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	<title>Grand Écart &#187; Musique</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Souvenirs de toiles de Boulevard des Airs</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Jul 2015 20:22:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Souvenirs de toiles]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[musique de films]]></category>

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		<description><![CDATA[Boulevard des Airs n’en finit plus de souffler sa musique faussement festive mais réellement ancrée dans le réel, avec la sortie de son troisième album, <em>Bruxelles</em>, chez Columbia...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-22194" alt="Boulevard des Airs" title="Boulevard des Airs" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/07/boulevarddesairspochette.jpg" width="280" height="280" />Boulevard des Airs n’en finit plus de souffler sa musique faussement festive mais réellement ancrée dans le réel, avec la sortie de son troisième album, <em>Bruxelles</em>, chez Columbia. Un groupe qui ne prend pas l’image à la légère en proposant à chaque fois des clips de plus en plus cinématographiques. Rencontre avec le chanteur et guitariste Florent Dasque.</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Votre premier film ?</strong></p>
<p><em>Un Indien dans la ville</em>. J’y suis allé avec ma famille. Mais si les dessins animés comptent, alors mon premier film devait être <em>La petite Sirène</em> de Disney. J’avais 4 ans, c’est mon premier souvenir de cinéma.<br />
&nbsp;<br />
<strong>Le film qui a bercé votre adolescence ?</strong></p>
<p><em>Un dîner de cons</em> que j’ai vu de nombreuses fois.</p>
<p><strong>L’acteur ou l’actrice décédé(e) avec qui vous aimeriez dîner ?</strong></p>
<p>Jacques Villeret. J’aurais adoré le rencontrer.</p>
<p><strong>Votre DVD culte ?</strong></p>
<p>Je pense qu’il n’y en a pas. Mais s’il faut en citer un, ce sera <em>Un prophète</em> de Jacques Audiard.</p>
<p><strong>Le film le plus érotique ?</strong></p>
<p><em>Mulholland Drive</em> de David Lynch !</p>
<p><strong>Les premières larmes au cinéma ?</strong></p>
<p>Je ne pleure pas devant les films. J’y ai des émotions, oui, mais aucune larme. <span id="more-22189"></span></p>
<p><strong>Le film qui vous fait le plus rire ?</strong></p>
<p><em>Le Dîner de cons</em>, définitivement !</p>
<p><strong>Qui serait dans votre Panthéon du septième art ?</strong></p>
<p>Lynch, Almodovar et Audiard. Les trois ensemble, ça ferait un super film !</p>
<p><strong>Boulevard des Airs a enregistré une bande originale, <em>eMotion</em>. Quel souvenir gardez-vous de cette expérience ?</strong></p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-22198" alt="Boulevard des Airs" title="Boulevard des Airs" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/07/boulevarddesairsextraitclip.jpg" width="269" height="280" />Ce fut avec Guilhem Machenaud, le réalisateur du clip d’<em>Emmène-moi</em>. Il voulait faire un film sur l’esprit des sports de glisse, le freeride, que nous pratiquons avec le groupe. Ce film a obtenu le Prix du public lors du Festival international du film freeride de 2009. On a signé une dizaine de morceaux. Ce fut une très belle expérience et nous aimerions continuer de mettre de la musique sur des images.</p>
<p><strong>Quelles sont justement les images qui vous touchent ? </strong></p>
<p>Ma sensibilité va vers tout ce qui est triste, que ce soit pour la composition ou tout ce qui est visuel. Il y a d’ailleurs de la mélancolie dans notre musique qui est considérée comme festive et participative. Mais j’aime écrire de la musique empreinte d’émotions fortes et mélancoliques. Un peu comme ce que fait Hans Zimmer qui est pour moi celui qui sait mêler le mieux toutes ses connaissances en musique. Il donne un pouvoir incroyable aux images, il me transporte rien qu’avec sa musique.</p>
<p><strong>Avec le clip d’<em>Emmène-moi</em> et son format carré comme dans le film <em>Mommy</em> de Xavier Dolan, on a l’impression que l’image est quelque chose de très important pour votre groupe…</strong></p>
<p>Oui, beaucoup. Tout d’abord, on connaît bien les réalisateurs de nos clips qui mettent en vie toutes nos envies. On voulait absolument qu’il y ait un travail sur l’image. Notre groupe est producteur de tout ce qu’il crée, que ce soit musique, photos, vidéos, ce qui fait que l’on peut s’autoriser tout ce qu’on veut. Notamment pour le clip d’<em>Emmène-moi</em>, au concept original qui trompe les gens visuellement avec ce format carré qui finit par s’étirer au fur et à mesure de la chanson. Peu de monde avait osé le faire auparavant. Nous voulions absolument tourner quelque chose d’original pour cette chanson. Notre prochain single, <em>Bruxelles</em>, aura également un clip très esthétique. On a choisi un lieu fort pour coller au texte. On va tourner dans un théâtre dans le Sud, avec un danseur chorégraphe contemporain et un éclairagiste de cinéma. Le frère de notre bassiste travaille d’ailleurs chez EuropaCorp. Il y a vraiment des fans de ciné dans le groupe !</p>
<p><strong>Un mot sur Zaz qui partage avec vous un duo sur le titre <em>Demain de bon matin</em> ?</strong></p>
<p>On a rencontré Zaz lors d’une promo télévisée. Elle était montée spontanément sur scène avec nous. On a sympathisé, on s’est recroisés lors de festivals et elle a accepté de faire un duo avec nous pour cet album. On aime son discours. C’est une artiste que l’on apprécie beaucoup.</p>
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		<title>Souvenirs de toiles de Vianney</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Jul 2015 10:20:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Souvenirs de toiles]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>

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		<description><![CDATA[Depuis bientôt un an, Vianney apporte un brin de poésie acidulée et bien troussée dans la pop française, avec son album <em>Idées blanches</em> paru chez Tôt ou Tard. Auteur, compositeur et...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/07/vianney-copy-jean-marc-lubrano.jpg" alt="Vianney" title="Vianney" width="280" height="280" class="alignleft size-full wp-image-22163" />Depuis bientôt un an, Vianney apporte un brin de poésie acidulée et bien troussée dans la pop française, avec son album <em>Idées blanches</em> paru chez Tôt ou Tard. Auteur, compositeur et interprète, le jeune homme est également une bête de scène et très soucieux de son image qu’il cultive avec finesse et intelligence. Alors Vianney, t’es où ? Mais là, sur Grand Écart bien sûr !</p>
<p>&nbsp;<br />
<strong>Votre premier film ?</strong></p>
<p><em>Pocahontas</em>, c’est la première séance de ciné dans une salle dont je me souvienne, c’était en famille. </p>
<p><strong>Le film qui a bercé votre enfance ?</strong></p>
<p><em>Mary Poppins</em>, que j’ai énormément regardé avec mes frères. Je m’en souviens encore très bien.</p>
<p><strong>L’acteur ou l’actrice disparu(e) avec qui vous aimeriez dîner ?</strong></p>
<p>Ingrid Bergman. J’ai adoré le film <em>Casablanca</em> dans lequel elle joue admirablement bien. Elle avait une classe folle. Comme Audrey Hepburn, mais Ingrid Bergman se rapproche davantage de mes fantasmes. Peut-être parce qu’elle était suédoise et que j’ai un rapport tout particulier avec la Suède. <span id="more-22161"></span></p>
<p><strong>Les premières larmes devant un film ?</strong></p>
<p><em>Le Roi Lion</em>, pour une scène précise, que je redoutais et voulais voir en même temps, celle où Simba voit son père décédé dans les nuages, s’apitoie sur son sort et crie que tout ceci est de sa faute. Cette culpabilité qu’il exprimait ainsi me mettait en larmes. </p>
<p><strong>Les derniers fous rires au cinéma ?</strong></p>
<p>Le premier <em>OSS 117</em>, qui est génial. Je le comprendrai encore mieux en vieillissant avec toutes ses références dont je prends conscience au fur et à mesure. J’ai d’ailleurs déjà programmé une prochaine séance de visionnage de ce film. </p>
<p><strong>Le film le plus érotique ?</strong></p>
<p><em>J’ai tué ma mère</em> de Xavier Dolan. Ca m’a pas mal travaillé quand je l’ai découvert, avec cette intensité passionnelle et la complicité entre les deux garçons, même s’il n’y a qu’une scène plus ou moins érotique entre eux. Et je crois d’ailleurs que c’est exacerbé par la relation conflictuelle entre la mère et son fils qui dissimulent leurs sentiments. </p>
<p><strong>Le film culte que l’on garde précieusement ?</strong></p>
<p><em>Les Barbouzes</em> de Georges Lautner. Ce film est excellent, très drôle, avec un vrai niveau d’écriture et de jeu d’acteurs. Je trouve ça génial qu’un film aussi « vieux » puisse me séduire autant, moi qui suis dans la vingtaine. Du coup, je pense qu’il plaira aussi à mes futurs enfants. Mais j’aurais pu aussi citer <em>Calmos</em> de Bertrand Blier.</p>
<p><strong>Le film que vous auriez aimer réaliser ?</strong></p>
<p>J’avoue faire moins attention à la réalisation qu’au jeu des acteurs. Et comme j’aime énormément Gene Kelly, je dirais alors <em>Singing in the Rain</em>, pour sa légèreté profonde.</p>
<p><strong>Qui mettriez-vous dans votre Panthéon du septième art ?</strong></p>
<p>Il y aurait Terrence Malick, Bernard Blier, Wes Anderson, Audrey Hepburn et Leonardo DiCaprio qui est de plus en plus fascinant dans la conviction qu’il met dans son jeu. </p>
<p><strong>Pourriez-vous composer une bande originale de film ?</strong></p>
<p>J’adorerais faire ça ! Ce serait pour un drame, au piano, en me concentrant sur un vrai thème musical, avec un gimmick reconnaissable. C’est ce qui manque je trouve, en ce moment au cinéma. Il y a de belles nappes de violon, mais on n’en retient rien. Et moi, j’aime quand on peut associer un thème à un film.</p>
<p><strong>Vous semblez très soucieux de votre image. De la pochette de votre album à votre dernier clip, tout semble très cohérent…</strong></p>
<p>Il faut que ce soit un vrai travail d’équipe. Mon petit rôle est de donner une directive, comme ça, c’est clair pour tout le monde. Par exemple, pour la pochette de l’album, je voulais absolument des couleurs précises. Et ensuite, c’est à l’équipe de créatifs d’œuvrer. Idem pour mon dernier clip, <em>Veronica</em>. Il s’agit de mon histoire, car j’ai beaucoup voyagé en vélo. Mais une fois que le cadre est donné, je laisse les autres s’exprimer. </p>
<p><strong><em>Veronica</em> est d’ailleurs un petit film&#8230;</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/07/cover-vianney-idees-blanches.jpg" alt="Idées blanches, de Vianney" width="280" height="280" class="alignright size-full wp-image-22168" />Oui, pour <em>Veronica</em>, on a réalisé une sorte de road movie, sur une semaine. On est partis de Paris pour aller jusqu’à la frontière suédoise, en reproduisant un voyage à vélo similaire que j’avais fait il y a trois ans. On a emprunté les mêmes grands axes qu’à l’époque.</p>
<p><strong>Cette expérience vous donne-t-elle envie de commencer une carrière de comédien ?</strong></p>
<p>Je n’avais jamais imaginé que je pourrais faire un truc pareil. Mais grâce au réalisateur Matthieu Mantovani et au chef opérateur, j’ai pu entrevoir à quoi ressemblait le travail de comédien, car pour ce clip, ce n’était pas aussi léger que pour les précédents. J’ai aimé jouer l’acteur amateur, même si je ne me vois absolument pas comédien plus tard !</p>
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		<title>Bohren &amp; der Club of Gore</title>
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		<pubDate>Mon, 24 Feb 2014 13:35:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Pierre-Kaiser</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[jazz]]></category>

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		<description><![CDATA[Vous êtes finalement arrivé en face de l’établissement qu’on vous a conseillé. Il est en centre-ville, au cœur de la Ville, comme vous le souhaitiez, et pourtant vous détestez ce terme « cœur », une ville...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Essai cinématographique sur un groupe cinématographique</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/02/bohren-der-club-of-gore-beileid.jpg" alt="Bohren &amp; Der Club of Gore - Beileid" title="Bohren &amp; Der Club of Gore - Beileid" width="280" height="280" class="alignleft size-full wp-image-16297" />Vous êtes finalement arrivé en face de l’établissement qu’on vous a conseillé. Il est en centre-ville, au cœur de la Ville, comme vous le souhaitiez, et pourtant vous détestez ce terme « cœur », une ville, cette Ville, n’a pas de cœur, juste des artères qui ne mènent nulle part, des veines de sang chaud qui se terminent en cul-de-sac. Tu verras, ça n’a pas l’air de grand-chose, mais c’est un endroit particulier, très charmant. C’est mon ami Bohren qui le tient. Il est allemand, mais c’est pas grave. Le voilà, cet hôtel qui sera votre destination finale. Votre port d’attache désormais. Le Club Of Gore. Ça n’a l’air de rien, en effet. Le néon en guise d’enseigne clignote, la façade a vu de meilleurs jours. Situé dans une ruelle à l’écart du grand boulevard, il a été dur à repérer. Personne d’ailleurs ne connaissait cette adresse, personne ne vous a vraiment parlé non plus. Les gens s’enferment dans le silence, peut-être par habitude, ou pour se protéger. La Ville, après tout, est pleine d’inconnues, des visages à oublier au plus vite. Un homme est assis au volant de sa voiture garée à quelques mètres de l’entrée. Il regarde dans le vide. Immobile. Il habite ici. Ou alors, il se cache, reprend des forces avant d’affronter à nouveau l’horrible routine de sa soirée préconçue. Voici son espace de liberté. Sa case à lui. Vos regards ne peuvent pas se croiser. Vous n’êtes même pas conscients l’un de l’autre. <span id="more-16212"></span></p>
<p>Le réceptionniste ne s’appelle pas Bohren et ne connaît personne de ce nom et ne peut pas vous faire la chambre à tarif préférentiel. Le Gore Motel n’est pas une quelconque auberge, c’est un lieu de choix, le refuge des artistes et des âmes en quête de rédemption. Mais ses paroles vous donnent mal au crâne. Vous prenez une chambre, vous verrez plus tard pour cette histoire d’allemand. Il faudra monter vous-même vos bagages ou attendre que Conway revienne s’en charger, mais il a disparu il y a deux jours, une histoire de concert… Le réceptionniste qui ne porte pas de badge et ne donne pas son nom vous indique que l’ascenseur aussi est en panne. Comme les télévisions. Toutes. Il faudra monter à pied au troisième étage. Le long du couloir qui mène aux étages, il y a des affiches des films de Bruce Lee. Sur la clé de votre chambre, la 321, vous sentez encore la moiteur des mains du réceptionniste. Vous n’osez pas trop les toucher et vous vous demandez s&#8217;il en restera quelque chose sur l’intérieur de vos poches, s&#8217;il ne faudrait pas laver ce pantalon tout de suite pour être sûr de vous débarrasser de cette moiteur. Trois étages, des escaliers étroits. Ce n’est pas un hôtel de rêve mais on vous a promis un lieu particulier, l’espace, paraît-il, est sidérant. Pourtant de l’extérieur le bâtiment est relativement petit, on a vite fait le tour. Ça y est le voyage commence à vous peser et vous sentez qu’il vous faut un lit, pour arrêter de penser pour faire le vide et ne plus imaginez ce que vous allez faire parce que c’est innommable et que vous êtes ici pour accomplir une tâche précise mais le son de vos pas est assourdissant et les murs sont poisseux et les lumières dansent un tango le tango des asticots la pièce qui est la vôtre la 321 bascule et tangue et vous avez froid et vous avez envie de crier mais ce n’est déjà plus possible alors il faut sombrer</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/02/bohren-der-club-of-gore-motel.jpg" alt="Bohren &amp; Der Club of Gore - Gore Motel" title="Bohren &amp; Der Club of Gore - Gore Motel" width="280" height="280" class="alignright size-full wp-image-16298" />Vous vous réveillez au coucher du soleil. Le lendemain ou deux jours après. Personne n’a laissé de message et selon le réceptionniste il n’y a pas de restaurant intéressant dans les parages. Alors vous vous mettez en route. En marche plutôt. Puisque vous avez décidé d’arpenter la Ville à pied. Même si l’idéal serait d’avoir une voiture, un chauffeur et de parcourir la nuit tous feux allumés pour en arriver au bout et enfin savoir ce qui se cache derrière le masque d’obscurité. Les magasins ferment un à un, les passants changent d’allure. Rien ne vous inspire et tout vous parle. L’indécision est votre lot commun alors vous dissimulez votre incapacité en prétendant comparer les prix. Mais personne ne vous suit pour vérifier et ce n’est que vous à qui vous mentez. Il y a là-bas un restaurant quelconque, une cantine, un endroit anonyme et pas cher qui sera parfait, mais vous tournez autour pendant un quart d’heure avant de faire mine d’être satisfait et les démons auxquels vous vous adressez ne sont pas dupes non plus, ils détestent cette comédie. Le Sunset Mission est parfaitement adapté à vos besoins. On y mange correctement et on vous sert rapidement. Ce n’est pas la peine de prolonger le plaisir, vous refusez un café qui vous est offert et vous fuyez dans la nuit, tel un loup égaré, un loup qui voudrait être blessé pour retrouver ses crocs et sa rage mais dont la force de vie est presque nulle. Les gens qui vous croisent pensent plus à un fantôme, si tant est qu’ils vous aperçoivent vraiment. Il est l’heure de rentrer, vous avez trop marché. Vous avez tout vu, les trottoirs et les égouts et les lumières et les animaux et le froid et les métaux… Ce n’est rien, juste la déception de ne pas avoir encore compris la Nuit. Vous reviendrez. Enfin, c’est ce que vous croyez.</p>
<p>Vous en êtes sûr désormais. Il y a du bruit dans la chambre d’à côté. La dernière fois que vous avez croisé le réceptionniste – il n’est jamais à son poste et il faut avoir la chance de le voir dans un couloir pour décrocher de maigres informations de sa part – il vous a assuré que vous étiez le seul résident de cet étage. D’ailleurs c’est la saison morte, il y a quelques personnes aux cinquième et septième étages, c’est tout. Mais le bâtiment n’a que trois étages. Vous avez compté et recompté. Pourtant, les escaliers vous ont bien mené au cinquième et au septième. Ils allaient encore plus haut, mais le courage vous a lâché. Maintenant le réceptionniste est introuvable. Et il y a quelqu’un à côté. Comme quelqu’un qui se serait réveillé dans son cercueil au plus profond de sa tombe, noir maximum des ténèbres insoupçonnées… Des grattements, des gémissements étouffés, la texture de l’angoisse. Ce n’est pas la peur qui vous saisit pourtant, plutôt l’inquiétude. La douloureuse appréhension d’un danger à venir. L’imminence d’un moment traumatique qui annonce déjà l’ampleur du territoire qu’il va détruire en vous. Une statue d’ange sur le bâtiment d’en face, vous la voyez de votre fenêtre, une moulure de mauvaise qualité qui vous nargue. Il ne se passe rien quand vous frappez contre le mur ou la porte d’à côté. Peut-être est-ce dans votre esprit, ce raffut, les contours d’une démence qui est en train de naître… La crainte irrationnelle d’être un personnage de roman à la merci d’un auteur malade. La Terre est noire. C’est la dernière ligne de la dernière chanson que vous avez écoutée. <em>Black Earth</em>. Ce lieu est immonde. Ce lieu est immense. Les étages, si ce n’était que ça ! Les chambres qui apparaissent et disparaissent. Parfois le couloir se termine au numéro 328. Parfois il vous arrive de contempler la porte de la 350 et de trembler à l’idée de rencontrer un résident. Tout cela est arrivé et arrivera encore.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/02/bohren-der-club-of-gore-dolores.jpg" alt="Bohren &amp; Der Club of Gore - Dolores" title="Bohren &amp; Der Club of Gore - Dolores" width="280" height="280" class="alignleft size-full wp-image-16299" />Le réceptionniste a frappé à votre porte hier. Jours et nuits sont devenus le même tissu de mensonges qui ne vous intéressent plus. Il a retrouvé votre carnet et en vous le remettant, il n’a pu s’empêcher de sourire. Il était au sixième. Cet homme sait parfaitement que le sixième étage vous terrifie. Que c’est de là-haut que proviennent les bruits d’à côté (vous l’avez bien compris, seul un idiot serait tombé dans le piège). Sa main, vous redoutiez cet instant évidemment, n’était plus moite. On aurait dit celle d’un spectre. Ces doigts ont glissé sur les vôtres, en y laissant une fine trace de froideur, rien de désagréable en fait, une caresse d’outre-tombe… <em>Geisterfaust</em>, dit-il. Vous invitant donc à enfin franchir le pas. Vous étiez venu pour quelque chose de précis au départ, non ? Où est votre détermination, quel est votre objectif désormais ? Le Club of Gore a englouti vos rêves, pour mieux sublimer les sombres recoins oubliés de vos espoirs trahis. Allez-y, allez au sixième. Vous êtes attendu.</p>
<p>Avouez-le. Vous vous attendiez à la <em>Red Room</em>. A l’Interzone. A l’Enfer, au moins ça. Mais pas au même couloir que celui que vous observez depuis… trop longtemps. Au moins, ici, toutes les chambres sont ouvertes. Et les fenêtres donnent sur un paysage sans jour et sans nuit, ce qui est, il faut l’admettre sans mauvaise foi, très reposant. Mais bon, tout de même ! Pas de personnages étranges. Pas la trace d’un diablotin, même pas le réceptionniste qui se révélerait être Dieu. Ou un tueur en série, peu importe. Et puis, lentement, ça monte en vous. Et là, la douleur se rappelle à vous parce que jusqu’ici vous avez tout fait pour la faire taire. La douleur qui, quand elle porte un nom espagnol, donne envie de danser et de boire. <em>Dolores</em>. Il y a de la musique en arrière-fond. Quelque chose de contemporain, ça ressemble à un orgue qu’on saigne. La poussière au fond de votre gorge commence à vous gratter, il est évident que cet étage n’est pas innocent. Que c’est ici et seulement ici que vous serez en mesure de trouver ces réponses que vous avez cessé de chercher. Parce que la Ville n’est rien que la projection floue et approximative des profondeurs de cet hôtel. De toute façon cela fait longtemps que vous n’êtes plus sorti. Quand vous avez compris que ce lieu est infini à l’intérieur. Depuis vous vous perdez tout le temps, vous avez fait du Labyrinthe votre religion. Il n’y a plus de temps ou de place pour les horaires. Vous qui étiez venu chercher le réconfort, un espace pour créer… Ici, au sixième, tout est à portée de main. Il suffit d’ouvrir une porte. D’ailleurs où est votre carnet ? Vous ne savez plus dans quelle pièce ? Parfait, c’est ainsi qu’il va grandir et se nourrir de secrets. Quand il vous reviendra je ne serai plus là.</p>
<p><em>Beileid</em>. Condoléances. C’était inévitable. Vous avez quand même remarqué que vous rêvez en allemand ? Il reste une dernière chambre au fond. Il serait peut-être bien d’y jeter un œil, non ?</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/02/bohren-der-club-of-gore-piano-nights.jpg" title="Bohren &amp; Der Club of Gore - Piano Nights" alt="Bohren &amp; Der Club of Gore - Piano Nights" width="280" height="276" class="alignright size-full wp-image-16300" />Un piano bar dans un endroit pareil ? <em>Piano Nights</em>, évidemment. Les chuchotements reprennent, un tintement de verres, un livre que l’on feuillette puis qu’on oublie de terminer, les sons d’une nostalgie intacte. Vous êtes résident maintenant. Le réceptionniste vous serre la main et vous adorez ça. Parfois, dans la fumée qui se dégage de votre lit, vous pensez entendre la mélodie qui vous a attiré ici à l’origine. Peut-être. Toute votre existence ne fut qu‘un chemin hasardeux vers une perte de connaissance. Et sous la lumière rose du sixième vous avez retrouvé la signification de votre agitation. Vous avez toujours habité le Club of Gore. Il n’y a pas eu de temps où vous n’avez pas été ici. Vous n’avez fait que rêver un ailleurs, imaginer un monde de rues. Mais vous savez qu’il n’y a rien d’autre que Vous, dans ces murs décrépis, sous cette moquette infestée, dans ces draps moisis, dans ce verre abandonné. Et Vous et Moi n’avons jamais eu autre visage que celui-ci. Nous sommes la nuit, nous sommes des particules éternelles dans ce brouillard urbain et notre chant se propage dans les chambres inconnues de cet hôtel malfamé.</p>
<p>&nbsp;<br />
<em>Bohren und der Club of Gore est un groupe allemand de jazz/ambient originaire de Rhénanie-du-Nord-Westphalie.<br />
Leur dernier album </em>Piano Nights<em> est sorti le 24 janvier 2014 chez Pias.<br />
La discographie de Bohren &#038; der Club of Gore se trouve en écoute sur Spotify.</em></p>
<p><center><iframe width="560" height="315" src="//www.youtube.com/embed/yiBsJPEDJeg?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center></p>
<p><center><iframe width="560" height="420" src="//www.youtube.com/embed/NoooscPFiyc?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center></p>
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		<title>Lana Del Rey, naissance d&#8217;une image</title>
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		<pubDate>Fri, 16 Sep 2011 00:16:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Pierre-Kaiser</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[David Lynch]]></category>

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		<description><![CDATA[La blogosphère s’enflamme… Les déclarations d’amour se succèdent et se ressemblent, depuis des semaines il me semble qu’on ne parle que d’elle. Le buzz aurait-il raison, pour une fois ?]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>La blogosphère s’enflamme… Les déclarations d’amour se succèdent et se ressemblent, depuis des semaines il me semble qu’on ne parle que d’elle. Le buzz aurait-il raison, pour une fois ? « Lolita incendiaire » pour les uns, objet de crainte pour les autres, je décide enfin de me faire ma propre opinion. Et là…</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/09/lana-diet-mtn-dew.jpg" alt="Lana Del Rey dans le clip de Diet Mtn Dew" title="Lana Del Rey dans le clip de Diet Mtn Dew" width="280" height="178" class="aligncenter size-full wp-image-4085" /></p>
<p>Histoire d’un coup de foudre (musical, mais peu importe…). Histoire de la naissance d’un personnage qui doit (tout ?) énormément au cinéma&#8230; <span id="more-4079"></span></p>
<p><strong>Lana Del Rey, donc.</strong></p>
<p>Ou Lizzy Grant, apparemment selon l’état civil. Interprète, auteur et semblerait-il aussi réalisatrice de ses clips. Et c’est là que l’histoire devient étrange, mais hautement intéressante pour l’amateur d’images, pour le cinéphile mélomane qui est en quête d’absolu. Car si on considère l’œuvre de la demoiselle, il est indéniable que la matière théorique abonde, explose. Les références sont légion et le dosage est trop savant pour être pure coïncidence.</p>
<p>Qui est Lana Del Rey ?</p>
<p>Tentative d’un « portrait » en 5 clips.</p>
<h3>Diet Mtn Dew</h3>
<p><center><iframe width="500" height="311" src="http://www.youtube.com/embed/u89_AiQu9BQ" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center><br />
&nbsp;<br />
A première vue, rien de particulier. Bon, d’accord, la voix, superbe. Une chanson gentiment R’n’B, un tantinet FM, agréable somme toute. A l’image une photo, c’est tout. Elle regarde l’objectif coiffée d’une couronne de fleurs et arborant un T-shirt pop. Blonde. Lèvres refaites, ça saute aux yeux.<br />
Oui, et alors ? 4’17. Une image vidéo, deux personnes sur une plage, en contre-jour, un coucher de soleil ? Quelques secondes et c’est fini. Les dernières notes de la chanson continuent, comme si de rien n’était.<br />
Annonce d’un mystère, d’une suite ? Quelque chose se tramerait-il sous la façade trop lisse, trop parfaite (artificielle) de ce visage figé ?<br />
Réponse avec le prochain clip.</p>
<h3>Kinda Outta Luck</h3>
<p><center><iframe width="500" height="311" src="http://www.youtube.com/embed/4DtZNmkJYks" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center><br />
&nbsp;<br />
Explosion de références, d’extraits. Rita Hayworth, Marlène Dietrich, Jessica Rabbit, Betty Boop, Ray Liotta, Bugs Bunny, Daffy Duck, Tom &#038; Jerry… Plus film noir, plus pop culture, plus femme fatale, tu meurs.</p>
<p>Et Lana Del Rey. Face caméra, le regard fixé sur son retour image, le plan YouTube par excellence. Je me regarde comment je suis sur Internet. Lana entre toutes ces icônes, Lana toute seule avec sa bouteille de Jim Bean. Avec sa moue (plus qu’artificielle, les lèvres souvenez-vous…), son regard de petite fille perdue dans un maelström d’images, sa joie de gamine et sa chanson. Plus pop que la précédente, plus prenante. Une évolution certaine, un style qui s’affirme. Le montage est bien dosé, le trouble s’installe pour de bon.</p>
<p>Forcément, elle est touchante parmi toutes ces légendes, ces images immortelles du septième art, comme une fan qui s’est incrustée via sa webcam pour faire la figurante, au moins une fois, par ses moyens, entre les modèles de sa vie… Et ce texte déroutant… (Serait-il question de meurtre ? D’un père se trouvant dans le coffre de la voiture ?). Espiègle, se jouant des codes de la femme fatale, Lana joue avec nos émotions, et semble postuler pour un poste de <em>mème</em> en CDD. Charmant…<br />
&nbsp;</p>
<h3>Video Games</h3>
<p><center><iframe width="500" height="311" src="http://www.youtube.com/embed/HO1OV5B_JDw" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center><br />
&nbsp;<br />
Comment décrit-elle sa musique déjà ? Gansta Nancy Sinatra. Hollywood Sad Core.<br />
Toujours seule dans son cadre, Lana oscille entre tristesse et vagues sourires. Parfois, une fenêtre en arrière-fond. Starlette délaissée, son rêve de gloire brisé ? D’autres références apparaissent. Hollywood, leitmotiv lancinant, sirène cruelle pour jeunes filles naïves. Les néons &#8211; de Las Vegas ? Paradis artificiel / Enfer du jeu. Un jeune homme fait du skate-board, on pense à Jackass. Des images de jeunes filles sur une vespa, filmées en Super 8 ? Tout cela semble bizarrement homogène. Il y a une cohérence dans ses images qui est incarnée par la seule voix de Lana Del Rey. C’est un clip, me direz-vous, rien de plus normal. Sauf que, sauf que Paz de La Huerta. Filmée un soir par des paparazzis, saoule, titubante, star sexy et trash, vidéo sale de la téléréalité, sublimée par le chant, et cela devient comme une cérémonie. <em>Video Games</em> est peut-être une ode à la déchéance de l’image féminine, broyée et régurgitée par le système hollywoodien. Les lettres sur la colline, plus que jamais un phare, Charybde et Scylla en un seul lieu, sans cesse affamé, en quête de starlette à détruire.<br />
Tiens, mais ça y est, je me rappelle où il me semble l’avoir vue…<br />
&nbsp;<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/09/mulholland-drive-lynch.jpg" alt="Melissa George dans Mulholland Drive, de David Lynch" title="Melissa George dans Mulholland Drive, de David Lynch" width="280" height="187" class="aligncenter size-full wp-image-4083" /><br />
&nbsp;</p>
<h3>Blue Jeans</h3>
<p><center><iframe width="500" height="311" src="http://www.youtube.com/embed/8t-I-Lqy06g" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center><br />
&nbsp;<br />
Bon, il s’agit de Melissa George dans <em>Mulholland Drive</em>… J’aurai appris quelque chose. Mais le référent ultime est là. L’univers de Lana Del Rey c’est le Hollywood labyrinthique et insondable de <em>Mulholland Drive</em> (n’y a-t-il pas une chanteuse nommée Rebekah Del Rio, dans le film ?). D’où l’émoi d’un cinéphile amoureux de Lynch.<br />
Mais c’est aussi le Hollywood vu par Bret Easton Ellis dans son <em>Imperial Bedrooms</em> qui transparaît dans ces clips. Le personnage de Rain Turner, actrice ratée qui se prostitue en jouant de sa superficialité, de son corps. Obsédée par l’envie d’avoir un rôle, elle tente par tous les moyens de s’incruster dans les castings. Tentatives désespérées face à une machine froide, qui n’est pas dupe de son jeu.<br />
Lana pose toujours, mais sort de chez elle. Dans une voiture, dehors, hyperconsciente de son image, la diva éclate au grand jour grâce à un titre dramatique, définitif. <em>I will love you till the end of time</em>, chante-t-elle, et ce refrain adressé à un ancien amant, à tous les internautes, la propulse dans un au-delà vertigineux.<br />
Lana Del Rey (son nom d’artiste, rappelons-le) devient une image, totale et absolue. Se nourrissant des pulsions les plus noires et inconnues de l’univers lynchien, elle passe du statut d’anonyme à celui d’icône, en un plan.<br />
2’56, les flammes dévorent l’écran. 2’57, elle est là. Parfaite, Über-artificielle, éternelle. Des lunettes de soleil au rouge à lèvres en passant par la jupe fleurie, les détails sont trop parfaitement arrangés. <em>This is the girl</em>, disait Adam Kesher en voyant Melissa George.<br />
Il n’y a rien à ajouter.</p>
<p>Alors, <em>what happened</em> ?</p>
<p>Lana Del Rey, au début jeune fille paumée du Midwest qui veut jouer dans la cours des grands, via YouTube s’incruste parmi les stars. Vampirisant les étoiles de l’Americana hollywoodienne, elle devient image elle-même. Personnage de fiction à part entière. On dirait un personnage de Lynch (une des choristes qu’on aperçoit dans <em>Mulholland Drive</em>) qui déciderait de se nourrir de son environnement fictionnel pour crever l’écran. C’est le parcours de Betty dans <em>Mulholland Drive</em>.<br />
Lana Del Rey ou le Remake du cinéma lynchien en cinq clips.</p>
<p>PS : Lana Del Rey peut-elle exister en dehors de la sphère d’Internet ? Une prestation scénique me paraît presque hérétique, cela ne pourrait être que décevant, il me semble. Son personnage peut-il être de chair et de sang ?</p>
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