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	<title>Grand Écart &#187; horreur</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Rencontre avec Judith Beauvallet</title>
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		<pubDate>Thu, 30 Jan 2025 21:46:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>

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		<description><![CDATA[Femme d&#8217;un nouveau genre Journaliste cinéma pour le magazine Écran Large, Judith Beauvallet fait également partie de l’association S’Horrorité, qui réfléchit sur le féminisme et le cinéma de genre, et...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Femme d&#8217;un nouveau genre</h2>
<p><div id="attachment_27897" class="wp-caption alignleft" style="width: 209px"><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2025/01/judith-beauvallet-c-lytnim-199x300.jpeg" alt="Judith Beauvallet (c) Lytnim" width="199" height="300" class="size-medium wp-image-27897" /><p class="wp-caption-text">Judith Beauvallet (c) Lytnim</p></div>Journaliste cinéma pour le magazine <em>Écran Large</em>, Judith Beauvallet fait également partie de l’association S’Horrorité, qui réfléchit sur le féminisme et le cinéma de genre, et de la chaîne Demoiselles d’Horreur qui met en lumière les femmes dans le cinéma horrifique. Autant d’étiquettes qui font d’elle l’animatrice parfaite de la conférence « Les fantômes au féminin à travers les âges et ce qu’ils disent de notre rapport à la féminité » lors de ce 32e Festival international du film fantastique de Gérardmer. Rencontre passionnante.</p>
<p><strong>Les nouvelles sont-elles bonnes pour les femmes et le cinéma de genre ? </strong><br />
Oui, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas encore de chemin à faire. Ces dernières années, les réussites éclatantes de Julia Ducournau et Coralie Fargeat donnent beaucoup d’espoir et contribuent à changer les choses, c’est certain. Mais elles sont aussi un peu l’arbre qui cache la forêt d’une multitude de réalisatrices talentueuses qui peinent à continuer à faire les films qu’elles souhaitent après un ou deux premiers longs-métrages très prometteurs : Jennifer Kent, Natalie-Erika James, Natasha Kermani, Anna Lily Amirpour, Corinna Faith, Alice Lowe… Autant de metteuses en scène qui ont surpris tout le monde en réalisant de véritables perles, mais qui ont pourtant du mal à se faire une place au soleil dans la durée. Et si le nombre de réalisatrices est grandissant, leur difficulté à faire des films se ressent encore largement en festivals, où les longs-métrages réalisés par des femmes restent encore très minoritaires. Donc les choses changent, oui, et c’est génial, mais le combat ne s’arrête pas là !<span id="more-27896"></span></p>
<p><strong>Est-ce propre au genre ou au cinéma en général ? </strong><br />
Je pense que, à grande échelle, le même phénomène est valable pour le cinéma en général. Mais je pense qu’il est spécialement observable dans le cinéma de genre, où il évolue peut-être plus vite. Comme le genre a longtemps été méprisé (et c’est parfois encore le cas), c’est une industrie dont toute une partie s’est construite et continue de se construire sur des tout petits budgets. Et comme toujours, on laisse plus facilement la place aux femmes là où il n’y a pas beaucoup d’argent en jeu, et peut-être aussi des enjeux intellectuels considérés à tort comme moindres. En littérature, il y a aussi toute une époque où les femmes écrivaient beaucoup de romans gothiques ou horrifiques, parce que c’était un genre là aussi méprisé et qu’elles pouvaient donc s’y faire une place sans piquer celle des hommes. La même formule se répète, et les femmes ont fini par trouver dans l’horreur un terrain de jeu qui leur est finalement assez spécifique.</p>
<p><strong>Qu’est-ce que les femmes apportent au cinéma de genre ?</strong><br />
Le cinéma de genre a toujours mis en scène des personnages de femmes centraux, davantage que dans un cinéma plus mainstream. L’une des raisons étant que, dans un cinéma conçu par des hommes, les femmes faisaient office de victimes idéales en tant que sexe dit faible, et qu’elles étaient plus à même de subir les menaces et de susciter l’empathie du spectateur. Mais c’est une conception sexiste à double tranchant, parce que le cinéma de genre a aussi tôt fait de subvertir la figure de la femme innocente et d’en faire tantôt une sorcière, tantôt une prédatrice, tantôt un fantôme vengeur… Support de projection de fantasmes en tout genre, la femme est devenue la star des films d’horreur. Ce n’était qu’une question de temps avant que les femmes passent aussi derrière la caméra pour se réapproprier toutes ces histoires largement fondées sur leur représentation, leur sexualité, leurs oppressions… Aujourd’hui, les metteuses en scène qui font du genre font parfois des films avec un regard qui transparaît comme étant spécifiquement féminin (par exemple avec une manière plus juste et moderne de traiter les violences sexistes), mais elles font aussi parfois des films qui n’ont absolument rien à voir avec le fait d’être une femme. Et tant mieux, elles se contentent de faire des films comme les hommes, sans qu’on ait besoin d’attendre d’elles de prouver qu’elles le méritent davantage.</p>
<p><strong>⁠Vous attendez quoi des années qui viennent ?</strong><br />
Je croise très fort les doigts pour que les Rose Glass, Anita Rocha Da Silveira, Jennifer Kent et toutes les autres réussissent à s’imposer dans l’industrie, continuent à faire des films, et qu’elles entraînent avec elles toute une génération de femmes cinéastes. Et j’attends du milieu du cinéma qu’il leur fasse de la place en salles et en festivals sans qu’il faille attendre des phénomènes Ducournau ou Fargeat pour réaliser qu’elles y ont droit.</p>
<p><strong>⁠Les fantômes au féminin à travers les âges et ce qu’ils disent de notre rapport à la féminité… sujet de la conférence à Gérardmer. Quelques mots sur cela ?</strong><br />
Le fantôme en particulier est une créature fantastique associée au féminin par bien des aspects. Comme je le disais, en tant que sexe faible, les femmes ont beaucoup été mises en scène comme victimes idéales, et il est donc beaucoup question de leur mort dans les films de genre, une mort plus singulière, signifiante et douloureuse que dans les films d’action où les types se canardent par paquets de cinquante. La mort précoce d’une femme est, en fiction (et malheureusement parfois dans la vraie vie), souvent causée par un homme, et on y rattache donc tout un panel de thématiques : l’injustice, la vengeance, le regret… Des sentiments qui vont évidemment nourrir les histoires de hantise. Le fantôme est l’être parfait pour symboliser la culpabilité de personnages masculins qui incarnent, d’une manière ou d’une autre, le patriarcat. C’est pourquoi, dans les films japonais, les fantômes sont souvent des esprits vengeurs féminins qui ont subi un viol, des violences domestiques, un assassinat… Dans la figure du fantôme victorien, on est plutôt sur un écho de la figure de la jeune fille morte telle que l’a sacralisée Edgar Poe : la femme aimée par le narrateur est très jeune, très belle et très fragile. Sa mort (souvent causée par des raisons très floues) est à la fois la chose la plus triste et la plus injuste du monde, mais donc aussi celle qui va susciter les sentiments les plus torturés, et donc les poésies les plus belles. Ces approches sont différentes, mais se ressemblent dans leur manière de parler plus ou moins directement du rapport homme-femme. Bref, il va y avoir beaucoup de choses à raconter pendant cette conférence !</p>
<p><strong>⁠Quelques films auxquels vous ferez référence ?</strong><br />
Je ne peux pas parler pour mes consœurs avec qui nous nous sommes réparti des périodes différentes de l’histoire du cinéma, mais pour ma partie, je mentionnerai les adaptations d’Edgar Poe par Roger Corman, Twixt de Francis Ford Coppola, La Dame en noir… Parce que je vais me concentrer sur le fantôme gothique dans la littérature, et la manière dont il s’est retrouvé au cinéma.</p>
<p><strong>Le Festival de Gérardmer, pour vous ?</strong><br />
Je suis venue pour la première fois il y a deux ans, en tant que marraine du Jury jeunes, et ça a été un super moment. Je rêvais depuis longtemps de découvrir le festival, et j’y ai trouvé tout ce que j’espérais : des films complètement barrés, un public passionné, une petite ville adorable avec des coins où tout le monde se retrouve pour bavarder… Et les membres du Jury jeunes formaient un super groupe, j’ai beaucoup aimé les écouter débattre pour choisir le film à récompenser. Je n’avais jamais fait ça et je suis très heureuse que le festival m’en ait donné l’occasion ! J’espère avoir souvent l’occasion de revenir.</p>
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		<title>Rencontre avec Mathieu Turi et Sébastien Vanicek</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Jan 2024 15:44:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alessandro Rizzo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>

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		<description><![CDATA[Membres du jury longs-métrages du 31<sup>e</sup> Festival de Gérardmer et incarnations du renouveau du cinéma fantastique français, Mathieu Turi et Sébastien Vanicek parlent de leur passion pour le grand cinéma.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Le cinéma dans la peau</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2024/01/vermines-film-1-300x168.jpg" alt="vermines-film-1" width="300" height="168" class="alignleft size-medium wp-image-27862" /><strong>Membres du jury longs-métrages du 31<sup>e</sup> Festival de Gérardmer et incarnations du renouveau du cinéma fantastique français, les réalisateurs Mathieu Turi et Sébastien Vanicek nous parlent de leur passion pour le grand cinéma.</strong></p>
<p><strong>Vous êtes les deux spécialistes du cinéma de genre du jury cette année. Une forme de reconnaissance de votre travail ?</strong></p>
<p><strong>Sébastien Vanicek : </strong>Mathieu a déjà trois films, moi un. Je débarque donc. Sinon, regarder des films grandioses et décerner des prix, je trouve ça plutôt particulier vu que j’ai un film qui est actuellement en exploitation (<em>Vermines</em>). Je le prends effectivement comme une reconnaissance et une marque de confiance de la part de mes pairs. Mais, même si j’en suis très honoré, j’ai encore un petit travail de légitimité à faire…</p>
<p><strong>Mathieu Turi : </strong>Ce que je trouve très intéressant, c’est justement qu’on soit deux réalisateurs de genre parmi d’autres personnes qui ne viennent pas de cette culture. Nous avons dix films de genre à voir, j’avais hâte de connaître leur regard sur le genre et qu’on mélange nos points de vue. En tant que juré et cinéaste, je préfère être dans l’émotion que dans l’analyse. C’est une démarche assez spéciale de se retrouver du côté du jugement alors qu’on déteste qu’on juge nos films, surtout de façon non constructive.</p>
<p><strong>Compte tenu de ses évolutions, quelle serait aujourd’hui votre définition du cinéma de genre ?</strong></p>
<p><strong>MT : </strong>Pour moi, ça ne veut pas dire grand-chose. Même si je crois qu’en France quand on parle de film de genre, on pense en priorité au cinéma fantastique et d’horreur. Mais là aussi, c’est très large parce qu’on peut y mettre à la fois un slasher dont le seul but est de faire flipper et un film fantastique poétique. <span id="more-27860"></span></p>
<p><strong>SV : </strong>Je préfère parler de cinéma genré. Selon sa sensibilité, on peut filmer de façon genrée ou réaliste. La différence vient de là où on place la caméra. Pour ma part, j’ai réalisé plusieurs courts-métrages qui ont tout de suite été classés comme films de genre alors qu&#8217;on n&#8217;y trouve aucun élément fantastique. En revanche, ils expriment tous ma volonté de faire vibrer les spectateurs par le son et l’image. C’est cette approche physique presque organique qui représente le cinéma que je veux faire.</p>
<p><strong>À quand remonte votre passion pour le cinéma fantastique ? </strong></p>
<p><strong>MT : </strong>Ce sont deux moments différents. Ce n’est ni <em>The Thing</em> de Carpenter, qui est sans doute le premier film que j’ai vu de ma vie quand j’étais enfant, ni même un autre film d’horreur, mais le making-of de <em>Braveheart</em> de Mel Gibson qui m’a vraiment donné envie de faire du cinéma. Ma pulsion de cinéma n’est donc pas synchro avec ma rencontre avec l’horreur. Les films communiquent toujours avec nous d’une façon totalement imprévisible.</p>
<p><strong>SV : </strong>Ça n’a pas été automatique pour moi d’aller sur le fantastique et le film d’horreur. Mais il faut reconnaître que le film d’horreur est une opportunité pour beaucoup de réalisateurs qui n’ont pas de moyens mais qui veulent faire ressentir des choses fortes aux spectateurs. C’est une belle porte d’entrée pour débuter. C’est le lieu des hauts concepts qui tiennent en trois lignes. En réalité, j’aime le cinéma tout court. C’est Ridley Scott qui m’a donné cette envie de cinéma. De <em>Gladiator</em> à <em>Alien</em>, c’est un immense réalisateur qui explore tous les genres et qu’on ne peut résumer à cette appellation.</p>
<p><strong>MT : </strong>Même si je réalise des films de création d’univers où la mise en scène est très typée, ça ne veut pas dire que je ne peux pas être bouleversé par un film qui mise tout sur ses dialogues. Comme beaucoup de gens qui font du cinéma, je suis un fan absolu de Spielberg qui est capable de raconter des choses insensées avec sa caméra. La preuve avec <em>The Fabelmans</em> dont le dernier plan raconte à lui tout seul une carrière entière. Cette mise en abyme ultime méritait à elle seule un oscar. Plus que le genre, c’est ce cinéma qui m’intéresse. Évidemment, je mets aussi Ridley Scott dans le même panier !</p>
<p><strong>Vous êtes deux représentants de la nouvelle vague du film d’horreur français. Qu’est-ce qui vous rapproche et/ou vous sépare de celle des French Frayeurs des années 2000 ?</strong></p>
<p><strong>SV : </strong>Depuis mes débuts, je fais des films avec la même équipe et sans le moindre soutien dans le milieu du cinéma. Tout au plus, Alexandre Aja est venu nous voir pour nous féliciter de faire un film d’araignée en France ! En réalité, j’ai juste fait le film que j’avais envie de voir en salle. Si on veut me caser dans une nouvelle génération, tant mieux pour le cinéma français mais moi je ne me sens appartenir à rien du tout.</p>
<p><strong>MT : </strong>C’est vrai qu’il se passe effectivement quelque chose depuis <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/grave-julia-ducournau/" title="Grave, de Julia Ducournau">Grave</a></em>. Mais c’est très différent de la vague des French Frayeurs qui était avant tout une initiative de la part de Canal+, qui ouvrait alors une fenêtre de production aux réalisateurs de cinéma d’horreur et fantastique. Au contraire, tous les films de genre sortis depuis 2016 ont tous des parcours extrêmement différents et ont surtout été financés par de l’argent privé. C’est cette diversité et le fait qu’on soit toutes et tous arrivés au même moment qui fait qu’on ne se sent pas appartenir à une vague mais plutôt à une époque.</p>
<p><strong>Comment réalise-t-on un film à petit budget ?</strong></p>
<p><strong>SV : </strong>Avant tout, il faut avoir envie de se bagarrer et se préparer à faire avec très peu. Pour y arriver, il faut être apte, flexible et surtout savoir s’entourer des bonnes personnes, ce qui permet de faire plus de choses en moins de temps. Il ne faut pas avoir peur d’être fatigué et stressé. Sans budget, le niveau d’exigence physique et mentale est encore plus fort. Contrairement à une grosse production, on n’a pas les moyens de reporter ou de retourner une séquence ratée. On n’a pas le choix, il faut viser juste !</p>
<p><strong>MT : </strong>Moi aussi, j’ai commencé sans connaître personne dans le milieu. De toute façon, faire du cinéma est tellement difficile&#8230; Ma méthode est de lancer pleins de projets en même temps et de voir ce qui prend. Si on se met à calculer en se mettant sur un projet uniquement parce qu’il est dans l’air du temps, généralement ça capote. On passe énormément de temps sur nos films, deux ans, parfois trois ou plus dans le cas d’un premier long, alors autant les aimer comme nos enfants.</p>
<p><strong>La sortie en salle est-elle à chaque film un objectif ? Quel regard portez-vous sur les plateformes de streaming ?</strong></p>
<p><strong>MT : </strong>Au moment du Covid, tout le monde s’est sans doute emballé un peu trop vite en affirmant que le streaming allait détruire la salle. Finalement, on s&#8217;aperçoit que ça n’a pas été le cas. En revanche, on constate aujourd’hui que le public a des envies de fraîcheur en allant vers d’autres propositions de cinéma. La preuve en est avec l’échec, relatif, des blockbusters Marvel au profit de films plus personnels comme <em>Barbie</em> et <em>Oppenheimer</em>. Moi, je n’oppose pas salle et plateforme. Je trouve au contraire que les plateformes ouvrent de nouvelles opportunités de financement. Je rappelle que nos deux films ont été financés par des plateformes. En France, on a la chance d’avoir réussi à les intégrer au financement du cinéma. Et je tiens aussi à dire qu’elles permettent d&#8217;amener la culture à des gens qui n’ont pas forcément les moyens d’aller voir trente films par an en salle.</p>
<p><strong>SV : </strong>En France, comme on n’a pas de système de studio, ça reste toujours difficile de monter un film sans le CNC ni Canal+, qui ne donne plus autant qu’avant. Dans ces conditions, les plateformes nous sauvent. Par exemple, sans Netflix, je n’aurais jamais pu faire <em>Vermines</em>. Aujourd’hui, elles affichent clairement leur volonté de faire des films qui sortent en salle. Tout en sachant qu’un film comme le mien actuellement à l’affiche sera vraiment rentable à partir de sa diffusion en streaming. La chronologie des médias actuelle jouant en notre faveur.</p>
<p><strong>MT : </strong>Concernant la chronologie des médias, on peut sans doute affiner encore certaines choses mais il faut reconnaître qu’elle protège ce qu’il y a à protéger. Elle s’est raccourcie et bien adaptée aux évolutions de l’époque. Sinon, je tenais à dire que nous sommes la preuve que les plateformes aident à faire des films.</p>
<p><strong>Quel film imaginez-vous réaliser dans 20 ans ?</strong></p>
<p><strong>SV : </strong>Sans hésiter, un film d’époque, un péplum ou une fresque historique avec des milliers de figurants en costume. C’est ça pour moi le cinéma. Ça me fait rêver !</p>
<p><strong>MT : </strong>Je crois alors qu’on a le même ! J’aimerais tellement adapter <em>La Religion</em>, le fantastique roman historique de Tim Willocks sur le siège de Malte par les Ottomans en 1565. J’espère y arriver un jour. Des costumes, des décors, du son, de l’image, de l’ampleur, une dimension épique… Voilà tout ce qui me fait vibrer.</p>
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		<title>Roger Corman / Edgar Allan Poe : les maîtres de l’horreur</title>
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		<pubDate>Mon, 24 Apr 2023 10:38:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[adaptation]]></category>
		<category><![CDATA[Edgar Allan Poe]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>

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		<description><![CDATA[Faire d&#8217;une pierre deux coups, est-ce possible ? Oui. Pour cela il faut se procurer le coffret Edgar Allan Poe par Roger Corman chez Sidonis Calysta où l’on découvre tout...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2023/04/malediction-arkham-vincent-price-roger-corman-300x168.jpg" alt="La Malédiction d&#039;Arkham" width="300" height="168" class="alignleft size-medium wp-image-27853" /><strong>Faire d&#8217;une pierre deux coups, est-ce possible ? Oui. Pour cela il faut se procurer le coffret <em>Edgar Allan Poe</em> par Roger Corman chez Sidonis Calysta où l’on découvre tout le savoir-faire d’un génie du septième art. Roger Corman, capable de réaliser 8 films originaux (entre 1960 et 1964) dans les mêmes décors, transcende les écrits fantastiques d’un maître de la littérature gothique, Edgar Allan Poe. Voici la revue de 4 films, juste pour vous mettre l’eau à la bouche.</strong></p>
<h2><em>La Tombe de Ligeia </em></h2>
<p><em>La Tombe de Ligeia</em> clôt le cycle Edgar Allan Poe dirigé par Roger Corman. Quelques mois plus tôt, le public tremblait devant <em>Le Masque de la mort rouge</em> (septième film de la série), magnifique film de studio dominé par l’acteur fétiche du maître, le sourcilleux Vincent Price. Quel bonheur de profiter du savoir-faire d’un géant du cinéma américain, et ce dans une version ultra-soignée !<br />
<em>La Tombe de Ligeia</em> raconte le désespoir de Verden Fell après la mort de sa femme. Inconsolable, l’aristocrate hante son abbaye, le cœur brisé. Un jour de chasse, il rencontre Lady Rowena Trevanion de Tremaine qu’il décide d’épouser. Les époux convolent en justes noces, mais dès leur retour, le chagrin l’emporte sur le bonheur. Les souvenirs ne s’effacent pas.<br />
Roger Corman a tourné ce huitième et dernier opus en extérieur. Les couleurs pastel de la campagne anglaise s’opposent à la violence des sentiments. Corman suggère, dévoile à peine. La terreur règne. Nous sommes charmés et épouvantés. Lunettes de soleil sur le nez, Vincent Price cabotine en cachette. Il a le look, coco. Chez Corman, le gothique a de la tenue. <span id="more-27851"></span></p>
<h2><em>Le Masque de la mort rouge</em></h2>
<p>Le Prince Prospero, grand adorateur de Satan, décide de s’enfermer dans son château à l’abri de la maladie. Au dehors sévit une épidémie de peste qui décime la population. Son goût pour le sang et les plaisirs interdits font de lui une figure redoutée des villageois. On craint son courroux et sa folie. Indifférent aux malheurs du monde, Prospero organise une fête qui sera le point d’orgue de sa dévotion exacerbée pour le maître des ténèbres. Un mystérieux étranger rôde par delà les forêts. On lui prête de donner la mort.<br />
En réalisant <em>Le Masque de la mort rouge</em>, Roger Corman signe l’une des plus belles adaptations d’une nouvelle d’Edgar Allan Poe. Vincent Price incarne le mal avec tant de conviction qu’il fout le trouillomètre à zéro. Tout du long, un sale goût vous pourrit l’haleine. Tout est malsain. Transposée à l’écran, l’œuvre de Poe est puissante et dérangeante comme peuvent l’être les écrits de Lovecraft. Avec trois francs six sous, Roger Corman sait mieux que quiconque utiliser les moyens qui sont à sa disposition pour transposer sur un écran les belles lettres. Une réussite totale. </p>
<h2><em>L’Enterré vivant </em></h2>
<p>Troisième aventure de Roger Corman au pays d’Edgar Allan Poe. Le film suit le parcours d’un homme qui peu à peu sombre dans la folie. Il ne faut pas être « Grand Clair » pour deviner que la plus grande peur du héros, celle d’être enterré vivant, pourrait être exaucée s’il ne prend pas garde. L’intérêt du film, outre son incroyable beauté plastique, reste d’observer les réactions et les desseins des personnages secondaires ; entre la pitié et l’envie. Le bonhomme possède une belle fortune. <em>L’Enterré vivant</em> est un bonheur pour les yeux. Vincent Price n’est pas du projet mais Francis Ford Coppola assiste Corman à la réalisation. </p>
<h2><em>La Malédiction d’Arkham</em></h2>
<p><em>La Malédiction d’Arkham</em> est la sixième des huit adaptations du cycle Poe sauf que : sauf que de Poe il ne reste plus que le titre d’un poème, <em>The Haunted Palace</em>.<br />
Bref, il s’en passe de drôles aux pays du ciné bricolo. <em>The Haunted Palace</em> en VO n’est rien d’autre que l’adaptation cinématographique d’un chef-d’œuvre de la littérature d’horreur, <em>L’Affaire Charles Dexter Ward</em> d’H.P. Lovecraft. Corman en avait ras la couscoussière de Poe, mais manifestement pas les investisseurs.<br />
Le film est bien loin d’être aussi efficace que le roman. Mais Vincent Price sourcille comme personne. On frôle parfois le n’importe quoi. Mais que c’est beau. Et puis du cinoche comme ça, goupillé avec les tripes, on n&#8217;en fait plus. Rare et indispensable pour tout passionné qui se respecte. </p>
<p><em><a href="https://sidoniscalysta.com/coffrets/1671-coffret-corman-9999-eur.html" title="Coffret Edgar Allan Poe" target="_blank" class="broken_link">Coffret Edgar Allan Poe par Roger Corman disponible chez Sidonis Calysta</a></em></p>
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		<title>Rencontre avec Jaume Balagueró</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Jan 2023 17:11:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>

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		<description><![CDATA[Après un début de 30e Festival du film fantastique de Gérardmer un peu timide en terme d'entrain cinématographique, la projection hors compétition du nouveau long-métrage de...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2023/01/venus-jaume-balaguero-211x300.jpg" alt="Venus, de Jaume Balaguero" width="211" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-27830" />Après un début de <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/1994-2023-30-ans-festival-film-fantastique-gerardmer/" title="1994-2023 : le Festival de Gérardmer, un grand parmi les grands">30e Festival du film fantastique de Gérardmer</a> un peu timide en terme d&#8217;entrain cinématographique, la projection hors compétition du nouveau long-métrage de Jaume Balagueró, <em>Vénus</em>, a remis un peu de baume au coeur des festivaliers. Film d&#8217;action rondement mené, récit horrifique savamment maîtrisé, déluge d&#8217;hémoglobine cathartique, actrices au top : si <em>Vénus</em> avait fait partie de la compétition du Festival de Gérardmer, nul doute qu&#8217;il en serait reparti avec quelques récompenses. Une petite piqûre de rappel de l&#8217;immense talent de celui qui fut, aux côtés de Paco Plaza, Alex de la Iglesia et Juan Antonio Bayona, l&#8217;un des fers de lance du renouveau du cinéma fantastique espagnol il y a de ça une vingtaine d&#8217;années. On n&#8217;a donc pas boudé l&#8217;occasion de le rencontrer, même si, emploi du temps de festival oblige, le moment fut trop court.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Vous avez gagné 11 prix à Gérardmer, vous avez été président du jury. Cette année le Festival vous rend hommage, et vous présentez un nouveau film, <em>Venus</em>… Que vous évoque Gérardmer, après tout ce temps ?</strong></p>
<p>C’est toujours très émouvant de revenir à Gérardmer, parce que j’y ai vécu des choses très intenses. Que ce soit lorsque je présentais un film ou en tant que président du jury, les gens que j’ai rencontrés, les réactions du public, dans cette ville que j’adore, ce sont des souvenirs que je vais garder à jamais. Je n’ai jamais rien vécu de négatif à Gérardmer… Ah si ! Une chose ! La fois où j’étais venu avec Paco Plaza, on est allés skier, c’était la première fois que Paco skiait, et il n’y arrivait pas. J’essayais de lui apprendre mais il tombait tout le temps ! Alors on est rentrés… C’est la chose la plus horrible que j’ai vécue ici !</p>
<p><strong>Votre précédent film, <em>Braquage final</em>, était un film d’action. Avec <em>Vénus</em>, vous revenez au fantastique, votre genre d’origine. Ca vous avait manqué ?</strong></p>
<p>Ce n’est pas qu’il me manque, mais le fantastique fait partie de mon ADN, c’est toujours un plaisir d’y revenir. D’ailleurs, je crois que <em>Vénus</em> est un film très proche de ceux de mes débuts. <span id="more-27814"></span></p>
<p><strong>Dans quel sens ?</strong></p>
<p>Thématiquement. Quand je regarde certaines séquences de <em>Vénus</em>, je pense à <em>La Secte sans nom</em>, à <em>Darkness</em>. C’est plus sophistiqué, plus évolué, mais il y a quelque chose de commun entre ces films. </p>
<p><strong><em>Vénus</em> est inspiré d’une nouvelle de Lovecraft ?</strong></p>
<p>Un peu inspiré, oui. Il y a cette nouvelle de Lovecraft, <em>La Maison de la sorcière</em>. Dedans on y trouve une maison, des sorcières, et cette « horreur cosmique » typiquement lovecraftienne. Vénus raconte une histoire très différente, très contemporaine, celle d’une gogo dancer qui vole de la drogue à des trafiquants. Elle est découverte et s’échappe. Elle se réfugie dans la maison de sa sœur, une maison qui cache des choses vraiment terrifiantes. Il y a donc deux histoires d’horreur qui se rejoignent : un récit d’action avec les trafiquants de drogue, et un récit surnaturel dans la maison.</p>
<p><strong>Qu’est-ce qui vous fascine tant dans les histoires de sorcières et de religion ?</strong></p>
<p>Je suis très attiré par tout ce qui a à voir avec les icônes de la religion catholique. Ses représentations. C’est à la fois fascinant et effrayant, pour moi. Je ne suis pas quelqu’un de religieux, j’entre dans les églises non par foi mais parce que j’aime beaucoup l’ambiance. Je crois qu’il y a quelque chose de tout ça dans mes films. Le surnaturel, l’obscure de la religion, c’est très intéressant.</p>
<p><strong>Quelle évolution voyez-vous dans le cinéma depuis vos débuts ?</strong></p>
<p>C’est difficile de répondre… Si tu pars dans un autre monde quinze ans et que tu rentres sans avoir vu aucun film, tu vas forcément voir la différence. Sinon, non. Bien sûr, il y a une évolution. La narration a changé ; le rythme a évolué, parfois d’une façon un peu incontrôlée. Mais ce n’est pas lié qu’au cinéma lui-même, c’est aussi lié à ce qui nous entoure. Les nouvelles technologies, les plateformes de streaming… Les jeunes ont besoin d’un rythme très intense. Ce n’est peut-être pas une bonne chose, mais seul l’avenir le dira.</p>
<p><strong>Et dans votre cinéma ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2023/01/itw-jaume-balaguero-gerardmer-2023-300x225.jpg" alt="rencontre avec Jaume Balaguero" width="300" height="225" class="alignleft size-medium wp-image-27831" />Même si je ne suis pas toujours d’accord avec cette évolution incontrôlée, je suis une partie de ce monde. Moi aussi, je suis une victime de tout ça. Donc oui, mes films aussi ont changé de rythme, mais comme j’ai une façon très personnelle de raconter des histoires, peut-être que cette évolution est moins visible dans mes films.</p>
<p><strong>Beaucoup de films espagnols sortent directement sur les plateformes de streaming, désormais. Que pensez-vous de ce nouveau modèle ?</strong></p>
<p>Je crois que les plateformes sont devenues des refuges pour le cinéma en général. Parce que les salles ne marchent pas vraiment. Les gens vont très peu au cinéma désormais, donc si on pense à l’avenir du cinéma, on doit penser à l’avenir des plateformes. Moi, j’adore l’expérience de la salle de cinéma. Quand je fais un film, je pense toujours à la salle qui va le projeter. Mais l’économie fait que l’on doit désormais penser aux plateformes quand on réalise un film.</p>
<p>&nbsp;<br />
Vénus<em>, de Jaume Balagueró avec Ester Expósito, Ángela Cremonte, Magüi Mira, Fernando Valdivielso&#8230; Espagne, 2022.</em></p>
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		<title>La Pietà, d&#8217;Eduardo Casanova</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Jan 2023 10:01:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[comédie]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[festival]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
		<category><![CDATA[Pedro Almodovar]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<h2>Rien sans ma mère</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2023/01/La-Pieta-300x201.jpeg" alt="La Pietà, d&#039;Eduardo Casanova" width="300" height="201" class="alignleft size-medium wp-image-27824" /><strong>De la dictature domestique d’une mère possessive à la tyrannie politique d’un dirigeant nord-coréen, il n’y avait qu’un pas que l’Ibère séditieux Eduardo Casanova franchit avec une réjouissante extravagance dans <em>La Pietà</em> : une fable trash et libertaire sur l’obsession du pouvoir et la soumission. </strong></p>
<p>Mère toxique, intrusive et castratrice, l’oppressive Libertad – fantastique Ángela Molina (<em>Cet obscur objet du désir</em>,  <em>En chair et en os</em>, <em>Étreintes brisées</em>) ! – préserve son fils Mateo – flegmatique Manel Llunell – du monde extérieur en le gardant maternellement enfermé dans un cocon à l’apparente douceur guimauve. En réalité, une prison rose bonbon qui, lorsque tombe la nouvelle du cancer de Mateo, devient la scène de théâtre suffocante et tragique d’une relation mère-fils aussi destructrice que consentie. Entre complexe d’Œdipe et syndrome de Stockholm&#8230; <span id="more-27818"></span></p>
<p>En 2017, au fil d’un premier long-métrage déjà totalement disjoncté (<em>Pieles</em>), Eduardo Casanova nous plongeait dans un monde surréaliste peuplé de personnages difformes, comédie noire sans concession sur le complexe et l’acceptation de soi. <em>« Une riposte punk, rebelle et violente à la construction sociale et à toute la pression à laquelle la société est confrontée »</em>, avait alors expliqué le jeune réalisateur espagnol. Avec <em>La Pietà</em>, le cinéaste s’entête, nous entraînant à nouveau dans un univers imaginaire où le rose, omniprésent, n’est que l’emballage sucré d’une sombre allégorie acide et violente autour des thèmes de la soumission, du pouvoir et du contrôle absolu. Comme <em>« un coup de sabre dans une jolie pièce montée »</em>, Eduardo Casanova tranche dans le vif des faux-semblants d’une société moderne autoritaire où la <em>« liberté »</em> (<em>« libertad »</em>), incarnée par une figure maternelle au comportement despotique, devient symbole de souffrance et de mort : une Pietà, selon le thème artistique de l’iconographie picturale chrétienne. Mais Eduardo Casanova va plus loin, très loin en associant cette figure maternelle à celle, paternaliste et totalitaire, de Kim Jong-il (oui, oui !). Parallèle pour le moins piquant entre d’un côté cette relation mère-fils maladivement délétère et de l’autre, l’emprise du dictateur nord-coréen sur son peuple. Entre deux mondes où la liberté fait peur. Car c’est bien la question que pose le cinéaste. En nous intimant à tout définir et contrôler – nos vies, nos enfants, nos carrières, notre sexualité&#8230; –, nos sociétés libres ne brouillent-elles pas notre perception de la réalité ? Nos choix nous appartiennent-ils vraiment ou sont-ils les réponses attendues par une dictature invisible aux préceptes moraux prédéfinis ?</p>
<p>Toujours est-il que sa liberté, Eduardo Casanova s’en empare ici avec une énergie folle et jubilatoire, la laissant exploser à l’écran dans un film de genreS où s’entremêlent horreur et mélo, absurde et comédie potache. Où les décors et les costumes aux teintes pastel immaculées contrastent avec la noirceur du malheur et de la souffrance qui frappe cette mère et son grand garçon. Des confessions du réalisateur lui-même, Todd Solondz, Gaspar Noé, David Cronenberg ou encore Douglas Sirk comptent parmi ses influences. Mais on pense surtout ici à l’enfant de la Movida, el maestro Pedro Almodovar, ainsi qu’à John Waters auquel le réalisateur espagnol est souvent associé. Les deux trublions sont d’ailleurs très amis. De quoi faire de <em>La Pietà</em> une sorte de <em>Tout sur ma mère</em> à la sauce <em>Pink Flamingos</em>. Si le film divisera certainement, il nous a en tout cas totalement embarqués, cette <em>Pietà</em> portant en elle une vision qui mérite que l’on y réfléchisse&#8230;</p>
<p>&nbsp;<br />
La Piedad <em>(Pietà), d&#8217;Eduardo Casanova avec Ángela Molina, Manel Llunell, Ana Polvorosa&#8230; Espagnol, Argentine, 2022.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Keith Thomas</title>
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		<pubDate>Wed, 29 Jul 2020 07:57:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[mort]]></category>
		<category><![CDATA[religion]]></category>
		<category><![CDATA[Shoah]]></category>

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		<description><![CDATA[Quand on aime le film de genre, en particulier d’horreur, on se retrouve vite à fouiller les méandres des boutiques spécialisées et des forums du Net en quête DU film, celui qui ne ressemblera pas aux...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Unorthodox</h2>
<p><strong>Ce 29 juillet 2020, quelques semaines après la date initialement prévue par son distributeur Wild Side, sort au cinéma <em>The Vigil</em>. Un premier film horrifique novateur, ambitieux, sincère&#8230; et surtout réellement terrifiant par moments. Bref, une oeuvre qui mérite qu&#8217;on s&#8217;y attarde. Rencontre en terres vosgiennes avec son scénariste-réalisateur Keith Thomas. </strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/07/the-vigil-keith-thomas.jpg" alt="The Vigil, de Keith Thomas" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-27615" />Quand on aime le film de genre, en particulier d’horreur, on se retrouve vite à fouiller les méandres des boutiques spécialisées et des forums du Net en quête DU film, celui qui ne ressemblera pas aux dix regardés le mois précédent, celui qui n’utilisera pas les mêmes ressorts pour susciter effroi et intérêt. On a beau aimer nos classiques et le regain horrifique de ces dernières années, voir des <em>Exorciste</em>-like ou des <em>Insidious</em>-like a tout bout de champ a aussi ses limites. Aussi, sans savoir grand-chose du film, assister en plein <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-horreur-2020/" title="29/01-02/02 : 27e Festival du film fantastique de Gérardmer">Festival de Gérardmer</a> à la projection de <em>The Vigil</em> avait quelque chose de merveilleux. Le premier film de Keith Thomas &#8211; certes non exempt de défauts &#8211; emporte l’adhésion par son originalité et sa maîtrise formelle.<br />
C’est l’histoire de Yakov, jeune adulte qui quitte sa communauté juive orthodoxe new-yorkaise pour se jeter dans le grand bain du monde (celui avec des téléphones portables, de la musique, de la liberté mais aussi de la brutalité et de la solitude) et revient le temps d’une nuit pour une veillée funèbre particulièrement funeste : corps mort sous un drap au milieu du salon, maison aussi mal éclairée que la grotte de Lascaux, vieille veuve sénile, parquet qui craque. Autant d’éléments du patrimoine horrifique qui trouvent ici un enchaînement logique et innovant. <span id="more-27422"></span><br />
Mais, aussi tendu de bout en bout qu’il soit, <em>The Vigil</em> doit surtout énormément à l’écriture du scénario (signé également du réalisateur). Au cinéma, le diable et autres démons sont étroitement liés à la chrétienté et à l’image qu’elle véhicule. Rares sont les films à montrer un autre type de combat face aux forces infernales. En plaçant son récit au sein d’une communauté juive, avec ses propres superstitions, ses propres peurs et ses propres exorcismes, <em>The Vigil</em> surprend autant qu’il terrifie.<br />
Autant de bonnes raisons de rencontrer Keith Thomas au sortir de cette projection du Festival de Gérardmer 2020 – festival pré-COVID on vous le rappelle, et aussi pré-<em>Unorthodox</em>, l’excellente mini-série de Maria Schrader disponible sur Netflix.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong><em>The Vigil</em> est un film d’horreur, mais c’est aussi un film sur une communauté… C’est votre histoire ?</strong></p>
<p>Une partie de ma famille éloignée est hassidique. Ma mère est juive, je suis donc juif, mais mon père ne l’est pas. J’ai grandi dans un milieu assez laïque, hors de la vie religieuse. Ma mère s’est rapprochée plus tard de la religion. C’est à ce moment-là que j’ai moi-même commencé à explorer la religion et à me documenter. J’ai toujours été fasciné par la théologie – l’étude des textes religieux –, et je savais que le jour où je me déciderai à réaliser mon premier film d’horreur, j’aurai besoin de parler de quelque chose de personnel, quelque chose que je connaissais, des choses à la fois culturelles et spécifiques. J’ai réalisé qu’il y avait très peu de films d’horreur sur les juifs, et absolument aucun sur cette communauté orthodoxe. Cette communauté ayant beaucoup plus de croyances superstitieuses que la majorité des communautés juives, je me suis dit que ce serait intéressant d’y situer mon film, et de m’intéresser à ces superstitions.</p>
<p><strong>Au début du film, Yakov a quitté la communauté et parle de ses peurs dans ce « nouveau monde ». La religion éloigne-t-elle de la société ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/the-vigil-keith-thomas-dave-davis.jpg" alt="Dave Davis dans The Vigil" title="Dave Davis dans The Vigil" width="280" height="175" class="alignright size-full wp-image-27426" />Dans le cas de ces personnes, oui, c’est évident. Et dans cette scène d’ouverture, toutes les personnes à la table autour de Dave Davis, cet exceptionnel acteur principal qui interprète Yakov, ont vraiment fait partie puis quitté cette communauté. Dans la vraie vie comme dans <em>The Vigil</em>, c’est un genre de groupe de soutien pour ces personnes. La communauté juive orthodoxe, un peu comme la communauté amish, s’est retirée de la société et a ses propres règles, ses propres lois. Ses membres vivent dans la plus grande ville américaine, mais restent pourtant en dehors. C’est étrange, mais c’est comme ça. Et c’est intéressant : les gens qui l’ont quittée et que j’ai rencontrés, étaient excités d’être dehors parce qu’ils avaient accès à plein de choses qu’ils n’avaient pas dans la communauté, comme la technologie, les films, la musique, toutes sortes de nourriture, la possibilité d’explorer la ville… Et en même temps, la communauté leur manquait. La camaraderie leur manquait, le soutien, parce que pour eux, se retrouver dans un monde laïque est très froid, très solitaire. Personne ne vous aidera à payer votre loyer si vous avez du mal, personne ne vous aidera à vous relever si vous tombez… Dans la communauté, personne n’a faim, tout le monde a une maison, on se sent en sécurité. Mais ces gens se sont également sentis trop isolés. Certains sont gays, certains sont des artistes, veulent créer des choses, ce qui n’est pas acceptable là-bas. Ils sont donc partis pour trouver leur propre chemin.</p>
<p><strong>Yakov est dans ce moment où il l’a quittée, mais il n’a pas encore trouvé sa voie…</strong></p>
<p>J’ai pensé que ce serait un intervalle intéressant pour faire vivre le personnage, déchiré entre les deux mondes. C’est toujours intéressant d’avoir quelqu’un qui quitte quelque chose, et qui revient avec un peu de recul. Yakov traverse une crise. Il a un pied dans chaque monde, et doit aussi s’occuper de ses propres problèmes : le traumatisme qu’il a vécu, les raisons qui l’ont poussé à partir : il avait besoin de voir un docteur, de prendre une médicamentation&#8230; Je pensais que le forcer à affronter ce qui cause sa crise donnerait quelque chose d’intéressant. C’était mon point de départ. Je devais commencer avec ce personnage dans cette situation difficile ; c’est un cliché, mais il devait essentiellement affronter ses propres démons, c’est le sujet de <em>The Vigil</em>.</p>
<p><strong>Comment on affronte ses démons, son chagrin ? </strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/the-vigil-dave-davis-shomer-hassidique.jpg" alt="Dave Davis dans The Vigil" title="Dave Davis dans The Vigil" width="280" height="116" class="alignleft size-full wp-image-27427" />Pour moi, la réponse est clairement de passer à travers, d’avancer. The Vigil parle de traumatisme et de la peur qui peut nous habiter. Affronter ses démons, c’est une aventure intérieure. Il n’y a pas de poignard pour le tuer. Le seul moyen est d’affronter ses démons, de prendre ses problèmes à bras le corps.</p>
<p><strong><em>The Vigil</em> réussit à faire peur, sans pour autant utiliser à outrance les jump scares et autres effets horrifiques actuellement à la mode. Comment avez-vous imaginé les moments de peur ?</strong></p>
<p>Je voulais utiliser tous les moyens possibles pour créer la peur. Y compris le jump scare, la musique assourdissante… Mais j’avais effectivement envie d’essayer autre chose, pour donner à voir à l’écran une autre peur. Pour moi, la réussite de l’effet de peur réside dans sa construction. C’est la tension qui la précède qui va produire la peur. J’ai donc essayé de faire traîner la tension longtemps, pour mettre le public mal à l’aise, avant de déclencher l’effet horrifique. Il fallait que le spectateur ait le temps de se mettre à la place du personnage.</p>
<p><strong><em>The Vigil</em> est votre premier film. Comment passe-t-on de la recherche médicale à la réalisation ?</strong></p>
<p>L’envie de raconter des histoires et de réaliser a toujours été là. Déjà à l’école, je publiais des nouvelles, des chroniques ciné, des poèmes. Puis mon travail avec des patients à écouter leur vie, à leur expliquer les protocoles de recherche, a encore stimulé mon imagination. Mes rencontres m’ont beaucoup inspiré pour mes histoires, et enfin pour ce premier film, que je rêvais de réaliser depuis des années.</p>
<p><strong>A votre avis, qu’est-ce qui fait d’un film, un bon film ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/keith-thomas-portrait-c-OlivierVigerie.jpg" alt="Keith Thomas, réalisateur de The Vigil" width="187" height="280" class="alignright size-full wp-image-27424" />Mmmh… Quand j’ai écrit le scénario, on a passé beaucoup de temps en préproduction avec mon directeur photo. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir un bon directeur photo. On a passé beaucoup de temps à imaginer comment on allait tourner les plans, ce qu’allait donner la photo. Mais c’est vraiment le troisième jour de tournage que j’ai réalisé ce que j’étais en train de faire. Parce que je ai écrit <em>The Vigil</em>, j’ai casté les acteurs, j’ai choisi l’équipe, j’ai tout calculé, mais sur le plateau, j’avais beau parler à tout le monde et crier « Action ! », je n’avais pas encore compris ce que fait vraiment un réalisateur. Et donc, ce troisième jour, on installait la cuisine, quand mon directeur artistique m’a amené des cuillères et m’a demandé : <em>« Celle-ci ou celle-là ? »</em> Elles allaient être dans des tiroirs qu’on n’allait jamais ouvrir. Et pourtant j’ai su immédiatement : <em>« Celle-là ! »</em><br />
Je crois que ce que fait le réalisateur, c’est de maintenir la vision du film. C’est avoir le film dans sa tête et être capable de le restituer sur le plateau aussi clairement que possible, pour que dès qu’une question est posée, on puisse répondre immédiatement. Parce que c’est ça, un plateau de tournage : tout le monde posant en permanence des questions. Où est la caméra ? Quelle lentille on utilise ? Où va cette lumière ? Comment je joue cette scène ? Qu’est-ce que je dois porter ? Personne ne connaît la réponse… Tu portes ça. La lumière va là. La caméra ici. On utilise une lentille 15 mm. Tu vas jouer comme ça… Tu dois avoir toutes ces choses en tête et être capable de les reproduire sur le plateau. Je pense – en tout cas dans mon cas – que faire un film sans savoir tout ça a une grande chance de ne pas fonctionner. Parce qu’il n’y a pas de capitaine à bord du navire. Ca ne veut pas dire qu’on doit être un commandant, hurler sur tout le monde et être un connard, ça veut juste dire qu’il faut avoir confiance dans ce qu’on fait, savoir où on va et maintenir le cap.</p>
<p>&nbsp;<br />
The Vigil <em>de Keith Thomas, avec Dave Davis, Menashe Lustig, Lynn Cohen… Etats-Unis, 2019. Sortie le 29 juillet.</em></p>
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		<title>Séries, westerns, horreur, poilade, classiques… N&#8217;en jetez plus, la coupe est pleine !</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/cinema/series-westerns-horreur-classiques-selection-ete-2020/</link>
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		<pubDate>Fri, 26 Jun 2020 09:32:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Douglas Sirk]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
		<category><![CDATA[Tom Selleck]]></category>
		<category><![CDATA[western]]></category>

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		<description><![CDATA[<em>« C'est la crise ! »</em> disait Yves Montand chez Anne Sinclair ; ou plutôt « ché la crije ». Dès lors, il...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>« C&#8217;est la crise ! »</em> disait Yves Montand chez Anne Sinclair ; ou plutôt « ché la crije ». Dès lors, il nous appartient de vous changer les idées, c&#8217;est notre devoir. Nous avons donc sélectionné à votre attention des nouveautés, des œuvres inédites, des grands classiques et des séries cultes. Tout ça pour patienter avant l&#8217;arrivée du Covid-20.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Spécial séries vintage</h3>
<h4><em>Magnum P.I</em> saison 8, un dernier tour et puis s&#8217;en va&#8230;</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/06/magnum-pi-saison-8.jpg" alt="Magnum" width="170" height="250" class="alignleft size-full wp-image-27582" />Depuis quelques mois, nous passons en revue les saisons de la cultissime série <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/magnum-pi-hawai-tom-selleck-john-hillerman-higgins-saison-4-5-dvd/" title="Magnum : retour à Hawaï !">Magnum</a></em> qui, non seulement a marqué les années 1980 mais bénéficie encore aujourd&#8217;hui d&#8217;une aura prestigieuse. <em>Magnum</em>, c&#8217;est un rassemblement d&#8217;icônes et d&#8217;images inoubliables ; un grand détective à moustache ultra-charismatique, une rugissante Ferrari rouge 308 GTB, une majestueuse résidence (malheureusement rasée en 2019 tant elle était bouffée par le salpêtre !), un mystérieux écrivain (Robin Masters), un petit majordome rondouillard et acariâtre, un hélicoptère à bandes « orange jaune et marron », Rick et Terry les deux potes inséparables, un défilé de chemises hawaïennes, les îles d&#8217;Hawaï et le Vietnam en toile de fond… Peu de séries usant d&#8217;un ton et d&#8217;un style mêlant le cool au sérieux peuvent se targuer d&#8217;avoir aussi durablement frappé les esprits ! <span id="more-27579"></span><br />
Cette huitième et dernière saison boucle la boucle. Enfin ! Une boucle que Tom Selleck aurait aimé fermer la saison précédente tant il en a ras la couscoussière de tout ce barnum et de ce personnage qui lui colle à la peau jusqu&#8217;à l&#8217;empêcher de voir sa carrière décoller comme elle le devrait.<br />
Ces 13 épisodes ne sont pas les meilleurs, loin de là, ils sont juste les derniers. Et rien que pour cette raison toute bête, on se sent triste de quitter les copains ! Le succès de <em>Magnum</em> repose en partie sur cet entêtant parfum nostalgique et mélancolique qui hante ses héros comme ses anti-héros, la plupart d&#8217;anciens soldats. D&#8217;ailleurs, le passé, et la peur du passé, s&#8217;invite dans pratiquement tous les épisodes. <em>Magnum</em> n&#8217;est pas une série engagée mais jamais elle n&#8217;évite les sujets brûlants ; les horreurs de la guerre, la corruption, la colonisation et le traitement des insulaires&#8230;<br />
Les dernières minutes du dernier épisode nous laissent sans voix. Magnum nous regarde&#8230; Le rideau est tombé&#8230;<br />
Coffret blu-ray disponible chez Elephant Films.</p>
<h4><em>Tant qu&#8217;il y aura des hommes</em> (1979), mini-série en 3 épisodes avec William Devane, Natalie Wood, Kim Basinger&#8230;</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/06/tant-qu-il-y-aura-des-hommes.jpg" alt="Tant qu&#039;il y aura des hommes" width="165" height="250" class="alignleft size-full wp-image-27583" />Cette série télé est le remake du classique <em>Tant qu&#8217;il y aura des hommes</em> (1953) réalisé par Fred Zinnemann et récompensé par huit Oscars, tiré du roman du même nom sorti en 1951. <em>Tant qu&#8217;il y aura des hommes</em> aborde l&#8217;épineux sujet de la fierté, du courage et du patriotisme en temps de guerre. L&#8217;histoire d&#8217;un soldat qui refuse de remonter sur le ring défendre l&#8217;honneur bafoué de son régiment après avoir blessé, il y a des années de cela, un adversaire. La série dénonce avec virulence la bêtise crasse des hommes bouffés par l&#8217;orgueil et le mépris, où l&#8217;amour-propre importe plus que la raison. Pour la faire courte, cette mini-série classe et rigoureuse n&#8217;a pas à rougir devant son modèle ciné et ne trahit en rien le roman, bien au contraire elle prend le temps de développer les thèmes cher à l&#8217;auteur. Aventure, romantisme, drame, rien ne manque. Comme un écho à <em>Magnum</em>, l&#8217;intrigue se déroule à Hawaï, la veille de Pearl Harbor.<br />
Coffret DVD disponible chez Elephant Films.</p>
<h4><em>Le Courrier du désert</em> (1960) avec Peter Graves</h4>
<p>Dans les années 1850 en Australie, l’émigrant américain Chris Cobb tente d’établir la première ligne de diligences pour transporter des passagers, de l’or et diverses marchandises. Le bush australien sauvage réserve bien des dangers, et il va faire toutes sortes de rencontres&#8230;<br />
Avec ses 34 épisodes, <em>Le Courrier du désert</em> aborde l&#8217;histoire méconnue de la conquête du continent australien par un cow-boy américain. D&#8217;ailleurs, il est parfois difficile de discerner le charme du bush avec le désert américain ! Sans doute la faute au cahier des charges scrupuleux d&#8217;offrir un spectacle universel. Toutefois, le spectacle est bien présent et dépaysant. Cette série âgée de 60 ans séduit par sa patine et son côté inédit. Les mordus de westerns, de chevaux et de courses-poursuites devraient apprécier ! Comprenez par là que c&#8217;est tout de même réservé aux fans du genre en mode hardcore !<br />
Disponible en coffret DVD chez Elephant Films.</p>
<h4><em>Les Bannis</em> (1968) avec Don Murray et Otis Young</h4>
<p><em>Les Bannis</em> s&#8217;inscrit comme une grande série « westernienne » au même titre que <em>Bonanza</em>, <em>Rawhide</em> ou autres <em>The Lone Ranger</em>. On y voit deux chasseurs de primes, à la fin de la guerre de Sécession, contraints de voyager ensemble alors que tout les oppose : l&#8217;un, sudiste, est un ancien aristocrate de Virginie; l&#8217;autre, nordiste, est un esclave affranchi. Les 26 épisodes retracent l&#8217;histoire tragique des Etats-pas-vraiment-Unis durant le XIXe siècle dans ses conflits internes et fratricides, les mêmes qui aujourd&#8217;hui pourrissent la société contemporaine américaine. Ces deux frères qui s&#8217;ignorent mettent en exergue toute la complexité du contexte.<br />
Une chouette découverte.<br />
Disponible en coffret DVD chez Elephant Films.</p>
<h4><em>Les Bleus et les Gris</em> (1982) réalisé par Andrew McLaglen avec Stacy Keach, Gregory Peck…</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/06/les-bleus-et-les-gris.jpg" alt="Les Bleus et les gris" width="247" height="250" class="alignleft size-full wp-image-27584" />Coup de coeur !<br />
Etats-Unis, 1859. La famille Geyser, au Sud, est apparentée à la famille Hale, qui vit au Nord. Sympathisant de la cause abolitionniste, John Geyser rejoint le journal de son oncle Jacob Hale à Philadelphie pour y travailler comme dessinateur de presse. Lorsque la guerre de Sécession éclate en 1861, les membres des deux familles se retrouvent dans des camps opposés, alors que John couvre les différents événements que l&#8217;on suit à travers ses yeux.<br />
Conseil. Appréciez <em>Les Bleus et les Gris</em> comme une immense saga historique et politique au même titre qu&#8217;une grande pièce de Shakespeare et vous serez comblé au centuple. Une telle série, aussi passionnante et soignée, ne se trouve pas sous le sabot d&#8217;un cheval ! Il faut dire qu&#8217;un projet piloté par l&#8217;immense Andrew McLaglen et interprété par une pléiade de stars, c&#8217;est la garantie d&#8217;une certification « Haute Qualité ».<br />
Nous voilà embarqués dans une Amérique déchirée par la haine, qui refuse de chercher les compromis et qui court à sa perte. Qui court à sa perte, enfin, pas pour tout le monde. Nous savons bien que durant les périodes de crise, il y a toujours une poignée d&#8217;hommes et de femmes qui tirent leur épingle du jeu. C&#8217;est cela qu&#8217;évoque <em>Les Bleus et les Gris</em> ; ceux qui prennent l&#8217;Histoire en pleine poire et les autres qui profitent sur le dos de la bête. Loin de tout manichéisme, cette série émet des points de vue sans pour autant asséner des vérités, laissant les spectateurs se faire leur propre opinion.<br />
Disponible en coffret DVD chez Elephant Films.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Du fantastique, de l&#8217;épouvante, de l&#8217;horreur, la vie quoi !<br />
5 films cultes</h3>
<h4><em>Extra Sangsues</em> (1987) réalisé par Fred Dekker avec Tom Atkins, Jason Lively, Steve Marshall…</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/06/extra-sangsues.jpg" alt="Extra-sangsues" width="250" height="141" class="alignleft size-full wp-image-27585" />En 1959, un vaisseau extraterrestre s&#8217;écrase sur terre. La créature qui était à l&#8217;intérieur prend possession d&#8217;un jeune homme. Près de 30 ans plus tard, Chris Romero, étudiant un peu perdu et son ami J.C, découvrent le corps possédé qui revient à la vie…<br />
<em>Extra sangsues</em>, c&#8217;est le film de Fred Dekker (grand complice du producteur/scénariste/réalisteur Shane Black), un mordu de cinéma. Cette fantaisie fantastique bourrée de références aux grands cinéastes de genre lorgne vers John Carpenter et Joe Dante et peut-être davantage vers Joe Dante pour son côté entertainement.<br />
C&#8217;est drôle, c&#8217;est con, c&#8217;est crade, c&#8217;est bien troussé, c&#8217;est irrévérencieux, bref, c&#8217;est le film d&#8217;un passionné de cinéma et ceci explique peut-être cela.<br />
Disponible en DVD et blu-ray chez Elephant Films.</p>
<h4><em>La Vallée de la mort</em> (1982) réalisé par Dick Richards avec Paul Le Matt, Catherine Hicks…</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/06/vallee-de-la-mort.jpg" alt="La Vallée de la mort" width="250" height="141" class="alignleft size-full wp-image-27586" />Après le divorce de ses parents, Billy, un jeune garçon, part en périple dans la vallée de la Mort avec sa mère et son nouveau petit ami. Pendant le voyage, l&#8217;enfant va découvrir dans une caravane un drôle de pendentif. Le cauchemar peut commencer&#8230;<br />
<em>La Vallée de la mort</em> est l&#8217;un de ces petits films d&#8217;épouvante qui reste longtemps en mémoire parce qu&#8217;il titille la rétine. L&#8217;utilisation des décors naturels et de la lumière extérieure de manière à rendre l&#8217;environnement constamment hostile contribue à renforcer ce sentiment d&#8217;inquiétude, quasi de peur panique. Le soleil écrasant, les ombres et la poussière semblent abriter un cortège d&#8217;entités démoniaques. Comme quoi, il en faut peu pour devenir paranoïaque. Cette chasse à l&#8217;homme qui va à l&#8217;essentiel est une franche réussite.<br />
Disponible en DVD et blu-ray chez Elephant Films.</p>
<h4><em>La Ferme de la terreur</em> (1981) réalisé par Wes Craven avec Maren Jensen, Sharon Stone, Ernest Borgnine&#8230;</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/06/ferme-de-la-terreur.jpg" alt="La Ferme de la terreur" width="250" height="141" class="alignleft size-full wp-image-27587" />Coup de coeur !<br />
A la suite de la mort suspecte de son mari, Martha Schmidt est témoin de phénomènes inexpliqués et effrayants. Or à proximité de chez elle, une étrange communauté religieuse, les hittites, est installée. Ces derniers vivent en autarcie et refusent toute technologie moderne, y voyant des manifestations du Démon.<br />
Un film de Wes Craven, ce n&#8217;est pas n&#8217;importe quoi. Un bon cru de Wes Craven, c&#8217;est encore moins n&#8217;importe quoi ! Si <em>La Ferme de la terreur</em> s&#8217;est fait défoncer à sa sortie, le public l&#8217;a par la suite plébiscité à la grande époque des vidéoclubs pour l&#8217;inscrire comme un modèle du genre. Le cinéaste joue des rapports et des ambiguïtés entre une communauté religieuse et les habitants de la société villageoise. Les deux clans, qui se frottent et se provoquent sans cesse, enfantent le démon. Le Mal naît du chaos. Le film n&#8217;est rien de moins qu&#8217;une parfaite allégorie de nos sociétés qui ne se supportent plus et qui obstinément refusent de se comprendre.<br />
Interprétation, mise en scène, rythme, c&#8217;est un régal.<br />
Disponible en DVD et blu-ray chez Elephant Films.</p>
<h4><em>Le Beau-père</em> (1987) réalisé par Joseph Ruben avec Terry O&#8217;Quinn, Jill Schoelen, Shelley Hack…</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/06/le-beau-pere.jpg" alt="Le Beau-père" width="198" height="250" class="alignleft size-full wp-image-27588" />Un homme tue toute sa famille et se prépare à en rejoindre une autre.<br />
Le film est aussi simple et efficace que son synopsis. On est tendus de la première à la dernière seconde. La mise en scène au cordeau, le rythme et l&#8217;interprétation de Terry O&#8217;Quinn font de ce thriller une référence du genre. Spécialiste de la série B, Joseph Ruben (<em>Les Nuits avec mon ennemi</em>, <em>Money Train</em>&#8230;) sait comment rendre ses films ultra-efficaces. Ça se voit et ça se sent ! Ce qu&#8217;il y a de plus génial dans <em>Le Beau-père</em>, c&#8217;est que l&#8217;on sait qui est qui et qu&#8217;en même temps, on ne sait rien du tout ! C&#8217;est bonnard. Point barre !</p>
<h4><em>Le Beau-père 2</em> (1989) réalisé par Jeff Burr avec Terry O&#8217;Quinn, Meg Foster…</h4>
<p>Attention spoiler !<br />
Jerry Blake s&#8217;est échappé de l&#8217;asile et arrive dans une nouvelle ville où il devient conseiller matrimonial. Il s&#8217;immisce dans la famille de Carol Graylan, récemment divorcée et mère d&#8217;un petit garçon. Blake, qui se fait appeler Gene Clifford, et Carol pensent à se marier jusqu&#8217;au jour où l&#8217;ex de cette dernière tente de la reconquérir et que sa meilleure amie découvre la vérité sur l&#8217;identité de son prochain mari&#8230;<br />
Ce second opus ne démérite pas. L&#8217;effet de surprise est un poil éventé.<br />
Disponible en DVD et blu-ray chez Elephant Films.</p>
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<h3>Comédie, comédie, comédie !</h3>
<h4><em>Une baraque à tout casser</em> (1986) réalisé par Richard Benjamin avec Tom Hanks, Alexander Godounov, Shelley Long…</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/06/une-baraque-a-tout-casser.jpg" alt="Une baraque à tout casser" width="250" height="173" class="alignleft size-full wp-image-27589" />Jeune couple dans la fleur de l’âge, Walter et Anna cherchent à s’installer. Ils décident d’acquérir une vieille maison qui, en apparence, semble en bon état. En apparence seulement, car sitôt après avoir emménagé, tout s’écroule littéralement. Commence alors un long calvaire pour remettre la maison d&#8217;aplomb…<br />
<em>Une baraque à tout casser</em> est le remake réussi de <em>Un million clé en main</em>, comédie avec Cary Grant sortie en 1948. Durant 90 minutes (et sans temps mort), nous suivons les déboires de Walter et Anna, heureux propriétaires d&#8217;une immense résidence pourrie du sol jusqu&#8217;au plafond, qui subissent avec une patience redoutable un défilé de plombiers, d&#8217;électriciens et autres artisans du bâtiment tous plus maladroits les uns que les autres. Les catastrophes et les gags s’enchaînent que le générique de fin défile déjà sous nos yeux embués par les larmes de rire. Cette production Amblin chapeautée par Steven Spielberg est réglée comme du papier à musique. Il faut dire qu&#8217;avec Richard Benjamin à la mise en scène (acteur et réalisateur rompu à la comédie), le grand Michel Colombier à la musique et les potes de Spielberg à tous les postes techniques, Amblin a mis les petits plats dans les grands. <em>Une baraque à tout casser</em>, c&#8217;est franchement chouette !<br />
Disponible en DVD et blu-ray chez Elephant Films.</p>
<h4><em>Les Voisins</em> (1981) réalisé par John G. Avildsen avec John Belushi, Dan Aykroyd, Cathy Moriarty&#8230;</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/06/les-voisins.jpg" alt="Les Voisins" width="250" height="159" class="alignleft size-full wp-image-27590" />La vie paisible de la famille Keese est troublée par l&#8217;arrivée d&#8217;un couple atypique, le gros et bonhomme Vic et la sulfureuse Ramona.<br />
Attention comédie ultra-rarissime ! Autant <em>Une baraque à tout casser</em> fait encore les beaux jours des chaînes de la TNT française autant <em>Les Voisins</em> n&#8217;a jamais connu l&#8217;honneur des écrans français quels qu’ils soient. L&#8217;idée principale du film, qui tient seulement à l&#8217;affrontement sur une nuit (comme <em>After Hours</em> sortie la même année) d&#8217;un couple bien rangé aux prises avec deux voisins envahissants, ne vaut que par la puissance de ces deux cintrés du bocal que sont Aykroyd et Belushi. Derrière les deux zozos, Kathrin Walker et Cathy Moriarty semblent un poil à la rame. D&#8217;ailleurs, en parlant de rames, John G. Avildsen (réalisateur du chef-d’œuvre <em>Rocky</em> &#8211; et <em>Rocky 5</em> &#8211; et de la saga <em>Karate Kid</em>, entre autres) qui met tout ce barnum en scène en usera des paires, le pauvre, car s&#8217;il faut bien un cinéaste de cette trempe pour diriger, maîtriser et modérer John Belushi et Dan Aykroyd connus pour leur caractère, leurs frasques et leur consommation de produits illicites, nous sommes loin d&#8217;imaginer le tournage cauchemardesque qu&#8217;a du endurer le bonhomme, menacé constamment par Belushi d&#8217;être remplacé au pied levé par John Landis (qui à cette époque bossait sur <em>Le Loup-garou de Londres</em> et n&#8217;avait strictement rien à battre de ce film!). Reste une comédie en huis clos d&#8217;une bizarrerie absolue et en totale roue libre ! John Belushi, qui trouvera la mort quelques mois plus tard, livre une prestation de folie !<br />
Disponible en DVD et blu-ray chez Elephant Films.</p>
<h4><em>Mad Dog and Glory</em> (1993) réalisé par John McNaughton avec Bill Murray, Robert De Niro, Uma Thurman, David Caruso…</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/06/mad-dog-glory.jpg" alt="Mad Dog and Glory" width="250" height="139" class="alignleft size-full wp-image-27591" />Wayne Dobie, surnommé Mad Dog (« flingueur »), est un photographe de la police de Chicago. Présent lors d&#8217;un hold-up, il sauve la vie d&#8217;un parrain du crime, Frank Milo. En signe de gratitude, Milo veut montrer son amitié à Wayne, en lui offrant Glory, l&#8217;une de ses « employées », avec pour mission de ne pas revenir trop vite ce qui serait signe d&#8217;échec de cette offre. Wayne accepte au moins de la loger sous son toit pour qu&#8217;elle ne soit pas maltraitée, mais les choses ne vont pas en rester là.<br />
Dans <em>Mad Dog and Glory</em>, les rôles sont inversés. Bill Murray incarne le sombre mafieux et Bob De Niro la figure d&#8217;autorité. Ce choix désarçonnant brouille les cartes mais pas l&#8217;écoute. John McNaughton, rodé aux thrillers horrifiques (<em>Henry, portrait d&#8217;un tueur en série</em>, <em>Sexcrimes</em>…), pond un thriller en forme de comédie ou peut-être bien une comédie en forme de thriller. Il en résulte que chacun joue une drôle de partition. <em>Mad Dog and Glory</em> résonne, comme <em>La Valse des pantins</em> résonnait quelques années plus tôt, sur un ton décalé. Martin Scorsese est à la production, ce qui explique peut-être cela. Voilà un film inclassable !<br />
Disponible en DVD et blu-ray chez Elephant Films.</p>
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<h3>Et puis revoilà Douglas Sirk…</h3>
<h4><em>Qui a donc vu ma belle ?</em> (1952) avec Rock Hudson, Charles Coburn, Piper Laurie…</h4>
<p><em>Qui a donc vu ma belle ?</em> concentre à peu près toutes les obsessions de Douglas Sirk ; la petite société bourgeoise américaine dans la tranquille ville de province. Le cinéaste s&#8217;applique avec l&#8217;entrain qu&#8217;on lui connaît à critiquer cette bourgeoisie un peu crasse qui ne pense qu&#8217;à faire fortune. La copie est toujours aussi élégante et acide qu&#8217;à l&#8217;accoutumée.</p>
<h4><em>La Séductrice aux cheveux rouges</em> (1953) avec Ann Sheridan, Sterling Hayden, Philip Reed…</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/06/seductrice-cheveux-rouges-douglas-sirk.jpg" alt="La Séductrice aux cheveux rouges" width="250" height="169" class="alignleft size-full wp-image-27592" />Vermilion O&#8217;Toole est transportée dans un train pour être emprisonnée avec son ex-partenaire, le bandit Newton Cole. Ils parviennent à s&#8217;échapper et se cachent dans la ville de Timberline. Vermilion, dont la beauté fait des ravages, se voit offrir une proposition de mariage par les fils de Will Hall, qui a récemment perdu sa femme. Pour rester à distance des US Marshals, elle accepte l&#8217;offre&#8230;<br />
Vous savez quoi ? Eh bien <em>La Séductrice aux cheveux rouges</em> est une critique pas piquée des hannetons d&#8217;une petite communauté refermée sur elle-même. Étonnant, non ? Pour changer un peu, Sirk utilise le western comme decorum. Chacun en prend pour son grade. C&#8217;est un régal.</p>
<h4><em>No Room for the groom</em> (1952) avec Tony Curtis, Piper Laurie…</h4>
<p>Un couple de jeunes mariés ne cesse de se faire enquiquiner par une famille envahissante.<br />
<em>No Room for the groom</em> est une « petite » comédie familiale drôle et grinçante. Douglas Sirk avoue dans l&#8217;une de ses dernières interviews qu&#8217;il n&#8217;a aucun souvenir du film ! C&#8217;est très frais, mais c&#8217;est avant tout un Sirk de plus dans notre collection.</p>
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		<title>Rencontre avec Alice Winocour</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Feb 2020 08:45:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Alice Winocour]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[Gérardmer]]></category>
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		<description><![CDATA[Après Proxima qui mettait Eva Green sur orbite, Alice Winocour était membre du jury longs-métrages du 27e Festival du film fantastique de Gérardmer. L&#8217;occasion de poser quelques questions à cette...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/02/interview-alice-winocour-gerardmer-2020-c-mathieu-menossi.jpg" alt="Alice Winocour au 27e Festival du film fantastique de Gérardmer" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-27437" /><strong>Après <em>Proxima</em> qui mettait Eva Green sur orbite, Alice Winocour était membre du jury longs-métrages du <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-horreur-2020/" title="29/01-02/02 : 27e Festival du film fantastique de Gérardmer">27e Festival du film fantastique de Gérardmer</a>. L&#8217;occasion de poser quelques questions à cette réalisatrice singulière, qui ne cache pas son amour pour le film de genre.</strong></p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Pourquoi avoir accepté d’être jurée au Festival de Gérardmer ?</strong></p>
<p>Parce que je me suis toujours intéressée au cinéma fantastique, même si ce n’est pas un genre qui m’a construite en tant que cinéaste, mais ça m’a beaucoup aidée. Par exemple, pour mon premier film, <em>Augustine</em>, je me suis inspirée de films d’exorcisme, de possession… C’est un cinéma inspirant qui n’est pas celui d’où je viens et je voulais donc en savoir plus.</p>
<p><strong>Quels sont vos films fantastiques de référence ?</strong></p>
<p>Les films qui ont vraiment compté pour moi, qui m’ont construite, ce sont les films de David Cronenberg comme <em>La Mouche</em>, <em>Faux-semblants</em>… J’ai revu <em>Crash</em> il n’y a pas longtemps. Le cinéma doit être comme ses films, une expérience physique et sensorielle, le rapport au corps me fascine. Je trouve qu’on n’aborde pas assez la sensualité, la sensorialité… Le cinéma d’horreur qui travaille les questions d’inconscient ou de psychanalyse, cela m’intéresse tout autant, comme le film <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/grave-julia-ducournau/" title="Grave, de Julia Ducournau">Grave</a></em> de Julia Ducournau ou <a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/it-follows-david-robert-mitchell/" title="It Follows, de David Robert Mitchell"><em>It Follows</em></a> de David Robert Mitchell. <span id="more-27433"></span></p>
<p><strong>Vos films sont d’ailleurs axés sur le corps…</strong></p>
<p>Oui, comme dans <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/maryland-alice-winocour-kruger/" title="Maryland, d’Alice Winocour">Maryland</a></em>, mon deuxième film, qui n’est que dans le point de vue sensoriel du personnage, dans une vision fragmentaires des choses à travers ses perceptions. Dans <em>Proxima</em> aussi. </p>
<p><strong>De plus en plus de femmes tournent des films de genre, pourriez-vous y verser vous-même ?</strong></p>
<p>J’ai besoin d’avoir une connexion intime avec le sujet, cela peut être dans n’importe quel genre. J’appartiens à une génération qui mélange plus ou moins diverses influences, différentes cultures. Ce que j’admire dans le cinéma de Julia Ducournau, qui était dans la même école que moi, c’est sa manière de se servir du carcan du genre, pour injecter des problématiques de cinéma d’auteur. </p>
<p><strong>Quels sont les critères pour juger les films que vous voyez en tant que jurée ?</strong></p>
<p>Je ne les vois pas selon une autre grille de lecture que n’importe quel festival. Ce qui m’importe c’est l’émotion, les problématiques explorées de notre monde contemporain… Il y a évidemment le critère de la peur, du jeu, de la bande son. Dans mes films, je passe énormément de temps à travailler dessus, cela participe d’un cinéma immersif et sensoriel et c’est parfois trop laissé de côté, je suis souvent frustrée que ça ne soit pas travaillé davantage. Un film silencieux peut être plus terrifiant que le bruit, comme dans <em>Les Oiseaux</em>.</p>
<p><strong>Qu’est-ce qui vous fait peur au cinéma ?</strong></p>
<p>Je suis quelqu’un de très peureux. Les <em>home invasion movies</em>, c’est quelque chose qui me terrifie, me marque, comme <em>Panic Room</em> de David Fincher… Ce sont aussi des émotions de mon enfance comme <em>Psychose</em> d’Alfred Hitchcock. Avec mon frère, on le regardait 5 à 6 fois par jour, parfois certaines séquences en boucle. Cela faisait partie de notre vie, on vivait dans ce film. C’était à la fois une frayeur et une fascination.</p>
<p><strong>Les ingrédients d&#8217;un bon film fantastique ?</strong></p>
<p>La bande son est très importante pour moi, comme le sous-texte de ce que cela raconte de notre société d’aujourd’hui. Qu’il y ait une seconde couche. Je suis déçue si cela ne réinvente pas la réalité ou si l’on voit des choses déjà vues des milliards de fois. Dans <em>It Follows</em>, ce qui était bien justement, c’était son côté immatériel.</p>
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		<title>29/01-02/02 : 27e Festival du film fantastique de Gérardmer</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Jan 2020 12:14:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grand Écart</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pense-bête]]></category>
		<category><![CDATA[Asia Argento]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
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		<category><![CDATA[horreur]]></category>

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		<description><![CDATA[De quoi s&#8217;agit-il ? Asia Argento. Christophe Gans. Alice Winocour. Jean-François Rauger. Arielle Dombasle. Voici quelques-uns des membres du jury longs-métrages &#8211; présidé par Asia Argento &#8211; du 27e Festival...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-horreur-2020/attachment/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-2020/" rel="attachment wp-att-27368"><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2020/01/27e-festival-film-fantastique-gerardmer-2020.jpg" alt="27e Festival du film fantastique de Gérardmer" width="195" height="250" class="alignleft size-full wp-image-27368" /></a><strong>De quoi s&#8217;agit-il ?</strong></p>
<p>Asia Argento. Christophe Gans. Alice Winocour. Jean-François Rauger. Arielle Dombasle. Voici quelques-uns des membres du jury longs-métrages &#8211; présidé par Asia Argento &#8211; du 27e Festival du film fantastique de Gérardmer. Marina de Van. Olivier Assayas. Coralie Fargeat. Jan Kounen. Quelques-uns des invités du festival, auxquels ce millésime 2020 rendra hommage. Tobe Hooper. William Friedkin. Benjamin Christensen. Quelques-uns des réalisateurs cultes dont on verra tout ou partie des œuvres sur grand écran vosgien.<br />
On ne le présente plus, d&#8217;année en année le Festival de Gérardmer conserve sa belle réputation, due à des invités et une programmation de (bon) genre jubilatoire. Ajoutez la neige, les fondues savoyardes et les bières artisanales : Gérardmer, le paradis de l&#8217;horreur.</p>
<p><em>&raquo; Plus d&#8217;informations sur le site du <a href="http://festival-gerardmer.com/2020/" target="_blank" class="broken_link">Festival de Gérardmer</a>.</em></p>
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		<title>19/09 : Ciné-Quiz Alien à l&#8217;UGC Ciné-Cité Paris 19</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Sep 2019 14:36:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fabio Rizzo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pense-bête]]></category>
		<category><![CDATA[Alien]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
		<category><![CDATA[quiz]]></category>
		<category><![CDATA[Ridley Scott]]></category>
		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[De quoi s&#8217;agit-il ? Pour bien commencer cette fin d&#8217;année, Grand Écart vous donne rendez-vous le 19 septembre à 19h30 à l&#8217;UGC Ciné-Cité Paris 19 pour participer au ciné-quiz Personne...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>De quoi s&#8217;agit-il ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2019/09/alien-cine-quiz-ugc-2019.jpg" alt="Ciné-Quiz Alien UGC Paris 19" width="250" height="176" class="alignleft size-full wp-image-27213" />Pour bien commencer cette fin d&#8217;année, Grand Écart vous donne rendez-vous le 19 septembre à 19h30 à l&#8217;UGC Ciné-Cité Paris 19 pour participer au ciné-quiz Personne ne vous entendra crier, suivi de la projection d&#8217;<em>Alien le huitième passager</em>. </p>
<p>L&#8217;occasion rêvée pour tout féru d&#8217;ambiance spatiale aux accents horrifiques de tester ses connaissances en cinéma de science-fiction et d&#8217;horreur. Mais un ciné-quiz ce n&#8217;est pas seulement étaler sa culture en coupant la parole aux autres. C&#8217;est aussi un moyen fun (et plutôt simple) de gagner des places de cinéma, et d&#8217;autres cadeaux ! </p>
<p>Tous les ingrédients sont réunis pour que vous passiez une bonne soirée. Il suffit de prendre place et d&#8217;embarquer pour le voyage à travers l&#8217;espace-temps cinématographique. Mais à vos risques et périls. Parce que dans l&#8217;espace, personne ne vous entendra crier&#8230; </p>
<p><em>&raquo; Plus d&#8217;infos sur <a href="https://www.ugc.fr/film.html?id=81&#038;seanceId=330550298541" target="_blank">ugc.fr</a><br />
</em></p>
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