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	<title>Grand Écart &#187; acid</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Dans la terrible jungle, de Caroline Capelle et Ombline Ley</title>
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		<pubDate>Wed, 16 May 2018 18:45:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2018]]></category>
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		<description><![CDATA[Entrées de chant - Pour ceux qui se demandent, oui, <em>Dans la terrible jungle</em> emprunte son titre au <em>Lion est mort ce soir</em>, revisité en version rap en conclusion. Car de musique il est beaucoup question dans...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Entrées de chant</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/05/Dans-la-terrible-jungle1.jpg" alt="Dans la terrible jungle" width="198" height="280" class="alignleft size-full wp-image-26385" />Pour ceux qui se demandent, oui, <em>Dans la terrible jungle</em> emprunte son titre au <em>Lion est mort ce soir</em>, revisité en version rap en conclusion. Car de musique il est beaucoup question dans ce film à mi-chemin entre documentaire et fiction. Les deux réalisatrices nous plongent au coeur d’un IME (institut médico-éducatif), avec ces jeunes handicapés, à des degrés divers, en formation pour intégrer un Esat (établissement et service d’aide par le travail). Mais de leurs handicaps ou, plus généralement, de leurs parcours personnels, il n’est pas question. C’est un exercice d’immersion, sans contexte. Des instants de vie, typiques des adolescents lambda, pétris de questions sur leur avenir un peu bouché (<em>« Après l’IME, c’est soit l’Esat soit c’est tout »</em>, dit l’une), sur la manière d’aborder une fille ou de s’oublier dans les histoires d’amour télévisées. Les moments de groupe sont essentiellement dévolus à la formation, et, dans des plans aux cadres très travaillés, l’humour se glisse par une entrée de champ incongrue, un arrière-plan surprenant, laissant entrevoir que l’on n’est pas dans le documentaire pur. L’humour vient aussi de la tchatche de certains, du burlesque d’autres. Mais le plus surprenant, c’est leur rapport à la musique. Dans de longues impro, l’une chante dans un yaourt parfait, l’autre est la reine des percus. <span id="more-26378"></span>Ces jeunes, qui ont parfois du mal à s’exprimer, se libèrent par la musique ou par la danse. Ophélie, le personnage le plus marquant, a l’élocution difficile mais chante parfaitement, et, surtout, transforme tout, même son corps et son corset ou un sac plastique, en instrument pour rythmer ce film étonnant. Les difficultés ne sont pas occultées, notamment avec les crises de violence de deux des pensionnaires, qui font face au calme des éducateurs. Une confrontation à l’image du film, où les plans sont longs et statiques mais au sein desquels le bouillonnement des personnages prend toute sa place.</p>
<p>&nbsp;<br />
Dans la terrible jungle<em> de Caroline Capelle et Ombline Ley, avec Ophélie Lefebvre, Léa Lenoir, Médéric Sergott&#8230; France, 2018. Présenté à la sélection ACID au 71e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Nous les coyotes, de Hanna Ladoul et Marco La Via</title>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2018 22:02:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2018]]></category>
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		<description><![CDATA[24 heures dans la vie d'un couple - Un jeune couple débarque à Los Angeles, attiré par la cité des étoiles où tout est possible. Elle rêve de travailler dans la musique, lui pourrait faire n’importe quel...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>24 heures dans la vie d&#8217;un couple</h3>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-26343" alt="Nous les coyotes" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2018/05/Nous-les-coyotes.jpg" width="189" height="280" />Un jeune couple débarque à Los Angeles, attiré par la cité des étoiles où tout est possible. Elle rêve de travailler dans la musique, lui pourrait faire n’importe quel petit boulot, tant qu’il est avec elle. <em>Nous les coyotes</em> suit les deux jeunes gens pendant 24 heures, suivant la courbe de leurs espoirs et de leurs désillusions. L’accueil chez la tante de la jeune fille n’est pas optimal, le décalage culturel entre la province et la grande ville se fait cruellement ressentir, l’entretien d’embauche dans un studio est en fait une offre de stage non rémunéré, les rêves d’indépendance se compliquent. Malgré tout, il y a le soleil californien, la plage de Venice, les retrouvailles de vieux amis qui ont déjà sauté le pas. Le film alterne sans cesse entre les coups plus ou moins durs et les espoirs retrouvés, entre les engueulades et les réjouissances, entre la dureté de la ville et la douceur de la plage. On sent une réelle ambition de réalisation, avec multitudes de gros plans captant les émotions des deux jeunes acteurs et recherche de la belle lumière d’une journée finissante. <span id="more-26341"></span>Mais <em>Nous les coyotes</em> accumule aussi les maladresses d’un premier film, avec une histoire assez convenue et des personnages sans surprise (l’émancipation d’une jeune fille de bonne famille en compagnie d’un loser au grand cœur), et des astuces de réalisation pour camoufler un faible budget qui transforment à la longue de jolis plans en gimmicks répétitifs. Cependant, par la grâce des comédiens, Morgan Saylor et McCaul Lombardi (déjà vus dans <em>Homeland</em> pour l’une et dans <a title="American Honey, d’Andrea Arnold" href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/american-honey-andrea-arnold-shia-labeouf-road-movie/"><em>American Honey</em></a> pour l’autre) et de la dolce vita californienne, un certain charme opère et le jeune couple se révèle attachant. Le film finit par se confondre avec ses personnages, laissant percer une naïveté touchante à défaut d’être rafraîchissante.</p>
<p>&nbsp;<br />
Nous les coyotes<em> (We the coyotes), de Hanna Ladoul et Marco La Via, avec Morgan Saylor, McCaul Lombardi, Betsy Brandt, Khleo Thomas, Lorelei Linklater&#8230; France, Etats-Unis, 2018. Présenté à la sélection ACID au 71e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Sans adieu, de Christophe Agou</title>
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		<pubDate>Fri, 26 May 2017 08:10:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sarah Briffa</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[L'actu du 70e Festival de Cannes]]></category>
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		<description><![CDATA[Sans prétention Dans la région du Forez, Claudette, Jean-Clément, Christiane, Raymond et Mathilde ont un point en commun : ils sont paysans (éleveurs ou agriculteurs) et ont toutes les peines...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Sans prétention</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/sans-adieu-christophe-agou-acid.jpg" alt="sans-adieu-christophe-agou-acid" width="280" height="195" class="alignleft size-full wp-image-25416" />Dans la région du Forez, Claudette, Jean-Clément, Christiane, Raymond et Mathilde ont un point en commun : ils sont paysans (éleveurs ou agriculteurs) et ont toutes les peines du monde à s’en sortir financièrement. Ils se battent avec l’administration, l’assistante sociale, les impôts, et des lois absurdes qui les asphyxient. Mais le pilier de ce documentaire, c’est Claudette, vieille dame âgée de 80 ans, qui vit seule dans sa ferme et refuse de céder ses terres. </p>
<p><em>Sans adieu</em> nous aide à mieux comprendre ce milieu, à travers différentes histoires : les vaches de Jean-Clément et de sa femme sont bien plus qu’un simple gagne-pain, ce sont des êtres vivants avec lesquels se noue une relation. Quand le troupeau est emmené pour effectuer une série de tests afin de déterminer la présence de la vache folle ou non, le couple se braque en raison du manque de considération à l’égard de leurs bêtes. Christiane, célibataire, parle de ses difficultés à garder un compagnon en tant que femme, parce qu’elle se refuse à quitter sa campagne et sa ferme dans laquelle elle a travaillé toute sa vie. <span id="more-25415"></span>Quant à Raymond, il reste coincé dans un passé bel et bien révolu, accompagné de photos de lui et de ses proches, du temps où les choses étaient plus simples. La nature, elle, est vaste et silencieuse, tantôt accueillante et lumineuse, tantôt froide et boueuse. La caméra de Christophe Agou filme la solitude de ses protagonistes, leur nostalgie, et leurs animaux. Chats, chiens, vaches et oies font partie intégrante de ce documentaire, et sont filmés comme des personnes. Retirez-les, et ce n’est plus le même film.</p>
<p>C’est à mesure des séquences que se ressentent l’attachement et l’engagement sincère du réalisateur à un monde paysan en détresse. Le cœur gros, on regarde défiler lentement le générique de <em>Sans adieu</em>, tout en repensant avec admiration à la foi inébranlable de ces héros et héroïnes qui ne cessent jamais, mais absolument jamais, de lutter.</p>
<p>&nbsp;<br />
Sans adieu <em>de Christophe Agou. France, 2017. Présenté à la sélection ACID au 70e Festival de Cannes.</em> </p>
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		<title>Kiss and Cry, de Chloé Mahieu et Lila Pinell</title>
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		<pubDate>Thu, 25 May 2017 16:07:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sarah Briffa</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>Le feu sur la glace</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/Kiss-and-cry-film-lila-pinell-chloe-mahieu-acid.jpg" alt="Kiss-and-cry-film-lila-pinell-chloe-mahieu-acid" width="280" height="150" class="alignleft size-full wp-image-25398" />Sarah et sa famille rentrent à Colmar, ville d’Alsace plongée sous le froid et la grisaille, après une très courte période à Paris, peu concluante. Lycéenne caractérielle, Sarah suit des cours de patinage artistique depuis à peu près toujours, et revient dans son ancien club en déclin. L’objectif de sa mère : voir sa fille accéder à la première marche du podium au championnat de France, quitte à aller voir une voyante pour se rassurer. Celui de Sarah ? On ne saura pas vraiment, car elle non plus. C’est avec elle qu’on endure les interminables séances d’entraînement sous les insultes de son entraîneur ; c’est avec elle qu’on ressent sa colère et sa lassitude.</p>
<p>Le binôme Chloé Mahieu et Lila Pinell se réapproprie avec <em>Kiss and Cry</em> les thèmes qui semblent leur être chers : la jeunesse, sa fougue et ses premiers amours. Après leur documentaire <em>Nos fiançailles</em> en 2011, qui suit la préparation du mariage de Fleur, jeune catholique traditionaliste et militante, ce duo de documentaristes réalise son premier long-métrage de fiction. On ne sera donc pas étonné d’avoir par moment l’impression de regarder un documentaire sur la vie d’adolescente.</p>
<p>A un âge où on accumule les premières fois, Sarah et ses copines patineuses veulent échapper à la stricte discipline qui leur est imposée. Les dialogues entre les personnages sont frappants de réalisme. <em>Kiss and Cry</em> nous livre des scènes dans lesquelles les jeunes acteurs sont tellement bons et à l’aise devant la caméra, qu’elles pourraient être le fruit de séances d’improvisations (mais peut-être le sont-elles un peu ?). Il est possible de les trouver vulgaires, car vulgaires ils le sont parfois, mais touchant de maladresse. Les filles et les garçons expriment avec grande difficulté leurs émotions, se protégeant d’éventuelles moqueries pouvant nuire à leur réputation. <span id="more-25396"></span></p>
<p>Dans cette ambiance oppressante survient parfois une séquence onirique, tout droit sortie d’un spectacle d’<em>Holiday On Ice</em>, avec fumée et éclairage, comme une pause poétique entre deux séquences de la vie, la vraie. Sortent-elles de l’imaginaire de l’héroïne, de sa mère, de son entraineur, ou de quelqu&#8217;un d’autre encore ?</p>
<p>Quand vient enfin le jour du championnat de France pour le club de Sarah, c’est trop de pression pour elle, qui se retrouve violemment confrontée à sa crainte : échouer, et admettre devant tous que le patinage artistique, ce n’est plus pour elle. Même avec une fin qui sent un peu le réchauffé, <em>Kiss and Cry</em> reste un premier long-métrage avec des qualités indéniables.</p>
<p>&nbsp;<br />
Kiss and Cry <em>de Chloé Mahieu et Lila Pinell, avec Sarah Bramms, Xavier Dias, Dinara Droukarova… France, 2017. Présenté à la sélection ACID au 70e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Maryam Goormaghtigh</title>
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		<pubDate>Wed, 24 May 2017 09:55:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sarah Briffa</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'actu du 70e Festival de Cannes]]></category>
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		<description><![CDATA[Le premier long-métrage <em>Avant la fin de l’été</em> de Maryam Goormaghtigh a ouvert en beauté la sélection Acid de la 70e édition du Festival de Cannes. Remplaçant une équipe de...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/maryam-goormaghtigh.jpg" alt="maryam-goormaghtigh" width="225" height="280" class="alignleft size-full wp-image-25357" />Le premier long-métrage <em>Avant la fin de l’été</em> de Maryam Goormaghtigh a ouvert en beauté la sélection Acid de la <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/films-competition-70e-festival-cannes-selection-jury-almodovar-2017/" title="17/05-28/05 : 70e Festival de Cannes">70e édition du Festival de Cannes</a>. Remplaçant une équipe de tournage à elle seule, la cinéaste a suivi sur les routes ses acteurs et amis pendant deux semaines et demie. Rencontre avec la réalisatrice touche-à-tout d’un film sur l’amitié et la séparation, dans lequel les protagonistes jouent leur propre rôle.</p>
<p>C’est l’histoire de trois trentenaires iraniens, Arash, Ashkan et Hossein, qui sillonnent la France en voiture, avant la fin de l’été et avant que l’un d’eux ne décide de rentrer définitivement en Iran. Ils croisent le chemin de Charlotte et Michèle, qui les accompagneront durant une partie du voyage.<br />
&nbsp;<br />
<strong>Vous avez dit après la projection que vous trouviez réductrices les étiquettes de « fiction » ou de « documentaire » que l’on colle aux films. Pour vous, comment se situe <em>Avant la fin de l’été</em> ?</strong></p>
<p>Je ne sais pas si c’est au milieu mais en tout cas je ne me suis pas posé la question pour savoir si ça allait faire un documentaire ou une fiction, parce qu&#8217;en réalité j’ai effectivement commencé à filmer ces trois personnes de manière plus documentaire… pour me documenter, en fait. Je filmais chacune de nos rencontres parce que je les trouvais passionnants, parce que j’avais envie d’en apprendre plus sur eux. J’ai fait beaucoup de « captations » les premières années. Et puis quand on a décidé de raconter une histoire à partir de cet événement dramatique qui est le départ d’Arash, il y a eu une envie de maîtriser davantage le récit, d’essayer d’amener le spectateur quelque part, d’organiser tout simplement le tournage pour que ça se passe mieux avec le peu de temps qui nous était imparti. Il y a effectivement quelque chose qui est peut-être de l’ordre de la fiction, mais je ne saurais pas dire où le film se situe vraiment. Je pense que c’est un film avant tout, et que c’est une très belle aventure. <span id="more-25304"></span></p>
<p><strong>Comment avez-vous procédé pour l’écriture du film ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/affiche-avant-la-fin-de-lete-maryam-goormaghtigh.jpg" alt="affiche-avant-la-fin-de-lete-maryam-goormaghtigh" width="210" height="280" class="alignright size-full wp-image-25369" />J’ai pensé certaines choses en amont. Il y avait certaines discussions que je voulais qu’on aborde, des thématiques importantes comme le service militaire, un rêve… Des choses comme ça qui m’avaient plu lors des discussions qu’on avait eues. Ou bien j’ai organisé le fait qu’on se retrouve à Noirétable le 15 août parce que je savais qu’il y avait un défilé avec des chars fleuris. J’ai organisé la rencontre avec les filles, sans écrire ce qui allait se passer, mais j’ai quand même organisé la rencontre. J’avais une carte de France avec les lieux où on allait s’arrêter et avec les sujets qu’on allait peut-être aborder à tel endroit. On a répété pas mal de fois certaines discussions. Parfois ce sont mes acteurs qui m’ont demandé d’allumer la caméra parce qu’ils avaient des choses à dire. Ashkan à un moment donné m’a dit <em>« Ecoute, allume ta caméra, j’ai envie qu’on parle de ça »</em> : et c’est là qu’on a eu une très belle discussion sous la tente où il demande à Arash ce qui pourrait le faire changer d’avis. Et il y a toute cette discussion autour de l’amour, ce qui lance un peu l’idée d’un voyage à sa recherche. On a beaucoup improvisé quand on a rencontré les filles aussi. Je me suis aussi laissé porter par eux, parfois je disais <em>« Voilà, j’aimerais qu’on parle de ça »</em> et eux, finalement, me proposaient autre chose. </p>
<p><strong>Avec combien d’heures de rushs êtes-vous revenue du tournage ?</strong> </p>
<p>On avait soixante-dix heures de rushs. On en avait énormément et il y avait des choses très drôles, des choses beaucoup plus graves, et énormément de discussions. La monteuse a su révéler la nature des personnages, elle a vraiment réussi à voir dans les rushs ce qu’ils qu’étaient. On aurait pu faire un film extrêmement bavard, on aurait même pu faire plein de films différents. Par exemple, je me disais qu’une sieste entre copains où ça ronfle et ça rigole, ce n’est peut-être pas très passionnant en termes de narration, et elle, à travers ces séquences, elle voyait justement l’amitié, la tendresse et les vacances aussi. Pendant deux semaines et demie j’ai filmé tous les jours. J’étais avec eux partout, tout le temps, et je me couchais très tard parce qu’il fallait dérusher, puis le lendemain on repartait sur les routes.</p>
<p><strong>Comment avez-vous travaillé avec les acteurs après le tournage ?</strong></p>
<p>Je leur ai montré certaines séquences pour les valider avec eux car je voulais savoir s’ils étaient d’accord avec des passages que je choisissais, mais j’avais envie qu’ils le découvrent avec un public pour la première fois. Je pense que c’est important. Mais ils savaient quand même à quoi s’attendre. Je n’avais peut-être pas très envie qu’ils mettent le nez dans le montage, j’ai l’impression c’est quelque chose de très intime. C’est la partie que je préfère. Avec la monteuse, on a passé trois mois ensemble dans notre petit salon de montage. Je ne voulais pas qu’il y ait trop d’interférences ou qu’on me donne trop d’avis pour préserver au mieux ce moment-là.</p>
<p><strong>Pouvez-vous nous raconter quelque chose de totalement inattendu qui a été capté par la caméra et qu’on retrouve dans le film ?</strong> </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/05/film-avant-la-fin-de-lete-maryam-goormaghtigh1.jpg" alt="film-avant-la-fin-de-lete-maryam-goormaghtigh" width="280" height="151" class="alignleft size-full wp-image-25362" />Il y a cette scène où Arash prend Charlotte sur ses épaules pour lui faire traverser la mer. Ça, je ne m’y attendais pas du tout et ce qui est merveilleux c’est que pour moi cette scène raconte comment ce personnage-là, qui au début est un peu déprimé, et qui se fait entraîner par ses copains, devient un héros. Tout à coup j’avais l’impression qu’on était en face d’un vrai héros, d’un vrai personnage de mythologie. Il y a une autre scène, où il danse avec les filles : on se dit que peut-être c’est un garçon en surpoids pour qui ce n’est pas forcément évident de rencontrer une femme, mais il est finalement très à l’aise quand il s’agit de danser. Il a une manière de danser qui est très belle et révèle toute sa « sexy attitude » ! Et puis il y a aussi la scène où les filles s’éloignent lorsque Charlotte est vexée. Mais est-elle vraiment énervée ou est-ce qu’elle joue pour la caméra ? Je me suis dit que ce n’était pas très correct de le faire, mais en tout cas elle avait le micro HF allumé, je l’ai enregistrée à ce moment-là, et c’est quelque chose dont je me suis servi pour raconter l’histoire.</p>
<p><strong>Comment avez-vous fait pour gérer seule à la fois la mise en scène, l’image et le son ?</strong></p>
<p>Avant, je travaillais à l’épaule avec des caméras très légères. Je me suis racheté une caméra pour ce projet, qui était peu ergonomique, assez lourde, et qui m’obligeait à travailler avec un monopode. Il y avait une sorte de stabilité qui était offerte par ce dispositif, ce qui était nouveau pour moi parce que d’habitude j’étais plutôt très agile, à l’affût des petites choses, et là il a fallu que je pose mes cadres. J’avais de la chance d’avoir des personnages plutôt tranquilles qui aiment bien s’installer. Arash se posait, les deux autres se mettaient automatiquement autour de lui parce que c’est comme ça qu’ils sont, et le cadre était là. Arash, c’est vraiment un personnage qui impose le cadre. J’ai pu tester le dispositif parce que je suis partie une première fois en voyage avec eux dans le sud de l’Italie, une année avant. Il y avait quand même un travail fait en amont pour me permettre d’être le plus opérationnel possible au moment du tournage. Au niveau du son j’ai eu plein de problèmes, on a dû refaire du doublage à certains moments. Forcément quand on part seule, il y a aussi beaucoup d’accidents. </p>
<p><strong>Qu’est-il advenu des actrices Charlotte et Michèle ?</strong></p>
<p>On est resté en contact. En ce moment elles font avec leur groupe de rock une résidence très prestigieuse à Manchester, donc leur groupe file vers une bonne carrière je crois. Elles n’ont pas encore vu le film en grand, elles ont vu le film en cours de montage. Et ce qui est très intéressant c’est que quand elles l’ont vu, elles m’ont dit que l’Arash qu’elles ont rencontré n’est pas du tout celui que je présentais dans mon film. Forcément il parle plus dans la première partie du film et quand il est avec les filles, il est plutôt réservé. Quand elles l’ont vu dans le film elles se sont dit que c’était vraiment le personnage principal. Il est là, il est magnifique et il est émouvant. C’était drôle de leur faire découvrir les personnages à travers le film autrement que comme elles les avaient vus pendant le tournage.</p>
<p><strong>Sur le plan professionnel, que prévoyez-vous ensuite ?</strong></p>
<p>En ce moment je suis en train de monter un webdoc d’Arte Creative. C’est une série en dix épisodes qui s’appelle <em>Fashion Geek</em> et qui sera diffusée en septembre 2017 durant la Fashion Week. Et j’aimerais faire une suite à ce film-là, avec ces trois mêmes personnages, peut-être en Iran, c’est quelque chose dont on est en train de parler, et avec davantage de moyens. Enfin toutes proportions gardées parce que j’aime beaucoup ce dispositif-là qui est très léger. J’irai peut-être davantage vers la fiction pour le prochain.</p>
<p>&nbsp;<br />
Avant la fin de l&#8217;été <em>de Maryam Goormaghtigh. France, Suisse, 2017. Présenté à la sélection ACID du 70e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Coby, de Christian Sonderegger</title>
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		<pubDate>Sat, 20 May 2017 10:09:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sarah Briffa</dc:creator>
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		<category><![CDATA[L'actu du 70e Festival de Cannes]]></category>
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		<description><![CDATA[« Je me sens toujours femme : j’ai toujours 21 ans de femme derrière moi, je l’ai été plus longtemps qu’un homme », tente d’expliquer Jacob à deux collègues féminines,...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2017/06/coby-affiche-film-christia-sonderegger.jpg" alt="Coby, de Christian Sonderegger" title="Coby, de Christian Sonderegger" width="198" height="280" class="alignleft size-full wp-image-25725" /><em>« Je me sens toujours femme : j’ai toujours 21 ans de femme derrière moi, je l’ai été plus longtemps qu’un homme »</em>, tente d’expliquer Jacob à deux collègues féminines, qui peinent à comprendre. Avant d’être Jacob, il était Suzana, et pendant sa période de transition (sous prise de testostérone) il était… Coby. A 18 ans, Suzana informe ses parents de son homosexualité. A 21 ans, elle commence les injections de testostérone.</p>
<p>Dans ce documentaire édifiant (aux petits airs de <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/laurence-anyways-xavier-dolan/" title="Laurence Anyways, de Xavier Dolan">Laurence Anyways</a></em> de Xavier Dolan), Christian Sonderegger a filmé sur plusieurs années la transition sexuelle de son frère cadet, né femme. Nous découvrons dans un cadre familial à quel point le choix de Suzana a chamboulé les vies de ses proches. Celles de Christian, de son père, de sa mère, et de la petite amie de Coby, Sara. Tous sont sans cesse en gravitation autour du protagoniste. <span id="more-25724"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>De la confusion des genres</h3>
<p><em>Coby</em> alterne entre témoignages, photographies d’un Coby petite fille ou adolescente, extraits de vidéos Youtube où Coby et Sara racontent les changements progressifs d’une femme sous testostérone, et le présent, mis en scène pour la bonne cause. Dans ce présent, Jacob ressemble à un jeune homme tout ce qu’il y a de plus normal : costaud, barbu, voix grave. Pourtant, il n’a pas subi l’opération dont on parle tant, celle du changement de sexe. Pour sauver les apparences, il utilise des prothèses génitales. Deux conversations importantes marquent les esprits. La première dans un café où, le cadre dûment posé, Sara raconte à Jacob que depuis qu’il ressemble à un homme et que les gens le prennent pour tel, elle s’est mise à rêver de lui avec un pénis. Allez comprendre. Dans le salon, Jacob explique à Christian la raison qui pourrait retarder l’intervention médicale visant à lui retirer un utérus devenu inutile : Sara est terrifiée à l’idée de porter un enfant et s’y refuse, mais si un jour ils en veulent quand même un&#8230; l’utérus de Jacob serait une alternative. Oui, c’est compliqué.</p>
<h3>Amour, toujours</h3>
<p>La chose la plus impressionnante, c’est la bienveillance des parents, qui ont totalement accepté le changement de leur fille, même si ça n’a pas toujours été le cas. Cet amour se retrouve dans la manière de filmer de Christian Sonderegger. Il est émouvant de ressentir toute l’affection et le soutien qu’il porte, lui et les autres, à sa sœur. Le film <em>Coby</em> glisse avec aisance sur un sujet aussi délicat et méconnu que la transsexualité, pour renverser et écrabouiller les préjugés. <em>Big up</em> pour l’incroyable Sara, qui a démarré sa relation avec Jacob du temps où il était Suzana, et ne l&#8217;a jamais lâché depuis. Elle explique à quel point il est parfois difficile de (re)trouver sa place quand on se promène aux côtés du centre absolu de l’attention.</p>
<p>Regarder ce documentaire pour quelqu’un qui ne connaît la transsexualité que de loin, c’est découvrir comment ça se passe, psychologiquement et physiquement. Pour tout le monde, c’est réaliser à quel point la vie que l’on mène est déterminée par son sexe. La difficulté d’y voir clair quand les deux genres s’entremêlent est à se donner une migraine, mais peut-être faut-il simplement arrêter de se poser trop de questions. Comme avec Coby, ce jeune homme qui se sent pleinement homme à l’extérieur, mais toujours femme à l’intérieur. Point barre.</p>
<p>&nbsp;<br />
Coby <em>de Christian Sonderegger. France, 2017. Présenté à la sélection ACID au 70e Festival de Cannes.</em></p>
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		<title>Rencontre avec Hicham Lasri</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Feb 2014 15:18:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[acid]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Avec C’est eux les chiens, présenté par l’ACID au 66e Festival de Cannes, Hicham Lasri a fait sensation. Etat des lieux du cinéma marocain actuel encore trop méconnu et rencontre...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/02/hicham-lasri-c-est-eux-les-chiens-rencontre.jpg" alt="Hicham Lasri" title="Hicham Lasri" width="186" height="280" class="alignleft size-full wp-image-16122" />Avec <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/cinema/c-est-eux-les-chiens-hicham-lasri/" title="C’est eux les chiens…, de Hicham Lasri">C’est eux les chiens</a></em>, présenté par l’ACID au <a href="http://www.grand-ecart.fr/pense-bete/66e-festival-cinema-cannes-2013/" target="_blank">66e Festival de Cannes</a>, Hicham Lasri a fait sensation. Etat des lieux du cinéma marocain actuel encore trop méconnu et rencontre avec un jeune réalisateur qui n’a pas fini de faire parler de lui.</p>
<p><strong>Comment êtes-vous devenu réalisateur ?</strong></p>
<p>Après un cursus juridique, je me suis lancé dans l’écriture de scénarios, ce qui me semblait le moyen le plus efficace pour réussir à convaincre des producteurs pour faire mes courts-métrages. Pendant mes années de fac, je caressais l’envie d’écrire des nouvelles, de créer une bande dessinée en m’inspirant du travail de Robert E. Howard et de Jack Kirby. Le moment du passage à l’acte coïncide avec une période où j’ai subi une blessure au genou en jouant au foot, ce qui m’a immobilisé un mois et m’a forcé à commencer « concrètement » à écrire. Et puis, j’ai eu aussi ma période critique de cinéma vers l’âge de 21-22 ans, grâce à l’imminent critique marocain Mohammed Bakrim, dans une grande école où je publiais des papiers à la fois décalés et parfois très sévères sur les films de « vieux réalisateurs » marocains qui sont actuellement mes collègues… Certains cinéastes se rappellent encore des errements féroces de ma jeunesse dans les pages cinéma de la presse marocaine… <span id="more-16121"></span><br />
Ma rencontre avec Vincent Mellili, fondateur de la première école de cinéma au Maroc, a été décisive, ainsi que celles avec les cinéastes Omar Chraibi, Hassan Legzouli, Emmanuelle Sardou et Nabil Ayouch qui m’ont permis de faire mes armes et m’ont soutenu pour tourner mes courts-métrages. Mon second long-métrage est produit par Nabil Ayouch qui avait produit mon premier court, dix ans auparavant… </p>
<p><strong><em>C’est eux les chiens</em> rappelle les événements marocains de 1981, les Emeutes du Pain. Plus de trente ans après, pensez-vous que les plaies se soient refermées ?</strong></p>
<p>Je ne pense pas. Il y a encore des centaines de personnes disparues, des familles amputées à jamais d’un fils ou d’un père. D’un point de vue institutionnel, l’Etat marocain fait beaucoup pour réparer les débordements de l’époque, mais je pense qu’il est nécessaire que les plaies se referment pour se gangréner, il reste utile de ne jamais oublier.</p>
<p><strong>Vous n&#8217;aviez que quatre ans au moment de ces événements. Quels souvenirs en gardez-vous ? Votre famille a-t-elle été touchée par ces émeutes et les répressions qui ont suivi ?</strong></p>
<p>Aucun membre de ma famille n’a été raflé, mais j’ai le souvenir d’une anxiété, d’un malaise que je garde en moi depuis cet âge. Je ne comprenais pas forcement ce qui se passait, mais je me rappelle de la peur et de l’inquiétude dans les yeux de mes parents. C’est terrible pour un enfant de voir que ses parents ont peur, ça rend le monde extérieur plus effrayant. C’était une époque assez complexe. Pendant une décennie, la population casablancaise a vécu dans un climat très oppressant. Il m’a fallu découvrir les écrits de Mohammed Khair-Eddine pour avoir un retour émotionnel et créatif sur le poids de cette époque sur la société marocaine. Vers le milieu des années 1990, on a commencé à relâcher certains raflés et c’est à ce moment-là que les histoires de ces détenus ont commencé à filtrer, à nourrir notre quotidien&#8230; </p>
<p><strong>C&#8217;était le bon moment, lors du Printemps arabe, d&#8217;entreprendre la réalisation d&#8217;un tel film ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/05/c-est-eux-les-chiens-hicham-lasri-s.jpg" alt="C’est eux les chiens... d&#039;Hicham Lasri" title="C’est eux les chiens... d&#039;Hicham Lasri" width="280" height="155" class="alignright size-full wp-image-13155" />L’idée du film était de créer une sorte de parenthèse enchantée entre 1981 et 2011, de raconter le passé à travers le prisme du présent. Il était question de créer un trouble qui fait penser au personnage principal, appelé « 404 », qu’il est encore en 1981, au moment des émeutes, en jouant sur un certain flou. Ce flou était important pour pouvoir dépasser le postulat de départ : un film sur le Printemps arabe, afin de plonger dans l’intimité du personnage principal et commencer avec lui un voyage sensoriel et émotionnel. Je n’ai pas d’avis précis sur le Printemps arabe, donc, je n’ai pas forcément cherché à raconter autre chose qu’une société en mutation, d’une population qui finit par exprimer son mécontentement dans ce mélange d’agressivité et d’ironie qui caractérise les Casablancais.</p>
<p><strong>Avez-vous rencontré des difficultés à produire et réaliser <em>C&#8217;est eux les chiens</em>, au vu du contexte politique du Maroc ?</strong></p>
<p>Dès le départ, l’idée était de faire un film en « pirate », en dehors des sentiers battus et du système conventionnel du financement des films au Maroc. Il y avait aussi la volonté d’être dans cette urgence qui donne au film un cachet à la fois réaliste et fonceur. Mais à part la méfiance de certains, nous n’avons pas rencontré de difficultés particulières. Il est à noter qu’à chaque fois que l’on pense avoir franchi des lignes rouges, on réalise toujours que ces lignes n’existent pas vraiment et que malheureusement les gens sont plus sujets à une forme presque comique d’autocensure et de paranoïa qu’autre chose. </p>
<p><strong>Pourquoi avoir décidé de faire un film semi-fictionnel et non un reportage ou une fiction pure ?</strong></p>
<p>C’est un mélange entre la volonté de bouger vite lors du tournage et la note d’intention autour du brouillage de piste qui met le spectateur dans une position inconfortable dès le début du film (avec le parasitage sonore) ainsi que la nature du film (fiction ou documentaire). Ces partis pris nous éloignent d’une certaine indignation que peut susciter le récit d’un martyr, d’un revenant, d’un zombie arraché à sa vie, sa famille. Je voulais éviter de tomber dans la dénonciation, dans le mélodrame et dans l’émotion guimauve. L’une des références du film est le récit bouleversant de <em>Si c’était un homme</em> de Primo Levi, un récit terrible d’une magnifique pudeur dans sa description de la machine à broyer de l’humain…<br />
Dans ce dispositif, la caméra avait une place importante en tant que réceptacle, mais aussi en tant que barrière. J’aimais l’idée de jouer contre la précieuse suspension d’incrédulité pour « normaliser » la présence de la caméra et donc élaborer une dramaturgie qui parfois invoque Tex Avery et la télé-réalité, comme dans la scène où la caméra se fait dérober.</p>
<p><strong>Comment avez-vous organisé le casting, notamment composé de comédiens non-professionnels ?</strong></p>
<p>De la manière la plus simple : on a auditionné des dizaines de personnes pour essayer de trouver les énergies et les physiques nécessaires pour rendre une certaine réalité des Casablancais. C’était laborieux, mais c’est toujours le cas.</p>
<p><strong>Hassan Badida est une véritable révélation. Comment l&#8217;avez-vous rencontré ? Comment lui, avait-il vécu les événements de 1981 ?</strong></p>
<p>Hassan fait partie de ma petite troupe de comédiens. On bosse ensemble depuis 2006 et notre rencontre s’est passée au moment où je préparais un projet à Agadir. Il a joué dans presque tout ce que j’ai fait, notamment dans mon premier long-métrage <em>The End</em>. C’est un grand monsieur du théâtre. Un être d’une magnifique sincérité et simplicité. Je pense qu’il a vécu les Emeutes du Pain de loin et a incarné le personnage sans se chercher des balises psychologiques. Il l’a incarné comme un personnage de fiction et a laissé le travail de la narration, le découpage, la lumière, le sound design créer la toile de fond autour de lui. On était d’accord autour d’un principe : la souffrance des autres est quelque chose d’indicible.</p>
<p><strong>Parmi des scènes émouvantes et prenantes, il y a beaucoup d&#8217;absurde. L&#8217;humour était-il pour vous une sorte de soupape de respiration ?</strong></p>
<p>La distance et une certaine ironie sont nécessaires pour ne pas tomber dans le piège de la dénonciation. Je trouve qu’il y a beaucoup de choses dans le fonctionnement de nos pays, dans le tiers-monde qui sont ridicules, risibles et qu’il ne faut pas les traiter avec colère ou indignation.   </p>
<p><strong>Votre film est-il sorti au Maroc ?</strong></p>
<p>Le film ne sort qu’en mars dans les salles, mais depuis la projection dans le cadre de la programmation cannoise de l’ACID, il est passé dans deux festivals au Maroc. Il a remporté deux prix, il était en « coup de cœur » au Festival de Marrakech et les réactions des spécialistes et des critiques sont très enthousiastes. </p>
<p><strong>Que gardez-vous comme souvenirs de la présentation de <em>C&#8217;est eux les chiens</em> au Festival de Cannes ?</strong></p>
<p>Cela marque la naissance du film. Une belle naissance. On a réussi à trouver un distributeur sur place, Nour Films (Isabelle Benkemoun &amp; Patrick Sibourd), qui fait un travail formidable pour la sortie du film sur le territoire français.</p>
<p><strong>Comment pensez-vous que le film va-t-il être reçu en France ?</strong></p>
<p>A travers mes rencontres avec la presse, avec les programmateurs, le public des festivals, je trouve que les réactions sont chaleureuses, encourageantes et très positives. On a reçu deux prix en France en plus de la sélection ACID : le Coup de cœur du public de Besançon lors des 13e Lumières d’Afrique et le Prix du jury lycéen au 11e Festival du film africain d’Apt. Donc j’espère que le film trouvera son public !</p>
<p><strong>Le film se termine par un générique heavy metal surprenant. Pourquoi ce choix ?</strong></p>
<p>Le film commence avec un individu muet qui retrouve sa voix et logiquement le film se termine avec un individu qui hurle contre la lune. Je suis un grand fan de trash metal et je trouvais à la fois comique et logique que le film se termine dans les hurlements assourdissants d’un morceau de heavy metal marocain. Les Emeutes du Pain, comme le Printemps arabe, ne sont que la chronique d’un peuple qui retrouve la force de hurler son mécontentement. </p>
<p><strong>Vos sources d&#8217;inspiration pour le film se retrouvaient-elles dans le cinéma ou le reportage ?</strong></p>
<p>L’une des lointaines références au film est <em>Punishement Park</em> de Peter Watkins. Mais quand on sort dans la rue pour tourner un film, on n’a jamais de références devant les yeux, mais surtout l’envie de ne pas trop se planter ou de ne pas respecter le plan de travail. Durant l’élaboration du scénario, je me suis vaguement inspiré de <em>L’Odyssée</em> d&#8217;Homère pour raconter le retour de 404. J’aime le côté « jeu vidéo » de ce voyage, où l’on passe d’un niveau à un autre en affrontant un personnage qui sort du passé… </p>
<p><strong>Quels sont vos projets ? Allez-vous continuer à dénoncer ce qui ne va pas dans l&#8217;histoire politique du Maroc grâce à la fiction ?</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/02/c-est-les-chiens-hicham-lasri-affiche.jpg" alt="C&#039;est eux les chiens... de Hicham Lasri" title="C&#039;est eux les chiens... de Hicham Lasri" width="210" height="280" class="alignright size-full wp-image-16131" />Je suis actuellement en résidence à la Cinéfondation de Cannes pour terminer la rédaction de mon prochain projet. Je ne suis pas un activiste, mais un observateur armé de lucidité. Ce qui me motive, c’est d’abord le désir de raconter des histoires différentes, qui me touchent et me donnent le courage d’écrire, de réaliser et de monter sans forcément m’appuyer sur un contenu politique. Je tourne mon prochain film l’année prochaine et ce sera le récit d’une glaciation émotionnelle, la terrible journée d’un homme coincé sur un pont. Il va croiser le chemin d’un enfant qui, paradoxalement, va lui apprendre la vie et injecter de l’âme dans son corps. Même si la description peut paraître ronflante, c’est un film plus doux que <em>C’est eux les chiens</em> !</p>
<p><strong>Quelle est la situation de l&#8217;industrie cinématographique au Maroc ?</strong></p>
<p>Les choses bougent depuis une dizaine d’années, le cinéma marocain est présent dans presque toutes les grandes manifestations. On produit de plus en plus de films, donc forcément, les films gagnent en ambition et en qualité. C’est une émulation intéressante où l’on voit beaucoup de premiers films et un dialogue intéressant entre trois générations de cinéastes. Ceci dit, faire un film est le voyage solitaire d’une personne qui porte une histoire et cherche à la partager avec le plus grand nombre. La fabrication d’un film, c’est comme une île abandonnée, jusqu’au moment où un public s’y intéresse et crée un destin à part pour chaque film. </p>
<p>&nbsp;<br />
C’est eux les chiens… <em>de Hicham Lasri, avec Hassan Badida, Yahya El Fouandi, Imad Fijaj et Jalal Bouftaim. Maroc, 2013. Programmation Acid Cannes 2013. Sortie le 5 février 2014.</em> </p>
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		<title>Wajma, de Barmak Akram</title>
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		<pubDate>Thu, 28 Nov 2013 16:00:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/05/wajma-akram.jpg.jpg" alt="Wajma de Barmak Akram" width="280" height="154" class="alignleft size-full wp-image-13011" />Elle a 20 ans et lui 25. Ils sont amoureux. Un soir, pour fêter l’entrée de la demoiselle à la faculté de droit, ils s’adonnent à quelques coquines facéties. Lesquelles ont pour conséquence une grossesse imprévue et, pour la jeune fille, une peur panique de l’annoncer à sa famille. On oublie de préciser en effet que l’histoire (tirée de faits réels) se situe en plein Afghanistan et que les deux tourtereaux se prénomment Wajma et Mustafa. Et que la loi permet tranquillement d’assassiner deux amants illégitimes pris sur le fait sans en être inquiété. Le rêve absolu. Inutile de dire, dans ces conditions, que nous n’allons pas assister à un remake afghan de <em>Juno</em>, loin s’en faut. Point de petites chansons à la guitare guillerettes pendant que le ventre s’arrondit. Non, ici, Wajma est plutôt reçue à coup de ceinturons et de brimades, avant que son père, déçu et déshonoré ne propose à la cantonade qu’on fasse un autodafé de sa fille. Quant à Mustafa, n’ayant aperçu d’hymen percé par ses coups de butoir, il considère sa promise comme la dernière des roulures sans vertu et refuse de l’épouser et devenir le père de cet enfant déjà maudit de tous.</p>
<p>Il n’y a pas que le sexe qui est mis en cause. Non, l’autre ennemi à proscrire, c’est évidemment la liberté : la mère de Wajma conduit et ne porte pas le voile, les enfants ont un téléphone portable et sont (à peu près) libres de sortir et d’étudier. Et cette sacro-sainte liberté devient la pécheresse infernale, celle par qui le scandale arrive désormais et engrosse les jeunes filles qui auraient dû être surveillées d’un peu plus près. <span id="more-13007"></span>Après <em>Synghé Sabour, pierre de patience</em>, <em>Wajma</em> (prix du meilleur scénario international au dernier festival de Sundance) dresse un autre portrait édifiant de la société afghane actuelle, perdue entre une promesse de liberté pour les uns et des valeurs archaïques et moyenâgeuses pour les autres. Interprété si justement, que l’on a l’impression d’assister à un documentaire façon <em>Strip-tease</em> (mais en moins décalé). Le personnage de Wajma, bercé de candeur au sortir de l’adolescence, emporte l’empathie du spectateur. Il fait peine de la voir ainsi ballottée entre un amour qui grandit jusqu’à l’acte consommé, puis rejetée par ce même amour qui semble ne plus vouloir la reconnaître, jusqu’à se retrouver confrontée à une voie à quatre issues : le suicide, être battue à mort par son père, l’avortement en Inde (cet acte étant encore considéré comme un crime en Afghanistan), ou bien garder l’enfant en vivant cachée et recluse à la campagne et oubliée de tous… C’est dire si tout à coup, il nous vient une envie de chérir notre société française imparfaite et qui se déchire pendant ce temps dans de si futiles débats… </p>
<p>&nbsp;<br />
Wajma <em>de Barmak Akram, avec Wajma Bahar, Mustafa Abdulsatar, Haji Gul Aser et Brehna Bahar. Afghanistan, 2013. Programmation Acid Cannes 2013. Sortie le 27 novembre 2013.</em> </p>
<p><strong>&raquo; Retrouvez tout notre <a href="/66e-festival-cannes-2013/">dossier dédié au 66e Festival de Cannes</a></strong></p>
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		<title>C’est eux les chiens&#8230;, de Hicham Lasri</title>
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		<pubDate>Fri, 24 May 2013 15:08:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En 1981, face à la hausse générale des prix, de nombreuses manifestations contre le pouvoir en place eurent lieu au Maroc (les "émeutes du pain"), entraînant dans leur sillage la mort de ces odieux...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/05/c-est-eux-les-chiens-hicham-lasri-s.jpg" alt="C’est eux les chiens... d&#039;Hicham Lasri" title="C’est eux les chiens... d&#039;Hicham Lasri" width="280" height="155" class="alignleft size-full wp-image-13155" />En 1981, face à la hausse générale des prix, de nombreuses manifestations contre le pouvoir en place eurent lieu au Maroc (les &#8220;émeutes du pain&#8221;), entraînant dans leur sillage la mort de ces odieux opposants ou leur disparition de la société purement et simplement, du jour au lendemain. En guise d’évanouissement dans la nature, ils étaient en fait emprisonnés en secret, avec des peines si longues que leurs familles finissaient par perdre espoir et les oublier. C’est ce qui arrive à Majhoul, alias 404 (du numéro de son matricule, qui est devenu sa véritable identité), quinquagénaire hagard muni d’un bouquet de fleurs et d’une roulette à vélo, alors que le Printemps arabe commence à se tarir au Maroc, grâce aux concessions du roi. Une équipe de télévision en recherche de sujet, trouve cet homme perdu et confus et fleurant bon le scoop, tente de mettre à jour son mystérieux passé. D’abord méfiant et déconcerté par ce monde moderne qu’il ne reconnaît plus, considéré comme un mythomane au premier abord, puis comme un ami, Majhoul se laisse aller aux confidences en racontant les événements de 1981, bien déterminé à retrouver sa famille, mais sans posséder le moindre indice en poche. </p>
<p>S’ensuit une quête initiatique filmée caméra à l’épaule façon reportage, d’où s’échapperont des scènes tantôt insolites, tantôt émouvantes, avec des comédiens non-professionnels pour la plupart, à la sincérité désarmante. Si la propagande est omniprésente pour faire comprendre au peuple qu’il vit dans un royaume pétri de libertés, le discours devient tout autre lorsque Majhoul délivre son message, ce qu’il a traversé au cours de ces trente dernières années. <span id="more-13153"></span></p>
<p>Au fur et à mesure des rencontres de son odyssée urbaine, il tombe sur une ancienne maîtresse aguicheuse, des dealers de drogue, des Marocains qui deviennent fous face à la caméra ou qui considèrent le Printemps arabe comme une chimère, ainsi qu’un ancien camarade de classe devenu rédacteur en chef d’un journal au service de l’Etat. Majhoul finit même par se recueillir devant sa propre tombe. Devenu fantôme, la petite roulette à vélo à la main, il collectionne les indices vers son identité pour enfin, comme Thésée suivant le fil d’Ariane, retrouver les siens. <em>C’est eux les chiens</em>, étonnante fiction culottée (qui se termine sur un générique assourdi de heavy metal !) est une parabole de la société marocaine actuelle, qui est parvenue à gérer plus ou moins bien son passé et les révolutions arabes qui ont failli ébranler sérieusement le régime en place. De victime, par son témoignage face caméra, Majhoul devient un rouage de la liberté au sein d’un pays qui lui a pris famille et trente années de sa vie. Grâce à ce système de reportage fictionnel, Hicham Lasri permet de glisser subliminalement sa vision d’un pays en bouleversement permanent, à travers le portrait d’un homme touchant et charismatique (prestation percutante de Hassan Badida) que l’on gardera longtemps en mémoire, sa roulette de vélo à la main.</p>
<p><strong>&raquo; Lire aussi l&#8217;<a href="http://www.grand-ecart.fr/portraits/interview-rencontre-hicham-lasri-eux-chiens-printemps-arabe-cinema/" title="Rencontre avec Hicham Lasri">interview d&#8217;Hicham Lasri</a></strong><br />
&nbsp;<br />
C’est eux les chiens… <em>de Hicham Lasri, avec Hassan Badida, Yahya El Fouandi, Imad Fijaj et Jalal Bouftaim. Maroc, 2013. Programmation Acid Cannes 2013. Sortie le 5 février 2014.</em> </p>
<p><strong>&raquo; Retrouvez tout notre <a href="/66e-festival-cannes-2013/">dossier dédié au 66e Festival de Cannes</a></strong></p>
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		<title>L&#8217;Etrange Petit Chat de Ramon Zürcher</title>
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		<pubDate>Thu, 23 May 2013 13:25:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Films du 66e Festival de Cannes]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/05/l-etrange-petit-chat-ramon-zurcher1.jpg" alt="l-etrange-petit-chat-ramon-zurcher" width="280" height="184" class="alignleft size-full wp-image-12735" /><em>Was ist das</em> ? Telle est la question que l’on se pose lorsque l’on se retrouve plongés dans ce qui ressemble, à s’y méprendre, à une chronique familiale dont les enjeux sont aussi palpitants que la machine à laver à réparer, un rat à nourrir, un chat qui ronronne et qui perd ses poils dans les verres de lait, un chien qui jappe, sans oublier la sieste de Mamie qui dure quand même un peu longtemps. Et toute la famille (parents, enfants, oncles, tantes et neveu) qui disserte sur ces petits riens qui font des grands tout. La pelure d’une orange qui retombe sur le côté orange à tous les coups, une saucisse qui éclabousse quand on la découpe, s’asseoir au cinéma à côté d’un inconnu qui met son pied sur le vôtre par inadvertance, crier quand la cafetière se met en branle… On sait s’amuser dans cette anonyme famille allemande ! Chacun y va de sa petite obsession, de son petit dialogue qui devient monologue qui n’intéresse personne et finalement, surtout pas son propre protagoniste. On se doute bien que tout ne tourne pas très rond dans cette routine familiale qui semble pourtant bienveillante les uns envers les autres. Derrière le sourire et les caresses, combien de chats qu’on menace d’écraser de son pied pendant qu’ils mangent, combien de balles qu’on ne renvoie pas au petit voisin désabusé, combien de chemises tachées de sang dont on renifle l’odeur aguicheuse ? </p>
<p>A cause (ou grâce à) des cinéastes tels que Michael Haneke, désormais, le cinéma en langue germanique est vicié. On s’attend à chaque scène à découvrir un monde plus pervers qu’il n’en est, on guette le moindre frémissement au coin des lèvres, le moindre clignement d’œil, certains d’y découvrir un non-dit qui va éclater en boucherie, hors champ. Le rôle de la mère, d’ailleurs, sorte de Tilda Swinton en puissance, est le plus ambigu de tous. D’elle, on en vient à espérer un empoisonnement familial, tant elle semble absente, froide et détachée, comme si elle était déjà dans un ailleurs moins étouffant. <span id="more-12733"></span>Elle raconte à ses enfants, sans la moindre émotion, mais avec un regard doux, ses anecdotes où elle frôle des inconnus, délibérément. Elle est le socle qui soutient les siens et le film, celle qui apporte un soupçon de mystère et d’ambiguïté. Malheureusement, n’est pas Haneke qui veut. Et la chronique familiale, tout aussi remplie de sous-entendus et de symboles qu’elle est, reste et demeure une simple chronique familiale. Mais en langue allemande. </p>
<p>&nbsp;<br />
L’Etrange Petit Chat <em>de Ramon Zürcher, avec Jenny Schily, Mia Kasalo, Anjorka Strechel, Luk Pfaff, Matthias Dittmer. Allemage, 2013. Programmation Acid Cannes 2013.</em></p>
<p><strong>&raquo; Retrouvez tout notre <a href="/66e-festival-cannes-2013/">dossier dédié au 66e Festival de Cannes</a></strong></p>
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