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	<title>Grand Écart &#187; écologie</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Anaïs et Guillaume, seigneurs du terroir</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Feb 2016 10:20:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[écologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Les tisanes d’Anaïs prennent soin de notre corps et de notre esprit. Guillaume nous avertit des problèmes qui gangrènent le monde viticole. Ils sont à leur manière des seigneurs du terroir. ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Les tisanes d’Anaïs prennent soin de notre corps et de notre esprit. Guillaume nous avertit des problèmes qui gangrènent le fonctionnement du monde viticole. Ils sont tous deux à leur manière des seigneurs du terroir. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/02/anais-kerhoas-va-en-guerre-marion-gervais.jpg" alt="Anaïs s&#039;en va-t-en guerre, de Marion Gervais" title="Anaïs s&#039;en va-t-en guerre, de Marion Gervais" width="214" height="280" class="alignleft size-full wp-image-23071" /><strong><em>Anaïs s’en va-t-en guerre !</em>, documentaire réalisé par Marion Gervais avec Anaïs Kerhoas, Cybelle Camomille, Hugues Cassis, Fleur Guimauve, Louis Ortie, Marguerite Sauge, Fernande Basilic, Lucien Citronnelle et Bernard Estragon (non crédités)&#8230;</strong></p>
<p>Anaïs a 24 ans. Elle vit seule dans une petite maison au milieu d’un champ en Bretagne. Rien ne l’arrête. Ni l’administration, ni les professeurs misogynes, ni le tracteur en panne, ni les caprices du temps, ni demain ne lui font peur. Portée par son rêve de toujours : celui de devenir agricultrice.<br />
Il s’en est passé des choses depuis la diffusion d’<em>Anaïs s’en va-t-en guerre !</em> de Marion Gervais sur TV Rennes. Des choses bien. Les plantes poussent, la petite entreprise d’Anaïs grandit à vue d’œil et Marion Gervais colle aujourd’hui sa rétine de cinéaste accomplie sous d’autres cieux.<br />
Anaïs qui ressemble à bien des égards à son lointain cousin Jean de Florette cultive l’authentique au cœur d’un paradis qu’on dit aromatique. Planter, soigner et récolter, Anaïs égraine ses journées au rythme imposé par Mère Nature.<br />
N’imaginez surtout pas la demoiselle en rêveuse de service, même si les rêves préparent le terrain. N’imaginez surtout pas la demoiselle en jolie brindille des campagnes montée sur piles électriques, même si la magnétique jeune femme bouffe l’écran à chaque plan. Anaïs n’est pas que ça ! Oh non&#8230;<br />
Anaïs trace son sillon, une veine où s’écoule son abnégation. Elle va de l’avant et sait ce qu’elle veut, parce qu’elle en veut. Passion et volonté nourrissent son lopin de terre. La rage qui l’habite lui donne la force d’un titan. <span id="more-23067"></span><br />
Qui s’y frotte s’y pique ! Les cultos, gros lourdingues qui la gavent, symbole du défaitisme rabat-joie, en prennent pour leur grade. Marion Gervais a su capter la puissance d’une résistante. Les rares moments de relâchement sont tout autant bouleversants. Anaïs, c’est un caractère, le coup de pied au cul salvateur.<br />
Et pourtant, envier sa place (mode bobo parigo) sans comprendre le travail abattu serait tout à fait déplacé. En Bretagne, la terre est basse (oui, mais plus basse qu’ailleurs), les saisons capricieuses, les vents querelleurs, les dettes et l’incertitude fichent la trouille. Et si les plantes décidaient un matin de ne plus pousser ? Chez Anaïs, le confort quotidien se mérite.<br />
Envions-lui sa liberté, nous, pauvres pêcheurs. Une liberté totale et le bonheur absolu de ne faire aucune concession. Anaïs est une alchimiste, et je sais de quoi je parle, car ces tisanes, fameuses, je les ai goûtées et je les aime. Ce travail exhale les parfums du respect et de l’exigence.<br />
Vivons d’amour et d’eau chaude ! &#8211; comme elle le dit si bien.<br />
Pour commander, c’est ici : <a href="https://www.lestisanesdanais.fr/" target="_blank" rel="nofollow">www.lestisanesdanais.fr</a><br />
DVD disponible aux Editions Montparnasse.</p>
<p>&nbsp;<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/02/insecticide-mon-amour-dvd-guillaume-bodin.jpg" alt="Insecticide, mon amour, de Guillaume Bodin" title="Insecticide, mon amour, de Guillaume Bodin" width="198" height="280" class="alignleft size-full wp-image-23072" /><strong><em>Insecticide, mon amour</em> réalisé par Guillaume Bodin avec Guillaume Bodin, Thibaut Liger-Belair, Emmanuel Giboulot, Claude et Lydia Bourguignon&#8230;</strong></p>
<p>Guillaume a 26 ans, il est réalisateur et ouvrier viticole en Saône-et-Loire lorsqu’il est victime des traitements obligatoires aux insecticides contre la cicadelle de la flavescence dorée. Comme il est impossible de se faire entendre, il décide de quitter son travail et d’enquêter sur la question. Il part à la rencontre de nombreux acteurs du milieu viticole et scientifique comme Emmanuel Giboulot et Thibault Liger-Belair, ces vignerons ayant refusé de traiter aux insecticides. Ou Jean-Marc Bonmatin, chercheur au CNRS et lanceur d’alerte sur les effets catastrophiques de l’utilisation de ce type de pesticides sur l’environnement. Le couple Claude et Lydia Bourguignon apporte de nombreuses informations sur l’impact de ces produits chimiques sur la faune des sols.<br />
Guillaume Bodin n’est plus ouvrier agricole mais il est devenu un grand pédagogue. Son précédent film, <em>Les Clés du terroir</em>, présentait déjà avec efficacité la richesse et la beauté de notre terre. Ce n’est pas une tâche aisée, croyez-moi, de faire comprendre à qui veut bien entendre, que le sol français recèle des milliers de terroir et qu’une identité paysagère se compte en mètres et même parfois en centimètres. Imaginez le bordel dans le cerveau d’un préfet quand on lui parle de microbiologie. Tous ces vins, tous ces fromages, toutes ces saveurs, toutes ces traditions, tous ces paysages… mais dans quel pays vivons-nous ! Les technocrates ne sont pas sensibles aux petites échelles. Ils préfèrent s’enivrer des feuilles Cerfa, se rouler dans la paperasse et jouir du dernier alinéa. Pourtant, avec cette France du local qui tire son essence de l’émiettement communal, ils devraient être heureux nos hommes d’Etat ! Bah oui, c’est 36 000 raisons de prendre des arrêtés pour 36 000 clans supposés. Supposer se supporter ? Là, on a un problème.<br />
Guillaume Bodin s’interroge sur les conséquences de l’arrêté préfectoral sur les traitements obligatoires aux insecticides pris notamment en Saône-et-Loire il y a quelques années contre la cicadelle de la flavescence dorée. Késako la cicadelle ? La cicadelle est une petite bête (un insecte qu’on dit à l’école primaire !) qui s’attaque à la vigne.<br />
Bilan : au lieu de traiter localement et de prendre et comprendre le problème à sa source, la préfecture a ordonné aux viticulteurs d’épandre les insecticides (trois traitements) sur les zones touchées et bien entendu sur les zones non contaminées. Aujourd’hui, on applique à tour de bras le principe de précaution. N’oubliez pas que le pinard qui devrait être obligatoire est un sacré business ! Bref, on répand et on éparpille façon puzzle ! Au diable la problématique des causes, les analyses de terrain et les impacts sur l’environnement.<br />
Allons messieurs, il faut agir et vite, avant qu’il n’y ait plus rien à boire car c’est à boire qu’il nous faut.<br />
Guillaume Bodin expose avec simplicité les aberrations et les dangers du monde moderne. Par exemple, prenons le cas des frontières départementales. Quand le département de la Saône-et-Loire publie l’arrêté qui ordonne l’utilisation de pesticides pour vaincre le mal appelé cicadelle, eh bien de l’autre coté de la route dans le département du Rhône, aucune décision n’est prise contre le fléau. La cicadelle peut tranquillement refiler sa jaunisse !<br />
Aussi, les viticulteurs respectueux de l’environnement (inquiets pour des raisons de santé publique) qui refusent d’épandre les produits chimiques se mettent à dos une partie du métier. Et c’est le bordel ! C’est la chienlit. Penser les actions de prévention et de précaution nécessite que l’on réfléchisse tous en terme d’habitat et d’écosystème. Toutefois, parler le même langage, mutualiser les connaissances et les savoirs, ce n’est pas pour demain. La cicadelle, elle, ne poireaute pas des plombes à la sous-préfecture pour obtenir son autorisation de nuire. Elle va au charbon !<br />
Guillaume Bodin invite devant sa caméra des spécialistes du terroir, des défenseurs de la nature, des politiques, des responsables de coopératives et des viticulteurs. Tous ne sont pas d’accord. Tous n’ont pas le même point de vue. Seules les autorités et les grandes huiles ont offert une fin de non-recevoir.<br />
Guillaume Bodin mérite le prix Demeter du meilleur documentaire. Un documentaire où l’on se sent concerné. A not’ bonne santé !<br />
Disponible en DVD aux Editions Montparnasse.</p>
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		<title>Rencontre avec Kelly Reichardt</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Apr 2014 06:54:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alice Fargier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[Kelly Reichardt]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[thriller]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est bientôt midi, je retrouve Kelly Reichardt au Lutétia, lieu qui détonne étrangement avec son univers cinématographique… On se souvient du très beau <em>Wendy et Lucy</em> où Michelle Williams errait, volait et...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/affiche2.jpg" alt="Night Moves, de Kelly Reichardt" width="188" height="250" class="alignleft size-full wp-image-16880" />Il est bientôt midi, je retrouve Kelly Reichardt au Lutétia, lieu qui détonne étrangement avec son univers cinématographique… On se souvient du très beau <em>Wendy et Lucy</em> où Michelle Williams errait, volait et dormait dans une vieille bagnole avec pour seul compagnon un labrador. <em>Night Moves</em> se passe dans une ferme biologique de l’Oregon et met en scène l’action terroriste de trois jeunes écologistes radicaux : l’explosion d’un barrage hydroélectrique. Mais ce projet va avoir des conséquences inattendues&#8230;</p>
<p><strong>Vous vous apprêtez à déjeuner, qu’est-ce que vous allez choisir sur la carte?</strong></p>
<p>C’est ça, la question ! Voyons ce qu’il y a sur ce menu… Eh bien, peut-être tout simplement un sandwich au fromage et de la salade verte…</p>
<p><strong>Et d’habitude, quand vous n’êtes pas en entretien, qu’est-ce que vous mangez ?</strong></p>
<p>Si je suis chez moi, beaucoup de lentilles en soupe. Je ne sais cuisiner que quatre ou cinq plats !</p>
<p><strong>Mais est-ce que vous mangez bio ?</strong></p>
<p>Oui, quand je peux… <em>[elle rit]</em></p>
<p><strong>Avez-vous fréquenté beaucoup de fermes biologiques comme celle que vous montrez dans votre film ? Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de plonger dans ce milieu ?</strong></p>
<p>C’est cette ferme en particulier qui m’a donné l’envie d’écrire ce film. Jon Raymond, mon scénariste, a passé beaucoup de temps chez des amis qui tiennent cette ferme et quand il revenait, il me racontait toujours leurs discussions et l&#8217;intérêt politique de cet endroit. Il m’a proposé de venir découvrir ce lieu en pensant que j’aimerais le filmer. <span id="more-16876"></span>Et il a eu raison ! Là-bas, c’est formidable, l’eau utilisée provient uniquement de la pluie, l’électricité est solaire… Il y a une dimension communautaire, basée sur le partage de la production. Quelqu’un produit les œufs, quelqu’un d’autre le lait, les légumes, un autre la viande et ils échangent. Tout est réfléchi pour émettre le moins de carbone possible.</p>
<p><strong>Est-ce aussi la beauté des fruits et des légumes que vous avez eu envie de filmer ? Ils forment de petites taches de couleurs joyeuses au sein du marasme de la deuxième partie du film…</strong></p>
<p>Tout ce qui pousse naturellement est vraiment très beau. Je veux faire comprendre dans ce film l’attachement des personnages à la beauté naturelle du monde… Toute cette vallée est magnifique et ça fait partie de la motivation des personnages dans leur acte terroriste, c’est ce qu’ils veulent protéger.</p>
<p><strong>Est-ce qu’à travers ce film vous cherchez aussi à explorer la question du mal qui se trouve en chacun de nous, même des individus pleins d’idéaux et de bonnes intentions ?</strong></p>
<p>J’espère que le film parle de beaucoup de choses… D’abord, il s’agissait d’essayer d’analyser et de voir comment fonctionne un fondamentaliste, quelqu’un qui a des bases idéologiques très fortes, qui est assuré et qui a de l’aplomb dans son idéologie. Faire cette analyse a été réellement le premier objectif de notre scénario.</p>
<p><strong>En commençant l’écriture, saviez-vous déjà la tournure tragique qu’allaient prendre les événements ou étiez-vous un peu comme les personnages de votre film, c’est-à-dire dans le suspense ?</strong></p>
<p>Bien sûr on le sait parce qu’il faut bien qu’on le mette en scène mais l’écriture c’est un processus, on avance, on recule, on essaye des choses… Je devrais tenir un journal pour me rappeler exactement des changements ! C’est bien d’écrire à deux car quand vous êtes sûr de quelque chose, l’autre le remet en question, donc on le convainc et puis du coup vous êtes plein de doutes vous-même. Puis c’est lui qui vous convainc que votre idée est la bonne ! C’est un aller-retour incessant…</p>
<p><strong>Vous êtes professeur de cinéma à New York, la fréquentation de jeunes étudiants vous a-t-elle inspiré lors de l’écriture de vos personnages ? Avez-vous des étudiants qui, comme vos personnages, ont des convictions politiques très fortes ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/nightmoves.jpg" title="Night Moves, de Kelly Reichardt" alt="Night Moves, de Kelly Reichardt" width="250" height="156" class="alignright size-full wp-image-16885" />J’en connais des jeunes très politisés, oui… Mais malheureusement pas là où j’enseigne ! Je demande à mes étudiants : <em>« Est-ce que vous n’êtes pas en colère contre quoi que ce soit ? »</em> Et ils me disent : <em>« Mais de quoi parlez-vous ? »</em> Je répète : <em>« Vous n’êtes pas en colère du tout ? »</em> Et eux : <em>« Mais à propos de quoi ? »</em> En réalité, ils sont assez indifférents au monde dans lequel ils vivent… Mais j’ai suffisamment de ce genre d’idées en moi-même, je n’ai pas besoin de demander à qui que ce soit. J’ai une colère très immature en moi ! Et Jon est quelqu’un de plus équilibré, de plus philosophe. Donc c’est un bon mélange ! C’est intéressant de se rappeler précisément le moment dans la vie où l’on devient conscient, où l’on commence à avoir une conscience politique. Pour moi, ça s’est passé à la fin des années 1980 avec l’irruption de la pandémie de sida. Dans mon monde, dans ma vie, c’est ça. Je me souviens que j’étais à un âge où nous focalisions la colère qui était en nous, finalement contre nos parents ou leur monde, leur culture car ils représentaient quelque chose qui avait à voir avec ce contre quoi nous nous battions. En fait, mes recherches se basent sur ma mémoire, mes souvenirs, autrement dit, je suis l’objet de mes propres recherches !</p>
<p><strong>Et est-ce que, plus jeune, vous avez commis des actes terroristes ?</strong></p>
<p>Non, j’ai bien trop peur de la prison ! Le point de départ du film est né de conversations avec Jon Raymond. On se disait : mais pourquoi est-ce qu’on n’est pas si en colère que ça ? Qu’est-ce que l’on fait vraiment ? Et si l’on admettait ce que l’on ne fait pas en regard de l’état désastreux de l’environnement…</p>
<p><strong>On est très frappé par la bande-son et la musique dans votre film, très spécifique selon les décors. C’est par elle qu’on pénètre dans les lieux et elle contient parfois une forme d’ironie… </strong></p>
<p>Jeff Grace est le nom du compositeur et c’était un travail assez long sur la durée avec beaucoup d’allers-retours, on faisait des recherches dès le début. On commençait d’un point de vue assez théorique par l’idée de la séquence et comment il fallait la traiter, quels étaient les sons traduisant cette idée. Il a vu de nombreux montages différents du film et pendant le montage, j’allais le voir chez lui pour travailler, puis il m’envoyait de la musique et j’essayais de l’incorporer au montage et ceci pendant des mois et des mois, car je monte sur une très longue période… Il a commencé très en amont, sur un des tout premiers montages. Et en fait c’est vraiment le dernier collaborateur du film car même après le final cut, lui continue de peaufiner la musique…</p>
<p><strong>Pourquoi avez-vous choisi de monter seule ?</strong></p>
<p>A part le premier, j’ai monté tous mes films seule. C’est agréable une fois qu’on a travaillé en équipe sur le tournage de se retrouver tout seul, de nouveau. Et de s’assurer d&#8217;avoir vraiment essayé toutes les options, toutes les possibilités. C’est aussi une façon d’apprendre du film, parce que quand vous montez vos propres images, vous voyez du coup très bien ce que vous auriez dû faire au tournage. Je pense que beaucoup de réponses qu’on cherche quand on met en scène se trouvent au montage, et vous les utiliserez plus tard, vous progresserez. Enfin, si jamais vous avez la chance ensuite de faire un autre film ! Autrement ce n’est que du regret… <em>[elle rit]</em></p>
<p><strong>Néanmoins, est-ce que quelques amis collaborateurs viennent pendant la phase de montage et voient votre travail en cours ?</strong></p>
<p>Oui. En fait ce sont toujours les mêmes six personnes auxquelles je montre mes films… Jon regarde les différents montages, Todd Haynes, qui est un ami très proche et qui est producteur délégué du film, Larry Fessenden qui lui est réalisateur, a monté mon premier film et m’a appris à monter et quelques autres… Ce sont des gens avec qui, comme une petite communauté, nous partageons beaucoup de choses dans nos travaux, et on fait ça ensemble depuis vingt ans ! </p>
<p>&nbsp;<br />
Night Moves<em> de Kelly Reichardt, avec Jesse Eisenberg, Dakota Fanning, Peter Sarsgaard&#8230; Etats-Unis, 2014. Sortie le 23 avril 2014.</em></p>
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		<title>Polluting Paradise, de Fatih Akin</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Dec 2013 13:32:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cédric Janet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>

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		<description><![CDATA[Pendant que nous sommes bien au chaud chez nous à regarder la <em>Nouvelle Star</em>, Fatih Akin filme l'impuissance de villageois face au cynisme des hommes de pouvoir. Un documentaire brillant.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4>Chronique d&#8217;une catastrophe écologique annoncée</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/11/polluting-paradise-fatih-akin-affiche-film.jpg" alt="Polluting Paradise, de Fatih Akin" title="Polluting Paradise, de Fatih Akin" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-15124" />Fatih Akin, cinéaste allemand d’origine turque, célébré par le public et la critique pour les excellents <em>Head-On</em> et <em>Soul Kitchen</em>, retourne dans son village natal à Çamburnu près de la mer Noire, caméra au poing, résolu à nous expliquer l’inégal combat des habitants et du maire contre la construction d’une décharge à ciel ouvert, projet décidé en haut lieu au mépris de l’environnement. </p>
<p>Que faire de l’ancienne carrière de Çamburnu ? Un trou béant, laissé à l’abandon, épuisé, il faut le combler. Oui, mais le combler de quoi ? Les notables de la région s’organisent une petite sauterie, les idées fusent (-ça bosse fort- me souffle Laurent Ruquier) et la solution sort de l’éther. L’aboutissement des recherches portera le nom d’Opération brouzouf. Une démarche politico-économique qui vise à débarrasser la grande ville de ses déchets pour les stocker dans la fosse géante.<br />
Les travaux débutent par la pose d’un revêtement imperméable. On chouchoute la nappe phréatique, c’est déjà ça. Mais voilà, la bâche plastique se déchire sous les lames des engins de terrassement. L’entreprise qui ne connaît pas la crise construit à la hâte le bassin de rétention. Les voisins s’inquiètent. A ce rythme, l’eau noire fera la fierté du pays comme les malformations congénitales. <span id="more-15118"></span><br />
Les premiers camions-poubelles débarquent. Enormes. Monstrueux. Leurs gros ventres chient des sacs. Les déchets s’amoncellent. On les pile. On les tasse. Le temps se gâte. Un orage éclate. Les détritus remontent tout doucement la pente. Le pays sent la merde. Une odeur rance qui pique les yeux et rend fou. Tout près, les cueilleurs récoltent le thé.<br />
Le gouverneur de la province inspecte la décharge. Il conseille aux ingénieurs de la consolider, insiste sur la préservation de l’environnement. Personne n’est dupe. Les enjeux financiers bloquent tout dialogue. Les décideurs laissent la population gronder. Après tout, elle finira par se calmer, anesthésiée par les odeurs de chat crevé.<br />
Jusqu’au jour de la catastrophe.</p>
<p>Çamburnu suffoque. Les petites gens suffoquent, on ne les entend pas. Le trou comblé, on ne les écoute plus. Dont acte.<br />
<em>Polluting Paradise</em> pose le constat brillant de l’impuissance de la société villageoise contre le cynisme des hommes de pouvoir.<br />
Un documentaire brillant sur le temps passé qui ne reviendra plus. </p>
<p>&nbsp;<br />
Polluting Paradise <em>de Fatih Akin. Turquie, 2012. Sortie le 29 mai 2013. Disponible en DVD.</em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/q0rflp/zone/2/autoplay/no/"></script></center></p>
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		<item>
		<title>Rencontre avec Alex et David Pastor</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/portraits/rencontre-freres-alex-david-pastor-realisateurs-derniers-jours-apocalypse/</link>
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		<pubDate>Tue, 06 Aug 2013 14:10:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[film catastrophe]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[Attention talent ! Que les frères Coen et autres Dardenne prennent garde : une autre fratrie de réalisateurs, espagnole celle-ci, montre toute l’étendue de son savoir-faire dans un film d’anticipation...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/08/lesderniersjours-5.jpg" alt="Les Derniers Jours d&#039;Alex et David Pastor" width="280" height="168" class="alignleft size-full wp-image-14295" />Attention talent ! Que les frères Coen et autres Dardenne prennent garde : une autre fratrie de réalisateurs, espagnole celle-ci, montre toute l’étendue de son savoir-faire dans un film d’anticipation angoissant, <em><a href="/cinema/derniers-jours-alex-david-pastor/" target="_blank">Les Derniers Jours</a></em>. Rencontre avec Alex et David Pastor, un duo qui n’a pas fini de faire parler de lui.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong><em>Les Derniers Jours</em> est-il le fruit d’une volonté de montrer que les réalisateurs espagnols peuvent autant accoucher de films apocalyptiques que les Américains ?</strong></p>
<p>Ce n&#8217;était pas un objectif en soi. On sentait que l&#8217;on tenait une histoire qui méritait d&#8217;être racontée. En revanche, c&#8217;est un aspect que l&#8217;on avait constamment dans un coin de nos têtes. De nos jours, le public a vu le monde être détruit de tant de manières, avec des budgets colossaux et des tonnes d&#8217;effets spéciaux. Alors, on a dû être capables de livrer, à cet égard, des images saisissantes et qui ont également un sens, une portée. Et on a tenu à équilibrer tout ceci avec une solide dose de personnages et d&#8217;émotions humaines, plus terre-à-terre. C&#8217;est ce qui nous intéressait le plus et c&#8217;est ce qui est souvent négligé dans les films des studios américains.</p>
<p><strong>Votre film est-il une allégorie de la crise qui touche le monde entier et l’Espagne en particulier ?</strong></p>
<p>On a commencé à écrire le film en 2008, avant le début de la crise financière. Le propos tendait plutôt vers une critique générale de notre mode de vie contemporain, ultra-technologique : la manière dont nous passons nos journées enfermés, assis devant des ordinateurs, à vivre une vie qui n&#8217;est plus naturelle. Mais quand nous étions en train d&#8217;écrire et de retravailler le script, l&#8217;économie mondiale s&#8217;est écroulée : le marché s&#8217;est écrasé, le chômage a explosé et les gens ont commencé à perdre leurs maisons&#8230; <span id="more-14284"></span>Ca arrivait tout autour de nous, au moment même où l’on écrivait le film : à la télévision, dans les journaux, dans la rue… Ca soulignait exactement les thèmes de notre film. Non seulement notre mode de vie s&#8217;éloigne de plus en plus de Mère Nature et ne nous rend pas plus heureux, mais en plus, il semblerait qu&#8217;il ne soit pas durable. Alors, il nous a paru inévitable que la réalité trouve son chemin dans notre histoire et influence le film, particulièrement dans le cas d&#8217;Enrique, l&#8217;expert en ressources humaines, interprété par José Coronado.</p>
<p><strong>On ne sait rien de l&#8217;origine de cette épidémie qui frappe les humains&#8230; On pense évidemment à <em>Phénomènes</em> de M. Night Shyamalan ou <em>Blindness</em> de Fernando Meirelles. Aviez-vous ces deux films comme référence ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/08/lesderniersjours-affiche.jpg" alt="Les Derniers Jours d&#039;Alex et David Pastor" width="210" height="280" class="alignright size-full wp-image-14280" />C&#8217;est drôle parce qu&#8217;on travaillait déjà sur notre projet quand ces deux films sont sortis. <em>Phénomènes</em> nous a inquiétés quand on l&#8217;a vu au cinéma, car on a eu peur que certaines similarités superficielles puissent nous empêcher de trouver des financements pour <em>Les Derniers Jours</em>. C&#8217;est une peur constante quand on écrit un film. Est-ce que quelqu&#8217;un, quelque part, est-il en train de développer quelque chose qui pourrait être perçu comme similaire ? Et si c&#8217;était le cas, est-ce que cela aurait un effet néfaste sur notre projet ? Ecrire un film peut être un processus lent et, pendant ce laps de temps, d&#8217;autres films, ressemblant de près ou de loin au vôtre, peuvent sortir, et ça, c&#8217;est particulièrement angoissant. Concernant <em>Blindness</em>, le film en soi n&#8217;était pas une référence pour nous. Mais par contre, <em>L’Aveuglement</em> de José Saramago, le roman dont il est l’adaptation, lui, l&#8217;est tout à fait. Nous en sommes fans. Ce roman nous a prouvé que l&#8217;on n&#8217;a pas besoin d&#8217;expliquer le comment du pourquoi. Les origines de l&#8217;épidémie ne sont pas intéressantes en soi : ce qui est fascinant, ce sont toutes les conséquences, la manière dont les gens sont affectés et dont ils réagissent.</p>
<p><strong>Pensez-vous que l’être humain soit condamné ?</strong></p>
<p>Honnêtement, ça dépend des jours&#8230; On espère que non ! On est mariés, on a des enfants, des hypothèques, alors on vit comme tout un chacun, en pensant que le monde continuera à avancer et qu&#8217;il y aura des lendemains qui chantent. Maintenant, à chaque fois qu&#8217;on lit quelque chose à propos du réchauffement de la planète, on ne peut pas s&#8217;empêcher de paniquer. Tous les scientifiques sont d&#8217;accord pour dire que l&#8217;on n&#8217;a plus de temps à perdre, mais nous n’avons pas l’impression que des choses tangibles soient faites pour endiguer le problème. Malheureusement, conduire des vélos et utiliser des lampes à basse consommation, cela ne suffira pas. Nous avons besoin de profonds changements dans notre mode de vie, pas seulement au niveau personnel, mais au niveau macro-économique aussi. Et ça, ça exige beaucoup de coopération entre les gouvernements et entre les secteurs public et privé. Mais est-ce réellement ce qui se passe ?</p>
<p><strong>Vous dites que votre film est optimiste car une nouvelle génération réussit à dépasser les phobies de la génération précédente. Pourtant cette dernière reste dirigée par ses peurs…</strong></p>
<p>Notre film, et même chaque film en général, n’est vraiment terminé, complété, que par le public, au cinéma ou chez lui. Chaque fois que vous regardez un film, vous l&#8217;interprétez à travers vos propres expériences, votre idéologie, votre personnalité, vos connaissances… Alors c&#8217;est vraiment à vous de voir et de ressentir la fin du film comme vous l&#8217;entendez. </p>
<p><strong>Les dernières minutes proposent en effet un nouveau monde possible. Pourquoi ne pas avoir exploité davantage ce dernier chapitre ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/08/lesderniersjours-3.jpg" alt="Les Derniers Jours d&#039;Alex et David Pastor" width="280" height="182" class="alignleft size-full wp-image-14297" />Eh bien, nous avons toujours su que nous voulions finir le film avec un nouveau départ, une porte entrouverte sur un avenir qui amène un mode de vie radicalement différent de celui que nous avons aujourd&#8217;hui. <em>Les Derniers Jours</em>, c&#8217;est l&#8217;histoire de Marc, la fin de l&#8217;Ancien Monde et un aperçu du Nouveau Monde, celui dans lequel le fils de Marc va vivre. Mais c’est Marc le héros, celui dont on raconte l’histoire. Ce qui arrive après, c&#8217;en est une autre. On a plaisanté sur la possibilité d&#8217;une suite qui suivrait le fils de Marc à travers le monde de demain, mais la vérité, c&#8217;est que nous aurions besoin d&#8217;un énorme budget pour achever un tel projet. Mais si cela intéresse James Cameron de le produire&#8230;</p>
<p><strong>Comment avez-vous tourné la spectaculaire scène de l’ours dans l’église ?</strong></p>
<p>Avec un vrai ours dans une vraie église, en fait ! Nous n’avions pas le budget pour créer un animal en images de synthèse, comme dans <em>L&#8217;Odyssée de Pi</em>. Rien que cela, ça aurait coûté plus cher que le budget total du film. Alors on a trouvé un dresseur qui avait un ours qui avait déjà tourné dans des films et des publicités en Espagne. Il suffisait de bien chorégraphier la scène et de l&#8217;inclure dans le storyboard. Bien sûr, il y a d&#8217;autres petits trucs : un peu d&#8217;images de synthèse pour tout fusionner et placer les acteurs à côté de l&#8217;animal, un ours factice, des doublages… En fait, c&#8217;était complètement à l&#8217;ancienne, mais on s&#8217;est bien amusés !</p>
<p><strong>Pour que le film fonctionne, il fallait un duo de comédiens à la fois antagonistes, mais qui provoquent une empathie immédiate. Comment s’est porté votre choix sur Quim Gutiérrez et José Coronado ?</strong></p>
<p>On savait pendant qu&#8217;on écrivait le script que l&#8217;on voulait José pour le rôle d&#8217;Enrique. C&#8217;est un acteur très talentueux, avec un grand charisme et une présence folle à l&#8217;écran. Mais en même temps, on sentait qu&#8217;il était mal utilisé et sous-estimé. Sa nomination aux Goya pour son rôle dans <em>No habrá paz para los malvados</em> (qu&#8217;il a remporté, d’ailleurs) a été l&#8217;argument de choc pour convaincre les producteurs que c&#8217;était notre homme. Ce qui est bien avec José, c&#8217;est qu&#8217;il est non seulement très passionné par son travail et qu&#8217;il lui donne tout, mais aussi qu&#8217;il ne craint pas de jouer un connard détestable tel qu’Enrique au début du film. Quant à Quim, il est arrivé après. On sentait qu&#8217;il était parfait pour le rôle, car il était capable d&#8217;incarner les deux facettes du personnage de Marc. D&#8217;un côté, il rend crédible et attachant ce programmateur ringard, paumé et un peu immature, incapable de grandir. C&#8217;était important pour nous de commencer avec un personnage vulnérable, un homme auquel on puisse tous s’identifier, loin des héros invincibles que l&#8217;on trouve dans les blockbusters américains. De l&#8217;autre côté, quand la merde arrive, vous arrivez complètement à croire qu&#8217;un type comme Quim peut relever le défi de se battre pour rejoindre l&#8217;amour de sa vie. C&#8217;était un équilibre difficile que Quim a parfaitement réussi à atteindre.</p>
<p><strong>Décors impressionnants, effets spéciaux, <em>Les Derniers Jours</em> est un vrai film apocalyptique. Comment parvenir à de tels rendus avec si peu de moyens ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/08/lesderniersjours-1.jpg" alt="Les Derniers Jours d&#039;Alex et David Pastor" width="280" height="149" class="alignright size-full wp-image-14298" />Merci ! Nous sommes très contents si vous avez trouvé cela impressionnant ! Il y a plusieurs raisons qui nous ont permis de pouvoir créer autant de choses avec un budget si limité. La première, c&#8217;est que faire un film en Espagne coûte moins cher. Moins qu&#8217;aux Etats-Unis, où nous avions tourné <em>Infectés</em>, notre premier film. En Espagne, les gens gagnent moins d&#8217;argent. Tout le monde, du directeur jusqu&#8217;au chauffeur de camion, gagne moins que dans une production américaine. La deuxième chose, c&#8217;est que rien n&#8217;est gaspillé, le directeur de production s&#8217;assure que tout l&#8217;argent du budget est bien utilisé pour le film et que cela se voit à l&#8217;écran : décors, effets spéciaux, grues, figurants… Aux Etats-Unis, c&#8217;est différent : parfois, l&#8217;argent va dans des choses qui ne concernent pas directement le film, comme des billets d&#8217;avion en première classe. Pour <em>Infectés</em>, nous avions un assistant personnel qui nous suivait partout en nous demandant si on voulait un café. On a même réalisé une bande-annonce qui n&#8217;a jamais été utilisée. En Espagne, ce type de choses n&#8217;existe pas. Enfin, on pense que <em>Les Derniers Jours</em> a l&#8217;air beaucoup plus impressionnant qu&#8217;il ne l&#8217;est en réalité, grâce au talent, l&#8217;ingéniosité et le travail de toute l&#8217;équipe, du directeur de production au directeur artistique, en passant par le directeur de la photographie, le régisseur extérieur, les studios d&#8217;effets spéciaux… Tous ont travaillé incroyablement dur pour utiliser intelligemment le budget et trouver des solutions créatives afin de réaliser un film spectaculaire. Tout se joue sur la débrouillardise et la créativité.</p>
<p><strong>Et vous, quelles sont vos phobies ?</strong></p>
<p>Si vous comprenez ce terme en tant que peur irrationnelle, nous n’avons pas vraiment de phobie. En fait, ce qui nous empêche de dormir la nuit, c&#8217;est le changement climatique. On se dirige vers des moments difficiles, mais on n&#8217;en est pas pleinement conscients. D&#8217;une certaine manière, nous vivons un pic et les générations suivantes vont nous regarder et nous demander comment on a pu vivre aussi largement, de manière si imprudente, avec autant de gaspillage… </p>
<p>&nbsp;<br />
Les Derniers Jours <em>d’Alex et David Pastor, avec Quim Gutiérrez, José Coronado, Marta Etura. Espagne, 2012. Sortie le 7 août 2013.</em></p>
<p><center><iframe src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01200383/src/x3vlkv/zone/2/autoplay/no/" frameborder="0" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" hspace="0" vspace="0" width="560" height="320"></iframe></center></p>
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		<title>Pierre Rabhi, au nom de la terre, de Marie-Dominique Dhelsing</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Apr 2013 09:26:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Pavan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[écologie]]></category>
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		<description><![CDATA[Penseur, paysan et écrivain, Pierre Rabhi est l’un des pionniers de l’agroécologie en France, cette vision de l’agriculture qui réhabilite le principe fondamental de la terre nourricière, seul écosystème que...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/03/affiche-pierre-rabhi-dhelsing.jpg" title="Pierre Rabhi, au nom de la terre" alt="Pierre Rabhi, au nom de la terre" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-11892" />Penseur, paysan et écrivain, Pierre Rabhi est l’un des pionniers de l’agroécologie en France, cette vision de l’agriculture qui réhabilite le principe fondamental de la terre nourricière, seul écosystème que nous connaissons au sein de l’univers. Respect de la biodiversité, fertilisation organique des sols, gestion parcimonieuse de l’eau, économie du coût des engrais chimiques, relocalisation de l’économie par la valorisation des ressources locales, autonomie alimentaire des individus, etc., sont autant de préceptes à adopter sur l’ensemble du globe. Au-delà des techniques agronomiques, Pierre Rabhi nous propose une voie peu plébiscitée aujourd’hui en répondant à une problématique : comment se réapproprier sa destinée en se faisant l’artisan d’une pensée globale sur la condition humaine. Dans le film, on le suit en Ardèche, où est établi son domaine, en Afrique et en Europe de l&#8217;Est, creusets de quelques projets fondamentaux. Sa pensée nous est décrite au fil des échanges qu’il entretient avec ses pairs et l’on voit ses idées et son savoir-faire concrétisés dans le centre agroécologique des Amanins ou encore la valorisation écologique de monastères roumains. <span id="more-11891"></span>Pour qui cherche à se documenter sur l’agroécologie, <em>Au nom de la terre</em> se révélera peu fouillé et guère convaincant. Les informations que l’on glane çà et là sont certes précieuses mais trop peu nombreuses pour donner une idée précise de la notion. <em>A fortiori</em> si l’on considère qu’il est urgent de changer notre mode de production agricole. L’intérêt est sans doute à chercher ailleurs, dans le parallèle que l&#8217;on perçoit entre l’ensemencement de la terre et l’éveil des esprits. Une graine en donne plusieurs, Pierre Rabhi a un nombre incalculable de projets réussis et en chantier à son actif. Preuve que sa démarche fait des émules et surtout qu&#8217;elle est l&#8217;une des solutions à la résolution du marasme actuel.</p>
<p>&nbsp;<br />
Pierre Rabhi, au nom de la terre<em> de Marie-Dominique Dhelsing. France, 2013. Sortie le 27 mars 2013.</em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/q0xurx/zone/2/autoplay/no/"></script></center></p>
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		<title>Lettre d&#8217;un fan à Steven Seagal</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Jul 2011 13:31:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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		<category><![CDATA[bouddhisme]]></category>
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		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
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		<description><![CDATA[Cher Steven, c'est avec beaucoup d'émotion que je prends la plume pour t'écrire enfin, nonobstant les moqueries et quolibets de mes compagnons d’armes qui te considèrent péremptoirement comme le...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><font size= "+4">&ldquo;</font><br />
<h3>Cher Steven,</h3>
<p>C&#8217;est avec beaucoup d&#8217;émotion que je prends la plume pour t&#8217;écrire enfin, nonobstant les moqueries et quolibets de mes compagnons d’armes qui te considèrent péremptoirement comme le Jean-Claude Van Damme nippo-américain. Oui, Jean-Claude, celui qui te chercha des noises à plusieurs reprises il y a quelques années, voulant absolument t’affronter en combat singulier. Combat ridicule que tu sus décliner, allant même jusqu’à t’excuser de l’éventuel tort que tu avais pu faire à la star belge. A l’époque, il n’avait fallu qu’un pas à Sylvester Stallone pour déclarer avec une certaine idiotie stéroïdienne que si tu avais refusé le duel, c’est que tu crevais de trouille. C’est d’ailleurs en partie ce qui explique ton absence du casting musclé de la franchise <em>Expendables</em>… Evidemment, toi et moi savons qu’en tant que dieu du combat rapproché, si ta rencontre avec Van Damme avait eu lieu, elle aurait été douloureuse et amère pour le karatéka mal intentionné.</p>
<p>Mais nous nous écartons du sujet. A 12 ans je débute le karaté, parce que j’adore l’Asie &#8211; la notion de zen me semble alors incroyablement plus forte que tout le reste -, parce que balancer un coup de pied dans les airs, ça le fait bien, et parce qu’il n’y a pas d’autres disciplines martiales à côté de chez moi. A cette époque, <em>Nico</em> <a href="#ref">(1)</a> sort à peine et personne n’a encore entendu parler de Steven Seagal. Mes héros s’appellent Bruce Lee, Jackie Chan, Chuck Norris et Jean-Claude Van Damme.<span id="more-3706"></span></p>
<p>Et puis sort au ciné <em>Piège en haute mer</em>, un film d’action signé Andrew Davis  avec Tommy Lee Jones et un certain Steven Seagal. Si le film n’est pas vraiment un chef-d’oeuvre, il me rend curieux. Etrange, ce type imposant à l’humour pince-sans-rire qui manie le couteau à la perfection et se bat… comme personne d’autre. Parce qu’il faut bien dire que l’aïkido, l’art martial que tu nous montres à l’écran, est alors quasi inconnu chez nous. C’est moi-même bien plus tard que je le pratiquerai. Bruce Lee puis Van Damme nous ont habitués aux bourre-pifs et aux coups de latte, vaguement aussi au nunchaku. Mais alors les clés de bras et les saisies, le sabre façon Toshiro Mifune, on n’avait jamais vu ça. </p>
<p>Il faut désormais que j’en sache plus sur toi, ô grand maître. Internet n’existe pas encore, et trouver à la fois des infos et les films relève parfois de l’impossible. Heureusement qu’autour de moi circulent des amateurs de films d’action plus âgés qui possèdent quelques pépites, à commencer par le graal : une VHS à la qualité toute discutable de <em>Nico</em>, ton premier film « nourri de ta propre existence ». C’est par ces termes que naît ta légende : un artiste martial, l’un des plus hauts gradés du monde, qui a pratiqué au Japon, parle japonais, a eu un passé trouble et des liens avec la mafia. <em>Nico</em> devient une bombe, la porte d’entrée à un univers dangereusement violent mais excessivement jouissif. On y est plus proche de <em>La Légende du grand judo</em> de Kurosawa que de <em>Kickboxer</em>. Tout à coup, les bastons ressemblent à des casse-tête impossibles à résoudre, trop compliqués, trop rapides, trop… génial. Les coups de pied et les coups de poing, c’est facile d’en saisir la stratégie pavlovienne ; celui qui gagne, c’est celui qui tape le plus fort. Les réalisateurs ménagent les combats pour faire durer le suspense. Dans leurs films, Van Damme ou Stallone sont incapables de gagner un combat sans s’être fait laminer avant. Il doit y avoir une philosophie là-dedans : tu gagnes si tu en chies d’abord.</p>
<p>Dans tes films, dès le début, c’est complètement différent. Les combats sont soignés mais expéditifs ; ça ne dure jamais longtemps, tu cherches l’efficacité et non le plaisir bestial des jeux du cirque. On a beaucoup reproché à ton cinéma de faire l’apologie de la violence à outrance sans réflexion, mais pour moi, ça a toujours été l’inverse : en tranchant avec la production de l’époque, en étant un combattant quasiment invincible, jamais mis en défaut, tu portes haut les valeurs traditionnelles des arts martiaux et le code d’honneur du Bushido <a href="#ref">(2)</a>. En cela, tu es un héritier de Bruce Lee. L’adjectif « martial » suppose qu’on soit déterminé à aller au bout, à s’engager totalement. Dans son <em>Hagakure</em>, Jocho Yamamoto <a href="#ref">(3)</a> écrivait : « La voie du samouraï, c’est la mort. » La formule a longtemps été mal comprise ; elle ne suppose pas que tout samouraï doive mourir, elle suppose que tout samouraï doive vivre avec la mort. S’y attendre, ne pas en avoir peur pour mieux l’appréhender. <em>Nico</em>, <em>Justice sauvage</em> ou <em>Désigné pour mourir</em> sont des films martiaux qui ne se perdent pas en combats interminables et improbables, le héros de ces films est bien plus authentique que les héros-martyrs bodybuildés qu’on voit à l’époque. Si la morale est douteuse, c’est le cinéma d’action qu’il faut blâmer, pas tes films.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/07/bandeau-steven-seagal.jpg" alt="Steven Seagal, aïkidoka, comédien, bluesman, bouddhiste" title="Steven Seagal, aïkidoka, comédien, bluesman, bouddhiste" width="640" height="250" class="aligncenter size-full wp-image-3751" /></p>
<p>Ton engagement « martial » sort même du cadre du combat et du cinéma. En 1994, tu réalises <em>Terrain miné</em>, tu t’y affiches en tenue indian-new age pour la première fois et tu fais de ce film un manifeste écolo rempli de messages à ton public. A partir de là, tu t’investiras pleinement dans cette cause, comme dans celle du Tibet, te convertissant au bouddhisme et apprenant le tibétain. Les journalistes sarcastiques critiqueront ces engagements contradictoires avec la violence prônée dans tes films ; ils saisiront aussi la moindre occasion pour te moquer (par exemple cette fois où, interviewé, tu expliques être venu au monde avec le don de clairvoyance – du pain bénit pour tes détracteurs qui écriront « Steven Seagal se prend pour Dieu »). Honte à eux.</p>
<p>A l’exception de quelques films « <em>direct to video</em> » de piètre qualité (même si j’admets avec bonheur que tu es bien loin des pathétiques productions tournées sans le sou dans les pays de l’Est il y a une dizaine d’années), tu te fais désormais rare au cinéma, mais je te regarde avec délectation dans l’émission <em>Au service de la loi</em> <a href="#ref">(4)</a> dispenser tes sages conseils et tes clés de bras, brouillant encore un peu plus les pistes sur ton identité, nourrissant tes contradictions. Rien que pour te voir tenir un flingue dans la vraie vie exactement de la même manière nonchalante que dans tes films, ça vaut le coup. Ton travail/rôle dans l’émission me fait penser au personnage d’Arnold Schwarzenegger dans <em>Last Action Hero</em> : le héros de cinéma franchit la toile pour se retrouver justicier dans la vraie vie, avec tout ce que cela implique de situations étonnantes. Respect, man.</p>
<p>Récemment, ton apparition dans <em>Machete</em> laissait aussi présager un retour au cinéma. Le bandit mystique que tu joues est bien la meilleure raison (la seule ?) d’aller voir ce film. C’est fou comme les gens passent à côté de ton humour et de ton autodérision ; certains dialogues de tes films sont pourtant bien trop testostéronés pour être pris au premier degré <a href="#ref">(5)</a> ! C’est évidemment de la blague, une façon de faire dans la légèreté tout en pétant des jambes. Du reste, tes apparitions dans des shows télé montrent un homme charmant et drôle, toujours prêt à se moquer de son image. En 1998, ton <em>cameo</em> face à Billy Crystal dans <em>Le Géant et moi</em> <a href="#ref">(6)</a> était à mourir de rire.</p>
<p>Mais la cerise sur le gâteau, je crois que c’est ton rôle terrible de Cockpuncher dans le film à sketches <em>The Onion Movie</em> <a href="#ref">(7)</a> ! Il n’y a pas : tous ces passages te rendent monstrueusement fascinant. D’ailleurs, pourquoi il n’existe pas en France une interview digne de ce nom à ton égard ? Toutes celles qu’on trouve filent au ras des pâquerettes en se moquant de ce que tu incarnes, ou sont exclusivement concentrées sur le sport <a href="#ref">(8)</a>, ou encore sur tes albums de blues <a href="#ref">(9)</a>, plutôt bien foutus au demeurant. Il faudrait écrire un papier complet qui te rende justice – une longue entrevue, divisée en thématiques, sur le Japon, l’aïkido, le cinéma, la musique, le bouddhisme et la spiritualité, ton image, même tes déboires juridiques… T’ai-je dit que j’étais journaliste ? </p>
<p>Cher Steven, roi du <em>kote gaeshi</em>, j’aimerais, un jour, m’entretenir avec toi.</p>
<p>Bien à toi,</p>
<p align="right">ジヤン　ニコラ</p>
<p><a href="#ref" name="ref" id="ref"></a></p>
<p align="right"><font size= "+4">&rdquo;</font></p>
<p><em><strong>Notes à l&#8217;intention des curieux :</strong><br />
(1) </em>Nico<em> (Above the Law) de Andrew Davis, 1988. L’acteur y impose déjà son style, et il joue – quand même – aux côtés de Pam Grier et Sharon Stone.</p>
<p>(2) Le bushido (littéralement « la voie du guerrier ») est le code d’honneur que les samouraïs japonais devaient observer.</p>
<p>(3) Le </em>Hagakure<em> est l’ensemble des enseignements de Jocho Yamamoto, écrit vers 1710 et qui prêche le respect du bushido.</p>
<p>(4) </em>Au service de la loi<em> montre Steven Seagal en tant qu’adjoint du shérif en Louisiane. Il met les malfrats en tôle, fait la leçon aux drogués, entraîne les recrues à se défendre et participe à des soirées de charité. La série commence comme ça : « Depuis 20 ans, Steven Seagal participe au travail du bureau du shérif pour le comté de Jefferson en Louisiane. Cette seconde vie, il l’avait gardée secrète… jusqu’à maintenant. » 100 % testostérone.</p>
<p>(5) Un extrait des répliques à savourer de </em>Terrain miné<em> :<br />
<center><iframe frameborder="0" width="480" height="264" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/x6db69?hideInfos=1"></iframe></center><br />
<br />
(6) Dans </em>Le Géant et moi<em> (My Giant), Steven Seagal joue son propre rôle : il se fait remettre à sa place par un gamin de 10 ans et tourne en dérision sa réputation d’acteur incontrôlable sur les plateaux de tournage.</p>
<p>(7) Dans la lignée du </em>Hamburger Film Sandwich<em> de John Landis, </em>The Onion Movie<em> a été tourné en 2003, c&#8217;est une suite de sketches, parmi lesquels la fausse bande-annonce de </em>The Cockpuncher<em>, avec Steven Seagal. La voici :<br />
<center><iframe width="480" height="360" src="//www.youtube.com/embed/mMByDfFMPcE" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center><br />
<br />
(8) 7e dan d’aïkido, un grade que peu de gens ont dans le monde, et aussi gradé dans d’autres disciplines martiales. Steven Seagal est également coach pour des sportifs de MMA (mixed martial arts, l’équivalent de l’ultimate fighting) et a participé à de nombreuses démonstrations publiques de son savoir-faire inégalé en la matière.<br />
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(9) Passionné de blues, il sort en 2005 l’album </em>Songs From the Crystal Cave<em>, un mélange de ses influences world-country-blues, dans lequel il défend notamment ses positions en faveur du bouddhisme et de la spiritualité. En 2006 il enregistre </em>Mojo Priest<em>, un second album beaucoup plus blues, auquel participe entre autres Bo Diddley. Il y reprend plusieurs grands standards américains et est salué par la presse musicale.</em></p>
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		<title>La Forêt interdite, de Nicholas Ray</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Jun 2011 06:17:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>AP</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[aventure]]></category>
		<category><![CDATA[Christopher Plummer]]></category>
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		<description><![CDATA[<em>La Forêt interdite</em>, film écolo et maudit de Nicholas Ray, sort enfin en DVD chez Wild Side, augmenté d’un livre remarquable du cinéphile Patrick Brion. Fais gaffe, t’as un crotale sur l’épaule !]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>La Forêt interdite</em>, film écolo et maudit de Nicholas Ray, sort pour la première fois en DVD ce 7 juin chez Wild Side Vidéo, augmenté d’un livre remarquablement précis du cinéphile Patrick Brion. Fais gaffe, t’as un crotale sur l’épaule !</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/06/foret-interdite-beuverie.jpg" alt="Scène de beuverie dans La Forêt interdite, de Nicholas Ray" title="Scène de beuverie dans La Forêt interdite, de Nicholas Ray" width="280" height="208" class="alignleft size-full wp-image-3528" />Déjà, le titre original de <em>La Forêt interdite</em>, &#8220;Wind Across the Everglades&#8221;, paraît nettement plus évocateur que sa traduction française, conférant au film des airs de western dans les marais de Floride qui lui vont très bien. Et puis, cette mention du vent apporte une touche de romantisme noir qui traduit autant le propos que le tournage du film. Infernaux l’un comme l’autre, quoique de différentes manières.</p>
<p>Ecologiquement visionnaire, l’histoire est celle d&#8217;un face-à-face, entre un jeune ornithologue têtu (Christopher Plummer) et une bande de pirates des marais emmenée par Cottonmouth, délirant ogre à barbe rousse (Burl Ives). Le scénario est signé Budd Schulberg, romancier en vogue, notamment pour son travail scénaristique avec Elia Kazan pour <em>Sur les quais</em> et <em>Un homme dans la foule</em>. Schulberg produit également le film. Il recrute Nicholas Ray, auréolé du succès de <em>La Fureur de vivre</em>, à la réalisation, et une équipe de <em>freaks</em> fous furieux pour interpréter ses contrebandiers (un ancien boxeur, un clown, un jockey hystérique, ainsi qu’un Peter Falk abondamment barbu pour sa première apparition au cinéma). Bref, le film semble prometteur. La Warner est dans le coup. On est en 1957. <span id="more-3490"></span></p>
<p>Pourtant, les choses se passent rarement comme prévues. Dès le début du tournage,  Nicholas Ray est écartelé entre son indiscutable alcoolisme, une harpie qui lui tient lieu de compagne et leurs disputes franchement houleuses. Immédiatement, il se met à peu près tout le monde à dos. Schulberg se voit contraint de récrire son scénario (déjà trop dense à l’origine), au fur et à mesure que le chaos s’installe sur le tournage. Jack Warner  s’inquiète. Les comédiens, agacés, font comme bon leur semble. Du coup, ça picole derechef&#8230; Pour couronner l’ensemble, l’hiver 1957 est glacial dans les marais de Floride. Alors, quand la compagne de Ray finit par tenter de l’assassiner avec sa voiture, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le marécage : Ray est congédié sans préavis.  Schulberg terminera le film comme il peut, dans l’anarchie la plus complète. Autant dire qu’à Hollywood, on ne donne pas cher de ces titubants lambeaux de pellicules, dont le montage se profile comme un authentique supplice chinois.</p>
<p>Genèse d’un ratage ? Eh bien, étonnamment, non : le film en devient lui-même une jungle poisseuse, son rythme à contretemps, à la fois rapide et répétitif, serpentant sur le cadavre du scénario de Schulberg. Parfois, les cadres flottants de Ray évoquent certes une bougeotte pré-<em>delirium tremens</em>, mais correspondent finalement tout à fait à la fébrilité rageuse du naturaliste incarné par Plummer. D’ailleurs, le duel final entre son personnage et le braconnier Cottonmouth se joue lors d’une beuverie épique, ultime scène d’anthologie tournée par Nicholas Ray avant son éviction du tournage. L’éthylisme y suinte de tous côtés. Le chaos du plateau est palpable, l’attitude des acteurs complètement libre et relâchée : séquence en équilibre précaire qui métamorphose le <em>blockbuster</em> annoncé en film d’auteur improvisé, dont Truffaut dira à sa sortie qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un « grand film malade ». Où lâcher-prise et absence de maîtrise donnent au film son plus grand charme.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/06/affiche-foret-interdite.jpg" alt="Affiche de La Forêt interdite, de Nicholas Ray" title="Affiche de La Forêt interdite, de Nicholas Ray" width="207" height="280" class="alignright size-full wp-image-3529" />Enfin, sans dévoiler les  ressorts de l’intrigue, force est de constater le caractère largement prophétique de cette <em>Forêt interdite</em>, où la société de consommation naissante vampirise sans scrupule la nature vierge, les pirates des marais travaillant main dans la main avec les industriels, réduisant l’un comme l’autre le vivant à un simple produit. Et l&#8217;on se dit que les plus flippants ne sont pas nécessairement les plus rustres. Un des braconniers résume ainsi : &#8220;Cottonmouth prêche la morale de la liberté individuelle jusqu’à son terme logique.&#8221; Autrement dit, manger ou être mangé, détruire ou être détruit, sur un horizon de grands oiseaux abattus à la chaîne. Encore que le film laisse entendre qu’on ne perd rien pour attendre : la  nature se venge, rétablit l’équilibre. Sa destruction par l&#8217;homme, au fond, ressemble avant tout à un suicide. Autant dire que le désarroi de <em>La Forêt interdite</em> n&#8217;a pas pris une ride. Et qu&#8217;il faudra bien plus qu’un présentateur d’<em>Ushuaïa</em> pour en mesurer le gouffre&#8230;</p>
<p>La Forêt interdite <em>(Wind Across the Everglades) de Nicholas Ray, avec Christopher Plummer, Burl Ives, Peter Falk. Etats-Unis, 1958.</em></p>
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