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	<title>Grand Écart &#187; film noir</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Westerns et films noirs</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Mar 2021 13:20:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[film noir]]></category>
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		<category><![CDATA[western]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p>Pour penser à autre chose qu’à ce foutu virus, nous avons concocté à votre intention une petite sélection de films noirs et de westerns. Avec comme coup de cœur le viscéral <em>Passeur d’hommes</em> et l’ultra-tendu <em>Midi gare centrale</em>. <em>La Peine du talion</em> et <em>Le Relais de l’Or Maudit</em>, deux westerns majeurs, devraient vous retourner le cerveau. Et n’oubliez pas d’éteindre votre téléphone et BFM !</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><em>Passeur d’hommes</em> (1979), de Jack Lee Thompson</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2021/03/passeur-hommes-mcdowell-thompson.jpg" alt="Passeur d&#039;hommes, de Jack Lee Thompson" width="280" height="134" class="alignleft size-full wp-image-27662" />La France occupée par le Troisième Reich, deux résistants demandent à un berger d’escorter le professeur Bergson et sa famille en Espagne, un pays neutre dans une Europe en guerre. Appelé le Basque, celui-ci accepte cette mission particulièrement périlleuse. Périlleuse parce que lui et les fugitifs doivent non seulement franchir les Pyrénées en plein hiver, mais surtout échapper à Von Berkow, un officier SS de la pire espèce, prêt à mettre la région à feu et à sang pour les arrêter…<br />
<em>Passeur d’hommes</em> a mauvaise réputation. Une très injuste mauvaise réputation car <em>Passeur d’hommes</em> est de ces films des années 1970 qui ne s’embarrassent pas des contingences du classique mais assument fièrement leurs outrances. D’abord les outrances d’un Malcolm McDowell (pléonasme) fardé en nazi fou d’Hitler jusqu’au bout du slip (qui rappelle à bien des égards Peter O’Toole dans <em>La Nuit des généraux</em>) qui n’ont rien à envier aux légendaires bougonneries d’un Anthony Quinn une nouvelle fois grimé en berger solitaire façon pâtre grec. Vulgaire pour les uns, absurde couillonnade pour les autres, <em>Passeur d’hommes</em> n’est rien de moins qu’une œuvre « pulp » qui préfigure <em>Inglourious Basterds</em> de Tarantino. Les paysages enneigés des Pyrénées apportent un indéniable supplément d’âme à cette chasse à l’homme bourrée de suspense. Entre deux séances de torture, le dernier quart d’heure est tout simplement tétanisant. <em>Passeur d’hommes</em> ne laisse pas indifférent et ça, c’est une grande qualité.<br />
Disponible en DVD et Blu-ray chez Sidonis Calysta<br />
<span id="more-27657"></span></p>
<h2><em>Midi gare centrale</em> (1950), de Rudolph Maté</h2>
<p>Lorna Murchison, dont le père possède une importante fortune, est enlevée par des kidnappeurs qui espèrent obtenir, en échange de la jeune fille aveugle, une importante rançon. Mr Murchison est prêt à obéir aux ordres des ravisseurs mais la police découvre le drame. La gare centrale est dès lors sous une constante surveillance&#8230;<br />
<em>Midi gare centrale</em> est un thriller noir qui va à mille à l’heure. Sa durée, resserrée à 81 minutes, ne laisse aucune place aux fioritures ou aux longues plages de réflexion. Une vie est en jeu, il faut aller au plus vite. Le cinéaste et très grand technicien Rudolph Maté se sert des bâtiments de la grande ville (et notamment d’une gare, lieu des plus familiers) comme autant d’éléments nourrissant le danger. En effet, l’environnement urbain semble perpétuellement vivant, voire organique, tant la photo, les cadres et la lumière servent le déroulement de l’intrigue. Aux côtés de William Holden et Nancy Olson, Lyle Bettger interprète l’un des plus grands salauds de l’histoire du cinéma. Très recommandé.<br />
Disponible en DVD et Blu-ray chez Sidonis Calysta</p>
<h2><em>Violence au Kansas</em> (1959), de Melvin Frank</h2>
<p>Marqué au fer rouge par la guerre contre le Mexique, Cam Bleeker s’évade de prison pour rejoindre la ferme où l’attendrait sa femme. Quand il y parvient, sérieusement blessé, il découvre que celle-ci est morte, et que les lieux sont désormais habités par une jeune veuve et ses deux enfants. Si Sam entreprend de s’établir auprès d’eux, les autorités le rattrapent. Contre sa liberté, le gouverneur lui propose un marché : capturer le hors-la-loi Luke Darcy&#8230;<br />
Ce western méconnu mérite d’être redécouvert. Non parce qu’il s’agit d’un chef-d’œuvre du genre mais parce que le grand Jeff Chandler (vu dans <em>La Flèche brisée</em>) bouffe l’écran à chacune de ses apparitions. Quel charisme ! On plonge dans un Kansas en proie au désordre où hommes, femmes et enfants ne sont rien d’autre que les victimes collatérales des grandes huiles essentielles qui ne pensent qu’au fric et à leurs intérêts (politiques, donc !). <em>Violence au Kansas</em> nous fait penser qu’en 150 ans d’histoire rien n’a véritablement changé.<br />
Disponible en DVD chez Sidonis Calysta</p>
<h2><em>Californie en flammes</em> (1952), de Lew Landers</h2>
<p>Les années 1840. Si la Californie vit toujours sous domination mexicaine, Don Arturo Bordega et ses partisans se battent pour qu’elle intègre la jeune fédération des États-Unis. D’autres puissances étrangères manœuvrent aussi pour se l’accaparer, en particulier la Russie qui, pour déstabiliser la région, s’appuie sur la rapacité de bandes armées&#8230;<br />
Alors celui-là, les aficionados du genre l’attendaient depuis longtemps. Visez un peu ; un pan obscur de la grande histoire de l’Amérique dévoilé. La fameuse période où la Russie convoitaient les terres vierges de l’Amérique de l’Ouest. Des Rouges chez les Peaux Rouges ! Si la rareté ne fait pas la qualité, on peut autant apprécier <em>Californie en flammes</em> comme la curiosité qu’il est que pour les nombreux genres qu’ils brassent. Le plus souvent, on ne sait pas trop si l’on a affaire à un western ou un film de cape et d’épée. La Mexican « Zorro » Touch est très présente. Une évidence, il ne faut pas trop se monter le bourrichon car le traitement du sujet n’est pas des plus pertinents. On a vu mieux. Reste le charme suranné d’un film qui refait surface après avoir été remisé dans les placards durant des décennies.<br />
Disponible en DVD et combo DVD/blu-ray chez Sidonis Calysta</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>SPECIAL GLENN FORD</h2>
<h2><em>La Peine du talion</em> (1948), de Henry Levin</h2>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2021/03/peine-du-talion-glenn-ford-henry-levin.jpg" alt="La Peine du talion, de Henry Levin" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-27663" />Malgré le drapeau blanc que hisse un détachement sudiste en signe de capitulation, le colonel Devereaux ordonne à ses hommes de faire feu. Un massacre. Si son second, le capitaine Del Stewart, garde le silence sur ce crime de guerre, il le fait uniquement par amitié. Quand, la paix revenue, les deux hommes se retrouvent, Devereaux exerce d’une main de fer la fonction de juge. Nommé shérif, Stewart se rend à l’évidence que celui-ci sombre peu à peu dans la folie et qu’il couvre les méfaits de Carter, l’homme le plus influent de la région…<br />
Voici le western puissant par excellence qui raconte la folie d’un homme et son inexorable chute. Cet officier,  fou de guerre, ce juge, avide de justice expéditive, suscite autant le dégoût que l’admiration. Et c’est ce sentiment trouble qui nous étreint qui donne au film sa valeur et sa singularité. <em>La Peine du talion</em>, c’est l’histoire du manichéisme pour les nuls dans le Grand Ouest. Autant dire que l’affaire n’est pas aussi simple que prévue, et que ce foutu manichéisme peut être jeté aux orties. Dans le Grand Ouest, où se situe la frontière entre le Bien et le Mal ? Hein ? Je vous le demande. Le grand Henry Levin réalise un western complexe porté par deux magnifiques interprètes, Glenn Ford et William Holden.<br />
Disponible en DVD et combo DVD/blu-ray chez Sidonis Calysta</p>
<h2><em>Traquée</em> (1947), de Richard Wallace</h2>
<p>Stephen Prince, qui est banquier, et sa maîtresse Paula Craig décident de partir en emportant 250 000 dollars. Voulant faire croire à la disparition de Stephen, ils jettent leur dévolu sur Mike Lambert, qu’ils décident de tuer pour faire passer son corps pour celui de Stephen&#8230;<br />
Ce petit film noir à Papa ne manque pas de charme. Glenn Ford et Janis Carter évoluent au cœur d’une trame machiavélique. Efficace.<br />
Disponible en DVD chez Sidonis Calysta</p>
<h2><em>Le Relais de l’Or Maudit</em> (1952), de Roy Huggins</h2>
<p>Commandés par le major Matt Stewart, des soldats sudistes attaquent un convoi nordiste transportant de l&#8217;or. Si une de leurs victimes leur apprend que la guerre est terminée depuis un mois, il est désormais trop tard. Désormais considérés comme des bandits, ils se rendent à l&#8217;évidence qu&#8217;ils ont été manipulés par leur officier supérieur. En gardant le butin pour eux, ils deviennent à leur tour des proies, prises en chasse par tous les hors-la-loi de l&#8217;État, ainsi que par les représentants de la loi…<br />
<em>Le Relais de l’Or Maudit</em> est un très grand western. Forcément, quand un scénariste de renom (Roy Huggins) déploie tout son talent au poste de réalisateur, il y a fort à parier que le résultat final soit à la hauteur des enjeux. Et ça l’est ! Le film propose une articulation de chapitres maîtrisés de bout en bout qui tendent à préparer un final haut en couleur. En premier lieu, nous vivons une succession de morceaux de bravoure qui posent le ton pour se conclure sur un huis clos tendu où toutes les certitudes que nous avions sur les personnages s’évanouissent en un claquement de colt. <em>Le Relais de l’Or Maudit</em> ne cesse de nous interroger sur les affres de la nature humaine. C’est du grand art ! Évidemment, si le cast aux petits oignons y est pour beaucoup (Randolph Scott et Lee Marvin en tête) dans la sublimation du scénario et la mise en scène de Huggins, le prestige de l’équipe technique avec Yakima Canutt (le plus grand coordinateur/cascadeur de Hollywood) et Charles Lawton Jr (chef opérateur de <em>3h10 pour Yuma</em>) achève d’inscrire <em>Le Relais de l’Or Maudit</em> dans le panthéon du western.<br />
Disponible en DVD et en blu-ray chez Sidonis Calysta</p>
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		<title>Under the Silver Lake, de David Robert Mitchell</title>
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		<pubDate>Fri, 18 May 2018 15:12:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2018]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[film noir]]></category>
		<category><![CDATA[Hollywood]]></category>
		<category><![CDATA[Los Angeles]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Sous le vernis</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/05/USTL.jpg" alt="Under the Silver Lake" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-26453" />Après <em>The Myth of the American Sleepover</em> et <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/it-follows-david-robert-mitchell/" title="It Follows, de David Robert Mitchell" target="_blank">It Follows</a></em>, présentés à la Semaine de la critique, David Robert Mitchell, qui filme si bien les piscines, se retrouve dans le grand bain de la compétition cannoise. Dans le grand bain du cinéma aussi, puisque le jeune réalisateur, après avoir revisité le teen-movie et le <em>slasher</em> des années 1970 s’attaque au film noir et plus globalement à Hollywood, en s’installant dans le quartier périphérique de Silver Lake. Celui à côté, celui des aspirantes actrices devenues escort-girls, des jeunes trentenaires pétris de pop culture, passant de fête underground en projections au milieu des tombes d’illustres prédécesseurs. Un monde de la vacuité acidulé, au tons vifs, robes colorées et piscines lumineuses. Un monde auquel on cherche un sens en décryptant des codes cachés dans les paroles de chanson ou les jeux de boîtes de céréales. Une vision qui en appelle aux théories du complot &#8211; dont on ne saisit pas trop jusqu’à quel point elle est ironique pour le réalisateur &#8211; comme à la régression, nostalgie typique des trentenaires qui trouvent les réponses de la vie dans Mario Bros, dansent sur la musique des années 1990 et conservent leurs VHS. En cela, la portée de <em>Under the Silver Lake</em> est peut-être limitée, tant le film est générationnel, ultra-référencé jusqu’à l’overdose. Justement, de perte de sens et de conscience, il est aussi question. Sam, jeune glandeur fauché qui passe plus de temps à espionner ses voisines qu’à trouver un moyen de payer son loyer et les créances de sa voiture, se lance dans une enquête en solitaire lorsque l’une d’elles, l’intrigante et séduisante Sarah, disparaît brusquement. <span id="more-26446"></span>Obnubilé par la jeune femme qu’il n’a eu le temps de rencontrer que brièvement, il se lance au coeur des bas-fonds de ce quartier de Los Angeles, résolvant énigme après énigme, comme autant de niveaux d’un jeu vidéo <em>old school</em>. A travers les rencontres de Sam, un auteur de BD parano ou un compositeur de chansons populaires cynique, David Robert Mitchell glisse un discours sur les revers de la pop culture et ses messages subliminaux comme autant d’injonctions pour une génération sans idéaux. Mais maintenant qu’il a démontré un talent manifeste pour la mise en scène et ses capacités à produire des images léchées et parfois envoûtantes, le jeune réalisateur gagnerait à s’éloigner de ses références, qui le vampirisent autant que ses personnages.</p>
<p>&nbsp;<br />
Under the Silver Lake<em> de David Robert Mitchell, avec Andrew Garfield, Riley Keough, Topher Grace&#8230; Etats-Unis, 2018. En compétition du 71e Festival de Cannes. Sortie le 8 août 2018.</em></p>
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		<title>Frank et Lola, de Matthew M. Ross</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Sep 2016 21:37:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
		<category><![CDATA[Deauville]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[film noir]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Quand l’amour ne fait pas recette</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/09/frank-et-lola-shannon-poots.jpg" alt="Frank et Lola, de Matthew Ross" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-24545" />Le visage émacié, le corps effilé comme les couteaux qu’il manie avec brio dans la cuisine de son restaurant, Frank tombe amoureux de la jeune Lola, très libérée avec son corps. Le coup de foudre est tel qu’ils se tatouent le prénom l’un de l’autre. Mais si Frank affiche une honnêteté à toute épreuve, Lola ne semble pas très à cheval sur la fidélité. Aussi, quand elle avoue l’avoir trompé, elle rajoute au passage une sombre histoire de viol qui va torturer les méninges du cuistot, qui aurait préféré concocter un autre plat que celui de la vengeance. La romance se mue alors en film noir, avec filature de l’hypothétique violeur dans les rues de Paris, boîtes échangistes où les corps s’amalgament sans plaisir, le tout saupoudré de manipulation psychologique, d’érotisme sans titillage et de drame amoureux avec rimmel qui coule. <span id="more-24543"></span>Sur des images léchées, le jeune Matthew Ross propose un premier film sombre et vénéneux, brouille les pistes, avec en ligne de mire les maîtres De Palma ou Verhoeven. Mais l’élève a encore bien du chemin pour dépasser les maîtres, même s’il dirige un casting de choix avec Michael Shannon dont on croit naïvement qu’il change de registre et quitte les rôles névrotiques qui sillonnent sa carrière. A ses côtés, Imogen Poots, la nouvelle Kate Winslet en Lola ambiguë et passionnée, Justin Long en Américain pure souche, Michael Nyqvist en parodie de DSK, Emmanuelle Devos qui cachetonne en roue libre ou encore Rosanna Arquette, botoxée et vulgaire au possible. Le film oscille ainsi sans arrêt entre esthétisme et sordide, carte postale clichée (Paris comme on l’a toujours vue) et originalité (les scènes de préparation de repas), avec une narration décousue entre flash-backs, fantasmes et ellipses. En voulant faire court (à peine 1h28), Matthew Ross se prive de créer un vrai film d’ambiance qui aurait mérité moins de raccourcis et plus de corps à ses personnages, au lieu de s’intéresser à l’âme qui flotte et disparaît à peine après avoir été effleurée. L’histoire d’amour en pâtit, alors qu’on aurait voulu s’éprendre de la douleur des deux protagonistes en même temps qu’eux. Ce sera pour la prochaine fois, tant le brouillon est prometteur. On a eu l’entrée, on attend désormais le plat de résistance. </p>
<p>&nbsp;<br />
Frank &#038; Lola <em>de Matthew Ross, avec Michael Shannon, Imogen Poots, Michael Nyqvist, Justin Long, Emmanuelle Devos et Rosanna Arquette. Présenté en compétition au 42e Festival du cinéma américain de Deauville.</em> </p>
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		<title>Rencontre avec Oh Seung-uk</title>
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		<pubDate>Sat, 16 May 2015 14:45:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Un Certain Regard 2015]]></category>
		<category><![CDATA[Corée]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[film noir]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[polar]]></category>

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		<description><![CDATA[Un film qui se réclame de Jean-Pierre Melville, une femme sublime, un flic qui ne sait plus trop différencier le bien du mal : c'est le polar selon Oh Seung-uk.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Melville en Corée</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/05/the-shameless-jeon-do-yeon-kim-nam-gil-oh-seung-uk.jpg" alt="The Shameless, de Oh Seung-uk" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-21471" />En 2000, il avait réalisé <em>Kilimanjaro</em>, un polar singulier. Quatorze ans après, soit pas mal de scénarios écrits pour les autres, de cours de cinéma donnés, d’articles de cinéma rédigés, Oh Seung-uk revient à la réalisation avec <em>The Shameless</em>, l’histoire d’un policier qui se rapproche d’une femme, interprétée par la belle Jeon Do-yeon (<em>Secret Sunshine</em>, <em>The Housemaid</em>), en vue de retrouver et d’arrêter son amant. Un film noir à l’intrigue amoureuse retorse, puzzle original issu des multiples influences du metteur en scène coréen. Rencontre.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Vous avez déclaré que l’écriture du scénario de <em>The Shameless</em> avait été influencée par <em>Un flic</em>, de Jean-Pierre Melville ?</strong></p>
<p>Oui, je suis un grand fan de Melville ! Dans <em>Un flic</em>, il y a un rapport triple entre Catherine Deneuve, Alain Delon et les criminels. Mais c’est la relation entre le personnage d’Alain Delon et les criminels qui est la plus importante. Je me suis demandé ce que ça donnerait en accentuant la relation entre Catherine Deneuve et Alain Delon, je voulais savoir jusqu&#8217;où ça irait. Et c’est comme ça que <em>The Shameless</em> est devenu une variation d’<em>Un flic</em>. Ca s’est construit au fur et à mesure : j’ai commencé à écrire le scénario sans penser à <em>Un flic</em>, puis j’y ai vu une ressemblance qui m’a inspiré. Il faut dire que j’aime beaucoup Alain Delon ! <span id="more-21468"></span></p>
<p><strong>Et de manière générale, quelles sont vos autres sources d’inspiration ?</strong></p>
<p>Dashiell Hammett, Raymond Chandler, les recueils de nouvelles d’Ernest Hemingway… Ce sont des choses qui m’inspirent beaucoup. Mais quand j’écris un scénario, je ne pars jamais d’une image d’un film : je pars toujours d’une expérience réelle que j’ai vécue ou qui a été vécue par mon entourage.</p>
<p><strong>L’histoire de <em>The Shameless</em> provient d’une expérience réelle ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/05/the-shameless-jeon-do-yeon-kim-nam-gil-oh-seung-uk-2.jpg" alt="The Shameless, de Oh Seung-uk" width="280" height="187" class="alignright size-full wp-image-21479" />En partie ! Quand j’ai écrit le scénario, j’ai passé du temps avec des gens de la mafia, avec des policiers, avec des hôtesses de bar… Parmi les scènes qui figurent dans mon film, beaucoup sont réelles, je les ai vues de mes propres yeux. Par exemple, la scène dans laquelle Kim Hye-kyung <em>[jouée par Jeon Do-yeon, ndlr]</em> se bagarre avec les clients, c’est une scène à laquelle j’ai réellement assisté. Le personnage de Jung Jae-gon <em>[Kim Nam-gil, ndlr]</em> est lui-même composé de plusieurs personnes que je connais, et aussi d’une partie de moi. La scène dans laquelle Jung Jae-gon sort du restaurant et demande <em>« A qui tu dis merci ? »</em> m’est vraiment arrivée !</p>
<p><strong>Les policiers corrompus, c’est une réalité en Corée ?</strong></p>
<p>Quand vous regardez un polar hongkongais, vous voyez toujours des règlements de comptes armés dans la rue… Pourtant ça n’arrive pas tous les jours là-bas. En Corée c’est la même chose. Tous les policiers ne sont pas corrompus, mais il travaillent dans un environnement pervers, fait de criminels, de prostitution, de magouilles. Au bout d’un certain temps, ils ont du mal à différencier le bien du mal. C’est ce qui me plaît en tant que réalisateur, ça ouvre beaucoup de perspectives.</p>
<p><strong>Le personnage de Kim Hye-kyung n’est pas l’archétype de la femme fatale telle qu’on la voit généralement dans les films noirs…</strong></p>
<p>Les films américains des années 1940 et 1950 ont parfaitement saisi l’image de la femme fatale, donc ça ne m’intéressait pas de décrire cela à nouveau. Je voulais montrer l’image d’une femme qui souffre beaucoup de la vie, et qui garde sa dignité malgré tout ce qu’elle endure. </p>
<p><strong>C’est surtout une femme amoureuse, dans le sens où tout ce qu’elle fait, elle le fait par amour…</strong></p>
<p>Absolument. Je voulais me concentrer sur cet amour qu’elle donne sans pour autant réaliser un mélodrame. Je pense qu’en injectant une petite touche de réel dans le film de genre, ça change la donne, ça surprend. C’est ce qui me plaît – j’avais d’ailleurs fait la même chose pour mon premier film, <em>Kilimanjaro</em>.</p>
<p><strong>En écrivant le scénario, vous aviez déjà l’actrice Jeon Do-yeon à l’esprit ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/05/the-shameless-jeon-do-yeon-oh-seung-uk-1.jpg" alt="The Shameless, de Oh Seung-uk" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-21473" />Non ! Après avoir fini d’écrire le scénario, je ne savais absolument pas qui allait jouer ce rôle ! J’avais prévu d’envoyer mon scénario à toutes les actrices coréennes, en ayant peur qu’elles disent toutes non. Et puisque j’allais l’envoyer à toutes les actrices, je me suis dit : <em>« Autant commencer par la meilleure ! »</em> Jeon Do-yeon l&#8217;a reçu en premier, et elle a dit oui. Elle ne voulait surtout pas que le rôle aille à quelqu’un d’autre !</p>
<p>&nbsp;<br />
&nbsp;<br />
The Shameless <em> (Mu-roe-han) de Oh Seung-uk, avec Jeon Do-yeon, Kim Nam-gil, Park Sung-woong… Corée, 2015. En sélection Un Certain Regard 2015.</em></p>
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		<title>Le Génie du mal et Les 3 Crimes de West Memphis</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Dec 2014 09:18:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[adolescence]]></category>
		<category><![CDATA[Atom Egoyan]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[film noir]]></category>
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		<description><![CDATA[Œuvres au noir Avec 55 ans d’écart, Le Génie du mal de Richard Fleischer et Les Trois Crimes de West Memphis d’Atom Egoyan traitent d’une même problématique tout à fait...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Œuvres au noir</h3>
<p>Avec 55 ans d’écart, <em>Le Génie du mal</em> de Richard Fleischer et <em>Les Trois Crimes de West Memphis</em> d’Atom Egoyan traitent d’une même problématique tout à fait universelle, à savoir user, ou pas, de la peine de mort contre les assassins d’enfants. Quel hasard que ces films si proches dans leur traitement sortent en quasi simultané ! Deux histoires qui prouvent que l’Amérique divisée bataille toujours et encore sur la question.<br />
Alors, grand classique ou thriller hyper-tendu ? Les deux mon capitaine. </p>
<p>&nbsp;<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/12/les-3-crimes-de-west-memphis-atom-egoyan-devil-s-knot.jpg" alt="Les Trois Crimes de West Memphis, d&#039;Atom Egoyan" title="Les Trois Crimes de West Memphis, d&#039;Atom Egoyan" width="280" height="186" class="alignleft size-full wp-image-19714" /><strong><em>Les Trois Crimes de West Memphis</em> réalisé par Atom Egoyan avec Colin Firth, Reese Witherspoon, Dane Dehaan…</strong></p>
<p>West Memphis, 1993. Trois jeunes enfants sont retrouvés sauvagement assassinés. Trois adolescents marginaux sont arrêtés et accusés d’avoir commis un crime sataniste. Face aux incohérences du dossier, un célèbre détective privé, adversaire de la peine de mort, décide de mener sa propre enquête.<br />
Atom Egoyan revient sur un fait divers qui en son temps a défrayé la chronique. Depuis quelques années, l’affaire fait l’objet de nombreux documentaires pour disculper les adolescents accusés des meurtres. D’après les dernières investigations menées par les avocats de la défense et l’Etat de l’Arkansas, le rapport officiel révèle : <em>« Bien que presque tout le matériel génétique recueilli sur la scène de crime appartienne aux victimes des crimes, une partie ne peut être attribuée aux victimes ou aux accusés. »</em> <span id="more-19710"></span><br />
Plus que la bataille engagée par l’avocat de la défense (interprété ici par le génial Colin Firth) pour éviter la peine capitale à l’un de ses clients, Atom Egoyan présente à la manière de Georges Simenon l’épouvantable qu’en-dira-t-on qui hante les petites villes. La rumeur se propage dans les rues, contamine les foyers, pervertit les esprits et se fixe sur les individus les plus fragiles ou les moins appréciés. La police du comté, qui ne cherche (et ne cherchera) pas plus loin que le bout de son nez, ne désire qu’une seule et unique chose, trouver le coupable idéal. Que la mort n’encombre pas trop longtemps les bureaux de vote. Les sales mômes conviendront.<br />
Sur la forme, <em>Les Trois Crimes de West Memphis</em> ne paie pas de mine. Nul besoin de faire dans le tape-à-l’œil quand un réalisateur maîtrise son propos et ses images avec respect et sobriété autour de dialogues ciselés. Egoyan et son coscénariste (le très convoité Scott Derrickson) n’accusent personne, ils recontextualisent. Dans ce genre de fait divers, on n’est jamais surpris que les loups dorment à poings fermés dans la bergerie.<br />
Le film mérite toute votre attention parce qu’il est absolument passionnant. L’interprétation est à l’avenant, c&#8217;est-à-dire de grande qualité.<br />
Recommandé chaudement. </p>
<p>&nbsp;<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/12/genie-du-mal-richard-fleischer-orson-welles-1.jpg" alt="Le Génie du mal, de Richard Fleischer" title="Le Génie du mal, de Richard Fleischer" width="280" height="160" class="alignleft size-full wp-image-19715" /><strong><em>Le Génie du mal</em> réalisé par Richard Fleischer avec Orson Welles, Diane Varsi, Dean Stockwell et Bradford Dillman&#8230;</strong></p>
<p>1924. Estimant que leur statut social et leur intelligence les placent au-dessus des lois, deux étudiants se livrent à plusieurs actes criminels et finissent par enlever et assassiner un jeune garçon. Certains d’avoir commis le crime parfait, ils sont trahis par un détail. Un avocat célèbre, adversaire de la peine de mort, décide d’assurer leur défense.<br />
<em>Le Génie du mal</em> saisit d’effroi parce qu’il permet d’accompagner et de comprendre deux jeunes hommes de bonnes familles propres sur eux et que rien ne prédispose à devenir des tueurs dans leur délire de sauvagerie. Une sauvagerie calculée pleine de rancœur et d’amertume.<br />
Judd Steiner et Artie Straus nourrissent une indéfectible haine contre la société et contre les autres. Un dégoût si puissant qu’ils se sentent au-dessus de tout, persuadés que leurs meurtres ne peuvent être découverts par une police embarrassée d’idiots et encore moins condamnés par une justice tellement inférieure à leurs esprits géniaux.<br />
Le génie du mal se tapit au fond du cœur. C’est une mauvaise force qui tenaille, qui blesse, qui rend fou. Mais ceux-là ne sont pas fous. Leur âme est noire. Avant que les deux salopards tuent le jeune innocent, nous pouvons ressentir une certaine pitié. La pitié pour le Mal qui s’incarne, force si faible et si lâche face au pouvoir de l’altruisme, siège de la volonté où l’amour et la sagesse posent leur divin séant.<br />
C’est à ce moment qu’intervient Orson Welles en avocat de la défense, persuadé que condamner ces deux idiots à la potence ne réglera rien. Jonathan Wilk tente à coups de joute verbale d&#8217;affaiblir le ressentiment général qui pourrait s’emparer de la société et l’empoisonner durablement. On n’échange pas la haine contre la haine. Le combat contre la peine de mort se gagne quand la société convainc les citoyens de ne pas ajouter de la sauvagerie à la sauvagerie.<br />
<em>Le Génie du mal</em> ne donne aucune leçon de morale. Son tableau d’une jeunesse qui conchie ses aînés fait froid dans le dos. Les deux étudiants ne se rebellent pas, ni ne donnent le fameux coup de pied dans la fourmilière qui doit libérer la nouvelle génération de l’oppression des anciens. Croyons-nous. Ils se gavent de leur propre ego comme deux êtres immatures rongés par le Mal.<br />
<em>Le Génie du mal</em> est un film profondément humaniste.<br />
Prix d’interprétation à Cannes en 1959 pour Orson Welles, Dean Stockwell et Bradford Dillman.<br />
Dans les bonus, un document revient longuement sur l’affaire.</p>
<p>&nbsp;<br />
Les Trois Crimes de West Memphis<em> et </em>Le Génie du mal<em> disponibles en DVD et Blu-ray chez Rimini Editions.</em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Black Coal, de Diao Yinan</title>
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		<pubDate>Sun, 08 Jun 2014 22:06:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[film noir]]></category>
		<category><![CDATA[polar]]></category>
		<category><![CDATA[thriller]]></category>

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		<description><![CDATA[En 1999, un employé d’une carrière minière est retrouvé assassiné et son corps dispersé aux quatre coins de la Mandchourie. L’inspecteur Zhang mène l’enquête, mais doit rapidement...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Histoire de changer d&#8217;ère…</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/06/blackcoalaffiche.jpg" alt="Black Coal, de Diao Yinan" width="187" height="250" class="alignleft size-full wp-image-18519" />En 1999, un employé d’une carrière minière est retrouvé assassiné et son corps dispersé aux quatre coins de la Mandchourie. L’inspecteur Zhang mène l’enquête, mais doit rapidement abandonner l’affaire après avoir été blessé lors de l’interpellation des principaux suspects. Cinq ans plus tard, deux nouveaux meurtres sont commis dans la région, tous deux liés à l’épouse de la première victime. Devenu agent de sécurité, Zhang décide de reprendre du service. Son enquête l’amène à se rapprocher dangereusement de la mystérieuse jeune femme.</p>
<p>Grand vainqueur de la Berlinale 2014 (Ours d&#8217;or du Meilleur film et Ours d&#8217;argent du Meilleur acteur pour Liao Fan), <em>Black Coal</em> de Diao Yinan s&#8217;impose comme l&#8217;archétype parfait de ce regard implacable posé sur la Chine depuis un quart de siècle par les réalisateurs de la sixième génération. Cette génération post-Tiananmen, soucieuse de rendre compte de la réalité brute de leur pays. De reconsidérer l&#8217;individu indépendamment du collectif et du carcan de la morale communiste. Et de le replacer au cœur de leur réflexion en le confrontant à travers leurs films aux changements violents de la nouvelle société chinoise. La transition vers une économie mondiale libérale, le chômage, l&#8217;écart grandissant entre riches et pauvres&#8230; </p>
<p>Tout en rendant hommage aux heures les plus lumineuses du film noir américain, entre les rues mornes d&#8217;un <em>Troisième Homme</em> et les personnages funèbres et alcoolisés d&#8217;une <em>Soif du mal</em> (deux mythes du grand écran dont Diao Yinan revendique volontiers la filiation artistique), le réalisateur s&#8217;appuie sur l&#8217;errance solitaire et tourmentée de son ex-inspecteur reconverti en vigile de sécurité renfrogné pour dépeindre les faces cachées d&#8217;une Chine du XXIe siècle. Aux côtés du personnage, on plonge dans le quotidien industrieux d&#8217;une petite ville de province du nord du pays. On progresse pas à pas dans ce véritable labyrinthe urbain. D&#8217;un salon de coiffure à une boîte de nuit en passant pas des bus abandonnés recyclés en gargotes de fortune pour clients fauchés. Là une usine, ici un pressing et sa mystérieuse employée… A travers le regard de son inspecteur Zhang, Diao Yinan nous emmène à la rencontre des gens ordinaires entraînés malgré eux dans les remous tumultueux d&#8217;une nouvelle ère politique et culturelle, alors qu&#8217;ils croulent toujours sous les restes encore chauds d&#8217;un passé chargé. <span id="more-18510"></span>Et pour donner corps à cette juxtaposition étrange et complexe du passé et du présent, le cinéaste s&#8217;amuse, comme dans ses œuvres précédentes, à se placer à la lisière entre rêve et réalité. Que ce soit par des jeux de mise en scène &#8211; comme cette audacieuse ellipse narrative, le temps du passage sous un tunnel. On y rentre en 1999, on en ressort en 2004. Ou par le choix d&#8217;une photographie très graphique – éclairages aux néons, atmosphères nocturnes quasi fantastiques. Une façon également pour Diao Yinan de mettre de la distance, de susciter nos imaginaires et d&#8217;inciter à la réflexion.</p>
<p><em>Black Coal</em> se révèle d&#8217;une richesse narrative exceptionnelle qui, si elle peut déstabiliser dans un premier temps, finit par nous étourdir par son étonnant entrelacs de couleurs dramatiques. A la fois film noir, policier, thriller, romance, tragédie, peinture sociale et sociologique. Le cinéaste jouant de son pinceau pour passer à sa guise d&#8217;une teinte à une autre. Un film virtuose, élégant et exigeant sur la rédemption, le deuil, le souvenir et le passage du temps.</p>
<p>&nbsp;<br />
Black Coal<em> de Diao Yinan, avec Liao Fan, Gwei Lun Meiz, Wang Jingchun&#8230; Chine, 2014. Sortie le 11 juin 2014.</em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/330lvk/zone/2/"></script></center></p>
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		<title>Plateau télé : semaine du 10 février 2013</title>
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		<pubDate>Sun, 10 Feb 2013 13:59:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Programme Télé]]></category>
		<category><![CDATA[comédie romantique]]></category>
		<category><![CDATA[film noir]]></category>
		<category><![CDATA[télévision]]></category>

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		<description><![CDATA[On est cœur de l'hiver, on n'en peut plus et la neige est de retour. Un moment normalement idéal pour passer ses soirées devant la télé. Mais voilà, la Télévision française, dans son ensemble, a décidé...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/02/the-end-film-carton-fin-2.jpg" alt="The End - Le film est fini" width="280" height="92" class="alignleft size-full wp-image-11402" />On est cœur de l&#8217;hiver, on n&#8217;en peut plus et la neige est de retour. Un moment normalement idéal pour passer ses soirées devant la télé. Mais voilà, la Télévision française, dans son ensemble, a décidé que nos neurones n&#8217;étaient plus en état de marche, et les meilleurs films ne sont diffusés qu&#8217;en VF. On boude.<br />
&nbsp;</p>
<h4>Dimanche 10 février</h4>
<p><em>Le Come-Back</em>, de Marc Lawrence &#8211; 20h45 &#8211; France 2<br />
<em>Public Enemies</em>, de Michael Mann &#8211; 20h45 &#8211; France 4<br />
<em>La Chute</em>, de Oliver Hirschbiegel &#8211; 20h50 &#8211; HD1</p>
<p>Certains chez Grand Ecart désapprouvent, et savent que je défendrai <em>Le Come-Back</em> jusqu&#8217;au bout, mais voilà, France 2 nous inflige la VF. Par conséquent, contentez-vous du pré-générique en forme de parodie de tous ces merveilleux groupes des années 1980, chantonnez <em>Pop ! Goes my Heart</em>, et abandonnez à regret cette bluette en forme de psychanalyse pour un Hugh Grant dans le rôle d&#8217;une ancienne idole, lui-même enfermé dans ce personnage vieillissant du beau gosse-gendre idéal-star des années 1990. <span id="more-11394"></span></p>
<p>Pendant ce temps, Michael Mann joue encore et toujours avec les codes du film noir et remet au goût du jour les grandes figures de l&#8217;Amérique. Avec <em>Public Enemies</em>, il livre une version du film de gangsters loin des images d&#8217;Epinal, sans manichéisme. On y célèbre ici l&#8217;élégance des méchants, et la soif de pouvoir des gentils. Et puisqu&#8217;il est aussi question de cinéma, Michael Mann invite à la réflexion sur la figure même du gangster, mythologie des années 1930, comme les acteurs ont pu le devenir par la suite. </p>
<p>C&#8217;est également diffusé en VF, mais il y a un défi dans <em>La Chute</em>, qui ne prendra que quelques minutes : tenter de prendre au sérieux la scène du bunker, depuis ultraparodiée sur les internets à la moindre occasion.<br />
&nbsp;</p>
<h4>Lundi 11 février</h4>
<p><em>Les Evadés</em>, de Frank Darabont &#8211; 20h50 &#8211; W9<br />
<em>La Ligne verte</em>, de Frank Darabont &#8211; 20h45 &#8211; TMC<br />
<em>Seven</em>, de David Fincher &#8211; 20h50 &#8211; D8<br />
<em>L&#8217;Affaire Dominici</em>, de Claude Bernard-Aubert &#8211; 20h50 &#8211; Arte</p>
<p>A croire que Frank Darabont est mort récemment puisque la TNT (W9 et TMC) tentent de rendre hommage au réalisateur, né, tenez-vous bien, à Montbéliard. Si, si. Mais, certainement pour saluer ses origines, ce n&#8217;est qu&#8217;en VF que l&#8217;on aura le droit de se plonger dans son univers carcéral, dont on s&#8217;évade &#8211; comme le spoile subtilement le titre français de <em>The Shawshank Redemption</em> &#8211; ou dont on fait des histoires à dormir debout &#8211; merci Stephen King, auteur du livre dont <em>La Ligne verte</em> est adapté.</p>
<p>En VF toujours, D8 (qui devait, rappelons-le, révolutionner la télévision gratuite sous le parrainage de Canal+) nous soumet au supplice de devoir ne pas regarder <em>Seven</em> au-delà de son <a href="/miscellanees/generique-seven-kevin-spacey/" title="Le générique de Seven">générique</a>, modèle indépassable du genre.</p>
<p>On se rabat donc sur <em>L&#8217;Affaire Dominici</em>, pour Jean Gabin. L&#8217;affaire est complexe, le film un peu moins. Mais lui, Gabin-Dominici, incarne à la fois l&#8217;obstination et le mystère d&#8217;une histoire qui a passionné la France des années 1950.<br />
&nbsp;</p>
<h4>Mardi 12 février</h4>
<p><em>Les Simpson, le film</em>, de David Silverman &#8211; 20h50 &#8211; W9<br />
<em>Big</em>, de Penny Marshall &#8211; 20h45 &#8211; Gulli</p>
<p>Il est rare que le passage d&#8217;une série au format grand écran soit une réussite. Ce <em>Simpson, le film</em> est donc un épisode des <em>Simpson</em>, la série, où tout est à l&#8217;échelle du grand écran. Par les agissements d&#8217;Homer, Springfield n&#8217;est plus, et Marge décide de partir pour de bon. L&#8217;humour est toujours là, bien présent, dans sa richesse et sa diversité, sans s&#8217;essouffler dans la longueur ni verser dans le <em>best of</em> de la série. Une performance.</p>
<p>Et pour se prendre un petit coup de vieux, on pourra jeter un œil sur <em>Big</em>, sur Gulli (donc en VF&#8230;), et s&#8217;apercevoir que le point de vue du spectateur change avec le nombre des années. Finalement, on les comprend, ces adultes un peu désarçonnés par cet ado de 30 ans. Tout arrive.<br />
&nbsp;</p>
<h4>Mercredi 13 février</h4>
<p><em>Ma vie en l&#8217;air</em>, de Rémi Bezançon &#8211; 20h50 &#8211; France 4</p>
<p>D&#8217;ailleurs, les trentenaires et leur peur de grandir, ça continue avec <em>Ma vie en l&#8217;air</em> et un Vincent Elbaz en sorte de Bridget Jones masculin confronté à sa peur de l&#8217;avion, et donc de décoller. Le premier film de Rémi Bezançon, qui transformera l&#8217;essai avec <em>Le Premier Jour du reste de ta vie</em>.<br />
&nbsp;</p>
<h4>Jeudi 14 février</h4>
<p><em>Ceux qui restent</em>, d&#8217;Anne Le Ny &#8211; 20h45 &#8211; France 3<br />
<em>Pour un garçon</em>, de Chris et Paul Weitz &#8211; 20h45 &#8211; 6ter</p>
<p>Anne Le Ny, comédienne affectée aux seconds rôles savoureux (<em>Le Goût des autres</em> ou <em>Intouchables</em>), passe au premier plan en signant sa première réalisation, à l&#8217;image qu&#8217;on avait d&#8217;elle : sensible, touchante, avec un brin d&#8217;humour. Pour s&#8217;attaquer aux délicats sujets de la maladie et la mort, elle n&#8217;y va pas de manière frontale et lacrymale. Ce qui l&#8217;intéresse, ce sont les autres, <em>Ceux qui restent</em>. De l&#8217;hôpital, on voit peu. De la souffrance de ceux qui sont obligés d&#8217;y graviter, beaucoup. Anne Le Ny offre un écrin à ces sentiments tus, coupables. Avec force.</p>
<p>Comme on a commencé la semaine frustrés avec un Hugh Grant en VF, on termine avec le même Hugh Grant, toujours en quête d&#8217;une nouvelle image. Dans <em>Pour un garçon</em>, il s&#8217;est coupé les cheveux, et joue enfin un type détestable. Héritier, glandeur, égoïste et cynique, il voit sa petite vie tranquille bouleversée par l&#8217;intrusion d&#8217;un gamin paumé, en quête de repères, et il faut le dire, un peu flippant. Adapté du roman de Nick Hornby, <em>Pour un garçon</em> est le reflet de la sensibilité amusée de l&#8217;auteur de <em>High Fidelity</em>, chroniqueur juste des solitudes londoniennes.</p>
<p>Enfin, c&#8217;est la Saint-Valentin, et TMC a cru bon de diffuser, en VF qui plus est, <em>Valentine&#8217;s Day</em>, insipide film choral de Garry Marshall. Mais à la Saint-Valentin, on se refait plutôt l&#8217;incontournable combo <em><a href="/recadrages/nora-ephron-nuits-blanches-seattle-comedie-romantique-amour/" title="Nuits blanches à Seattle : comédie romantique, mon amour !">Nuits blanches à Seattle</a></em>-<em><a href="/cinema/elle-et-lui-leo-mccarey-affair-remember/" title="Elle et lui, de Leo McCarey">Elle et lui</a></em> en rêvant d&#8217;être sur le toit de l&#8217;Empire State Building.</p>
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		<title>Underworld USA, de Samuel Fuller</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Oct 2012 23:24:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[film noir]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Luc Godard]]></category>
		<category><![CDATA[polar]]></category>

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		<description><![CDATA[Un crime, un gamin, un destin, une vengeance… L'amorce est somme toute assez banale pour ce film pourtant génial de 1961 signé Samuel Fuller et édité ici par les éternels fouineurs de WildSide.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/10/underworld-usa-affiche.jpg" alt="Underworld USA, de Samuel Fuller" title="Underworld USA, de Samuel Fuller" width="198" height="280" class="alignleft size-full wp-image-9568" />Tolly Devlin. 14 ans. Son territoire, la rue. Son quotidien, échapper aux flics et dépouiller les ivrognes. Tolly est un voleur à la petite semaine. Un soir, à l&#8217;abri des regards au fond d&#8217;une impasse, il est témoin d&#8217;une rixe : sur un mur, il voit se dessiner les ombres de quatre hommes assenant de coups un cinquième larron. Le gamin réalise, trop tard, qu&#8217;il vient d&#8217;assister au meurtre de son père. A partir de ce jour, Tolly ne vivra que pour une seule chose : assouvir sa vengeance. Et il se montrera patient… très patient. </p>
<p>Un crime, un gamin, un destin, une vengeance… L&#8217;amorce est somme toute assez banale pour ce film de 1961 signé Samuel Fuller et édité ici dans la collection <em>Les Introuvables</em> par les éternels fouineurs de WildSide. Une banalité que Fuller parvient pourtant à sublimer et à faire voler en éclat grâce à une mise en scène de toute beauté, inventive, incisive et nerveuse. <em>Underworld USA</em> est le film d&#8217;un homme en colère. A travers le désir absolu de vengeance de son personnage principal – incarné par un Cliff Robertson impeccable (mais si voyons ! C&#8217;est oncle Parker dans <em>Spiderman</em> I et II de Sam Raimi) –, le réalisateur pose un regard plein de rage sur une Amérique à la dérive, sur son tissu social qui se délite et ses institutions paralysées, tenues en laisse par des crapules toutes-puissantes. Une Amérique à l&#8217;image de ce Tolly Devlin, devenu grand et prêt à tout pour arriver à ses fins, manipulant les mafieux comme les flics. Glanant quelques confidences sur l&#8217;oreiller auprès de la belle Cuddles (Dolores Dorn), dont il ignore froidement les avances. Il n&#8217;y a chez lui aucune conscience de l&#8217;autre. Aucune vision collective. Aucune intention de débarrasser son pays de la corruption et du crime. Il agit seul et pour ses seuls intérêts. A travers lui, tel le journaliste spécialisé dans les affaires criminelles qu&#8217;il était dans sa jeunesse, Samuel Fuller fustige cette Amérique du début des années 1960, où la drogue se vend à la sortie des écoles et des campus, où les truands font faire le trottoir à des gamines, où la police ferme les yeux en échange de quelques contreparties financières. <span id="more-9563"></span>Il dresse d&#8217;ailleurs de façon très claire, quasi didactique, le portrait de cette société dégénérée à travers la bouche de l&#8217;un de ses personnages, Driscoll (Larry Gates), le chef de la commission chargée de la lutte contre le crime organisé : </p>
<p><em>&#8220;Les patrons des syndicats dirigent les opérations comme les généraux, leurs divisions. Et au-dessus de tout ça, les gros bonnets, les patrons de la pègre. Chaque patron a sa branche. Gela, la drogue. Gunther, les syndicats. Smith, la prostitution. Ils ont des couvertures, paient leurs impôts, présentent bien. Au-dessus d&#8217;eux, nous avons Earl Connors. Leur patron. Habile, chaleureux, charitable et bestial. Il arbitre les conflits entre patrons. Il dirige au niveau national et contrôle le siège à National Projects (…). Une façade honorable qui dissimule d&#8217;autres activités (…). La plus forte hausse de crime, c&#8217;est la drogue chez les jeunes et la prostitution chez les écolières. Ils prennent des cafés comme couvertures. La pègre recrute les jeunes de ce pays.&#8221;</em></p>
<p>Une pyramide sociale qui, selon Fuller, à moins d&#8217;une réaction politique forte, n&#8217;a pas de raisons de s&#8217;écrouler :</p>
<p>[Earl Connors (Robert Ernhardt), le boss de la pègre :] <em>&#8220;Il y a au moins 13 millions de gosses de 10 à 15 ans dans ce pays. Une seringue n&#8217;a pas de conscience. (…) Il y aura toujours des gens comme Driscoll et des gens comme nous. Tant qu&#8217;on ne met rien par écrit, qu&#8217;on a National Projects, des activités légales pour payer nos impôts, qu&#8217;on fait des dons et qu&#8217;on organise des kermesses, on gagnera la guerre, comme toujours.&#8221;</em></p>
<p>On retrouve dans <em>Underworld USA</em> les grands thèmes qui alimenteront quelques années plus tard <em>Casino</em> et <em>Les Affranchis</em> de Scorsese ou, bien sûr, la trilogie siciliano-new-yorkaise de Coppola. Tout est là. L&#8217;écrivain James Ellroy, en disciple scrupuleux, ira jusqu&#8217;à donner le titre du film à l&#8217;un de ses romans. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/10/underworld-usa-2.jpg" alt="Cliff Robertson et Dolores Dorn" title="Cliff Robertson et Dolores Dorn" width="280" height="253" class="alignright size-full wp-image-9569" />Pour rendre compte de cette violence, Fuller ne laisse rien au hasard, insufflant à son film une force de suggestion formidable. Les cadres sont millimétrés, les gros plans scrutent les visages et leurs émotions. Le jeu d&#8217;ombres et de lumières nous ramène aux plus belles heures de l&#8217;expressionnisme allemand d&#8217;un Murnau ou d&#8217;un Fritz Lang. La caméra est en mouvement perpétuel, animée d&#8217;une agitation tourmentée, fiévreuse. Fuller fait fi de la censure grâce à un montage elliptique, des <em>jump-cuts</em> et une utilisation du hors-champ absolument géniale, insinuant ainsi à l&#8217;écran cette brutalité que ses contemporains refusent de voir ou de montrer. Il y a notamment cette séquence terrible pendant laquelle Gus (Richard Rust), l&#8217;homme de main aux lunettes noires, poursuit en voiture une petite fille sur son vélo. Avec un rythme de plus en plus haletant, Fuller alterne les plans sur les roues tantôt du vélo, tantôt de la voiture, pour finir sur le cri d&#8217;une mère effrayée qui assiste à la scène, impuissante. Nous sommes en 1961 et Fuller filme le meurtre d&#8217;un enfant. Ajoutons à cela une femme battue, un homme brûlé vif dans sa voiture, une huile de la police trempée jusqu&#8217;au cou qui se fait sauter le caisson pour échapper à l&#8217;enquête : le cinéaste ne nous épargne rien. Le tout saupoudré d&#8217;un humour sarcastique inimitable. Comme demander gentiment du feu pour allumer une cigarette après l&#8217;avoir mis à une voiture. Ou cacher de la drogue dans des boîtes de cartouches de revolver dans un magasin de sport avec, inscrit en arrière-plan : <em>&#8220;Clean sports make a clean America.&#8221;</em> Fuller est amer. Mais comme nous l&#8217;explique Noël Simsolo dans un entretien proposé en bonus du DVD, <em>&#8220;[Samuel Fuller] est pessimiste parce qu&#8217;il espère que ça peut changer&#8221;</em>, contrairement à l&#8217;optimiste qui n&#8217;attend rien puisque, pour lui, tout va bien.</p>
<p><em>Underworld USA</em> est un film plein d&#8217;audace, tant dans la réalisation que dans le discours, nourri par une réflexion étonnamment lucide et moderne sur les rouages d&#8217;un système et d&#8217;un modèle de société qui n&#8217;a finalement pas vraiment changé. Et enfin, <em>Underworld USA</em> résonne comme la parfaite définition de ce qu&#8217;est le cinéma pour Samuel Fuller. Une définition que le réalisateur offrira quatre ans plus tard à la caméra de Jean-Luc Godard dans son <em>Pierrot le fou</em> où Fuller interprète son propre rôle : </p>
<p><em>&#8220;C&#8217;est comme une bataille. L&#8217;amour, la haine, l&#8217;action, la violence et la mort. En un seul mot, c&#8217;est l&#8217;émotion.&#8221;</em></p>
<p>Underworld USA <em>de Samuel Fuller avec Cliff Robertson, Dolores Dorn, Beatrice Kay, Larry Gates, Richard Rust&#8230; Etats-Unis, 1961. Sortie en DVD le 3 octobre 2012.</em></p>
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