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	<title>Grand Écart &#187; Stéphanie Amigues</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Violette, de Martin Provost</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Mar 2014 15:45:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphanie Amigues</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Définitivement, Martin Provost semble avoir un penchant pour les destins de femmes injustement tombées dans l’oubli. On se souvient du lumineux Séraphine avec la charismatique Yolande Moreau. Un triomphe public...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/03/violette-affiche.jpg" alt="Violette, de Martin Provost" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-16520" />Définitivement, Martin Provost semble avoir un penchant pour les destins de femmes injustement tombées dans l’oubli. On se souvient du lumineux Séraphine avec la charismatique Yolande Moreau. Un triomphe public et critique. A sa sortie en salles, l’opus biographique sur Violette Leduc (incarnée par la sublime Emmanuelle Devos), auteure de romans scandaleux, ne connaît pas le même sort. Certes, ce métrage est assez sage, classique dans sa forme. De la chronologie scrupuleusement respectée au découpage en chapitres, en passant par des intérieurs feutrés, tout en clair-obscur, ou le chatoiement naturel des scènes bucoliques. Tout est soigné, impeccable. Sous le regard aiguisé d’un réalisateur scrupuleux et de son directeur de la photographie Yves Cape, c’est toute une époque qui prend vie. Le Paris littéraire d’après-guerre renaît alors et avec lui, son cortège de personnages fantasques : Simone de Beauvoir (étonnante Sandrine Kiberlain), Maurice Sachs (Olivier Py), Jean Genet (génial Jacques Bonnaffé), Jacques Guérin (Olivier Gourmet, élégant). Alors, si ce n’est le subtil jeu des acteurs, Emmanuelle Devos et Sandrine Kiberlain en tête, rien d’éblouissant. Oui, mais on se laisse délicieusement emporter par le récit, bercé par la voix off de l’interprète principale qui donne à entendre le verbe cru et impertinent de cette femme née un siècle trop tôt.<br />
Car Violette, c’est le portrait d’une écrivaine éraflée par la vie, au destin bouleversé par sa rencontre avec la grande Simone de Beauvoir. De 1942 à 1964, le long métrage s’attache à dépeindre cette existence chaotique et sulfureuse. On la cueille pendant la guerre où elle découvre sa rage pour l’écriture, poussée par Maurice Sachs (<em>« Allez vous foutre le cul au frais sous un pommier »</em> lui lance-t-il pour l’exhorter à écrire). <span id="more-16516"></span>On la quitte près de 2h20 plus tard à l’orée de son premier succès en librairie avec <em>La Bâtarde</em>. Entre les deux, une âme écorchée se débat. Une bâtarde, justement, reprochant violemment à sa mère de l’avoir mise au monde. Elle erre, de femmes en hommes &#8211; essentiellement homosexuels -, empêtrée dans des sentiments contradictoires et empêchée d’enfanter à son tour. Un avortement et bien des infortunes amoureuses plus tard, elle mettra des mots sur son désarroi. <em>« Je ne peux pas être une mère même pour rire »</em>, hurle-t-elle lorsque son ami Jean Genet lui fait endosser ce rôle dans une pantomime filmée par ses soins. Une figure maternelle oppressante, donc, mais aussi à l’origine de l’acte d’écrire. <em>« Ma mère ne m’a jamais prise par la main »</em> ouvre <em>L’Asphyxie</em>, son premier roman. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/03/violette-simone.jpg" alt="Violette, de Martin Provost" width="250" height="200" class="alignright size-full wp-image-16527" />Violette souffre également de son appartenance au <em>deuxième sexe</em> et ne s’y sent pas à son aise. Elle se trouve moche, à cause notamment d’un nez disgracieux. Or, pour elle, <em>« la laideur chez une femme, c’est un péché mortel »</em>. Pétrie de contradictions, elle s’enlise dans une existence mélancolique. Assoiffée d’amour, elle se débrouille toujours pour tomber amoureuse d’êtres qui ne peuvent l’aimer en retour. Elle nourrira d&#8217;ailleurs son <em>Affamée</em> de sa passion à sens unique pour Simone de Beauvoir. Ivre de solitude, elle s’y perd et s’y complaît à la fois. Elle avoue être <em>« un désert qui monologue »</em>. Qu’elle s’attable pour écrire dans sa chambre miteuse à Paris ou qu’elle arpente sans but la Provence, elle se trouvera pourtant dans ces instants d’isolement. Et c’est au détour de ces moments-là, que le biopic se révèle finalement le plus éloquent. En devenant l’aventure d’une écriture. Encouragée par l’éminente Simone, Violette va au bout d’elle-même. Malgré les galères (la pauvreté, le refus des éditeurs, l’indifférence du public…) et la violence de cette maïeutique, le métier d’écrivain apparaît comme salutaire. Source d’une grande force. On n’est jamais seul quand on écrit. L’écriture donne du sens à sa vie, au-delà de la reconnaissance, et fait oublier le désert affectif. Loin d’être un porte-étendard du féminisme (ce que le Castor souhaite), le combat de Violette est tout intime, égoïste. Et c’est malgré elle qu’elle servira la cause des femmes au moment de leur libération. Par son ton irrévérencieux et les sujets qu’elle aborde sans pudeur dans ses livres, qu’il s’agisse d’avortement ou d’expériences homosexuelles. Une des réussites du film : à la fin le spectateur n’aura qu’une envie, devenir lecteur de Violette. Et de la trouver, à l’instar de son interprète, tellement <em>« attachiante »</em> !</p>
<p>Violette<em>, de Martin Provost, avec Emmanuelle Devos, Sandrine Kiberlain, Olivier Gourmet, Jacques Bonnaffé, Olivier Py, Catherine Hiegel… France, Belgique, 2013. Sortie en DVD le 6 mars 2014.</em></p>
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		<title>No, de Pablo Larrain</title>
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		<pubDate>Tue, 05 Mar 2013 21:00:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphanie Amigues</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Films du 65e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Chili]]></category>
		<category><![CDATA[comédie dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Gael Garcia Bernal]]></category>
		<category><![CDATA[Quinzaine des réalisateurs]]></category>

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		<description><![CDATA[Chili, 1988. <em>"Ce que vous allez voir est en lien avec le contexte social actuel du pays"</em>, lance Gael Garcia Bernal alias Rene Saavedra, un publicitaire reconnu, pour présenter son spot TV...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/03/no-larrain-affiche.jpg" alt="No, de Pablo Larrain" width="207" height="280" class="alignleft size-full wp-image-11709" />Chili, 1988. <em>&#8220;Ce que vous allez voir est en lien avec le contexte social actuel du pays&#8221;</em>, lance Gael Garcia Bernal alias Rene Saavedra, un publicitaire reconnu, pour présenter son spot TV vantant les mérites de &#8220;Free&#8221;, la nouvelle boisson au cola chilienne. Nous sommes à la veille du référendum organisé par le gouvernement de Pinochet sous la pression internationale. D&#8217;emblée, le film nous plonge dans les années 1980 : l&#8217;image est sale, entachée de grains et d&#8217;impuretés. Le réalisateur s&#8217;est servi d&#8217;une vieille caméra d&#8217;époque afin de raccorder au mieux avec les images d&#8217;archives dont est émaillé le film. Les couleurs sont sans éclat, c&#8217;est le triste règne du beige et du marron. Tout convoque ces années un peu mornes dans l&#8217;imaginaire collectif. Comme ce micro-ondes venant d&#8217;intégrer la cellule familiale que l&#8217;on place sur la table et que l&#8217;on regarde fonctionner comme on regarderait la télé. Ce célèbre publicitaire au look suranné, donc, a été contacté pour mener la campagne du &#8220;No&#8221;, celle des partisans d&#8217;un nouveau Chili débarrassé de son dictateur. Leur but : éveiller les consciences et convaincre les millions d&#8217;électeurs à prendre part au référendum. Face à eux, les partisans du &#8220;Si&#8221;, essentiellement animés par le souci de redorer l&#8217;image quelque peu ternie de leur chef.<span id="more-6925"></span></p>
<p>Ce film historique au contexte douloureux va pourtant être le théâtre d&#8217;une véritable ode à la joie, par le biais d&#8217;une campagne follement audacieuse. Qui ne sera pas fondée sur les dénonciations des actes odieux et inhumains du régime, mais sur des spots mielleux et rose bonbon vendant aux électeurs tout simplement une vie meilleure, un billet d&#8217;entrée dans le monde des Bisounours. Tout cela au rythme de &#8220;La Joie arrive enfin !&#8221;, chanson-slogan digne d&#8217;une pub de la famille Ricoré. De quoi bien rire aujourd&#8217;hui de ce kitsch estampillé années 1980. </p>
<p>Et le casting est impeccable, Gael Garcia Bernal en tête, formidable. Mais on peut aussi saluer Alfredo Castro en publicitaire arriviste, dénué de talent mais entièrement dévoué à la dictature. L&#8217;ironie mordante dont ils font preuve dans leurs affrontements fait souvent mouche. Et on rit beaucoup. Pourtant la toile de fond est loin d&#8217;être drôle. La tension est palpable dans quelques scènes de surveillance rapprochée de ceux qui mènent la campagne du non. On se demande souvent quand on va basculer dans le drame. Le ton reste pourtant léger, si l&#8217;on peut dire, même si le regard du réalisateur est, à l&#8217;occasion d&#8217;une pirouette finale, sans illusion et chargé d&#8217;amertume sur la société capitaliste qui va se mettre en place après la chute de Pinochet.</p>
<p>&nbsp;<br />
No <em>de Pablo Larrain, avec Gael Garcia Bernal, Alfredo Castro, Antonia Zegerz, Luis Gnecco&#8230; Chili, Etats-Unis, 2012. Sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs 2012. Sortie le 6 mars 2013</em></p>
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<p><strong>&raquo; Retrouvez tout notre <a href="/festival-cannes-2012/">dossier dédié au 65e Festival de Cannes</a></strong></p>
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		<title>As if I am not There, de Juanita Wilson</title>
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		<pubDate>Tue, 26 Feb 2013 18:23:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphanie Amigues</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
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		<description><![CDATA[Adaptation du livre de la journaliste croate Slavenka Drakulic, <em>As if I'm not there</em> raconte l’histoire vraie d'une jeune institutrice kidnappée pour servir de monnaie d’échange aux soldats serbes...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/02/as-if-affiche.jpg" title="As if I am not there, de Juanita Wilson" alt="As if I am not there, de Juanita Wilson" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-11601" />Premier long-métrage de la réalisatrice irlandaise Juanita Wilson, <em>As if I am not There</em> est un film qui dérange, qui malmène son spectateur. Adaptation du livre éponyme de la journaliste croate Slavenka Drakulic, il met en images l’histoire vraie de cette jeune institutrice kidnappée comme tous les gens de son village pour servir de monnaie d’échange aux soldats serbes en pleine guerre des Balkans. Dès la scène d’ouverture, le choix de la réalisatrice est clair. On est du côté de l’intime, immergé dans la tête &#8211; et le corps &#8211; de Samira, cette institutrice infortunée. Alors commence la vie au camp, dans un entrepôt délabré, et se déploie sous nos yeux le quotidien de ces prisonnières de tous âges. Si la faim, la crasse, la maltraitance et la brutalité des gardiens nous mettent vite mal à l’aise, ce n’est rien comparé aux viols perpétrés par des geôliers que la guerre a vidé de leur humanité. Le calvaire commence pour Samira et ses compagnes de malheur. Et au spectateur qui se voit contraint d’assister à des scènes d’une rare sauvagerie, la réalisatrice montre sans ambages et sans pudeur la monstruosité des hommes. On pourrait reprocher la vanité de ces scènes qui nous infligent une expérience simplement traumatisante. <span id="more-11598"></span>Mais on peut aussi convenir que l’émotion brutale est nécessaire pour condamner la guerre et ses atrocités. Comment survivre à la barbarie ? Tandis que ses compagnes vont subir leur sort sans mot dire, Samira, elle, va tenter à sa manière, de se protéger. L’actrice Natasa Petrovic (dont c’est le premier film) crève l’écran, jouant tour à tour la détresse, l’angoisse, la compassion, mais aussi la révolte et la détermination. La mise en scène est sobre. Le traitement, malgré le sujet, est empreint de poésie, lorsque le rythme se fait languissant, les couleurs mordorées, la musique douce. Alors, au cœur de l’horreur asphyxiante, à la fin du film, quand point l’espoir d’un avenir meilleur, on peut enfin respirer…</p>
<p>&nbsp;<br />
As if I am not There<em> de Juanita Wilson, avec Natasa Petrovic, Miraj Grbic… Irlande, Macédoine, Suède, 2010. Sortie le 27 février 2013.</em></p>
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		<title>Yossi, d’Eytan Fox</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Jan 2013 15:10:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphanie Amigues</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
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		<description><![CDATA[Avec <em>Yossi</em>, en salle depuis le 2 janvier, Eytan Fox poursuit son engagement et ses marottes, continuant de sonder la société israélienne et ses évolutions...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2013/01/yossi-affiche-eytan-fox.jpg" alt="Yossi, de Eytan Fox" title="Yossi, de Eytan Fox" width="217" height="280" class="alignleft size-full wp-image-10604" />A travers <em>Tu marcheras sur l’eau</em> et <em>The Bubble</em>, deux films bouleversants, Eytan Fox sondait joliment la société israélienne et ses évolutions. Avec <em>Yossi</em>, son nouveau long-métrage, il poursuit son engagement et ses marottes. Par le biais de portraits émouvants, le jeune réalisateur dresse des ponts entre l&#8217;intime et l&#8217;histoire douloureuse de son pays. En filmant avec beaucoup de sensibilité des êtres à des charnières de leur vie, il ausculte ses thèmes de prédilection : l’armée ou la guerre comme incontournables de l’Etat d’Israël, la mort en ligne de mire ou comme traumatisme, le désir de vivre qu’il soit exacerbé ou étouffé, l&#8217;homosexualité.</p>
<p>Avec <em>Yossi</em>, le cinéaste reprend une de ses premières réalisations, <em>Yossi et Jagger</em> (2002), romance tragique tirée d&#8217;une histoire vraie où le fol amour entre deux jeunes officiers de l&#8217;armée israélienne est pulvérisé par les affres de la guerre. Dix ans après la mort de Jagger, qu’est-il arrivé à Yossi ? Qu’est-il devenu ? C’est à cette question que répond le nouvel opus d’Eytan Fox. Ou comment recommencer sa vie, repartir de zéro quand on est dévasté, que l’on gît  à terre. Depuis des années. <span id="more-10601"></span></p>
<p>Yossi, toujours magnifiquement incarné par Ohad Knoller (qui interprétait le rôle dix ans auparavant), est un cardiologue reconnu, mais il semble survivre, asphyxié par une tenace mélancolie. A l’image d’une des premières scènes du film où le spectateur le surprend en train de se masturber devant un site porno gay, il n’a pas de vie. Refusant la possibilité d’être heureux. Mal dans sa peau, accusant quelques kilos en trop, il n’assume pas vraiment son homosexualité (il ne dit rien à sa secrétaire aveugle et déterminée qui lui propose régulièrement des rencards). La première partie du film, assez lente et délicate, nous plonge dans le quotidien maussade d’un être errant. Traumatisé par l’impossible deuil de son amour de jeunesse. Que ce soit la répétition d’une même séquence de sieste à l’hôpital entres deux gardes ou la mise en scène d’une rencontre vide de sens avec un mec rencontré via Internet, tout concourt dans ce début de film à mimer l’insignifiance de sa vie. Une renaissance semble difficile, voire impossible tant il n’est plus habitué à l’idée même du bonheur. Tant il est muré dans sa solitude, terré au fin fond du degré zéro des relations humaines et amoureuses.</p>
<p>Puis, sans pourtant constituer un virage fracassant, presque sans faire de bruit, le désir de vivre va s’insinuer à nouveau en Yossi, au détour d’un voyage dans le sud du pays. A l’occasion de la rencontre d’un groupe de jeunes militaires et précisément de Tom (le bellâtre Oz Zehavi), gay lui aussi. A son contact, il va réapprendre à aimer, à vivre. Avec beaucoup de délicatesse et de pudeur la caméra d’Eytan Fox suit la naissance d’un coup de cœur, l’éclosion d’une belle histoire d’amour. Au rythme lancinant de la voix déchirante de Keren Ann qui compose une bande-son éthérée. L&#8217;artiste fait d&#8217;ailleurs une apparition à la fin du film lors d&#8217;un concert où elle entonne des chants traditionnels israéliens. Comble de l&#8217;émotion.</p>
<p>Yossi a changé.  Tout comme Israël, qui apparaissait dans <em>Yossi et Jagger</em> comme un Etat très militaire et machiste où il fallait devenir un dur, un mec, un vrai, et pour cela être hétéro. Dix ans plus tard, l’armée semble plus tolérante. Tom semble y vivre plus librement son homosexualité. Un joli message d’espoir donc. Sur l’émancipation de la société israélienne et la renaissance d’un homme brisé.</p>
<p>&nbsp;<br />
Yossi<em> d’Eytan Fox, avec Ohad Knoller, Oz Zehavi, Lior Ashkenazi, Orly Silbersatz Banai… Israël, 2012. Sortie le 2 janvier 2013.</em></p>
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		<title>Salle n°6 Tchekhov, de Karen Shakhnazarov</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Dec 2012 08:31:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphanie Amigues</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[adaptation]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
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		<description><![CDATA[Nous sommes tous des fous en puissance. Tel est le propos du réalisateur russe en adaptant la nouvelle philosophico-dérangeante d&#8217;Anton Tchekhov. La salle n°6 est l&#8217;endroit où sont isolés les...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/11/salle-n-6-tchekhov.jpg" alt="Salle n°6 Tchékhov" title="Salle n°6 Tchékhov" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-10020" />Nous sommes tous des fous en puissance. Tel est le propos du réalisateur russe en adaptant la nouvelle philosophico-dérangeante d&#8217;Anton Tchekhov. La salle n°6 est l&#8217;endroit où sont isolés les malades mentaux incurables. L&#8217;histoire racontée par le romancier est celle d&#8217;un médecin qui va s&#8217;y retrouver comme patient.</p>
<p>Le film s&#8217;ouvre comme un documentaire dans un asile psychiatrique par un plan fixe sur un jeune enfermé depuis des années. Il répond à des questions sur les raisons de son internement. Plusieurs malades (qui ne sont pas des acteurs mais de véritables pensionnaires d&#8217;un asile)  défileront devant cette caméra immobile et se raconteront. C&#8217;est toujours un peu la même rengaine : parents alcooliques, abandon&#8230; Les mêmes regards hébétés, le même rêve (&#8220;sortir d&#8217;ici&#8221;). Mais derrière ces questions superflues, l&#8217;humain pointe le bout de son nez. Et son cortège de questionnements philosophiques sur la vie, le bien, le mal, le bonheur, Dieu&#8230; Comme pour nous dire que les fous ne sont pas si fous. Après ce prologue, la fiction éclot pour nous révéler comment, réciproquement, un homme sain bascule dans la folie. La trame narrative se déploie alors sous nos yeux mais pas de manière linéaire. Le réalisateur évacue d&#8217;emblée le suspense : on apprend que le docteur Raguine est devenu un patient et c&#8217;est d&#8217;abord défait et mutique, qu&#8217;on le rencontre. Puis on fait la connaissance d&#8217;un autre patient de l&#8217;asile, un certain Gromov qui souffre de manie de persécution, un &#8220;génie&#8221; que le docteur Raguine considérait comme un prophète. Et c&#8217;est le point de départ d&#8217;un éclatement formel : flashbacks, témoignages, mises en abîme d&#8217;images (petits films muets réalisés par un ami du docteur) nous trimballent du passé au présent, du médecin au patient. Les pistes se brouillent, s&#8217;entremêlent de manière percutante. Et deux chutes sont révélées : celle de Raguine, lente, presque douce. Ce médecin corrompu et qui a perdu tout intérêt pour ses malades. Puis celle de Gromov, fulgurante. Ce criminel inattendu. La rencontre de ces deux êtres pensants sera l&#8217;occasion de joutes verbales (parfois un peu trop denses, un peu trop longues) sur le sens de la vie, la souffrance, la recherche du bien et du bonheur. Le temps de comprendre, comme le clame Raguine, qu&#8217;il n&#8217;y a ni morale ni logique dans l’enfermement. Cela n&#8217;est qu&#8217;une simple question de hasard. Idée bien difficile à accepter, mais qui nous interpelle pourtant. Et de nous questionner sur la fragile lisière entre raison et folie. Sur les êtres qui peuplent les hôpitaux psychiatriques en Russie, et ailleurs&#8230; On restera troublé par la délicatesse et l&#8217;élégance d&#8217;une des dernières séquences du film. La &#8220;fête du nouvel an&#8221; où acteurs professionnels et vrais malades, hommes et femmes se mêlent dans l&#8217;embarras, la pudeur et l&#8217;innocence pour une ultime danse. Sublime confusion.</p>
<p>&nbsp;<br />
Salle n°6 Tchekhov<em> de Karen Shakhnazarov avec Vladimir Ilyn, Alexey Vertkov, Alexander Pankratov-Chiorny… Russie, 2009. Sortie en DVD le 5 juin 2012.</em></p>
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		<title>The Deep Blue Sea, de Terence Davies</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Nov 2012 09:56:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphanie Amigues</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/11/deep-blue-sea-terence-davies.jpg" alt="The Deep Blue Sea, de Terence Davies" title="The Deep Blue Sea, de Terence Davies" width="280" height="177" class="alignleft size-full wp-image-10036" /><em>Between the Devil and the Deep Blue Sea…</em> Littéralement, <em>&#8220;Entre le diable et la mer bleue et profonde&#8221;</em>, l&#8217;équivalent de notre expression française <em>&#8220;Entre la peste et le choléra&#8221;</em>. Voilà l&#8217;alternative qui s&#8217;offre à Hester, l&#8217;héroïne du film &#8211; bouleversante Rachel Weisz. D&#8217;un côté, il y a son mari, sir William Collyer (Simon Russell Beale), un vieil avocat issu de la haute bourgeoisie anglaise corsetée. Il l&#8217;aime et lui procure une vie confortable mais elle ne l&#8217;aime pas. De l&#8217;autre, Freddie (Tom Hiddleston), un jeune et charmant pilote de la Royal Air Force, traumatisé par la guerre et incapable d&#8217;amour, mais à qui elle voue une passion sans borne. Le choix s&#8217;impose vite à cette jeune femme émancipée pour l&#8217;époque (Londres en 1950). <span id="more-10034"></span></p>
<p>Alors commence le film et la souffrance d&#8217;Hester, qui, désespérée de ne pas être suffisamment aimée par son jeune amant, dès la scène d&#8217;ouverture, tente de se suicider. La suite, c&#8217;est un enchevêtrement de flashbacks et une multiplicité de scènes destinées à éclairer tant la séparation inexorable des amants que la douleur infinie de l&#8217;héroïne. La mise en scène est impeccable et se joue d&#8217;emblée des symboles. Comme lorsque la caméra virevolte d&#8217;abord autour des corps enlacés, puis du seul corps d&#8217;Hester, s&#8217;évertuant à mourir. Le même mouvement tournoyant et la même musique entêtante révèlent le lien ténu et tragique entre l&#8217;amour et la mort. Cruelle affinité que va éprouver la jeune femme tout au long du film.</p>
<p>S&#8217;ensuit la chronique d&#8217;un amour voué à l&#8217;échec : de la scène de rencontre à ces quelques pas de danse échangés au son de la voix de Jo Stafford et de son langoureux <em>&#8220;You Belong to Me&#8221;</em>. De la scène de ménage  plutôt comique en plein musée à cette violente dispute dans la rue où, après la tentative de suicide d&#8217;Hester, Freddie fait preuve d&#8217;une goujaterie indicible face au désespoir de sa bien-aimée. C&#8217;est toute la mécanique du couple qui est passée au crible. Au rythme des émotions de la figure féminine qui veut être aimée autant qu&#8217;elle aime. Jusqu&#8217;à la scène finale de la rupture, d&#8217;une simplicité redoutable, où les deux amants, tout en retenue mais dans un profond déchirement, se résignent. Rien de trop. Ni dans le jeu des acteurs, sobres et parfaits. Ni dans la mise en scène simple et redoutable. Ni dans la photographie de Florian Hoffmeister qui sublime ce champ de ruines qu&#8217;est le Londres post-Seconde Guerre mondiale et nous plonge dans l&#8217;intimité des corps en drapant les intérieurs de couleurs chaudes et de lumières naturelles.<br />
Cette belle adaptation de la pièce éponyme de sir Terence Rattigan (en 1952) dont l’enjeu était plus ou moins la libération de la femme exhale un charme suranné. Criant de vérité et de modernité.</p>
<p>&nbsp;<br />
The Deep Blue Sea <em>de Terence Davies, avec Rachel Weisz, Tom Hiddleston, Simon Russell Beale&#8230; Etats-Unis, Grande-Bretagne, 2012. Sortie en DVD le 7 novembre 2012.</em></p>
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		<title>The We and the I, de Michel Gondry</title>
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		<pubDate>Wed, 12 Sep 2012 11:00:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphanie Amigues</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Films du 65e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[comédie dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Quinzaine des réalisateurs]]></category>

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		<description><![CDATA[1h40 enfermé dans un bus avec des ados du Bronx, l'angoisse ! C'est le dernier jour d'école et le premier de trois mois de liberté. Ils vont tous rentrer chez eux, mais non sans y avoir laissé...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/affiche-we-and-i-gondry.jpg" alt="Affiche de The We And The I de Michel Gondry" width="206" height="280" class="alignleft size-full wp-image-6837" />1h40 enfermé dans un bus avec des ados du Bronx, l&#8217;angoisse ! C&#8217;est le dernier jour d&#8217;école et le premier de trois mois de liberté. Ils vont tous rentrer chez eux, mais non sans y avoir laissé quelques plumes et une belle part d&#8217;eux-mêmes. Le groupe des caïds tyrannise tous les autres passagers. Les premières scènes sont souvent drôles quand ils font leur show pour récupérer les places du fond, virant tout le monde, les plus petits qu&#8217;eux <em>manu militari</em>, et même une pauvre vieille dame à coups de blagues salaces. Ils se charrient, se passent en boucle la vidéo du mec qui chute sur un sol préalablement beurré. Ils se marrent. Se moquent souvent méchamment. L&#8217;émotion affleure quand ils évoquent les difficiles relations amoureuses, au centre de leurs préoccupations. Surtout lorsque, au fur et à mesure que le bus se vide, les relations deviennent plus authentiques, moins dictées par les codes de la jeunesse. Quand les masques tombent à la fin et qu&#8217;ils essaient de communiquer simplement. <span id="more-6835"></span><br />
En mettant sa folle créativité au service d&#8217;une comédie dramatique sociale, Gondry livre un film original et touchant sur l&#8217;adolescence. Parfois à la frontière de la chronique réaliste. Les acteurs, de vrais jeunes du Bronx découverts dans des ateliers-théâtre, sont criants de vérité. Leurs personnages portent d&#8217;ailleurs leurs propres prénoms. Et certains flash-back sont donnés à voir par le biais de vidéos amateurs filmées avec les téléphones portables des jeunes.<br />
Un film sur le cinéma aussi. Quelques clins d&#8217;œil amusés du réalisateur, comme pour dire que sous ses airs de docu, la fiction est toujours là. On reconnaît la patte Gondry dans quelques petits bricolages et collages maison. La division en chapitres (&#8220;Les tyrans&#8221;, &#8220;Le chaos&#8221;, &#8220;Le je&#8221;) est aussi là pour nous rappeler que ceci est un film.<br />
Mais le tour de force de Michel Gondry est de réussir à nous rendre tous ces ados sympathiques et attachants alors que nous ne connaissons quasiment rien de leur vie. Tout ce que nous savons est véhiculé par le dialogue. Et ça parle, beaucoup. Tout dans ce huis clos passe par la parole. Mais c&#8217;est justement dans ces joutes verbales, souvent violentes, parfois tendres, que l&#8217;on saisit finalement au mieux l&#8217;essence de l&#8217;adolescence.</p>
<p>&nbsp;<br />
The We and the I <em>de Michel Gondry, avec Michael Brodie, Teresa Lynn, Laidychen Carrasco, Raymond Delgado, Alex Barrios, Jonathan Ortiz&#8230; Etats-Unis, 2012. Film d&#8217;ouverture de la Quinzaine des réalisateurs 2012. Sortie le 12 septembre 2012.</em></p>
<p><strong>&raquo; Retrouvez toutes les infos sur <a href="http://www.cinezik.org/critiques/affcritique.php?titre=the-we-and-the-i" target="_blank">la bande originale de <em>The We and the I</em> sur Cinezik</a></strong></p>
<p><center><iframe frameborder="0" width="560" height="315" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xqvfph?logo=0&#038;hideInfos=1"></iframe></center></p>
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		<title>Historias, les histoires n&#8217;existent que lorsque l&#8217;on s&#8217;en souvient, de Julia Murat</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Jul 2012 21:48:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphanie Amigues</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Argentine]]></category>
		<category><![CDATA[Brésil]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
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		<description><![CDATA[Derrière ce titre à rallonge se cache un film poétique et tendre, en salle le 18 juillet...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/07/historias-julia-murat.jpg" alt="Historias, de Julia Murat" title="Historias, de Julia Murat" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-8926" />Derrière ce titre à rallonge se cache un film poétique et tendre. L&#8217;histoire d&#8217;un petit village au cœur du Brésil engourdi par le temps qui va se réveiller doucement à l&#8217;arrivée d&#8217;une jeune photographe.</p>
<p>Le début du film décline lentement plusieurs fois la même scène : Madalena, une vieille dame qui vit dans le souvenir de son défunt mari, pétrit et cuit le pain pour la boutique d’Antonio. Comme chaque jour, il lui dit qu&#8217;elle est têtue comme une mule (elle range les petits pains d&#8217;une certaine façon, tandis qu&#8217;il les retire aussitôt pour faire à sa façon). Malgré la rudesse apparente de l&#8217;homme, on ressent beaucoup de complicité et de tendresse entre eux. Comme chaque jour, ils s&#8217;assoient sur le banc devant la boutique pour boire le café et discuter. Puis, ils vont écouter le sermon du prêtre avant d&#8217;aller prendre le déjeuner avec les autres habitants du village. Le côté itératif crée une atmosphère étrange et mime avec grâce la langueur dans laquelle semblent être englués le village et ses habitants en bout de course. Le magnifique travail du directeur de la photographie, Lucio Bonelli, fait penser sans équivoque aux tableaux de Rembrandt ou du Caravage. C&#8217;est dans une semi-pénombre ou une lumière sans fard que tous les jours, les mêmes gestes, les mêmes mots, le quotidien se répètent à l&#8217;infini.<span id="more-8924"></span> Seule la mort peut briser cette mécanique parfaitement huilée. Mais le problème c&#8217;est que les vieux ne semblent pas pouvoir mourir : le cimetière est fermé, verrouillé depuis bien longtemps&#8230; Un mystère qui fait parfois basculer le film dans un réalisme fantastique. </p>
<p>La deuxième partie du film voit Rita, une jeune photographe, débarquer dans cet étrange endroit habité de vieilles personnes et irrévocablement coupé du monde. On ne sait pas pourquoi elle est là, elle semble perdue. Elle prend des clichés qui s&#8217;insèrent entre les séquences, donnant au film une dimension documentaire. En se fondant dans le paysage, elle tisse des liens avec les âmes du village. Escamotant l&#8217;écart entre les générations, Rita devient un pont entre le rêve et la réalité, la vie et la mort. Et le film d&#8217;interroger sur le rôle de la tradition, de la transmission et de la mémoire personnelle et collective.<br />
Récompensé dans de nombreux festivals à travers le monde et premier long-métrage de fiction de la jeune réalisatrice brésilienne Julia Murat, <em>Historias, les histoires n&#8217;existent que lorsque l&#8217;on s&#8217;en souvient</em>, est un joli film enchanteur et sensible.</p>
<p>&nbsp;<br />
Historias, les histoires n&#8217;existent que lorsque l&#8217;on s&#8217;en souvient<em> de Julia Murat, avec Sonia Guedes, Lisa Serra, Luiz Serra, Argentine, Brésil, France. Sortie le 18 juillet 2012.</em></p>
<p><center><iframe frameborder="0" width="560" height="310" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xry0mq?logo=0&#038;hideInfos=1"></iframe></center></p>
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		<title>Les Femmes du bus 678, de Mohamed Diab</title>
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		<pubDate>Thu, 31 May 2012 14:29:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphanie Amigues</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[actualités]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[Egypte]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>

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		<description><![CDATA[Après le succès du remarquable <em>Une séparation</em> en 2011 de l'Iranien Asghar Farhadi, voilà un petit film qui en dit long sur la condition et la difficile émancipation de la femme...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/femmes-bus-678-mohamed-diab.jpg" alt="Les Femmes du bus 678, de Mohamed Diab" title="Les Femmes du bus 678, de Mohamed Diab" width="210" height="280" class="alignleft size-full wp-image-7892" />Après le succès du remarquable <em><a href="/cinema/une-separation-asghar-farhadi/" target="_blank">Une séparation</a></em> en 2011 de l&#8217;Iranien Asghar Farhadi, voilà un petit film qui en dit long sur la condition et la difficile émancipation de la femme. Nous sommes cette fois en Egypte, à la veille des événements de la place Tahrir. Un premier long-métrage saisissant réalisé par Mohamed Diab, jeune cinéaste engagé, et produit par la chanteuse populaire Boushra qui interprète Fayza, le rôle principal. A l&#8217;origine, un fait divers. En 2008, pour la première fois une femme a porté plainte et obtenu trois ans d&#8217;emprisonnement pour son agresseur sexuel. Fiction et réalité vont très vite se confondre, et le film de jouer un rôle dans les mutations du pays puisque, depuis sa sortie en Egypte et son énorme succès, une loi sur «les harcèlements sexuels» a vu le jour (jusque-là on ne parlait que d&#8217;«agressions») et des procès ont fleuri. Un film utile donc, mais pas seulement. Un objet cinématographique brillant. Qui ne démontre pas et évite les écueils de la caricature.<span id="more-7872"></span></p>
<p>Trois femmes, trois combats qui s&#8217;entrecroisent par une mise en scène ingénieuse. Trois destins réunis par un même refus de subir. Il y a Fayza, mariée, voilée, pauvre, qui, dans le bus, est victime d&#8217;agressions sexuelles quotidiennes. De la part d&#8217;hommes machos, grossiers qui jouent à «frotti-frotta», avec pour seule caution de leur bonne foi, le citron glissé dans leur poche pour masquer leur érection et leur vile pulsion. A bout, outragée dans sa condition de femme et d&#8217;épouse &#8211; elle ne veut plus que son mari la touche -, elle décide d&#8217;agir, d&#8217;abord seule. Poussée au départ par son instinct, elle préméditera ensuite son geste libérateur : piquer les agresseurs avec une aiguille là où ça fait mal : leur sexe. Seba, quant à elle, est plus libre, plus féminine, plus intellectuelle. Mais un jour, agressée lors d&#8217;une manifestation, elle se retrouve rejetée par son mari. L&#8217;infâme, c&#8217;est l&#8217;impuissance de l&#8217;homme à se mettre à la place de sa femme. Il se pose en bafoué, incapable de vivre avec la «souillure» de son épouse. Enfin, il y a Nelly. Elle est jeune, libre, rebelle (elle fait du stand-up). Après s&#8217;être fait violenter dans la rue, elle veut porter plainte. Elle ira au bout malgré la pression de ses proches qui le vivent comme un déshonneur. </p>
<p>Toutes les trois sont en lutte. Contre les hommes. Contre la société. Mais loin de la caricature, le réalisateur porte un regard lumineux et nuancé sur les maux qui ulcèrent son pays. D&#8217;une part, les femmes ne sont pas montrées comme un bloc soudé : toutes ne veulent pas s&#8217;émanciper, à l&#8217;image de la collègue de Fayza qui prend le bus pour s&#8217;offrir aux hommes et éventuellement trouver un mari. Certaines sont gagnées par le désir de se confier mais restent muettes lors des groupes de parole organisés par Seba. Quant à nos trois héroïnes, elles se comprennent, s&#8217;entraident, se jugent et se déchirent tour à tour. D&#8217;autre part, les hommes ne sont pas tous des gros dégueulasses. Ainsi, deux contrepoints sympathiques à la bestialité de la gent masculine : le flic, qui comprend et protège les femmes, même s&#8217;il ne fait rien véritablement pour les aider. Et le petit copain de Nelly, qui finit par la soutenir dans son combat. Enfin, au-delà des violences faites aux femmes, c&#8217;est toute la société égyptienne qui est passée au crible : le couple, la misère économique (présentée comme terreau des agressions, puisque sans boulot les hommes ne peuvent se marier et sont ainsi sexuellement frustrés), la fragile solidarité entre les femmes et leur douloureuse émancipation. Tout cela porté par une belle interprétation, des dialogues bien écrits et une bonne dose d&#8217;humour malgré la gravité du propos.</p>
<p>&nbsp;<br />
Les Femmes du bus 678 <em>de Mohamed Diab avec Bushra Rozza, Nelly Karim, Nahed El Sebai, Omar El Saeed&#8230; Egypte, 2011. Sortie le 30 mai 2012.</em></p>
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		<title>Peddlers, de Vasan Bala</title>
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		<pubDate>Wed, 23 May 2012 09:04:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphanie Amigues</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Films du 65e Festival de Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[course-poursuite]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[Inde]]></category>
		<category><![CDATA[Semaine de la critique]]></category>

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		<description><![CDATA[Premier film d'un jeune indien qui a décidé un jour de troquer son costume de banquier contre celui de réalisateur, Peddlers a été financé en partie grâce à un appel sur Facebook de la productrice. Sans autorisation de tourner dans la ville de Mumbai, cela coûtait trop cher. Un film fait avec des bouts de ficelle, instinctif et spontané. ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2012/05/peddlers-vasan-bala.jpg" alt="Peddlers, de Vasan Bala" title="Peddlers, de Vasan Bala" width="280" height="157" class="alignleft size-full wp-image-7379" />Premier film d&#8217;un jeune Indien qui a décidé un jour de troquer son costume de banquier contre celui de réalisateur, <em>Peddlers</em> a été financé en partie grâce à un appel sur Facebook de la productrice. Sans autorisation de tourner dans la ville de Mumbai, cela coûtait trop cher. Un film fait avec des bouts de ficelle, instinctif et spontané.<br />
Trois personnages, une ville, des rencontres. L&#8217;équation est simple, efficace. Une femme ingénue veut à tout prix gagner de l&#8217;argent. Un flic impuissant emploie de drôles de méthodes pour assainir la ville de la drogue. Un jeune un peu paumé erre de trafics en rapines. Ils se croisent. Se cherchent ou se fuient. Leurs vies se font et se défont sur un rythme haletant.<span id="more-7339"></span> A l&#8217;image de cette scène de course-poursuite hallucinante dans les rues de Mumbai, qui mérite à elle seule le détour. Une bande-son énergique ou mélancolique scande les mouvements des corps abîmés. Les caractères, travaillés avec beaucoup de précision et de profondeur, nous ébranlent. Le montage presque convulsif joue avec nos nerfs en livrant les informations au compte-goutte, tardant à révéler des failles ou des blessures intimes. Un film sombre dans une ville grouillante où tout est gris, le ciel comme les gens. Les couleurs semblent délavées, les êtres déjà fanés. Pourtant, dans ce marasme, reste une urgence à survivre. A vivre. Et un premier film audacieux.</p>
<p>Peddlers <em>de Vasan Bala, avec Gulshan Devaiah, Siddharth Mennon, Kriti Malhotra, Nimrat Kaur&#8230; Inde, 2012. Présenté à la Semaine de la critique du 65e Festival de Cannes.</em></p>
<p><strong>&raquo; Retrouvez tout notre <a href="/festival-cannes-2012/">dossier dédié au 65e Festival de Cannes</a></strong></p>
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