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	<title>Grand Écart &#187; Amalia Casado</title>
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	<description>Étirements cinéphiles</description>
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		<title>Bovines, d&#8217;Emmanuel Gras</title>
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		<pubDate>Tue, 12 Feb 2013 13:37:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amalia Casado</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2011]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[acid]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[vache]]></category>

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		<description><![CDATA[Si vous ne l'avez pas encore vu, ça tombe bien : <em>Bovines</em> sort en DVD ce 5 février 2013. L'occasion de découvrir la vraie vie des vaches, beaucoup moins monotone qu'il n'y paraît...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/05/vache-sac.jpg" alt="Une vache reniflant un sac plastique dans Bovines" title="Une vache reniflant un sac plastique dans Bovines" width="300" height="169" class="alignleft size-full wp-image-2433" /><em>Bovines</em> est un film magnifique. Les vaches mènent la danse. Majestueuses, sensibles, volontaires, maternelles, mécontentes, blessées, prisonnières, résignées. La vie d&#8217;une vache est riche d&#8217;événements infimes : un orage duquel il faut se protéger, un sac plastique courant dans l&#8217;herbe&#8230; L&#8217;approcher, se méfier. </p>
<p>Emmanuel Gras filme le temps, la manière dont il modifie imperceptiblement le déroulement de la vie et du visible. Sa caméra se fige. <strong>Petit à petit, par une contemplation patiente et sereine, l&#8217;image se plie, s&#8217;échappe du réel pour se contracter en une forme abstraite et plastique.</strong> Le vivant devient contour. La toile d&#8217;araignée, une fragilité cosmique. Les premières gouttes d&#8217;un orage animent une flaque d&#8217;eau, troublent et rident le reflet du soleil par des cercles concentriques qui jaillissent, se fondent, s&#8217;affolent puis s&#8217;acceptent. Ces images construites donnent un relief très beau au bocage normand, cœur de la scène. Un nuage devient une forme obscure quand il passe devant la lune. Pour seule musique, insectes et oiseaux rendent hommage au soleil et, bien entendu, les protagonistes de taille n&#8217;ont pas la langue dans leur poche. <span id="more-2430"></span></p>
<p><strong>Jamais je n&#8217;avais réellement regardé de vache.</strong> Regarder de cette manière si précise que la chose devient tout à coup étrange, comme disséquée. La vache, son regard intransigeant quand elle broute l&#8217;herbe, son air résigné quand elle attend que la pluie passe, sa nonchalance à mettre bas &#8211; c&#8217;est soudain le choc du veau s&#8217;affalant sur le sol qui nous apprend de quoi il retournait&#8230; Par des gros plans sur la bête – car ce sont des monstres, pacifiques et étonnants &#8211; Emmanuel Gras livre un portrait de caractère. </p>
<p>L&#8217;histoire. Tout semblait commencer dans le meilleur des mondes. Un troupeau blanc mène une vie de vache : brouter, ruminer, naître, se lécher les uns les autres. <strong>Dans ce paisible bocage, l&#8217;homme est un étranger. Quand il apparaît, l&#8217;étrangeté est manifeste.</strong> Tracteur, anorak et « Allez » répétés le rendent&#8230; presque abstrait. Puis quelques scènes chargent une tension dramatique manifeste. Une camionnette arrive, immatriculée 14. L&#8217;inscription « viande charolaise » au dos. Certains membres du troupeau ne reviendront plus. Et les autres ne peuvent s&#8217;arrêter de hurler. Pourtant les pissenlits recommenceront de frémir sous la caresse du vent. </p>
<p>Avec simplicité, Emmanuel Gras signe un film profondément calme. Entre le land art et le pamphlet végétarien, les angles choisis apportent une charge émotionnelle et narrative insoupçonnée&#8230; à cette vie normande vue sous l’œil de bœuf.<br />
&nbsp;</p>
<h3>Les bonus du DVD <em>Bovines</em></h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/05/bovines-emmanuel-gras-vache.jpg" title="Bovines, d&#039;Emmanuel Gras" alt="Bovines, d&#039;Emmanuel Gras" width="280" height="138" class="alignleft size-full wp-image-11495" />1h01 de <em>Bovines</em> soulève plusieurs questions : qu&#8217;est-ce qui est bien passé par la tête d&#8217;Emmanuel Gras pour avoir l&#8217;idée de ce film ? Et d&#8217;ailleurs, qui est Emmanuel Gras ? Y aura-t-il une suite ? Parce qu&#8217;il faut bien avouer qu&#8217;on n&#8217;aurait pas rechigné à voir quelques dizaines de minutes supplémentaires de la vraie vie des vaches&#8230; Ca tombe bien, les suppléments du DVD de <em>Bovines</em> offrent, outre des <em>repérages</em>, sorte de travail préparatoire au long-métrage, une belle poignée de scènes additionnelles, notamment croquant le musculeux et fascinant taureau. De quoi prolonger l&#8217;expérience <em>Bovines</em> encore un moment.<br />
Tout le monde se demande évidemment comment Emmanuel Gras a eu l&#8217;idée de consacrer un film entier à nos amies les vaches, et comment le film a pris forme. On trouve en supplément un très intéressant entretien avec le réalisateur, où il explique notamment sa manière de procéder, comment le ton du film a peu à peu changé et ce qu&#8217;il voulait précisément saisir de la représentation des vaches. Une rencontre à regarder absolument pour éclairer encore cette œuvre étrange&#8230;<br />
Enfin, parce qu&#8217;on est en droit de se demander qui est Emmanuel Gras, les bonus nous gratifient de son court-métrage <em>Tweety Lovely Superstar</em>, réalisé en 2005 et récompensé à plusieurs reprises. Le metteur en scène y remplace les champs par des immeubles et les vaches par des hommes, mais sinon, on y découvre déjà son regard passionné et respectueux.</p>
<p>&nbsp;<br />
Bovines<em>, d&#8217;Emmanuel Gras. France, 2011. Programmation Acid Cannes 2011. Sortie le 22 février 2012. Sortie en DVD le 5 février 2013.</em></p>
<p><center><script type="text/javascript" src="http://www.ultimedia.com/deliver/generic/js/mdtk/01200383/src/uqzrf/zone/2/autoplay/no/"></script></center></p>
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		<title>Miscellanée #8 : Goldfinger est hongrois</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Oct 2011 11:14:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amalia Casado</dc:creator>
				<category><![CDATA[Miscellanées]]></category>

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		<description><![CDATA[Un représentant de commerce américain ou un architecte hongrois... Qui donc inspira le célèbre Goldfinger, ennemi majeur de James Bond ? ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/10/james-bond-goldfinger.jpg" alt="Shirley Eaton et Sean Connery dans Goldfinger de Guy Hamilton" title="Shirley Eaton et Sean Connery dans Goldfinger de Guy Hamilton" width="280" height="210" class="alignleft size-full wp-image-4264" /><br />
D&#8217;abord, il y a Jacob Goldfinger, représentant de commerce employé dans les services secrets de l&#8217;armée américaine. Mécontent d&#8217;avoir le même nom qu&#8217;un très méchant très célèbre ennemi de James Bond, il décide de poursuivre Ian Fleming (créateur de 007) en justice, sous prétexte du risque de confusion possible entre sa personne et le personnage du roman. Il se fait débouter, mais l&#8217;intérêt de l&#8217;histoire est que la vraie source d&#8217;inspiration de ce fameux Goldfinger éclate au grand jour. Il s&#8217;agirait d&#8217;un architecte d&#8217;origine hongroise, Ernö Goldfinger (1902-1987), qui vivait dans les années 1950 dans la même rue que Fleming. Rue Hampstead, dans le nord de Londres. Une affaire de vengeance esthétique. L&#8217;architecte, tête de proue du style moderne, fait construire à la place de vieilles propriétés victoriennes qui s&#8217;y trouvaient des maisons qui n&#8217;étaient pas du goût de l&#8217;écrivain&#8230; Moralité : les frustrations, ça ressort à un moment ou à un autre, d&#8217;une manière ou d&#8217;une autre.</p>
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		<title>Venise-Cannes, vu du ciel</title>
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		<pubDate>Fri, 20 May 2011 17:28:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amalia Casado</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2011]]></category>
		<category><![CDATA[Croisette]]></category>

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		<description><![CDATA[A Cannes, on ne fait pas que voir des films, on nous raconte aussi des anecdotes&#8230; « Février 2010. Vol à destination de Venise. Il ne manque plus qu&#8217;une passagère...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/05/julie-gayet.jpg" alt="Julie Gayet" title="Julie Gayet" width="280" height="187" class="alignleft size-full wp-image-3282" />A Cannes, on ne fait pas que voir des films, on nous raconte aussi des anecdotes&#8230; </p>
<p>« Février 2010. Vol à destination de Venise. Il ne manque plus qu&#8217;une passagère ! On l&#8217;attend déjà depuis quelques minutes quand je vois arriver dans la passerelle une femme longiligne. Elle court s&#8217;installer. C&#8217;est alors que j&#8217;apprends que c&#8217;est Julie Gayet, l&#8217;actrice française. Ce jour-là, à vrai dire, je ne la connaissais que de nom. Avec le commandant de bord, nous l&#8217;invitons à faire l&#8217;atterrissage à Venise dans le cockpit. Ambiance pas si formelle. Elle se montre très vite détendue et ravie d&#8217;être là ! « C&#8217;est la première fois qu&#8217;on m&#8217;invite à faire ça ! » s&#8217;exclame-t-elle. Le commandant de bord parle cinéma. Evoque la carrière potentielle de son beau-frère qui n&#8217;a toujours pas démarré&#8230; Julie Gayet se montre tout à fait coopérative, distribuant mails et conseils. La nuit était déjà tombée lorsque nous approchons de Venise. Comme chacun sait, ce qui se dit la nuit ne voit que rarement le jour&#8230; Quelques mois plus tard, je suis à Cannes, boîte du Palais avec des amis. Noeud papillon délassé sur la chemise, ambiance festive avancée. Je m&#8217;apprête à rentrer à l&#8217;hôtel quand, tout à coup, j&#8217;aperçois, attablée avec Mélanie Laurent  et Djamel Debbouze&#8230; Julie Gayet. « Julie ! » m&#8217;écriais-je, éméché. « Venise ! », lance-t-elle enthousiaste et magnifique. Nous passons une excellente soirée ! C&#8217;est ça Cannes aussi. Certes, il y a les stars que tout le monde observe discrètement, mais au fond c&#8217;est un monde sans distance. »</p>
<p style="text-align: right;">Edouard R., pilote de ligne, a grandi dans le cinéma de son père</p>
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		<title>(Mauvaise) Humeur cannoise</title>
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		<pubDate>Tue, 17 May 2011 11:15:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amalia Casado</dc:creator>
				<category><![CDATA[Humeurs cannoises]]></category>

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		<description><![CDATA[Cannes 2011 : vivement le 22 mai Cannes. Un mot. Une destination. Une destinée ? Petite Olympe ensoleillée de notre siècle ou héliotropisme planétaire du mois de mai. Jamais mis...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Cannes 2011 : vivement le 22 mai</h3>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/05/neon21.jpg" alt="Pendant ce temps, à Paris..." title="Pendant ce temps, à Paris..." width="280" height="210" class="alignleft size-full wp-image-2827" />Cannes. Un mot. Une destination. Une destinée ? Petite Olympe ensoleillée de notre siècle ou héliotropisme planétaire du mois de mai.<br />
Jamais mis les pieds.<br />
Ni en hiver ni en été.</p>
<p>Le festival en est à sa 64e édition. Sans moi. Jusqu&#8217;à quand cela va-t-il &#8211; peut-il &#8211; durer ? Sûrement pas longtemps. </p>
<p>Il y a des mots qui résonnent comme un décor qu&#8217;on plante. Dits comme des drapeaux de bonheur à destination de ceux qui n&#8217;en profitent pas. Et tout le monde trouve ça normal. Alors qu&#8217;on pourrait se rebeller contre un sadomasochisme collectif répété d&#8217;année en année ! Deux semaines pendant lesquelles le monde se divise. Les élus d&#8217;un côté. Et les autres qui regardent et font semblant de s&#8217;intéresser&#8230; </p>
<p>Ne servent qu&#8217;à ça d&#8217;ailleurs, ces mots agités. Tapis rouge. Robes magnifiques. Sein à l&#8217;air. Sophie Marceau. Réalisateur. Croisette. Soleil et cinéma.<br />
<em>Spotlight</em> de la chambre noire.<br />
Rien de très excitant, finalement&#8230; <span id="more-2824"></span></p>
<p>Il faut dire qu&#8217;on ne m&#8217;a pas invitée parce que je suis indispensable à Paris. Si, si. Il faut bien un journaliste pour garder la maison, sortir le chien, continuer d&#8217;écrire sur autre chose que Cannes quand tous sont partis traquer les robes à paillettes. Et si je veux quand même écrire sur Cannes, après tout&#8230;</p>
<p>Dans mon festival à moi, il y a un tapis rouge, mon dessous de table. Très utile pour les plateaux-repas-DVD sans personne pour me faire de l&#8217;ombre, avoir de plus belles chaussures que moi. Dans mon kit festivalier d&#8217;intérieur, pas besoin de faire un régime après « Cannes » ou de dormir cinq jours d&#8217;affilée pour s&#8217;en remettre. Je regarde le dernier Woody Allen à UGC. Idéal quand il pleut dehors. Et à minuit je me promène dans Paris, m&#8217;attendant à croiser Owen le long de la Seine. Ma Croisette à moi.</p>
<p>Le principal c&#8217;est de rêver. </p>
<p>Vivement le 22 mai, qu&#8217;on en <em>finisse</em> !</p>
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		<title>Minuit à Paris, de Woody Allen</title>
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		<pubDate>Mon, 16 May 2011 00:20:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amalia Casado</dc:creator>
				<category><![CDATA[Festival de Cannes 2011]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[comédie romantique]]></category>
		<category><![CDATA[critiques Cannes]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Woody Allen]]></category>

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		<description><![CDATA[Ah Paris ! (Prononcer "Parisse".) Ses places, ses cafés, son <em>Moulin Wouge</em> et ses voitures à la queue leu leu. « Quand on sait que Paris existe, je ne comprends pas qu'on puisse de son plein gré...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/05/minuit-paris-wilson-cotillard.jpg" alt="Marion Cotillard et Owen Wilson dans Minuit à Paris" title="Marion Cotillard et Owen Wilson dans Minuit à Paris" width="280" height="186" class="alignleft size-full wp-image-2979" />Ah, Paris ! (Prononcer &#8220;Parisse&#8221;.) Ses places, ses cafés, son <em>Moulin Wouge</em> et ses voitures à la queue leu leu. « Quand on sait que Paris existe, je ne comprends pas qu&#8217;on puisse de son plein gré vivre ailleurs », rêve à haute voix Gil Penter, le nouvel héros de ce dernier Woody Allen joué par Owen Wilson.</p>
<p>Cet habitué des comédies romantiques plus ou moins graveleuses incarne ici un poète chaste en manque de reconnaissance &#8211; ou d&#8217;inspiration &#8211; l&#8217;un et l&#8217;autre allant de pair, présentant un écarquillement quasi permanent des paupières devant les incroyables aventures que lui réserve son séjour parisien. <span id="more-2969"></span></p>
<p>Il y a de quoi&#8230; Au hasard des chemins empruntés un soir d&#8217;insomnie, notre héros se retrouve assis sur les marches de la place Dalida à Montmartre, transformée pour l&#8217;occasion en un carrefour féerique à la croisée de mondes spatiotemporels enchevêtrés. Perdu – ah, comme il est rare de pouvoir se perdre, condition <em>sine qua non</em> pour pouvoir se trouver ! -, il ne sait plus comment rentrer à l&#8217;hôtel où sa douce harpie, blonde et américaine avec qui il ne partage rien – sauf un goût pour la nourriture indienne, et encore, seulement les naan – ne va pas tarder à l&#8217;attendre. Les douze coups de minuit sonnent quand une voiture des années 1930 s&#8217;arrête à sa hauteur. Il est invité à monter. Début d&#8217;une aventure dans cette époque qui le fascine tant. Retour dans le temps.</p>
<p>Comédie romantique, conte fantastique, <em>Minuit à Paris</em> se regarde comme du petit lait sucré. Woody Allen y met en scène le fantasme de la nostalgie. A noter, ce phénomène étonnant que les artistes, à chaque époque, se retrouvent aux mêmes cafés, aux mêmes soirées. Comme si pour créer il fallait être ensemble, se disputer sur des détails parce que seule la création compte, vivre ensemble l&#8217;état d&#8217;inspiration permanente pour que chacun puisse se nourrir et donner libre cours à son imagination. L&#8217;art appelle l&#8217;art&#8230; Bref.</p>
<p>Gil Penter fait la connaissance de Picasso, Dali, Hemingway et toute la clique. Comique au début, l&#8217;effet de surprise a tendance à se répéter et seul Owen continue d&#8217;écarquiller les yeux à sa énième rencontre avec un personnage du passé, même s&#8217;il s&#8217;agit de Dali, glissé dans la peau du magnifique Adrian Brody.  </p>
<p>Léger et agréable, ce retour dans le passé, bien que très esthétique et très romantique, pèche par un manque de renouvellement de ses ressorts narratifs. Les dialogues flottent, sont parfois cruellement creux, manquent d&#8217;incisif. Peu de quiproquos, de double sens. Manquent ces traits d&#8217;esprit piquants qui font toute la saveur d&#8217;un Woody Allen en forme. Ici, l&#8217;idée du retour dans le temps suffit à faire fonctionner le film. Les ingrédients &#8211; la fraîcheur de Marion Cotillard, Owen Wilson entre ciel et terre, Paris qui prend vie à ses plus belles époques – auraient pu prendre davantage d&#8217;allure. A noter : seul un maître comme Allen peut se permettre un scénario aussi moelleux en gardant le bon ton. Mais il reste en surface. <em>Minuit à Paris</em> est un divertissement en manque de nuances. Les Américains sont lourds, les Français charmants, les prémices des relations bien trop consentantes, fondées seulement sur un regard éloquent, les discours amoureux faussement beaux et bien trop conventionnels. Hélas. Clichés.</p>
<p>Reste Paris, filmé <em>so</em> glamour. Impossible de vivre ailleurs, il a raison Allen.</p>
<p>Minuit à Paris <em>(Midnight in Paris), de Woody Allen, avec Owen Wilson, Rachel McAdams, Marion Cotillard&#8230; Etats-Unis, 2011. Sortie le 11 mai 2011. En sélection officielle hors compétition du Festival de Cannes 2011.</em></p>
<p>http://youtu.be/LApVrMdxdjk</p>
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		<title>Noir océan, de Marion Hänsel</title>
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		<pubDate>Fri, 13 May 2011 07:00:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amalia Casado</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[drame]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>

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		<description><![CDATA[<em>Noir océan</em> est un film très bleu, très doux au thème très violent. Nous sommes en 1972. A bord d'un navire militaire français en mission dans le Pacifique, les heures passent lentement dans...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/05/noir-ocean-hansel.jpg" alt="Noir océan, de Marion Hänsel" title="Noir océan, de Marion Hänsel" width="300" height="176" class="alignleft size-full wp-image-2661" /><em>Noir océan</em> est un film très bleu, très doux au thème très violent. Nous sommes en 1972. A bord d&#8217;un navire militaire français en mission dans le Pacifique, les heures passent lentement dans l&#8217;attente d&#8217;une quelconque action qui légitimerait leur enchaînement monocorde. Capturés par une distance absolue, éloignés de tout par des plages paradisiaques aux allures de bout du monde, de jeunes garçons mènent des jours orchestrés par la discipline mécanique de l&#8217;armée. Des codes, des ordres, des permissions viennent rythmer une vie qui s&#8217;étale sous un soleil trop clair, une mer trop calme. </p>
<p>L&#8217;amitié. Ces garçons ont 20 ans. Un âge qui n&#8217;oublie rien. Ils sont frêles et forts. Des hommes tout neufs. Des hommes enfants. Ils acceptent sans se poser de question, ont l&#8217;innocence de l&#8217;inconscience, le goût de l&#8217;insouciance  parce qu&#8217;à 20 ans on sait que la vie est à venir, qu&#8217;elle se loge dans un présent qui ne pense pas à demain. Il y a Massina, la tête sur les épaules et l&#8217;air rêveur. Giovanni, son chien qui n&#8217;est pas le sien. Moriarty, le mal-aimé, le grassouillet qui insiste pour recueillir l&#8217;affection des autres, tyrannise des poulpes pour se distraire, rit par complaisance, aimerait ressembler aux autres, prend des photos pour les envoyer à sa maman. Parce qu&#8217;une photo peut dire même ce qui n&#8217;a jamais existé. Il y a surtout Moriarty, plus sombre et solitaire que tous les autres. Plus fragile aussi parce que plus intelligent. <span id="more-2656"></span></p>
<p>La bombe éclate comme un rêve doré, immense, silencieux. Une lumière éblouissante et belle. Un nuage en forme de champignon. Les jeunes hommes ont un masque pour se protéger les yeux. Comme d&#8217;une éclipse. Et plus rien. Seul Moriarty est inconsolable.</p>
<p>De ce film très lent, qui aurait pu être mieux incarné et plus affirmé se détache une profonde tendresse. Celle de ces garçons qui peinent à exister et apprennent à vivre ensemble. Néanmoins, se dégage peut-être le sentiment de rester à la surface, celle d&#8217;un océan trop grand ou d&#8217;un film qui se perd en longueurs. Reste la vulnérabilité. Celle de l&#8217;amitié, de personnages pris dans l&#8217;amorce d&#8217;une vie, de la planète sacrifiée par des innocents, de la confiance en soi à construire chaque jour. Un film qui montre que les grands événements ne rythment pas la vie. C&#8217;est dans le quotidien des heures perdues qu&#8217;elle s&#8217;inscrit.</p>
<p>Noir océan<em>, de Marion Hänsel, avec Nicolas Robin, Adrien Jolivet, Romain David. France, Belgique, 2010. Sortie le 22 juin 2011. D&#8217;après deux nouvelles de Hubert Mingarelli extraites du recueil </em>Océan Pacifique<em>.</em></p>
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		<title>L&#8217;Homme d&#8217;à côté, de Mariano Cohn et Gaston Duprat</title>
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		<pubDate>Tue, 10 May 2011 09:36:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amalia Casado</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Argentine]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/05/homme-a-cote-duprat-cohn.jpg" alt="L&#039;Homme d&#039;à côté, de Mariano Cohn et Gaston Duprat" title="L&#039;Homme d&#039;à côté, de Mariano Cohn et Gaston Duprat" width="225" height="300" class="alignleft size-full wp-image-2192" /><br />
L&#8217;écran est divisé en deux. Comme un inconscient qu&#8217;on refuse d&#8217;écouter, les coups de marteaux frappent. Le mur tient bon, ignore la douleur. Finit par céder. D&#8217;abord des miettes de ciment, puis un trou, béant.<br />
Leonardo vit à Buenos Aires dans la maison Curutchet, la seule que Le Corbusier ait signée sur le continent américain et que la loi protège comme un chef-d&#8217;oeuvre. Des murs lisses, blancs qui prennent merveilleusement la lumière&#8230; Symbole de réussite par excellence pour cet architecte au succès international. Pourtant, un peu comme ces trois petits cochons qui dressent leur mur de paille ou de brique, Leonardo est sur le point de subir l&#8217;invasion du loup. Un homme qui lui réclame « un peu de rayons du soleil ». </p>
<p>Comment dire non à Victor, ce voisin plus envahissant qu&#8217;attachant ? Comment dire non à la construction d&#8217;une fenêtre, au cadeau laid dont on ne veut pas, comment parler à sa fille, exister par soi et non par sa création – une chaise design qui se vend une fortune partout dans le monde ? Dire non. Sans se cacher derrière une multitude de justifications – sa femme, la loi. Voilà l&#8217;enjeu. En n&#8217;y parvenant pas, l&#8217;homme tremble, s&#8217;effrite puis s&#8217;effondre. Un combat sourd se mène au son répété du marteau. Des coups qui ébranlent à chaque fois un peu plus sa vie, lui rappellent sa faiblesse incohérente. <span id="more-2189"></span></p>
<p>Une banale histoire de voisinage, somme toute. D&#8217;une corde très fine se tisse le dialogue fracturé entre l&#8217;intello bobo et le beauf qui chasse &#8211; et qui baise, lui. Deux voisins &#8211; deux planètes – que tout oppose apprennent à se méconnaître au fil d&#8217;un script minutieux, mené avec soin. L&#8217;atmosphère pesante se noue, se serre, étrangle. Rafael Spregelburd et Daniel Araoz forment un duo fabuleux, d&#8217;une présence théâtrale. Deux personnages, comme deux grands types mais jamais monolithes s&#8217;affrontent en s&#8217;évitant dans ce huis clos bien construit. Tout en tension, les situations se brisent petit à petit sans que jamais le mur ne tombe. L&#8217;humour naît de ce vide immense sur lequel les personnages se penchent comme pour regarder au dedans d&#8217;eux-mêmes. Jamais il ne sauve. <em>L&#8217;Homme d&#8217;à côté</em> montre brillamment comment un détail peut prendre le dessus sur une vie bien rangée. Comment l&#8217;équilibre, s&#8217;il n&#8217;a pas pensé son déséquilibre, se transforme insidieusement en obsession. </p>
<p>L&#8217;Homme d&#8217;à côté<em> (El Hombre de al lado), de Mariano Cohn et Gaston Duprat, avec Rafael Spregelburd et Daniel Araoz. Argentine, 2009. Sortie le 4 mai 2011.</em></p>
<p><iframe width="620" height="349" src="http://www.youtube.com/embed/Kt61DAYN6BM?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
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		<title>Le Chaperon rouge, de Catherine Hardwicke</title>
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		<pubDate>Thu, 05 May 2011 08:46:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amalia Casado</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[conte]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
		<category><![CDATA[loup-garou]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme vous avez de grandes dents ! « Ça m&#8217;a tout l&#8217;air d&#8217;une bouse pour adolescents prépubères », me lance une amie au téléphone quand je lui dis que je...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4>Comme vous avez de grandes dents !</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/05/chaperon-rouge-catherine-hardwicke.jpg" alt="Le Chaperon rouge de Catherine Hardwicke" title="Le Chaperon rouge de Catherine Hardwicke" width="225" height="300" class="alignleft size-full wp-image-2184" />« Ça m&#8217;a tout l&#8217;air d&#8217;une bouse pour adolescents prépubères », me lance une amie au téléphone quand je lui dis que je sors du film.</p>
<p>A son affiche, ce moderne <em>Chaperon rouge</em> a un petit air de <em>Twilight</em>, dont le premier volet avait été également réalisé par Catherine Hardwicke. Deux films pour ados aux baisers qui ont le goût de sang frais&#8230; Revisitée par Hollywood, la fable noire du Chaperon se fait thriller et le fameux manteau à capuche, tache de sang d&#8217;innocents sacrifiés, flaque rouge répandue comme une virginité perdue. </p>
<p><strong>La névrose :</strong> la bête, la belle et les autres autour dont la présence ne fait qu&#8217;organiser un terrible instinct d&#8217;amour. Un instinct de mort logé dans un creux de désir. Le Chaperon rouge brûle de connaître. Elle s&#8217;en pose, des questions : à quoi servent tes oreilles si grandes, grand-mère ? Et tes yeux ? Et tes dents ? Il est quand même question de se manger les uns les autres.<br />
<strong><br />
Le climat :</strong> enneigé. Ici, la fable est retravaillée façon loup-garou. Le suspense fonctionne. Chaque villageois est potentiellement loup. Soupçons, paranoïa envers son voisin. Le terroriste est parmi nous donc vigilance, oeil ouvert, couteau à portée de main. Enquête menée par un fou furieux joué par Gary Oldman. Combattant pour le bien, toutes les méthodes sont bonnes pour s&#8217;acharner contre le mal&#8230; Un mot d&#8217;ordre : ne faire confiance à personne. <span id="more-2181"></span></p>
<p><strong>L&#8217;histoire :</strong> on la connaît. Elle pourrait avoir lieu dans toutes les familles à toutes les époques. En l&#8217;occurrence, elle se passe dans le village de Daggenhorn, situé dans une zone féerique de la planète, fort fort lointain il était une fois, entouré de forêts épaisses et de montagnes avec vue sur l&#8217;océan, désert et gelé. L&#8217;époque est d&#8217;esthétique moyen-âgeuse. On y porte le heaume et écoute du hard rock. Daggenhorn est en proie à un loup-garou qui n&#8217;avait pas frappé depuis des dizaines d&#8217;années. Or, en ce temps de lune rouge, la moindre morsure de la bête engendre son semblable, un monstre sanguinaire. Les villageois vivent trois jours de terreur, enfermés, traquant la bête, à la merci de sa cruelle soif du sublime Chaperon rouge. </p>
<p><strong>Les personnages :</strong> il y a une grand-mère hippie très louche, une mère un peu trop lisse de l&#8217;épiderme facial pour être crédible en paysanne des temps anciens – il y avait donc des chirurgiens esthétiques à cette époque ? &#8211; un père alcoolique à la mèche rebelle et deux prétendants magnifiques, tout juste sortis de la puberté, au look très rock. Un forgeron, fils de l&#8217;homme le plus riche du village et un bûcheron – normal quand on habite dans un village de montagne entouré de forêt.   </p>
<p><strong>Le mythe :</strong> initiatique. Tous ces sacrifices pour&#8230; oui, toujours la même histoire, devenir une femme avec un grand F. Devenir quelqu&#8217;un, se libérer de ses démons pour exister, aimer l&#8217;homme qu&#8217;il faut. Etre assez futée pour choisir le bon, éventuellement en s&#8217;opposant à ses parents. Sacrés défis pour une fille de 20 ans mi-ange, mi-sorcière qui vit dans un village reclus digne des plus beaux décors studios.</p>
<p><strong>Conclusion :</strong> plus nuancée que le film en lui-même. C&#8217;est dans l&#8217;ensemble mal joué, on ne croit pas une seconde aux décors ni aux dialogues, en particulier en début de film. Beaucoup trop léché. Ces paysans bodyliftés semblent issus d&#8217;un téléfilm qu&#8217;on ne serait pas surpris de voir tourner en partouze générale dans la version bonus du DVD. </p>
<p>Ceci dit, peu importe le lieu, l&#8217;histoire est la même. C&#8217;est dans les vieux pots qu&#8217;on fait les meilleures confitures. Un Chaperon rouge est bien placé pour le savoir. « Grand-mère, comme tu as de grandes dents ! &#8211; C&#8217;est pour mieux te manger ma chérie. » Oui, ça fait peur. </p>
<p>La fable du Chaperon rouge fonctionne par sa puissance narrative et son ancrage psychanalytique. Parcours initiatique, condensé dramatique, une bonne histoire vaut mieux que toutes les considérations métaphysiques et esthétiques qu&#8217;on y accroche en désespoir de cause quand elle fait défaut. Du concret. Pas d&#8217;analyse de divan, des faits. Evidemment, c&#8217;est un film à voir quand on est jeune ou, comme moi, ado attardée qui vais trouver mon compte dans ce thriller à suspense parce que l&#8217;histoire est bien ficelée. Pour ce faire, j&#8217;accepte – ce qui me prend au moins une demi-heure, les premières scènes n&#8217;appelant qu&#8217;un mot : fake (ou flop) &#8211;  les défauts béants de tout ce qui est autour du scénario. Je mets mes œillères, plonge dans l&#8217;enquête pour trouver l&#8217;identité d&#8217;un meurtrier <em>a priori</em> ultrasexy puisque c&#8217;est une bête poilue à la voix grave et je passe finalement un bon moment. </p>
<p>Le Chaperon rouge <em>(Red Riding Hood), de Catherine Hardwicke, avec Amanda Seyfried et Gary Oldman. Etats-Unis, 2011. Sortie le 20 avril 2011.</em></p>
<p><iframe width="620" height="349" src="http://www.youtube.com/embed/A0kQgzixmdk?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
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		<title>Où va la nuit, de Martin Provost</title>
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		<pubDate>Wed, 04 May 2011 10:31:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amalia Casado</dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
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		<category><![CDATA[France]]></category>

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		<description><![CDATA[Au bord de sa vie, une femme décide de changer de route. Rose Mayer, la cinquantaine, presque muette à force d&#8217;avoir subi les cris, les silences et les coups de...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/05/ou-va-la-nuit.jpg" alt="Yolande Moreau dans Où va la nuit de Martin Provost" title="Yolande Moreau dans Où va la nuit de Martin Provost" width="300" height="225" class="alignleft size-full wp-image-2244" /><strong>Au bord de sa vie, une femme décide de changer de route. Rose Mayer, la cinquantaine, presque muette à force d&#8217;avoir subi les cris, les silences et les coups de son mari &#8211; Loïc Pichon, la gueule à vif &#8211; décide de le tuer, puis part à Bruxelles rejoindre son fils.</strong> Un fils au regard doux et blessé. Tête d&#8217;ange d&#8217;homme fragile, enfant bousillé. « Tout va aller bien maintenant. Tu vas voir. On va repartir à zéro. » Elle le lui dit comme pour elle-même, en finir avec le passé, effacer les années. </p>
<p>Après <em>Séraphine</em> sorti en 2008, Martin Provost et Yolande Moreau renouvellent leur collaboration autour d&#8217;un destin féminin douloureux qui cherche la liberté. <em>Où va la nuit</em>, inspiré de la nouvelle <em>Mauvaise pente</em> de Keith Ridgway, traque celui de Rose. </p>
<p>Yolande Moreau ne parle pas. Elle murmure. Pose son regard si vif avec lenteur. Elle se heurte par bribes, avec douceur, à la modernité d&#8217;une vie qui a continué ailleurs et à son passé qui a trop duré.</p>
<p>L&#8217;action se passe en Belgique. Commence dans une zone rurale aux paysages plats à la fois trop grands et trop serrés. Puis part à Bruxelles, capitale bruyante, fascinante, colorée, en mouvement permanent. Rose se glisse sans bruit dans ce décalage rythmique. La lenteur qu&#8217;elle porte, intérieure, introspective, l&#8217;accompagne tandis que le temps presse. Ses murmures se cognent à la vie palpitante autour. </p>
<p>Ce n&#8217;est pas tant la culpabilité qui est en jeu, presque hors sujet. Le film trace le chemin d&#8217;une femme qui va jusqu&#8217;à elle. Trouver les mots pour parler à ceux qu&#8217;on aime. Parvenir à ne plus dire ceux tant prononcés qu&#8217;ils finissent par ne plus avoir de sens. </p>
<p><em>Où va la nuit</em> ne pose pas la question. Aucun point d&#8217;interrogation sur lequel s&#8217;appuyer ne vient donner une direction, un arrondi, ponctuer la course en avant. La nuit finit par trouver le jour sans savoir si elle pourra en profiter un peu. Le film se dessine comme une courbe vers la lumière. Sauvée mais prise au piège, Rose sourit au nouveau jour impossible. </p>
<p>Film attendu, le duo Provost-Moreau sonne juste. Quête acide de liberté d&#8217;une femme enfermée par les jours, <em>Où va la nuit</em> se construit comme un puzzle aux pièces manquantes. Les jonctions crissent comme des nerfs éprouvés. Les mots agiraient comme un baume au coeur de la complexité s&#8217;ils n&#8217;étaient pas suspendus dans cette fuite pour la réconciliation entre une mère et son fils.</p>
<p>Où va la nuit<em>, de Martin Provost avec Yolande Moreau et Pierre Moure. Film franco-belge, 2011. Sortie le 4 mai 2011.</em> </p>
<p><iframe width="620" height="349" src="http://www.youtube.com/embed/iz_yhF1pGj4?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Le vintage, esthétique postmoderne</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Apr 2011 19:23:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amalia Casado</dc:creator>
				<category><![CDATA[Recadrages]]></category>
		<category><![CDATA[Brigitte Bardot]]></category>
		<category><![CDATA[Mad Men]]></category>
		<category><![CDATA[Sofia Coppola]]></category>
		<category><![CDATA[vintage]]></category>

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		<description><![CDATA[Les femmes ont de belles robes, les hommes de beaux costumes et de belles voitures, et les couples de belles maisons et de beaux enfants. Les femmes prennent le temps de plaire. Les hommes aiment...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h4>Ou quand papi rencontre mamie</h4>
<p><img src="http://www.grand-ecart.fr/wp-content/uploads/2011/04/mad-men.jpg" alt="Mad Men, série avec Christina Hendricks" title="Mad Men, série avec Christina Hendricks" width="260" height="195" class="alignleft size-full wp-image-1610" />« Les femmes ont de belles robes, les hommes de beaux costumes et de belles voitures, et les couples de belles maisons et de beaux enfants. Les femmes prennent le temps de plaire. Les hommes aiment séduire et prennent le temps d&#8217;écrire des mots doux. Peut-être regrettons-nous parfois cette époque où les femmes et les hommes étaient bien différenciés. Aujourd&#8217;hui nous ne savons plus très bien où nous sommes, qui nous sommes, même si nous avons gagné notre liberté. <strong><em>Mad Men</em> surfe sur la nostalgie, le goût pour le vintage. On la regarde comme un vieil album de photos.</strong> » L&#8217;actrice Christina Hendricks commente le succès de la série dont elle est l&#8217;héroïne flamboyante, dans une interview au <em>Figaro Madame</em> de mars 2011. La série prend place dans le milieu publicitaire new-yorkais des années 1960 et suscite une véritable fascination. En fait, elle est déjà culte. « L&#8217;esthétique somptueusement vintage et ultra-glam de <em>Mad Men</em> a envahi les podiums et nos dressings », titre la page suivante du magazine, consacrée à une rencontre avec la styliste de la série, Janie Bryant. Oui, c&#8217;est indéniable, les années 1960 sont à la mode en 2011. Symptomatique ? Evidemment mon cher Watson. Mais de quoi ? <span id="more-1579"></span></p>
<p><iframe width="620" height="349" src="http://www.youtube.com/embed/LfuMhXcLa-Q?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>En dehors de la série <em>Mad Men</em>, de plus en plus de films sortis en salle ces derniers mois reprennent une esthétique « vintage ». Impossible d&#8217;y échapper. <strong><em>Potiche</em> de Ozon, <em>Belle Epine</em> de Zlotowski, <em>Somewhere</em> de Coppola et j&#8217;en passe.</strong> S&#8217;agit-il d&#8217;une vaine esthétique ou cette passion soudaine pour les années 1960-1970 est-elle le révélateur de notre époque ? Le vintage est bien un syndrome postmoderniste. Autrement dit, comment notre société contemporaine se vit, s’écrit, se dit, se rêve, se montre, se joue et se cherche ? Le cinéma sait.</p>
<p><iframe src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xdoki2" width="620" height="356" frameborder="0"></iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4>Le vintage ? Tellement tendance&#8230;</h4>
<p>Non, nous ne rêvons pas. L&#8217;égérie choisie par Lancel est&#8230; Brigitte Bardot, née en 1934. Pour vendre des sacs, on la voit toute jeune, marcher dans les champs, en jupe vichy&#8230; <strong>En ce début de décennie 2010, les années 1960 fascinent notre inconscient collectif et le mot &#8220;vintage&#8221; s&#8217;emploie à toutes les sauces.</strong> Même les baguettes se mangent à l&#8217;ancienne. Petit guide pratique du vintage, quésaco. </p>
<p>Que faut-il savoir sur ce mot mi branché, mi galvaudé, mi fourre-tout, mi anglais ? Le phénomène ne vient pas du cinéma (bien sûr) mais de la mode qui elle-même le tient de l&#8217;œnologie. D&#8217;origine anglaise, il qualifie pour les vins et spiritueux, un millésime ancien de référence. L&#8217;idée est qu&#8217;un bon produit, avec le temps&#8230; reste bon. Ses rides sont autant de failles qui nous permettent d&#8217;en atteindre l&#8217;essence. Par extension, il s&#8217;est ensuite appliqué à la mode. Les pionnières seraient Naomie Campbell et Kate Moss (on se souvient que quand on était petites, elles étaient meilleures amies). Les stars suivent et le mouvement se popularise, surtout après 2001. But : trouver des griffes pérennes, plus de vingt ans d&#8217;âge, de nouvelles références, nouveaux basiques.<br />
&nbsp;</p>
<h4>Une culture de la citation</h4>
<p>S&#8217;habiller vintage suppose un regard initié, une certaine culture. La tenue est le fruit d&#8217;un subtil mélange dont le but est de créer son propre style en piochant ça et là. Le vêtement ancien prend toute sa valeur du fait qu&#8217;il est associé à d&#8217;autres pièces, neuves. S&#8217;habiller tout en vieux, c&#8217;est juste&#8230; ringard/moche tandis que s&#8217;habiller tout en neuf n&#8217;a aucune saveur. Bien plus qu&#8217;un jeu d&#8217;apparence, il se caractérise par la notion de référence, de citation et d&#8217;agencement et valorise la mode en la prenant en objet d&#8217;étude. Ouvrir les placards de sa mamie prend tout son sens. <strong>Le vintage traduit l’idée de valeurs sûres, durables, permanentes, imperméables à la mode.</strong> </p>
<p>Ce « ça et là » évoqué à l&#8217;instant nous renvoie tout simplement à la modification de la structure des goûts culturels. On est passé d’une culture très hiérarchisée, stratifiée &#8211; décrite par Bourdieu à la fin des années 1970 dans <em>La Distinction</em> &#8211; à une culture de l’éclectisme dominant. Pour le dire autrement, les « dominants » ne sont plus ces « bourgeois » qui imposent les « grandes œuvres » comme seuls indices de la légitimité culturelle, mais plutôt ceux qui investissent l’ensemble des productions culturelles – y compris les séries TV, le rock, etc. &#8211; avec un sens de la distance et de la réappropriation qui leur confère une nouvelle position dominante. Ils s’intéressent à tout désormais mais avec une connaissance fine des codes que n’ont pas les catégories plus « populaires ». « L&#8217;esprit » vintage ressemble à un patchwork cousu de citations. La mode est érudition. On fait référence à tel défilé, telle année, tel créateur, etc. L&#8217;hétérogénéité est son essence.<br />
&nbsp;</p>
<h4>Toujours ce même retour sur soi, nourri de l&#8217;ouverture au monde (concept de narcissisme ouvert)</h4>
<p>Tous les goûts ont droit de cité, mais le fait de les afficher en goûts personnels – résultant implicitement d&#8217;un choix et donc d&#8217;une expertise &#8211; les transforment aussitôt en marqueur identitaire. Les goûts culturels font référence à soi par la manière agrégative. Il sera de bon ton, sur Facebook, d&#8217;afficher sur son « profil » quelques « pages (likées) » pour annoncer qui nous sommes. Nous agitons nos goûts tels des drapeaux, en privilégiant bien sûr un cumul du sérieux et du moins sérieux. En somme, le vintage dit qui l&#8217;on est via une appropriation d&#8217;objets qui traduisent la construction d&#8217;une projection identitaire. </p>
<p>Terme attrape-tout, il n&#8217;en demeure pas moins qu&#8217;il dégage quelques tendances : vive le vieux (inspire la confiance), valorisation de ce qui a duré, art de la citation et de la référence culturelle. Bref, le vintage, c&#8217;est le goût du souvenir. Ce goût est-il inhérent à chaque génération ou est-il particulièrement poussé chez nous ? Sofia Coppola donne à <em>Somewhere</em> un grain passé en choisissant des couleurs saturées et une bande-son qui alterne entre nostalgie et modernisme. Julien Doré invite Yvette Horner à siffloter de l&#8217;accordéon sur son nouvel album <em>Bichon</em>. </p>
<p>Chaque époque rêve-t-elle de retrouver un âge d&#8217;or ou notre goût pour le vintage, propre à la génération contemporaine, fonctionne-t-il comme un symptôme sociétal de la modernité avancée ? </p>
<p><iframe width="620" height="349" src="http://www.youtube.com/embed/fRPcTumLNp4?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4>Les années 1960 en question ou le fantasme des yéyés</h4>
<p>Trouble identitaire de 2011 ? Signe d&#8217;un mal d&#8217;esthétique ? D&#8217;un besoin de cadre et donc d&#8217;une aspiration à un retour en arrière pour comprendre là où ça a commencé à déraper parce que l&#8217;époque est trop compliquée, donc pénible ? Chaque époque nourrit ses fantasmes, en fait des images. Ce sont eux qui créent le mouvement et poussent les générations les unes derrière les autres. <strong>Pourquoi les années 1960 nous fascinent tant en 2011 ?</strong> Que représente cette décennie et quels sont les messages que nous en avons retenus ?<br />
&nbsp;</p>
<h4>Un héritage actif (et non commémoratif) </h4>
<p>Tiens, tiens&#8230; Les années 1960 ne seraient-elles pas sur le plan philosophique des années de « rupture » ?<br />
Rupture : nom féminin, terme à usage politique cherchant à signifier « changement », souvent associé à un trouble usage de la continuité. Les années 1960, c&#8217;est aussi le développement de la télévision (<em>Salut les copains</em> commence en 1961) comme art populaire et du cinéma comme art planétaire. Les années 1960, c&#8217;est aussi « l&#8217;autonomisation » de la jeunesse comme classe à part entière, le développement d’une culture jeune, la libération progressive de la sexualité, les Trente Glorieuses… Une époque dont les combats ont abouti à ce que nous sommes. </p>
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<p>Sur le plan scientifique, la guerre froide pousse les ingénieurs à des prouesses en recherche et développement. Armstrong marche sur la Lune. Sur le plan imaginaire, la technologie assoit son omniprésence. La robotisation se généralise. On craint une destruction planétaire, le nucléaire a déjà laissé son empreinte dans les mémoires des corps japonais. La science menace l&#8217;homme dépassé, devenu tout petit devant sa créature. <strong>La création artistique traduit cette fascination pour un futur déshumanisé qui fait cohabiter l&#8217;homme et le robot dans des intérieurs acides et acidulés.</strong> <em>Docteur Folamour</em> sort en 1964. Les récits d&#8217;anticipation, les films futuristes, le tout début de la musique techno grâce à l&#8217;invention du synthétiseur (le moog) sont le produit de ce fantasme. La musique reflète bien cet enjeu de la liberté d&#8217;expression et son défi face à la science. La guerre froide va-t-elle tous nous tuer ? Ce sont les boucles que la musique concrète et notamment Pierre Schaeffer avaient initiées dès les années 1950. Une éthique de la race humaine qui devient voisine de la machine. </p>
<p>Il suffit de prendre le métro (haut lieu de la mise en images fantasmatique de notre époque) pour voir que le look Bardot est à la page. Vieille comme un clou, certes, mais culte. On veut toute la même coiffure. Les filles se font crêper la crinière, blondir les pointes, ébouriffer le sourcil, et les lunettes papillons sont de mise.<br />
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<h4>Années 1960 <em>feat</em> 2011</h4>
<p>Notre époque est-elle hantée par le vide pour donner autant d&#8217;importance à l&#8217;objet ? Le vintage emplit une fonction imaginaire en donnant à cet objet son aura, touché par la grâce de la durée. <strong>Après l&#8217;ère dédiée à la consommation, le vintage invite à la récupération, à l&#8217;échange, au goût du détail et déplace le centre de gravité de l&#8217;acte de possession du point de vue de la quantité à celui de la qualité.</strong> Presque une caution de la société de consommation, il marque son apothéose sur les plans raisonnés et affectifs. C&#8217;est une tendance qui convoque l&#8217;histoire, les histoires et la mémoire en lui donnant une étincelle purement plastique. Le cinéma, en sismographe de notre époque, n&#8217;en est que le reflet.</p>
<p>Pour conclure, disons que la question du vintage renvoie à quatre questions sociétales contemporaines. D&#8217;une part, elle interroge la notion d&#8217;authenticité. Comment réintroduire aujourd&#8217;hui de la valeur éthique et axiologique dans un monde marqué par le cynisme du capitalisme avancé ? D&#8217;autre part, que sont devenus les dispositifs de confiance dans des mondes où les relations sont médiées ? « On achète ses instruments de musique sur Internet sans savoir <em>a priori</em> ce que ça vaut vraiment, sauf à faire confiance à des signaux informationnels, sites spécialisés, etc. De ce point de vue, le vintage rassure. La preuve, on vend des répliques de guitares Fender des années 1960 avec de fausses traces de rouille et de griffures », pointe Philippe Le Guern <a href="#ref">(1)</a>. Troisièmement, comment renouer avec le sens du collectif – c&#8217;est-à-dire de la communauté de désirs, de valeurs, de projets – dans un monde où l’individualisme expressif s’est généralisé, que les réseaux sociaux ne font qu&#8217;accentuer en déplaçant la notion d&#8217;échange ?</p>
<p>Mais surtout, le vintage réintroduit du récit dans notre monde frappé par l&#8217;épuisement des grands mythes historiques liés aux progrès techniques. <strong>Via l&#8217;objet, le vintage cristallise et déplie du sens et de la narration.</strong> « La guitare Fender vintage, c’est l’histoire du rock et le désir (évidemment dérisoire) de renouer avec un âge d’or (supposé) où le rock n’est pas encore un élément du capitalisme avancé », continue Philippe Le Guern. C&#8217;est surtout l&#8217;absence de grands récits qui conduit à une lecture ironique et parodique des codes, à une relecture des époques passées via un mélange savant mais superficiel des périodes et des genres. </p>
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(1) Philippe Le Guern est professeur à l&#8217;université d&#8217;Avignon où il enseigne la sociologie de la culture et en particulier des musiques actuelles.</p>
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