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	<title>Grand Écart &#187; Brie Larson</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>States of Grace, de Destin Cretton</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Jan 2015 09:56:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Pierre-Kaiser</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[adolescence]]></category>
		<category><![CDATA[Brie Larson]]></category>
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		<description><![CDATA[Le DVD de <em>States of Grace</em> est une formidable occasion de découvrir ce petit bijou de film indépendant, passé trop inaperçu lors de sa sortie. Profitez-en, c'est les soldes !]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/affiche-states-of-grace-destin-cretton.jpg" alt="States of Grace, de Destin Cretton" title="States of Grace, de Destin Cretton" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-16867" />La première mouture de cette critique était axée sur le cinéma indépendant américain et se posait la question de savoir s’il était tombé de grâce auprès de la critique française. En rappelant quelques-uns des clichés de ce cinéma et en concluant sur un clin d’œil humoristique grâce à la vidéo <a href="http://youtu.be/spXU_kljHPE" target="_blank" rel"nofollow">Not Another Sundance Movie !</a>, l’auteur y préparait le terrain pour relativiser son appréciation du film dont il est question ici. Il était même question de la campagne publicitaire française, du titre choisi (<em>States of Grace</em> : un clin d’œil à la série <em>The United States of Tara</em> ?) et de la couleur de l’affiche, rappelant <em>Little Miss Sunshine</em>. Trop d’indé, tue l’indé ?</p>
<p>Mais il se trouve que <em>Short Term 12</em> (<em>States of Grace</em> en VF) est simplement désarmant. On peut lui reprocher de cumuler tous les clichés d’un film indé US, du film Sundance par excellence (alors qu’il n’y a pas été présenté, mais a concouru à SXSW, autrement plus cool, branché, et intéressant…), c’est-à-dire une « coming of age story », un personnage trentenaire qui doit faire face aux démons de son adolescence au contact ici avec une ado en crise, une caméra tremblotante au plus près des personnages, de la lumière naturelle, des airs de guitare et… des hommes barbus en chemises à carreaux. Tout cela est dans <em>Short Term 12</em>. Et pourtant, il se dégage du film une sincérité, une bienveillance qui mettent à mal le cynisme critique que l’on peut ressentir. <span id="more-16864"></span></p>
<p>Ecrit par le réalisateur qui a lui-même travaillé dans un foyer pour jeunes ados en difficulté, le film est empreint d’un côté « documentaire » saisissant. Les histoires de ces jeunes, leurs parcours et trajectoires différentes sont très bien esquissées. C’est aussi un des aspects les plus intéressants de ce film : certains enfants sont là pour quelques semaines, d’autres resteront finalement des années, mais jamais au-delà de leurs 18 ans. Le transitoire, la douleur qui est de passage mais imprime de son intolérable force les rapports humains, il y a de tout cela dans le film. Le personnage de Grace les accueille, les entoure, essaye de les comprendre, de les aider du mieux qu’elle peut. Mais, à la rencontre d’une jeune fille la renvoyant à ses propres blessures, son monde vacille et elle se voit incapable de maintenir la barrière qu’elle a érigé entre elle et les autres. Et surtout entre elle et son compagnon. </p>
<p>Un schéma somme toute classique mais toujours efficace, surtout quand il est porté par de bons acteurs. Pas de fausses notes dans le casting, les ados sont tous très bons et le groupe d’éducateurs est parfait. <a href="http://www.grand-ecart.fr/portraits/interview-rencontre-brie-larson-state-of-grace-short-term-12-educateur/" title="Rencontre avec Brie Larson">Brie Larson</a>, qui interprète Grace, compose un personnage complexe, tout en intériorité avec une sincérité et une fraîcheur admirables. La femme-enfant qu’elle incarne respire la sincérité et l’engagement, on a du mal à croire qu’elle n’est pas exactement la même dans la vie de tous les jours…</p>
<p>Un bémol que l’on pourrait émettre est le fait que l’on sente un peu trop le scénario. Il y a un côté très écrit au film, dans le déroulement des péripéties, dans la constellation des personnages qui se répondent et fonctionnent en miroirs. Un défaut de premier film, qui n’est pas sans ajouter – de manière étonnante – une dimension extrêmement attachante… <a href="http://www.grand-ecart.fr/portraits/interview-rencontre-destin-cretton-film-states-of-grace-educateur/" title="Rencontre avec Destin Cretton">Destin Cretton</a>, ne pouvant pas dédier un documentaire à ces centres particuliers, car il y est strictement interdit de filmer, a voulu rendre un hommage au travail de ces gens dévoués, aux souffrances des jeunes qui y circulent ; en ressort un film réfléchi, pensé et nostalgique. </p>
<p>Dans sa mise en scène, le réalisateur joue de l’utilisation des plans serrés et des plans larges pour enfermer ou faire respirer les personnages. L’utilisation des espaces extérieurs est particulièrement remarquable, notamment les scènes (brèves mais intenses) de Grace à vélo. Elles sont le seul moment où elle est seule, ni au travail, ni avec son compagnon, et même dans ces instants on la sent oppressée, en lutte avec elle-même.</p>
<p>Le film démarre et se clôture sur une scène similaire, qui aura bien sûr deux sensations différentes. Cette construction cyclique fait pleinement sens par rapport au quotidien des personnages. Ce centre est un milieu qui est à la fois statisme et mouvement, doté d’une énergie particulière : il ne se passe rien et puis soudainement, c’est l’explosion, les sentiments exacerbés ne peuvent plus se contenir et il faut agir, suivre, ne pas être intrusif mais compatissant, accepter l’autre, se faire accepter… Grace, bloc de douleur au sein d’un océan de souffrances auquel elle essaye pourtant d’apporter du soulagement, est un personnage émouvant car sa difficulté de parler, de s’ouvrir n’est jamais aussi flagrante que lorsqu’elle réussit à « lire » cette adolescente qui lui ressemble tant. Cette histoire est celle d’une acceptation, accepter son passé et celui qu’on devient pour accepter un jour de donner à d’autres, à ses propres enfants. A un moment donné il faut s’ouvrir et se laisser aller, accepter l’énergie, ne pas se noyer mais comprendre le courant et s’y abandonner &#8211; à l&#8217;image de la dernière scène. De toute façon, le quotidien revient toujours à la charge et entraîne dans son lot une nouvelle histoire, une autre course vers le passage à l’âge adulte… </p>
<p><em>Short Term 12</em> est un film touchant, très juste et profondément émouvant. Sa simplicité et son regard sincère pour les personnages qui l’habitent font beaucoup de bien, surtout parce que tout cela se ressent et n’est pas asséné à travers des discours professoraux sur l’humanisme. Comme lors de cette scène où un jeune homme fait écouter son dernier morceau de rap au compagnon de Grace et qu’au fil du flow se dessine l’histoire d’une enfance bafouée, sacrifiée. La caméra reste sur le jeune homme en gros plan, parfois il devient flou et jamais elle ne le lâche… Comme ces éducateurs qui auront toujours foi en ces jeunes et ne lâcheront rien. </p>
<p>Bref, un grand « petit » film.</p>
<div class="separation"></div>
<p><strong><br />
Le DVD de <em>States of Grace</em> est une formidable occasion de découvrir ce petit bijou de film indépendant.</strong> Les bonus de l’édition DVD / Blu-ray retranscrivent parfaitement la sensibilité de la mise en scène. Un making of de simple facture nous permet de nous balader dans les coulisses du tournage. Tout y est naturel : la lumière, les scènes captées, les comédiens qui se livrent sans fard à l’interview de règle, souvent sans intérêt, mais qui offre ici de jolis moments et des témoignages authentiques. C’est comme pendre part à la fête de famille d’un ami, on a l’impression d’entrer dans un sanctuaire privé et festif.<br />
Des scènes coupées permettent d’apprécier le travail de montage, la nécessité d’élaguer certains propos, certaines actions pour mieux faire ressortir l’essentiel.<br />
Une simple et belle édition pour un film lumineux qu’on a envie de défendre jusqu’au bout, pour que son nombre d’admirateurs ne cesse de grandir…</p>
<p>&nbsp;<br />
States of Grace<em> (Short Term 12) de Destin Cretton, avec Brie Larson, John Gallagher Jr., Kaitlyn Dever&#8230; Etats-Unis, 2013. Sortie le 23 avril 2014. Sortie DVD le 17 novembre 2014.</em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/xfmx3k/zone/2/autoplay/no/"></script></center></p>
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		<title>Rencontre avec Brie Larson</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Apr 2014 08:09:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Pierre-Kaiser</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[adolescence]]></category>
		<category><![CDATA[Brie Larson]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>

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		<description><![CDATA[Brie Larson est à l'affiche de <em>States of Grace</em>. Elle nous parle de son personnage, directrice trentenaire d'un foyer pour jeunes en difficulté, confrontée à ses propres démons autant qu'à ceux des autres...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/brie-larson-states-of-grace-short-term-12.jpg" alt="Brie Larson dans States of Grace" title="Brie Larson dans States of Grace" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-16897" /><strong>Brie Larson est à l&#8217;affiche de <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/short-term-12-states-of-grace-destin-cretton/" title="States of Grace, de Destin Cretton" target="_blank">States of Grace</a></em>. Elle y incarne Grace, directrice trentenaire d&#8217;un foyer pour jeunes en difficulté, confrontée à ses propres démons autant qu&#8217;à ceux des autres. Un film touchant librement inspiré de la vie du réalisateur <a href="http://www.grand-ecart.fr/portraits/interview-rencontre-destin-cretton-film-states-of-grace-educateur/" title="Rencontre avec Destin Cretton" target="_blank">Destin Cretton</a>, et une jeune actrice passionnée et talentueuse. Rencontre.</strong></p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Comment en êtes-vous venue à travailler sur <em>States Of Grace</em> ?</strong></p>
<p>Destin, le réalisateur, m’a envoyé le scénario, je l&#8217;ai lu et en suis tombée amoureuse. Je sentais que j’étais celle qui devait raconter cette histoire, et quand l’« appel » est si fort, parfois, il y a l’autre côté qui se manifeste : le doute que tout cela ne se fera peut-être pas. Pour exorciser ce doute, ma méthode, c’est d’apprendre le plus de choses possibles sur le sujet du film. Donc je me suis portée volontaire dans plusieurs foyers pour en connaître davantage avant de rencontrer Destin. Quand on en a finalement parlé ensemble, j’en savais assez pour discuter avec lui, pour lui exprimer mes sentiments à ce sujet. Et il s’est avéré qu’on avait des vues assez similaires sur le sujet et donc ça s’est fait assez naturellement.</p>
<p><strong>Votre immersion dans ces foyers a–t-elle participé à faire évoluer le personnage de Grace par rapport à ce qu’il était dans le scénario que vous avez lu la première fois ?</strong></p>
<p>Non. C’est quelque chose d’assez étonnant d’ailleurs, parce que beaucoup de gens me demandent maintenant si le personnage de Grace a été écrit pour moi ou si Destin et moi l’avons créé ensemble. Mais ce n’est pas le cas, c’est une de ces rencontres magiques. Destin avait écrit ce personnage très complexe, très réel et cela me parlait. Je ne sais pas si en lisant le script vous ressentiriez la même chose que moi. Mais pour moi c’était une évidence. Destin et moi ne nous connaissions pas, ce n’est que maintenant qu’on apprend vraiment à se connaître. Et pourtant, sur le tournage, on n’avait même pas besoin de se parler. <span id="more-16872"></span></p>
<p><strong>Avoir fait l’expérience de ces foyers, cela vous a-t-il mis une pression en tant qu’actrice ou au contraire cela vous a-t-il donné de la force ?</strong></p>
<p>Il y avait de la pression « naturellement » parce que c’était la première fois que j’avais le rôle principal, parce que nous n’avions que vingt jours de tournage, parce que moi je voulais montrer de manière honnête ce que c’est d’être un meneur d’équipe, mais c’était assez proche de ce que vit Grace dans le film, donc c’est une pression que j’ai accueillie, dont je me suis nourrie. Dans ce genre de métier, je pense qu’on devient vite accro aux émotions, même la douleur devient quelque chose à explorer, cela vous donne de bons outils pour travailler.</p>
<p><strong>Quelle était la part d’improvisation pendant le tournage ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/brie-larson-john-gallagher-jr-states-of-grace.jpg" alt="Brie Larson et John Gallagher Jr dans States of Grace" title="Brie Larson et John Gallagher Jr dans States of Grace" width="280" height="148" class="alignright size-full wp-image-16898" />Tout était écrit. Mais Destin restait ouvert à l’improvisation, pourtant, ce qu’on a tous constaté, c’est qu’on n’avait pas besoin de s’éloigner du scénario. On faisait comme c’était écrit et puis après on voyait s&#8217;il manquait quelque chose. La seule scène qui a « posé problème », c’est lorsque Grace se confie pour la première fois sur son passé à Jaden. C’est la première fois que Destin et moi avons eu une conversation, parce qu’on sentait ça ne marchait pas comme c&#8217;était écrit. On en a discuté pendant un certain temps, à en devenir dingue, et puis on s’est dit, on va juste essayer, pour voir. Et la première prise fut la bonne. Finalement toute notre discussion n’avait pas lieu d’être. Il faut le sentir et se lancer. C’est trop abstrait d’en parler. On avait rendu tout beaucoup plus compliqué que ça ne l’était.</p>
<p><strong>En fait, c’est moi qui complique tout quand je vous pose toute ces questions !</strong></p>
<p>Oui, on théorise tout maintenant, mais à l’époque on ne se rendait pas vraiment compte de ce qu’on faisait. Ça fait sens aujourd’hui !</p>
<p><strong>En parlant de tout compliquer : pensez-vous que Grace est une femme qui refuse de grandir ou une enfant qui s’accroche à son passé ?</strong></p>
<p>J’aime les mythes, les allégories, les archétypes… Je pense que c’est très similaire tout ça, c’est un peu la Femme qui prend en charge quand l’Enfant ne peut plus suivre pour enfin se laisser aller. Il y a quelque chose de très métaphorique avec ces enfants, à chaque fois qu’elle veut les soigner, s’éloigner d’elle, ils sont comme un reflet d’elle : même rires, même douleurs, même rêves… Et je pense que ça fait partie du fait de grandir.</p>
<p><strong>Le film traite des rapports humains, de gens qui essayent de se comprendre, d’entrer en contact. Comment avez-vous travaillé sur l’intimité ? Avez-vous tenté de créer un environnement propice à cela lors du tournage ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/affiche-states-of-grace-destin-cretton.jpg" alt="States of Grace, de Destin Cretton" title="States of Grace, de Destin Cretton" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-16867" />Destin m’a beaucoup appris à ce sujet. Il travaillait énormément pour recréer un environnement propre à refléter l’esprit de la scène. Comme lors de la scène où on fait le débriefe avec tous les enfants. L’idée c’était que ce soit le plus naturel possible pour que cette atmosphère soit palpable pour tout le monde. Et il s’est avéré que la meilleure façon d’obtenir ça, c&#8217;était d’avoir le plus de membres possible de l’équipe technique dans la pièce avec nous. Le chef-opérateur avec sa caméra juste à côté, pareil pour le preneur de son, cette proximité a renforcé l’idée qu’on était ensemble, un groupe. En revanche lors des scènes intimistes avec Jaden, Destin a posé la caméra dans une autre pièce et utilisé une courte focale. On ne voyait personne, on avait l’impression d’être seuls, donc l’intimité venait d’elle-même. Et c’est rare, parce qu&#8217;en général, les réalisateurs cherchent à obtenir « le plan », et non à créer des conditions favorables à l’émergence de l’émotion.</p>
<p><strong>Y a-t-il eu une scène plus difficile à jouer que les autres ?</strong></p>
<p>La scène de rupture entre Grace et son ami nous a donné à tous du fil à retordre. J’ai mis un an avant de comprendre pourquoi j’ai eu du mal avec cette scène. A force de passer douze heures par jour à interpréter un personnage, c’est très intense et j’avais eu des journées difficiles auparavant, très éprouvantes. J’étais dans une mauvaise disposition, Grace n’allait pas se faire emmerder par qui que ce soit ! Donc je ne trouvais pas de connexion émotionnelle pour jouer cette scène avec John qui joue Mason, j’étais trop en colère, ça ne marchait pas. Mais je ne m’en rendais pas compte, j’étais prête à casser quelque chose ! Il a fallu qu’on tourne une autre scène pour que je me défoule et soit enfin prête, plus équilibrée.</p>
<p>&nbsp;<br />
States of Grace<em> (Short Term 12) de Destin Cretton, avec Brie Larson, John Gallagher Jr., Kaitlyn Dever&#8230; Etats-Unis, 2013. Sortie le 23 avril 2014.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Destin Cretton</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Apr 2014 07:55:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Pierre-Kaiser</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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		<description><![CDATA[<em>States of Grace</em>, où l'histoire de la jeune et belle directrice d'un foyer pour ados et des éducateurs qui travaillent avec elle. Un récit librement inspiré de l'histoire de Destin Cretton. Rencontre.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/destin-cretton-realisateur-states-of-grace-1.jpg" alt="Destin Cretton, réalisateur de States of Grace" title="Destin Cretton, réalisateur de States of Grace" width="280" height="158" class="alignleft size-full wp-image-16895" /><strong>Après <em>I am not a Hipster</em>, Destin Cretton réalise <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/short-term-12-states-of-grace-destin-cretton/" target="_blank">States of Grace</a></em>, où l&#8217;histoire de la jeune et belle directrice d&#8217;un foyer pour ados (Grace / <a href="http://www.grand-ecart.fr/portraits/interview-rencontre-brie-larson-state-of-grace-short-term-12-educateur/" title="Rencontre avec Brie Larson">Brie Larson</a>) et des éducateurs qui travaillent avec elle. Un récit librement inspiré de l&#8217;histoire de Destin Cretton. Rencontre.</strong></p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>D’où vient <em>States of Grace</em> ?</strong></p>
<p>J’ai travaillé dans un foyer similaire après le bac. Je ne trouvais pas d’autre boulot. J’y ai passé deux ans. J’étais comme le personnage de Nathan qui commence à travailler dans le centre au début du film. J’étais « le nouveau ». Très naïf. Je n’avais jamais été confronté aux problèmes que ces adolescents traversent, ça a été un gros choc pour moi. C’était terrifiant et dérangeant au début. Je ne savais absolument pas quoi faire. Mais au fil des deux ans que j’ai passés là, j’ai énormément mûri. C’était mon « passage à l’âge adulte » <em>[« coming of age story », ndr].</em> Au début, <em>States of Grace</em> était un court-métrage, puis ça a évolué en long. Tout ce processus, c’était pour moi une façon de comprendre ce que j’ai vécu, d’y trouver un sens, notamment en interviewant des gens que j’y ai rencontrés, avec qui j’ai collaboré. <span id="more-16891"></span></p>
<p><strong>Pourquoi le film se focalise-t-il sur Grace et pas sur Nathan, le jeune éducateur ? D’où vient le personnage de Grace ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/affiche-states-of-grace-destin-cretton.jpg" alt="States of Grace, de Destin Cretton" title="States of Grace, de Destin Cretton" width="210" height="280" class="alignright size-full wp-image-16867" />Nathan, c’est celui que j’étais pendant les premiers mois. Grace, c’est la personne que je suis encore, en quelque sorte… Elle représente toutes les questions que je me suis posées, que je me pose encore. Notamment la peur qu’on peut ressentir, la peur de ce qu’on peut faire à quelqu’un qu’on veut aider. La responsabilité que l’on a les uns envers les autres. Surtout quand on est professeur ou parent. Que vous le fassiez exprès ou non, il y a toujours la possibilité de dire la mauvaise chose au mauvais moment à votre enfant, et ça restera dans sa tête à jamais. Cette responsabilité est terrifiante. Surtout dans le cas de Grace, qui sait exactement ce que cela signifie, parce qu’elle a vécue ça enfant. Cela aurait été plus « traditionnel » de suivre le nouveau venu et de découvrir ce monde à travers ses yeux, mais ce n’est pas ce qui m’intéressait.</p>
<p><strong>Le film a un côté « documentaire », comment avez-vous travaillé cet aspect sachant que vous aviez un temps de tournage très limité ?</strong></p>
<p>Tout était écrit, planifié, on avait même un story-board, on savait exactement quels plans on voulait. Mais au moment de tourner, sur le plateau, j’évitais d’être trop dirigiste, je voulais me laisser surprendre. Ça vient du fait de faire des documentaires. J’aime être surpris, capturer quelque chose qui ne se reproduira pas. La prochaine prise ne serait pas la même, il y avait quelque chose d’instinctif dans le jeu.</p>
<p><strong>Comment le travail sur la lumière vous a-t-il permis de créer un environnement particulier ?</strong></p>
<p>En fait on s’est imposé une contrainte très simple en termes d’éclairage : on voulait que ça soit le plus naturel possible pour les comédiens. On ne voulait donc pas de projecteurs à un mètre de leur visage, il fallait qu’ils se sentent vraiment dans la pièce, libres de faire ce qu’ils voulaient. C’était l’idée de départ. Au final, on a surtout éclairé de l’extérieur. Les projecteurs étaient derrière les fenêtres et faisaient rentrer la lumière. Il y avait très peu d’équipement dans le décor et ça a beaucoup influencé le jeu des acteurs, ça a renforcé ce côté « naturel », surtout pour les plus jeunes acteurs, ils oubliaient ainsi l’espace d’un instant qu’ils se trouvaient sur un plateau de cinéma.</p>
<p><strong>La caméra est souvent au plus proche des personnages, quelle a été votre démarche de mise en scène à ce sujet ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/brie-larson-states-of-grace-short-term-12.jpg" alt="Brie Larson dans States of Grace" title="Brie Larson dans States of Grace" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-16897" />Tout était story-boardé, mais comme nous avons opté pour une caméra à la main, le chef-opérateur était libre de suivre son instinct. Comme lors de la scène où Marcus fait écouter son rap à Mason. On savait que ça serait « émotionnel », mais on ne savait pas vraiment ce qui se passerait. C’est pendant la seconde prise que Brett <em>[Brett Pawlak, le chef-opérateur, ndr]</em> a commencé à resserrer le plan. Lors de la troisième, il a encore plus poussé le zoom, il était sur le visage de Marcus, sur ses yeux, je regardais au moniteur et je me suis mis à pleurer. Je ne m’attendais pas à une telle charge émotionnelle. C’était magique, c’est arrivé comme ça, une combinaison entre l’instinct de jeu de Keith Stansfield et l’instinct de Brett qui a fait naître cette très belle scène. Et je n’y suis pour rien, j’étais dans une autre pièce en train de regarder le moniteur !</p>
<p><strong>Le film traite vraiment de la communication entre les gens, des personnages qui cherchent à s’entendre, à créer des liens&#8230;</strong></p>
<p>L’idée du film, c’est que ça peut être très toxique de ne pas partager ses souffrances avec autrui. Ce que traverse Grace dans le film, ce qu’elle ressent, correspond à une période très difficile de ma vie. Je ne trouvais pas de raison pour me lever le matin. J’intériorisais beaucoup. C’est naturel chez moi, je n’aime pas partager ce que je ressens, je fais face tout seul. A un moment donné, c’était trop pour moi, je n’arrivais plus à y arriver seul, mais j’ai mis du temps à l’admettre. J’ai commencé à en parler à mes sœurs, ça m’a aidé, ça n’a pas changé les faits, mais j’arrivais à fonctionner à nouveau. Il y a beaucoup de ça dans le personnage de Grace. Elle est très fière, elle a une forte personnalité et elle a du mal à admettre qu’elle n’y arrive pas.</p>
<p><strong>L’intimité est aussi un « problème » dans le film.</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/brie-larson-john-gallagher-jr-states-of-grace.jpg" alt="Brie Larson et John Gallagher Jr dans States of Grace" width="280" height="148" class="alignright size-full wp-image-16898" />Oui, pour Grace beaucoup. C’est en partie dû à ce qu’elle a vécu. Elle a fait confiance à ses parents et ils ont fait des choses horribles. Pour elle, l’intimité est une chose presque impossible. C’est pour ça que Mason est aussi « parfait » pour elle. Il faut avoir énormément de patience pour être avec quelqu’un comme Grace. Mason représente le genre de personne à qui j’aimerais ressembler, j’aimerais avoir cette patience, cette vision de la vie. Lui aussi a traversé des choses difficiles, mais il a utilisé l’humour pour s’en sortir. Ils font un beau couple ces deux-là !</p>
<p><strong>Les ados du foyer sont comme des enfants de substitution pour Grace, comme pour l’aider à accepter de devenir mère elle-même. Comment avez-vous envisagé cela au moment de l’écriture ?</strong></p>
<p>En termes d’écriture, chaque scène du film nous montre comment Grace réagit, même les histoires de chaque ado, cela nous montre ce que ça provoque en elle, comment ça résonne par rapport à elle. Soit elle se dit <em>« je peux y arriver, je peux devenir un adulte responsable, capable de prendre soin de moi et des autres »</em> ou alors <em>« merde, non, j’en suis même pas proche ! »</em>. Donc cela dépend beaucoup de comment elle se sent dans son travail, en tant que mère de substitution. Quand elle voit que Marcus est bien, elle se dit qu&#8217;elle peut y arriver, mais quand elle constate que Sammy est de plus en plus mal, c’est le contraire… Et l’intimité entre Grace et les enfants dans le film reflète l’intimité de Brie Larson avec les jeunes acteurs. Leur relation ne s’interrompait pas au moment de couper. Elle était constamment dans un rôle de leader. Et vous ressentez cette intimité grandir au fil du film. Comme lorsque Grace est au chevet de Sammy, c’est parce que à ce moment Brie se sentait beaucoup plus proche d’Alex Calloway, l’acteur. Il la considérait vraiment comme son aînée, un modèle. Tous les jeunes ont développé de fortes relations avec Brie et John Gallagher. C’était quelque chose de très émouvant à capturer.</p>
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States of Grace<em> (Short Term 12) de Destin Cretton, avec Brie Larson, John Gallagher Jr., Kaitlyn Dever&#8230; Etats-Unis, 2013. Sortie le 23 avril 2014.</em></p>
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