1967) de Luis Bunuel</strong><br />
Catherine Deneuve passe de Demy à Bunuel ! La grande classe. <em>Belle de jour</em>, chef-d’œuvre s’il en est, tire sa substance des fantasmes qui hantent chacun de nous. Sommes-nous en capacité de les assumer ? Ou le fantasme doit-il nourrir la raison ? Gage de qualité : Jean-Claude Carrière suture les fils du scénario.</p>
<p><strong><em>La Sirène du Mississippi</em> (1969) de François Truffaut</strong><br />
Truffaut signe une aventure ensoleillée au cœur de la Réunion. Il y est question de complots et de manipulations. Jean-Paul Belmondo survolté trouve en Michel Bouquet, raide comme la justice, un formidable adversaire. Catherine Deneuve, rayonnante et piquante, tire son épingle du jeu à l’aide de répliques tranchantes. <em>La Sirène du Mississippi</em> mérite d’être redécouvert parce qu’il est singulier et dépaysant. Il y a un ton et une ambiance. </p>
<p><strong><em>Hôtel des Amériques</em> (1981) d&#8217;André Téchiné</strong><br />
Les cinéphiles avertis s’accordent pour dire qu’<em>Hôtel des Amériques</em> compte dans la filmographie du cinéaste, qu’il est même une pierre angulaire. Catherine Deneuve donne la réplique à Patrick Dewaere dans l’un de ses derniers rôles. Pour ne rien vous cacher, je n’ai pas vu le film et je n’ai pas l’intention de le voir avant mes 67 ans révolus. L’amour passionné, la solitude, le deuil et la fatalité, c’est trop pour un seul homme qui, comme moi, ne rêve que d’étudiantes assoiffées de sexe.</p>
<p><strong><em>Indochine</em> (1992) de Régis Wargnier</strong><br />
Je ne suis pas client du cinéma de Régis Wargnier, trop grandiloquent, prétentieux et boursouflé. Catherine Deneuve joue une matriarche tout à fait crédible. <em>Indochine</em> pèche par excès de romance. </p>
<p><strong><em>Huit femmes</em> (2002) de François Ozon</strong><br />
Ozon adapte la pièce éponyme de Robert Thomas et réussit le tour de force de rendre ultraglamour le théâtre populaire. Rythmé, chatoyant, coloré, ce jeu de la vérité mérite qu’on s’y attarde. </p>
<p>Les sept films proposés composent un beau programme. Un investissement de qualité. Aux Editions Montparnasse. </p>
<p><strong><em>Le Sauvage</em> de Jean-Paul Rappeneau, avec Yves Montand et Catherine Deneuve</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/02/sauvage-deneuve.jpg" alt="Le Sauvage, de Jean-Paul Rappeneau avec Catherine Deneuve et Yves Montand" title="Le Sauvage, de Jean-Paul Rappeneau" width="280" height="188" class="alignleft size-full wp-image-5270" />Si aucun des films présentés précédemment ne vous inspirent, <em>Le Sauvage</em> saura vous redonner le sourire, surtout si vous êtes comme moi, sensibles aux rigueurs de l’hiver. Le cinéma de Rappeneau devrait être remboursé par la sécurité sociale tant il virevolte, tant il est joyeux et solaire.<br />
Martin (Yves Montand) s’est retiré du monde. Sur un îlot près de Caracas, il vit sa vie de solitaire, au jour le jour, heureux et détaché du monde moderne. Tout vient à point à qui sait attendre. Sauf qu’il n’avait pas prévu de rencontrer Nelly, reine des emmerdeuses, chieuse professionnelle, miss Catastrophe. A la veille de son mariage, la tornade blonde quitte son fiancé et emporte tout sur son passage. Martin a la mauvaise idée de lui filer un coup de main. Tout dérape. <em>Le Sauvage</em>, c’est 1h40 de bonheur absolu, même que j’y retourne.<br />
Edité chez StudioCanal. </p>
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