<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Grand Écart &#187; Expositions</title>
	<atom:link href="http://www.grand-ecart.fr/categorie/sorties-culturelles/expositions/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.grand-ecart.fr</link>
	<description>Étirements cinéphiles</description>
	<lastBuildDate>Sat, 27 Sep 2025 21:12:17 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.5</generator>
		<item>
		<title>Harry Potter : une exposition magique (ou presque)</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/harry-potter-cite-cinema-saint-denis-decors-costumes-hermione/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/harry-potter-cite-cinema-saint-denis-decors-costumes-hermione/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 25 Jul 2015 08:54:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Expositions]]></category>
		<category><![CDATA[culte]]></category>
		<category><![CDATA[exposition]]></category>
		<category><![CDATA[magicien]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=22299</guid>
		<description><![CDATA[Après Dark Vador, Luke Skywalker et tous leurs amis, la Cité du Cinéma accueille depuis plusieurs mois les décors et costumes d’une autre saga cinématographique, <em>Harry Potter</em>...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/07/exposition-harry-potter-cite-cinema-hermione-granger-1.jpg" alt="Harry Potter à la Cité du Cinéma" title="Harry Potter à la Cité du Cinéma" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-22301" />Après <a href="http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/star-wars-identities-cite-cinema-luc-besson-george-lucas-dark-vador-2014/" title="Star Wars Identities : une expo pas si lointaine" target="_blank">Dark Vador, Luke Skywalker et tous leurs amis</a>, la Cité du Cinéma accueille depuis plusieurs mois les décors et costumes d’une autre saga cinématographique milliardaire, <em>Harry Potter</em>. Ils sont venus, ils sont tous là, arrivés sur leurs balais magiques, le temps d’une exposition qui va enchanter les fans et faire disparaître mystérieusement leur porte-monnaie&#8230;</p>
<p>Au commencement, était un manuscrit écrit par une Anglaise sans le sou. Aucune maison d’édition n’en voulait. Sauf une, peu reluisante, qui accepta de signer avec l’auteur, une certaine J.K. Rowling, sans y croire. Quelques années plus tard, le roman est devenu l’une des sagas littéraires les plus rentables de tous les temps, ainsi qu’une manne financière exceptionnelle pour les studios hollywoodiens qui ont produit pas moins de huit films et fait de Harry Potter, le sorcier le plus célèbre au monde. Et le plus riche. Désormais à la tête d’un empire, J.K. Rowling décline son œuvre jusqu’à plus soif (une nouvelle trilogie ciné est prévue, ainsi qu’une pièce de théâtre, sans compter les parcs d’attractions à Londres et Osaka) et propose une exposition itinérante des costumes, décors et autres accessoires issus des huit films de sa fertile imagination. <span id="more-22299"></span><br />
Et pour les fans, l’exposition Harry Potter a plus d’un tour de magie. D’abord, celui de soulager leur porte-monnaie. Pour pénétrer à Poudlard, il faudra débourser entre 17 et 22 euros. Puis, les portes s’ouvrent et vous voici face à face avec le Choixpeau magique sur un tabouret qui déterminera, pour quatre volontaires, à quelle maison ils vont appartenir. Curieusement, quasiment tout le monde veut faire partie de Gryffondor, là où Harry Potter, Hermione et Ron le Roucmoute vont vivre leurs palpitantes aventures. Ensuite, l’exposition proprement dite peut démarrer : chambres des héros, dortoirs, bureaux des professeurs, mandragores hurlantes à soulever, cours de quiddich, hutte de Hagrid, rien ne manque avant de pénétrer dans l’antre de Celuidont&#8230; oh et puis zut, Voldemort. Forêt interdite, détraqueurs, araignées géantes, sorciers pas gentils-gentils, tout est fait pour recréer l’ambiance sombre des romans qui commencent par un petit garçon souriant qui vit dans un placard jusqu’à une hécatombe de sorciers lors du dernier tome. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/07/exposition-harry-potter-cite-cinema.jpg" alt="Harry Potter à la Cité du Cinéma" title="Harry Potter à la Cité du Cinéma" width="280" height="187" class="alignright size-full wp-image-22302" />Une fois les embûches traversées, la salle de bal du château nous apparaît, le temps d’un au-revoir car… c’est déjà fini ! A peine une heure de balade (et encore, en s’attardant sur chaque objet, en écoutant chaque détail de l’audiophone) et nous voici dans la salle du merchandising, avec un regret en bandoulière, en plus du manque d’interactivité de l’exposition (et il y aurait eu de quoi faire) : celui de n’avoir rien vu ou presque de Dumbledore, personnage emblématique de la saga, le directeur de Poudlard qui se cache derrière ses lunettes en demi-lune. On pourra se consoler avec l’achat de sa baguette magique (à peine 45 euros, une misère) ou d’autres objets collectors aux prix effarants qui n’ont rien de magiques. Il est loin le temps du petit sorcier malicieux dont on découvrait les passionnantes aventures en tournant les pages. Désormais, c’est un homme d’affaires qui vend le moindre gramme de magie comme un dealer à des junkies en manque. Le charme est rompu, reste la nostalgie. </p>
<p><em>Exposition Harry Potter, Cité du Cinéma, 20 rue Ampère, 93200 Saint-Denis. Jusqu’au 6 septembre 2015.</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/harry-potter-cite-cinema-saint-denis-decors-costumes-hermione/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Sept leçons de Bill Viola aux cinéastes</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/sept-lecons-bill-viola-art-video-grand-palais/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/sept-lecons-bill-viola-art-video-grand-palais/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 10 Apr 2014 14:16:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Claire Fallou</dc:creator>
				<category><![CDATA[Expositions]]></category>
		<category><![CDATA[Recadrages]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[David Lynch]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Stanley Kubrick]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=16772</guid>
		<description><![CDATA[L’œuvre de l'artiste vidéo Bill Viola est exposée au Grand Palais jusqu’au 21 juillet 2014. Ouverture sur son univers...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/viola_affiche.jpg" alt="Affiche Bill Viola au Grand Palais" title="Affiche Bill Viola au Grand Palais" title="Affiche Bill Viola au Grand Palais" width="234" height="280" class="alignleft size-full wp-image-16773" /><strong>Lui, ce n’est pas du cinéma : c’est de la sculpture, de la texture, de l’entomologie, de nouvelles horloges.</strong> Nulle volonté chez lui de se présenter comme un réalisateur. Son travail, l’artiste américain Bill Viola, pionnier de l’art vidéo né en 1951, l’envisage comme une « capture d’âmes », une « sculpture du temps », une rééducation du regard sans contraintes de narration ou de personnages. Là se trouve une différence importante entre l’art vidéo et le cinéma, où le premier s’affranchit des (ultimes !) contraintes structurelles du second pour livrer au regard plus qu’un écran, plus qu’une surface de projection. Des écrans, Bill Viola en tapisse les murs, en fixe par séries de cinq, en remplit toute une pièce, sur différentes matières et différents formats, se faisant couturier minimaliste de la toile blanche. Et de l’image assemblée à cette installation naît un objet, avec son dehors et son dedans, comme une fenêtre ouverte sur un espace mental où se répète en boucle, sans nous mais par accident pour nous, un unique et étrange fragment d’une intériorité palpable comme une étoffe.  </p>
<p>Un plongeur de chair pâle suspendu au-dessus d’une eau verte et mouvante. Une vieille femme grenue, maigre et blanche qui s’allonge sur une dure paillasse de moine, puis s’allonge à nouveau, et encore, sans pourtant jamais se relever. Un mur de feu qui devient graduellement noir, graduellement liquide, pour accueillir la silhouette en robe qui s’y noie. <span id="more-16772"></span></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/fire-woman-bill-viola.jpg" alt="Fire woman de Bill Viola" title="Fire woman de Bill Viola" width="239" height="426" class="alignright size-full wp-image-16791" />Et pourtant. Les images qui défilent et se répètent portent la graine de ce qui fait le cinéma : des propositions d’agencement, de mouvements et de sons qui deviennent unités et prennent le sens que chacun leur accorde, avec le réflexe éventuel de chercher une forme de récit, d’action, de héros et de dénouement. <em>« C’est l’histoire d’une femme qui marche dans le désert, ses longues robes rouges et ses cheveux noirs volent dans le vent, le ciel brûle, l’horizon tremble de chaleur, et à la fin d’un long parcours elle rencontre une autre femme. »</em> Mais la brièveté du film, l’absence de contexte, la lenteur même des mouvements chez les acteurs de Bill Viola force à se détacher de cette conclusion pour laisser l’esprit voguer sur les formes et intégrer comme uniques les milliards de minuscules interactions entre les choses ou personnes filmées. </p>
<p><em>« Les images fixes peuvent contenir des petites histoires »</em>, explique David Lynch lorsqu’il se fait photographe. Plus riches et moins nettes, les images mouvantes, si elles forment un ensemble uni comme la déclinaison d’une image fixe, contiennent à la fois des fresques, des graines d’histoires, des germes de sens, et des exercices de style pour réalisateurs. </p>
<p>Ainsi les matières, les structures et les interactions détaillées par Bill Viola pourraient nourrir le cinéma, c’est-à-dire à la fois la recherche du créateur et la compréhension de l’œil qui regarde. Et la richesse étonnante de sa palette, qui décline des références esthétiques, religieuses et culturelles de toutes les époques, serait capable d’inspirer ou d’expliquer un grand nombre de genres et de formes. Du vaudeville au drame, du noir et blanc au Technicolor, de la nature morte à la 3D, Bill Viola ne propose pas des films, mais peut-être bien des instants de cinéma qu&#8217;il dissèque par le ralenti.</p>
<p><strong>Propositions libres, incomplètes et tout à fait contestables&#8230; </strong></p>
<p><strong>1 &#8211; Bill Viola, l’hommage à George Méliès : Escamotage d’un plongeur (<em>The Reflecting Pool</em>, 1977-1979)</strong></p>
<p>Un bassin d’extérieur de forme carrée, une eau mouvante verte et noire qui reflète les arbres de l’arrière-plan. Un homme apparaît et s’apprête à plonger : l’image se fige, laissant une masse de chair suspendue au-dessus de l’eau, tandis que le liquide continue de remuer. Escamotage à la Georges Méliès, l’admirateur de Houdin et le père du cinéma, qui ne se lassait pas d’étendre le domaine de la prestidigitation par des coupures opportunes de la bande, parvenant ainsi à faire apparaître des femmes dans des salons vides et à changer en un clin d’œil des voitures en corbillard. Par le même type de technique, Bill Viola « sculpte le temps », permettant à des images séparées dans le réel de se rencontrer sur l’écran. Peu à peu le plongeur figé s’estompe contre le vert. Deux silhouettes apparaissent en reflet dans l’eau, se rapprochent et se croisent le long de la margelle, sans que jamais l’on voit quiconque marcher près du bassin. Puis l’eau s’assombrit et le plongeur en sort, nu comme un ver, et s’en va. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/sleep-of-reason-bill-viola.jpg" alt="Sleep of reason de Bill Viola" title="Sleep of reason de Bill Viola" width="300" height="198" class="alignleft size-full wp-image-16782" /><strong>2 &#8211; Bill Viola et David Lynch (<em>The Sleep of Reason</em>, 1988)</strong></p>
<p>Lynch, pratiquant régulier de la méditation transcendantale, qu’il utilise comme un moyen de plonger vers la source où attraper les « gros poissons » de la création. Viola, qui conçoit ses films comme des méditations : la lenteur, la répétition, le symbolisme de l’inconscient, oui, nous y sommes ! L’installation <em>The Sleep of Reason</em> montre une veille commode au centre d’une pièce vide sur laquelle sont posés un vieux vase de porcelaine, un vieux radio-réveil, un vieux téléviseur en noir et blanc où apparaît le visage d’une vieille personne endormie. Rien ne se passe, les minutes changent en rouge sur le réveil, jusqu’à ce que brutalement la pièce s’éteigne et que s’élève un fort bruit d’usine ou de train en marche. Les quatre murs se couvrent d’images tremblantes d’orages, ou de squelettes aux rayons X, ou d’insectes ou de visages en gros plan. Quelques secondes, puis le rêve disparaît, le sommeil redevient lisse et paisible. A peine averti de cette manière, le spectateur assis dans un coin se laisse ensuite surprendre et agresser par le rêve suivant. Mais bientôt il l’attend. S’installe alors une sorte de bercement, de rythme aller-retour entre le dehors et le dedans, où l’on craint et souhaite les plongées dans le hasard dérangeant de l’intérieur qui sont habituelles au cinéma de David Lynch. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/heaven-and-earth-bill-viola.jpg" alt="Heaven and Earth de Bill Viola" title="Heaven and Earth de Bill Viola" width="283" height="224" class="alignright size-full wp-image-16785" /><strong>3 &#8211; Bill Viola et Stanley Kubrick : <em>2001, Odyssée de l’Espace</em> (<em>Heaven and Earth</em>, 1992)</strong></p>
<p>2001 : de la naissance de l’homme à son déclin puis à sa renaissance dans un espace et un temps trop larges pour être clairement définis. Par une sculpture vidéo Bill Viola recrée ce cycle, disposant deux colonnes – l’une montant du sol et l’autre tombant du plafond – chacune munie en son bout d’un écran, les deux se faisant face comme les terminaisons d’une synapse. Celui du bas montre l’image fixe en noir et blanc d’un nouveau-né posé dans son berceau, et celui du haut celle d’un vieillard allongé dans un lit. Les images, silencieuses et sans contexte, se réfléchissent l’une l’autre, les traits se confondent, le début et la fin se mêlent. Elles forment un tout à elles deux ; un peu, si l’on veut, comme le retour du fœtus de Kubrick vers une certaine Terre indéfinie en provenance de la demeure extraterrestre du vieillard.</p>
<p><strong>4 &#8211; Bill Viola et James Cameron : il y a 3D et 3D (<em>The Veiling</em>, 1995)</strong></p>
<p>Une pièce très sombre aux parois noires. Douze écrans de toile argentée suspendus au plafond en parallèle l’un de l’autre. De chaque côté de la salle, un projecteur encastré dans le mur. Les deux appareils diffusent les mêmes images, de vagues et d’écume, de cheveux dans le vent, d’œil et de battements de cils, d’un arbre la nuit éclairé par une seule lampe. Les images se posent sur les six premiers écrans, agrandies à chaque fois par diffraction, jusqu’à se réduire sur les six autres pour revenir à l’autre projecteur. Créé par cette répétition, un animal marin semble flotter au milieu de la pièce, se mouvant lentement dans les faisceaux des projecteurs ; la 3D devient bien réelle, assez vraie pour que l’on tende la main pour sentir le lent ballet de la créature. </p>
<p><strong>5 &#8211; Bill Viola et James Cameron, bis : sous l’océan (<em>Ascension</em>, 2000)</strong></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/04/tristans-ascension-bill-viola.jpg" alt="Bill Viola" title="Bill Viola" width="239" height="425" class="alignleft size-full wp-image-16788" />1950&#8242;s : Bill Viola, encore enfant, tombe au fond d’un lac et y découvre « le plus bel univers qu’il ait jamais vu ». Il en conclut qu’il faut chercher les belles choses « sous la surface » et conçoit plus tard ces vidéos comme un moyen de replonger dans l’onde. Pour cela l’eau est très présente dans l’œuvre de Bill Viola, tour à tour vive et effervescente, calme et cristalline, pâle ou d’un bleu profond, ou riche et torrentielle et blanche comme la neige, capable d’apaiser en caressant ou en engloutissant. En elle, Viola voit une image de la continuité du temps, de même que la vidéo est flux d’images ininterrompues : mais de ce travail de texture, James Cameron pourrait tirer une réflexion sur de nouveaux arrangements lumineux prêts à servir un nouvel <em>Abyss</em>. </p>
<p><strong>6 &#8211; Bill Viola et… Shakespeare : <em>Macbeth</em> (<em>Three Women</em>, 2008)</strong></p>
<p>Trois femmes en noir et blanc se tiennent debout, immobiles et serrées l’une contre l’autre au centre d’un écran tout en hauteur fixé sur un mur noir. Leurs visages, leurs longs cheveux et leurs robes foncées attrapent une lumière blafarde et semblent coulées l’une dans l’autre par la nuée de parasites qui couvre l’image. Sans quitter le spectateur des yeux, elles avancent lentement, comme en apesanteur, légèrement inquiétantes dans la vacuité de leur visage. Trois femmes menaçantes, un air de connivence maléfique entre elles et contre moi : les sorcières de Macbeth s’avancent, suggérant à quel point il serait merveilleux et approprié de voir toute la tragédie jouée derrière un rideau triste et flou de parasites. La première touche l’écran, un rideau gris s’ouvre pour la laisser passer : le rideau coule comme de l’eau sur elle, la lavant et lui rendant sa couleur, des cheveux blonds et une robe bleue. Elle s’observe ainsi. Mais elle revient bientôt en arrière pour disparaître à nouveau dans le gris où sont restées ses sœurs.  </p>
<p><strong>7 &#8211; Bill Viola et… tous : acteurs, émotions et personnages (<em>The Quintet of the Astonished</em>, 2000)</strong></p>
<p>Cinq personnages, une femme et quatre hommes, debout et rapprochés devant un fond noir, filmés en un plan montrant seulement le haut du corps. Lumière blanche et coupante, couleurs ocres et teints cireux qui rappellent la peinture médiévale, Viola revendiquant un tableau de Jérôme Bosch comme inspiration de cette vidéo. Que se passe-t-il ? Pas grand-chose, je m’ennuie ; saisis au ralenti, les personnages sourient, pleurent, se rapprochent et s’éloignent l’un de l’autre, chacun pris dans une gamme individuelle d’expressions et d’émotions qui forme un tout extrêmement lent et riche en détails. Et voici que peu à peu je comprends : les grimaces, les inclinaisons du visage, les demi-sourires et les esquisses de froncement prennent une signification émotionnelle vaste mais claire sous mes yeux, et le groupe finit par former un tout sans même se regarder. Le ballet lent devient hypnotisant et chargé de sens. Qui sont-ils, d’où viennent-ils, que font-ils? Les questions essentielles que Bill Viola ne cesse de se poser, qu’il définit comme le fil conducteur de son œuvre, s’imposent sur ces personnages. </p>
<p>… Ainsi, et d’autres encore. Dans cette lenteur et cette variété le regard s’exerce, apprend la patience et la précision, s’enrichit de techniques et de compréhensions nouvelles qui aident à mieux regarder ce cinéma où la réalisation raconte les histoires. </p>
<p>&nbsp;<br />
<em>Bill Viola, exposition au Grand Palais jusqu’au 21 juillet 2014. </em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/sept-lecons-bill-viola-art-video-grand-palais/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Star Wars Identities : une expo pas si lointaine</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/star-wars-identities-cite-cinema-luc-besson-george-lucas-dark-vador-2014/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/star-wars-identities-cite-cinema-luc-besson-george-lucas-dark-vador-2014/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 19 Mar 2014 23:49:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Wagner</dc:creator>
				<category><![CDATA[Expositions]]></category>
		<category><![CDATA[exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Star Wars]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=16636</guid>
		<description><![CDATA[Alors les Padawans, vous n’êtes pas encore allés voir l’exposition Star Wars Identities ? Darth Vader s’est déjà emporté pour moins que ça ! La Cité du cinéma, temple de Luc Besson consacré au 7e art...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/03/star-wars-identities-exposition-cite-cinema.jpg" alt="Star Wars Identities" title="Star Wars Identities" width="195" height="280" class="alignleft size-full wp-image-16638" />Alors les Padawans, vous n’êtes pas encore allés voir l’exposition Star Wars Identities ? Darth Vader s’est déjà emporté pour moins que ça ! La Cité du cinéma, temple de Luc Besson consacré au septième art, propose en effet, pour son tout premier événement public, de (re)découvrir l’univers créé par George « Dollar » Lucas, à l’aube du tournage de la toute nouvelle trilogie (on ne s’excite pas, J.J. Abrams, le réalisateur du prochain épisode, n’en est encore qu’aux idées de casting). Si <em>Star Wars</em> avait déjà pu bénéficier il y a presque dix ans d’une première exposition itinérante qui avait posé son Faucon Millenium Porte de Versailles, ici, place à l’interactivité. Et à une bonne dose de patience. Car que vous soyez munis ou non d’un billet coupe-file (à tout de même vingt euros), la règle est à l’attente (une bonne heure environ). Mais c’est pour la bonne cause, car une fois à l’intérieur, on peut profiter pleinement de l’exposition sans piétiner à cinquante autour de la même vitrine. Un bracelet à puce au bout du poignet et une oreillette dans les esgourdes, vous voici au cœur de l’essence de <em>Star Wars</em> et en quête de votre propre identité. Dans une dizaine de salles, vous attendent dix spots dans lesquels, grâce à votre super bracelet magique, vous pourrez déterminer votre race (humaine, ewok, sith, etc), votre sexe, votre profession (chasseur de primes, fermier, chevalier jedi, sénateur…), votre planète d’origine, vos aspirations, vos qualités… jusqu’à la question finale : allez-vous ou non rejoindre le côté obscur de la Force ? En quittant l’exposition (compter au moins deux bonnes heures de visite), un écran visualisera votre personnage <em>Star Wars</em> nouvellement créé, faisant de vous un des héros de cette mythologie des temps modernes (avec envoi de votre avatar et d’une biographie sur votre mail à partager sur les réseaux sociaux pour pouvoir frimer). <span id="more-16636"></span></p>
<p>Mais fi de toute cette technologie, l’exposition vaut aussi le détour par toutes les vidéos pédagogiques qui vous permettront d’en savoir plus sur les gènes, l’hérédité, les choix qui s’opèrent dans la vie, tout en mettant ces grandes théories en perspective avec les destins d’Anakin et de Luke Skywalker, qui auraient pu être similaires, mais finalement diamétralement opposés. Tant et si bien qu’accessoires, costumes, maquettes, dessins préparatoires et extraits vidéo des deux premières trilogies, semblent presque superflus, en dépit d’une scénographie très travaillée qui rend honneur aux films. On quitte l’exposition avec un sourire enfantin aux lèvres tout en passant par l’inévitable boutique richement achalandée &#8211; avec même des dessous de verre et des bacs à glaçons en forme de R2D2. Ne pas acheter tu peux, mais y aller tu dois !</p>
<p>&nbsp;<br />
<em>Star Wars Identities, jusqu’au 30 juin 2014 à la Cité du cinéma, 20 rue Ampère, 93200 Saint-Denis.</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/star-wars-identities-cite-cinema-luc-besson-george-lucas-dark-vador-2014/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les Small Stories de David Lynch s&#8217;exposent à la MEP</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/david-lynch-maison-europenne-photo-exposition-small-stories/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/david-lynch-maison-europenne-photo-exposition-small-stories/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 07 Feb 2014 09:01:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvan Pierre-Kaiser</dc:creator>
				<category><![CDATA[Expositions]]></category>
		<category><![CDATA[Recadrages]]></category>
		<category><![CDATA[David Lynch]]></category>
		<category><![CDATA[exposition]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=15889</guid>
		<description><![CDATA[Faut-il apprécier l’œuvre de Lynch plasticien / photographe en ayant en tête ses films, faut-il les lier, créer des parallèles, ou faut-il rigoureusement séparer ces deux sphères de créations en les...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/01/lynch-photo2.jpg" alt="David Lynch, Small Stories" title="David Lynch, Small Stories" width="250" height="221" class="alignleft size-full wp-image-15896" /><strong>Faut-il apprécier l’œuvre de Lynch plasticien / photographe en ayant en tête ses films, faut-il les lier, créer des parallèles, ou faut-il rigoureusement séparer ces deux sphères de créations en les traitant comme des univers thématiquement apparentés mais foncièrement indépendants ? </strong></p>
<p>Bon, j’admets qu’il y a des entrées en matière plus « sexy » pour parler d’une exposition photo. Mais la personnalité de David Lynch, son univers cinématographique, sont un terreau d’analyse si intrigant et fertile qu’il est dur de s’empêcher de théoriser dès qu’on est face aux créations d’un des artistes les plus intéressants de l’ère moderne. Et force est de constater que le Lynch cinéaste est plus « facile » d’approche que le plasticien. Une déclaration forcément subjective, n’étant point critique d’art, je n’oserais pas prétendre être une référence.</p>
<p>Mais il m’a toujours semblé que l’ambiance des films de Lynch tirait sa force de l’interaction entre temps, images et musique. Bref, ce qui définit le cinéma me direz-vous… Mais c’est justement le milieu dans lequel la plupart des spectateurs l’on découvert et qui a défini (à tort ou à raison) les contours de sa création. Après, on a découvert le photographe, le plasticien… Il y a eu notamment l’exposition à la Fondation Cartier en 1997, avec sculptures, installations et peintures. Personnellement, j’ai toujours plus de mal à me passionner pour les tableaux, n’y retrouvant pas la fulgurance visuelle de films tels <em>Lost Highway</em> ou le légendaire <em>Mulholland Drive</em>. <span id="more-15889"></span></p>
<p>D’où cette idée, très théorique bien sûr, de considérer à part les créations lynchiennes. De ne pas chercher à retrouver son cinéma dans ses photos et vice versa. L’exposition <em>Small Stories</em> qui se déroule actuellement à la Maison européenne de la photographie (jusqu&#8217;au 16 mars 2014) est à cet égard assez intéressante. Conçue à l’initiative de l’institution parisienne, cette exposition se compose d’une quarantaine de photos, toutes en noir et blanc. </p>
<p>&nbsp;<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/01/lynch-interior1.jpg" alt="David Lynch, interior1" title="David Lynch, interior1" width="230" height="228" class="alignright size-full wp-image-15909" /><em>&#8220;Les images fixes peuvent raconter des histoires. La plupart du temps, les images fixes racontent de petites histoires. Et il arrive parfois que les histoires intéressantes soient de petites histoires.<br />
Les petites histoires se déroulent sur une période très courte. Cependant, la pensée et les émotions peuvent être impliquées quand on regarde une image fixe, et les petites histoires peuvent se développer jusqu’à devenir de grandes histoires. Tout ça dépend, bien sûr, du spectateur.<br />
Il est quasiment impossible de ne pas voir une sorte d’histoire émerger d’une image fixe. Et ça, je trouve que c’est un phénomène magnifique.&#8221;</em><br />
David Lynch</p>
<p>&nbsp;<br />
Cette présentation donne une bonne idée de la démarche de l&#8217;exposition : ce n’est pas une grande rétrospective de l’ensemble de son œuvre, mais une contribution modeste, une nouvelle en quelque sorte, si Lynch était écrivain… </p>
<p>Les photos présentées peuvent se regrouper en gros sous trois ensembles. <em>Interior #</em>, <em>Head #</em> et <em>Window with…</em>. J’ai été plus touché par la série <em>Interior</em> qui &#8211; ironie de celui qui s’impose une grille de lecture pour mieux l’ignorer &#8211; m’a rappelé des thèmes cinématographiques et même des ambiances à la <em>Inland Empire</em> ou <em>Lost Highway</em>.</p>
<p>Les photos sont pour le moins déconcertantes, avec un travail sur le grain (qui rappelle la vidéo) et le flou pour certaines et une préférence pour l’abstraction qui donne parfois l’impression que Lynch a pris en photo ses peintures.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/01/lynch-interior11.jpg" alt="David Lynch, Small Stories, interior11" title="David Lynch, Small Stories, interior11" width="280" height="204" class="alignleft size-full wp-image-15894" /><em>Interior #11</em> avec le dirigeable qui flotte seul au milieu d’une pièce, est un exemple assez figuratif mais assez exemplaire tout de même. Un objet dans le vide d’une pièce, une pénombre, des murs, un escalier qui pourrait mener vers la sortie ou vers une pièce où reposent de sombres secrets : il n’en faut pas plus pour faire tourner l’imaginaire et élaborer un scénario cauchemardesque et tortueux. Ou <em>Interior #1</em>, tout en perspectives impossibles, comprenant un personnage qui comme l’indique la bulle « explose » ?</p>
<p>Les petites histoires de Lynch sont comme une succession de fragments de rêves / cauchemars qu’il faut prendre comme tels : incomplets, imparfaits, partiels, ébauchés. Si la narration filmique permet de créer une ambiance sur la durée et, par le son, d’envoûter le spectateur, les photos ne reposent que sur cette inquiétante étrangeté que nous lui connaissons bien. Singulières, frappantes et parfois franchement difficiles à comprendre (la série <em>Still Life</em> où l&#8217;on voit des fragments de dessins ? de graffitis ?), elles constituent néanmoins une pièce de plus dans ce puzzle ô combien étrange qu’est l’univers mentale de David Lynch. Une exposition intéressante mais dont il ne faut pas attendre un choc révélateur comme le furent certains de des films auparavant.</p>
<p>Et soyons honnêtes : si on est parfois dur avec Lynch ces derniers temps, c’est que peu de gens (moi inclus) sont réceptifs à sa passion de la méditation transcendantale et que nous sommes tous en train de fantasmer sur un nouveau film, un nouveau choc, un autre labyrinthe… </p>
<p>Entre-temps, cette exposition est une belle rencontre avec l’imaginaire lynchien, un passe-temps qui ne calmera pas la faim mais étanchera un peu la soif.</p>
<p>Et puis, il y a de l’espoir tout de même : <a href="http://blogs.indiewire.com/theplaylist/david-lynch-confirms-twin-peaks-blu-ray-with-new-material-but-sorry-no-third-season-20140122" target="_blank" rel="nofollow" class="broken_link">ici</a> et <a href="http://news.moviefone.com/2014/01/24/twin-peaks-fire-walk-with-me-deleted-scenes/" target="_blank" rel="nofollow">là</a>. C’est déjà ça…</p>
<p>&nbsp;<br />
<em>David Lynch &#8211; Small Stories, à la Maison européenne de la photographie, 5/7 rue de Fourcy, 75004 Paris. Du 15 janvier au 16 mars 2014.</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/david-lynch-maison-europenne-photo-exposition-small-stories/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Edward Hopper : lumière pleine, silence statique, prolongation du suspense</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/edward-hopper-peinture-lumiere-cinema/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/edward-hopper-peinture-lumiere-cinema/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 20 Nov 2012 12:34:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Claire Fallou</dc:creator>
				<category><![CDATA[Expositions]]></category>
		<category><![CDATA[Recadrages]]></category>
		<category><![CDATA[Alfred Hitchcock]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[exposition]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=9896</guid>
		<description><![CDATA[Blanche ou dorée, diurne ou nocturne, naturelle ou électrique, la lumière emplit l’espace et étouffe les...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Blanche ou dorée, diurne ou nocturne, naturelle ou électrique, la lumière emplit l’espace et étouffe les sons ; sous elle les personnages se figent en plein geste, tête levée, bouche ouverte, et l’histoire est interrompue. Pourtant les détails de Hopper permettent encore au spectateur de la comprendre et le poussent à chercher, en vain, les indices d’une suite… Si Hitchcock, qui s’est beaucoup inspiré de Hopper, veille à donner un dénouement à ses films, le peintre nous impose quant à lui une éternité d’interrogations floues, baignées de lumière pleine et d’un doux bonheur vague flottant étrangement sur un malaise sans nom.  </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/11/house-by-railroad.jpg" alt="House by the Railroad, Edward Hopper" title="House by the Railroad, Edward Hopper" width="280" height="234" class="alignleft size-full wp-image-9904" />Une maison de bois blanc au toit d’ardoise noire, faite d’un imposant corps carré et d’un donjon d’angle qui se dresse contre le ciel pâle, entourée au sol par les petites pattes d’une colonnade blanche soutenant le balcon à balustres du premier étage. Son toit mansardé se galbe à la naissance et s’incurve à mi-hauteur, luisant de blancheur dans le creux où joue la lumière, achevé à sa base par la ligne irrégulière d’une ancienne gouttière de zinc dont les angles font des saillies inquiétantes aux arêtes du bâtiment. Des fenêtres cathédrale percent la façade, quatre par étage, dessinées de guingois, ourlées de volutes de pierre comme de grotesques longs cils, leurs stores pâles ouverts ou fermés comme les yeux rieurs d’une folle créature de conte gothique ; pourtant la bâtisse est trop massive, trop simple dans ses matériaux, trop sereine dans la lumière pour être tout à fait magique, ou tout à fait déserte. Entre elle et nous, la ligne rouge et coupante d’une voie ferrée semble quant à elle évidemment assez nette pour ne pas être abandonnée. Un train pourrait y circuler bientôt. Mais quand ? La lumière emplit le ciel d’une clarté diffuse, sourde et sans source, dont la douceur gomme l’heure. Elle caresse et jaunit les murs, se repose sur les carreaux et joue sur la fine colonnade, parant la structure d’ombres enveloppantes d’un vert glauque où transparaissent l’usure et la corde du vieux bois ; elle se glisse sous les rails et sculpte les reliefs des traverses. On peut seulement attendre. <span id="more-9896"></span></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/11/gas.jpg" alt="Gas, Edward Hopper" title="Gas, Edward Hopper" width="280" height="179" class="alignright size-full wp-image-9905" />Trois pompes à essence rouges, à têtes rondes et luminescentes, rutilantes comme des pommes bien lavées sous l’éclairage jaune émanant d’une petite cabane de bois blanc. Entourant la station, une route grise fait un coude le long d’une forêt remplie d’ombres, puis part se perdre entre les arbres. Au-dessus des cimes foncées, le ciel est d’un bleu virant à l’encre qui termine de flamboyer au loin ; la nuit est proche. Un homme est penché sur l’une des pompes. Il porte un gilet moutarde, une chemise blanche, un pantalon sombre, une cravate noire. Son visage est presque caché et son geste est figé, comme la nuit qui tombe si lentement. C’est certainement le propriétaire de l’endroit, mais il est difficile de déterminer précisément ce qu’il fait ; en face, la petite cabane chaude aux grands yeux dorés paraît plus vivante que lui. </p>
<p><em>« Peut-être ne suis-je pas très humain</em>, disait Hopper. <em>Mon désir consistait à peindre la lumière du soleil sur le mur d’une maison. »</em> Comme dans <em>House by the Railroad</em> (1925) et <em>Gas</em> (1940), la lumière du peintre emplit l’espace de velours et de calme, avec une telle rondeur et une telle plénitude qu’aucune autre vie ne peut y prendre beaucoup de place. Selon les œuvres, elle est nocturne, diurne, naturelle, au gaz, électrique ; elle tranche en blanc l’air frais du matin ou s’attarde en doré sur les silhouettes du soir, elle réchauffe une grange brune ou refroidit la silhouette d’une jeune femme presque pétrifiée ; elle s’infiltre ou pénètre à flots silencieux, neuve ou vieillie par des fumes industrielles ; elle entre, sort, opère la coupure entre l’intérieur et l’extérieur ; elle dessine le cadre de la scène au-delà duquel rien ne se passe ; elle devient parfois personnage principal, seule sur le seuil d’une porte ouverte (<em>Rooms by the Sea</em>, 1951).</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/11/room-in-new-york.jpg" alt="Room in New York, Edward Hopper" title="Room in New York, Edward Hopper" width="280" height="227" class="alignleft size-full wp-image-9906" /><em>Room in New York</em>, 1932 : un couple passe une soirée à la maison, dans le salon vert de leur petit appartement. L’homme est assis sur un fauteuil, toujours vêtu de son habit de travail, il lit le journal. La femme a passé une robe rouge et s’est assise au piano, lui tournant le dos. Au premier plan apparaît le cadre de la fenêtre, la pierre de la façade, l’obscurité de l’extérieur contre l’éclairage de l’appartement. </p>
<p>La scène est ainsi définie, l’objet d’intérêt nous est indiscrètement livré ; le regard du passant peut s’inviter sans retenue dans cette intimité, en voyeur naturel et tranquille, attiré et conforté par un clair-obscur qui change la vie en unité de sens plus saisissable que compréhensible, livrant un contexte familier fait d’impressions douces et floues dont les détails ne se précisent que vaguement dans l’imaginaire de l’observateur. Les « psychogrammes » de Hopper reposent sur cette instantanéité, la sensation née d’un fragment de psychologie traduite en une seule image, cette dernière livrant à peine plus après une longue étude qu’au premier regard et au premier ressenti. </p>
<p>Du voyeurisme de Hopper, Hitchcock s’est inspiré (en même temps que de son esthétique, la maison de <em>Psychose</em> ressemblant fortement à celle de <em>House by the Railroad</em>) avec toutefois la contrainte de lui donner une durée limitée, liée à l’ancrage du format cinématographique dans la progression temporelle.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/11/fenetre-sur-cour-hitchcock.jpg" alt="Fenêtre sur cour, Alfred Hitchcock" title="Fenêtre sur cour, Alfred Hitchcock" width="280" height="187" class="alignright size-full wp-image-9907" /><em>&#8220;- Lars Thorwald is no more a murderer than I am.<br />
- You mean to say you can explain everything that’s going on over there ?<br />
- No, and neither can you. That’s a secret private world you’re looking into out there. People do a lot of things in private they couldn’t possibly explain in public.&#8221;</em></p>
<p>(<em>&#8220;- Lars Thorwald n&#8217;est pas plus meurtrier que moi.<br />
- Tu veux dire que tu peux expliquer tout ce que j&#8217;ai vu par la fenêtre et ce qu&#8217;il se passe chez le voisin ?<br />
- Non, mais toi non plus. C&#8217;est une vie privée secrète que tu as observée de ta fenêtre. La plupart des gens font un tas de choses en privé qu&#8217;ils ne pourraient pas expliquer en public.&#8221;</em>)</p>
<p style="text-align:right">Tom Doyle à L. B. Jefferies, <em>Fenêtre sur cour</em>, Alfred Hitchcock, 1954.</p>
<p>Dans <em>Fenêtre sur cour</em>, dont le scénario repose sur la séparation entre intérieur et extérieur constamment franchie du regard par un « voyeur » sans vergogne, les individus observés – la danseuse Miss Torso, la triste Miss Lonelyhearts, l’étrange couple Thorwald &#8211; vivent dans des tableaux, chacun le sien, encadrés par les fenêtres à travers lesquelles Jefferies se laisse aller à regarder. Le suspense et l’ambiance du film reposent évidemment sur les questions que posent ces tableaux, auxquelles Hitchcock apporte des réponses suggérées (l’image finale de Miss Torso embrassant un gringalet) ou définitives (le récit de ce qui s’est passé chez les Thorwald). Si la peinture de Hopper est tout aussi narrative qu’un film, l’artiste est libre en revanche de ne jamais mettre un terme à l’attente et de laisser son public ressentir l’origine et peut-être la suite du conte dont il nous livre un fragment. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/11/drug-store-hopper.jpg" alt="Drug Store, Edward Hopper" title="Drug Store, Edward Hopper" width="280" height="203" class="alignleft size-full wp-image-9912" /><em>Drug Store</em>, 1927 : une vitrine illuminée dans la nuit, à un coin de rue, décorée de présentoirs et de festons rouges et bleus et de jarres transparentes pleines de liquides colorés qui doivent être des potions de pharmacie, si l’on en croit l’enseigne noire aux lettres d’or surplombant la devanture. Au pied de la boutique, un coin de trottoir nu, d’un gris vert sous l’éclairage de la rue. A sa gauche, une porte de bois fermée, au visage à demi coupé par les montants de l’embrasure. A sa droite, une rue transversale qui disparaît dans la nuit. Il doit rester quelqu’un dans cette pharmacie, puisque la lumière est encore allumée. Il doit y avoir une raison pour que quelqu’un – le peintre, le spectateur, un guetteur inconnu &#8211; veuille s’attarder dans cette rue vide et sombre à l’observer avec tant d’insistance. Il peut y avoir une présence cachée dans les ombres de cette porte. Peut-être qu’un événement se prépare ; la nuit se tient immobile, silencieuse et les protagonistes, dans le champ ou hors champ, se taisent et se tiennent cachés, attendant leur heure.</p>
<p>Le trait de Hopper confère ainsi moins la vie que l’attente ou la fixation. Tout au plus permet-il d’imaginer des changements de scène sans transition, des gestes saccadés de Playmobil dans leur petit village rutilant, dont la matière est fournie par les détails « clichés » présents dans les tableaux : un couple de la classe moyenne, une secrétaire et son patron, un phare sur une côte déserte, une rue de New York. Cette relative immobilité tient à plusieurs éléments : à la plénitude de la lumière, dont provient la profondeur de silence, mais aussi au caractère approximatif et parfois faux du dessin de Hopper qui peine à faire remuer les arbres, même en plein vent, ou à faire avancer un train pourtant lancé sur ses rails. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/11/nighthawks-hopper.jpg" alt="Nighthawks, Edward Hopper" title="Nighthawks, Edward Hopper" width="280" height="153" class="alignright size-full wp-image-9908" />L’effet général n’est cependant pas seulement celui d’un arrêt sur image, mais celui d’une profonde nostalgie. Il semble souvent que les choses aient duré trop longtemps et que l’on se soit attardé jusqu’à un point de non-retour, de façon légère (la demoiselle de <em>City Girl</em>, pétrifiée comme la colonne sur laquelle elle s’appuie), objective (<em>Night at the Office</em>, où les employés restent au bureau très tard), ou inexplicable et profonde (la femme seule et pensive sous la petite lampe du cinéma dans <em>New York Movie</em>). </p>
<p><em>« La chose a été vue. Le temps est suspendu. Et nous vivons encore une fois de bout en bout ce qui passionne, maintenant spirituellement transformé par le parallèle de l’art »</em>, explique Hopper.  </p>
<p>Alors les protagonistes, et nous, sommes passés de l’autre côté, là où l’action n’a plus toujours grand-chose à voir avec son cadre, là où l’éternité suit son cours, et nous voilà comme des <em>Nighthawks</em> prisonniers de leur vitrine pour toujours ; dans un temps où les choses se disent sans mots, et où les sons meurent avant d’être entendus.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="font-size:90%">Edward Hopper est à l&#8217;honneur au Grand Palais du 10 octobre 2012 au 28 janvier 2013.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/edward-hopper-peinture-lumiere-cinema/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Mon Brassens est plus beau que le vôtre</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/georges-brassens-cite-musique/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/georges-brassens-cite-musique/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 04 Apr 2011 09:56:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Expositions]]></category>
		<category><![CDATA[chanson française]]></category>
		<category><![CDATA[Georges Brassens]]></category>
		<category><![CDATA[moustache]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=719</guid>
		<description><![CDATA[L'expo Brassens à la Cité de la musique vient de commencer. Je ne l'ai pas encore vue, mais je sais déjà que je n'y retrouverai pas mon Brassens. Parce que je crois qu'on a tous un lien particulier avec le...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-medium wp-image-728" title="Georges Brassens ou la liberté" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/03/affiche-brassens-205x300.png" alt="Georges Brassens ou la liberté" width="205" height="300" />L&#8217;expo Brassens à la Cité de la musique vient de commencer. Je ne l&#8217;ai pas encore vue, mais je sais déjà que je n&#8217;y retrouverai pas mon Brassens. Parce que je crois qu&#8217;on a tous un lien particulier avec le moustachu, qui parfois converge. Mais pas toujours. Il y a presque trente ans, je venais au monde. (J&#8217;ai failli écrire, « j&#8217;avais la joie de venir au monde ». Mais en fait, soyons honnête, je ne sais pas si c&#8217;était une joie. Et pour être encore plus honnête, j&#8217;en doute. J&#8217;ai lu quelque part, il y a longtemps, que si on n&#8217;avait aucun souvenir avant un certain âge, c&#8217;est parce que ce qu&#8217;on traverse est trop traumatisant : naître, grandir plus vite qu&#8217;on ne grandira jamais, avoir les dents qui poussent. Trop douloureux pour qu&#8217;on s&#8217;en souvienne.) Bref, il y a presque trente ans, je me confrontais (peut-être douloureusement, qui sait ?) avec le monde. Quinze jours plus tard, il y a presque trente ans, Brassens le quittait, le monde. Et c&#8217;est sans doute idiot, mais, comme je me félicite de n&#8217;avoir jamais vécu sous la peine de mort, abolie 7 jours avant ma naissance, alors que je n&#8217;y suis pour rien et Badinter pour beaucoup, je regrette de n&#8217;avoir été contemporaine de tonton Georges que durant ces deux semaines, pendant lesquelles je n&#8217;avais certainement conscience de pas grand-chose, à part du lait maternel. C&#8217;est mon premier lien particulier avec notre sujet du jour.</p>
<p>Le deuxième, c&#8217;est mon enfance. Toute mon enfance a été bercée par la voix ronde de Georges Brassens. Par ces mots que je ne comprenais pas toujours. Par exemple, vous avez remarqué comme chaque article consacré au bonhomme utilise le mot <em>Camarde</em> pour parler de la mort, alors que jamais personne ne l&#8217;utilise quand il n&#8217;évoque pas Brassens. Il m&#8217;intriguait ce mot quand j&#8217;étais gamine. Je comprenais « Camargue ». Ben oui, au moins, « La Camargue, ne m&#8217;ayant jamais pardonné d&#8217;avoir semé des fleurs dans les trous de son nez, me poursuit d&#8217;un zèle imbécile », ça voulait à peu près dire quelque chose que je pouvais saisir. A peu près. Il faut préciser que j&#8217;ai été élevée par un fan inconditionnel de Brassens. Je ne sais d&#8217;ailleurs pas ce qu&#8217;il a ressenti à sa mort, un bébé de quinze jours dans les bras. Je l&#8217;ai vu dévasté le jour de la mort de Barbara. Je ne sais pas s&#8217;il était aussi fan de l&#8217;une que de l&#8217;autre. Je n&#8217;ose imaginer. Enfin tout ça pour dire que ma première approche de Brassens (que je ne me rappelle pas : d&#8217;autant que je me souvienne, Brassens a retenti dans la maison, les dimanches matin ensoleillés), n&#8217;a pas été celle de beaucoup : les chansons de Brassens que l&#8217;on peut décemment faire écouter aux enfants. Les « Cane de Jeanne » et autres « Sabots d&#8217;Hélène ». Et pour tout dire, ces chansons, je ne les aime pas. Elles ne sont pas mon Brassens. Celui qui plaît aux « culs bénis » comme il les aurait appelés, à ceux qui ne veulent pas voir sa provocation. (Parce que oui, encore aujourd&#8217;hui, Brassens peut choquer. Jetez une oreille à « La Fessée », « Mélanie », et même à « S&#8217;faire enculer », pour voir.) Mon Brassens se situe entre le poète et le provocateur. Je n&#8217;aime ni l&#8217;un ni l&#8217;autre de ces termes. Le poète écrivait des odes aux putes et aux gros culs. Le provocateur a écrit l&#8217;une des plus belles chansons à un amour perdu, que je chante invariablement tous les 22 septembre. C&#8217;est plus complexe que ça (« Gare au gorille », par exemple, est certes une farce paillarde, mais aussi et surtout, un plaidoyer contre la peine de mort qui ne vaut que pour sa dernière phrase), et le réduire à l&#8217;un ou à l&#8217;autre est un cliché.</p>
<p>Et des clichés, il n&#8217;en manque pas sur Brassens. Le plus répandu étant que sa musique importe peu, que le poumpoum de sa guitare n&#8217;est qu&#8217;un accompagnement, presque superflu, puisque seuls comptent les textes. Il suffit d&#8217;essayer de chanter, juste, ses mélodies et de prêter une oreille attentive à la contrebasse de Pierre Nicolas pour voir la complexité de sa musique. Et d&#8217;écouter en boucle les adaptations de Moustache dans le sublime et réjouissant « Brassens en jazz ». (Oui, oui. Brassens. En musique. Sans les textes. Un bonheur.) Malheureusement, je n&#8217;ai jamais réussi à convaincre les réfractaires avec ces arguments. Parce qu&#8217;avoir 30 ans et aimer Brassens n&#8217;est pas toujours facile à assumer. En dehors de la musique, jugée barbante et sans intérêt, il y a les textes qui, paradoxalement, restent méconnus. Oui, oui. Un mec dont on ne vante que les textes, mais que les jeunes générations continuent d&#8217;ignorer. Parce qu&#8217;à leur 10 ans, une prof de musique s&#8217;est mise à chanter d&#8217;une voix fluette « Pauvre Martin » avant de le massacrer à la flûte, peut-être. En fait, en dehors des gens qui ont eu la chance de vivre en même temps que lui, les seuls fans du monsieur ont été élevés par ces mêmes gens. Brassens, ça se transmet. Ca se partage. Enfin peut-être. Bref, du coup, on taxe Brassens de misogynie alors qu&#8217;il n&#8217;a fait que célébrer les femmes. On parle de pornographie quand j&#8217;y vois de la grâce. Il serait anarchiste, politique, engagé. Je ne sais pas. J&#8217;ai lu ou entendu je ne sais plus où que lorsque le public acclamait son « Mort aux vaches, vive l&#8217;anarchie ! », il marmonnait dans sa moustache « Les cons, ils ne savent pas ce que c&#8217;est&#8230; » J&#8217;avoue. Je crois que je ne sais pas ce que c&#8217;est, l&#8217;anarchie. En tout cas, pas si Brassens l&#8217;était. Pourquoi l&#8217;aurait-il été ? Parce qu&#8217;il n&#8217;a jamais voté ? Il me semble plutôt qu&#8217;il se méfiait de la chose politique, collective et militante, et de toute forme d&#8217;engagement. Du « pluriel ne vaut rien à l&#8217;homme et sitôt que l&#8217;on est plus de quatre, on est une bande de cons » à la « Non-demande au mariage », en passant par le rebattu « Mourir pour des idées ». Est-ce que c&#8217;est ça l&#8217;anarchie ?</p>
<p><a href="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/03/sfar-brassens.jpg" rel="shadowbox[sbpost-719];player=img;"><img class="alignright size-medium wp-image-729" title="Sfar dessine Brassens" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/03/sfar-brassens-300x287.jpg" alt="Sfar dessine Brassens" width="300" height="287" /></a> J&#8217;ai entendu Joann Sfar dire qu&#8217;il avait voulu recréer la mythologie de Brassens. Enfin quelque chose comme ça. Peut-être, finalement, que je retrouverai mon Brassens dans celui de Sfar. Je n&#8217;ai pas forcément le même Gainsbourg que lui, mais j&#8217;ai apprécié qu&#8217;il en livre sa version personnelle. Que penserais-je de son Brassens&#8230; Ca m&#8217;inquiète et m&#8217;intrigue en même temps. Ce côté mythologique, il faut dire que pour le coup, ça me parle un peu. Parce que je n&#8217;y connais rien à la mythologie grecque et que les textes que je passe mon temps à redécouvrir, après l&#8217;incompréhension enfantine et le rejet adolescent (enfin, faible, le rejet. Un affranchissement plutôt. Histoire d&#8217;avoir mon Brassens plutôt que celui de mon père. Un échec, parce que finalement, je crois que c&#8217;est le même.) en sont plein. Et aussi parce que sa langue m&#8217;est à la fois étrangère et familière. Elle vient d&#8217;un autre temps, un temps dont je ne sais pas s&#8217;il a vraiment existé. Un temps où les curés font la loi et où les cocus sont légion. Un temps où apercevoir un bout de sein est un moment suffisamment rare pour qu&#8217;il soit gracieux. Pour moi, Brassens, dont j&#8217;ai à peine partagé l&#8217;époque, vivait dans un monde fictif, sans aucune prise avec la réalité, si ce n&#8217;est celle de l&#8217;émotion et des sentiments qu&#8217;il pouvait provoquer. Ceux-là sont intemporels, et je ne m&#8217;explique pas que l&#8217;on y soit insensible, sous prétexte que l&#8217;on trouve l&#8217;ensemble vieillot. Je ne sais pas, gueuler sur les flics, reconnaître que les femmes sont sensuelles et sexuelles, être un homme et reconnaître se faire tout p&#8217;tit devant sa Püppchen, moi je trouve ça plutôt moderne et touchant.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/georges-brassens-cite-musique/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le way de Jean-Michel Othoniel</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/my-way-jean-michel-othoniel/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/my-way-jean-michel-othoniel/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 02 Apr 2011 10:30:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amalia Casado</dc:creator>
				<category><![CDATA[Expositions]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://localhost:8888/wordpress/?p=532</guid>
		<description><![CDATA[« Un jardin aux sentiers qui bifurquent » G.L Borges Après le coup de génie de Claude François (je ne pensais pas écrire cela un jour), repris par Frank Sinatra,...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4>« Un jardin aux sentiers qui bifurquent »<br />
G.L Borges</h4>
<p><a href="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/03/othoniel.jpg" rel="shadowbox[sbpost-532];player=img;"><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/03/othoniel-300x200.jpg" alt="Ricochet, 2008" title="Ricochet, 2008" width="300" height="200" class="alignleft size-medium wp-image-677" /></a>Après le coup de génie de Claude François (je ne pensais pas écrire cela un jour), repris par Frank Sinatra, crooner mafieux, dans un testament populaire qui touche du doigt l&#8217;universel, une nouvelle version de &#8220;My Way&#8221; prend place à Beaubourg. Plastique cette fois. L&#8217;institution accueille ce printemps la rétrospective « synthétique » de l&#8217;artiste plasticien français contemporain Jean-Michel Othoniel. Synthétique, pourquoi ? Parce que sa carrière est en plein développement vu que pour une fois, le Centre national d&#8217;art contemporain consacre une exposition à un artiste de moins de 80 ans. Individualisme assumé, vie d&#8217;aventure, beauté mélancolique du quotidien&#8230; il y en a aussi dans ce &#8220;My Way&#8221; feat Othoniel. Mais ici, le titre est à prendre surtout au pied de la lettre. L&#8217;ensemble inédit de 80 oeuvres retrace le chemin, voire le cheminement, d&#8217;un artiste solitaire et singulier. </p>
<p>Jean-Michel Othoniel, né en 1964 à Saint-Etienne, fait ses études à Cergy dont il est diplômé de l&#8217;Ecole nationale supérieure d&#8217;arts en 1988 avant d&#8217;être pensionnaire de la Villa Médicis à Rome en 1996. Artiste nomade, il aime parcourir le monde à la recherche de nouvelles techniques. C&#8217;est dans l&#8217;Italie des années 1990 qu&#8217;une vulcanologue lui fait découvrir l&#8217;obsidienne. Le mythe raconte qu&#8217;une fois poli, ce verre noir est le miroir de l&#8217;âme. Cette rencontre marque un tournant décisif de sa carrière. Auprès d&#8217;ingénieurs du Centre international de recherches sur le verre (CIRVA), il apprend à créer artificiellement ce matériau de prédilection. </p>
<p>D&#8217;abord utilisé pour réaliser des sortes de figures abstraites, mi-végétales mi-créatures marines (à vrai dire, qui ressemblent surtout à des préservatifs) de toutes les couleurs, le verre entraîne Othoniel dans l&#8217;univers du conte. Ses oeuvres deviennent féeriques puis monumentales. La douleur annoncée par des titres tels que <em>Lágrimas</em> ou <em>Bateau de larmes</em>, (il donne à un bateau de boat people acheté à Miami un mât digne des meilleurs contes de fées) est étonnamment transfigurée par la douceur du merveilleux. L&#8217;oeil est bercé aux couleurs et aux contours d&#8217;un monde imaginaire immémorial, empruntant son répertoire iconographique à l&#8217;enfance, aux récits chevaleresques, fantastiques, mythologiques. « Entre légèreté et féerie, Jean-Michel Othoniel crée un monde dans lequel le temps est arrêté », dira la commissaire de l&#8217;exposition Catherine Grenier. </p>
<p>L&#8217;exposition a le mérite de présenter les dernières oeuvres de l&#8217;artiste aujourd&#8217;hui bien connu pour sa version relookée de la station de métro Louvre-Rivoli, au regard de ses premiers travaux. Dans les années 1980, ses thématiques structurantes : la blessure, le souvenir, l&#8217;échec, l&#8217;importance de la lumière se jouaient avec de fragiles objets, papillons, allumettes, feuilles d&#8217;arbre, coquillages. Autant de fétiches inscrits dans la cire et le soufre, élément central utilisé parce qu&#8217;il ressemblait au mot souffrance. Le corps était démembré, monstrueux, réduit à des dizaines de tétons (<em>Post-Tits</em>) au regard scrutateur. Jean-Michel Othoniel a fondé son oeuvre sur un événement dramatique &#8211; tenu secret &#8211; dont une mystérieuse tenue blanche (<em>Autoportrait en robe de prêtre</em>) garde le souvenir à l&#8217;entrée de l&#8217;exposition. Genèse effrayante, donc, pour une oeuvre qui se déploie aujourd&#8217;hui dans des sculptures de perles gigantesques suspendues comme des colliers d&#8217;ogresse. Entre mathématique et poésie, l&#8217;art d&#8217;Othoniel prend de l&#8217;ampleur en évoluant vers l&#8217;abstrait et une rigueur minimaliste. &#8220;My way&#8221;, c&#8217;est l&#8217;histoire pas banale d&#8217;un homme de 46 ans qui réagit au réel en regardant du côté des fées. </p>
<p>Pour le plaisir :</p>
<blockquote><p>Regrets, I had a few,<br />
but then again,<br />
too few to mention.<br />
I did, what I had to do<br />
…<br />
I did it my way. </p></blockquote>
<p>My Way<em>, rétrospective consacrée à Jean-Michel Othoniel, du 2 mars au 23 mai 2011 au Centre Pompidou, galerie des Arts graphiques.</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/my-way-jean-michel-othoniel/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>William Kentridge au Laboratoire</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/william-kentridge-laboratoire-negation-temps/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/william-kentridge-laboratoire-negation-temps/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 31 Mar 2011 23:28:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Expositions]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique du Sud]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[le laboratoire]]></category>
		<category><![CDATA[William Kentridge]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=1323</guid>
		<description><![CDATA[12e expérience tenue en ce singulier espace : la rencontre entre l'artiste sud-africain William Kentridge et le scientifique américain Peter Galison autour de la question : qu’est-ce que le temps ?...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4>Le Méridien de Kentridge</h4>
<div id="attachment_1324" class="wp-caption alignleft" style="width: 210px"><img class="size-full wp-image-1324" title="Dessin de William Kentridge" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/04/kentridge-temps-laboratoire.jpg" alt="Dessin de William Kentridge" width="200" height="300" /><p class="wp-caption-text">© John Hodgkiss</p></div>
<p>Il se passe des choses bien étranges au 4 de la rue du Bouloi dans le 1er arrondissement. Au Laboratoire, il est question de réconcilier l’art et la science. Créer l&#8217;<em>Artscience</em>. Mais aussi de s&#8217;intéresser davantage au processus de création qu&#8217;à l&#8217;oeuvre devenue éphémère à l&#8217;heure du &#8220;monde post-Google&#8221;. Dans ce lieu privilégié, &#8220;le public est donc invité à s&#8217;approprier l&#8217;ensemble du processus qui conduit à la naissance d&#8217;une œuvre, d&#8217;un objet, d&#8217;un concept&#8221;.</p>
<p>12e expérience tenue en ce singulier espace : la rencontre entre l&#8217;artiste sud-africain William Kentridge (auquel le Jeu de Paume consacrait une grande rétrospective l’année dernière) et le scientifique américain Peter Galison. Qu’est-ce que le temps ? Comment le mesurer ? Peut-on le nier ? Quand a-t-on commencé à mettre nos pendules à l’heure ? se demandent-ils en chœur.</p>
<p>Etudier la simultanéité du temps en tant que processus créatif. Voilà un sujet philosophico-métaphysique qui sied à Sieur Kentridge dont la démarche cherche perpétuellement les traces du monde. Repasse, gomme, estompe. Dans ses dessins, ses animations, ses installations&#8230; Kentridge travaille autour du truchement, des strates, selon le principe d’effacement et d’ajout. Il superpose le jeu d’acteurs à des images projetées en fond d’écran, tandis que défilent des machines incroyables. Perpétuellement il brouille les repères. Impossible de discerner la réalité, l’image, l’ombre.</p>
<p>Dans cette exposition qui n&#8217;en est pas vraiment une, pareil à un Méliès qui truquait ses films avec trois bouts de ficelle et beaucoup d&#8217;ingéniosité, Kentridge magicien s’invente scientifique proférant des vérités devant un cahier qui se noircit de dessins, de notes et de métamorphoses. Il explore le temps sous toutes ses coutures : scientifique, philosophique, métaphysique. ll le tord, le ralentit, accélère. Refuse sa linéarité.</p>
<p>&#8220;Tout ça pour quoi ?&#8221; pourrait-on dire. Tout ça parce que le laboratoire nous invite à découvrir ce qui se passe dans les synapses tordues de ces artistes un peu fous. Photos du travail en équipe, objets fabriqués par Kentridge, dessins préparatoires au fusain, film qui revient sur trois visions du temps &#8211; Newton, Einstein, trou noir&#8230; Horloges  empruntés aux arts et métiers&#8230; Ce qui nous est montré ici, ce sont les coulisses d’un processus de création. Kentridge présentera le fruit de ses recherches à l&#8217;exposition d&#8217;art contemporain documenta de Cassel en 2012. « J’imagine pour l’instant quelque chose qui se situerait entre la performance et l’installation, entre l’opéra et la conférence. »</p>
<p>Une expérience sensorielle à vous donner le vertige, de celui que l’on ressent quand on se met à réfléchir à ce que sont l’infini et le néant.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/william-kentridge-laboratoire-negation-temps/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>General Idea au musée d&#8217;Art moderne de Paris</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/general-idea/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/general-idea/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 29 Mar 2011 13:02:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amalia Casado</dc:creator>
				<category><![CDATA[Expositions]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.grand-ecart.fr/?p=1193</guid>
		<description><![CDATA[Impossible de rater l'affiche dans le métro ! Trois hommes, selon toute apparence déguisés en caniches, portent leur regard cerné de noir dans des directions qu'eux seuls voient. Perplexité. Me voici...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4>Caniches excentriques</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/03/general-idea-affiche.jpg" alt="L&#039;affiche de General Idea" title="L&#039;affiche de General Idea" width="256" height="300" class="alignleft size-full wp-image-1201" /> Impossible de rater l&#8217;affiche dans le métro ! Trois hommes, selon toute apparence déguisés en caniches, portent leur regard cerné de noir dans des directions qu&#8217;eux seuls voient. Perplexité. Curiosité. Me voici devant les portes du musée d&#8217;Art moderne de Paris. </p>
<p>La rétrospective du collectif General Idea, la première mondiale d&#8217;une telle ampleur, a lieu 17 ans après la mort, en 1994, de deux membres du trio d&#8217;artistes plasticiens canadiens, Felix Partz et Jorge Zontal. Le troisième, AA Bronson, a depuis cessé de créer. Une mort diffuse dans cette exposition aux allures d&#8217;hommage et de deuil, via le thème récurrent du sida décliné, dénoncé, détourné, martelé. D&#8217;entrée de jeu, à l&#8217;extérieur du bâtiment, une statue monumentale reprend le célèbre logo LOVE créé en 1964 par Robert Indiana, artiste américain associé au pop art. L&#8217;icône est réappropriée avec les lettres AIDS, du nom de cette nouvelle maladie assassine qui aura ravagé les années 1980. Même placée sous le signe de cette mort médicamentée, l&#8217;exposition n&#8217;en demeure pas moins vive, aussi bien sur le plan des couleurs que des idées, pleines d&#8217;humour et d&#8217;inventivité. A vrai dire, s&#8217;il ne fallait choisir qu&#8217;un mot&#8230; Excentrique. </p>
<p>Le projet s&#8217;articule autour de la création d&#8217;un pavillon destiné à leur muse, miss General Idea (l&#8217;idée était de trouver le nom le plus vague qui soit). Parce que la réalité est décevante, ils décident de créer une fiction qui, en devenant réalité, rendra le monde meilleur&#8230; Leur univers est bâti de signes, d&#8217;un alphabet personnel qui se décline tout au long des vingt-cinq ans de création. Le visiteur est accueilli par une ribambelle de blasons accrochés à l&#8217;entrée de l&#8217;exposition qui les présentent. Parmi eux : le caniche, métaphore de l&#8217;artiste glamour et starisé (intuition de ce qu&#8217;allait devenir le monde de l&#8217;art). Identification. La main de l&#8217;esprit, souvent représentée par une chaussure à talon aiguille, synonyme d&#8217;inspiration. Le plateau, palette du peintre surmontée de verres à cocktails renvoie à un sens figuré (idée, inspiration) et propre (mélange, médicaments, potions, drogues, alcool). On trouve beaucoup la forme du ziggurat, modèle de pyramide mésopotamienne qui renvoie à l&#8217;idée de construction et donc à l&#8217;oeuvre elle-même, tout entière dédiée à la construction d&#8217;un pavillon pour miss General Idea&#8230; Vous suivez, n&#8217;est-ce pas ? Construction qui repose sur la déconstruction d&#8217;icônes vues comme les piliers creux d&#8217;une société propagandiste. </p>
<p>Entre détournements d&#8217;images, notamment publicitaires (<em>Nazi Milk</em>, 1979-1990), recomposition de l&#8217;univers marchand (création d&#8217;une boutique d&#8217;objets dérivés au sein même de l&#8217;exposition, destinée au musée du pavillon de miss General Idea) et réappropriations iconographiques des marques (un magnifique détail du logo Marlboro, repris en nouilles invite à nous pencher sur l&#8217;idée que même si la marque n&#8217;est pas écrite, nous la reconnaissons instantanément, ce qui montre à quel point les marques structurent notre imaginaire (bon, la technique « à la nouille » parle d&#8217;elle-même), et l&#8217;exposition retrace l&#8217;épopée de la construction du pavillon en jouant essentiellement sur la remise en cause des standards. Un projet suffisamment fou pour être complètement plébiscité par ma petite personne et qui naît de l&#8217;intuition avant-gardiste que les images, comme les virus, circulent à visage caché. Ce qui me fait penser à cette phrase clairvoyante : « Les choses ne disent pas leur nom d&#8217;elles-mêmes et il faut à chaque fois les rebaptiser pour les décrire. Si les choses veulent dire quelque chose, elles ne disent pas la chose qu&#8217;elles sont », nous dit clairement Jean Clair.</p>
<p>&nbsp;<br />
General Idea<em>, au musée d&#8217;Art moderne de la ville de Paris du 11 février au 30 avril 2011.</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/general-idea/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Miss Tic : une femme, des lettres</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/miss-tic-portrait/</link>
		<comments>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/miss-tic-portrait/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 07 Mar 2011 10:50:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amalia Casado</dc:creator>
				<category><![CDATA[Expositions]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[Miss Tic]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://localhost:8888/wordpress/?p=599</guid>
		<description><![CDATA[Cheveux d’encre et corps brûlants. Les mots s’accrochent à ses regards, armes et baisers à la fois. Miss Tic a inscrit sa patte dans la ville. Les passants attentifs pourront la voir sortir ses griffes ou faire...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/03/miss-tic.jpg" rel="shadowbox[sbpost-599];player=img;"><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/03/miss-tic-300x200.jpg" alt="Miss Tic" title="Miss Tic" width="300" height="200" class="alignleft size-medium wp-image-600" /></a> Cheveux d’encre et corps brûlants. Les mots s’accrochent à ses regards, armes et baisers à la fois. Miss Tic a inscrit sa patte dans la ville. Les passants attentifs pourront la voir sortir ses griffes ou faire le dos rond au détour des murs. Sa marque a des allures de signature. Des pochoirs corrosifs, autoportraits incisifs, sans complaisance, pris à vif. Dans son jeu avec les mots, elle va à l’essentiel. Sa poésie ne raconte pas, elle capte là où ça fait mal pour mieux en sourire. Parce que c’est la vie, ça va passer. </p>
<p>Associée aux mouvements d’arts urbains dès le milieu des années 1980, Miss Tic en est aujourd’hui une figure emblématique. Artiste populaire, elle donne à voir à ceux qui n’auraient pas l’idée de pousser la porte d’une galerie. « J’aime ces interventions qui s’adressent au grand public. »  Elle participe au pétillement d’une ville qui flirte avec le mouvement et se nourrit d’éphémère. Mais si elle a investi la rue pour des raisons éthiques, Miss Tic a toujours exposé dans des galeries. Chez Agnès B pour commencer. « Je ne veux pas qu&#8217;on m&#8217;enferme dehors! », plaide l&#8217;artiste attachée à ces tensions qui structurent son œuvre : l’intime et le public, l’intérieur et l’extérieur. </p>
<p>Depuis quelques années seulement le street art a un nom. Mouvement artistique nouvellement académique, il a eu le temps d’arriver à maturation et s’invite désormais régulièrement dans les plus grands musées du monde.</p>
<p><strong>A la vie à l&#8217;amor</strong></p>
<p>Si son exposition <em>A la vie a l’amor</em> vient de s&#8217;achever à la galerie W, lui succèdent des projets variés. Dans cette toute dernière exposition, elle présentait une trentaine d’œuvres inédites faites à partir de morceaux de palissade, pochoirs sur tôles, sur toile, affiches lacérées. Ce projet avant tout littéraire s’accompagne d’une publication dédiée. Dans des textes très beaux, Miss Tic se dit, entre le cri et le silence, toujours avec humour et cet amour inébranlable de la vie, des mots, des hommes et surtout, des chats.</p>
<p><strong>Des super-salopes</strong></p>
<p>Le 8 mars, à l&#8217;occasion de la Journée de la femme, la Poste lance un carnet de timbres de collection d&#8217;après 12 de ses oeuvres. « Je vous déconseille de choisir ces timbres pour payer vos factures ! », plaisante l&#8217;artiste. Amusant pour une femme de lettres de figurer sur des timbres. « Ca me plaît de penser que ces timbres vont voyager, que mes phrases seront choisies en fonction d&#8217;un message, d&#8217;un destinataire. La Journée de la femme, c&#8217;était surtout un prétexte. Je voulais faire ces timbres. » Ce qu&#8217;elle pense de la Journée de la femme ?&#8230; « Pathétique ! C&#8217;est pervers de célébrer la femme quand la plupart du temps on l&#8217;exploite. Il y a une journée pour les arbres, le cancer, l&#8217;eau, c&#8217;est dérisoire. » Miss Tic n&#8217;aime pas le militantisme sexiste. « Je pense qu&#8217;on est à 50 % responsables de ce qui nous arrive ! On n&#8217;est pas que des victimes, on est aussi des super-salopes. Statistiquement, on est moins chefs d&#8217;entreprises, moins bien payées. C&#8217;est vrai. Mais à nous de ne pas nous laisser faire. L&#8217;inégalité entre les sexes est surtout un problème d&#8217;éducation. Aux femmes d&#8217;élever différemment leur garçon ! Moi je voudrais qu&#8217;on me rende hommage tous les jours. » </p>
<p><strong>L&#8217;art est cérébral</strong></p>
<p>A cette idée que la création artistique puisse être comparée à l&#8217;enfantement, elle répond : « Aucun parallèle. Quand je crée, je ne me reproduis pas. Faire un enfant, c&#8217;est avant tout un coup de chaud. La création c&#8217;est cérébral. L&#8217;oeuvre d&#8217;art existe à partir du moment où elle a été pensée. Les crocodiles se reproduisent. Il ne créent pas. Tout art, y compris la musique, la danse, a pour matière première de la matière grise. » </p>
<p><strong>Femmes de lettres et autres timbres</strong></p>
<p>Les pochoirs dont sont tirés les timbres sont exposés dans le 8e arrondissement ainsi qu&#8217;une série de portraits dédiés aux femmes « de l&#8217;être » dont Françoise Sagan, Marguerite Duras, Simone de Beauvoir, Amélie Nothomb, Virginia Woolf. Les prochains rendez-vous auront lieu à la galerie Fanny Guillon-Laffaille (8e), au Carré d’encre (9e), à Saint-Brieuc (Bretagne) du 9 juin au 15 juillet, à l&#8217;Institut de France de Berlin de juin à septembre et dans tous les bureaux de poste à partir du 8 mars !</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.grand-ecart.fr/sorties-culturelles/expositions/miss-tic-portrait/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
