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	<title>Grand Écart &#187; arts martiaux</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>The Raid 2, de Gareth Evans</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Dec 2014 07:56:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Pierre-Kaiser</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[action]]></category>
		<category><![CDATA[arts martiaux]]></category>
		<category><![CDATA[Indonésie]]></category>

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		<description><![CDATA[<em>The Raid 2</em> révèle chez son réalisateur ce qu'on entrapercevait déjà dans le premier film : un sens inné de l'action doublé d'un talent de mise en scène rare. En DVD depuis le 26 novembre.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Eloge de la baston</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/07/the-raid-2-gareth-evans-affiche.jpg" title="The Raid 2, de Gareth Evans" alt="The Raid 2, de Gareth Evans" width="280" height="141" class="alignleft size-full wp-image-18794" />Enchaînant directement après les événements du premier film, <em>The Raid 2</em> nous montre le jeune flic Rama entraîné par son supérieur dans une lutte sans merci contre la corruption policière. Et pour (littéralement) faire tomber des têtes, il est décidé d’infiltrer Rama dans la mafia locale pour identifier et neutraliser les brebis galeuses. Après avoir gagné la confiance du boss de la mafia et son fils, Rama va se retrouver impliqué au sein d’une guerre de gang impitoyable.</p>
<p>Le pari du réalisateur Gareth Evans est clair dès les premières scènes : étendre l’univers de son coup de poing cinématographique <em>The Raid</em> en proposant une intrigue plus élaborée, différents décors et une galerie de personnages plus étendue. Un pari gagnant en termes de mise en scène car celle-ci est toujours aussi dynamique, rythmée et efficace. Gareth Evans se permet même des scènes de courses-poursuites en voitures (une première en Indonésie !) et réussit amplement à remplir son quota de scènes ultra-spectaculaires. Là où le bât blesse, c’est au niveau du scénario. A vouloir trop élargir son univers, Evans s’empêtre quelque peu dans une intrigue assez confuse, décousue car au service d’une dramaturgie sommaire mais explosée sur une multitude de personnages et de décors. Une faiblesse qui est aussi un des points forts du film… Beaucoup de personnages, certes, mais quels personnages ! Tous immédiatement iconiques, tous mériteraient un film à eux seuls ! Trop de décors ? Peut-être, mais exploités au maximum ! Pas un angle qui ne soit pas le cadre d’un coup, d&#8217;un fight, d&#8217;un face-à-face mortel… <span id="more-18790"></span></p>
<p>Un cinéma généreux donc, peut-être trop, mais ce genre d’excès se pardonne facilement quand il ne s’agit pas de bavures filmiques tels les <em>Transformers</em>. Il n’y a qu’à prendre en exemple la scène de la baston dans les toilettes au début du film. Rama est dans ce lieu ô combien intime, entouré d’une armée de prisonniers et il va les affronter tous, un par un, deux à la fois… Bref, une scène hallucinante, filmée et montée à la perfection, totalement nécessaire ? Peut-être pas, mais efficace et qui entre parfaitement dans le rythme général du film.</p>
<p><em>The Raid 2</em>, c’est l’art de la baston à son plus haut degré. Soutenu à la fois par une mise en scène réfléchie, un montage ultra-précis et des acteurs super investis, le film dépasse ses défauts pour devenir un objet filmique hautement jouissif quoique très très douloureux… Chaque coup est ressenti et quand on vous dit qu’ « ils en prennent plein la gueule » ce n’est pas au sens figuré. On a reproché déjà au premier film d’en faire trop niveau violence, Gareth Evans en rajoute une couche. Pure provocation ? Non, un homme qui se bat au sein d’un milieu ultra-violent sera amené à être ultra-violent. A quoi bon adoucir ce qui est l’essence des échanges dans le milieu que décrit le film ? Même si celui-ci est romancé, même s’il est fictionnel ? Personne ne s’attend à un documentaire mais personne n’attend non plus aucune compassion de qui que ce soit dans un univers sanglant, où la vie d’un homme ne vaut pas grand-chose. En cela, le film est le digne représentant d’une génération qui a grandi avec les jeux vidéo (en termes de narration et de déroulement de récit) : le but ultime, c’est d’arriver au boss final, aller au bout de la mission, coûte que coûte. Chaque adversaire est un obstacle que l’on affronte dans un environnement différent, chacun à ses spécificités (combat à mains nues, armes…) et chacun devra être vaincu pour accéder au niveau suivant.</p>
<p>Mais ce qui pourrait se lire comme une adaptation non-officielle d’un jeu « beat’them up » est transcendé par un élément primordial qui insuffle vie et force à ce film hautement divertissant : les acteurs. Certes, l’acteur principal n’est étrangement pas le plus marquant – au niveau du jeu – même si sa présence et son charisme sont indéniables. Arifin Putra qui joue le fils du patron de la mafia indonésienne, singulier mélange physique entre Bruce Campbell et Byung-hun Lee (<em>A Bittersweet Life</em>) irradie l’écran de son charme et de son talent et donne au film tout le pathos dont il a besoin pour être entièrement satisfaisant. Ajoutez à cela Hammer Girl et son frère qui ont en tout trois lignes de dialogues mais dont chaque apparition est inoubliable, Yayan Ruhian qui en une scène ajoute une dimension mélodramatique à son personnage de clodo/tueur à gages et les acteurs japonais dont la dignité et la fierté font ressurgir des souvenirs de Kitano, et vous avez là un mélange furieux et tourmenté, inégal et bouillonnant qui offre un des plus beaux spectacles de 2014.</p>
<p>Toute la force et l’intelligence du film de Gareth Evans est de ne jamais nier son statut de divertissement tout en y ajoutant une couche d’étrangeté très personnelle. Il y a des ratés, mais le tout est soutenu par une rage et une dynamique qu’il est difficile de lui en vouloir complètement : on est gâté, emporté, gavé de cascades et des combats qui dépassent l’entendement, bref : autant en emporte la baston…</p>
<div class="separation"></div>
<p><strong><br />
Côté bonus du DVD, on est tout aussi fascinés que par le film.</strong> Les bonus de <em>The Raid 2</em> proposent les habituels making of, scènes coupées et rencontres avec l&#8217;équipe, dont notamment une longue interview du réalisateur Gareth Evans et de l&#8217;acteur star Iko Uwais. Et aussi trois documents courts et bien menés sur la genèse du projet, les chorégraphies hallucinantes et la mise en scène tout aussi ahurissante. Mais surtout, on retiendra un documentaire inédit, fourmillant d&#8217;informations précieuses et jubilatoires sur le cinéma d&#8217;action indonésien, quasi inconnu jusque-là par chez nous : <em>Garuda Power, dans le feu de l&#8217;action</em>. 1h16 sur le cheminement du cinéma de genre jusqu&#8217;au phénomène <em>The Raid</em>. Chose appréciable : l&#8217;intégralité des bonus figure sur les deux éditions DVD et Blu-ray, comme ça, pas de jaloux.</p>
<p>&nbsp;<br />
The Raid 2<em> (The Raid 2 : Berandal) de Gareth Evans, avec Iko Uwais, Julie Estelle, Yayan Ruhian, Arifin Putra&#8230; Indonésie, 2014. Sortie le 23 juillet 2014. Sortie DVD le 26 novembre 2014.</em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/3xzrff/zone/2/"></script></center></p>
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		<title>#44 : Apprendre à chanter et à tuer devant Miami Connection</title>
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		<pubDate>Sun, 28 Oct 2012 16:43:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grand Écart</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fond de Placard]]></category>
		<category><![CDATA[arts martiaux]]></category>
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		<category><![CDATA[ninja]]></category>

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		<description><![CDATA[Bande-annonce de Miami Connection, film américain réalisé en 1987 par Richard Park.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Bande-annonce de <em>Miami Connection</em>, film américain réalisé en 1987 par Richard Park.</p>
<p><center><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/VpZu69OB2KM?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center></p>
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		<title>#26 : Apprendre l&#8217;anatomie humaine avec Story of Ricky</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Jul 2011 16:53:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grand Écart</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fond de Placard]]></category>
		<category><![CDATA[arts martiaux]]></category>
		<category><![CDATA[Hong Kong]]></category>
		<category><![CDATA[sang]]></category>

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		<description><![CDATA[Petit florilège des scènes les plus trash du film hongkongais Story of Ricky réalisé par Ngai Kai Lam en 1991. Ames sensibles s&#8217;abstenir&#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Petit florilège des scènes les plus trash du film hongkongais <em>Story of Ricky</em> réalisé par Ngai Kai Lam en 1991. <strong>Ames sensibles s&#8217;abstenir&#8230; </strong></p>
<p><center><iframe width="560" height="300" src="http://www.youtube.com/embed/cUnIrn3PRVI" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center></p>
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		<title>Lettre d&#8217;un fan à Steven Seagal</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Jul 2011 13:31:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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		<description><![CDATA[Cher Steven, c'est avec beaucoup d'émotion que je prends la plume pour t'écrire enfin, nonobstant les moqueries et quolibets de mes compagnons d’armes qui te considèrent péremptoirement comme le...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><font size= "+4">&ldquo;</font><br />
<h3>Cher Steven,</h3>
<p>C&#8217;est avec beaucoup d&#8217;émotion que je prends la plume pour t&#8217;écrire enfin, nonobstant les moqueries et quolibets de mes compagnons d’armes qui te considèrent péremptoirement comme le Jean-Claude Van Damme nippo-américain. Oui, Jean-Claude, celui qui te chercha des noises à plusieurs reprises il y a quelques années, voulant absolument t’affronter en combat singulier. Combat ridicule que tu sus décliner, allant même jusqu’à t’excuser de l’éventuel tort que tu avais pu faire à la star belge. A l’époque, il n’avait fallu qu’un pas à Sylvester Stallone pour déclarer avec une certaine idiotie stéroïdienne que si tu avais refusé le duel, c’est que tu crevais de trouille. C’est d’ailleurs en partie ce qui explique ton absence du casting musclé de la franchise <em>Expendables</em>… Evidemment, toi et moi savons qu’en tant que dieu du combat rapproché, si ta rencontre avec Van Damme avait eu lieu, elle aurait été douloureuse et amère pour le karatéka mal intentionné.</p>
<p>Mais nous nous écartons du sujet. A 12 ans je débute le karaté, parce que j’adore l’Asie &#8211; la notion de zen me semble alors incroyablement plus forte que tout le reste -, parce que balancer un coup de pied dans les airs, ça le fait bien, et parce qu’il n’y a pas d’autres disciplines martiales à côté de chez moi. A cette époque, <em>Nico</em> <a href="#ref">(1)</a> sort à peine et personne n’a encore entendu parler de Steven Seagal. Mes héros s’appellent Bruce Lee, Jackie Chan, Chuck Norris et Jean-Claude Van Damme.<span id="more-3706"></span></p>
<p>Et puis sort au ciné <em>Piège en haute mer</em>, un film d’action signé Andrew Davis  avec Tommy Lee Jones et un certain Steven Seagal. Si le film n’est pas vraiment un chef-d’oeuvre, il me rend curieux. Etrange, ce type imposant à l’humour pince-sans-rire qui manie le couteau à la perfection et se bat… comme personne d’autre. Parce qu’il faut bien dire que l’aïkido, l’art martial que tu nous montres à l’écran, est alors quasi inconnu chez nous. C’est moi-même bien plus tard que je le pratiquerai. Bruce Lee puis Van Damme nous ont habitués aux bourre-pifs et aux coups de latte, vaguement aussi au nunchaku. Mais alors les clés de bras et les saisies, le sabre façon Toshiro Mifune, on n’avait jamais vu ça. </p>
<p>Il faut désormais que j’en sache plus sur toi, ô grand maître. Internet n’existe pas encore, et trouver à la fois des infos et les films relève parfois de l’impossible. Heureusement qu’autour de moi circulent des amateurs de films d’action plus âgés qui possèdent quelques pépites, à commencer par le graal : une VHS à la qualité toute discutable de <em>Nico</em>, ton premier film « nourri de ta propre existence ». C’est par ces termes que naît ta légende : un artiste martial, l’un des plus hauts gradés du monde, qui a pratiqué au Japon, parle japonais, a eu un passé trouble et des liens avec la mafia. <em>Nico</em> devient une bombe, la porte d’entrée à un univers dangereusement violent mais excessivement jouissif. On y est plus proche de <em>La Légende du grand judo</em> de Kurosawa que de <em>Kickboxer</em>. Tout à coup, les bastons ressemblent à des casse-tête impossibles à résoudre, trop compliqués, trop rapides, trop… génial. Les coups de pied et les coups de poing, c’est facile d’en saisir la stratégie pavlovienne ; celui qui gagne, c’est celui qui tape le plus fort. Les réalisateurs ménagent les combats pour faire durer le suspense. Dans leurs films, Van Damme ou Stallone sont incapables de gagner un combat sans s’être fait laminer avant. Il doit y avoir une philosophie là-dedans : tu gagnes si tu en chies d’abord.</p>
<p>Dans tes films, dès le début, c’est complètement différent. Les combats sont soignés mais expéditifs ; ça ne dure jamais longtemps, tu cherches l’efficacité et non le plaisir bestial des jeux du cirque. On a beaucoup reproché à ton cinéma de faire l’apologie de la violence à outrance sans réflexion, mais pour moi, ça a toujours été l’inverse : en tranchant avec la production de l’époque, en étant un combattant quasiment invincible, jamais mis en défaut, tu portes haut les valeurs traditionnelles des arts martiaux et le code d’honneur du Bushido <a href="#ref">(2)</a>. En cela, tu es un héritier de Bruce Lee. L’adjectif « martial » suppose qu’on soit déterminé à aller au bout, à s’engager totalement. Dans son <em>Hagakure</em>, Jocho Yamamoto <a href="#ref">(3)</a> écrivait : « La voie du samouraï, c’est la mort. » La formule a longtemps été mal comprise ; elle ne suppose pas que tout samouraï doive mourir, elle suppose que tout samouraï doive vivre avec la mort. S’y attendre, ne pas en avoir peur pour mieux l’appréhender. <em>Nico</em>, <em>Justice sauvage</em> ou <em>Désigné pour mourir</em> sont des films martiaux qui ne se perdent pas en combats interminables et improbables, le héros de ces films est bien plus authentique que les héros-martyrs bodybuildés qu’on voit à l’époque. Si la morale est douteuse, c’est le cinéma d’action qu’il faut blâmer, pas tes films.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/07/bandeau-steven-seagal.jpg" alt="Steven Seagal, aïkidoka, comédien, bluesman, bouddhiste" title="Steven Seagal, aïkidoka, comédien, bluesman, bouddhiste" width="640" height="250" class="aligncenter size-full wp-image-3751" /></p>
<p>Ton engagement « martial » sort même du cadre du combat et du cinéma. En 1994, tu réalises <em>Terrain miné</em>, tu t’y affiches en tenue indian-new age pour la première fois et tu fais de ce film un manifeste écolo rempli de messages à ton public. A partir de là, tu t’investiras pleinement dans cette cause, comme dans celle du Tibet, te convertissant au bouddhisme et apprenant le tibétain. Les journalistes sarcastiques critiqueront ces engagements contradictoires avec la violence prônée dans tes films ; ils saisiront aussi la moindre occasion pour te moquer (par exemple cette fois où, interviewé, tu expliques être venu au monde avec le don de clairvoyance – du pain bénit pour tes détracteurs qui écriront « Steven Seagal se prend pour Dieu »). Honte à eux.</p>
<p>A l’exception de quelques films « <em>direct to video</em> » de piètre qualité (même si j’admets avec bonheur que tu es bien loin des pathétiques productions tournées sans le sou dans les pays de l’Est il y a une dizaine d’années), tu te fais désormais rare au cinéma, mais je te regarde avec délectation dans l’émission <em>Au service de la loi</em> <a href="#ref">(4)</a> dispenser tes sages conseils et tes clés de bras, brouillant encore un peu plus les pistes sur ton identité, nourrissant tes contradictions. Rien que pour te voir tenir un flingue dans la vraie vie exactement de la même manière nonchalante que dans tes films, ça vaut le coup. Ton travail/rôle dans l’émission me fait penser au personnage d’Arnold Schwarzenegger dans <em>Last Action Hero</em> : le héros de cinéma franchit la toile pour se retrouver justicier dans la vraie vie, avec tout ce que cela implique de situations étonnantes. Respect, man.</p>
<p>Récemment, ton apparition dans <em>Machete</em> laissait aussi présager un retour au cinéma. Le bandit mystique que tu joues est bien la meilleure raison (la seule ?) d’aller voir ce film. C’est fou comme les gens passent à côté de ton humour et de ton autodérision ; certains dialogues de tes films sont pourtant bien trop testostéronés pour être pris au premier degré <a href="#ref">(5)</a> ! C’est évidemment de la blague, une façon de faire dans la légèreté tout en pétant des jambes. Du reste, tes apparitions dans des shows télé montrent un homme charmant et drôle, toujours prêt à se moquer de son image. En 1998, ton <em>cameo</em> face à Billy Crystal dans <em>Le Géant et moi</em> <a href="#ref">(6)</a> était à mourir de rire.</p>
<p>Mais la cerise sur le gâteau, je crois que c’est ton rôle terrible de Cockpuncher dans le film à sketches <em>The Onion Movie</em> <a href="#ref">(7)</a> ! Il n’y a pas : tous ces passages te rendent monstrueusement fascinant. D’ailleurs, pourquoi il n’existe pas en France une interview digne de ce nom à ton égard ? Toutes celles qu’on trouve filent au ras des pâquerettes en se moquant de ce que tu incarnes, ou sont exclusivement concentrées sur le sport <a href="#ref">(8)</a>, ou encore sur tes albums de blues <a href="#ref">(9)</a>, plutôt bien foutus au demeurant. Il faudrait écrire un papier complet qui te rende justice – une longue entrevue, divisée en thématiques, sur le Japon, l’aïkido, le cinéma, la musique, le bouddhisme et la spiritualité, ton image, même tes déboires juridiques… T’ai-je dit que j’étais journaliste ? </p>
<p>Cher Steven, roi du <em>kote gaeshi</em>, j’aimerais, un jour, m’entretenir avec toi.</p>
<p>Bien à toi,</p>
<p align="right">ジヤン　ニコラ</p>
<p><a href="#ref" name="ref" id="ref"></a></p>
<p align="right"><font size= "+4">&rdquo;</font></p>
<p><em><strong>Notes à l&#8217;intention des curieux :</strong><br />
(1) </em>Nico<em> (Above the Law) de Andrew Davis, 1988. L’acteur y impose déjà son style, et il joue – quand même – aux côtés de Pam Grier et Sharon Stone.</p>
<p>(2) Le bushido (littéralement « la voie du guerrier ») est le code d’honneur que les samouraïs japonais devaient observer.</p>
<p>(3) Le </em>Hagakure<em> est l’ensemble des enseignements de Jocho Yamamoto, écrit vers 1710 et qui prêche le respect du bushido.</p>
<p>(4) </em>Au service de la loi<em> montre Steven Seagal en tant qu’adjoint du shérif en Louisiane. Il met les malfrats en tôle, fait la leçon aux drogués, entraîne les recrues à se défendre et participe à des soirées de charité. La série commence comme ça : « Depuis 20 ans, Steven Seagal participe au travail du bureau du shérif pour le comté de Jefferson en Louisiane. Cette seconde vie, il l’avait gardée secrète… jusqu’à maintenant. » 100 % testostérone.</p>
<p>(5) Un extrait des répliques à savourer de </em>Terrain miné<em> :<br />
<center><iframe frameborder="0" width="480" height="264" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/x6db69?hideInfos=1"></iframe></center><br />
<br />
(6) Dans </em>Le Géant et moi<em> (My Giant), Steven Seagal joue son propre rôle : il se fait remettre à sa place par un gamin de 10 ans et tourne en dérision sa réputation d’acteur incontrôlable sur les plateaux de tournage.</p>
<p>(7) Dans la lignée du </em>Hamburger Film Sandwich<em> de John Landis, </em>The Onion Movie<em> a été tourné en 2003, c&#8217;est une suite de sketches, parmi lesquels la fausse bande-annonce de </em>The Cockpuncher<em>, avec Steven Seagal. La voici :<br />
<center><iframe width="480" height="360" src="//www.youtube.com/embed/mMByDfFMPcE" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center><br />
<br />
(8) 7e dan d’aïkido, un grade que peu de gens ont dans le monde, et aussi gradé dans d’autres disciplines martiales. Steven Seagal est également coach pour des sportifs de MMA (mixed martial arts, l’équivalent de l’ultimate fighting) et a participé à de nombreuses démonstrations publiques de son savoir-faire inégalé en la matière.<br />
<br />
(9) Passionné de blues, il sort en 2005 l’album </em>Songs From the Crystal Cave<em>, un mélange de ses influences world-country-blues, dans lequel il défend notamment ses positions en faveur du bouddhisme et de la spiritualité. En 2006 il enregistre </em>Mojo Priest<em>, un second album beaucoup plus blues, auquel participe entre autres Bo Diddley. Il y reprend plusieurs grands standards américains et est salué par la presse musicale.</em></p>
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