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	<title>Grand Écart &#187; danse</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>La Danseuse, de Stéphanie di Giusto</title>
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		<pubDate>Sat, 14 May 2016 15:28:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Les films de la section Un Certain Regard]]></category>
		<category><![CDATA[biopic]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
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		<description><![CDATA[<em>« Loïe Fuller : l’icône de la Belle Epoque »</em>… C’est à la lecture de cette simple note apposée au bas d’une photographie noir &#038; blanc que Stéphanie di Giusto a eu envie d’en savoir plus sur cette jeune fille...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Des rêves dansants</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2016/05/ladanseuse-affiche.jpg" alt="La Danseuse, de Stéphanie di Giusto" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-23739" /><em>« Loïe Fuller : l’icône de la Belle Epoque »</em>… C’est à la lecture de cette simple note apposée au bas d’une photographie noir &#038; blanc que Stéphanie di Giusto a eu envie d’en savoir plus sur le destin méconnu et pourtant insensé de cette jeune fille, née dans un petit village de l’Illinois un jour de 1862 et devenue, quelque trente années plus tard, la <em>Fée Lumière</em> des Folies Bergère, dans un Paris Belle Epoque sous le charme. Sa création la plus célèbre reste la <em>Danse serpentine</em>. Dissimulée dans une ample robe de soie qu’elle animait aux moyens de grands bâtons tenus à bout de bras, Loïe Fuller tournoyait à un rythme frénétique, se perdant dans son impressionnant amas d’étoffe et donnant à voir à son assistance un spectacle irréel. <em>« Un papillon !&#8230; Une orchidée !&#8230; »</em>, s’exclame un public ébahi en voyant virevolter pour la première fois cette <em>« mystérieuse fleur de rêve »</em>. A l’affut des progrès scientifiques de son époque (elle rencontre notamment Edison, Pierre et Marie Curie), Loïe Fuller décuple la magie de ses spectacles au moyen de savants jeux d’éclairages et d’illusions d’optiques (d’où la <em>Fée Lumière</em>). Une audace qui lui vaut d’être considérée aujourd’hui comme une pionnière en matière d’art technologique et d’effets spéciaux. Une révolution ! <span id="more-23736"></span><br />
&nbsp;<br />
<center><iframe width="420" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/fIrnFrDXjlk" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center><br />
&nbsp;<br />
C’est cette trajectoire lumineuse, exubérante, à contre-courant de son époque que la photographe de métier et jeune réalisatrice Stéphanie di Giusto a choisi d’explorer avec curiosité et passion. Des premiers pas au théâtre, outre-Atlantique, à la <em>Danse des miroirs</em> offerte à un parterre corseté mais émerveillé à l’Opéra de Paris, en passant par les triomphes aux Folies Bergère, la cinéaste suit l’ascension de celle qui fut érigée par le grand Mallarmé comme l’incarnation même de l’utopie symboliste. C’est à la jeune et généreuse Soko (<em>A l’origine</em>, <em>Augustine</em>&#8230;) que di Giusto a choisi de confier le corps et l’esprit de sa Loïe Fuller. Un corps que l’actrice a accepté d’entraîner six heures par jour pendant un mois afin d’encaisser les nombreuses et exigeantes séances de danse. Des séances de danse physiquement traumatisantes et impressionnantes à l’écran que la cinéaste cadre au plus près comme autant de combats dont la danseuse ressort à chaque fois un peu plus abîmée. Ca se sent, ça se voit : Loïe Fuller ne s’aime pas et préfère autant que possible se noyer dans ses flots de tissus. Sauvée par la danse, l’artiste ne survivra malheureusement pas à sa rencontre avec la toute jeune Isadora Duncan, à laquelle la gracile Lily-Rose Depp prête son joli minois. Discrète – trop –, elle signe malgré tout ici des premiers pas au cinéma plutôt prometteurs, déjà pleins d’assurance. A la volonté rageuse et au talent laborieux de Soko/Loïe, Stéphanie di Giusto oppose donc la gracieuse désinvolture et le talent naturel de Lily-Rose/Isadora. Entre la prof et l’élève, entre l’industrieuse bouillonnante et la oisive insouciante, la cinéaste place une Mélanie Thierry tout en retenue. Elle est la manageuse, la coach, la confidente de Loïe. Elle est Gabrielle, l’ange guidant dans l’ombre sa protégée vers les feux ardents de la rampe. Mais elle est aussi l’actrice intuitive rompue aux coulisses du monde du spectacle et tenant la main de la jeune et fougueuse Soko. Au beau milieu de toutes ces femmes, des hommes discrets… Denis Ménochet, François Damiens, Louis-Do de Lencquesaing et Gaspard Ulliel, le plus intéressant, en mystérieux aristocrate désenchanté et suicidaire. </p>
<p>Art et sciences, création et révolution, estime de soi, féminité enfin assumée… Il est un peu question de tout cela dans <em>La Danseuse</em> de Stéphanie di Giusto. Et sans être exempt de tout reproche (on pourrait en réprouver sa construction narrative trop académique, mal commun à bon nombre de biopics), le film brille néanmoins par l’implication aveugle de son interprète principale, par la puissance visuelle de sa photographie signée Benoit Debie (<em>Love</em>, <em>Lost River</em>, <em>Innocense</em> de Lucile Hadzihalilovic), baignant le récit de ce destin insensé dans une douce folie romantique.</p>
<p>&nbsp;<br />
La Danseuse<em> de Stéphanie di Giusto, avec Soko, Lily-Rose Depp, Mélanie Thierry, Gaspard Ulliel&#8230; France, 2016. Présenté dans la sélection Un Certain regard 2016.</em></p>
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		<title>03/05-28/05 : Cycle Regarde les hommes danser au Forum des images</title>
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		<pubDate>Fri, 16 May 2014 14:19:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grand Écart</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pense-bête]]></category>
		<category><![CDATA[danse]]></category>
		<category><![CDATA[Forum des images]]></category>
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		<description><![CDATA[De quoi s&#8217;agit-il ? Alors que la Croisette s&#8217;apprête à faire valser les stars du septième art, le Forum des images ouvre son nouveau cycle, Regarde les hommes danser, dédié...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/regardehommesdanser.jpg" alt="Cycle Regarde les hommes danser" width="180" height="250" class="alignleft size-full wp-image-16822" /><strong>De quoi s&#8217;agit-il ? </strong></p>
<p>Alors que la Croisette s&#8217;apprête à faire valser les stars du septième art, le Forum des images ouvre son nouveau cycle, <em>Regarde les hommes danser</em>, dédié au corps et au mouvement. Discipline artistique ou simple exutoire. En solo, en duo ou plus encore. La danse est un langage qui fait parler les chairs, envoûtant et séducteur. Une façon d&#8217;apprendre à occuper l&#8217;espace et à &#8220;trouver&#8221; sa place. Le Forum des images vous invite à en explorer les nuances et les subtilités à travers une soixantaine de films (des <em>Rêves dansants</em> à <em>Flashdance</em>, en passant par <em>Billy Elliot</em>, <em>Le Bal</em>, <em>Le Défi</em>, <em>Fish Tank</em>…), des rencontres (Noémie Lvovsky, Angelin Prejlocaj et Olivier Assayas, Blanca Li…), des cours de cinéma, des conférences, des &#8220;entractes&#8221; pour s&#8217;initier à quelques pas et des soirées exceptionnelles. Alors pas d&#8217;hésitation, <em>&#8220;entrez dans la danse, voyez comme on danse…&#8221;</em></p>
<p><em>&raquo; Plus d&#8217;infos sur le site du <a href="http://www.forumdesimages.fr" target="_blank" rel="nofollow">Forum des images</a></em></p>
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		<title>Rencontre avec Valérie Donzelli</title>
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		<pubDate>Tue, 11 Dec 2012 17:07:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne-Claire Cieutat</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[comédie dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[danse]]></category>
		<category><![CDATA[Valérie Donzelli]]></category>

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		<description><![CDATA[En deux courts-métrages et trois longs, Valérie Donzelli se sera imposée comme l’une des réalisatrices les plus singulières de sa génération. Rencontre à l'occasion de la sortie de <em>Main dans la main</em>...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/12/donzelli-affiche.jpg" alt="Main dans la main de Valérie Donzelli" title="Main dans la main de Valérie Donzelli" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-10324" />En deux courts-métrages (<em>Il fait beau dans la plus belle ville du monde</em>, <em>Madeleine et le facteur</em>) et trois longs (<em>La Reine des pommes</em>, <em><a href="/cinema/guerre-declaree-valerie-donzelli/" target="_blank">La guerre est déclarée</a></em>, <em><a href="/cinema/main-dans-la-main-valerie-donzelli" target="_blank">Main dans la main</a></em>), la comédienne Valérie Donzelli se sera imposée comme l’une des scénaristes-réalisatrices les plus singulières de sa génération. Son cinéma lorgne vers la fantaisie, se souvient de François Truffaut comme de Jacques Demy, et déroule son fil intime de l’enfance vers le monde adulte et ses ombres portées, sans jamais perdre foi dans les pouvoirs enchanteurs du cinéma. </p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Entretenez-vous un rapport particulier au conte ?</strong></p>
<p>En fait, je crois que, bizarrement, si j’aime le conte, c’est parce qu’on ne m’en a pas raconté assez. Je n’ai pas le souvenir de ma mère qui me racontait des histoires le soir. C’est donc presque quelque chose de réparateur pour moi. J&#8217;en raconte chaque soir à mes enfants, des contes, des histoires diverses, que ce soit celles des Barbapapa ou de Tintin. Quand j’étais petite, je m’amusais à faire des émissions de radio : je m’enregistrais, je faisais tout, l’intervieweur, l’interviewée, les publicités, les chansons… J’écoutais beaucoup la radio, je m’endormais avec, j’écoutais des disques, des histoires enregistrées. C’est certainement pour cela que dans mes films, il y a toujours un narrateur. Je pense aussi que le narrateur est la partie consciente de moi-même qui ramène toujours au réel, à l’histoire, au sens du film. Je n’arrive pas à écrire sans ce narrateur. <span id="more-10318"></span></p>
<p><strong>Le conte offre aussi un mouvement de bascule qui permet de plonger dans un imaginaire et de s’autoriser une certaine liberté…</strong></p>
<p>Oui. Mais c’est presque malgré moi. Je ne me dis pas que je vais faire un conte pour pouvoir m’autoriser certaines choses. Mon imaginaire ne se débloque jamais sur des choses concrètes. La musique, par exemple, développe mon imaginaire et peut m’amener vers une histoire, une situation. Là, j’ai eu cette envie de deux personnages collés de façon arbitraire et le scénario a découlé de cette idée. Je me souviens qu’au moment de l’écriture, avec Gilles Marchand et Jérémie Elkaïm, les moments où devait intervenir le narrateur s’imposaient à moi. Gilles Marchand, qui est quelqu’un de très carré, me suggérait des ellipses, mais c’était plus fort que moi : il me fallait ce narrateur pour raconter cette histoire. </p>
<p><strong>La voix du narrateur apporte aussi une tonalité, une douceur…</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/12/donzelli-mains-dans-la-mains-1.jpg" alt="Main dans la main de Valérie Donzelli" title="Main dans la main de Valérie Donzelli" width="280" height="187" class="alignright size-full wp-image-10325" />Oui, je trouve qu’elle a quelque chose de paisible. Elle permet d’accélérer le temps ou de le ralentir. Elle permet aussi d’apporter une distance. Elle est le liant de la sauce. Sans elle, on serait un peu perdu. Ce que je fais n’est pas très réaliste et pour qu’on puisse s’y incarner, elle est nécessaire. C’est le propre du conte. Les éléments y ont une portée philosophique, quelque chose d’universel. Il faut donc incarner tout cela pour y croire. </p>
<p><strong>Est-ce aussi la raison pour laquelle vous filmez beaucoup vos personnages dans ce qu’ils ont de plus physique, c’est-à-dire dans leurs mouvements ?</strong></p>
<p>C’est vrai que mes trois films sont des films sur une course, plus ou moins rapide. Il y a toujours quelque chose de l’ordre de la renaissance et du deuil, du mouvement vital. Dans <em>La Reine des pommes</em>, Adèle se fait larguer et entreprend un parcours pour se reconstituer. Dans <em>La guerre est déclarée</em>, c’est une course contre la montre. Et là, c’est pareil avec une problématique inversée. Dans <em>La guerre est déclarée</em>, elle est concrète : il s’agit de la maladie d’un enfant. Là, elle est abstraite : ce qui advient n’existe pas, mais donne un sens à la vie des personnages. </p>
<p><strong>Et pourtant, au cœur de cette abstraction, on retrouve votre rapport organique aux choses. Dans le son, par exemple, et notamment celui des décors. Les parquets de l’opéra, les portes de l’appartement bourgeois d’Hélène, les chambres de la maison de campagne : les décors ont une présence…</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/12/donzelli-mains-dans-la-mains-2.jpg" alt="Main dans la main de Valérie Donzelli" title="Main dans la main de Valérie Donzelli" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-10326" />En fait, <em>Main dans la main</em> s’est fait dans l’urgence. Nous n’avions pas anticipé le succès de <em>La guerre est déclarée</em> et nous pensions avoir plus de temps pour faire la préparation de <em>Main dans la main</em>. Or il y avait de gros décors et beaucoup de contingences avec les plannings des uns et des autres. Nous avons donc décidé de tourner le film en trois temps : Commercy <em>[dans la Meuse, ndlr]</em>, New York, puis Paris. Quand j’ai vu le film monté, je me suis dit qu’au scénario, je n’avais pas pensé ce film d’un point de vue sonore, contrairement à <em>La guerre est déclarée</em> &#8211; les chansons m’avaient inspirée, je connaissais par cœur les bruits de l’hôpital, je savais que le son serait brut. <em>Main dans la main</em> était plus abstrait pour moi. Je ne savais pas comment ça allait se passer avec Valérie Lemercier, le personnage que je jouais ne donnait pas sa note au film, j’étais donc dans l’expectative. Au fur et à mesure, j’ai commencé à comprendre quel serait le son du film, entre l’Opéra, si vaste qu’on y entend un milliard de sons qui résonnent, et Commercy, où l’on entend les oies. A Paris, tout était bruyant. J’ai donc compris au tournage à quel point les décors allaient être incarnés d’un point de vue sonore. Et quand on a travaillé sur le son au montage, j’ai dit au monteur: <em>« Il faut que ce soit intime et que tu incarnes le mieux possible les décors pour qu’on puisse sentir la poêle qui frit, le parquet ciré de l’opéra, le côté ouaté de la berline. »</em> Je voulais qu’on puisse reconnaître les décors par le son. </p>
<p><strong>Comment avez-vous envisagé le mariage des voix ?</strong></p>
<p>C’est la première fois que je fais intervenir des voix off qui expriment la pensée des personnages. Je trouvais intéressant que l’étonnement lié à ce sortilège passe par le narrateur et les voix off. Quant aux voix elles-mêmes, je trouve que celle de Jérémie est très rassurante. Béatrice de Staël a une voix drôle, avec une façon unique de saccader les mots. Je voulais que Valérie ne parle pas fort et qu’on sente comme une gorge un peu serrée. Quant à mon personnage, Véro, qui est décomplexé, je l’ai joué dans l’emphase. </p>
<p>&nbsp;<br />
Main dans la main <em>de et avec Valérie Donzelli, avec aussi Valérie Lemercier, Jérémie Elkaïm, Béatrice de Staël&#8230; France, 2012. Sortie le 19 décembre 2012. </em></p>
<p><center><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/YBX1QQ_GwdE?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center></p>
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		<title>Main dans la main, de Valérie Donzelli</title>
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		<pubDate>Tue, 11 Dec 2012 17:57:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne-Claire Cieutat</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Cela débute comme un conte, avec sa part d’artifices revendiqués et sa promesse d’enchantement. <em>Main dans la main</em> est l’histoire d’un sortilège. Celui qui unit à l’instant même de leur rencontre...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/12/main-dans-main-donzelli.jpg" alt="Valérie Lemercier et Jérémie Elkaïm dans Main dans la main" title="Valérie Lemercier et Jérémie Elkaïm dans Main dans la main" width="280" height="197" class="alignleft size-full wp-image-10327" />Cela débute comme un conte, avec sa part d’artifices revendiqués et sa promesse d’enchantement. <em>Main dans la main</em> est l’histoire d’un sortilège. Celui qui unit à l’instant même de leur rencontre Hélène, directrice corsetée de l’école de danse de l’Opéra Garnier (Valérie Lemercier, formidable d’autodérision larvée), et Joachim, jeune employé d’une miroiterie lorraine (Jérémie Elkaïm, tout en charme discret). Un baiser fortuit, dans un recoin feutré de l’Opéra, ouvrira le bal de cette fantaisie où synchronie et contretemps se font la courte échelle.<br />
Elle est magnifique, cette idée initiale. Celle d’imaginer deux personnages qu’un sort mystérieux lie malgré eux. Car Hélène et Joachim, que tout oppose <em>a priori</em>, ne peuvent faire un geste sans entraîner l’autre. Ni fusion, ni passion, autre chose : une liaison, au sens stricte. <span id="more-10322"></span></p>
<p>Un léger zoom inaugural sur la façade du palais Garnier annonce l’approche imminente du mystère. Et dans ces lieux chargés de fantasmes, comme dans ceux que les personnages fréquenteront par la suite, circule une vitalité espiègle. Valérie Donzelli a le goût du mouvement, de la course, des chutes et des corps qui se relèvent pour reprendre leur élan. C’est dans ce souffle que <em>La Reine des pommes</em> qu’elle interprétait dans son premier film partait en guerre contre un chagrin d’amour, que le couple qu’elle incarnait avec Jérémie Elkaïm dans <em><a href="/cinema/guerre-declaree-valerie-donzelli/" target="_blank">La guerre est déclarée</a></em> triomphait de la maladie de leur fils. Et c’est avec cette même énergie qu’Hélène et Joachim tentent de rompre leur union forcée avant de s’y résoudre et se laisser charmer.</p>
<p><em>Main dans la main</em> avance ainsi, dans un singulier équilibre entre décalage et harmonie, enchantement et mélancolie, instants de fulgurances, d’accélérations et zones d’errance où les sursauts enfantins se confrontent de plein fouet à la cruauté du réel (on y tombe, on s’y blesse, on y meurt aussi) et laissent derrière eux les effets de leur sidération.<br />
C’est dans ces instants instables, où le scénario se cherche, où les contrastes se jouent d’eux-mêmes (la capitale et la campagne provinciale, la bourgeoisie lasse et les gens de peu, gens de bien) que s’offre, pour qui voudra rentrer dans la danse, un bel espace de liberté à l’imaginaire de chacun.<br />
<em>Main dans la main</em> est un film où l’on respire, où l’on circule. Où les vibrations des corps, des voix (celles, rassurante, du narrateur ; celles, joliment timbrées, de Jérémie Elkaïm, Serge Bozon et Antoine Chappey, au casting) et des phrases musicales (se mêlent aux mélodies originales du Suédois Peter von Poehl, les sautillements du <em>Lac des cygnes</em>, de <em>Casse-noisette</em> ou les rythmes trépidants de tubes <em>80’s</em>) se déploient avec grâce ou maladresses. C’est pop, émouvant, fou et revigorant.</p>
<p><strong>&raquo; Lire aussi <a href="/portraits/rencontre-main-valerie-donzelli-elkaim/">l&#8217;interview de Valérie Donzelli</a></strong><br />
&nbsp;<br />
Main dans la main <em>de et avec Valérie Donzelli, avec aussi Valérie Lemercier, Jérémie Elkaïm, Béatrice de Staël… France, 2012. Sortie le 19 décembre 2012.</em></p>
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		<title>Zoom sur Cannes Classics</title>
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		<pubDate>Thu, 17 May 2012 19:38:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphanie Amigues</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films du 65e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Alfred Hitchcock]]></category>
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		<description><![CDATA[Créé en 2004, Cannes Classics présente en avant-première des films anciens et des chefs-d’œuvre de l’histoire du cinéma dans des copies restaurées. Le moment de voir ou revoir des incontournables...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/barbouzes-blier-lautner.jpg" alt="Les Barbouzes de Georges Lautner" title="Les Barbouzes de Georges Lautner" width="270" height="189" class="alignleft size-full wp-image-6530" /><strong>Créé en 2004, Cannes Classics présente en avant-première des films anciens et des chefs-d’œuvre de l’histoire du cinéma dans des copies restaurées. Le moment de voir ou revoir des films incontournables avec en prime, dans la salle, le réalisateur ou les acteurs&#8230; Petit tour d&#8217;horizon de ce retour vers le futur 2012&#8230;</strong></p>
<p>Cannes Classics 2012 c&#8217;est 13 longs, 3 courts et 4 documentaires. Un cinéma classique, oui, mais éclectique. C&#8217;est par exemple un grand classique indonésien, <em>After the Curfew</em>, réalisé par Usmar Ismail en 1954, un thriller qui se déroule durant les mois qui suivent l&#8217;indépendance de l&#8217;Indonésie. Ou bien <em>Kalpana</em> d’Uday Shankar, le premier film indien intégralement musical qui date de 1948. Mais c&#8217;est aussi <em>Narayama Bushi Ko</em> (<em>La Ballade de Narayama</em>) de Keisuke Kinoshita, un classique du cinéma japonais de 1958 où une vieille femme dit adieu à la vie. Dans un tout autre genre le haletant <em>Runaway Train</em> d&#8217;Andrei Konchalovsky, sorti en 1985, met en scène un criminel évadé de prison qui se retrouve avec son ancien gardien dans un train sans conducteur. <em>Les Barbouzes</em> de Georges Lautner raviront les amateurs de comédie qui se délecteront du trio Ventura-Blanche-Blier. <span id="more-6467"></span><br />
Trois courts-métrages seront présentés à l&#8217;occasion du 30e anniversaire de la Cinémathèque de la danse : <em>A Great Day in Harlem</em> (60&#8242;) de Jean Bach et deux « <em>jazz shorties</em> » : <em>An All Colored Vaudeville Show</em> (4’) et <em>Jammin the Blues</em> (11’).<br />
Enfin,  quatre documentaires sur des personnalités du cinéma seront projetés. <em>Woody Allen : a Documentary</em> de Robert Weide, <em>Method to the Madness of Jerry Lewis</em> de Gregg Barson, <em>Me and Me Dad</em> (66&#8242;) sur John Boorman de sa fille Katrine Boorman et le film d&#8217;Emmanuel Barnault, <em>Claude M le cinéma</em>, sur Claude Miller. Et pour conclure les festivités de Cannes Classics, le film de montage <em>Final Cut &#8211; Hölgyeim És Uraim</em> (Hongrie), produit par Béla Tarr sera projeté le samedi 26 mai.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/il-etait-une-fois-amerique.jpg" alt="Robert De Niro dans Il était une fois en Amérique" title="Robert De Niro dans Il était une fois en Amérique" width="270" height="182" class="alignright size-full wp-image-6532" /><strong>Mais cette année Cannes Classics c&#8217;est surtout&#8230;</strong></p>
<p><strong>&raquo; Se replonger dans la fresque virtuose de Sergio Leone <em>Once Upon a Time in America</em></strong> (<em>Il était une fois en Amérique</em>) rallongée de 25 minutes de scènes inédites ! Au cœur de l&#8217;Amérique des années 1920, pour une virée avec Max et Noodles, ces deux truands liés par une éternelle amitié&#8230; en présence de Robert De Niro.</p>
<p><strong>&raquo; Voir ou revoir <em>Tess</em> de Roman Polanski</strong>, ou le destin tragique d&#8217;une jeune femme en quête de bonheur dans l&#8217;Angleterre victorienne. Sans jamais bouder son plaisir face à la photographie saisissante et l&#8217;interprétation sublime de Nastassja Kinski, actrice trop rare qui sera présente dans la salle accompagnée de Roman Polanski.</p>
<p><strong>&raquo; Revivre LE traumatisme originel de toute une génération, <em>Jaws</em></strong> (<em>Les Dents de la mer</em>) de Steven Spielberg. En attendant la sortie en DVD du film restauré en août prochain&#8230;</p>
<p><strong>&raquo; Découvrir la face cachée d&#8217;Alfred Hitchcock, qui a réalisé en 1927 une comédie de mœurs, <em>The Ring</em></strong>, un de ses neuf films muets qui nous restent. L&#8217;histoire de deux hommes amoureux de la même femme. Deux jeunes boxeurs qui vont s&#8217;affronter sur le ring pour gagner l&#8217;amour d&#8217;une caissière de fête foraine. Le film sera accompagné  d&#8217;un concert du musicien Stephen Horne.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/lawrence-arabie.jpg" alt="Lawrence d’Arabie de David Lean" title="Lawrence d’Arabie de David Lean" width="270" height="182" class="alignleft size-full wp-image-6534" /><strong>&raquo; Fêter le 50e anniversaire du tournage de <em>Lawrence d&#8217;Arabie</em> (<em>Lawrence of Arabia</em>)</strong> de David Lean. Le film aux innombrables récompenses qui a propulsé Peter O&#8217;Toole et Omar Sharif au rang de légendes du cinéma. </p>
<p><strong>&raquo; Se déchirer avec Ingrid Bergman et George Sanders sur fond de <em>dolce vita</em> en embarquant pour <em>Viaggio in Italiana</em></strong> (<em>Voyage en Italie</em>) de Roberto Rossellini. </p>
<p><strong>&raquo; Passer deux heures magiques avec <em>Cléo de 5 à 7</em> d’Agnès Varda</strong>, qui invente en pleine Nouvelle Vague et 40 ans avant Jack Bauer, le film en temps réel, le cinéma-vérité. Un enchantement. A partager avec la réalisatrice qui sera là en personne pour présenter son film. </p>
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		<title>Les Rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch, d&#8217;Anne Linsel et Rainer Hoffmann</title>
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		<pubDate>Fri, 15 Apr 2011 09:00:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphanie Amigues</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[danse]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>

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		<description><![CDATA["Faut absolument que tu voies le film <em>Les Rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch</em> !" Très bien...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4>Dans la cour de re-création​​​</h4>
<p>​<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/04/pina-bausch.jpg" alt="Pina Bausch" title="Pina Bausch" width="196" height="300" class="alignleft size-full wp-image-1707" />&#8220;Faut absolument que tu voies le film <em>Les Rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch</em> !&#8221; Très bien. Sauf que quatre mois après la sortie, c&#8217;est compliqué. Tremblay-en-France, cinéma Jacques Tati, mardi après-midi, projection pour les scolaires. Va pour cette séance un peu spéciale. Et me voilà au milieu d&#8217;une horde de collégiens et lycéens. Casquettes et capuches sur la tête, MP3 à fond, hurlant un hip-hop adéquat. Ils ne savent pas trop pourquoi ils sont là. Pina Bausch ? Connais pas. La danse ? M&#8217;intéresse pas. Un vague projet pédagogique autour de la thématique de la transmission. Dans le brouhaha digne d&#8217;une cour de récréation, le film commence. Tant pis ! Je me résigne et me dis qu&#8217;après tout, l&#8217;expérience peut être intéressante. Je me cale dans mon fauteuil, les yeux rivés sur l&#8217;écran mais à l&#8217;affût des commentaires qui vont fuser, je le sens. Curieux spectacle, miroir troublant. <strong>Une quarantaine d&#8217;ados de Wuppertal, ville d&#8217;élection de Pina Bausch, se dressent sur une scène, devant une caméra, face à nous.</strong> Ils sont mal à l&#8217;aise, ils semblent être conscients de leur disgrâce. Ah ! L&#8217;âge tendre et son cortège d&#8217;imperfections ! Ils sont trop grands, trop petits, trop maigres, trop gros. Les bras ballants, le regard fuyant, attendant que le signal musical les autorise enfin à mettre ce corps embarrassant en mouvement. Dans la salle, des rires. Evidemment, on ne peut pas à la fois jouer aux durs et se reconnaître dans ces blondinets qui parlent allemand en plus ! Alors, ils se moquent. Mais la mimesis fonctionne à merveille. Et moi de me régaler de cette malicieuse mise en abîme. <span id="more-1681"></span><br />
​</p>
<h4>Lieu où l&#8217;on se rencontre</h4>
<p>&#8220;Kontakthof&#8221; est le &#8220;lieu où l&#8217;on se rencontre&#8221;, selon la définition de Pina elle-même. C&#8217;est le titre de la pièce de théâtre dansé que ces jeunes d&#8217;outre-Rhin vont tenter d&#8217;interpréter. Ce spectacle, Pina l&#8217;avait monté en 1978 avec sa troupe. Puis, elle l&#8217;avait repris en 1999 avec des acteurs de plus de 65 ans. En avril 2008, c&#8217;est à l&#8217;innocence de la jeunesse qu&#8217;elle confie ce travail sur la quête de l&#8217;amour, de la connaissance de l&#8217;autre et de soi. Ces jeunes, ils n&#8217;ont jamais dansé, ils ont répondu à une annonce dans leur collège, ils sont venus pour voir. Et les voilà, crevant l&#8217;écran, luttant contre leurs propres peurs. <strong>On les bouscule, on les provoque, ils sont obligés de se lâcher, de s&#8217;exposer, nous jetant à la figure cette question essentielle : &#8221;A quoi ça sert la danse ?&#8221;</strong> Il y a Kim qui doit courir en éclatant de rire très fort. &#8221;Pff, elle a l&#8217;air teubé&#8221;, s&#8217;exclame-t-on derrière moi. Alors, comme si elle l&#8217;avait entendu, Kim, gênée, n&#8217;y arrive pas. Elle se sent ridicule et retient son rire. Il y a Joy à qui on demande de se déhancher le long d&#8217;une ligne imaginaire tout en se touchant les bras, le buste, les seins. &#8221;Bah, mais c&#8217;est dégueu, elle se touche&#8221;, laisse-t-on échapper à ma droite. Alors elle hésite, un sentiment de honte l&#8217;envahit. Elle n&#8217;ose pas exécuter les gestes avec la troublante sensualité qu&#8217;on attend d&#8217;elle. Puis, garçons et filles, en tenues de soirée, doivent tour à tour se caresser les cheveux, se pincer les joues, le nez. &#8221;C&#8217;est trop chelou, pourquoi ils font ça ?&#8221;, lâche-t-on juste à côté de moi. Une autre scène dérange, celle où un garçon et une fille assis face à face doivent se déshabiller. Ils ne vont pas oser ! Ecrasés par tant de pudeur. Le regard de l&#8217;autre. Eh bien si ! On est bluffés, ils jouent le jeu. Ils ont compris qu&#8217;ils jouaient un jeu. Les réactions de la salle sont à la hauteur du défi relevé. Ils vivent avec eux ce lent et difficile effeuillage. Sublime catharsis.<br />
Silence pesant dans la salle lorsqu&#8217;à l&#8217;écart de la scène, ils se livrent. Il parlent d&#8217;eux, de leur famille, de la violence du monde, des préjugés. Certains évoquent avec maladresse et humour leur expérience de l&#8217;amour. D&#8217;autres, déjà, la guerre, la mort, le deuil. Avec une maturité surprenante. Eclats de rire partagés, regards complices, quand un garçon raconte qu&#8217;à une soirée, se retrouvant dans le noir, au lieu d&#8217;embrasser sa copine, il embrasse son copain&#8230; Cela pourrait leur arriver ! Une chape de plomb s&#8217;abat sur la salle, les yeux s&#8217;embuent, les gorges  se serrent. Joy raconte avec beaucoup de courage et de lucidité la mort de son père dans une explosion de gaz. Cela pourrait leur arriver. Les masques tombent, les êtres se voient, se reconnaissent.<br />
​</p>
<h4>Eh bien, dansez maintenant !</h4>
<p>Ultime moment de connivence : Pina Bausch entre dans la salle de répétition. Même trac, même fascination devant cette apparition fulgurante presque fantomatique. Une grande dame à la silhouette étirée, aux longs cheveux gris, au visage émacié. Un air austère, sévère. Tout ceci est balayé par les premiers mots drôles et tendres qu&#8217;elle leur lance : &#8221;N&#8217;ayez pas peur, je ne mords pas et amusez-vous !&#8221; C&#8217;est avec beaucoup d&#8217;exigence, de passion et de bienveillance qu&#8217;elle va accompagner leurs premiers pas. <strong>Et alors la magie opère. Sous des regards de plus en plus troublés, ils deviennent des êtres dansants.</strong> Quant à moi, je rêve que j&#8217;ai 14 ans, la peur au ventre et la rage de vivre. J&#8217;ai envie d&#8217;aimer, d&#8217;avoir mal, d&#8217;avoir peur, de rire aux éclats, de me mettre à nu, de crier. De danser. Pour voir. Je regarde les gosses autour de moi se lever de leur siège. &#8220;Est-ce qu&#8217;ils ont envie eux aussi ?&#8221; Soudain, l&#8217;un d&#8217;entre eux, un garçon, se retourne vers sa prof et lui dit : &#8220;Eh M&#8217;dame ! On va faire ça nous aussi ?&#8221;</p>
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&nbsp;</p>
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