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	<title>Grand Écart &#187; Julien Camy</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Festival d&#8217;Alès Itinérances : rencontre avec Céline Gailleurd et Olivier Bohler</title>
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		<pubDate>Thu, 07 May 2015 16:37:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Camy</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[festival]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>

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		<description><![CDATA[<em>Edgar Morin, chronique d’un regard</em>, le portrait intense et poétique d'un grand penseur du XXe siècle...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Edgar Morin, le cinéma du sensible</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/05/Edgard-Morin-Chronique-d-un-regard-affiche.jpg" alt="Edgar Morin, Chronique d&#039;un regard" width="188" height="250" class="alignleft size-full wp-image-20870" /><strong>Le documentaire <em>Edgar Morin, chronique d’un regard</em> est le portrait intense et poétique d’un des plus grands penseurs du XXe siècle, Edgar Morin, et de sa relation au cinéma. Avec onirisme, un sens de l’impalpable et une volonté de plonger au fond de ce regard encore pétillant à 93 ans, les réalisateurs, Céline Gailleurd et Olivier Bohler, réussissent à transmettre par le cinéma et les émotions cette pensée moderne, humaniste et progressiste. Le film est sorti ce 29 avril en France.<br />
Rencontre.</strong></p>
<p><strong>Comment est née l’idée de ce documentaire ?</strong></p>
<p><strong>Olivier :</strong>  Un public assez important connaît Edgar Morin. Cependant la médiatisation du personnage se fait surtout autour de ses prises des questions politiques ou sociologiques, oubliant les racines de son œuvre qui plonge directement dans le cinéma. L’idée était donc de montrer que sa pensée continue, encore aujourd’hui, de tirer ses racines dans ce terreau fondateur qu’est le cinéma. Morin dit qu’il ne peut pas être que sociologue de cinéma, ou qu’anthropologue ou avoir une démarche liée uniquement à la phénoménologie. Pour comprendre un phénomène, il faut croiser les disciplines y compris la médecine, la biologie.<br />
<strong>Céline :</strong> Ce fut le premier chercheur à entrer au CNRS avec comme objet d’étude le cinéma. <span id="more-20869"></span></p>
<p><strong>Comment aborde-t-on l’écriture un tel documentaire qui dresse à la fois le portrait d’un homme, de sa pensée et l’histoire de celle-ci ?</strong></p>
<p><strong>Céline :</strong> Nous avons essayé de construire le film comme l’itinéraire d’un penseur itinérant selon différentes étapes qui vont de la salle de projection aux rues de Paris, Berlin, en passant par le musée du quai Branly, la Deutsche Kinemathek, jusqu’aux moyens de transport… Cela nous a pris beaucoup de temps pour trouver ces lieux porteurs de cinématographies, de mémoire et d’art, qui permettent le surgissement de la pensée. Il fallait qu’Edgar Morin soit sans cesse en interaction avec ce décor pour profiter du pétillement de sa pensée toujours en mouvement. Son déplacement est à la fois physique et intellectuel. C’est quelqu’un qui traverse les disciplines et n’arrête pas de bouger.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/05/Edgar-Morin.jpg" alt="Edgar Morin" width="250" height="167" class="alignright size-full wp-image-20871" /><strong>Dans votre film, beaucoup de choses passent par le côté sensible. Cela donne l’impression d’être en voyage dans sa pensée, un voyage imaginaire presque…</strong></p>
<p><strong>Olivier :</strong> C’est une fiction à sa façon, un voyage inventé d’Edgar Morin. L’essentiel c’est l’émotion ressentie face à ce qu’il nous dit du cinéma. Il était important de le rendre sensible, rendre palpable ce qui l’émeut à l’image, de montrer qu’il éprouve une émotion avant même qu’il l’intellectualise. Par exemple, quand il évoque <em>Le Chemin de la vie</em> de Nikolaï Ekk (1931), il y retrouve le personnage de sa mère. Tout passe d’abord chez lui par l’émotion.</p>
<p><strong>Vous cherchiez à créer ce pont entre fiction et réalité ?</strong></p>
<p><strong>Céline :</strong> Le croisement entre la réalité et l’imaginaire marque le rapport d’Edgar Morin au cinéma.<br />
<strong>Olivier :</strong> Il apprécie les grands films hollywoodiens mais aussi les <em>telenovelas</em> brésiliennes tout en aimant le cinéma documentaire. Son association avec Jean Rouch n’est pas neutre. Rouch est un grand metteur en scène de la réalité. Il faisait retourner des scènes. Cela a plu à Morin. Dans ce cinéma direct, ce cinéma vérité, il y a une très grande part de mise en scène.<br />
<strong>Céline :</strong> Les films sont pour lui plus forts que des ouvrages de sociologie, même les films de fiction.</p>
<p><strong>Au fur et à mesure de votre film, on comprend que son rapport au monde au travers du cinéma est très lié à la mort de sa mère.</strong></p>
<p><strong>Olivier :</strong> Il nous a raconté qu’une nuit, dans les années 1970 alors qu’il est à New York, il rêve de sa mère. Celle-ci le pardonne et il pleure dans son rêve alors qu’il n’a jamais pleuré sa mort. Quand il se réveille, il décide qu’une nouvelle ère de son existence commence. Il a déjà une cinquantaine d’années. Edgar Morin repense ainsi la question de la régénération au travers d’un rêve où il pleure sa mère. C’est de l’ordre de l’expérience, de l’émotion. Aujourd’hui quel philosophe accepterait de raconter des choses aussi intimes et d’expliquer que sa philosophie repose en partie là-dessus ? Cela rend différent de pas mal de penseurs.</p>
<p><strong>L’engagement politique d’Edgar Morin n’apparaît pas directement. Cependant tout le caractère politique qu’il projette dans le cinéma est rendu visible&#8230;</strong></p>
<p><strong>Céline :</strong> Nous voulions montrer qu’il a puisé ses premières prises de conscience politique dans ses émotions de cinéma alors qu’il était adolescent.  Dans le film de Georg Wilhelm Pabst, <strong>L’Opéra de quat’sous</strong> (1931) d’après Bertolt Brecht, il a vu l’exploitation de l’homme par l’homme à l’œuvre. Il a senti ses premiers désirs d’engagement naître en voyant les films de Pabst. On retrouve dans <em>Chronique d’un été</em>, coréalisé avec Jean Rouch en 1961, cette volonté de filmer. Huit ans avant mai 1968, il avait eu l’autorisation de tourner dans l’usine Renault grâce au réseau de la Résistance. Ses images sont magnifiques.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2015/05/Céline-Gailleurd-et-Olivier-Bohler.jpg" alt="Céline Gailleurd et Olivier Bohler" width="187" height="250" class="alignleft size-full wp-image-20872" /><strong>Cet engagement politique ne cesse de parcourir le film ?</strong></p>
<p><strong>Olivier :</strong> Pour nous le cinéma, c’est politique.<br />
<strong>Céline :</strong> Comme une vision critique de la société, une ouverture sur le monde. Quand Edgar Morin parle de la question du bonheur, avant même <em>Chronique d’un été</em> où il pose la question <em>« Etes-vous heureux ? »</em> à des Parisiens dans la rue, on voit déjà dans ses articles, cette préoccupation, cette façon de décortiquer les médias et leur obsession du bonheur, du <em>happy end</em> de la société de consommation.<br />
Nous voulions donc aussi montrer comment Morin s’empare du cinéma pour essayer de réfléchir à la société dans laquelle nous vivons, comment le cinéma devient une réflexion critique.<br />
<strong>Olivier :</strong> Avec <em>Chronique d’un été</em>, il montre des jeunes qui ne savent pas où ils vont ; il montre la guerre d’Algérie qui fait des ravages ; il montre une angoisse réelle chez les Français moyens qui ne trouvent pas leur place. Montrer cela en 1960, en plein boom économique, est précurseur. Les années 1960 se situent au milieu des Trente Glorieuses mais pour lui c’est le début de la fin. Il n’y a rien de glorieux. C’est le moment où la société s’enfonce dans la consommation, la pollution, l’isolement des uns par rapport aux autres, la perte du lien social. Analyser dans le présent des choses qui allaient devenir évidentes trente ans plus tard démontre une sacrée puissance d’analyse.<br />
<strong>Céline :</strong> Ce qui me touche beaucoup par rapport aux questions politiques, c’est qu’il n’a pas le regard désenchanté. Il n’est pas passéiste car son engagement, étant de l’ordre de l’émotion, le met en mouvement.<br />
<strong>Olivier :</strong> Son truc, c’est de dire que tout va mal mais que dans les probables, il y a aussi, ça va aller mieux. Dans les possibles, il y a le bonheur.</p>
<p><strong>Est-il heureux aujourd’hui ?</strong></p>
<p><strong>Céline :</strong> L’origine de <em>Chronique d’un été</em> était justement son mal-être. Nous lui avons donc posé la question et sa réponse a été un sourire radieux. Un des sourires qui terminent notre film.<br />
<strong>Olivier :</strong> Cela ne veut pas dire qu’il n’est pas inquiet sur le monde d’aujourd’hui. Mais il est pacifié avec lui-même. Il est apaisé.</p>
<p>L’entretien complet est à lire sur <a href="http://ciaovivalaculture.com/2015/04/28/entretien-edgar-morin-le-cinema-du-sensible/" target="_blank" rel="nofollow" class="broken_link">Ciaovivalaculture</a>. </p>
<p>&nbsp;<br />
<em>Prochaines séances/rencontres avec les réalisateurs, Edgar Morin et l’équipe du film :<br />
Le jeudi 30 avril, 19h40 au Champollion (51, Rue des Ecoles, 75005 Paris)<br />
Soirée en présence des réalisateurs et de l’équipe, animée par Antoine Gaudin<br />
Le lundi 4 mai, 20h au Cinéma des cinéastes (7, av. de Clichy, 75017 Paris)<br />
Soirée en présence de Edgar Morin et des réalisateurs</p>
<p>Le mardi 5 mai, 19h15  au Champollion (51, Rue des Ecoles, 75005 Paris)<br />
Soirée en présence de Edgar Morin et des réalisateurs, animée par Emmanuel Dreux<br />
Le mercredi 6 mai 18h à la boutique Potemkine (30, rue Beaurepaire, 75010 Paris)<br />
Rencontre conviviale, discussion avec les réalisateurs et le monteur Aurélien Manaya</em></p>
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		</item>
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		<title>Revue de festival : Cine Europeo Séville 2014</title>
		<link>http://www.grand-ecart.fr/cinema/festival-cine-europeo-seville-2014/</link>
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		<pubDate>Mon, 01 Dec 2014 11:54:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Julien Camy</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[festival]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Festival du cinéma européen de Séville s’est terminé le 15 novembre dernier. Grand prix : <em>Snow Therapy</em> du Norvégien Ruben Östlund. Revue de festival. ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Les Nouvelles Vagues de Séville</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/11/affiche-cine-europeo-seville-2014.jpg" alt="Affiche festival Cine Europeo de Séville" title="Affiche festival Cine Europeo de Séville" width="244" height="280" class="alignleft size-full wp-image-19643" /><strong>Le Festival du cinéma européen de Séville s’est terminé le 15 novembre dernier en récompensant du Grand Prix <em><a href="http://www.grand-ecart.fr/67e-festival-cinema-cannes/films-selection-officielle-2014/un-certain-regard-2014/tourist-force-majeure-ruben-ostlund/" target="_blank">Snow Therapy</a></em> du Norvégien Ruben Östlund. Les films sélectionnés à ce festival convergent et échangent pour résister au « conformisme et à l’uniformité des idées » selon son directeur José Luis Cienfuegos.</strong> </p>
<p>Le Festival Cine Europeo de Séville est un festival assez important présentant plus de 200 films (longs et courts confondus) avec l’envie de la part des organisateurs d’être un espace d’expression et d’échange.<br />
On passera vite sur la sélection officielle présentant ce qui se fait presque de mieux dans la production cinématographique européenne d’auteurs « reconnus » (Roy Andersson, Jessica Hausner, Alain Resnais, Pascale Ferran, Pedro Costa, Alice Rohrwacher, Andrey Zvyagintsev, Asia Argento, Mike Leigh, Bertrand Bonello…). N’en jetez plus et n’insistez pas. Ce n’est pas du tout par snobisme que l’on ne s’attardera pas sur cette belle sélection, qui fait d’ailleurs honneur aux plus grands festivals car beaucoup de ces films furent soit primés, soit sélectionnés dans de grands festivals de l’année – donc déjà commentés, mais il est parfois plus intéressant de regarder ce qui se fait en marge, ce qui construit le cinéma de demain. <span id="more-19640"></span></p>
<h3>Les nouvelles vagues</h3>
<p>La sélection Las Nuevas Olas comportant fictions et documentaires, est la plus riche et la plus enthousiasmante du festival. Evidemment, comme dans tous ces espaces de liberté où s’expriment de nouveaux auteurs en majorité, les surprises furent belles et inégales, alors plutôt que de faire un panégyrique fastidieux, voici un top 5 très personnel des choses vues et appréciées : </p>
<p><em><strong>Los Hongos</strong></em> d’Oscar Ruiz Navia est une chronique sociale se déroulant à Bogota. Deux jeunes étudiants cherchent dans le street art à construire leur rapport à leur ville et expriment une volonté de voir leur pays évoluer vers plus de solidarité. Filmé avec peu de moyens mais beaucoup d’envie, avec des comédiens débutants, il y a une fraîcheur et une liberté de création correspondant bien à l’art que défendent ces jeunes. Le film, très modestement, pose des questions fondamentales, notamment sur la représentation politique, la vieillesse et les possibilités d’expression de la jeunesse. </p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/11/free-range.jpg" alt="Free Range de Veiko Ôunpuu" title="Free Range de Veiko Ôunpuu" width="280" height="158" class="alignright size-full wp-image-19646" /><em><strong>Free Range</strong></em> de Veiko Ôunpuu se veut une dérive alcoolique d’un journaliste venant de se faire licencier pour avoir écrit une critique méchante et moqueuse de <em>Tree of Life</em> de Terrence Malick. Ce même jour, il apprend que sa copine est enceinte. Poète torturé, il devra donc apprendre à se comporter en adulte, à s’accepter ou non, et abandonner peut-être ses rêves d’écriture. Accompagné par une bande-son fabuleuse dont les enregistrements ont été faits d’après vinyles, tourné en 16 mm, <em>Free Range</em> charme et plonge les spectateurs avec nostalgie, douceur et acidité sur ce chemin difficile que le personnage principal – sosie estonien de Pete Doherty &#8211; devra parcourir, parfois ivre, pour enfin trouver blouson à sa taille. </p>
<p>Dans <em><strong>Something Must Break</strong></em> (sortie le 10 décembre en France), Ester Martin Bergsmark parle du genre humain. Homosexuel à l’aspect androgyne, son personnage principal masculin rêve d’être une fille et tombe amoureux d’un garçon hétéro. Cependant quelque chose se passe et ils entament une relation. Caméra à l’épaule, tressautant sans cesse, ou plans ultra-léchés ultra-ralentis, Bergsmark fait preuve d’un certain sens esthétique, parfois un peu agaçant. Cependant, son film interroge assez justement le corps, le désir, le regard de l’autre et la connaissance de soi par la quête de l’amour. </p>
<p><em><strong>Fidelio</strong></em> de Lucie Berloteau. Ariane est second-mécanicien sur un navire de marchandise. En embarquant sur le Fidelio, elle ne sait pas qu’elle va retrouver Gaël, un ancien amour qu’elle a quitté. Ce jeu des corps et des sentiments est assez passionnant au milieu de ce brouhaha violent des machines, sur cette mer où tout serait permis. Où l’on se met à nu véritablement. Un premier film sensible et d’une belle maîtrise où la vie particulière de la marine marchande est décrite avec précision – le personnage d’Ariane ayant été inspiré par la meilleure amie de la réalisatrice.</p>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/11/mange-tes-morts-jean-charles-hue.jpg" alt="Mange tes morts de Jean-Charles Hue" title="Mange tes morts de Jean-Charles Hue" width="280" height="117" class="alignleft size-full wp-image-19655" /><em><strong>Mange tes morts</strong></em> de Jean-Charles Hue. Après le docu-fiction, <em>La BM du seigneur</em>, Hue retourne dans cette communauté yéniche (gitans du nord de la France) pour réaliser une fiction entre film policier et parcours initiatique où le vrai n’est jamais loin. D’ailleurs, tous les comédiens sont issus de la communauté. Frédéric Dorkel impose sa puissance évocatrice, impressionne par son sens du jeu et de la caméra. Rien n’est chiqué. J.-C. Hue a mis beaucoup de lui-même dans ce film contant le basculement entre l’ancien et le nouveau monde. Voilà du cinéma français qui ose sans se regarder et qu’on aimerait voir plus souvent.</p>
<p><em><strong>Fort Buchanan</strong></em> de Benjamin Crotty. En bonus, un film un peu à l’opposé du film de Jean-Charles Hue. Cet artiste contemporain réalise son premier long-métrage empruntant autant à Rohmer qu’aux telenovelas brésiliennes. C’est déconcertant, intrigant et on ne sait toujours pas si ce second degré est snob ou pas.</p>
<p>Côté documentaires, le Grand Prix est revenu à <em><strong>Remine, el ultimo movimiento obrero</strong></em> de Marcos Martinez Merino. Ce réalisateur espagnol est parti avec sa famille, vivre dans la région minière des Asturies pour suivre, tel un entomologiste, le combat de mineurs. Il en ressort un film fort, dramatique et qui replace l’importance, toujours actuelle, des mouvements ouvriers dans les évolutions de nos sociétés. </p>
<h3>Un bijou</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/11/equi-notru-tiempu.jpg" alt="Equy y n’otru tiempu de Ramon Lluis Bande " width="280" height="187" class="alignright size-full wp-image-19658" />La sélection Resistencias présentait onze films avec pour point commun d’avoir été faits en dehors des circuits traditionnels de production. Entre films de fictions et documentaires expérimentaux, cette sélection de films indépendants s’est révélée très inégale. Cependant, elle délivra un vrai petit joyau : <em><strong>Equy y n’otru tiempu</strong></em>. Le film de Ramon Lluis Bande célèbre la mémoire de guérilleros morts entre 1937 et 1951 dans les montagnes des Asturies. Par une succession de magnifiques plans fixes des lieux où ils ont été tués par l’armée franquiste, ce documentaire se transforme en un « monumentaire ». Le réalisateur cherche par cette rigueur formelle à ériger une sorte de monument aux morts à ces guérilleros, « passer du document au monument » au travers de ces images que seuls les sons et les mouvements de la nature viennent animer. Ramon Lluis Bande réussit à utiliser, dans sa plus grande simplicité, toute la puissante évocatrice du cinéma projetant la mémoire de ses résistants dans une forme d&#8217;éternité imaginaire mais bien réelle. On en ressort bouleversé. Le film était présenté à Séville en avant-première mondiale et reçut le prix Fipresci.</p>
<h3>Glanures diverses</h3>
<p><div id="attachment_19661" class="wp-caption alignleft" style="width: 290px"><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2014/11/the-smell-of-us-larry-clark.jpg" alt="The Smell of us de Larry Clark" title="The Smell of us de Larry Clark" width="280" height="187" class="size-full wp-image-19661" /><p class="wp-caption-text">The Smell of Us de Larry Clark</p></div>Deux films ont été particulièrement dérangeants (il y a même eu des défections dans la salle), <em><strong>In The Basement</strong></em> d’Ulrich Seidl et <em><strong>The Smell of Us</strong></em> de Larry Clark. Le premier évoque la face cachée de la société autrichienne en plongeant dans les sous-sols (&#8220;<em>basement</em>&#8220;) d’Autrichiens adorateurs d’Hitler, d’armes à feu ou de sadomasochisme. Tout cela filmé très frontalement et sans pudeur. Et sans surprise, le dernier film de Larry Clark ressemble à un film de Larry Clark, et même si on s’attend à être dérangé, il continue de mettre mal à l’aise. Cette fois, cela se passe à Paris et traite de la prostitution chez des adolescents. </p>
<p>Dans la sélection officielle, à noter l’assez particulier <em><strong>Hungry Hearts</strong></em> de Saverio Costanzo. Commençant comme un film romantique indépendant new-yorkais autour de l’histoire d’amour d’une Italienne et d’un Américain, il bifurque ensuite à de nombreuses reprises, vers Polanski ou <a href="http://www.grand-ecart.fr/portraits/interview-ratee-dario-argento-apocalypse-fin-monde/" title="L’interview ratée de Dario Argento" target="_blank">Argento</a> pour finir par ne plus savoir vers où aller. Dommage. Les deux comédiens sont par contre fabuleux, Alba Rohrwacher (sœur de la réalisatrice Alice) dans le rôle de la mère sombrant dans une folie protectrice pour son bébé, et Adam Driver, que l’on connaît pour le rôle d’Adam dans la série <em>Girls</em>, qui joue le père essayant de sauver son bébé des bras de son épouse. Etouffant. </p>
<h3>Une Fête</h3>
<p>Le Festival de Séville intègre dans sa programmation une série de concerts qui ont lieu après les projections. Encore une fois, c’est une volonté de la part des organisateurs de faire de ce rendez-vous une fête et un lieu de rencontres pour spectateurs et invités. Une très bonne idée qui rend ce rendez-vous cinéphile de très belle qualité encore plus attachant.</p>
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