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	<title>Grand Écart &#187; Festival de Cannes 2011</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Bovines, d&#8217;Emmanuel Gras</title>
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		<pubDate>Tue, 12 Feb 2013 13:37:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amalia Casado</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2011]]></category>
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		<description><![CDATA[Si vous ne l'avez pas encore vu, ça tombe bien : <em>Bovines</em> sort en DVD ce 5 février 2013. L'occasion de découvrir la vraie vie des vaches, beaucoup moins monotone qu'il n'y paraît...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/05/vache-sac.jpg" alt="Une vache reniflant un sac plastique dans Bovines" title="Une vache reniflant un sac plastique dans Bovines" width="300" height="169" class="alignleft size-full wp-image-2433" /><em>Bovines</em> est un film magnifique. Les vaches mènent la danse. Majestueuses, sensibles, volontaires, maternelles, mécontentes, blessées, prisonnières, résignées. La vie d&#8217;une vache est riche d&#8217;événements infimes : un orage duquel il faut se protéger, un sac plastique courant dans l&#8217;herbe&#8230; L&#8217;approcher, se méfier. </p>
<p>Emmanuel Gras filme le temps, la manière dont il modifie imperceptiblement le déroulement de la vie et du visible. Sa caméra se fige. <strong>Petit à petit, par une contemplation patiente et sereine, l&#8217;image se plie, s&#8217;échappe du réel pour se contracter en une forme abstraite et plastique.</strong> Le vivant devient contour. La toile d&#8217;araignée, une fragilité cosmique. Les premières gouttes d&#8217;un orage animent une flaque d&#8217;eau, troublent et rident le reflet du soleil par des cercles concentriques qui jaillissent, se fondent, s&#8217;affolent puis s&#8217;acceptent. Ces images construites donnent un relief très beau au bocage normand, cœur de la scène. Un nuage devient une forme obscure quand il passe devant la lune. Pour seule musique, insectes et oiseaux rendent hommage au soleil et, bien entendu, les protagonistes de taille n&#8217;ont pas la langue dans leur poche. <span id="more-2430"></span></p>
<p><strong>Jamais je n&#8217;avais réellement regardé de vache.</strong> Regarder de cette manière si précise que la chose devient tout à coup étrange, comme disséquée. La vache, son regard intransigeant quand elle broute l&#8217;herbe, son air résigné quand elle attend que la pluie passe, sa nonchalance à mettre bas &#8211; c&#8217;est soudain le choc du veau s&#8217;affalant sur le sol qui nous apprend de quoi il retournait&#8230; Par des gros plans sur la bête – car ce sont des monstres, pacifiques et étonnants &#8211; Emmanuel Gras livre un portrait de caractère. </p>
<p>L&#8217;histoire. Tout semblait commencer dans le meilleur des mondes. Un troupeau blanc mène une vie de vache : brouter, ruminer, naître, se lécher les uns les autres. <strong>Dans ce paisible bocage, l&#8217;homme est un étranger. Quand il apparaît, l&#8217;étrangeté est manifeste.</strong> Tracteur, anorak et « Allez » répétés le rendent&#8230; presque abstrait. Puis quelques scènes chargent une tension dramatique manifeste. Une camionnette arrive, immatriculée 14. L&#8217;inscription « viande charolaise » au dos. Certains membres du troupeau ne reviendront plus. Et les autres ne peuvent s&#8217;arrêter de hurler. Pourtant les pissenlits recommenceront de frémir sous la caresse du vent. </p>
<p>Avec simplicité, Emmanuel Gras signe un film profondément calme. Entre le land art et le pamphlet végétarien, les angles choisis apportent une charge émotionnelle et narrative insoupçonnée&#8230; à cette vie normande vue sous l’œil de bœuf.<br />
&nbsp;</p>
<h3>Les bonus du DVD <em>Bovines</em></h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/05/bovines-emmanuel-gras-vache.jpg" title="Bovines, d&#039;Emmanuel Gras" alt="Bovines, d&#039;Emmanuel Gras" width="280" height="138" class="alignleft size-full wp-image-11495" />1h01 de <em>Bovines</em> soulève plusieurs questions : qu&#8217;est-ce qui est bien passé par la tête d&#8217;Emmanuel Gras pour avoir l&#8217;idée de ce film ? Et d&#8217;ailleurs, qui est Emmanuel Gras ? Y aura-t-il une suite ? Parce qu&#8217;il faut bien avouer qu&#8217;on n&#8217;aurait pas rechigné à voir quelques dizaines de minutes supplémentaires de la vraie vie des vaches&#8230; Ca tombe bien, les suppléments du DVD de <em>Bovines</em> offrent, outre des <em>repérages</em>, sorte de travail préparatoire au long-métrage, une belle poignée de scènes additionnelles, notamment croquant le musculeux et fascinant taureau. De quoi prolonger l&#8217;expérience <em>Bovines</em> encore un moment.<br />
Tout le monde se demande évidemment comment Emmanuel Gras a eu l&#8217;idée de consacrer un film entier à nos amies les vaches, et comment le film a pris forme. On trouve en supplément un très intéressant entretien avec le réalisateur, où il explique notamment sa manière de procéder, comment le ton du film a peu à peu changé et ce qu&#8217;il voulait précisément saisir de la représentation des vaches. Une rencontre à regarder absolument pour éclairer encore cette œuvre étrange&#8230;<br />
Enfin, parce qu&#8217;on est en droit de se demander qui est Emmanuel Gras, les bonus nous gratifient de son court-métrage <em>Tweety Lovely Superstar</em>, réalisé en 2005 et récompensé à plusieurs reprises. Le metteur en scène y remplace les champs par des immeubles et les vaches par des hommes, mais sinon, on y découvre déjà son regard passionné et respectueux.</p>
<p>&nbsp;<br />
Bovines<em>, d&#8217;Emmanuel Gras. France, 2011. Programmation Acid Cannes 2011. Sortie le 22 février 2012. Sortie en DVD le 5 février 2013.</em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/uqzrf/zone/2/autoplay/no/"></script></center></p>
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		<title>The Artist, de Michel Hazanavicius</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Jan 2012 17:43:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2011]]></category>
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		<category><![CDATA[comédie dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Hazanavicius]]></category>

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		<description><![CDATA[<em>The Artist</em>, c’est l’histoire de George Valentin (Jean Dujardin), vedette du cinéma muet qui se heurte à l’arrivée du parlant. Comme beaucoup des vedettes de l’époque, incapables de devenir...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/05/affiche-artist-hazanavicius.jpg" alt="Affiche de The Artist, de Michel Hazanavicius" title="Affiche de The Artist, de Michel Hazanavicius" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-2878" /><em>The Artist</em>, c’est l’histoire de George Valentin (Jean Dujardin), vedette du cinéma muet qui se heurte à l’arrivée du parlant. Comme beaucoup des vedettes de l’époque, incapables de devenir les stars du parlant, il va sombrer dans l’oubli. Documentaire sur l’époque ? Hommage aux débuts du cinéma ? Surtout un film frais et audacieux : en pleine ère du tout-3D, un film muet en noir et blanc aurait pu ne jamais voir le jour. Mais <em>The Artist</em> fait preuve de tellement de qualités qu’il devrait ravir tout le monde – y compris un public <em>a priori</em> réfractaire au cinéma muet. Aux ressorts comiques, Michel Hazanavicius ajoute des trouvailles brillantes, autant d’ordre technique – les mouvements de caméra à la façon du cinéma du début du XXe siècle – que scénaristique – notamment la cauchemardesque séquence de l’arrivée du parlant, magistrale. Dans la série des <em>OSS</em>, Hazanavicius montrait déjà un talent certain et une envie de se démarquer du seul genre comique, d’aller plus loin avec le même Jean Dujardin. Avec <em>The Artist</em>, c’est une déclaration d’amour au cinéma, le réalisateur rivalisant d’ingéniosité pour trouver des intertitres hilarants qui balisent l’histoire, projetant parallèlement le spectateur dans le fascinant Hollywood des années 1920 (qui s’appelait encore Hollywoodland).<span id="more-2869"></span> </p>
<p>Si les multiples références du film ont des qualités comiques indéniables, elles sont aussi une contrainte pour Hazanavicius : en amoureux du cinéma, il est hors de question qu’il prenne trop de libertés avec celui-ci. Ainsi, George Valentin semble être le témoin de l’histoire du cinéma, se moquant de l’arrivée du parlant, chose risible tant les répliques rendent alors les images obsolètes, connaissant l’oubli et la dépression au moment où le parlant commence à réellement prendre son sens (en 1931 sort <em>M le maudit</em>, premier parlant de Fritz Lang et l’un des films fondateurs de cette nouvelle ère). Et puis, survient une seconde chance, un succès alternatif comme celui que connut l’héroïne de <em>Chantons sous la pluie</em>. <em>The Artist</em> n’est pas un simple exercice de style, c’est une franche réussite qui pourrait bien, sait-on jamais, faire des émules et réhabiliter quelques chefs-d’œuvre vieux de presque un siècle.</p>
<p>The Artist<em> de Michel Hazanavicius, avec Jean Dujardin, Bérénice Bejo, John Goodman, James Cromwell, Malcolm McDowell. France, 2011. Sortie le 12 octobre 2011. Prix d&#8217;interprétation masculine au Festival de Cannes 2011 pour Jean Dujardin.</em></p>
<p><iframe width="620" height="349" src="https://www.youtube.com/embed/XvifS2QOun4?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
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		<title>Le Havre, d’Aki Kaurismaki</title>
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		<pubDate>Tue, 20 Dec 2011 20:30:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JNB</dc:creator>
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		<description><![CDATA["- Comment tu t’appelles ? - Idrissa, monsieur. - Quo vadis, Idrissa ? - Hein ? - Où vas-tu, Idrissa ?" Ce type d’humour impérissable et doucement vieillot parsème <em>Le Havre</em>. Les répliques de...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="/cinema/le-havre-aki-kaurismaki/"><img class="alignleft size-full wp-image-2900" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/05/affiche-havre-kaurismaki.jpg" alt="Le Havre, de Aki Kaurismaki" width="198" height="280" /></a><em>- Comment tu t’appelles ?<br />
- Idrissa, monsieur.<br />
- </em>Quo vadis<em>, Idrissa ?<br />
- Hein ?<br />
- Où vas-tu, Idrissa ?</em></p>
<p>Ce type d’humour impérissable et doucement vieillot parsème <em>Le Havre</em>. Les répliques de Marcel (André Wilms), personnage riche déjà présent dans l’œuvre du cinéaste (il campait le même Marcel dans <em>La Vie de bohème</em>, à l&#8217;époque de son &#8220;succès artistique&#8221;), sont hors du temps, comme ce film qui oscille entre diverses époques. Années 1950 ? 1970 ? 2010 ? Qu’importe : dès que les lumières s’éteignent, le spectateur est plongé dans un univers impalpable où la tragédie côtoie la joie de vivre. Où l’amour est plus fort que tout. Thème récurrent dans le cinéma d’Aki Kaurismaki : l’amour, même chez les plus démunis, constitue un moteur capable de mobiliser les hommes autour d’une cause et de déplacer des montagnes. On pense à l’optimisme d’<em>Au loin s’en vont les nuages</em>, où tous les malheurs conditionnent la joie finale – celle du spectateur surtout, mis dans un état de grâce par ces grandioses instants de vie. C’est cela, <em>Le Havre</em> : un manifeste de solidarité, une histoire dramatique parce que parfaitement réelle, mais incarnée par des acteurs talentueux et un metteur en scène capable de rendre chatoyants la rue la plus sale, le bouge le plus infâme. <span id="more-2899"></span></p>
<p>Ce n’est pas un hasard si le film se passe au Havre. Lieu idéal pour parler de l’immigration et du centre de Sangatte, fermé sans plus de solutions par le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy en 2002, de la pauvreté croissante du prolétariat. « Les grandes choses exigent que l’on s’en taise, ou qu’on en parle avec grandeur : avec grandeur, c’est-à-dire avec cynisme et innocence. » La formule de Nietzsche, Kaurismaki la fait sienne. <em>Le Havre</em> aurait pu être une satire politique lourdingue à la traîne (sur le sujet, <em>Welcome</em> de Philippe Lioret réveillait déjà les consciences en 2009), ce n’est au contraire jamais naïf, jamais complaisant. Aussi parce que l’histoire d’amour entre le cinéaste et la France ne date pas d’hier, et qu’elle transpire à l’écran. Le choix des comédiens n’y est pas pour rien : André Wilms est exceptionnel d’humour distancié et de charisme, Jean-Pierre Darroussin en flic gentil malgré lui est parfait. Même les rôle secondaires sont remarquables, Pierre Etaix en tête. Quant à l’apparition de Jean-Pierre Léaud, elle est une dernière touche d’humour et d’ironie sensible du cinéaste : souvent comparé aux personnages de Léaud, Kaurismaki fait ici de son alter ego cinématographique un vil personnage. Haïssable voisin sans nom, voyeur caché derrière sa fenêtre, comme il existe d’ailleurs aussi dans <em>Welcome</em> et dans de grands faits historiques. Et c’est encore pour faire acte de résistance que l’utilise Aki Kaurismaki.</p>
<p>Le Havre<em>, d’Aki Kaurismaki, avec André Wilms, Kati Outinen, Jean-Pierre Darroussin, Pierre Etaix, Jean-Pierre Léaud&#8230; Finlande, France, 2011. Sortie le 21 décembre 2011. En compétition au Festival de Cannes 2011.</em></p>
<p><center><iframe frameborder="0" width="560" height="300" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xmu1n7?logo=0&#038;hideInfos=1"></iframe></center></p>
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		<title>17 filles, de Delphine et Muriel Coulin</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Dec 2011 07:20:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maid Marion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2011]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[adolescence]]></category>
		<category><![CDATA[comédie dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>

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		<description><![CDATA[Au milieu de tous ces films graves, et de tous ces enfants maltraités, <em>17 filles</em> propose un regard autre. Les deux soeurs Coulin prennent un fait divers américain – 17 filles...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>On n&#8217;est pas sérieux quand on a 17 ans</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/05/17-filles-coulin.jpg" alt="17 filles, de Delphine et Muriel Coulin" title="17 filles, de Delphine et Muriel Coulin" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-2799" />Au milieu de tous ces films graves, et de tous ces enfants maltraités, <em>17 filles</em> propose un regard autre. Les deux soeurs Coulin prennent un fait divers américain – 17 filles d&#8217;un même lycée décident de tomber enceintes en même temps – mais ne signent pas un film de fait divers classique, généralement glauque. Elles choisissent de prendre le point de vue de ces adolescentes, avec leur ton léger, frais et insouciant. Au-delà du fait en lui-même, elles dressent un portrait de l&#8217;adolescence et de ce désir impatient d&#8217;indépendance, de liberté et de responsabilité. L&#8217;envie irrépressible de devenir adulte, ici et maintenant. Avec naïveté, sans forcément en mesurer les conséquences.<span id="more-2781"></span> Elles se servent alors de la seule chose qui n&#8217;appartient qu&#8217;à elle, leur corps. Ce qui pose une question intéressante : cette revendication à disposer de leur corps est-elle une avancée ou bien la seule perspective de devenir mère pour donner une impulsion à sa vie est-elle un recul ? Bien heureusement, Delphine et Muriel Coulin ne répondent pas à cette question, laissant le monde des adultes perplexes. Elles préfèrent regarder cette bande de filles délurées rêver à un avenir radieux, jouir de la puissance que leur confèrent la grossesse et l&#8217;idée de maternité, sans pour autant occulter leur fragilité encore enfantine. Sans jamais forcer le trait, les deux réalisatrices exploitent un paysage urbain où l&#8217;avenir semble plutôt morose et abordent la question de la responsabilité de l&#8217;éducation entre les parents et l&#8217;école, chacun se renvoyant la balle. Accompagnées de leurs jeunes actrices, impeccables, les deux réalisatrices signent un film lumineux, joyeux, intelligent et complexe. Sans jugement et sans réponse toute faite, elles posent les bonnes questions, simplement.</p>
<p>17 filles<em>, de Muriel et Delphine Coulin, avec Louise Grinberg, Juliette Darche&#8230; France, 2010. Sélectionné à la Semaine de la critique 2011. Sortie le 14 décembre 2011.</em></p>
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		<title>Sleeping Beauty interdit aux moins de 16 ans ?</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/recadrages/sleeping-beauty-leigh-interdiction-censure/</link>
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		<pubDate>Tue, 08 Nov 2011 09:45:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2011]]></category>
		<category><![CDATA[Recadrages]]></category>
		<category><![CDATA[Australie]]></category>
		<category><![CDATA[censure]]></category>
		<category><![CDATA[polémique]]></category>
		<category><![CDATA[sexe]]></category>

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		<description><![CDATA[<em>Sleeping Beauty</em>, le film de Julia Leigh présenté en compétition à Cannes en 2011 et dont la sortie est prévue le 16 novembre, pourrait faire l'objet d'une interdiction pour les moins de 16 ans. Censure ?]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4>De la déculturation cinématographique comme politique intérieure de la Commission de classification des films&#8230;</h4>
<p>&nbsp;<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/11/sleeping-beauty-censure.jpg" alt="Sleeping Beauty censuré" title="Sleeping Beauty censuré" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-4485" /><em>Sleeping Beauty</em>, le film de l&#8217;Australienne Julia Leigh présenté en compétition dans le cadre du <a href="http://www.grand-ecart.fr/categorie/festival-cannes-2011/">Festival de Cannes 2011</a> et dont la sortie en France est prévue pour le 16 novembre prochain, pourrait faire l&#8217;objet d&#8217;une interdiction pour les moins de 16 ans. C&#8217;est en tout cas ce que préconiserait la Commission de classification des films. Alors, depuis trois jours, c&#8217;est le branle-bas de combat dans les services cinéma des rédactions web. Dans le contexte <em>Charlie Hebdo-Romeo Castellucci</em>, faut pas jouer avec la liberté d&#8217;expression. </p>
<p><em>Sleeping Beauty</em>, c&#8217;est l&#8217;histoire d&#8217;une jeune étudiante qui a besoin d&#8217;argent. Elle enchaîne les petits boulots. Suite à une petite annonce, elle intègre un étrange réseau de &#8220;beautés endormies&#8221; destinées à satisfaire les désirs et les plaisirs d&#8217;hommes âgés aux situations bien établies. Elle s&#8217;endort. Elle se réveille. Et c&#8217;est comme si rien ne s&#8217;était passé. <span id="more-4445"></span></p>
<p>La Commission de classification des films est chargée de visionner en amont tout film, français ou étranger, de court ou de long métrage, ainsi que toute bande-annonce, en vue d&#8217;une projection publique et d&#8217;émettre un avis auprès du ministre de la Culture sur une éventuelle restriction. Et &#8220;en raison de la peinture de personnages à la dérive dans des situations difficilement compréhensibles par un public jeune et susceptible de heurter ce dernier&#8221;, ladite Commission a donc recommandé pour <em>Sleeping Beauty</em> un &#8220;visa comportant interdiction de représentation aux moins de seize ans&#8221;. Selon elle, l&#8217;œuvre constituerait une &#8220;incitation à la prostitution&#8221; dans un climat &#8220;malsain et pervers&#8221;. Une plaisanterie !? Malheureusement non. Il est vrai que <em>Sleeping Beauty</em> déroule un univers singulier et certaines séquences pourraient paraître délicates, dérangeantes. Mais de là à parler de &#8220;choc&#8221; ! La prostitution y est abordée avec un sens critique évident. L&#8217;angle adopté est froid et distant. Julia Leigh accuse. L&#8217;acte sexuel est toujours implicite. Une façon pour la réalisatrice de mettre le spectateur à la place de son héroïne. Comme elle, on se réveille le lendemain, sans souvenirs. Et le film de nous interpeller davantage sur la condition de cette jeune fille, sur ce qui la pousse à prêter et sacrifier son corps pour gagner sa vie. On est loin de la bêtise et de la complaisance servies en permanence au cinéma comme à la télévision, et ce sans que cela ne motive la moindre réaction des autorités compétentes. Et on est bien sûr encore bien plus loin d&#8217;un <em>Caligula</em> (Tinto Brass, 1980) ou d&#8217;un <em>Romance</em> (Catherine Breillat, 1998) dans lesquels le caractère pornographique était évident. </p>
<p>La réalisatrice Julia Leigh se défend en rappelant que son film <em>&#8220;se réfère au conte du même nom, mais aussi aux œuvres de Yasunari Kawabata et Gabriel Garcia Marquez, qui ont tous deux reçus le prix Nobel de littérature, et qui ont abordé cette thématique des hommes âgés dormant avec des filles bien plus jeunes. Et même dans la Bible, le roi David cherche à passer la nuit aux côtés de jeunes vierges endormies.&#8221;</em></p>
<p>Quant à la distributrice Michèle Halberstadt (ARP Sélection), elle a aussitôt décidé de faire appel de cette décision, espérant que le ministre de la Culture saura se montrer clairvoyant ou demandera à la Commission de revoir son jugement. <em>&#8220;Le film est passé à Cannes à 19h30, ce qui prouve qu&#8217;il n&#8217;y avait aucune ambiguïté dans la tête des sélectionneurs, sinon ils l&#8217;auraient mis à 22h30&#8243;</em>, argue-t-elle. Bon, là, Michèle, pas sûr que vous ayez choisi la meilleure défense. Les projections du Festival de Cannes n&#8217;étant destinées qu&#8217;aux professionnels du cinéma, tous adultes avertis et consentants, les programmateurs n&#8217;ont pas à se soucier de la qualité de son auditoire. Le risque de traumatisme est évidemment peu probable. Une projection à 19h30 ne fait donc pas forcément de <em>Sleeping Beauty</em> un film &#8220;grand public&#8221;. Mettons ça sur le coup de la déception et de la crainte de voir le film &#8220;tué&#8221; avant même sa sortie. Mais là encore, force est de reconnaître que la Commission de classification des films n&#8217;est pas un distributeur et son rôle n&#8217;est pas de s&#8217;assurer du succès d&#8217;une œuvre. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/11/eyes-wide-shut.jpg" alt="Nicole Kidman dans Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick" title="Nicole Kidman dans Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick" width="259" height="270" class="alignright size-full wp-image-4450" />Pour autant, sa position (qui n&#8217;est, rappelons-le, que consultative, la décision finale revenant au ministre de la Culture) reste injustifiée et surtout totalement incohérente. Si <em>Sleeping Beauty</em> doit être interdit aux moins de 16 ans, pourquoi <em>Eyes Wide Shut</em> (1998) a-t-il été classifié &#8220;tous publics&#8221; ? L&#8217;érotisme y était pourtant bien plus explicite. C&#8217;était en 1998, me direz-vous. Les temps changent… mouais. Ok. Alors plus récemment, en 2009, <em>A l&#8217;aventure</em> de Jean-Claude Brisseau. Le réalisateur nous gratifiait d&#8217;une prétendue exploration mystique, prétexte affligeant à une mise en scène ennuyeuse et vulgaire. Se vautrant dans un érotisme à l&#8217;esthétique douteuse, le cinéaste y figurait des femmes soumises, offrant leur chair aux hommes et à leurs fantasmes. La sentence de la Commission fut sans appel : interdit aux moins de… 12 ans !! </p>
<p>Autre genre, autre violence : 2007, <em>Le Dernier Roi d&#8217;Ecosse</em> de Kevin Macdonald. Mais toujours la même question : le film comporte-t-il des images, des scènes susceptibles de choquer la sensibilité des plus jeunes ? Là encore, le film s&#8217;est vu estampillé d&#8217;une interdiction pour les seuls moins de 12 ans. On y voit pourtant clairement une femme démembrée avec ses jambes placées au niveau de ses bras et vice versa. On y voit un homme se faire pendre au bout de deux crochets plantés dans la poitrine. Non ? Toujours pas convaincu ? Ok, alors plus récemment encore. <em>The Murderer</em> du Sud-Coréen Na Hong-jin n&#8217;a lui aussi été interdit qu&#8217;aux moins de 12 ans &#8220;avec avertissement&#8221;. La violence y est permanente, brutale, exacerbée, frénétique. On y broie à mains nues, on y frappe à coups de batte, on y tranche à coups de machette. Et ce pendant plus de deux heures. Et tiens, on pourrait aussi évoquer <em>Piranha 3D</em> (2010) d&#8217;Alexandre Aja, également interdit aux moins de 12 ans. J&#8217;entends déjà les &#8220;Ah oui mais là c&#8217;est pas pareil&#8221;. Et je serai d&#8217;accord. On est dans le deuxième… troisième degré. On est dans le potache, les effusions de sang grand-guignolesques. Pourtant, un gamin de 13 ans un peu plus fragile que les autres ne pourrait-il pas se retrouver privé à vie de douces baignades estivales ? Ou alors, si on reconnaît que ce même gamin de 13 ans dispose du recul suffisant pour &#8220;identifier&#8221; cette violence, pourquoi douter de ses capacités à décrypter ou simplement s&#8217;interroger sur la prostitution telle qu&#8217;elle est abordée dans <em>Sleeping Beauty</em> ? A moins que le déluge d&#8217;hémoglobine ne soit devenu tellement trivial que notre société le juge moins embarrassant que la prostitution ? Triste constat.</br></p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/11/richard-gere-julia-roberts-pretty-woman.jpg" alt="Richard Gere et Julia Roberts dans Pretty Woman" title="Richard Gere et Julia Roberts dans Pretty Woman" width="178" height="250" class="alignleft size-full wp-image-4456" />Finissons sur cette petite pique gentiment cynique lancée par la réalisatrice pour qui &#8220;le vrai film à interdire, c&#8217;était <em>Pretty Woman</em>&#8220;. Vous savez, l&#8217;histoire de cette jeune arpenteuse du bitume qui rencontre un homme d&#8217;affaires plein aux as, lui procure ses services, et finit par faire du shopping sur Rodeo Drive à Beverly Hills avant de l&#8217;épouser. Une belle morale bien détournée par les artifices de la comédie. Il n&#8217;en reste pas moins que <em>&#8220;(…) voir cette fille se prostituer, et gagner à la fin et le mec et l&#8217;argent, était bien plus incitatif à la prostitution !&#8221;</em>, ironise Julia Leigh. <em>&#8220;Dans Sleeping Beauty, l&#8217;héroïne hurle d&#8217;effroi en comprenant que, même s&#8217;il n&#8217;y a pas pénétration, offrir son corps endormi n&#8217;est pas anodin&#8230;&#8221;</em> Alors franchement, soyons sérieux ! Mesdames et messieurs de la Commission de classification des films, d&#8217;accord pour un moins de 12 ans &#8211; même Michèle Halberstadt est d&#8217;accord ! -, mais moins de 16 ans, tellement non !<br />
&nbsp;<br />
<center><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/fFsbkycY-ro?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></center></p>
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		<title>Polisse, de Maïwenn</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Oct 2011 18:11:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ce pourrait être une bonne petite série à la <em>Urgences</em> sauf qu’au lieu d’enchaîner amputations et NFS, chimi, iono, on aurait vu se succéder à l’écran témoins de viols, exploitation des enfants et autres...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/05/polisse-maiwenn-1.jpg" alt="Maïwenn dans son film Polisse" title="Maïwenn dans son film Polisse" width="300" height="198" class="alignleft size-full wp-image-2498" />Ce pourrait être une bonne petite série à la <em>Urgences</em> sauf qu’au lieu d’enchaîner amputations et NFS, chimi, iono, on aurait vu se succéder à l’écran témoins de viols, exploitation des enfants et autres gourmandises pour mineurs. Ce pourrait être un téléfilm longuet façon service public pour soirée thématique « Notre police ». Mais c’est bien plus que tout cela. Sa plongée ultraréaliste dans le quotidien de la BPM (Brigade de protection des mineurs) est tendue, précise et émouvante. Pour préparer son film, la réalisatrice Maïwenn a suivi un stage au sein d’un service similaire à celui qu’elle décortique. Sur le tournage encore, elle s’est entourée de deux policiers qui rectifiaient le tir si une scène n’était pas suffisamment crédible. Résultat, l’immersion est intense. <span id="more-2496"></span></p>
<p>Entrecroisant scènes de vie au sein de la brigade, interrogatoires et quelques pas chassés du côté de la sphère privée, Maïwenn est perpétuellement sur le fil, à l’instar de ces flics confrontés quotidiennement à la misère sociale, aux crimes les plus abjects, aux révélations les plus hallucinantes. Le tableau qu’elle dresse est étonnamment complet sans jamais être redondant ou trop scolaire. Les crimes et délits : inceste, pédophilie, viol, maltraitance, mariage forcé, fugue d’abord. Les petites et grandes lâchetés de la hiérarchie, les rivalités entre services. La difficulté de ne pas s’impliquer. La difficulté de cloisonner ses existences. Le choc des générations dans le rapport aux corps et à la pudeur. La possible reconstruction des enfants blessés. Et la réalisatrice de dire entre les lignes la complexité des affaires, les drames personnels et familiaux… </p>
<p>Dans cette cour des miracles, on croise Marina Foïs, Karin Viard, Jérémie Elkaïm, JoeyStarr, impressionnant. Aucun personnage n’est sacrifié, aucune affaire expédiée. Le verbe est cru. <em>« C’est dit comme ça, parce que c’est comme ça »</em>, balance Frédéric Pierrot (le commandant) à sa femme qui lui reproche d’être trop pris par son boulot. Au cœur du film, le langage comme confession, expression de la colère, des joies, des peines révèle un travail minutieux autour des dialogues et de la justesse de ton. Et puis, entre ces murs, on rit souvent pour supporter l’insupportable. Des rires nerveux, contenus, ou simplement joyeux. Cette bande-là fonctionne comme une famille avec son lot de coups de gueule, de déceptions, de frustrations, mais aussi toute sa complicité. Alors, dans le cadre de Maïwenn, il se passe toujours quelque chose en arrière-plan. Une mimique pour dire le besoin de se détendre. Un commentaire à l’envolée. Une réplique cinglante. </p>
<p>Sa caméra va chercher les acteurs. Et quand Maïwenn se met en scène derrière l’objectif d’une photographe chargée de réaliser un reportage sur la brigade, elle partage, en toute modestie, sa vision du métier de réalisatrice. Caméra au poing, elle secoue, jongle avec les registres, soigne les scènes de discussions animées (incroyable entrée en matière dans la cantine de la brigade où les policiers, attablés, échangent sur leur vie personnelle et leur place dans la société). </p>
<p>Au final <em>Polisse</em> a la finesse d’une enquête documentaire et la dynamique d’un puissant polar. Maïwenn va jusqu’au bout de son projet avec audace, vivacité et beaucoup d’humanité.<br />
&nbsp;</p>
<p>Polisse<em> de et avec Maïwenn, avec aussi Karin Viard, JoeyStarr, Marina Foïs, Nicolas Duvauchelle&#8230; France, 2011. Prix du Jury au Festival de Cannes 2011. Sortie le 19 octobre 2011.</em></p>
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		<title>Drive, de Nicolas Winding Refn</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Oct 2011 14:28:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélanie Carpentier</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/05/affiche-drive.jpg" alt="Affiche de Drive, de Nicolas Winding Refn" title="Affiche de Drive, de Nicolas Winding Refn" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-3202" />Attention la critique qui suit usera de bien trop d’adjectifs dithyrambiques, mais comment évoquer le nouveau film de Nicolas Winding Refn sans en rajouter des caisses. A l’instar du morceau d’ouverture, <em>Nightcall</em> de Kavinsky et Lovefoxxx à la fois ringard et hypnotique, désuet et électrique. Oui, ce <em>Drive</em> a quelque chose d’électrique. Une énergie incroyable. On pense à Tarantino pour les os qui craquent et le sang qui gicle, à Lynch pour ses nappes éthérées. A Kubrick aussi, pour cette exceptionnelle disposition à inventer en permanence. <em>Drive</em>, c’est tout cela à la fois. Comme si le chauffeur mutique, incarné par Ryan Gosling, sillonnait les chemins de traverse de l’histoire du cinéma. Nicolas Winding Refn ne se contente pas de clins d’œil à ses classiques, ni de réinventer le cinéma d’action. Il le transcende. Le rend poétique. Vraisemblable. Bien plus pur et proche de nous. D’une précision époustouflante, son film emprunte des routes inattendues. A commencer par son générique aux polices roses qui fleure bon les Touchstone Pictures des années 1980-1990. En racontant l’histoire d’un cascadeur de cinéma qui joue les pilotes pour des braqueurs la nuit &#8211; en 5 minutes, montre au volant -, il fait renaître la figure du vrai héros. De ceux à qui il ne faut pas chercher des noises. <span id="more-3201"></span>Jouant perpétuellement sur les contrastes, Nicolas Winding Refn insuffle une énergie incroyable à chaque séquence. Aux sourdes détonations répond l’amour sans faille du cow-boy au cure-dent pour sa jolie voisine. Aux silences, de violentes explosions. Têtes éclatées, attaques à l’arme blanche, coups de feu assourdissants. Ses courses-poursuites furtives relèvent du virtuose. Après<em> Pusher</em>, <em>Bronson</em>, <em>Le Guerrier silencieux</em>, Nicolas Winding Refn poursuit sa peinture de héros hors du temps, hors normes. Sans être à l’origine du projet, le réalisateur danois marque de son sceau royal ce <em>Drive</em> dont on aimerait qu’il ne s’achève pas. Au départ, ce devait être un film réalisé par Neil Marshall avec dans le rôle principal Hugh Jackman. Mouais. Pas dit que ça aurait eu la même gueule. </p>
<p>Drive<em> de Nicolas Winding Refn, avec Ryan Gosling, Carey Mulligan. Etats-Unis, 2011. Prix de la Mise en scène au Festival de Cannes 2011.</em></p>
<p><center><iframe frameborder="0" width="560" height="245" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xkprei?hideInfos=1"></iframe></center></p>
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		<title>Restless, de Gus Van Sant</title>
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		<pubDate>Tue, 20 Sep 2011 09:52:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<h3>L&#8217;amour avant la mort</h3>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-2546" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/05/restless-gus-van-sant.jpg" alt="Image du film Restless de Gus Van Sant" title="Image du film Restless de Gus Van Sant" width="212" height="300" />Projeté en ouverture de la sélection Un Certain Regard, <em>Restless</em> de Gus Van Sant retrace le parcours pour le moins singulier de deux adolescents en prise avec la mort. Annabel, incarnée par une Mia Wasikowska à la beauté très &#8220;Jean Seberg&#8221;, aime la vie mais va bientôt la perdre. Elle est atteinte d&#8217;un cancer et n&#8217;en a que pour quelques mois. En attendant, elle s&#8217;accroche à la moindre expression de vie que la nature a bien voulu offrir. Elle voue une fascination à Darwin, aux oiseaux marins et se dit &#8220;naturaliste&#8221;. Enoch, habité par la fougue du jeune Henry Hooper, fils de feu Dennis, a quant à lui été déclaré &#8220;cliniquement décédé&#8221;, l&#8217;espace de trois minutes, suite à un accident de voiture dans lequel il a perdu ses parents. Anéanti, culpabilisé par l&#8217;idée d&#8217;être encore en vie, le jeune homme s&#8217;est depuis replié dans une solitude totale et volontaire. Il court les cérémonies funéraires auxquelles il n&#8217;est pas invité, histoire de sentir l&#8217;odeur de la mort. Pour le guider dans son cheminement intérieur, il parle à Hiroshi, le fantôme d&#8217;un pilote de guerre kamikaze. Un confident privilégié avec lequel Enoch partage ses états d&#8217;âme. <strong>Bref, <em>Restless</em>, c&#8217;est la rencontre de deux trajectoires que tout oppose, entre Annabel qui s&#8217;efforce de profiter de ses derniers instants sur terre et Enoch qui souhaiterait être six pieds dessous.</strong> <span id="more-2545"></span></p>
<p>A travers <em>Elephant</em> ou encore <em>Paranoïd Park</em>, le réalisateur américain nous avait habitués à un traitement plutôt sombre, voire morbide, de ces temps adolescents incertains et fragiles. Avec <em>Restless</em>, Gus Van Sant innove à partir d&#8217;un scénario signé Jason Lew en nous plongeant dans une romance étonnamment joyeuse. L&#8217;histoire intemporelle d&#8217;une heureuse agonie. D&#8217;un amour fantasque au seuil de la mort. Mais le cinéaste ne brouille pas complètement les pistes. On retrouve Portland et ses teintes automnales, la ville d&#8217;adoption du réalisateur depuis de nombreuses années. Et toujours cette grande maîtrise du cadre, cette photographie douce et élégante signée Harris Savides (qui partage ici son sixième film avec le réalisateur) et ce rythme à la mélancolie onirique qui font l&#8217;esthétique envoûtante de Gus Van Sant.</p>
<p>La trame narrative du film épouse cette idée douceâtre que l&#8217;on apprécie d&#8217;autant plus la vie lorsque l&#8217;on sent qu&#8217;elle nous échappe. <strong>Mais Gus Van Sant en propose ici une interprétation singulière en détournant le registre niaiseux de la comédie romantique.</strong> Il feint sans cesse d&#8217;en emprunter les chemins pour bifurquer avec humour et ironie et dérouler au final une histoire d&#8217;amour à l&#8217;amertume délicate où s&#8217;entrelacent la vie et la mort. Baigné par les ténèbres, le film ne s&#8217;y enfonce jamais. Il reste là, dans une sorte d&#8217;entre-deux envoûtant, aux frontières du réel. Mais la mort qui habite <em>Restless</em> n&#8217;est pas effrayante. <strong>Le cinéaste s&#8217;évertue à la tourner en dérision pour mieux l&#8217;aborder de front.</strong> La ligne qui sépare vie et trépas s&#8217;estompe. On parle aux disparus, on joue à Touché Coulé avec un fantôme japonais. On fait d&#8217;une morgue son terrain de jeu. On s&#8217;amuse à mettre en scène sa propre mort, façon Shakespeare. Peu à peu, à l&#8217;écart de tous, portés par leur fougue et leur jeunesse, Annabel et Enoch parviennent à se construire un royaume dont elle est la reine et lui le roi. Une façon pour eux de narguer le destin, de défier la maladie pour repousser l&#8217;inéluctable.</p>
<p>Restless<em> de Gus Van Sant, avec Mia Wasikowska, Henry Hopper, Ryo Kase&#8230; Etats-Unis, 2011. Sortie le 21 décembre 2011.</em><br />
&nbsp;</p>
<p><iframe width="620" height="349" src="http://www.youtube.com/embed/W8BacmGJyuI?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
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		<title>Habemus Papam, de Nanni Moretti</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Sep 2011 09:31:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Menossi</dc:creator>
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		<description><![CDATA["Je prie celui qui sera élu de ne pas se dérober à la charge à laquelle il est appelé, par crainte de son poids, mais de se soumettre humblement au dessein de la volonté divine", dixit la constitution...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>La grande évasion</h3>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-2668" title="Michel Piccoli dans Habemus Papam de Nanni Moretti" src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/05/habemus-papam-moretti.jpg" alt="Michel Piccoli dans Habemus Papam de Nanni Moretti" width="196" height="300" />&#8220;Je prie celui qui sera élu de ne pas se dérober à la charge à laquelle il est appelé, par crainte de son poids, mais de se soumettre humblement au dessein de la volonté divine&#8221;, dixit la constitution apostolique <em>Universi Dominici Gregis</em> promulguée par Jean-Paul II en 1996. Alors forcément, lorsque le futur ex-cardinal Melville (Michel Piccoli) fraîchement élu chef de l&#8217;Eglise catholique romaine, prend la poudre d&#8217;escampette pour mieux réfléchir à sa vie, c&#8217;est la panique au Vatican.</p>
<p>Il y a cinq ans, Nanni Moretti était venu au <a href="/categorie/festival-cannes-2011/">Festival de Cannes</a> brocarder Berlusconi avec <em>Le Caïman</em>. De retour cette année avec <em>Habemus Papam</em>, présenté en compétition officielle, on se met à craindre le pire, ou le meilleur, pour le Vatican. Et bah même pas dis donc ! N&#8217;en déplaise à une minorité d&#8217;énervés qui crient déjà au blasphème, appellent au boycott sans même avoir vu le film ou brandissent toute leur indignation devant ce &#8220;film décevant, grotesque et offensif&#8221; (dixit les Papaboys, association de jeunes fervents catholiques). <span id="more-2667"></span></p>
<p>Moretti y dresse le portrait d&#8217;un homme en proie au doute devant la lourde tâche qu&#8217;on s&#8217;apprête à lui confier. Un homme qui décide de filer à l&#8217;anglaise pour s&#8217;offrir, comme <a href="/tag/audrey-hepburn/">Audrey Hepburn</a>, quelques <a href="/cinema/vacances-romaines-audrey-hepburn/">vacances romaines</a> pour vivre ses questions, s&#8217;y confronter et, surtout, retrouver une réalité qu&#8217;il avait presque oubliée. Certes, cet homme, c&#8217;est le pape. Sa tâche, incarner l&#8217;unité de l&#8217;Eglise en portant sur ses épaules l&#8217;avenir spirituel de millions de catholiques. Pour autant, ce film n&#8217;est ni de près ni de loin une charge contre le Vatican.</p>
<p>Le tour de force de Moretti est justement d&#8217;avoir su éviter l&#8217;écueil de l&#8217;attaque frontale. Sans doute certains l&#8217;attendaient là mais, pour cela, &#8220;il existe des livres, des documentaires, des articles de journaux&#8221;, répond le réalisateur. Le propos du cinéaste est ailleurs : raconter son Vatican, son conclave, ses cardinaux. Et dans le Vatican de Moretti, on fait venir un psychanalyste pour guérir un pape de ses égarements de l&#8217;âme. C&#8217;est l&#8217;empirisme scientifique qui vient au secours du Royaume des cieux. Dans le Vatican de Moretti, on joue au volley-ball, on danse, on chante et on a même le droit de refuser de porter la tiare. Benoît XVI lui-même ne confiait-il pas avoir pensé à son élection comme à une guillotine placée au-dessus de sa tête ? Et qu&#8217;on se le dise, le doute n&#8217;est pas une maladie mais, bien au contraire, la manifestation d&#8217;un état de conscience éveillé. &#8220;Le courage, c&#8217;est de comprendre sa vie, de la préciser, de l&#8217;approfondir&#8221;, disait Jaurès (1).</p>
<p>Avec <em>Habemus Papam</em>, Nanni Moretti signe un film à l&#8217;irrévérence subtile où la foi catholique et la dignité de ses représentants n&#8217;y sont jamais diffamées. Le film va d&#8217;ailleurs bien au-delà du seul catholicisme, au-delà même de la religion, pour s&#8217;intéresser de façon beaucoup plus universelle au rapport de chacun à ses croyances, ses névroses, ses désirs. Une réflexion sur la pratique du pouvoir, son poids et la solitude qu&#8217;il engendre.</p>
<p><em>(1) </em>Discours à la jeunesse<em>, Jean Jaurès, Albi, 1903.</em></p>
<p>Habemus Papam<em> de et avec Nanni Moretti, avec aussi Michel Piccoli. Italie, 2011. Sortie le 7 septembre 2011. En compétition au Festival de Cannes 2011.</em><br />
&nbsp;</p>
<p><center><iframe frameborder="0" width="500" height="281" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xhynfs?width=500&#038;theme=eggplant&#038;foreground=%23CFCFCF&#038;highlight=%23834596&#038;background=%23000000&#038;hideInfos=1"></iframe></center></p>
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		<title>Discussion de comptoir autour de La guerre est déclarée, de Valérie Donzelli</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Sep 2011 05:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>AP</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2011]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>

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		<description><![CDATA[- Alors, t’as vu le film de Valérie Donzelli ? - <em>La guerre est déclarée</em> ? M’en parle pas…]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;<br />
<img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/05/guerre-declaree-donzelli.jpg" alt="La guerre est déclarée, de Valérie Donzelli" title="La guerre est déclarée, de Valérie Donzelli" width="300" height="169" class="alignleft size-full wp-image-2620" />- Alors, t’as vu le film de Valérie Donzelli ?<br />
- <em>La guerre est déclarée</em> ? M’en parle pas… Je l’aurais plutôt appelé <em>Dommages collatéraux</em> mais c’était déjà pris par Schwarzenegger… Tu veux une bière ?<br />
- Nan, merci, j’en peux plus… Donc t’as pas aimé ?<br />
- C’est peu dire…<br />
- Pourtant c’est un film viscéral, une ode à la vie avec des moments de grâce, d’enchantement…<br />
- C’est ce que tout le monde dit… Mais franchement, je comprends pas comment on peut être touché par des séquences musicales aussi lourdes… Moi, ça m’a complètement fait sortir du film ! T’as entendu cette affreuse reprise de &#8220;Manha de carnaval&#8221;, le thème d’<em>Orfeu negro</em>, avec tous ces violons qui dégoulinent à la fin ?! Alors que l’original de Bonfa était si simple, beau, décharné…<br />
- T’exagères, c’est un détail… <span id="more-2598"></span><br />
- Un détail ? Attends, j’ai eu l’impression qu’un bon quart du film était un vidéoclip sur des images de <em>Love Story</em>… A la limite, ça aurait pu être un bon moyen métrage, mais là, tout ce remplissage…<br />
- Et ce n’est quand même qu’un détail, à côté de l’équilibre entre la gravité du sujet et la légèreté du ton : c’est fin, gracile, incertain, bourré de vie… Arriver à parler du cancer d’un gamin sans jamais une once de pathos, c’est tout de même assez grand, non ? Voilà un film organique, qui jaillit dans tous les sens… avec un appétit de vie et d’amour palpable… c’est rare !<br />
- Je vois… T’as des enfants, c’est ça ?<br />
- Oui, j’ai des enfants, mais quel rapport ? Toute critique a beau être subjective, je trouve hors de propos qu’elle devienne personnelle, alors…<br />
- Attends, je dis pas ça pour toi… Seulement pour le coup, la critique me paraît trop unanime pour n’être pas suspecte… Et je crois que ce qui l’a charmée, et j’ai même envie de dire aveuglée, c’est d’abord le caractère autobiographique du film : le fait qu’elle raconte sa propre histoire en jouant son propre rôle, en faisant tourner le père de son enfant dans le rôle du père de l’enfant… Bref, cette espèce d’étrange pari psychologique qui est une immense preuve d’amour pour son couple et qui appelle de grands mots comme &#8220;catharsis&#8221;, tout ça… Seulement, le film en lui-même, en dehors de son projet et du charme effectivement indéniable de Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm, je l’ai trouvé long, naïf et prévisible…<br />
- Justement Jérémie Elkaïm, parlons-en… Cette voix stable, profonde… presque aussi chavirante que celle de Louis Garrel… Alors tu vois, tu râles sur la musique, très présente, d’accord, mais tu fais comme si tu ignorais la musicalité des souffles, des corps… Qui sont tous très justes, très fins…<br />
- M’ouais… Dans ce cas, c’est Johnny Cash chez <em>Grey’s Anatomy</em>…<br />
- T’es de mauvaise foi…<br />
- Pour le dire autrement, <em>La guerre est déclarée</em> m’a beaucoup fait penser à ces disques de chanson française, tu sais, pas méchants mais vraiment inutiles… Et puis cette réalisation typée, entre Klapisch et Christophe Honoré… Honoré que je trouve tout aussi agaçant d’ailleurs…<br />
- N’importe quoi !<br />
- Non, pour moi c’est pareil, ça reste moins grossier qu’<em>Amélie Poulain</em>, mais de là à hurler au bouleversement, il y a un gouffre… C’est mignon et gentil, mais l’enthousiasme autour m’irrite franchement…<br />
- Bref, t’es un puritain, quoi…<br />
- Je crois pas… Est-ce être puritain que de refuser les bons sentiments ?<br />
- Les bons sentiments, en plus de la musique… la liste est longue ?<br />
- Non, quand la musique est écoutée par les personnages du film, qu’ils dansent dessus, qu’ils la chantent, en général, j’apprécie… Je trouve ça honnête.<br />
- En gros t’aimes la musique chez Rohmer… A part ça, t’es pas du tout puritain ?<br />
- Si tu veux… De toute façon, je me fais toujours traiter de marxiste réactionnaire.<br />
- Meuh non, Cosette, le prends pas pour toi non plus… C’est juste que je trouve injuste et léger de balancer comme ça Donzelli et Honoré en cinq minutes !<br />
- Sans doute, mais bon, on boit, là… Et c’est juste que les clins d’œil systématiques à Demy et Truffaut, ça m’emmerde… Et puis, je n’aime profondément pas cette tendance douce-amère, ce côté pauvre petite fille riche du Quartier latin hyper-complaisante.<br />
- Parce que toi, bien sûr, tu ne l’es jamais ?<br />
- C’est pas ça… C’est que je préfère les films qui savent trancher… C’est-à-dire que je me méfie de cette tendance à la mélancolie douce, bourgeoise et bohème… J’aime mieux Huysmans, ou les aristocrates qui se suicident cash… Ou encore l’hilarité féroce… Le feu follet ou la voie lactée, si tu veux…<br />
- Puritain ! Puritain ! Ah, ah ! Allez, vas-y sors-le, ton hors-du-plan-fixe-point-de-salut , t’y es presque !<br />
- Attends… Monsieur, s’il vous plaît, on va vous prendre deux pintes… Sinon, je sais pas ce que tu en penses, j’ai l’impression que les mouettes sont des animaux assez antipathiques&#8230;</p>
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